"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 7.447 - Inascoltato discorso, a Cafarnao, sulla misericordia e sul perdono.

 4.445 - Preaching at Capernaum.

 4.447 - En Cafarnaúm unas palabras de Jesús sobre la misericordia y el perdón no encuentran eco.

 8.496 - Verkündigung des Evangeliums in der Gegend am See; In Kapharnaum.

Samedi 4 août 29
(8 Ab 3789)
Capharnaüm.


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 Les fils de la colère ne peuvent rester avec Moi.

 Le rejet des passions.

 Toute chose est dans les mains de Dieu.

 Les malheurs de la Patrie doivent toujours affliger ceux qui sont des justes.

 
 Est-ce là toute Capharnaüm ?

 Les savants se croient dispensés de la foi.


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- Avec insistance Jésus invite au pardon .................... 384

- Discours 1 (Ayez Dieu en vous) ............................. 385

- Discours 2 (Priez pour les pécheurs) ..................... 386

- Vous devez travailler autant que le Mal travaille ..... 388


- Le centurion intervient contre le pharisien Élie .......... 388

- Discours 3 (Agir avec une grande sainteté) ......... 389

- Élie implore la pitié de Jésus ........................................ 389

- Reproche sévère à Mathieu, Thomas et Pierre ........ 391

 

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 6


Tome 6, chapitre 139.

447.
La prédication dans la région du lac.
À Capharnaüm.


Vision du samedi 22 juin 1946

384> C'est le sabbat. C'est ce que je pense en voyant les gens réunis dans la synagogue. Mais il pourrait se faire qu'ils se soient réunis là pour fuir le soleil ou pour être plus tranquilles dans la maison de Jaïre, et les gens se pressent attentifs malgré la chaleur que l'ouverture des portes et des fenêtres pour établir des courants d'air n'arrive pas à tempérer.     

Ceux qui n'ont pas pu entrer dans la synagogue, pour n'être pas rôtis dans la rue par le soleil, se sont réfugiés dans le jardin ombragé qui est derrière la synagogue, le jardin de Jaïre aux tonnelles bien abritées et aux arbres fruitiers aux frondaisons épaisses. Jésus parle près de la porte qui donne sur le jardin pour être entendu de ceux qui s'y trouvent, comme de ceux qui sont dans la synagogue.           

Jaïre est à côté de Lui, attentif. Les apôtres sont en groupe près de la porte qui donne dans le jardin. Les femmes disciples, avec
Marie au milieu, sont assises sous une tonnelle qui touche presque la maison. Miryam de Jaïre et les deux filles de Philippe sont assises aux pieds de Marie.  

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385> D'après les paroles que j'entends, je vois qu'il y a eu quelque incident entre les habituels pharisiens et Jésus, et qu'à cause de cela le peuple est un peu remuant. Jésus l'exhorte à la paix et au pardon en disant que dans des cœurs troublés, la parole de Dieu ne peut pénétrer avec fruit.   

"Nous ne pouvons tolérer que tu sois insulté" crie quelqu'un dans la foule.    

"Laissez faire au Père, le mien et le vôtre, et vous imitez-moi. Tolérez, pardonnez. Ce n'est pas en répondant par l'insulte à l'insulte que l'on persuade les ennemis."       

"Ce n'est pas non plus avec une continuelle douceur, cependant. Tu te fais piétiner" crie l'Iscariote.    

"Toi, mon apôtre, ne scandalise pas en donnant l'exemple de la colère et de la critique."         

"Il a raison, pourtant, ton disciple. Ses paroles sont justes."  

 "Il n'est pas juste le cœur qui les formule et celui qui les écoute. Qui veut être mon disciple doit m'imiter. Moi, je tolère et je pardonne. Moi, je suis doux, humble et pacifique. Les fils de la colère ne peuvent rester avec Moi car ils sont fils du siècle et de leurs passions.     

Ne vous rappelez-vous pas le quatrième livre des Rois
[1] ? Il est dit dans un passage qu'Isaïe parla contre Sennachérib qui croyait pouvoir tout oser, et qu'il lui prophétisa que rien ne le sauverait du châtiment de Dieu. Il le compare à un animal auquel on met un anneau dans les narines et un frein aux lèvres pour en dompter la coupable fureur. Vous savez comment Sennachérib périt de la main de ses propres fils. C'est qu'en vérité le cruel périt à cause de sa propre cruauté. Il périt en sa chair et en son esprit[2].        

