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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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      I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\italiano.gif  2.158. - Sul lago di Genezaret con Giovanna di Cusa.

      I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\English.gif  2.158. - Jesus Speaks to Johanna of Chuza on the Lake.


Dimanche 23 janvier 28 (9 Scébat)
Lac de Tibériade

              03-016 03-016 03-016I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Resume.gif

- Les rives du lac au printemps ...................................... 74-75

- Dialogue de Jésus avec Jeanne : Le silence éloquent de Jésus devant la nature ............... 75

- Les amies païennes de Jeanne ........................................... 75

- Que Jean Baptiste prenne garde ........................................... 76

- Sentiments variés à l'égard de Jésus ................................ 76

- Jésus rencontrera les romaines chez Jeanne .................... 77

- Adieu de Jésus à Jeanne 77


              I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Les commentaires de bas de page sont de Jean-François Lavère

    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Voir aussi l'infographie de Carlos Martinez

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 3

 

3.18.
Jésus parle à Jeanne de Chouza sur le lac


Vision du mardi 8 mai 1945

74> Jésus est sur le lac, dans la barque de Pierre, derrière deux autres barques; l'une, c'est la barque de pêche ordinaire, jumelle de celle de Pierre, l'autre, une barque de plaisance, légère, riche.

C'est la barque de
Jeanne de Chouza, mais sa propriétaire n'y est pas; elle est aux pieds de Jésus dans la barque rustique de Pierre.  

Je dirais que le hasard les a réunis en un endroit de la rive fleurie de Génésareth. Le rivage est très beau en ce début du printemps de Palestine
[1], qui répand ses nuées d'amandiers en fleurs [2] et dépose les perles des fleurs qui vont éclore sur les poiriers et les pommiers, les grenadiers, les cognassiers, tous, tous les arbres les plus riches et les plus agréables pour leurs fleurs et leurs fruits. Quand la barque suit une rive ensoleillée, déjà apparaissent les millions de boutons qui se gonflent sur les branches en attendant de fleurir, pendant que papillonnent dans l'air tranquille, jusqu'à ce qu'elles se posent sur les claires eaux du lac, les pétales des amandiers précoces. Les rives, au milieu de l'herbe nouvelle qui semble un gai tapis de soie verte, sont constellées des boutons d'or des renoncules, des étoiles rayonnantes des marguerites et près d'elles, raides sur leurs tiges comme de petites reines couronnées, sourient, légers, tranquilles comme des yeux d'enfants, les myosotis élégants, couleur d'azur et qui semblent dire "oui, oui" au soleil, au lac, aux herbes leurs sœurs, qu'elles sont heureuses de fleurir et de fleurir sous les yeux bleu-clairs de leur Seigneur.        

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75> En ce début de printemps, le lac n'a pas encore cette opulence qui le rendra triomphal les mois suivants. Il n'a pas encore cette somptuosité, je dirais sensuelle, des mille et mille rosiers rigides ou flexibles qui font des massifs dans les jardins ou qui voilent les murs, des milliers et des milliers de corymbes des cytises et des acacias, des milliers et des milliers d'alignements de tubéreuses en fleurs, des mille et mille étoiles des agrumes, de tout ce mélange de couleurs, de parfums violents, enivrants, qui environnent et excitent un désir humain de jouissance qui profane, qui profane trop ce coin de terre si pur qu'est le lac de Tibériade, le lieu choisi depuis des siècles, pour être le théâtre du plus grand nombre des prodiges de notre Seigneur Jésus.         

Jeanne regarde Jésus absorbé par la beauté de son lac galiléen, et son visage sourit, reflétant comme un miroir fidèle son sourire à Lui. Dans les autres barques, on parle. Ici, c'est le silence. Seul bruit, le bruit sourd des pieds nus de
Pierre et d'André qui règlent la manœuvre de la barque, et le soupir de l'eau que fend la proue et qui murmure sa douleur aux flancs du bateau, une douleur qui se change en rire à la poupe quand la blessure se referme en un sillage argenté que le soleil allume comme si c'était une poussière de diamants.     

Finalement Jésus arrête sa contemplation et tourne son regard vers la disciple. Il lui sourit. Il lui demande : "Nous sommes presque arrivés, n'est-ce pas ? Et tu diras que le Maître est un compagnon bien peu aimable. Je ne t'ai pas dit une seule parole."           

"Mais je les ai lues sur ton visage, Maître, et j'ai entendu tout ce que tu disais à ces choses qui nous entourent."

"Que disais-je, alors ?"         

"Aimez, soyez purs, soyez bons. Parce que vous venez de Dieu, et que de sa main il n'est rien sorti de mauvais ou d'impur."     

"Tu as bien lu."         

