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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

© Centro Editoriale Valtortiano

 

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         I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\English.gif  5.626 - At Gethsemane with the Apostles


dimanche 14 avril 30 (23 Nisan)
Jérusalem, au Cénacle,
en ville et au Gethsémani


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 L'apparence de Jésus ressuscité

 Les plaies de la Passion sont le Salut du monde

 La purification et la grâce ne sont jamais suffisantes

 La sueur de sang au Gethsémani

 Le remords est un principe actif que vous n'aviez pas auparavant

 


         I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Resume.gif

- L'attitude révérencielle des apôtres ............................. 89

- La blessure de Jésus fait mal à Jean .................................. 90

-
Les apôtres aimeraient ne pas voir les plaies .................. 91

-
Discours (La signification des plaies) .............................. 92

-
Jésus donne rendez-vous au Gethsémani ..................... 93

- Jean dit pourquoi Marie est joyeuse ............................. 93

-
Beaucoup ont fui loin de Jérusalem ......................... 94

- Jean réconforte Pierre .. 94

-
Même Jean se reproche des fautes ................................ 95

- Ne pas maudire Judas .. 95

-
Nahum a été estropié et son fils est mort ............................ 96

- À qui le sang sur le mur d'une maison ? .......................... 96

- 
Discours d'une inconnue - (Reproches aux apôtres . 97

- Des femmes sont mortes pour Jésus ................................ 97

-
Judas nous a épargné la fatigue de le tuer) ......................... 98

-
Jésus parle de la femme à qui appartient le sang ........... 99

- Il amènera les apôtres au Golgotha .......................... 99

- La Magdeleine y a pris de la terre mêlée de sang ............... 100


- Au Gethsémani, le baiser de Pierre et des autres ....... 100

- 
Discours (Il faut prier . 101

- Être fidèle à la volonté de Dieu ......................................... 101

-
Le remords est entré en vous ......................................... 102

- La nature de la méditation) ......................................... 103

- Les apôtres veulent réciter le Pater avec Jésus ........... 103

- Discours de Jean (Donne-nous un esprit nouveau) ........ 104

- Le rôle futur de l'Esprit-Saint ......................................... 104

- Jean insiste auprès de Jésus ......................................... 105

- Jésus marche vers le sommet du Gethsémani ................... 105

-  Discours (Commentaire du Pater :

- Le Père ......................... 106

- Le Royaume ................. 106

- L'obéissance à Dieu .... 107

- Le pain quotidien ........ 107

- Le pardon des offenses.... ......................................... 108

- La tentation) ................ 108

- Jésus bénit les apôtres et disparaît ......................... 109

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 10

 

10.16.
Jésus ressuscité au Gethsémani


 

89> Les apôtres mettent leurs manteaux et demandent : “Où allons-nous, Seigneur ?”         

Leur langage n’est plus aussi familier qu’il l’était avant la Passion. S’il était permis de le dire, je dirais qu’ils parlent avec l’âme agenouillée. Plus que l’attitude de leur corps, qui reste toujours un peu penché par respect devant le Ressuscité, plus que leur retenue quand ils le touchent, plus que leur joie tremblante quand Lui les touche, les caresse, ou les embrasse, ou leur adresse la parole en particulier, c’est tout leur aspect, quelque chose qui ne peut se décrire mais qui est si visible, ce qui le dit encore plus que leur humanité c’est leur esprit qui ne peut redevenir ce qu’il était dans ses rapports avec le Maître, et conforme de son nouveau sentiment tous les actes de l’homme.          

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90> Avant, c’était “le Maître”, un Maître que leur foi croyait Dieu, mais qui était toujours pour leurs sens “un homme”. Maintenant, il est “le Seigneur”. Il est Dieu. Il n’est plus besoin de faire des actes de foi pour le croire. L’évidence a aboli ce besoin. Il est Dieu. C’est le Seigneur auquel le Seigneur a dit : “Assied-toi à ma droite [1]” et il l’a proclamé avec sa parole et le prodige de la Résurrection. Dieu comme le Père. Et c’est le Dieu qu’ils ont abandonné par peur après avoir tant reçu de Lui...    

Ils le regardent toujours avec ce regard de vénération respectueuse avec lequel un vrai croyant regarde l’Hostie qui rayonne au milieu d’un ostensoir, ou le Corps du Christ élevé par le Prêtre dans le Sacrifice quotidien. Dans leur regard qui veut voir l’aspect aimé, encore plus beau que dans le passé, il y a aussi l’expression de quelqu’un qui n’ose pas voir, de quelqu’un qui n’ose pas s’arrêter un instant à regarder... L’amour les pousse à fixer leur Aimé, la crainte les fait tout de suite baisser les paupières et la tête comme si son éclat les avait éblouis.      

         I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif En effet, bien que Jésus, Jésus Ressuscité, soit toujours Lui, ce n’est plus Lui en même temps. Si on le regarde bien il est différent. Pareils sont les traits du visage, la couleur des yeux et des cheveux, la taille, les mains, les pieds, et pourtant il est différent. Pareils la voix et les gestes, et pourtant il est différent. C’est un vrai corps, si bien qu’il intercepte aussi la lumière du soleil mourant dont le dernier rayon entre dans la pièce par la fenêtre ouverte. Il projette derrière Lui l’ombre de sa haute personne, et pourtant il est différent. Il n’est pas devenu fier, ni distant, et pourtant il est différent.   

Une majesté nouvelle, constante, se répand là où régnait seulement l’aspect humble, modeste, parfois si modeste qu’il paraissait accablé, de l’infatigable Maître. Disparue la maigreur des derniers temps, annulée cette empreinte de lassitude physique et morale qui le vieillissait, perdu ce regard affligé, suppliant qui demandait sans parler : “Pourquoi me repoussez-vous ? Accueillez-moi...”, le Christ Ressuscité semble même plus grand et plus robuste, délivré de tout poids, sûr de Lui, victorieux, majestueux, divin. Même quand il se rendait puissant dans ses puissants miracles, ou imposant dans les moments saillants de son magistère, il n’était pas tel qu’il est maintenant qu’il est ressuscité et glorifié. Il n’exhale pas de lumière. Non. Il n’exhale pas de lumière comme dans la transfiguration et comme dans les premières apparitions après la résurrection, et pourtant il semble lumineux. C’est vraiment le Corps de Dieu avec la beauté des corps glorifiés, et il attire et effraie à la fois.         

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91> Peut-être ce sont aussi ces blessures, si visibles sur les mains et sur les pieds, qui inspirent ce respect profond. Je ne sais pas. Je sais que les apôtres, bien que Jésus soit si doux avec eux et cherche à créer de nouveau l’atmosphère d’autrefois, sont différents. Si insistants et bavards auparavant, maintenant ils parlent peu, et si Lui ne répond pas ils n’insistent pas. Si Lui leur sourit, ou sourit à l’un d’eux, ils changent de couleur et n’osent pas répondre par un sourire à son sourire. Si Lui, comme il le fait maintenant, tend la main pour prendre son manteau blanc — il est toujours vêtu d’un habit blanc plus éclatant que le satin le plus blanc depuis qu’il est le Ressuscité — aucun d’eux n’accourt comme ils faisaient auparavant pour se disputer l’honneur et la joie de l’aider, On dirait qu’ils ont peur de toucher ses vêtements et ses membres, et Lui doit dire comme il le fait maintenant : “Viens, Jean, aide ton Maître. Ces blessures sont de vraies blessures.., et mes mains blessées ne sont pas agiles comme avant... ”           

Jean obéit en aidant Jésus à mettre l’ample manteau et il semble vêtir un Pontife tant il le fait avec des mouvements prudents et attentifs, en se gardant d’effleurer les mains sur lesquelles rougissent les stigmates. Mais, malgré toute son attention, il heurte la main gauche de Jésus et il crie comme si c’était lui qui avait reçu le coup et il fixe les yeux sur le dos de cette main, craignant d’en voir couler encore du sang. Elle est si vive cette atroce blessure !     

