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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\italiano.gif  3.167. - L'incontro con le romane nel giardino di Giovanna di Cusa.

             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\English.gif  2.167. - In the House of Johanna of Chuza. Jesus and the Roman Ladies.


Dimanche 13 février 28 (30 Scébat)
Tibériade


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             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Survivance de l’âme

             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Athéisme et hommes de bonne volonté

             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif La religion romaine

             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif L’âme est visible en tout ce qui différencie l’homme de la brute

             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Pourquoi l’Incarnation


             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Resume.gif

- Jésus arrive dans le jardin de Jeanne........................... 121

- Jeanne accueille Jésus avec des roses .............................. 122

- Portraits de Plautina, de Lidia et de Valeria ....................... 123


- Beauté et immortalité de l'âme humaine......................... 123

- Jésus s'approche du berceau et prend Fausta ................. 124

- Discussion avec les romaines : Les philosophes d'hier et d'aujourd'hui.................. 125

- Dieu est autre chose que vos divinités ......................... 126


- Le Dieu inconnu, créateur de l'âme immortelle ............. 126

- L'âme, parcelle de Dieu 127

- Une infinité de puissance et de beautés ........................... 127

- L'âme humaine, miroir de Dieu ......................................... 128

- Ce qu'elle est avec plus de détails.............................. 129

- Mais, es-tu Dieu ou non ? 130

- Jeanne pourra héberger Jésus à Jérusalem ....................... 131


                 I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Les commentaires de bas de page sont de Jean-François Lavère

                                            I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Voir aussi l'infographie de Carlos Martinez

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 3

 

3.27.
Dans la maison de Jeanne de Chouza. Jésus et les romaines


Vision du samedi 19 mai 1945

121> Jésus, grâce à un batelier [1] qui l'a accueilli dans sa petite embarcation, débarque sur le quai du jardin de Chouza. Déjà un jardinier l'a aperçu et accourt pour Lui ouvrir le portail qui ferme aux étrangers l'entrée de la propriété du côté du lac, un grand et solide portail mais qui est dissimulé par une haie très haute et touffue de lauriers et de buis du côté extérieur vers le lac, et de rosiers de toutes couleurs du côté intérieur vers la maison. Les splendides rosiers fleurissent les feuillages couleur bronze des lauriers et des buis, s'insinuent entre les ramilles, passent de l'autre côté ou bien par-dessus la verte barrière et font retomber leur chevelure fleurie au-delà. À un seul endroit, à la hauteur d'un sentier, le portail est découvert et s'ouvre pour laisser ceux qui viennent du lac ou s'y rendent.          

"La paix à cette maison et à toi,
Joanna [2], Où est ta maîtresse ?"      

"Là-bas, avec ses amies. Je vais l'appeler. Elles t'attendent depuis trois jours
[3], par peur d'arriver en retard."    

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122> Jésus sourit. Le serviteur s'en va en courant appeler Jeanne. En attendant, Jésus marche lentement vers l'endroit que Lui a indiqué le serviteur. Il admire le magnifique jardin, on pourrait dire la splendide roseraie que Chouza a fait installer pour sa femme. Roses de toutes les couleurs, tailles et formes, dans cette anse à l'abri du lac, rient déjà, précoces et splendides. Il y a encore d'autres plantes à fleurs, mais la floraison n'est pas arrivée et elles occupent une place minime en comparaison des rosiers.       

Jeanne accourt. Elle n'a même pas posé sa corbeille à moitié remplie de roses, ni les ciseaux qu'elle avait pour la cueillette, et elle court ainsi, les bras tendus, agile et gracieuse dans son riche vêtement de laine fine d'un rose très clair. Les plis sont retenus par des broches et des épingles ornées de filigranes d'argent sur lesquels brillent de pâles grenats. Sur les cheveux noirs et ondulés, un diadème en forme de mitre lui aussi en argent avec des grenats retient un voile de
byssos très léger, rose lui aussi qui retombe par derrière en laissant découvertes les petites oreilles qu'alourdissent des boucles semblables au diadème. Son visage est riant, à la base du cou qui est très fin, un collier de même facture que le reste des ornements précieux.

