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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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        I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\italiano.gif 2.94 - Guarigione della Bella di Corazim. Gesù parla nella sinagoga di Cafarnao.

        I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\English.gif 1.94 - Cure of the Beauty of Korazim. Sermon in the Synagogue at Capernaum.

 2.94 - Curación de la Beldad de Corazín. Jesús habla en la sinagoga de Cafarnaúm.

 2.131 - Heilung der Schönen von Chorazim -Predigt in der Synagoge von Kapharnaum.



Samedi 7 août 27
(18 Ab 3787)

Capharnaüm.


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        I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Le péché et le repentir du roi David.

        I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Samson succombe à la tentation.

        I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif La puissance du repentir.


03-016 03-016 03-016               I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Resume.gif

- Invitation du chef de la synagogue ................... 318

- André a évangélisé une lépreuse ....................... 319

- La guérison de la Belle de Corozaïn ...................... 321

- Pierre fustige le percepteur Matthieu ....................... 322

- Discours (Le souvenir de Dieu et le repentir ................ 323

- La tentation de Samson et son repentir ......................... 324

- Jésus demande une obole pour la repentie) ......... 325


- Judas défend Jésus contre deux anciens............... 325

- Le petit Jacques a remis deux bourses à Pierre ......... 326

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 2


Tome 2, chapitre 59.

94.
Guérison de la Belle de Corozaïn.
Prédication à la synagogue de Capharnaüm.


Vision du jeudi  1er février 1945

318> Jésus sort de la maison de la belle-mère de Pierre en même temps que ses disciples, à l'exception de Jude Thaddée. C'est d'abord un garçon qui le voit et le fait savoir, même à ceux qui ne veulent pas le savoir. Jésus est sur la rive du lac, assis sur le bord de la barque de Pierre et il est tout de suite entouré de citadins qui fêtent son retour. Ils Lui font mille demandes. Jésus leur répond avec son insurpassable patience, souriant et tranquille, comme si tout ce bavardage était une harmonie céleste.       

Le
chef de la synagogue vient aussi. Jésus se lève pour le saluer. Leur salut réciproque est plein de la solennité orientale. "Maître, puis-je compter sur Toi pour l'instruction au peuple ?"         
"Certainement, si tu le désires et le peuple aussi."     

"Nous l'avons désiré tous ces derniers temps. Eux peuvent le dire". Le peuple, en effet, le confirme avec un nouveau cri.          

"Et alors, au milieu de la soirée, je serai chez toi. Pour l'instant, partez tous. Je dois aller trouver quelqu'un qui me désire."      

Les gens s'éloignent à contrecœur, pendant que Jésus avec Pierre et
André s'en vont sur le lac avec la barque. Les autres disciples restent à terre.         

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319> La barque fait un court trajet à la voile et puis les deux pêcheurs la poussent dans une crique entre deux collines peu élevées. Ces collines paraissent n'en avoir été, à l'origine, qu'une seule qui s'est creusée au milieu, par l'érosion ou un tremblement de terre, formant un fjord minuscule qui, n'étant pas norvégien, n'est pas peuplé de sapins, mais seulement d'oliviers ébouriffés qui ont poussé on ne sait comment, sur les pentes escarpées entre des rochers éboulés et d’autres qui affleurent. Ils entrelacent leurs frondaisons tordues par les vents qui viennent du lac et, qui ici doivent souffler fort. Elles forment une sorte de toit sous lequel écume un petit torrent capricieux, tout bruyant parce que tout en cascades tout écumant avec ses chutes d'un mètre à l'autre, mais en réalité comme un nain parmi les cours d'eau.

André saute à l'eau pour accoster la barque au plus près et l'attacher à un tronc d'olivier, pendant que Pierre cargue la voile et installe une planche pour faire un pont à Jésus. "Pourtant, dit-il, je te conseillerais de te déchausser, de quitter le vêtement et de faire comme nous. Ce fou (et il indique le petit torrent) fait tournoyer l'eau du lac et le pont n'est pas sûr avec ce roulis."        

Jésus obéit sans discuter. Une fois à terre, on reprend les sandales et Jésus reprend aussi son long vêtement. Les autres restent avec leurs sous-vêtements foncés. "Où est-elle ?" demande Jésus.       

"Elle se sera sauvée, en entendant des voix. Tu sais... avec ce qu'elle a sur elle..."   

"Appelle-la."

Pierre crie à haute voix : "Je suis le disciple du Rabbi de Capharnaüm et le Rabbi est ici. Sors."          

Personne ne donne signe de vie.      