 Moi, je n'aime pas les cruels. Je n'aime pas les orgueilleux. Je n'aime pas les irascibles, les avides, les luxurieux. Je ne vous ai jamais donné un mot et un exemple de ces choses, mais toujours, au contraire, je vous ai enseigné les vertus opposées à ces mauvaises passions.     

Comme elle est belle la prière de David, notre roi, quand, revenu à la sainteté par un sincère repentir des fautes passées et des années de sage conduite, il loua le Seigneur, plein de douceur et de résignation pour le décret qui l'empêchait d'être le constructeur du nouveau Temple. Disons-la ensemble en louant le Seigneur Très-Haut..."       

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386> Pendant que ceux qui sont assis se lèvent, que ceux qui sont appuyés au mur prennent une position respectueuse en quittant leur appui, Jésus entonne la prière de David (1Paralipomènes, chap. 29, v. 10 à 19)[3].         

Ensuite Jésus reprend sur son ton habituel :
 "Il faut toujours se souvenir que toute chose est dans les mains de Dieu, toute entreprise, toute victoire. La magnificence, la puissance, la gloire, la victoire appartiennent au Seigneur. C'est Lui qui accorde à l'homme telle ou telle chose, s'il juge que c'est l'heure de l'accorder pour un bien certain. Mais l'homme ne peut y prétendre. A David, pardonné, mais qui avait encore besoin de victoires sur lui-même après les erreurs passées, Dieu n'accorde pas la construction du Temple : "Tu as répandu trop de sang et fait trop de guerres, tu ne pourras donc pas élever une maison à mon Nom après avoir versé tant de sang en ma présence. Il te naîtra un fils qui sera un homme de paix... et pour cela on l'appellera le Pacifique... c'est lui qui édifiera une maison à mon Nom[4]". Ainsi parla le Très-Haut à son serviteur David.            

De même je vous dis. Voulez-vous, à cause de votre colère, ne pas mériter d'ériger en vos cœurs la maison au Seigneur votre Dieu ? Loin de vous donc tout sentiment qui n'est pas un sentiment d'amour. Ayez un cœur parfait comme David le demandait pour son fils, constructeur du Temple afin que, gardant mes commandements et exécutant toute chose selon ce que je vous ai enseigné, vous arriviez à élever en vous la maison de votre Dieu en attendant que vous alliez dans la sienne, éternelle et pleine de joie.   

Donne-moi un rouleau, Jaïre, je leur expliquerai ce que Dieu veut."    

Jaïre va à l'endroit où sont rangés les rouleaux et il en prend un au hasard au milieu du tas. Il le dépoussière et le présente à Jésus qui le déroule et lit : «"Jérémie, chapitre 5. Allez par les rues de Jérusalem, regardez, observez, cherchez sur les places un homme qui pratique la justice et cherche à être fidèle et Moi, J'userai de miséricorde envers lui".» (Le Seigneur me dit : "Ne continue pas. Je dis tout le chapitre
[5].")  

Jésus, après avoir tout lu, rend le rouleau à Jaïre et il parle.  

"Mes enfants, vous avez entendu quels châtiments terribles sont réservés à Jérusalem, à l'Israël qui n'est pas juste, mais ne vous réjouissez pas. C'est notre Patrie. Ne vous réjouissez pas en pensant : "Nous n'y serons peut-être plus". Elle est toujours pleine de vos frères.   

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387> Ne dites pas : "C'est bien fait puisqu'elle est cruelle envers le Seigneur".  Les malheurs de la Patrie, les douleurs des concitoyens, doivent toujours affliger ceux qui sont des justes. Ne jugez pas comme les autres jugent, mais comme Dieu juge, c'est-à-dire avec miséricorde.     

Que devez-vous faire alors envers cette Patrie, envers ces compatriotes, soit que sous ces noms il s'agisse de la grande Patrie et de ses habitants, de toute la Palestine, ou de cette petite patrie qu'est Capharnaüm, votre ville, soit qu'il s'agisse de tous les hébreux, ou de ces quelques-uns, qui me sont hostiles, de cette petite ville de Galilée ? Vous devez faire des œuvres d'amour. Tâchez de sauver la Patrie et les compatriotes. Comment ? Par la violence, peut-être ? Par le mépris ? Non. Par l'amour, par un patient amour pour les convertir à Dieu.       