Elle laisse tomber sa corbeille aux pieds de Jésus et s'agenouille, au milieu des roses éparses, pour baiser son vêtement.   

"Paix à toi, Jeanne. Je suis venu."     

"Et j'en suis heureuse. Elles aussi sont venues. Oh ! maintenant il me semble que j'ai eu tort de vous faire rencontrer. Comment ferez-vous pour vous entendre ? Elles sont tout à fait païennes !" Jeanne est un peu agitée.            

Jésus sourit, lui pose la main sur la tête: "N'aie pas peur. Nous nous entendrons très bien. Et tu as bien fait. La rencontre sera fleurie de bien comme ton jardin est fleuri de roses. Ramasse maintenant ces pauvres roses que tu as laissées tomber et allons trouver tes amies."         

"Oh ! des roses, il y en a tant ! Je faisais cela pour passer le temps et puis mes amies sont tellement... tellement... voluptueuses... Elles aiment les fleurs comme si c'était... je ne sais..."          

"Mais je les aime, Moi aussi ! Tu vois que nous avons déjà trouvé un terrain d'entente entre elles et Moi ? Allons ! Ramassons ces roses splendides..." et Jésus se baisse pour donner l'exemple.     

"Pas Toi ! Pas Toi, Seigneur ! Si c'est cela que tu veux, voici... c'est fait."     

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123> Ils se dirigent vers une tonnelle qui est faite d'un entrelacement de rosiers de toutes les couleurs. Sur le seuil, les trois romaines sont aux aguets : Plautina, Valeria et Lidia. La première et la dernière restent à leur place, hésitantes. Valeria court dehors et s'incline en disant : "Salut, Sauveur de ma Faustina !"     

"Paix et lumière à toi et à tes amies." Les amies s'inclinent sans parler.          

Plautina, nous la connaissons déjà [4] : grande, imposante, avec de splendides yeux noirs, un peu impérieux, sous un front uni et très blanc, le nez droit, parfait; la bouche aux lèvres un peu épaisses, mais bien faite; le menton rondelet, en saillie. Elle me rappelle certaines statues très belles d'impératrices romaines. Des bagues pesantes brillent à ses mains très belles et de larges bracelets d'or ornent ses bras, de vrais bras de statue, au poignet et au-delà du coude qui apparaît blanc rosé, lisse et parfait en dehors de la manche courte drapée.         

Lidia, au contraire, est blonde, plus fine et plus jeune. Sa beauté n'est pas la beauté imposante de Plautina, mais elle a toute la grâce d'une beauté féminine encore un peu jeune. Et puisque nous sommes en domaine païen, je pourrais dire que si Plautina semble la statue d'une impératrice, Lidia pourrait être une Diane ou une nymphe à l'aspect aimable et pudique.       

Valeria, qui n'est plus désespérée comme quand nous l'avons vue à Césarée [5], apparaît dans sa beauté de jeune mère, aux formes pleines mais encore très juvéniles, au regard tranquille de la mère heureuse de nourrir et de voir grandir grâce à son lait son enfant. Le teint rose, les cheveux châtains, elle a un sourire paisible, mais si doux.        

J'ai l'impression que ce sont des dames d'un rang inférieur à Plautina et que même par leurs regards elles vénèrent comme une reine.       

"Vous vous occupez de fleurs ? Continuez, continuez. Nous pourrons parler même pendant que vous cueillez ces œuvres magnifiques du Créateur que sont les fleurs et pendant que vous les disposez, avec l'habileté dont Rome est maîtresse, dans ces coupes précieuses pour prolonger leur existence, hélas ! trop brève... Si nous admirons ce bouton de rose qui esquisse à peine le sourire de ses pétales roses jaunes, comment ne pourrions-nous pas regretter de le voir mourir ? Oh ! comme les hébreux seraient étonnés de me l'entendre dire ! Mais c'est parce qu'en cette créature qui s'épanouit il y a une vie. Et d'en voir la mort, cela nous peine.   

