"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 2.93 - Terza lezione ai discepoli nell'orto di Nazareth e un conforto a Giuda d'Alfeo.

 1.93 - The Lesson to the Disciples in the Presence of the Most Holy Virgin in the Garden in Nazareth.

 2.93 - Tercera lección a los discípulos en Nazaret, en el huerto de la casa. Palabras de consuelo a Judas de Alfeo.

 2.130 - Unterweisung der Jünger mit der allerheiligsten Jungfrau Maria im Garten von Nazareth.



Vendredi 6 août 27
(17 Ab 3787)
Nazareth.


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La formation apostolique.

Pour que l'hébraïsme devienne le christianisme.

Quitter sa famille.

Répondre à l'appel de Jésus.


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- Le baiser matinal de Jésus à Marie ............................. 312

- Pierre répare les dégâts de la grêle .............................. 312

- Repas dans le jardin 314

- Arrivée des six autres disciples ........................................ 314

- Discours (La f
ormation apostolique .................. 314

- Incompréhension du père de Jude .............................. 315

- La dure écorce de l'hébraïsme ........................................ 315

- Aimer les parents en Dieu) ........................................ 316

- Des grappes de raisin pour le père de Jude ............... 317

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 2


Tome 2, chapitre 58.

93.
Instructions aux disciples avec la Très Sainte Marie dans le jardin de Nazareth.


Vision du mercredi 31 janvier 1945

312> Jésus sort dans le jardin qui apparaît tout lavé par l'orage de la veille, au soir. Et il voit sa Mère penchée sur des petites plantes. Il la salue, il la rejoint. Comme il est doux, leur baiser ! Jésus entoure ses épaules de son bras gauche et l'attire à Lui en la baisant sur le front, à la naissance des cheveux, et puis il s'incline pour que sa Mère lui donne un baiser sur la joue. Mais ce qui complète la suavité de cet acte est le regard qui accompagne le baiser. Le baiser de Jésus est tout amour avec pourtant quelque chose de majestueux et de protecteur. celui de Marie est toute vénération tout en étant tout amour. Dans ce baiser, il semble que Jésus soit le plus âgé et elle une fille toute jeune qui reçoit, de son père ou d'un frère beaucoup plus grand, le baiser matinal.     

"Tes fleurs ont-elles beaucoup souffert de la grêle d'hier soir et du vent de la nuit ?" demande Jésus.       

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313>  "Aucun mal, Maître. Mais les feuillages sont un peu décoiffés" répond, avant Marie, la voix un peu rauque de Pierre.        

Jésus lève la tête et voit Simon Pierre qui, vêtu de la seule tunicelle, travaille à redresser des branches tordues en haut du figuier. "Tu es déjà au travail ?"      

"Eh ! nous pêcheurs, nous dormons comme les poissons : à toute heure, en tout lieu, pourvu qu'on nous laisse en repos. On en prend l'habitude. Ce matin à l'aube, j'ai entendu grincer la porte et je me suis dit : "Simon, Elle est déjà levée. Allons, vite ! Va avec tes grosses mains lui donner de l'aide". Je pensais qu'elle songeait à ses fleurs pendant cette nuit toute venteuse. Et je ne me suis pas trompé. Eh ! je les connais les femmes !...
La mienne se retourne dans le lit comme un poisson dans le filet quand il y a la tempête, et elle pense à ses plantes... Pauvrette ! Quelquefois je lui dis : "Je parie que tu t'agites moins quand ton Simon bourlingue sur le lac". Mais, je suis injuste, car c'est une bonne épouse On ne dirait pas qu'elle a pour mère... Bien, tais-toi, Pierre. Il ne s'agit pas de cela. Ce n'est pas bien de murmurer et de faire imprudemment connaître ce qu'il est bon de taire. Vois-tu Maître que même dans ma tête d'âne ta parole est entrée ?"  

Jésus répond en riant : "Tu dis tout de toi même. Je n'ai plus qu'à approuver et à admirer ta science de jardinier."

