"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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  8.515 - Le ragioni del dolore salvifico di Gesù. Elogio dell'ubbi­dienza e lezione sull'umiltà.

  4.513 - Towards Gibeon. The Reasons for Jesus' Sorrow.


Vendredi 19 octobre 29 (22 Boul)
vers
Gabaon


Vers l'index des thématiques

 Pourquoi Jésus, indemne du péché, doit souffrir

 Satan te hait comme aucun autre

 Obéir est difficile

 Rien n'aurait existé si de toute éternité je n'avais dit oui à Mon Père

 Courte parabole sur l'obscurcissement de l'esprit

 Tout homme peut arriver à rejoindre et à posséder la Vérité


- Tristesse de Jésus 367

- Imitation théâtrale que Judas fait de Jésus 368

- Le premier motif de la tristesse de Jésus ? 368

- Discours (L'obéissance à Dieu) 370

- Discours (La vallée du péché et de l'humilité) 372

- Le salut des païens et des juifs 372

- Conversion future du décurion 374

- [Commentaire de MV : Elle n'a pas reconnu le décurion du calvaire] 375

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 7

 

7.212.
Vers Gabaon


368> Mais Jésus ne peut rester longtemps avec ses pensées. Jean et son cousin Jacques, puis Pierre avec Simon le Zélote, le rejoignent pour attirer son attention sur le panorama que l'on voit du haut de la colline [1]. Et peut-être dans l'intention de le distraire, car il est visiblement très triste, ils rappellent les événements arrivés dans les régions qui se présentent à leurs yeux.

- Le voyage vers Ascalon ...

- la maison des paysans de la plaine de Saron où Jésus rendit la vue au vieux père de Gamala et Jacob...

- la retraite au Carmel de Jésus et de Jacques...

- Césarée maritime et la jeune Aurea Galla...

- la rencontre avec Sintica...

- les gentils de Joppé...

- les voleurs près de Modin...

- le miracle des moissons dans la maison de Joseph d'Arimathie...

- la petite vieille glaneuse...

Oui, toutes choses qui voudraient réjouir... mais dans lesquelles, pour tous ou pour Lui seul, se mêlent des larmes et un souvenir de douleur. Les apôtres eux-mêmes s'en aperçoivent et murmurent : "Vraiment dans toutes les choses de la Terre il se trouve une douleur. C'est un lieu d'expiation..."

Mais justement aussi André, qui s'est joint au groupe avec Jacques de Zébédée, observe : "Loi juste pour nous pécheurs. Mais pour Lui, pourquoi tant de douleur ?"

Il s'élève une discussion paisible et qui se conserve telle, même quand, attirés par les voix des premiers, tous les autres s'unissent au groupe. Sauf Judas Iscariote qui s'affaire au milieu des humbles qu'il instruit en imitant la voix, les gestes, la pensée du Maître; mais c'est une imitation théâtrale, pompeuse, à laquelle il manque la chaleur de la conviction, et ses auditeurs le lui disent même sans périphrases, ce qui rend Judas nerveux et il leur reproche d'être bouchés et donc de ne rien comprendre. Et il leur déclare qu'il les laisse car "ce n'est pas la peine de jeter aux pourceaux les perles de la sagesse.[2]" Et il s'arrête cependant, car les humbles gens, mortifiés, le prient d'être compatissant en s'avouant "inférieurs à lui comme un animal est inférieur à un homme."...

Jésus est distrait de ce que disent autour de Lui les onze, car il écoute ce que dit Judas, et ce qu'il entend ne le réjouit certainement pas... Mais il soupire et se tait jusqu'au moment où Barthélemy Lui fait prendre directement intérêt en lui soumettant les divers points de vue sur la raison du pourquoi Lui, indemne du péché, doit souffrir.

 Barthélemy dit : "Je soutiens que cela arrive parce que l'homme hait celui qui est bon. Je parle de l'homme coupable, c'est-à-dire de la majorité. Cette majorité se rend compte que par comparaison avec celui qui est sans péché, sa culpabilité ressort davantage, avec ses vices, et par dépit il se venge en faisant souffrir celui qui est bon."

369> "Moi, de mon côté, je soutiens que tu souffres du contraste entre ta perfection et notre misère. Même si personne ne te méprisait d'aucune façon, tu souffrirais pareillement car ta perfection doit éprouver un dégoût douloureux pour les péchés des hommes" dit Jude Thaddée.