Vous avez entendu. "Si je trouve un homme qui pratique la justice, j'userai envers lui de miséricorde". Travaillez donc pour que les cœurs viennent à la justice et se rendent justes. Vraiment, dans leur injustice, ils disent de Moi : "Ce n'est pas Lui", et pour cette raison, ils croient qu'en me persécutant, il ne leur arrivera pas de mal. Vraiment ils disent : "Ces choses n'arriveront jamais. Les prophètes ont parlé au hasard".        

 Et ils chercheront à vous amener vous aussi à dire comme eux. Vous, présents ici, vous êtes fidèles. Mais où est Capharnaüm ? Est-ce là toute Capharnaüm ? Où sont ceux que les autres fois je voyais se presser autour de Moi ? C'est donc que le levain qui a fermenté depuis la dernière fois que j'ai été ici a fait des ruines dans beaucoup de cœurs ? Où est Alphée ? Josué avec ses trois fils ? Aggée de Malachie ? Joseph et Noémi ? Lévi, Abel, Saül et Zacharie ? Ont-ils oublié les bienfaits visiblement reçus parce que des paroles mensongères les ont trompés ? Mais les paroles peuvent-elles détruire les faits ?     

Vous voyez ! Ce n'est qu'une petite localité. Dans cet endroit, où les bénéficiaires sont les plus nombreux, la rancœur a pu dévaster la foi en Moi. Il n'y a que ceux qui sont parfaits dans la foi que je vois. Et pourriez-vous prétendre que des faits lointains, des paroles lointaines peuvent maintenir fidèle à Dieu Israël tout entier ? Cela devrait être, car la foi devrait être telle même sans être soutenue par les faits. Mais cela n'est pas.
 Et plus grande est la science et plus petite est la foi, parce que les savants se croient dispensés de la foi simple et franche qui croit à force d'amour et non grâce à l'aide de la science.

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388> C'est l'amour qu'il faut transmettre et allumer. Et pour le faire, il faut brûler. Être convaincu, héroïquement convaincu, pour convaincre. Au lieu des grossièretés, pour répondre aux insultes, l'humilité et l'amour. Et aller avec eux en rappelant les paroles du Seigneur à ceux qui ne s'en souviennent plus : "Craignons le Seigneur qui nous donne la pluie de la première et de la dernière saison[6]".          

"Ils ne nous comprendraient pas ! Au contraire ils nous offenseraient en disant que nous sommes des sacrilèges puisque nous enseignons sans en avoir le droit. Tu n'ignores pas ce que sont les scribes et les pharisiens !..."

"Non. Je ne l'ignore pas. Même si je l'avais ignoré, maintenant je le saurais. Mais peu importe ce qu'ils sont eux. Ce qui importe c'est ce que nous sommes, nous. Eux et les prêtres peuvent applaudir les faux prophètes qui prophétisent ce qui leur est avantageux, oubliant que ce sont seulement les œuvres bonnes commandées par la Loi qu'il faut applaudir. Ce n'est pas une raison pour que mes fidèles les imitent, ni non plus qu'ils se découragent et se mettent à se regarder comme des vaincus. Vous, vous devez travailler autant que le Mal travaille..."

"Nous ne sommes pas le Mal" crie du seuil, sur la route, la voix éraillée
d'Élie le pharisien, qui cherche à entrer sans cesser de crier: "Nous ne sommes pas le Mal, nous, ô fauteur de troubles. "    

"Homme, c'est toi le perturbateur. Sors d'ici !" dit tout de suite le
centurion qui devait être de garde près de la synagogue, tant son intervention est rapide.      

"Toi, toi, païen, tu oses m'imposer..."           

"Moi, romain, oui. Sors ! Le Rabbi ne te trouble pas. C'est toi qui le troubles. Tu n'as pas le droit."          

"C'est nous qui sommes les rabbis et pas le menuisier galiléen" crie le vieillard qui ressemble plutôt à une marchande de légumes qu'à un maître.          

"Un de plus, un de moins... Vous en avez des centaines et tous donnent un mauvais enseignement. Le seul vertueux, c'est Lui. Je t'ordonne de sortir."     

"Vertueux, hein ?! Vertueux celui qui achète à Rome sa sauvegarde ! Sacrilège ! Immonde !"  

Le centurion pousse un cri et le pas pesant de quelques soldats se mêle aux cris injurieux d'Élie.          

"Saisissez cet homme et chassez-le" commande le centurion.           

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389> "Moi ? Les mains des païens sur moi ? Les pieds des païens dans une de nos synagogues ! Anathème ! A l'aide ! Ils me profanent ! Ils me..."         