"Il a déjà rattaché tous les sarments qui s'étaient détachés" dit Marie. "Il a étagé le poirier trop chargé et passé des cordages par dessous le grenadier qui ne s'est développé que d'un côté"    

"Bien sûr ! Il ressemble à un vieux pharisien. Il penche où ça lui plaît. Je l'ai arrangé comme une voile et je lui ai dit : "Ne sais-tu pas que ce qui est juste, est au juste milieu ? Arrive ici, tête dure pour ne pas rompre sous le poids". Maintenant je suis après le figuier, mais par égoïsme. Je pense à l'appétit de tout le monde : figues fraîches et pain chaud ! Ah !
l'Antipas en personne n'a pas un si bon repas ! Mais il faut y aller doucement, car le figuier a de branches tendres comme le cœur d'une fillette quand elle fait son premier aveu d'amour, et moi je suis lourd et les meilleures figues sont tout en haut. Elles se sont déjà ressuyées avec ce premier rayon de soleil. Elles doivent être délicieuses. Eh ! garçon, ne t'arrête pas à me regarder. Réveille-toi ! Passe-moi ce panier."          

Jean, qui sort de l'atelier, obéit, grimpe lui aussi sur le gros figuier. Quand les deux pêcheurs descendent, sont sortis aussi de l'atelier Simon le Zélote, Joseph et Judas Iscariote. Je ne vois pas les autres.  

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314> Marie apporte du pain frais : des petites miches rondes de pain bis. Pierre, avec son coutelas, les ouvre et par-dessus ouvre les figues qu'il offre à Jésus et puis à Marie et aux autres. Ils mangent de bon appétit, dans la fraîcheur du jardin resplendissant au soleil d'un matin serein, embelli par la pluie récente qui a purifié l'air. Pierre dit : "C'est vendredi... Maître, demain c'est le sabbat..."      

"Tu ne fais pas une découverte" observe l'Iscariote.  

"Non. Mais le Maître sait ce que je veux dire..."         

"Je le sais. Ce soir, nous irons au lac où tu as laissé la barque et nous ferons voile pour
Capharnaüm. Demain j'y parlerai."     

Pierre est aux anges.            

Ils entrent en groupe :
Thomas, André, Jacques, Philippe, Barthélemy et Jude Thaddée qui sûrement dorment ailleurs. On se salue. Jésus dit : "Restons ici réunis. Ainsi il y aura encore un nouveau disciple. Maman, viens."            

On s'assied, qui sur une roche, qui sur un tabouret, en faisant cercle autour de Jésus qui s'est assis sur le banc de pierre contre la maison. À côté de Lui, la Mère, et à ses pieds Jean qui a préféré rester par terre tout près. Jésus parle doucement et avec majesté, comme toujours.      

 "À quoi comparer la formation apostolique ? À la nature qui nous entoure. Voyez. La terre, en hiver, paraît morte, mais à l'intérieur les graines travaillent et la sève se nourrit d'humidité, gonflant les frondaisons souterraines - je pourrais nommer ainsi les racines - pour en avoir une grande provision en vue des floraisons supérieures quand ce sera le temps des fleurs. Vous aussi, vous êtes comparables à cette terre hivernale : aride, dépouillée, grossière. Mais, sur vous est passé le Semeur et il a jeté sa semence. Près de vous est passé le Cultivateur et il a défoncé la terre autour de votre tronc planté dans la terre dure, dur et raboteux comme celle-là, pour qu'aux racines puisse arriver la nourriture à travers les nuages et l'air, afin de les fortifier pour les fruits à venir. Et vous avez reçu la semence et accepté le travail de la bêche, parce que vous avez la bonne volonté de porter du fruit dans le travail de Dieu.         

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315> Je comparerai encore la formation apostolique à cet orage qui a frappé et versé les plantes et on l'a jugé une violence inutile. Mais regardez quel bien il a fait. Aujourd'hui, l'air est plus pur, il a abattu la poussière et a tout rafraîchi. Le soleil est le même qu'hier, mais il n'a plus cette ardeur fiévreuse parce que ses rayons nous arrivent à travers des couches d'air purifiées et fraîches. La verdure, les plantes sont soulagées comme les hommes, car la propreté, la sérénité sont choses qui apportent la joie. Même les contrastes servent à atteindre une plus exacte connaissance et une plus grande clarté. Autrement ils ne seraient que méchancetés. Et que sont les contrastes sinon des orages que provoquent de nuages de différentes espèces ? Et ces nuages ne s'accumulent-il pas insensiblement dans les cœurs, avec des mauvaises humeurs inutiles, avec de petites jalousies, avec les orgueils fumeux ? Puis vient le vent de la Grâce pour purifier leurs mauvaises humeurs et ramener la sérénité.       