Jésus lui met la main droite sur la tête en disant : “Tu avais plus de courage quand tu me recevais détaché de la Croix. Et alors il coulait encore du sang, tellement que tes cheveux en étaient rouges, nouvelle rosée de la nuit sur le nouvel aimant. Tu m’avais cueilli comme une grappe du cep... Pourquoi pleures-tu ? Je t’ai donné ma rosée de Martyr. Tu as répandu sur ma tête ta rosée de pitié. Mais alors tu pouvais pleurer ... Pas maintenant. Et toi, pourquoi pleures-tu,
Simon Pierre ? Tu n’as pas heurté ma main, tu ne m'as pas vu mort...”         

“Ah ! Mon Dieu ! C’est pour cela que je pleure ! Pour mon péché.”     

“Je t’ai pardonné, Simon de Jonas.”  

“Mais moi, je ne me pardonne pas. Non. Rien ne mettra fin à mes pleurs, même pas ton pardon.”       

“Mais ma gloire, oui.”            

“Toi glorieux, moi pécheur.”  

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92> “Toi glorieux, après avoir été mon pêcheur. C’est une grande pêche, abondante, miraculeuse que tu feras, Pierre. Et ensuite, je te dirai : “Viens au banquet éternel”. Et tu ne pleureras plus. Mais vous avez tous les larmes aux yeux. Et toi, Jacques, mon frère, tu es là-bas, prostré dans ce coin comme si tu avais perdu tout bien. Pourquoi ?”

“Parce que j’espérais que... Tu les sens donc les blessures ? Tu les sens encore ? Moi j’espérais que toute la douleur pour Toi serait anéantie, qu’en seraient effacées toutes les marques... Même pour nous pécheurs. Ces plaies !... Quelle douleur de les voir !”     

“Oui. Pourquoi ne les as-tu pas effacées ? À
Lazare il ne resta pas de marques... C’est un... un reproche ces plaies ! Elles crient d’une voix redoutable ! Elles sont plus fulgurantes et plus effrayantes que les foudres du Sinaï” dit Barthélemy.    

“Elles crient notre lâcheté parce que nous fuyions pendant que tu les recevais...” dit
Philippe.      

“Et plus nous les regardons et plus notre conscience nous reproche notre lâcheté, notre sottise, notre incrédulité” dit ‘
Thomas.           

“Pour notre paix et celle de ce peuple pécheur, puisque tu es mort et ressuscité pour le pardon du monde, efface ces accusations au monde, ô Seigneur !” prie
André.        

         I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif Elles sont le Salut du monde. C’est en elles qu’est le Salut. Le monde qui hait, les a ouvertes, mais l’Amour en a fait Remède et Lumière. C’est par elles que la Faute a été clouée. C’est par elles qu’ont été suspendus et soutenus tous les péchés des hommes pour que le Feu de l’Amour les consume sur le véritable Autel. Quand le Très-Haut prescrivit à Moïse l’arche et l’autel des parfums, ne les a-t-Il pas voulus percés avec des anneaux pour être élevés et portés où le voulait le Seigneur ? Moi aussi je suis percé. Je suis plus que l’arche et que l’autel. Je suis bien plus que l’arche et que l’autel. J’ai brûlé le parfum de ma charité pour Dieu et pour le prochain, et j’ai porté le poids de toutes les iniquités du monde. Et le monde doit se rappeler cela, pour se rappeler ce qu’il en a coûté à un Dieu. Pour se rappeler comment l’a aimé un Dieu. Pour se rappeler ce que produisent les fautes. Pour se rappeler que le salut est dans Un seul : en Celui qu’ils ont transpercé. Si le monde ne voyait pas rougir mes plaies, en vérité il oublierait vite que c’est à cause de ses fautes qu’un Dieu s’est immolé, il oublierait que je suis vraiment mort dans les plus atroces tourments, il oublierait quel est le baume pour ses blessures. C’est ici qu’est le baume. Venez et baisez. Chaque baiser est un accroissement de purification et de grâce pour vous.          I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif En vérité je vous dis que la purification et la grâce ne sont jamais suffisantes car le monde consume ce que le Ciel lui verse, et il faut compenser, par le Ciel et ses trésors, les ruines du monde. Je suis le Ciel, tout le Ciel est en Moi, et les trésors célestes coulent de mes plaies ouvertes.”           

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93> Il présente ses mains au baiser de ses apôtres. Et il doit les appuyer Lui, ces mains blessées, sur les bouches avides et craintives, car la crainte d’augmenter Sa douleur retient ces lèvres de s'appuyer sur ces blessures.   

“Ce n’est pas cela qui donne de la douleur, même si cela donne de la rigidité. La douleur c’est une autre chose !...”     

“Laquelle, Seigneur ?” demande Jacques d’Alphée.   

“D’être mort inutilement pour trop de gens... Mais allons. Allez même en avant. Nous allons au Gethsémani... Et quoi ? Avez-vous peur ?”           

“Pas pour nous, Seigneur... C’est que les grands de Jérusalem te haïssent plus qu’avant.”         

“Ne craignez pas. Ni pour vous : Dieu vous protège. Ni pour Moi : elles sont finies pour Moi les contraintes de l’Humanité. Je vais chez ma
Mère, et puis je vous rejoindrai. Nous avons à effacer beaucoup de choses horribles d’un récent passé de faute et de haine. Et nous le ferons avec l’amour, avec le contraire de ce que fut la faute... Vous voyez ? Votre baiser efface et adoucit la douleur et la conséquence des clous dans la chair vive. De même ce que nous ferons effacera les traces horribles et sanctifiera les lieux que les fautes ont profanés, pour qu’il n’y ait pas trop de douleur à les voir...”  

“Allons-nous aussi au Temple ?” La crainte et même l’épouvante se lit sur tous les visages.         

“Non. Je le sanctifierais par ma Présence. Et il ne peut pas. Il pouvait l’être. Il ne l’a pas voulu. Il n’y a plus de rédemption pour lui. C’est un cadavre qui se décompose rapidement. Laissons-le à ses morts. Qu’ils accomplissent son ensevelissement. En vérité les lions et les vautours mettront en pièces le tombeau et le cadavre, et il ne restera même pas le squelette du Grand Mort qui n’a pas voulu la Vie.”     

Jésus monte l’escalier et sort. Les autres l’imitent en silence. Mais quand ils mettent le pied dans le couloir qui sert d’atrium, Jésus n’est plus là. La maison est silencieuse et semble déserte. Toutes les portes sont fermées.      

Jean montre la porte qui est en face du Cénacle et il dit : “Marie est là. Elle y reste toujours, comme dans une extase continuelle.