"Moi, au contraire, je soutiens que n'étant pas exempt de l'humanité, tu souffres par l'effort de devoir retenir, par ta partie surnaturelle, les révoltes de ton humanité contre tes ennemis" dit Matthieu.

"Et moi, je vais sûrement me tromper car je suis un sot, je dis que tu souffres au contraire de voir ton amour repoussé. Tu ne souffres pas de ne pas pouvoir punir comme le côté humain peut le désirer, mats tu souffres de ne pouvoir faire du bien comme tu voudrais" dit André.

"Moi, enfin, dit le Zélote, je soutiens que tu souffres, parce que tu dois souffrir toute la douleur pour racheter toute la douleur. En Toi ne prédomine pas une des deux natures, mais ces deux natures sont pareillement en Toi, fondues dans un parfait équilibre, pour former la Victime parfaite, tellement surnaturelle qu'elle peut avoir la force d'apaiser l'offense faite à la Divinité, tellement humaine qu'elle peut représenter l'Humanité et la ramener à l'état immaculé du premier Adam pour annuler le passé et engendrer une humanité nouvelle. Recréer une humanité nouvelle conforme à la pensée de Dieu, c'est-à-dire une humanité où existe réellement l'image de Dieu et sa ressemblance avec Lui et la destinée de l'Homme : la possession, le pouvoir d'aspirer à la possession de Dieu, dans son Royaume. Tu dois souffrir surnaturellement, et tu souffres, de tout ce que tu vois faire et de ce qui t'entoure, pourrais-je dire, dans une perpétuelle offense à Dieu. Tu dois souffrir humainement, et tu souffres, pour écraser la luxure de notre chair empoisonnée par Satan. C'est par la souffrance complète des deux natures parfaites que tu annuleras complètement l'offense faite à Dieu, la faute de l'homme."

Les autres se taisent. Jésus les interroge : "Et vous, vous ne dites rien ? Quelle est d'après vous la plus juste définition ?"

Les uns se prononcent pour l'une, les autres pour une autre. Seul Jacques d'Alphée se tait avec Jean.

"Et vous deux, vous n'en approuvez aucune ?" dit Jésus pour piquer leur intérêt.

370> "Non, Nous trouvons en toutes quelque chose de vrai, ou beaucoup de vrai, Mais nous sentons aussi qu'il manque ce qu'il y a de plus vrai."

"Et vous ne savez pas le trouver ?"

 "Peut-être Jean et moi nous l'aurions trouvé, mais il nous paraît presque blasphémer de le dire car... Nous sommes de bons Israélites, et nous craignons Dieu, presque au point de ne pouvoir dire son Nom. Et de penser que, si l'homme du peuple élu, l'homme fils de Dieu ne peut pour ainsi dire prononcer le Nom béni et crée des termes de remplacement pour nommer son Dieu, de penser que Satan puisse oser nuire à Dieu, cela nous paraît une pensée blasphématrice. Et pourtant, nous nous rendons compte que la douleur ne cesse d'agir envers Toi parce que tu es Dieu et que Satan te hait. Te hait comme aucun autre. Tu trouves la haine, mon Frère, parce que tu es Dieu" dit Jacques.

"Oui, dit Jean. Tu trouves la haine parce que tu es l'Amour. Ce ne sont pas les pharisiens ou les rabbins, ce n'est pas celui-ci ou celui-là, ni pour ceci ou pour cela, qu'ils se dressent pour te donner la douleur. C'est la Haine qui pénètre les hommes et les dresse contre Toi, blêmes de haine, parce que par ton amour, tu arraches trop de proies à la Haine."

"Il manque encore une chose aux nombreuses définitions. Cherchez la raison la plus vraie. Celle pour laquelle j'existe..." dit Jésus pour les encourager.

Mais personne ne trouve. Ils réfléchissent, réfléchissent. Ils renoncent en disant : "Nous ne trouvons pas..."

 "Elle est si simple. Elle est toujours devant vous. Elle résonne dans les paroles de nos livres, dans les figures de notre histoire... Allons, cherchez ! Dans toutes vos définitions, il y a du vrai, mais il manque la raison première. Cherchez-la, non pas dans le présent, mais dans le passé le plus lointain, au-delà des prophètes, au-delà des patriarches, au-delà de la création de l'Univers..."