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124> Pourtant la plante est plus sage que nous. Elle sait que sur toute blessure de la tige que l'on taille, naît un rejeton qui donnera une nouvelle rose. Et voici alors que notre esprit doit recueillir l'enseignement et faire, de l'amour un peu sensuel que l'on a pour une fleur, une invitation à une pensée plus haute."        

"Quelle pensée, Maître ?" demande Plautina qui écoute attentivement et que séduit la pensée élégante du Maître hébreu.    

"Celle-ci. Comme une plante ne meurt pas tant que sa racine est nourrie par le sol, et n'est pas entraînée dans la mort par la mort de la tige, ainsi l'humanité ne meurt pas quand cesse la vie terrestre d'un être, mais elle développe sans cesse de nouvelles fleurs.
             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif Voici une pensée encore plus élevée, capable de nous faire bénir le Créateur: alors que la fleur, quand elle est morte ne revit pas et cela est triste, l'homme, endormi de son dernier sommeil, n'est pas mort, mais il vit d'une vie plus éclatante en recevant par ce qu'il y a de meilleur en lui une vie éternelle et toute splendeur du Créateur qui l'a formé. Aussi, Valeria, si ta petite était morte, tu n'aurais pas perdu ses caresses. Sur ton âme serait toujours venu le baiser de ta créature séparée mais pas oublieuse de ton amour. Vois-tu comme il est doux d'avoir foi en une vie éternelle ? Où est maintenant ta petite ?"        

"Dans ce berceau couvert. Je ne m'en étais jamais séparée auparavant car l'amour pour mon mari et pour ma fille étaient les deux buts de ma vie. Mais maintenant que je sais ce que c'est que de la voir mourir, je ne la quitte pas un seul instant."           

Jésus se dirige vers un banc sur lequel est posé une sorte de petit berceau de bois, recouvert d'une riche couverture. Il la découvre et regarde
la petite qui dort et que l'air plus vif éveille doucement. Ses petits yeux s'ouvrent étonnés et un sourire d'ange ouvre sa bouche alors que ses menottes, tout à l'heure fermées, s'ouvrent, désireuses de saisir les cheveux ondoyants de Jésus pendant qu'un babil de moineau marque en sa pensée le déroulement d'un discours. Enfin, elle crie le grand mot, le mot universel "Maman !"  

"Prends-la, prends-la, dit Jésus, qui s'écarte pour permettre à Valeria de se pencher sur le berceau.       

"Mais, elle va t'ennuyer !... Je vais appeler une esclave et je la ferai conduire dans le jardin."         

"M'ennuyer ? oh, que non ! Jamais les enfants ne m'ennuient. Ils sont toujours mes amis."         

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125> "Tu as des enfants ou des neveux, Maître ?" demande Plautina qui observe avec quels sourires Jésus essaie de faire rire la petite.    

"Je n'ai ni enfants ni neveux, mais j'aime les enfants comme j'aime les fleurs, parce qu'ils sont purs et sans malice. Et même, ô femme, donne-moi ta petite. Il m'est si doux de serrer sur mon cœur un petit ange." Et il s'assied avec la petite qui l'observe et Lui dépeigne la barbe, et puis trouve plus intéressant de s'amuser avec les franges du manteau et le cordon du vêtement auxquels elle adresse un long et mystérieux discours.    

Plautina dit : "Notre amie, bonne et sage, une des rares qui ne nous dédaignent pas
[6] et ne se gâte pas dans notre fréquentation, t'aura dit que nous avons désiré te voir et t'entendre pour te juger d'après ce que tu es. Car Rome ne croit pas aux fables... Pourquoi souris-tu Maître ?"       

"Après je te le dirai, continue."           

"Car Rome ne croit pas aux fables et elle veut juger avec science et conscience avant de condamner et d'exalter. Ton peuple t'exalte et te calomnie de la même façon. Tes œuvres porteraient à t'exalter, les paroles de nombreux hébreux à te croire un peu moins qu'un criminel. Tes paroles sont solennelles et sages comme celles d'un philosophe. Rome a beaucoup d'amour pour les doctrines des philosophes et... je dois le dire, les philosophes actuels n'ont pas une doctrine qui nous satisfasse
[7], surtout parce que leur manière de vivre n'y correspond pas."