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94> Son visage resplendit d’une lumière ineffable. C’est la joie qui rayonne de son Cœur. Hier, elle me disait : ‘Pense, Jean, quelle félicité s’est répandue dans tous les royaumes de Dieu”. Je lui ai demandé : “Quels royaumes ?”. Je pensais qu’elle connaissait quelque merveilleuse révélation sur le royaume de son Fils qui avait vaincu même la mort. Elle m’a répondu : “Dans le Paradis, dans le Purgatoire, dans les Limbes. Le pardon pour ceux du Purgatoire, la montée au Ciel de tous les justes et des pardonnés. Le Paradis peuplé de bienheureux. Dieu glorifié en eux. Nos aïeuls et nos parents là-haut, dans la jubilation. Et encore félicité pour le royaume qu’est la Terre, où maintenant resplendit le signe, et s’est ouverte la source qui vainc Satan et efface la Faute et les fautes. Non plus seulement la paix pour les hommes de bonne volonté, mais aussi la rédemption et la réélection au rang de fils de Dieu. Je vois les foules, oh ! combien ! qui descendent à cette Source et s’y plongent pour en sortir renouvelées, belles, en leur vêtement de noces, en habit royal. Les noces des âmes avec la Grâce, la royauté d’être fils du Père et frères de Jésus”.      

Ils sont sortis, en parlant, dans la rue et s’éloignent pendant que tombe le soir.         

La rue n’est pas très fréquentée, particulièrement à cette heure où les gens se rassemblent autour des tables pour le souper. Jérusalem, après le fleuve de gens qui l’a inondée pour la Pâque et l’a abandonnée une fois passées les fêtes, si tragiques cette année, semble encore plus vide qu’elle ne l’est habituellement.
Thomas le remarque et le fait remarquer.         

“C’est ainsi” dit le
Zélote. “Les étrangers, terrorisés, l’ont abandonnée précipitamment après le Vendredi et ceux qui avaient encore résisté à la grande peur de ce jour se sont enfuis au second tremblement de terre, à celui qui certainement est arrivé quand le Seigneur est sorti du Tombeau. Et ceux qui n’étaient pas gentils ont fui aussi. Beaucoup, je le sais de bonne source, n'ont même pas consommé l’agneau et devront revenir pour la Pâque supplémentaire. Et même des habitants de cet endroit ont fui ou se sont éloignés, certains pour emmener leurs morts, qui ont péri dans le tremblement de terre de la Parascève, d’autres par peur de la colère de Dieu. L’exemple a été fort.”

“Et ce fut bien. La foudre, les pierres sur tous les pécheurs !” maugrée
Barthélemy.   

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95> “Ne le dis pas ! Ne le dis pas ! Plus que tous, nous méritons les châtiments célestes. Nous aussi pécheurs... Vous rappelez-vous en ce lieu ?... Il y a combien de temps ? Dix ? Dix soirs.., ou dix ans ou dix heures ? Si loin et si proche me paraît mon péché, ces heures, ce soir-là.., que je ne sais jamais ... Quel nigaud ! Nous étions si sûrs, si belliqueux, si héroïques ! Et puis ? Et puis ? Ah’ ” et Pierre se frappe le front avec la main et indique, car ils sont déjà à la petite place : “Voici. Et là, j’avais déjà peur !”    

“Mais assez ! Assez, Simon ! Lui t’a pardonné et, avant Lui, Marie. Assez ! Tu te tortures” dit Jean.           

“Oh ! s’il en était ainsi ! Et toi, Jean, soutiens-moi toujours ! Toujours ! C’est parce que tu sais guider que Lui t’a donné sa Mère. C’est juste. Mais moi, ver lâche et menteur, j’ai plus besoin que Marie d’être guidé car j’ai des écailles sur les yeux et je n’y vois pas...”   

“Vraiment elles te viendront si tu agis ainsi, tu te brûleras vraiment les pupilles et le Seigneur ne sera plus là pour te les guérir...” lui dit encore Jean en l’embrassant pour le consoler.         

“Il me suffirait de bien voir avec l’âme. Et puis... les yeux ne comptent pas.”

“Mais ils comptent pour beaucoup ! Comment feront les malades, maintenant ? Tu as vu cette femme hier, comme elle était désespérée !” dit André.  

“Bien...” Ils se regardent en face mutuellement, et puis, tous ensemble, ils avouent : “Et aucun de nous ne s’est senti digne de lui imposer les mains… ” L’humilité causée par leur comportement les écrase,    

Mais Thomas dit à Jean : “Toi pourtant tu pouvais le faire. Tu n’as pas fui, tu n’as pas renié, tu n’as pas été incrédule ...”  

“J’ai moi aussi mon péché, et il est encore contre l’amour comme le vôtre. Moi, près de l’arc de la maison de
Josué, j’ai pris Elchias au collet et je l’aurais étranglé parce qu’il insultait la Mère. Et j’ai haï et maudit Judas de Kériot” dit Jean.

“Tais-toi ! Ne dis pas ce nom, C’est celui d’un démon et j’ai l’impression qu’il n’est pas encore en enfer et qu’il tourne ici, autour de nous, pour nous faire pécher encore” dit Pierre avec une vraie terreur.          

“Oh ! il est bien en enfer ! Mais même s’il était ici, son pouvoir maintenant est fini, Il avait tout pour être un ange et il a été un démon, et Jésus a vaincu le démon” dit
André.   

“C’est bien ... Mais il vaut mieux ne pas le nommer, J’ai peur, moi, Maintenant je sais combien je suis faible. Pour ce qui te concerne, Jean, ne te sens pas coupable. Tous maudiront l’homme qui a trahi le Maître !”      

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96> “Il est juste de le faire” dit le Thaddée qui a eu toujours cette pensée pour l’Iscariote.         

“Non. Marie m’a dit que suffit pour lui le jugement de Dieu, et qu’il doit y avoir en nous un seul sentiment de reconnaissance, pour n’avoir pas été les traîtres. Et si elle ne le maudit pas, elle, la Mère qui a vu les tortures de son Fils, devrions-nous le faire, nous ? Oublions...”  

“C’est de la sottise !” s’écrie son frère
Jacques.        

“Et pourtant c’est la parole du Maître pour les péchés de Judas...” Jean se tait et soupire.         

“Quoi ? Il y en a-t-il d’autres ? Tu sais... Parle !”         

“J’ai promis de chercher à oublier et je m’efforce de le faire. Pour Elchias... j’ai dépassé les bornes... Mais ce jour-là, chacun de nous avait son ange et son démon à côté de lui, et nous n’avons pas toujours écouté l’ange de lumière...”          

Le Zélote dit : “Tu sais que
Nahum est estropié et que son fils est resté écrasé par un mur ou un pan de montagne ? Oui, le jour de la mort. Il a été trouvé plus tard. Oh ! beaucoup plus tard, quand déjà il sentait mauvais. Il a été découvert par quelqu’un qui allait aux marchés. Et Nahum était avec les autres ses pareils et je ne sais pas ce qui lui a pris, si c’est une pierre ou un coup. Je sais qu’il est comme brisé et ne comprend plus rien. Il ressemble à une bête, il bave et geint, et hier, avec son unique main saine, il a saisi à la gorge son… maître qui était allé chez lui et il criait, criait : “À cause de toi ! À cause de toi !” Si les serviteurs n’étaient pas accourus...”     