La formation apostolique est encore semblable au travail que Pierre faisait ce matin pour faire plaisir à ma Mère : redresser rattacher, étayer, ou délier, selon les tendances et les besoins, pour faire de vous des "forts" au service de Dieu. Il faut redresser les idées fausses, maîtriser les prétentions charnelles, soutenir les faiblesses, modérer, au besoin, les penchants, se libérer des servitudes et des timidités. Vous devez être libres et forts. Comme des aigles qui, abandonnant le pic où ils sont nés, ne pensent qu'à voler toujours plus haut. Le service de Dieu, c'est le vol. Les affections sont le pic.            

L'un de vous
, aujourd'hui est triste parce que son père voit venir la mort et parce qu'il s'en approche avec le cœur fermé à la Vérité et à son fils qui la suit. Plus encore que fermé : hostile. Encore, ne lui a-t-il pas dit l'injuste : "Va-t-en" dont je parlais hier en se proclamant lui-même supérieur à Dieu. Mais son cœur serré et ses lèvres closes ne sont pas encore capables seulement de dire "Suis la voix qui t'appelle". Je ne prétendrais pas, Moi qui vous parle, ni non plus son fils, de voir s'ouvrir ces lèvres pour dire : "Viens, et qu'avec toi vienne le Maître. Et que Dieu soit béni pour avoir choisi dans ma maison un serviteur pour Lui, en créant ainsi une parenté plus élevée que celle du sang avec le Verbe du Seigneur". Mais au moins, Moi pour son bien, et le fils, pour un motif encore plus complexe, nous voudrions entendre de lui de paroles non plus ennemies.      

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316> Mais, qu'il ne pleure pas, ce fils. Qu'il sache qu'il n'y a en Moi ni rancœur ni dédain à l'égard de son père. Mais seulement de la pitié. Je suis venu et j'ai attendu, tout en sachant l'inutilité de l'attente, pour qu'un jour son fils ne me dise pas : "Oh ! pourquoi n'es-tu pas venu ?" Je suis venu pour le persuader que tout est inutile quand le cœur se serre dans la rancœur. Je suis venu pour réconforter aussi la bonne personne qui souffre de cette scission dans la famille, comme d'un couteau qui sépare des faisceaux de fibres... Mais que ce fils, aussi bien que cette bonne mère soient persuadés que Moi je ne réponds pas à la rancœur par la rancœur. Je respecte l'honnêteté d'un croyant âgé, qui est fidèle malgré la déviation de sa foi, au point où en est restée sa religion jusqu'à cette heure. Il y en a tant comme lui en Israël... C'est pour cela que je vous dis : je serai mieux reçu par les païens que par les fils d'Abraham. L'humanité a corrompu l'idée du Sauveur et en a abaissé la surnaturelle royauté à la pauvre idée de souveraineté humaine. Je dois fendre la dure écorce de l'hébraïsme, pénétrer, blesser pour arriver au fond, et porter, là où est l'âme de l'hébraïsme, la fécondation de la Loi nouvelle.          

 Oh ! comme il est vrai qu'Israël, qui a poussé autour du noyau vital de la Loi du Sinaï, est devenu semblable à un fruit monstrueux dont la pulpe à couches toujours plus fibreuses et plus dures, protégées à l'extérieur par une carapace résistant à toute pénétration, empêche même la sortie du germe. Et pourtant l'Éternel juge que le moment est venu où il crée le nouvel arbre de la foi au Dieu Un et Trine. Moi, pour permettre que la volonté de Dieu s'accomplisse et que l'hébraïsme devienne le christianisme, je dois entailler, percer, pénétrer, aller jusqu'au noyau, Et le réchauffer de mon amour pour qu'il se réveille et se gonfle, germe, croisse, croisse, croisse, et devienne l'arbre puissant du christianisme, religion parfaite, éternelle, divine. Et en vérité, je vous dis que l'hébraïsme ne se laissera percer que dans la proportion de un pour cent. Voilà pourquoi je ne considère pas comme réprouvé cet Israélite qui ne veut pas de Moi et qui ne voudrait pas me donner son fils.