"Ils ne peuvent avoir une manière de vivre qui corresponde à leur doctrine."   

"Parce qu'ils sont païens, n'est-ce pas ?"      

"Non. Parce qu'ils sont athées."        

"Athées ? Ils ont leurs dieux."            

             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif "Ils ne les ont même plus, femme. Je te rappelle les anciens philosophes, les plus grands. Ils étaient païens, eux aussi, mais regarde quelle élévation de vie ils ont eue ! Mélangée à l'erreur, parce que l'homme est porté à l'erreur. Mais, quand ils se sont trouvés devant les mystères les plus grands: la vie et la mort, quand ils ont été mis en face du dilemme : Honnêteté ou Malhonnêteté, Vertu ou Vice, Héroïsme ou Lâcheté, quand ils ont pensé qu'en se tournant vers le mal il en serait résulté du mal pour la patrie et pour les citoyens, voilà qu'alors avec leur volonté de géants ils ont rejeté loin d'eux les tentacules des mauvais polypes [8] et, libres et saints, ils ont su vouloir le Bien à tout prix. Ce Bien qui n'est autre chose que Dieu."      

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126> "Tu es Dieu, dit-on. Est-ce vrai ?"          

"Je suis le Fils du Dieu Vrai, fait Chair en demeurant Dieu."    

"Mais, qu'est-ce que Dieu ? Le plus grand des maîtres, si nous te regardons."           

"Dieu est bien plus qu'un maître. Ne rabaissez pas l'idée sublime de la divinité en la limitant à la sagesse."  

             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif "La sagesse est une divinité. Nous avons Minerve. C'est la déesse du savoir. [9]"    

"Vous avez aussi Vénus, déesse du plaisir. Pouvez-vous admettre qu'un dieu, c'est-à-dire un être supérieur aux mortels possède, porté à la perfection, tout ce qui est laideur chez les mortels ? Pouvez-vous penser qu'un être éternel ait éternellement les petits, mesquins, avilissants plaisirs de celui qui ne jouit que d'un temps limité ? Et qu'il en fasse le but de sa vie ? Ne pensez-vous pas quel ciel dégoûtant est
ce que vous appelez Olympe où fermentent les plus mauvaises tendances de l'humanité ? Si vous regardez votre Ciel, que voyez-vous ? Luxure, crimes, haine, guerres, vols, ripailles, pièges, vengeances. Si vous voulez célébrer les fêtes de vos dieux, que faites-vous ? Des orgies. Quel culte leur rendez-vous ? Où est la vraie chasteté de celles qui sont consacrées à Vesta [10] ? Sur quel code divin s'appuient vos pontifes pour rendre un jugement ? Quelles paroles peuvent lire vos augures dans le vol des oiseaux ou dans le fracas du tonnerre [11] ? Et les entrailles sanglantes des animaux sacrifiés quelles réponses peuvent-elles fournir à vos haruspices [12] ? Tu as dit : "Rome ne croit pas aux fables". Et alors pourquoi croit-elle que douze pauvres hommes, en faisant faire le tour des champs à un porc, une brebis et un taureau et en les immolant ensuite, puissent se rendre propice Cérès [13], si vous avez une infinité de divinités qui se détestent entre elles et aux vengeances desquelles vous croyez ? Non. Dieu est bien autre chose. Il est Éternel, Unique et Spirituel."         

"Mais, tu dis que tu es Dieu, et tu es chair."   

"Il y a dans la patrie des dieux un autel qui n'est dédié à aucun d'eux. La sagesse humaine l'a dédié au Dieu inconnu
[14]. Parce que les sages, les vrais philosophes, ont eu l'intuition qu'il existe quelque chose en dehors de ces histoires inventées à l'usage des éternels enfants que sont les hommes dont les esprits sont enveloppés dans les bandeaux de l'erreur. Si maintenant ces sages - qui ont eu l'intuition qu'il existe quelque chose en dehors de ces mises en scène mensongères, quelque chose de vraiment sublime et divin qui a fait tout ce qui existe et d'où vient tout ce qu'il y a de bon dans le monde - ont voulu un autel pour le Dieu inconnu, dont ils avaient le sentiment que c'était le Vrai Dieu, comment pouvez-vous donner le nom de dieu à ce qui n'est pas dieu et dire que vous savez ce qu'en réalité vous ne savez pas ?