“Comment le sais-tu, Simon ?” demandent-ils au Zélote.        

“J’ai vu
Joseph hier” répond laconiquement celui-ci.  

“Je pense que le Maître tarde à venir. Et je suis inquiet” dit
Jacques d’Alphée.           

“Retournons sur nos pas” propose
Matthieu.

“Ou bien arrêtons-nous ici, au petit pont” dit Barthélemy.       

Ils s’arrêtent. Mais Jacques de Zébédée et l’autre Jacques, André et Thomas reviennent en arrière, et pensifs ils regardent par terre, regardent les maisons. André, en pâlissant, montre du doigt le mur d’une maison où se détache, sur la blancheur de la chaux, une tache rouge-brune et il dit : “C’est du sang ! Du sang du Maître, peut-être ? Perdait-il déjà du sang ici ? Oh ! dites-moi !”       

“Et que veux-tu que nous te disons si aucun de nous ne le suivait ?” dit, découragé, Jacques d’Alphée.    

“Mais
mon frère et Jean surtout l’ont suivi... ”            

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97> “Pas tout de suite. Pas tout de suite. Jean m’a dit qu’ils l’ont suivi à partir de la maison de Malachie. Ici il n’y avait personne. Aucun de nous…" dit Jacques de Zébédée.     

Ils regardent hypnotisés la large tache sombre sur le mur blanc, à peu de distance du sol, et Thomas observe : “La pluie même ne l’a pas lavée et la grêle même qui est tombée si fort ces jours-ci ne l’a pas écroûtée... Si je savais que c’est son Sang, je l’écroûterais sur ce mur...”          

“Demandons-le à ceux de la maison. Peut-être ils sauront." conseille Matthieu qui les a rejoints.        

“Non. Ils pourraient reconnaître en nous ses apôtres; ils pourraient être des ennemis du Christ et..." répond Thomas.

“Et nous sommes encore des lâches…" termine Jacques d’Alphée avec un profond soupir.         

Tout doucement tous se sont approchés de ce mur et ils regardent... Passe une femme, une retardataire qui revient de la fontaine avec des brocs d’où déborde l’eau fraîche. Elle les observe, pose ses brocs par terre et les interpelle.          

“Vous regardez cette tache sur le mur ? Vous êtes des disciples du Maître ? Vous me paraissez l’être, même si votre visage est amaigri et... même si je ne vous ai pas vus suivre le Seigneur quand il est passé par ici, pris pour être conduit à la mort. Cela me rend incertaine car un disciple, qui suit le Maître dans les heures favorables et tient à être son disciple, et qui a des regards sévères pour ceux qui ne sont pas comme lui prêts à tout quitter pour suivre le Maître, doit aussi suivre le Maître aux heures mauvaises. Du moins, il devrait le faire. Et moi, je ne vous ai pas vus. Non. Je ne vous ai pas vus. Et si je ne vous ai pas vus, c’est signe que moi, femme de Sidon, j’ai suivi Celui que ses disciples israélites n’ont pas suivi. Mais j’ai reçu un bienfait de Lui. Vous... peut-être vous n’aviez jamais reçu un bienfait de Lui ? Cela me surprend, car il répandait ses bienfaits sur les gentils et les samaritains, sur les pécheurs et même les larrons, en leur donnant la vie éternelle s’il ne pouvait plus leur donner celle de la chair. Il ne vous aimait pas, peut-être ? Alors c’est signe que vous étiez pires que des aspics ou des hyènes immondes; bien que, en vérité, je crois qu’il aimait même les vipères et les chacals non pas pour ce qu’ils sont, mais parce qu’ils ont été créés par son Père.   

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98> Ceci, c’est du sang. Oui, c’est du sang. Du sang d’une femme du rivage de la grande mer. Autrefois c’étaient des terres des philistins, et ses habitants sont encore un peu méprisés par les hébreux. Et pourtant elle sut défendre le Maître jusqu’à ce que son mari la tue. Il la battit si violemment qu’il lui ouvrit la tête et sa cervelle avec son sang giclèrent sur le mur de sa maison où maintenant pleurent les orphelins. Mais elle avait reçu un bienfait. Le Maître avait guéri son mari atteint d’une maladie honteuse. Et elle aimait le Maître à cause de cela. Elle l’a aimé jusqu’à mourir pour Lui. Elle l’a précédé dans le sein d’Abraham, comme vous dites. Annalia aussi l’a précédé, et elle aurait su mourir ainsi, elle aussi, si la mort ne l’avait cueillie avant. Et une mère aussi, plus haut, a lavé de son sang le chemin, du sang de son ventre ouvert par son fils brutal, pour défendre le Maître. Une vieille femme est morte de douleur en voyant blessé et frappé Celui qui avait rendu les yeux à son fils. Un vieillard, un mendiant, est mort, parce qu’il se redressa pour le défendre et il reçut dans la tête la pierre destinée à la tête de votre Seigneur. Farce que vous croyiez qu’il l’était, n’est-ce pas ? Les preux d’un roi meurent autour de lui. Aucun de vous n’est mort, pourtant. Vous étiez loin de ceux qui le frappaient. Ah ! non ! Un est mort. Il s’est tué. Mais pas par douleur, pas pour défendre le Maître. Il l’a d’abord vendu, puis il l’a indiqué par un baiser, puis il s’est tué. Il n’avait pas autre chose à faire. Il ne pouvait plus croître en perversité. Il était parfait, comme Belzébuth. Le monde l’aurait lapidé pour le faire disparaître de la terre. Oh ! je crois que cette femme pleine de pitié qui est morte pour empêcher qu’on frappe le Martyr, je crois que la vieille Anne qui est morte de douleur de le voir en cet état, et le vieux mendiant et la mère de Samuel et la vierge qui est morte et moi qui ne sais pas monter au Temple parce que je souffre de voir immolés les agneaux et les tourterelles, je crois que nous aurions eu le courage de le lapider, et que nous n’aurions pas frémi de le voir lapidé par nos pierres... Lui le savait, et il a épargné au monde la fatigue de le tuer, et il nous a épargné de devenir bourreaux pour venger l’innocent... ”  

Elle les regarde avec mépris. Son mépris est devenu de plus en plus visible à mesure qu’elle parlait. Ses yeux, grands et noirs, ont la dureté de l’œil d’un rapace pendant qu’ils regardent le groupe qui ne sait pas, qui ne peut pas réagir... Elle siffle entre ses dents le dernier mot : “Bâtards !” Elle reprend ses brocs et puis s’en va, contente d’avoir craché son dédain sur les disciples qui ont abandonné le Maître...          

Ceux-ci sont anéantis. Ils restent tête basse, les bras ballants, épuisés... La vérité les écrase. Ils méditent sur les conséquences de leur lâcheté... Ils se taisent... Ils n’osent pas se regarder entre eux.           

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99> Jean et le Zélote eux-mêmes, les deux qui sont innocents de cette faute, ont l’attitude des autres, peut-être à cause de la douleur de les voir ainsi mortifiés et de l’impossibilité de panser la blessure produite par les paroles sincères de la femme...   