Les apôtres réfléchissent... mais ils ne trouvent pas. Jésus sourit. Puis il dit : "Et pourtant, si vous vous rappeliez mes paroles, vous trouveriez la raison. Mais vous ne pouvez encore tout vous rappeler. Pourtant, vous vous souviendrez un jour. Écoutez, Remontons ensemble le cours des siècles, jusqu'aux limites du temps. Qui a gâté l'esprit de l'homme, vous le savez. C'est Satan, le Serpent, l'Adversaire, l'Ennemi, la Haine. Appelez-le comme vous voulez. Mais pourquoi l'a-t-il gâté ? À cause d'une grande envie : celle de voir l'homme destiné au Ciel d'où lui avait été chassé. 371> Il a voulu pour l'homme l'exil que lui avait eu. Pourquoi avait-il été chassé ? Pour s'être révolté contre Dieu. Vous le savez. Mais en quoi ? Pour l'obéissance. Au commencement de la douleur, il y a une désobéissance. Et alors, n'est-il pas nécessairement logique que pour rétablir l'Ordre qui est toujours Joie, il doit y avoir une obéissance parfaite ? Obéir est difficile, surtout si c'est en matière grave. Ce qui est difficile donne de la douleur à celui qui l'accomplit. Réfléchissez donc que si l'Amour m'a demandé si je voulais ramener la Joie aux fils de Dieu, je dois souffrir infiniment pour accomplir l'obéissance à la Pensée de Dieu. Je dois donc souffrir pour vaincre, pour effacer non pas un ou mille péchés, mais le Péché lui-même par excellence, qui dans l'esprit angélique de Lucifer ou dans celui qui animait Adam, a été et sera toujours, jusqu'au dernier homme, le péché de désobéissance à Dieu. Pour vous, hommes, votre obéissance doit se limiter à ce peu — qui vous paraît si grand, mais qui est si peu — que Dieu vous demande. Dans sa justice, Il vous demande seulement ce que vous pouvez donner. Vous, des volontés de Dieu, vous connaissez seulement ce que vous pouvez accomplir.

 Mais Moi, je connais sa Pensée toute entière, pour les grands événements et les plus petits. Pour Moi, il n'y a pas de limites pour la connaissance et l'exécution. L'amoureux Sacrificateur, l'Abraham divin, n'épargne pas la Victime et son Fils. C'est l'Amour inassouvi et offensé qui exige réparation et offrande. Et si je vivais mille et mille années, ce ne serait rien si je ne consumais pas l'Homme jusqu'à sa dernière fibre, de même que rien n'aurait existé si de toute éternité je n'avais pas dit "Oui" à mon Père, en me disposant à obéir et comme Dieu Fils et comme Homme, au moment que mon Père aurait trouvé juste. L'obéissance est douleur et gloire. L'obéissance, comme l'esprit, ne meurt jamais. En vérité je vous dis que les vrais obéissants deviendront des dieux, mais après une lutte continuelle contre eux-mêmes, le monde, Satan. L'obéissance est lumière. Plus on est obéissant et plus on est éclairé et plus on voit clair. L'obéissance est patience, et plus l'on est obéissant, plus on supporte les choses et les personnes. L'obéissance est humilité, et plus on est obéissant, plus on est humble avec le prochain. L'obéissance est charité car elle est un acte d'amour, et plus on est obéissant, plus les actes sont nombreux et parfaits. L'obéissance est héroïsme. Et le héros de l'esprit c'est le saint, le citoyen des deux, l'homme divinisé. Si la charité est la vertu où l'on retrouve le Dieu Un et Trin, l'obéissance est la vertu où l'on me trouve, Moi, votre Maître. Faites que le monde vous reconnaisse pour mes disciples par une obéissance absolue à tout ce qui est saint. Appelez Judas. J'ai quelque chose à dire à lui aussi..."