"Elle est méfiante " explique André."Un jour il y eut quelqu'un qui l'appela en disant : "Viens, voilà de la nourriture", et puis il la reçut à coups de pierres. Nous l'avons vue alors pour la première fois, parce que, moi du moins, je ne me souvenais pas du temps où elle était la
Belle de Corozaïn."   

"Et qu'avez-vous fait, alors ?"           

"Nous lui avons jeté un pain et des poissons et un lambeau de toile, un morceau de voile déchirée que nous avions pour nous essuyer, parce qu'elle était nue. Puis nous nous sommes enfuis pour ne pas nous contaminer."         

"Comment êtes-vous revenus, alors ?"          

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320> "Maître... Tu étais parti et nous ne pensions qu'à te faire connaître toujours plus. Nous avons pensé à tous les malades, à tous les aveugles, aux estropiés, aux muets... et aussi à elle. Nous avons dit : "Essayons". Tu sais... beaucoup... oh ! par notre faute certainement, nous ont traités de fous et n'ont pas voulu écouter. D'autres, au contraire, nous ont cru. À elle, c'est moi qui ai parlé. Je suis venu seul, avec la barque au clair de lune. Je l'appelais, je lui disais : "Sur la pierre, au pied de l'olivier, il y a du pain et des poissons. Viens sans crainte", et je m'en allais. Elle devait attendre de me voir disparaître, car je ne la voyais jamais. La sixième fois, je la vis debout sur la rive exactement où tu es. Elle m'attendait. Quelle horreur ! Je ne m'enfuis pas car je pensais à Toi... Elle me dit : "Qui es-tu ? Pourquoi as-tu pitié ?"

Je lui dis : "Parce que je suis disciple de la Pitié".     

"Qui est-il ?"

"C'est Jésus de Galilée".      

"Et il vous enseigne à avoir pitié de nous ?".

"De tout le monde".  

"Mais, tu sais qui je suis ?".  

"Tu es la Belle de Corozaïn, maintenant, la lépreuse ".           

"Et même pour moi, il y a de la pitié ?"         

"Lui dit que sa pitié s'adresse à tous, et nous, pour être comme Lui, nous devons avoir de la pitié pour tous".    

Ici, Maître, la lépreuse a blasphémé sans le vouloir. Elle a dit : "Alors, Lui aussi doit avoir été un grand pécheur".         

Je voulais lui dire : "Sois maudite à cause de ta langue, mais je lui ai dit : "Non, c'est le Messie, le saint de Dieu". Je ne lui ai pas dit autre chose parce que j'ai pensé : "Dans sa détresse, elle ne peut penser à la miséricorde divine". Alors, elle s'est mise à pleurer et elle a dit : "Oh ! s'il est le Saint, il ne peut, il ne peut avoir pitié de la Belle. Pour la lépreuse il pourrait... mais pour la Belle, non. Et moi qui espérais..."      

J'ai demandé : "Qu'espérais-tu, femme ?"     

"La guérison... retourner dans le monde... parmi les hommes... mourir mendiante, mais parmi les hommes... non comme une bête fauve, dans une tanière de fauves à qui je fais horreur".       

Je lui ai dit : "Me jures-tu que si tu reviens au monde tu seras honnête ?"      

Et elle : "Oui, Dieu m'a punie justement pour mes péchés. Je me repens profondément. Mon âme subit l'expiation, mais déteste le péché, éternellement".     

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321> Il m'a semblé alors pouvoir lui promettre en ton nom le salut. Elle m'a dit : " Reviens, reviens encore... Parle-moi de Lui. Que mon âme le connaisse avant que mon œil ne le voie... ". Et je venais lui parler de Toi, comme je sais..."        

"Et Moi, je viens apporter le salut à la première convertie de mon André " (c'est André, en effet qui a toujours parlé pendant que Pierre s'en est allé, remontant le torrent en sautant de pierre en pierre, appelant la lépreuse).           

Enfin, elle montre son horrible visage entre les branches d'un olivier. Elle voit et pousse un cri.   

"Et descends donc, crie Pierre. Je ne veux pas te lapider. Là, tu le vois, c'est le Rabbi Jésus."        

La femme se laisse dévaler sur la pente. Je m'exprime ainsi tant elle descend rapidement et elle arrive aux pieds de Jésus avant que Pierre revienne près du Maître. "Pitié, Seigneur !"
"Peux-tu croire que Moi je puis avoir pitié ?"