La route est désormais dans la pénombre. La lune, à ses derniers jours, se lève tard et, à cause de cela, le crépuscule s’obscurcit rapidement. Le silence est absolu. Pas de bruit ni de voix humaine, et dans le silence règne seul le gargouillis du Cédron. De sorte que quand la voix de Jésus résonne, elle les fait sursauter comme si c’était un son effrayant alors que sa voix est si douce quand il dit :     

“Que faites-vous en cet endroit ? Je vous ai attendu au milieu des oliviers... Pourquoi restez-vous à contempler des choses mortes quand la Vie vous attend ? Venez avec Moi.” Jésus semble venir du Gethsémani vers eux. Il s’arrête près d’eux.    

Il regarde cette tache sur laquelle sont encore fixés les regards terrifiés des apôtres et il dit : “Cette femme est déjà dans la paix, et elle a oublié la douleur. Inactive pour ses fils ? Non. Doublement active et elle les sanctifiera car elle ne demande que cela à Dieu.”         

Il se met en route. Ils le suivent en silence.    

Mais Jésus se tourne et dit : “Pourquoi vous demandez-vous en votre cœur : ‘Et pourquoi ne demande-t-elle pas la conversion pour son mari ? Elle n’est pas sainte si elle le hait...” Elle ne le hait pas. Elle a pardonné dès le moment où il la tuait, mais, âme entrée dans le Royaume de la Lumière, elle voit avec sagesse et justice. Et elle voit qu’il n’y a pas de conversion et de pardon pour son mari. Elle tourne alors sa prière vers ceux qui peuvent en recevoir du bien. Ce n’est pas mon sang, non. Et pourtant j’en ai tant perdu aussi sur cette route !... Mais les pas des ennemis l’ont éparpillé, mêlé à la poussière et aux ordures, et la pluie l’a délavé et entraîné parmi les couches de poussière. Mais il y en a tant encore de visible... Car il en a tant coulé que les pas et l’eau ne pourront pas l’effacer facilement. Nous y irons ensemble et vous verrez mon Sang répandu pour vous... ”       

“Où ? Où veut-il aller ? A l’endroit où il a pleuré ? Au Prétoire ?” se demandent-ils.     

Et Jean dit : “Mais
Claudia est repartie deux jours après le sabbat et, dit-on, indignée, effrayée même de rester près de son mari... Le lancier me l’a dit. Claudia sépare sa responsabilité de celle de son mari. Car elle lui avait dit de ne pas poursuivre le Juste, car il valait mieux être persécuté par les hommes que par le Très-Haut dont le Maître était le Messie. Et il n’y a pas non plus Plautina, ni Lidia. Elles ont suivi Claudia à Césarée, et Valeria est allée avec Jeanne à Béther. Si elles avaient été là, nous pouvions entrer. Mais maintenant.., je ne sais pas... Longin aussi est absent, car Claudia a voulu qu’il l’accompagne.”        

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100> “Ce sera à l’endroit où tu as vu l’herbe trempée de sang...”       

Jésus, qui est en avant, se tourne et dit : “Au Golgotha. Là il y a tant de mon Sang que la poussière est semblable à du minéral ferreux, Et il y a quelqu’un qui vous y a précédés...”         

“Mais l’endroit est impur !” crie
Barthélemy.   

Jésus a un sourire de compassion et il répond : “Tout endroit de Jérusalem est impur après l’atroce péché. Et pourtant vous n’avez pas d’autre gêne à y rester que celui de la peur de la foule...”    

“Les
larrons y sont toujours morts...”

“J’y suis mort. Et je l’ai sanctifié pour toujours. En vérité je vous dis que jusqu’à la fin des siècles il n’y aura pas de lieu plus saint que celui-là, et il attirera les foules de toute la Terre et de toutes les époques pour baiser cette poussière. Et il y a déjà quelqu’un qui vous y a précédés, sans craindre les moqueries et les vengeances, sans craindre de se contaminer. Et pourtant qui vous a précédés avait une double raison de craindre cela.”    

“Qui est-ce, Seigneur ?” demande Jean à qui Pierre pique le côté avec son coude pour qu’il demande.     

Marie de Lazare ! Comme elle a ramassé les fleurs foulées par mes pas pendant que j’entrais, avant la Pâque, dans sa maison, souvenir de joie qu’elle a distribué à ses compagnes, ainsi maintenant elle a su monter au Calvaire, et avec ses mains creuser la terre, durcie par mon Sang, et descendre avec Sa charge et la déposer sur les genoux de ma Mère. Elle n’a pas craint. Et elle était connue comme "la Pécheresse” et comme "la disciple”. Et celle qui a accueilli sur ses genoux ce terreau du lieu du Crâne, n’a pas cru se contaminer. Mon Sang a tout annulé, et sainte est la terre où il est tombé. Demain, avant sexte, vous monterez au Golgotha. Je vous rejoindrai... Mais celui qui veut voir mon Sang, le voici.” Il montre la rampe du petit pont. “Ici on frappa ma bouche et il en sortit du sang... Ma bouche n’avait dit que des paroles saintes et des paroles d’amour. Pourquoi alors la frappa-t-on et n’y eut-il personne pour la panser par un baiser ?...     

Ils entrent au Gethsémani. Mais Jésus doit d’abord ouvrir une serrure qui maintenant ferme l’accès du jardin des Oliviers. Une serrure neuve. Une palissade robuste, avec des pointes aiguës, élevée, fermée par une serrure robuste et toute neuve. Jésus a la clef, si neuve qu’elle resplendit comme de l’acier, et il ouvre la serrure à la clarté d’une branche en flamme que Philippe a allumée pour y voir, car maintenant il fait tout à fait nuit.         

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101> “Elle n’y était pas... Pourquoi ?...” ils chuchotent entre eux en observant l’enceinte qui maintenant isole le Gethsémani. “Certainement Lazare n’a plus voulu personne ici. Regarde là : des pierres avec des briques et de la chaux. Maintenant il y a du bois, puis il y aura un mur... ”         

Jésus dit : “Venez. Ne vous occupez pas de choses mortes, vous dis-je... Voilà : vous étiez ici... Et c’est ici que je fus entouré et pris, et c’est de ce côté que vous avez fui... S’il y avait eu cette enceinte alors... Elle aurait empêché votre fuite rapide. Mais comment Lazare pouvait-il penser, lui qui brûlait de me suivre, pendant que vous brûliez de fuir, que vous auriez fui ? Je vous fais souffrir ? Moi, j’ai souffert avant. Et je veux effacer cette douleur. Embrasse-moi, Pierre...        

“Non. Seigneur ! Non ! Le geste de Judas, ici, à la même heure, non, non, non !”       

“Embrasse-moi. J’ai besoin que vous fassiez avec un amour sincère le geste sans sincérité de Judas. Après, vous serez heureux. Nous serons plus heureux. Vous et Moi, Viens, Pierre, embrasse-moi."         

Pierre ne se contente pas de l’embrasser : il inonde de larmes la joue du Seigneur et se retire en se couvrant le visage et en s’asseyant sur le sol pour pleurer. L’un après l’autre, les autres l’embrassent à la même place. Qui plus, qui moins, ils ont tous des larmes sur le visage...       