"Je vous en prie, soldats, laissez-le ! N'entrez pas. Respectez ce lieu, et ses cheveux blancs" dit Jésus de sa place.          

"Comme tu veux, ô Rabbi."  

"Ah ! ah ! Intrigant ! Mais le Sanhédrin le saura. J'ai la preuve ! J'ai la preuve ! Maintenant je crois aux paroles qui m'ont été dites. J'ai la preuve, et anathème sur Toi !"    

"Et le glaive sur toi, si tu dis encore un mot. Rome défend le droit. Elle n'intrigue, vieille hyène, avec personne. Le Sanhédrin saura tes mensonges. Le Proconsul aura mon rapport. Je vais l'écrire. Va chez toi et tiens-toi à la disposition de Rome" et le centurion après un demi-tour parfait, s'en va, suivi des quatre soldats, laissant en plan Élie, interdit et tremblant, lâchement tremblant...  

Jésus reprend son discours, comme si rien ne l'avait interrompu : "Vous devez travailler, autant que le Mal travaille, pour édifier en vous et autour de vous, la maison du Seigneur comme je vous le disais en commençant. Agir avec une grande sainteté, pour que Dieu puisse encore descendre dans les cœurs et sur la chère Patrie qui nous a vus naître et qui est déjà tellement punie et qui ne sait pas quelle nuée de malheur se forme pour elle au septentrion, dans la nation forte qui déjà nous domine et qui nous dominera de plus en plus car les actions des citoyens sont de nature à dégoûter le Très Bon et à exciter le fort. Et avec le courroux de Dieu et de celui qui vous domine vous voulez peut-être avoir la paix et la prospérité ? Soyez, soyez bons, ô fils de Dieu. Faites que ce ne soit pas un seul, mais des centaines et des centaines qui soient bons en Israël, pour détourner les redoutables châtiments du Ciel.
 Je vous ai dit au commencement que là où il n'y a pas de paix, il ne peut y avoir de parole de Dieu qui, entendue paisiblement, donne des fruits dans les cœurs. Et vous voyez que cette réunion n'a pas été tranquille et qu'elle ne sera pas fructueuse. Trop d'agitation dans les cœurs... Allez. Nous aurons encore des heures pour rester unis. Et priez comme Moi je prie pour que qui nous trouble se ravise... Allons, Mère" et, fendant la foule, il sort dans la rue.            

Élie est encore là et, le teint terreux comme celui d'un mort, il se jette aux pieds de Jésus : "Pitié ! Tu as une fois sauvé mon petit-fils
[7]. Sauve-moi pour que j'aie le temps de me repentir. J'ai péché ! Je l'avoue. Mais tu es bon. Rome... Oh ! que va me faire Rome ?"         

"Elle te dépoussiérera de la poussière de l'été avec de bons coups de fouet" crie quelqu'un, et les gens rient alors qu'Élie pousse un cri de douleur, comme si déjà il sentait le fouet, et il gémit : "Je suis vieux... Perclus de douleurs... Hélas !"

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390> "Les soins vont te les faire passer, vieux chacal !"        

"Tu vas redevenir jeune et danser..."

"Silence !" impose Jésus aux moqueurs. Et au pharisien : "Lève-toi, sois digne. Tu sais bien que je ne complote pas avec Rome. Que veux-tu donc que je te fasse ?"          

"C'est vrai. Oui, c'est vrai. Tu ne complotes pas. Au contraire, tu méprises les romains, tu les hais, tu les m..."  

"Rien de cela. Ne mens pas en me louant, comme auparavant tu mentais en m'accusant. Et sache que ce ne serait pas une louange de dire de Moi que je hais tel ou tel, que je maudis tel ou tel. Je suis le Sauveur de tous les esprits et, à mes yeux, il n'y a pas de races, pas de visages, mais des esprits."          

"C'est vrai ! C'est vrai ! Mais tu es juste et Rome le sait et c'est pour cela qu'elle te défend. Tu calmes les foules, tu enseignes le respect aux lois et..."   

"C'est peut-être une faute à tes yeux ?"         

"Oh ! non ! Non ! C'est justice ! Tu sais faire ce que tous nous devrions faire, parce que tu es juste, parce que..."          

Les gens ricanent et murmurent. Nombreuses sont les épithètes de "Menteur ! Lâche ! Ce matin même, tu disais le contraire !" qu'on entend, même si on parle en sourdine.     