        I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif "Oui, parce que tu es saint et que je suis repentie. Je suis le Péché, mais tu es la Miséricorde. Ton disciple a été le premier à avoir de la miséricorde pour moi. Il est venu me donner du pain et la foi. Purifie-moi, Seigneur, mais l'âme avant la chair, Car je suis trois fois impure, et si tu dois me donner une purification, une seule, voilà, je te la demande pour mon âme pécheresse. Avant d'avoir entendu tes paroles que lui me répétait, je disais : "Guérir pour retourner parmi les hommes". Maintenant que je sais, je dis : "Guérir pour avoir la vie éternelle"         

"Et je te donne le
pardon. Rien autre que cela, pourtant..."    

"Bénis sois-tu ! Je vivrai en paix avec Dieu dans ma tanière... libre... oh ! délivrée des remords et des peurs. Plus peur de la mort, maintenant que je suis pardonnée ! Plus peur de Dieu, maintenant que tu m'as absoute !"  

"Va au lac, lave-toi et restes-y jusqu'à ce que je t'appelle". La femme, misérable fantôme de femme squelettique, rongée par la lèpre, à la chevelure en désordre, raide, toute blanche, se lève et descend dans l'eau du lac, elle s'y plonge avec son vêtement en loques qui la couvre bien peu.      

"Pourquoi l'as-tu envoyée se laver ? Il est vrai que sa puanteur rendrait malade, mais... je ne comprends pas" dit Pierre.   

"Femme : sors et viens ici. Prends le linge qui est sur la branche" (c'est le linge avec lequel Jésus s'est essuyé après le passage à gué de la barque à la terre)
[1].           

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322> La femme obéit et sort, toute nue, car elle a laissé ses loques dans l'eau, pour prendre le linge sec. Le premier à s'écrier, c'est Pierre qui la regarde, pendant qu'André, plus réservé, lui tourne le dos. Mais en entendant son frère, il se retourne et crie à son tour. La femme avait les yeux tellement fixés sur Jésus, qu'elle ne s'occupait de rien d'autre. En entendant ces cris, en voyant ces mains qui attirent sur elle l'attention, elle se regarde... Elle constate qu'en même temps que ses loques, elle a laissé sa lèpre dans le lac. Elle ne court pas, comme on pourrait le penser. Elle se laisse tomber sur la rive, se pelotonne sur elle même, honteuse de sa nudité, émue au point qu'elle demeure incapable d'autre chose que de pleurer en une lamentation longue, interminable, plus déchirante que des cris.      

Jésus s'approche... arrive près d'elle... jette sur elle le linge, lui fait sur la tête une légère caresse et lui dit : "Adieu. Sois bonne. Tu as mérité la grâce par la sincérité de ton repentir. Grandis dans la foi au Christ. Et obéis à la loi de la purification."      

La femme pleure, toujours, toujours, toujours... C'est seulement quand elle entend le bruit de la planche que Pierre retire sur la barque, qu'elle lève la tête, tend les bras et crie : "Merci, Seigneur. Merci, béni. Oh ! béni, béni !..."      

Jésus lui fait un geste d'adieu avant que la barque contourne l'éperon du petit fjord et disparaît...


... Jésus, qui est maintenant avec tous ses disciples, entre dans la synagogue de Capharnaüm, après avoir traversé la place et le chemin qui y conduit. La nouvelle du nouveau miracle doit déjà s'être répandue car il y a beaucoup de chuchotements et beaucoup de commentaires.

Voilà que sur le seuil de la porte de la synagogue, je vois le futur apôtre
Matthieu. Il est là, on dirait qu'il se demande s'il doit entrer ou sortir, je ne sais s'il est honteux ou ennuyé par tous les clins d’œil qui le désignent et même de quelque épithète peu agréable qu'on lui adresse. Deux pharisiens, drapés dans leurs manteaux les serrent soigneusement contre eux, comme s'ils avaient peur d'attraper la peste en effleurant le vêtement de Matthieu.
Jésus, en entrant le fixe un instant, et pour un instant il s'arrête. Mais Matthieu baisse la tête. C'est tout.        

À peine l'a-t-on dépassé que Pierre dit à Jésus : "Sais-tu qui est cet homme frisé, parfumé plus qu'une femme ? C'est Matthieu, notre percepteur ... Que vient-il faire ici ? C'est la première fois. Il n'a peut-être pas trouvé les compagnons, les compagnes surtout, avec lesquels il passe le sabbat, dépensant en orgies ce qu'il nous extorque en taxes doublées et triplées pour avoir de l'argent pour le fisc et pour sa conduite vicieuse."    