“Et maintenant, allons, tous ensemble. Je vous ai séparés de Moi ce soir-là après vous avoir fortifiés avec mon Corps, et pour quelques heures, Mais vous êtes tombés tout de suite. Rappelez-vous toujours combien vous avez été faibles et que sans l’aide de Dieu vous ne pourriez pas rester une heure dans la justice. Voici. Ici je dis de veiller à ceux qui se croyaient les plus forts, forts au point de demander à boire à mon calice, et de proclamer que même s’il lui fallait mourir il ne m’aurait pas renié. Et je les ai quittés en les avertissant de prier... Je les ai quittés et ils ont dormi. Souvenez-vous-en, et enseignez-le que celui que Jésus a quitté, s’il ne se maintient pas en contact d’oraison avec Lui, s’assoupit et peut être pris. Si je ne vous avais pas éveillés, en vérité, vous pouviez même être tués pendant le sommeil et comparaître au jugement de Dieu alourdis par l’humanité. Venez encore... Voilà ! Abaisse la branche,
Philippe.            

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102>          I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif Voici ! Que celui qui veut voir de mon Sang, regarde. Ici, dans la plus grande angoisse, semblable à quelqu’un qui meurt, j’ai sué du sang. Regardez... Tellement que la terre en est durcie et que l’herbe en est encore rouge car la pluie n’a pas été capable de fondre les grumeaux séchés au milieu des tiges et des corolles. Voilà ! Et ici je me suis adossé et c’est ici qu’a plané sur Moi l’ange du Seigneur pour me rendre fort dans ma volonté de faire la Volonté de Dieu. Car, souvenez-vous-en, si vous voulez toujours faire la Volonté de Dieu, là où la créature ne peut tenir, Dieu vient avec son ange pour soutenir le héros épuisé. Quand vous serez angoissés ne craignez pas de tomber dans la lâcheté ou dans l’abjuration si vous persistez à vouloir ce que Dieu veut. Dieu fera de vous des géants d’héroïsme si vous restez fidèles à sa volonté. Souvenez-vous-en ! Souvenez-vous-en ! Je vous l’ai dit autrefois, qu’après la tentation dans le désert, j’ai été soutenu par les anges. Sachez maintenant qu’ici aussi, après l’extrême tentation, j’ai été soutenu par un ange. Et ainsi il en sera de vous et de tous ceux qui seront mes fidèles. Car, en vérité je vous le dis, ce que j’ai eu comme aide, vous l’aurez, vous aussi. Moi-même je vous l’obtiendrais s’il n’y avait déjà le Père, dans son amoureuse justice, pour vous l’accorder. Seulement la douleur sera toujours inférieure à la mienne...            

         I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif Asseyez-vous. La lune se lève à l’orient. Il va faire clair. Je ne crois pas que cette nuit vous dormirez, bien que vous soyez encore tellement et seulement encore des hommes. Non. Vous ne dormirez pas car il est entré en vous un principe actif qu’avant vous n’aviez pas. C’est le remords. Une torture, c’est vrai. Mais elle sert à passer à des stades plus élevés, que ce soit dans le bien ou dans le mal. En Judas de Kériot, parce qu’il s’était éloigné de Dieu, il a produit le désespoir et la damnation. En vous, qui n’êtes jamais sortis du voisinage de Dieu — je vous l’assure, car il n’y avait pas en vous la volonté et la pleine advertance[2][1] de ce que vous faisiez — il produira un repentir confiant qui vous amènera à la sagesse et à la justice. Restez où vous êtes. Je me retire là-bas, à la distance d’un jet de pierre, en attendant l’aube.”   

“Oh ! ne nous quitte pas, Seigneur ! Tu as dit ce que nous sommes, loin de Toi !” supplie André en se tenant à genoux, les mains tendues, comme s’il demandait une obole de pitié.         

“Vous avez le remords. C’est un bon ami pour les bons.”      

“Ne t’éloigne pas, Seigneur ! Tu nous avais dit que nous aurions prié ensemble...” supplie le Thaddée qui n’ose plus les gestes de parent envers le Ressuscité et se tient avec sa haute personne un peu courbée en avant pour le vénérer.   

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103>          I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif “Et la méditation n’est-elle pas l’oraison la plus active ? Et ne vous ai-je pas fait contempler et méditer et donné un thème de méditation depuis que je vous ai rejoints sur la route, en vous mouvant le cœur avec des actes vrais de saints sentiments ? C’est cela l’oraison, ô hommes : se mettre en contact avec l’Éternel et avec les choses qui servent à amener l’esprit bien au-delà de la Terre, et de la méditation des perfections de Dieu et de la misère de l’homme, du moi, susciter des actes de volonté amoureuse ou réparatrice, adoratrice toujours, même si c’est une volonté qui surgit d’une méditation sur une faute et un châtiment. Le bien et le mal servent à la fin dernière, si on sait s’en servir. Je l’ai dit maintes fois. Le péché est une ruine inguérissable seulement s’il n’est pas suivi de repentir et de réparation. Dans le cas contraire, avec la contrition du cœur on fait un mortier solide pour tenir compacts les fondements de ta sainteté dont les pierres sont les bonnes résolutions. Pourriez-vous tenir les pierres unies sans le mortier ? Sans la substance brute et vile en apparence, mais sans laquelle les pierres polies, les marbres brillants ne resteraient pas unis pour former l’édifice ?”  

Jésus va s’en aller.   

Jean, auquel son frère et l’autre Jacques en même temps que Pierre et Barthélemy ont parlé à voix basse, se lève et le suit en disant : “Jésus, mon Dieu, nous espérions dire avec Toi l’oraison à ton Père. Ton oraison. Nous nous sentons peu pardonnés si tu ne nous accorde pas de la dire avec Toi. Nous sentons en avoir tant besoin...”           

“Là où deux sont unis dans la prière Moi, je suis au milieu d’eux. Dites alors l’oraison entre vous et je serai parmi vous.”

“Ah ! tu ne nous juges plus dignes de prier avec Toi !” crie Pierre, le visage caché dans les herbes qui ne sont pas toutes pures du sang divin, et en pleurant fortement.

Jacques d’Alphée s’exclame : “Nous sommes malheureux, frè... Seigneur.” Il se reprend tout de suite en disant "Seigneur" au lieu de "frère".  

Jésus le regarde et dit : “Pourquoi ne me dis-tu pas frère, toi qui es de mon sang ? Frère pour tous les hommes, pour toi je le suis doublement, triplement, comme fils d’Adam, comme fils de David, comme fils de Dieu. Termine ton mot.”            

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104> “Frère, mon Seigneur, nous sommes malheureux et sots, tu le sais, et plus sots nous rend l’humiliation où nous sommes. Comment pouvons-nous dire avec l’âme ton oraison si nous n’en connaissons pas la signification ?”           

“Que de fois, comme à des enfants mineurs, je vous l’ai expliquée ! Mais vous avez la tête plus dure que le plus distrait des élèves d’un pédagogue, et vous n’avez pas retenu ma parole !”       