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127> Sachez donc ce qu'est Dieu pour pouvoir le connaître et l'honorer. Dieu est celui qui par sa pensée a fait du Néant le Tout. La fable des pierres changées en hommes [15] peut-elle vous persuader et vous satisfaire ? En vérité, il y a des hommes plus durs et plus mauvais que la pierre et il y a des pierres qui sont plus utiles que l'homme. Ne t'est-il pas plus doux, Valeria, de penser en regardant ta petite fille : "C'est une vivante volonté de Dieu créée et formée par Lui, dotée par Lui d'une seconde vie qui ne meurt pas de sorte que je l'aurai encore, ma petite Fausta et pour l'éternité, si je crois au Dieu Vrai"; au lieu de dire : "Cette chair rose, ces cheveux plus fins que les fils de l'araignée, ces pupilles sereines viennent d'une pierre" ? Ou encore de dire : "Je suis en tout semblable à la louve ou à la jument et comme une brute je m'accouple, comme une brute j'engendre, comme une brute je l'élève, et cette fille est le fruit de mon instinct de brute et elle est une brute qui me ressemble, et demain, quand elle sera morte, quand je serai morte, nous serons deux charognes qui se dissoudront dans la puanteur et qui, jamais plus, ne se reverront" ? Dis-moi ce que ton cœur de mère voudrait de ces deux explications."  

"La seconde, certainement pas, Seigneur
[16] ! Si j'avais su que Fausta n'était pas une chose qui pouvait pour toujours se décomposer, ma douleur, en son agonie, aurait été moins terrible. Car je me serais dit : "J'ai perdu une perle, mais elle existe encore, et je la retrouverai".  

"Tu l'as dit. Quand je suis venu vers vous, votre amie m'a dit qu'elle s'étonnait de votre passion pour les fleurs. Et elle craignait que cela pût me choquer, mais je l'ai rassurée en disant : "Moi aussi, je les aime et nous nous entendrons donc vraiment bien". Mais je veux vous amener à aimer les fleurs, comme j'amène Valeria à aimer son enfant dont, j'en suis certain, elle aura un plus grand soin maintenant qu'elle sait qu'elle a une âme qui est une parcelle de Dieu enfermée dans une chair engendrée par elle, la maman; une parcelle qui ne meurt pas et que la maman retrouvera au Ciel, si elle croit au Dieu Vrai. Il en est ainsi de vous.            

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128> Regardez cette rose splendide. La pourpre qui orne le vêtement impérial est moins splendide que ce pétale, qui non seulement est la joie des yeux pour sa couleur, mais joie du toucher pour sa délicatesse et de l'odorat pour son parfum. Et regardez celle-ci encore, et celle-là et cette autre. La première c'est du sang qui a coulé d'un cœur, la seconde c'est de la neige qui vient de tomber, la troisième c'est de l'or clair, la dernière semble cette douce figure d'enfant qui sourit sur mes genoux. Et encore : la première est raide sur une grosse tige, presque sans épines avec un feuillage rougeâtre, comme si on l'avait aspergé de sang; la seconde a quelques épines avec des feuilles mates et pâles le long de la tige; la troisième est flexible comme un jonc avec des feuilles petites et brillantes comme une cire verte; la dernière semble barrer la route à toute tentative de saisir sa corolle rose tant elle est parsemée d'épines. Elle semble une lime aux pointes très fines. Maintenant réfléchissez. Qui a fait tout cela ? Comment ? Quand ? Où ? Qu'était cet endroit dans la nuit des temps ?         