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323> Jésus regarde Pierre si sévèrement que Pierre rougit comme un coquelicot et baisse la tête, en s'arrêtant, de sorte qu'il passe du premier rang au dernier du groupe des apôtres.

Jésus a pris place. Après des cantiques et des prières faites avec le peuple, il se retourne pour parler. Le
chef de la synagogue Lui demande s'il veut un rouleau, mais Jésus répond : "Je n'en ai pas besoin. J'ai déjà le sujet".      

        I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif Et il commence : "Le grand roi d'Israël, David de Bethléem après avoir péché [2] pleura, le cœur contrit, criant à Dieu son repentir et demandant à Dieu son pardon. David avait eu l'esprit obscurci par le brouillard des sens, et cela l'avait empêché de voir le Visage de Dieu et de comprendre ses paroles.         

J'ai dit : le Visage. Dans le cœur de l'homme,
il est un point qui garde le souvenir du Visage de Dieu, un point particulièrement choisi qui est notre "Saint des Saints" d'où lui viennent les saintes inspirations et les saintes résolutions, un endroit qui parfume comme un autel, qui brille comme un bûcher, résonne de chant: comme la demeure des séraphins. Mais, quand le péché répand en nous sa fumée, voici que ce point s'assombrit tellement que disparaissent la lumière, le parfum, les chants, et il ne reste que l'odeur suffocante d'une lourde fumée et un goût de cendre. Mais quand la clarté revient, parce qu'un serviteur de Dieu la porte aux malheureux sans lumière, voilà qu'alors il voit sa laideur, sa déchéance et, horrifié de lui-même, s'écrie comme le roi David "Aie pitié de moi, Seigneur, selon ta grande miséricorde et, à cause de ton infinie bonté, lave-moi de mon péché"[3]. Il ne dit pas : "Je ne puis être pardonné, et pour cela je reste dans mon péché", mail il dit : "Je suis humilié, j'ai le cœur brisé, mais, je t'en prie, Toi qui sais comment je suis né dans le péché, de m'asperger et de m'inonder pour que je redevienne semblable à la neige des cimes" Mais, il dit encore : "Ce ne sera pas pour moi un holocauste de béliers et de bœufs, mais un vrai brisement de mon cœur, car je sais que c'est lui que Tu veux de nous et que Tu ne le méprises pas".         

Voilà ce que disait David après son péché et après que Nathan le serviteur du Seigneur, l'eut amené à se repentir. C'est encore ça et à plus forte raison, que doivent dire les pécheurs, maintenant que le Seigneur leur envoie non pas un de ses serviteurs, mais le Rédempteur lui-même, son Verbe. C'est Lui le Juste, le Maître non seulement des hommes mais des êtres célestes et des infernaux. Il est sorti du milieu de son peuple, comme sort de l'aurore la lumière qui, au lever matinal du soleil, resplendit dans un air sans nuages.

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324>
        I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif Vous avez déjà lu comment l'homme, proie de Mammon, est plus faible qu'un poitrinaire qui va mourir, même si auparavant il était le fort. Vous savez comment Samson fut réduit à rien après avoir cédé à la sensualité. Je veux que vous connaissiez la leçon que nous donne Samson, fils de Manoah, destiné à vaincre les Philistins qui opprimaient Israël[4]. La première condition pour remplir sa mission était que, dès sa conception, il fut tenu vierge de tout ce qui excite les sens, et associe les viscères de l'homme à des chairs impures : c'est à dire le vin et les viandes grasses qui allument dans les reins un feu impur. La seconde condition, pour être le libérateur, était qu'il fût consacré au Seigneur dès l'enfance et le restât dans un nazirat perpétuel. Consacré est celui qui se garde non seulement dans une sainteté extérieure, mais dans une sainteté intérieure.     

Mais la
chair, c'est la chair, et Satan c'est la Tentation. Et la Tentation se sert pour combattre Dieu dans un cœur et dans ses saints décrets, de la chair qui excite l'homme : de la femme. Voici alors la force du "fort" tremble et il devient un faible qui gâche les prérogatives que Dieu lui avait accordées. Et maintenant, écoutez : Samson fut lié avec sept cordes de nerfs frais, avec sept cordes neuves, fixé au sol avec sept tresses de ses cheveux. Et il avait toujours vaincu. Mais on ne met pas en vain à l'épreuve le Seigneur, pas même en sa bonté. Ce n'est pas permis. Lui pardonne, pardonne, pardonne. Mais Il exige la volonté de sortir du péché pour continuer à pardonner. Sot est celui qui dit : "Seigneur, pardon" et ensuite ne fuit pas ce qui le pousse continuellement au péché ! Samson, victorieux trois fois, n'a pas fui Dalila, la sensualité, le péché, et ennuyé jusqu'à la mort, dit le Livre, et sa force d'âme une fois amoindrie, dit encore le Livre, il révéla le secret : "Ma force réside dans mes sept tresses"[5].          