“C’est vrai ! Mais maintenant notre esprit est fixé dans notre torture de ne pas t’avoir compris... Oh ! nous n’avons rien compris ! Je le reconnais au nom de tous ! Et encore nous ne te comprenons pas bien, ô Seigneur. Mais, je t’en prie, l’indulgence pour notre mal, tire-la du mal lui-même qui nous rend obtus. Tu avais expiré et le
grand rabbi cria la vérité de l’obtusité d’Israël, là, au pied de ta Croix. Et Toi, Dieu omniprésent, Esprit de Dieu libéré de la prison de la Chair, tu as entendu ces paroles : “Des siècles et des siècles de cécité spirituelle restent sur la vue intérieure” et il t’a fait cette prière : “En cette pensée, prisonnière des formules, pénètre Toi, Libérateur”. O mon adoré et adorable Jésus, qui nous as sauvés de la Faute d’origine en prenant sur Toi nos péchés et en les consumant dans l’ardeur de ton amour parfait, prends, consume aussi notre intelligence d’israélites obstinés. Donne-nous un esprit nouveau, vierge comme celui d’un enfant qui sort du sein, fais-nous oublier pour nous remplir de ta seule sagesse. Tant de choses du passé sont mortes dans cette journée horrible. Mortes avec Toi. Mais maintenant que tu es Ressuscité, fais que naisse en nous une nouvelle pensée. Crée en nous un cœur et un esprit nouveaux, mon Seigneur, et nous te comprendrons” prie Jean.     

         I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif “Ce n’est pas à Moi que revient cette tâche, mais à Celui dont je vous ai parlé à la dernière Cène. Chacune de mes paroles se perd dans l’abîme de votre pensée, en tout ou en partie, ou reste fermée et close en son esprit. Seul le Paraclet, quand Il sera venu, sortira mes paroles de votre abîme et vous les ouvrira pour vous faire comprendre leur esprit.”         

“Mais c’est Toi qui nous l’as infusé” objecte le Zélote.           

“Mais tu nous as dit que quand tu serais allé vers le Père, Lui, l’Esprit de Vérité, serait venu” objecte Matthieu en même temps que le Zélote.        

“Dites-moi : quand un enfant naît a-t-il l’âme infusée ?”          

“Certainement qu’il l’a !” répondent tous.       

“Mais cette âme a-t-elle la Grâce de Dieu ?”   

“Non. La Faute d’origine est sur elle et la prive de la Grâce.”  

“Et l’âme et la Grâce d’où viennent-elles ?”    

“De Dieu !”   

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105> “Pourquoi Dieu ne donne-t-Il pas tout bonnement une âme en état de grâce à la créature ?”    

“Parce qu’Adam a été puni et nous avec lui. Mais maintenant que tu es devenu le Rédempteur, il en sera ainsi.”            

“Non. Il n’en sera pas ainsi. Les hommes naîtront toujours impurs dans leur âme que Dieu a créée et que l’hérédité d’Adam a tachée. Mais par un rite que je vous expliquerai une autre fois, l’âme infusée dans l’homme sera vivifiée par la Grâce, et l’Esprit du Seigneur en prendra possession. Vous, cependant, baptisés avec l’eau par
Jean, vous serez baptisés avec le Feu de la Puissance de Dieu, et alors l’Esprit de Dieu sera vraiment en vous. Et ce sera le Maître que les hommes ne peuvent persécuter ni chasser et qui, dans votre intérieur, vous dira l’esprit de mes paroles et beaucoup d’autres instructions. Je vous l’ai infusé, car c’est seulement par mes mérites que toute chose peut s’obtenir et être valide. Posséder Dieu, et être valide la parole d’un délégué de Dieu. Mais Il n’est pas encore en vous, comme Maître, l’Esprit de Vérité.”     

“Eh bien, qu’il en soit ainsi. Il viendra en son temps. Mais, en attendant, fais nous sentir ton pardon. Sois pour nous un Maître, ô mon Seigneur. Encore, encore, puisque tu as dit qu’il faut pardonner soixante-dix fois sept fois” insiste Jean et il termine — c’est toujours le plus confiant et le plus affectueux — en osant prendre dans les siennes la main gauche de Jésus, qui pend et sur laquelle la lune semble rendre encore plus grande la déchirure du clou : “Toi qui es la Lumière éternelle ne permets pas que tes serviteurs restent dans les ténèbres” et il baise les doigts légèrement à la pointe, ces doigts restés un peu pliés exactement comme le sont ceux de quelqu’un qui a été blessé et est guéri mais garde les nerfs légèrement contractés.

“Venez. Montons plus haut et nous dirons ensemble l’oraison” accorde Jésus, on laissant sa main dans celles de Jean pendant que déjà il marche vers la limite la plus élevée du Gethsémani, vers la route élevée qui, à travers le Camp des Galiléens, va à Béthanie.         

Ici encore on voit que les travaux de délimitation, voulus par Lazare, sont en cours. Et même ici, plus loin que la maison du gardien de l’Oliveraie, on a déjà élevé un mur lisse et haut qui suit la haie et le sentier en lacets qui étaient la limite du Gethsémani.            

En bas Jérusalem sort lentement des ténèbres, même dans les parties qui sont au couchant car la lune est maintenant au zénith et elle blanchit toutes choses avec sa fine faucille, qui brille comme une flamme de diamant posée sur le firmament sombre sur lequel palpitent les corolles lumineuses d’un nombre incalculable d’étoiles, de ces étoiles si invraisemblables des cieux d’orient.    

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106>          I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif Jésus lève les bras dans son attitude habituelle de prière et entonne : "Notre Père qui es aux Cieux.” Il s’interrompt et commente : “Qu’Il soit Père, Il vous en a donné la preuve en vous pardonnant. Vous, tenus plus que tous à la perfection, vous, qui avez reçu tant de bienfaits et, comme vous dites, si inaptes à la mission, quel Seigneur qui ne serait pas Père ne vous aurait pas punis ? Je ne vous ai pas punis. Le Père ne vous a pas punis. Car ce que fait le Père, le Fils le fait, car ce que fait le Fils, le Père le fait, car Nous sommes une seule Divinité unie dans l’Amour. Je suis dans le Père, et le Père est avec Moi. Le Verbe est toujours près de Dieu qui est sans principe. Et le Verbe est avant toute chose, depuis toujours, depuis une éternité qui a nom toujours, depuis un éternel présent près de Dieu, et Il est Dieu comme Dieu, car Il est le Verbe de la Pensée divine.        

Quand donc je m’en serai allé, en priant ainsi notre Père, le mien et le vôtre, par qui nous sommes frères, Moi premier-né, vous cadets, veuillez me voir toujours Moi aussi dans mon Père et le vôtre. Veuillez voir le Verbe qui pour vous fut le ‘Maître” et vous a aimés jusqu’à la mort et au-delà de la mort, en vous laissant Lui-même en nourriture et en boisson pour que vous soyez en Moi et Moi en vous tant que dure l’exil, et puis vous et Moi dans le Royaume pour lequel je vous ai enseigné à prier : "Que vienne ton Règne” après l’avoir invoqué pour que vos œuvres sanctifient le Nom du Seigneur en Lui donnant gloire sur la Terre et au Ciel. Oui. Il n’y aurait pas de Royaume pour vous au Ciel, de Royaume pour ceux qui croiront comme vous, si d’abord vous n’aviez pas voulu le Royaume de Dieu en vous par la pratique réelle de la Loi de Dieu et de ma parole qui est le perfectionnement de la Loi ayant donné, dans le temps de la Grâce, la Loi des élus, c’est-à-dire celle de ceux qui sont au-delà des constitutions civiles, morales, religieuses du temps mosaïque, déjà dans la Loi spirituelle du temps du Christ.