"Eh bien, que dois-je faire ?"            

"Aller ! Aller trouver le centurion. Vite ! Avant que parte le courrier. Tu vois ? Ils préparent déjà les chevaux ! Oh ! pitié !"          

Jésus le regarde : petit, tremblant, livide de peur, misérable... Il le considère, et avec compassion. Il n'y a que quatre pupilles qui le regardent avec compassion : celles du Fils et de la Mère. Toute autre est ironique, ou sévère, ou fâchée... Même Jean, même André ont le regard dur d'une sévérité méprisante.  

"J'ai pitié. Mais ce n'est pas à Moi d'aller trouver le centurion..."        

"C'est un ami, pour Toi..."     

"Non."          

"Il t'est reconnaissant, veux-je dire, à cause... à cause du serviteur que tu lui as guéri
[8]."        

"Toi aussi, tu as eu ton petit-fils guéri et tu ne m'as pas été reconnaissant bien que tu sois un Israélite comme Moi. Un bienfait ne crée pas d'obligation."          

"Si, il la crée. Malheur à celui qui n'est pas reconnaissant pour..." Élie comprend qu'il se condamne lui-même et, s'embrouillant, il se tait. La foule le raille.      

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391> "Vite, ô Rabbi. Grand Rabbi ! Saint Rabbi ! Il donne des ordres, tu le vois ?! Ils vont partir ! Veux-tu qu'on me méprise ? Veux-tu que je meure ?"  

"Non. Moi, je ne vais pas rappeler un bienfait. Va toi, et dis-lui : "Le Maître te dit d'user de pitié". Va !"   

Elie s'en va en courant et Jésus se dirige en sens opposé vers sa maison.   

Le centurion doit avoir accepté, car on voit les soldats déjà en selle descendre de cheval, rendre une tablette couverte de cire au centurion et ramener leurs chevaux.   

"Dommage ! C'était bien fait pour lui !" s'écrie Pierre, et Mathieu lui répond : "Oui, le Maître devait le laisser punir ! Autant de coups que d'insultes qu'il a pour nous. Odieux vieillard !"         

"Et ainsi il est tout prêt à recommencer" s'exclame Thomas.  

Jésus se retourne sévère : "Ai-je des disciples ou des démons ? Allez, vous dont le cœur est sans miséricorde ! Votre présence m'est pénible."           

Les trois restent sur place, pétrifiés par le reproche.  

"Mon Fils, tu as déjà tant de douleur ! Et moi, j'ai déjà tant de peine ! N'y ajoute pas celle-là... Regarde-les !..." implore Marie.  

Et Jésus se retourne pour regarder les trois... Trois visages désolés avec, dans les yeux, toute l'espérance et toute la douleur.

"Venez !" commande Jésus.

Oh ! les hirondelles sont moins rapides que les trois !



"Et que ce soit la dernière fois que je vous entends dire des paroles semblables à celles-là. Toi, Mathieu, tu n'en as pas le droit. Toi, Thomas, tu n'es pas encore mort pour juger qui est imparfait, en te croyant sauvé. Toi, ensuite, Simon de Jonas, tu as fait comme une grosse pierre que l'on a montée avec peine à la cime et qui a roulé au fond de la vallée. Comprends ce que je veux te dire... Et maintenant, écoutez. Ici, dans la synagogue et dans la ville il est inutile de parler. Je parlerai des barques sur le lac tantôt ici, tantôt là. Vous préparerez les barques, autant qu'il en faut, et nous irons dans les soirées tranquilles ou dans les aubes fraîches..."   

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[1] Dans la Septante (LXX), traduction en langue courante de la Bible hébraïque au temps de Jésus, il y a quatre livres des Rois. Les deux premiers correspondent aux livres 1 et 2 de Samuel. Le quatrième livre des Rois correspond donc à notre 2 Rois. Cf. sommaire comparé.

[2] 2 Rois 19, 20-28.

[3] Paralipomènes ou "choses omises" est le terme qu’emploie la traduction grecque de la Septante et à sa suite la Vulgate. Ils correspondent aux Chroniques dans les traductions actuelles. Voir 1 Chroniques 29, 10-19.

[4] 1 Chroniques 22, 7-10.

[5] Jérémie 5, 1-31.

[6] Deutéronome 11, 13-17.

[7] Élisée, mordu par un serpent mortel. Cf. Tome 3, chapitre 21.

[8] Dis seulement une parole … Cf. Tome 3, chapitre 37.