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325> N'y a-t-il personne parmi vous, qui las de la grande lassitude du péché, ne sente s'affaiblir son âme, car rien n'accable autant que la conscience du mal consenti, et ne se trouve sur le point de se livrer vaincu à l'Ennemi ? Non, qui que tu sois, non, ne le fais pas. Samson livra à la tentation le secret de vaincre ses sept vertus : les sept tresses symboliques, ses vertus, c'est à dire sa fidélité au nazirat. Il s'endormit fatigué sur le sein de la femme et fut vaincu. Aveugle, esclave, impuissant pour avoir refusé de reste fidèle à son vœu. Il ne redevint le "fort", le "libérateur" que lorsque, dans la douleur d'un vrai repentir, il retrouva sa force. Repentir, patience, constance, héroïsme et puis, ô pécheurs, je vous promets que vous serez vos propres libérateurs. En vérité je vous dis qu'il n'est pas de baptême qui vaille, ni de rite qui serve, s'il n'y a pas le repentir et la volonté de renoncer au péché. En vérité je vous le dis qu'il n'y a pas pécheur si grand qu'il ne puisse faire renaître par ses pleurs de repentir les vertus que le péché a arrachées de son cœur.  

Aujourd'hui une femme, une pécheresse d'Israël, punie par Dieu de son péché, a obtenu miséricorde par son repentir. J'ai dit : miséricorde. Ils en auront moins ceux qui n'en eurent pas pour elle et sur la pauvre déjà punie s'acharnèrent sans pitié. Ces gens là n'avaient-ils pas en eux la lèpre de leur faute ? Que chacun s'examine... et aie pitié pour mériter, pour lui même, la pitié. Je vous tends la main pour cette repentie qui revient parmi les vivants après avoir été reléguée parmi les morts. C'est Simon de Jonas pas Moi qui recueillera l'obole pour la repentie, qui sur le point de quitter la vie, revient à la Vie véritable. Et ne murmurez pas vous, les grands. Ne murmurez pas. Je n'étais pas au monde quand elle était la Belle. Vous, vous y étiez. Et avec ça, je n'ajoute plus rien."            

"Tu nous accuses d'avoir été ses amants ?" demande avec rancœur un des deux anciens.         
"Que chacun considère son cœur et sa conduite. Pour moi, je n'accuse pas. Je parle au nom de la Justice. Partons." Et Jésus sort avec les siens.    

Mais Judas Iscariote se trouve retenu par deux hommes qui semblent le connaître assez
[6]. J’entends qu'ils disent : "Même toi, tu es avec Lui ? Est-il saint, réellement ?"           

L'Iscariote a une de ses répliques imprévues : "Je vous souhaite d'arriver au moins à comprendre sa sainteté."      

"Mais pourtant c'est le sabbat qu'il a guéri."  

"Non. Il a pardonné le jour du sabbat. Quel jour est plus indiqué pour le pardon que le sabbat ? Ne me donnez-vous rien pour celle qui a été rachetée ?"     

"Nous ne donnons pas notre argent aux prostituées. C'est l'offrande pour le Temple saint."

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326> Irrévérencieusement, Judas éclate de rire et les plante là pour rejoindre le Maître. Jésus va rentrer dans la maison de Pierre qui est en train de lui dire : "Voilà, le petit Jacques, au sortir de la synagogue, m'a donné aujourd'hui deux bourses au lieu d'une, et toujours de la part de cet inconnu. Mais qui est-il, Maître ? [7] Tu le sais... Dis-le-moi."
Jésus sourit : "Je te le dirai quand tu auras appris à ne médire de personne."            

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Et tout prend fin.      

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[1] La scène évoque la purification de Naamân le lépreux par le prophète Élisée (2 Rois 5,1-14).

[2] Meurtre d'Urie le hittite, mari de Bethsabée (qui deviendra mère de Salomon) de qui il tomba amoureux.

[3] Psaume 51(50),1-4.

[4]  Juges 13,1-14

[5]  Juges 16,4-21

[6] L’un d’eux est Éli le pharisien qui en garde un souvenir cuisant (Cf. 2.62.)

[7] Il s’agit de Matthieu qui vient d’entendre l’enseignement sur le péché et le pardon.