372>  Judas accourt. Jésus montre le panorama qui se rétrécit à mesure que l'on descend, et il dit : "Une petite parabole pour vous, futurs maîtres des esprits. Vous y verrez d'autant plus clair que vous gravirez davantage le chemin de la perfection qui est ardu et pénible. Nous, tout d'abord, nous voyions les deux plaines des philistins et de Saron avec de nombreux villages, des champs et des vergers et jusqu'à un azur lointain qui était la grande mer, et le Carmel tout vert là-bas, au fond. Maintenant, nous ne voyons plus que peu de choses. L'horizon s'est rétréci et il se rétrécira de plus en plus jusqu'à disparaître au fond de la vallée. La même chose arrive pour celui dont l'esprit descend au lieu de monter. Toujours plus limitées se font sa vertu et sa sagesse, toujours plus borné son jugement jusqu'à s'anéantir. Alors un maître d'esprits est mort pour sa mission. Il ne discerne plus et ne peut plus conduire. C'est un cadavre, et il peut corrompre comme il s'est corrompu. La descente parfois, presque toujours, l'entraîne parce qu'il trouve en bas des satisfactions sensuelles. Nous aussi, nous descendons dans la vallée pour trouver repos et nourriture, mais si cela est nécessaire pour notre corps, il n'est pas nécessaire de satisfaire l'appétit sensuel et la paresse de l'esprit, en descendant dans les vallées de la sensualité morale et spirituelle. Il n'y a qu'une seule vallée à laquelle il soit permis d'accéder, c'est celle de l'humilité. Mais parce que Dieu Lui-même y descend afin de saisir l'esprit humble pour l'élever vers Lui. Celui qui s'humilie sera exalté. Toute autre vallée est mortelle car elle éloigne du Ciel."

"C'est pour cela que tu m'as appelé, Maître ?"

"C'est pour cela. Tu as beaucoup parlé avec ceux qui t'interrogeaient."

"Oui, et ce n'était pas la peine. Ils ont l'intelligence plus dure que des mulets."

"Et Moi, j'ai voulu déposer une pensée là où tout est sorti. Pour que tu puisses nourrir ton esprit."

Judas le regarde interdit. Il ne sait si c'est un don ou un reproche. Les autres qui n'avaient pas remarqué l'entretien de l'Iscariote avec ceux qui les suivaient, ne comprennent pas que Jésus reproche à Judas son orgueil.

373> Judas préfère amener prudemment la conversation dans une autre direction et il demande; "Maître, qu'en penses-tu ? Ces romains, comme l'homme de Pétra, pourront-ils jamais arriver à ta Doctrine, eux qui ont eu un contact si limité avec Toi ? Et cet Alexandre ? Il s'en est allé... Nous ne le verrons plus. Et ces derniers aussi. On dirait qu'en eux il y a une recherche instinctive de la vérité, mais ils sont plongés jusqu'au cou dans le paganisme. Réussiront-ils jamais à conclure quelque chose de bon ?"

"Tu veux dire à trouver la Vérité ?"

"Oui, Maître."

"Et pourquoi ne devraient-ils pas réussir ?"

"Parce que ce sont des pécheurs."

"N'y a-t-il qu'eux de pécheurs ? N'y en a-t-il pas parmi nous ?"

"Beaucoup, je l'admets. Mais justement je dis que si nous, déjà nourris de sagesse et de vérité depuis des siècles, nous sommes pécheurs et n'arrivons pas à devenir justes et à suivre la Vérité que Toi tu représentes, comment pourront-ils le faire, eux, saturés d'impuretés comme ils le sont ?"

 "Tout homme peut arriver à rejoindre et à posséder la Vérité, c'est-à-dire Dieu, quelque soit son point de départ pour y arriver. Quand il n'y a pas d'orgueil de l'esprit et de dépravation de la chair, mais une sincère recherche de la Vérité et de la Lumière, pureté d'intention et aspiration vers Dieu, une créature est sûrement sur le chemin de Dieu."

"Orgueil de l'esprit... et dépravation de la chair... Maître... alors..."

"Continue ta pensée qui est bonne."

Judas tergiverse, puis il dit : "Alors eux ne peuvent rejoindre Dieu, car ce sont des dépravés."