Ce n'était rien, rien que des éléments qui s'agitaient sans forme. Un seul, Dieu, a dit : "Je veux" et les éléments se séparèrent en se groupant par familles. Un second "Je veux" retentit et ils se rangèrent l'un dans l'autre: l'eau au milieu des terres; l'un au-dessus de l'autre : l'air et la lumière sur la planète organisée. Encore un "Je veux" et ce furent les plantes et puis ce furent les étoiles et puis les animaux et puis l'homme. Et pour que l'homme eût plaisir, comme de jouets splendides, Dieu offrit à son préféré des fleurs, des astres et comme dernier don lui donna la joie de procréer non ce qui meurt, mais ce qui survit à la mort par le don de Dieu qu'est l'âme. Ces roses sont autant de volontés du Père. Son infinie puissance se manifeste dans une infinité de beautés.       

Mes explications sont entravées parce qu'elles se heurtent au bronze résistant de vos croyances. Mais j'espère que pour une première rencontre nous nous sommes déjà un peu compris. Que votre âme travaille sur ce que j'ai dit. Avez-vous des questions à poser ? Posez-les. Je suis ici. pour vous éclairer. L'ignorance n’est pas chose honteuse. Il est honteux de rester dans l'ignorance quand il y a quelqu'un tout disposé à éclairer les doutes." Et Jésus, comme s'il était le plus adroit des pères, sort de la tonnelle en soutenant la petite qui fait ses premiers pas et qui veut aller vers un jet d'eau qui ondule au soleil.          

Les dames restent où elles sont pour parler entre elles. Et Jeanne, prise entre deux désirs, reste sur le seuil de la tonnelle...        

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129> Enfin Lidia se décide, et après elle les autres, et va vers Jésus qui rit parce que la petite veut saisir le spectre solaire que produit le jet d'eau et ne prend que la lumière et elle insiste, insiste, piaillant comme un poussin avec ses lèvres roses. "Maître... je n'ai pas compris pourquoi tu as dit que nos maîtres ne peuvent avoir une bonne manière de vivre, puisqu'ils sont athées. Ils croient à un Olympe, mais ils croient..."      

"Ils n'ont plus que l'extérieur de la croyance. Tant qu'ils ont vraiment cru, comme les vrais sages ont cru à cet Inconnu dont je t'ai parlé, à ce Dieu qui satisfaisait leur âme, même s'Il n'avait pas de nom, même sans le vouloir, tant qu'ils ont tourné leur pensée vers cet Etre, bien supérieur, bien supérieur aux pauvres dieux pleins d'humanité et de basse humanité, que le paganisme leur avait donnés, ils ont, nécessairement, un peu reflété Dieu. L'âme est un miroir qui renvoie la lumière et un écho qui renvoie les paroles."         

"Quoi, Maître ?"         

"Dieu."          

"C'est une grande parole !"    

"C'est une grande vérité."      

Valeria, que séduit la pensée de l'immortalité, demande: "Maître, explique-moi où est l'âme de ma petite. Je baiserai cet endroit comme un sanctuaire et l'adorerai puisque c'est une partie de Dieu."         

             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif "L'âme ! C'est comme cette lumière que ta petite Fausta veut saisir et elle ne le peut parce qu'elle est incorporelle. Mais elle existe. Moi, toi, tes amies, la voient. L'âme est visible aussi en tout ce qui différencie l'homme de la brute. Quand ta petite te dira ses premières pensées, pense que cette intelligence c'est son âme. Quand elle t'aimera non par instinct mais par raison, pense que cet amour c'est son âme. Quand elle grandira à tes côtés, belle non seulement en son corps mais en sa vertu, pense que cette beauté c'est son âme. Et n'adore pas l'âme, mais Dieu qui l'a créée, Dieu qui veut se faire un trône de toute âme bonne."         

"Mais, où est cette chose incorporelle et sublime ? Dans le cœur ? dans le cerveau ?"         

"Elle est dans tout ce qu'est l'homme. Elle vous contient et elle est contenue en vous. Quand elle vous quitte, vous devenez des cadavres. Quand elle est tuée par un crime que l'homme commet contre lui-même, vous êtes damnés, séparés pour toujours de Dieu."         

"Tu admets donc que le philosophe qui nous a déclarés "immortels" avait raison, bien que païen
[17] ?" demande Plautina.          

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130> "Je ne l'admets pas. Je fais davantage. Je dis que c'est un article de foi. L'immortalité de l'âme, c'est-à-dire l'immortalité de la partie supérieure de l'homme est le mystère le plus certain et le plus consolant de la croyance. C'est ce qui nous donne l'assurance de notre origine, de notre but, de ce que nous sommes, et nous enlève l'amertume de toute séparation."  