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317> Aussi, je dis au fils : ne pleure pas pour la chair et le sang qui souffrent de se voir repoussés par la chair et le sang qui les ont engendrés. Je dis aussi : ne pleure pas non plus pour l'esprit. Ta souffrance travaille plus que toute autre chose au profit de l'esprit du tien et du sien, de ce père qui est le tien et qui ne comprend et ne voit pas. Et j'ajoute : ne te fais pas de scrupule, d'appartenir plus à Dieu qu'à ton père.
 À vous tous je dis : Dieu est plus que le père, que la mère, que les frères[1]. Je ne suis pas venu pour unir la chair et le sang à la manière terrestre, mais à la manière spirituelle et céleste. Aussi je dois séparer ce qui est chair et sang pour prendre avec Moi les esprits capables, dès cette terre, de s'élever à la hauteur du Ciel pour en faire les serviteurs du Ciel. Je suis donc venu appeler les "forts", et les rendre encore plus forts, car c'est avec les "forts" qu'est faite l'armée de ceux qui sont doux. Doux pour les frères, forts à l'encontre de leur moi et de l’être du sang familial.        

Ne pleure pas, cousin. Ta souffrance, je te l'assure, travaille auprès de Dieu au profit de ton père, de tes frères plus que n'importe quelle parole, non seulement de toi, mais même de Moi. La parole ne rentre pas là où le préjugé fait barrière, crois-le. Mais la Grâce entre. Le sacrifice c'est l'aimant qui attire la grâce.      

 En vérité, je vous dis, que lorsque j'appelle quelqu'un à Dieu, il n'y a pas d'obéissance plus élevée que celle de répondre à cet appel. Et il faut répondre sans même s'arrêter à calculer à quel point et de quelle façon les autres réagiront à notre fidélité à l'appel. On ne doit pas s'arrêter même pour ensevelir le père. De cet héroïsme vous serez récompensés. La récompense ne sera pas pour vous seuls, mais aussi pour ceux dont vous vous séparez avec un cri qui vient du cœur, pour ceux dont la parole vous frappe plus durement qu'un soufflet, parce qu'ils vous accusent d'être des fils ingrats et vous maudissent, dans leur égoïsme, comme si vous étiez des rebelles. Non. Pas des rebelles... des saints. Les premiers ennemis de ceux qui sont appelés, sont les membres de leur famille. Mais entre amour et amour, il faut savoir distinguer, et aimer surnaturellement. C'est dire qu'il faut aimer davantage le Maître du surnaturel que les serviteurs de ce Maître. Aimer les parents en Dieu et non pas plus que Dieu."   

Jésus se tait et se lève pour aller près de son cousin qui, baissant la tête, a du mal à arrêter ses larmes. Il le caresse. "Jude... Moi j'ai quitté ma Mère pour suivre ma mission. Que cela t'enlève toute hésitation sur l'honnêteté de ta conduite. Si cela n'avait pas été un acte bon, aurai-je pu le faire à l'égard de ma Mère qui après tout, n'a que Moi seul ?"   

Jude passe sur son visage la main de Jésus et acquiesce d'un signe de tête. Mais il ne peut rien exprimer de plus.   

"Allons, nous deux, tout seuls, comme quand nous étions des enfants, lorsque Alphée me regardait comme le plus sensé des garçons de Nazareth. Allons porter au vieillard ces belles grappes de raisin doré.          

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318> Qu'il ne croie pas que je le délaisse et que je lui suis hostile. À ta mère aussi, et à
Jacques cela fera plaisir. Je lui dirai que demain je serai à Capharnaüm et que son fils est tout à lui. Tu sais, les vieux sont comme les enfants : ils sont jaloux. Ils s'imaginent toujours qu'on les néglige. Il faut les comprendre..."

Jésus est disparu, laissant au jardin les disciples rendus muets par la révélation d'une souffrance et d'une incompréhension entre un père et un fils, à cause de Jésus. Marie a accompagné Jésus jusqu'à la porte, et maintenant Elle rentre avec un soupir douloureux.

Tout finit.     

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[1] Cf. Matthieu 10, 37.