"Ce n'est pas cela que tu voulais dire, Judas. Pourquoi as-tu bâillonné ta pensée et ta conscience ? Oh ! Comme il est difficile que l'homme monte vers Dieu ! Et le plus grand obstacle se trouve en lui-même qui ne veut pas réfléchir sur lui-même et reconnaître ses défauts. Vraiment aussi on calomnie Satan bien souvent, en lui attribuant toute cause de ruine spirituelle. Et l'on calomnie encore davantage Dieu en Lui attribuant tous les événements. Dieu ne viole pas la liberté de l'homme. Satan ne peut l'emporter sur une volonté affermie dans le Bien. En vérité je vous dis que soixante-dix fois sur cent, l'homme pèche par sa propre volonté. Et — on ne le pense pas, mais il en est ainsi — et il ne se relève pas du péché parce qu'il se refuse à s'examiner, et même si sa conscience, par un mouvement imprévu, se dresse en lui et crie la vérité qu'il n'a pas voulu méditer, l'homme étouffe ce cri, anéantit cette représentation qui se dresse devant son intelligence sévère et affligée, s'efforce d'altérer sa pensée suggestionnée par la voix accusatrice, et se refuse à dire par exemple; 374> "Mais alors nous, moi, nous ne pouvons atteindre la Vérité parce que nous avons l'orgueil de l'esprit et ta corruption de la chair". Oui, en vérité, parmi nous, on n'avance pas vers la voie de Dieu parce que parmi nous il y a l'orgueil de l'esprit et la corruption de la chair. Un orgueil vraiment émule de celui de Satan, au point de juger ou d'entraver les actions de Dieu quand elles sont contraires aux intérêts des hommes ou des partis. Et ce péché fera de nombreux Israélites des damnés éternels."

"Nous ne sommes pas tous ainsi, pourtant."

"Non. Des esprits bons il y en a encore et dans toutes les classes. Plus nombreux chez les humbles gens du peuple, que parmi les savants et les riches. Mais il y en a. Mais combien y en a-t-il ? Combien, par rapport à ce peuple de Palestine que depuis presque trois ans j'évangélise et comble de bienfaits et pour lequel je m'épuise ? Il y a plus d'étoiles dans une nuit nuageuse que d'esprits décidés à venir à mon Royaume en Israël."

"Et les gentils, ces gentils, y viendront ?"

"Pas tous, mais beaucoup. Et aussi parmi mes disciples eux-mêmes, tous ne persévéreront pas jusqu'à la fin. Mais ne nous préoccupons pas des fruits qui, échaudés, tombent de la branche ! Cherchons, tant que c'est possible, à ne pas les échauder. au moyen de la douceur, de la fermeté, des reproches et du pardon, de la patience et de la charité. Puis, quand ils disent 'non' à Dieu et aux frères qui veulent les sauver, et quand ils se jettent dans tes bras de la Mort, de Satan, en mourant impénitents, baissons la tête et offrons à Dieu notre souffrance de n'avoir pas pu Lui donner la joie du salut de cette âme. Tout maître connaît de ces défaites. Et elles servent elles aussi à mortifier l'orgueil des maîtres spirituels et à éprouver leur constance dans le ministère. La défaite ne doit pas lasser la volonté de l'éducateur spirituel, mais au contraire le pousser à faire davantage et mieux à l'avenir."

"Pourquoi as-tu dit au décurion que tu le verras sur un mont ? Comment fais-tu pour le savoir ?"

Jésus regarde Judas d'un regard prolongé et étrange, où la tristesse se mêle au sourire, et il dit : "Parce qu'il sera un de ceux qui seront présents à mon élévation et il dira au grand docteur d'Israël une sévère parole de vérité. Et à partir de ce moment-là, il commencera sa marche assurée vers la Lumière. Mais nous voici à Gabaon. Que Pierre aille avec sept autres pour m'annoncer. 375> Je parlerai tout de suite pour congédier ceux des villages voisins qui me suivent. Les autres resteront avec Moi jusqu'après le sabbat. Toi, Judas, reste avec Matthieu, Simon et Barthélemy."


 

(Je n'ai pas reconnu dans le décurion quelqu'un des soldats présents à la Crucifixion. Mais je dois dire aussi que prise par l'observation de mon Jésus, je ne les ai pas beaucoup remarqués. Pour moi, c'était un groupe de soldats préposés au service, rien de plus. En outre, quand j'aurais pu mieux les observer parce que "tout était accompli", il y avait une lumière si faible que seuls les visages très connus pouvaient être reconnus. Je pense pourtant, d'après les paroles de Jésus, que c'est le soldat qui dit à Gamaliel des paroles dont je ne me souviens pas, et que je ne puis contrôler parce que je suis seule et que je ne puis me faire donner par personne le cahier de la Passion.)

 



[1] Gabaon (Gibeon) veut dire "lieu élevé"

[2] Écho déformé de Matthieu 7,6 (Cf. 3.34)