Plautina réfléchit profondément. Jésus l'observe et se tait. Enfin elle demande: "Et Toi, tu as une âme ?"    

Jésus répond : "Certainement."         

"Mais, es-tu Dieu ou non ?"   

             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif "Je suis Dieu. Je te l'ai dit. Mais maintenant, j'ai pris une nature d'homme. Et sais-tu pour quel motif ? Parce que, par ce sacrifice seulement je pouvais résoudre les difficultés qui dépassent votre raison, et après avoir abattu l'erreur, en libérant la pensée, je pouvais libérer aussi l'âme d'un esclavage que pour l'heure je ne puis t'expliquer. C'est pour cela que j'ai enfermé la Sagesse dans un corps, la Sainteté dans un corps. La Sagesse, je la répands comme la semence sur la terre, comme le pollen aux vents. La Sainteté, comme d'une amphore précieuse que l'on a brisée, coulera sur le monde à l'heure de la Grâce et sanctifiera les hommes. Alors, le Dieu Inconnu sera connu."  

"Mais tu es déjà connu, ceux qui mettent en doute ta puissance et ta sagesse sont mauvais ou menteurs."           

"Je suis connu. Mais ce n'est qu'une aube. Le midi sera rempli de la connaissance de Moi."         

"Que sera ton midi ? Un triomphe ? Le verrai-je, moi ?"          

"En vérité, ce sera un triomphe, et tu y seras
[18]. Car tu as la nausée de ce que tu sais et le désir de ce que tu ignores. Ton âme a faim."

"C'est vrai ! J'ai faim de vérité."         

"Je suis la Vérité."     

"Donne-toi alors à moi qui suis affamée."      

"Tu n'as qu'à venir à ma table. Ma parole est pain de vérité."  

"Mais, que diront nos dieux si nous les abandonnons ? Ne se vengeront-ils pas sur nous?» demande Lidia craintive.        

"Femme, as-tu jamais vu le brouillard du matin ? Les prés disparaissent sous une vapeur qui les cache. Vient le soleil et le brouillard s'évapore. Les prés resplendissent plus beaux. Vos dieux, c'est cela, le brouillard d'une pauvre pensée humaine. Elle ignore Dieu et elle a besoin de croire car la foi est l'état permanent et nécessaire de l'homme. Alors elle a créé cet Olympe, vraie fable illusoire. Ainsi vos dieux au lever du Soleil : le Dieu vrai, se dissiperont dans vos cœurs sans pouvoir vous nuire, car ils n'existent pas."       

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131> "Il faudra t'écouter encore... beaucoup... Nous sommes absolument devant l'inconnu. Tout ce que tu dis est nouveau."       

"Mais cela te répugne-t-il ? Ne peux-tu l'accepter ?"   

Plautina répond avec assurance : "Non, je me sens plus fière de ce peu que maintenant je sais, et que César ne connaît pas, que de mon nom."            

"Et alors, persévère. Je vous laisse avec ma paix."   

"Mais comment ? Tu ne restes pas, mon Seigneur ?" dit Jeanne désolée.      

"Je ne reste pas. J'ai beaucoup à faire..."      

"Oh ! moi qui voulais te dire ma peine !"        

Jésus, qui s'est mis en route après les salutations des romaines, se retourne et dit: "Viens jusqu'à la barque. Tu me diras ton ennui."      

Jeanne va et dit : "Chouza veut m'envoyer pour quelque temps à Jérusalem et j'en suis chagrinée. Il le fait car il ne veut pas que je sois davantage reléguée, maintenant que je suis en bonne santé..."     

"Toi aussi, tu te crées des nuées illusoires !" Jésus a déjà un pied dans la barque. "Si tu pensais qu'ainsi tu pourras me donner l'hospitalité et me suivre plus facilement, tu serais contente et tu dirais : "La Bonté y a pensé".   

"Oh !... c'est vrai, mon Seigneur ! Je n'avais pas réfléchi."