Vous le voyez ce que c’est que d’avoir le voisinage de Dieu, mais non pas Dieu en vous; ce que c’est que d’avoir la parole de Dieu, mais non pas la pratique réelle de cette Parole. Tout crime s’est accompli pour avoir ce voisinage de Dieu, mais non pas Dieu dans le cœur; pour avoir la connaissance de la parole, mais non pas l’obéissance à cette parole. Tout ! Tout pour cela. L’obtusité et la criminalité, le déicide, la trahison, les tortures, la mort de l’Innocent et de son Caïn, tout est venu pour cela. Et pourtant qui comme Judas a été aimé par Moi ? Mais il n’a pas eu Moi-Dieu dans son cœur. Et il est le damné déicide, l’infiniment coupable comme israélite et comme disciple, comme suicidé et comme déicide, en plus que pour ses sept vices capitaux et toutes ses autres fautes.           

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107> Le Royaume de Dieu en vous maintenant peut s’obtenir avec plus de facilité parce que je vous l’ai obtenu par ma mort. Je vous ai rachetés par ma douleur. Souvenez-vous-en. Et que personne ne piétine la Grâce parce qu’elle a coûté la vie et le Sang d’un Dieu Que le Royaume de Dieu soit donc en vous, hommes, par la Grâce; que ce soit sur la Terre, par l’Église, que ce soit au Ciel pour le peuple des bienheureux qui ayant vécu avec Dieu dans leur cœur, unis au Corps dont le Christ est la Tête, unis à la Vigne dont tout chrétien est un sarment, méritent de reposer dans le Royaume de Celui pour lequel toutes choses ont été faites : Moi qui vous parle, et qui me suis donné Moi-même à la Volonté paternelle pour que tout puisse être accompli. C’est pourquoi je puis vous enseigner, sans hypocrisie, qu’il faut dire : "Que soit faite ta volonté sur la Terre comme au Ciel”. Comme j’ai fait la volonté de mon Père jusqu’aux mottes de terre, jusqu’aux plantes, jusqu’aux fleurs, jusqu’aux pierres de Palestine, et mes chairs blessées, et tout un peuple peuvent le dire.         

Faites comme j’ai fait jusqu’au bout, jusqu’à la mort de la croix, si Dieu le veut. Car, souvenez-vous-en, je l’ai fait et il n’y a pas de disciple qui mérite la miséricorde plus que Moi. Et pourtant j’ai consumé la plus grande douleur, et même j’ai obéi par de continuels renoncements. Vous le savez. Vous le comprendrez encore davantage dans l’avenir quand vous me ressemblerez en buvant une gorgée à mon calice...

Donnez-vous cette pensée constante : “C’est par son obéissance au Père que Lui nous a sauvés”. Et si vous voulez être sauveurs, faites ce que Moi j’ai fait. Il y en aura qui connaîtront même la croix, d’autres la torture des tyrans, ou la torture de l’amour, de l’exil des Cieux en y tendant jusqu’à l’âge le plus avancé avant d’y monter. Eh bien : qu’en toute chose soit fait ce que Dieu veut. Pensez que supplice de mort ou supplice de vie, alors que vous voudriez mourir pour venir où je suis, sont pareils aux yeux de Dieu s’ils sont faits avec une joyeuse obéissance. Ils sont la Volonté de Dieu, et à cause de cela, ils sont saints.          

"Donne-nous notre pain quotidien”. Au jour le jour, heure par heure. C’est de la foi. C’est de l’amour. C’est de l’obéissance. C’est de l’humilité. C’est de l’espérance de demander le pain d’un jour, et de l’accepter comme il est. Aujourd’hui doux, demain amer, beaucoup, peu, avec des épices, ou avec de la cendre. Toujours tel qu’il est juste. C’est Dieu, qui est Père, qui le donne. Il est donc bon.           

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108>          I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif Une autre fois je vous parlerai de l’autre Pain qu’il serait salutaire de vouloir manger chaque jour et de prier le Père de le maintenir. Car malheur à ces jours et à ces lieux où on viendrait à en manquer par la volonté des hommes ! Or vous voyez combien les hommes sont puissants dans leurs œuvres de ténèbres. Priez le Père qu’Il défende son Pain et vous le donne. Qu’Il vous le donne d’autant plus que les ténèbres voudront étouffer la Lumière et la Vie comme ils ont fait à la Parascève. La seconde Parascève serait sans résurrection. Souvenez-vous-en, tous. Si le Verbe ne pourra plus être tué, sa doctrine pourrait encore être tuée, et éteinte la liberté et la volonté de l’aimer en un trop grand nombre. Mais alors aussi la Vie et la Lumière seraient finies pour les hommes. Et malheur à ce jour ! Que le Temple soit pour vous un exemple. Rappelez-vous : j’ai dit “il est le grand Cadavre”. 

“Remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs           

Tous pécheurs, soyez doux pour les pécheurs. Rappelez-vous mes paroles : ‘A quoi bon regardes-tu
la paille du frère si auparavant tu n’enlèves pas la poutre de ton œil ?” Cet Esprit que je vous ai infusé, cet ordre que je vous ai donné, vous donnent le pouvoir de remettre, au nom de Dieu, les péchés du prochain. Mais comment pourrez-vous le faire si Dieu ne les remet pas à vous ? Je parlerai de cela une autre fois. Pour le moment je vous dis : Pardonnez à qui vous offense pour être pardonnés et pour avoir le droit d’absoudre ou de condamner. Celui qui est sans péché peut le faire avec une pleine justice. Celui qui ne pardonne pas et est en faute et feint le scandale est hypocrite et l’Enfer l’attend. Car s’il y a encore de la miséricorde pour les pupilles, sévère sera le verdict pour les tuteurs des pupilles, coupables de fautes pareilles ou plus grandes, bien que possédant pour les aider la plénitude de l’Esprit.         

“Ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal”. Voici l’humilité, pierre de base de la perfection. En vérité je vous dis de bénir ceux qui vous humilient car ils vous donnent ce qui est nécessaire pour votre céleste trône.          

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109> Non. La tentation n’est pas la ruine, si l’homme se tient humblement près du Père et Lui demande de ne pas permettre que Satan, le monde et la chair triomphent de lui. Les couronnes des bienheureux sont ornées des gemmes des tentations vaincues. Ne les cherchez pas, mais ne soyez pas lâches quand elles viennent. Humbles, et forts par conséquent, criez à mon Père et au vôtre : “Libère-nous du mal” et vous vaincrez le mal. Et vous sanctifierez vraiment le Nom de Dieu par vos actions, comme je l’ai dit au début, car tout homme dira en vous voyant : “Dieu existe, car eux vivent comme des dieux, si parfaite est leur conduite” et ils viendront à Dieu, en multipliant le nombre des habitants du Royaume de Dieu.    

Agenouillez-vous pour que je vous bénisse et que ma bénédiction vous ouvre l’esprit pour méditer.”      

Ils se prosternent sur le sol et Lui les bénit et disparaît comme s’il était absorbé par un rayon de lune.

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Après un moment les apôtres lèvent la tête, étonnés de ne pas entendre d’autres paroles et ils voient que Jésus est disparu... Ils se rabattent, le visage au sol, dans la crainte séculaire de tout israélite qui se rend compte qu’il a été au contact de Dieu comme Il est dans le Ciel.         

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[1] Psaume 110 (109)

[2][1] néologisme. Le contraire de l’inadvertance = pleine conscience