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"Tu vois donc ! Obéis en brave épouse. L'obéissance te donnera la récompense de m'avoir pour la prochaine Pâque, et l'honneur de m'aider à évangéliser tes amies. La paix soit toujours avec toi !"    

La barque se détache et tout prend fin.         

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[1] Jésus a du rejoindre le lac au plus court, (soit à Dalmanoutha, comme à l'aller), puis faire les 4 ou 5 derniers km en barque.

[2] Jésus le connaît… Tout porte à croire qu'il s'agit donc du portier qui lui a déjà ouvert deux fois la grille du palais de Jeanne, au Tome 2 chapitre 64, page 358 /vo 99.2 et au Tome 2, chapitre 74, page 408 /vo 107.1.

[3] Le 13 février correspond au 30 Shevat. La veille c'était la nouvelle lune ! Jésus avait effectivement donné rendez-vous à la fin de la lune de Shevat (Tome 3, chapitre 18, page 77 /vo 158.4).

[4] C'est chronologiquement la première apparition de Plautina dans l'œuvre. Cette remarque pourrait sembler surprenante pour qui aurait oublié que des visions de la Passion ont été reçues en 1944, plus d'un an avant celle-ci, dans lesquelles Plautina intervient.

[5] Un mois plus tôt, au Tome 3, chapitre15, page 61 /vo 155.10

[6] Les femmes juives, tout comme les hommes, ne se mêlaient pas aux romain(e)s, qu'ils considéraient comme "impurs".

[7] Les doctrines en vogue à l'époque étaient essentiellement : le stoïcisme, l'épicurisme, le cynisme et le scepticisme.

[8] Aristote (Histoire des animaux, IV, 1) ou Pline évoquent les polypes, preuve que cet animal était connu alors. Pline décrit même la capture d'un calmar géant (Histoire Naturelle, IX, 6-12).

[9] Minerve (Athéna pour les grecs), est la déesse de la sagesse, de l'intelligence mais aussi de la guerre.

[10] Les vestales n'échappaient certainement pas à la décadence des mœurs romaines au temps de Tibère. Déjà un siècle avant, Marc Antoine fut accusé d'impudicité avec 3 vestales.

[11] Les augures, pour prédire l'avenir, interprétaient les signes célestes (tonnerre, éclairs, etc.), le vol et le chant des oiseaux, ou l'appétit des poulets sacrés.

[12] Pour prédire l'avenir, les haruspices examinaient les entrailles des victimes, ainsi que la flamme, la fumée et divers éléments liés au sacrifice.

[13] Il s'agit ici d'une allusion à la purification (lustratio), une pratique assez rare. Une procession, menée par douze prêtres, fait trois fois le tour de l'objet à purifier. Le sacrifice d'un porc, d'une brebis et d'un taureau. C'est la suovetaurilia (su-ove-taurilia) qui termine la cérémonie dédiée à divers dieux (Mars, Cérès…). (Un bas relief au musée du Louvre montre clairement la présence de 12 officiants).

[14] Lucien, S. Jean Chrysostome, Théophylacte et bien sûr Luc (Actes 17, 22-23) font mention de ce dieu inconnu honoré à Athènes. Un tel autel existait aussi à Rome, comme en témoigne le cliché "Rome. Autel au dieu inconnu" de la Bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art. (Collections Doucet, Collinet-Guerin 004-23, 1910).

[15] Dans la mythologie grecque, après le déluge, Pyrrha et Deucalion ont parcouru le monde, jetant des pierres par-dessus leurs épaules. Ces pierres se sont changées en hommes et femmes, repeuplant ainsi la terre.

[16] Lorsqu'elle s'entretient avec Jésus à Béthanie, juste avant la Passion, Valéria confie que c'est cette notion qui l'a convertie  : "Ma fillette.. que tu m'as appris à aimer pour son âme" (Tome 8, chapitre 44, page 388 /vo 583.12)

[17] Exact: Platon évoque l'immortalité de l'âme dans le Phédon où il décrit le dernier jour de Socrate.

[18] Plautina sera effectivement témoin oculaire de la Passion, et c'est seulement alors que commencera vraiment sa conversion.