 I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif "Mais, mon Seigneur, les herbes le feront encore. Et le feront aussi les animaux. L'homme... pourquoi ne le fait-il pas, lui qui est le plus parfait ?"       

"Parce que la
morsure de Satan est entrée seulement en l'homme. Il a essayé de démolir le Créateur dans son prodige le plus grand, dans ce qui était le plus semblable à Lui."  

Jeanne baisse la tête et réfléchit. Elle paraît hésiter et comparer deux vouloirs opposés. Jésus l'observe. À la fin elle relève la tête et dit : "Seigneur, dédaignerais-tu d'approcher de mes amies, païennes ? Tu sais...
Chouza appartient à la cour. Et le Tétrarque - et plus encore la véritable maîtresse de la cour, Hérodiade, à la volonté de laquelle se soumet tout désir d'Hérode [3], par... mode, pour se montrer plus fins que les autres Palestiniens, pour être protégés par Rome, en adorant Rome et tout ce qui est romain - flatte les romains de la maison proconsulaire... et nous les impose pour ainsi dire.           

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76> En vérité, je dois dire que les femmes ne sont pas pires que nous. Même parmi nous, sur ces rives, il y en a qui sont tombées bien bas. Et de quoi pouvons-nous parler, si nous ne parlons pas d'Hérodiade ? ...Quand j'ai perdu mon enfant [4] et que je fus malade, elles furent très bonnes pour moi qui ne les avais pas recherchées. Et, depuis, l'amitié est restée. Mais, si tu me dis que c'est mal, j'y renonce. Non ? Merci, Seigneur. Avant-hier, j'étais chez une de ces amies [5], visite d'amitié pour moi, de devoir de la part de Chouza. C'était un ordre du Tétrarque qui... voudrait bien revenir ici mais qui ne s'y sent pas très en sécurité et alors... il noue les relations les plus intéressées avec Rome pour avoir sa protection. Par ailleurs... je te prie... Tu es parent du Baptiste. N'est-ce pas ? Dis-lui alors de ne pas trop se fier. Qu'il ne sorte jamais des frontières de la Samarie [6]. Mais au contraire, s'il ne le dédaigne pas, qu'il se cache pour quelque temps. Le serpent s'approche de l'agneau et l'agneau a tout lieu de craindre. De tout. Qu'il se tienne sur ses gardes, Maître. Et qu'on ne sache pas que c'est moi qui l'ai dit. Ce serait la ruine de Chouza."         

"Sois tranquille, Jeanne. J'avertirai le
Baptiste de façon à lui rendre service sans qu'il en résulte de dommage."          

"Merci, Seigneur. Je veux te servir, mais je ne voudrais pas ce faisant nuire à mon mari. D'autre part... moi... je ne pourrai pas venir toujours avec Toi. Parfois, je devrai rester, parce que lui le veut, et c'est juste..."            

"Tu resteras, Jeanne. Je comprends tout. Ne dis rien de plus que ce qui est nécessaire."         

"Pourtant, aux heures les plus dangereuses pour Toi, tu me voudras près de Toi ?"   

"Oui, Jeanne, certainement."

"Oh ! cette chose comme il m'était difficile de devoir la dire, et de la dire ! Mais maintenant, je suis soulagée..."   

"Si tu as foi en Moi, tu seras toujours soulagée... Mais, tu parlais de l'une de tes amies romaines..."  

"Oui, c'est une
amie intime de Claudia et je crois qu'elle doit lui être parente. Elle voudrait parler avec Toi ou, au moins, t'entendre parler. Et elle n'est pas la seule. Et maintenant que tu as guéri la petite de Valeria, et la nouvelle est arrivée rapide comme l'éclair [7], elles le désirent encore plus vivement. Au banquet de l'autre soir, on a beaucoup parlé, pour et contre Toi.    

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77> Il y avait en effet des hérodiens et des sadducéens... [8] bien qu'ils n'en voulussent pas convenir quand on le leur demandait... et puis, il y avait aussi des femmes... riches et... et pas honnêtes. Il y avait... cela me déplaît de le dire parce que je sais que tu es un ami de son frère, Marie de Magdala avec son nouvel ami et une autre femme, grecque je crois, et de mœurs aussi libres qu'elle. Tu sais... chez les païens, les femmes sont à table avec les hommes et c'est très... très... Quel ennui ! Par gentillesse, mon amie m'avait choisi comme compagnon mon propre époux ce qui m'avait beaucoup soulagée. Mais les autres... oh !... Eh bien... on parlait de Toi, car le miracle sur Faustina a fait du bruit. Et si les romains admirent en Toi le grand médecin ou le mage -pardonne-moi, Seigneur - les hérodiens et les sadducéens jetaient du venin sur ton nom, et Marie, oh ! Marie ! quelle horreur !... Elle a commencé par la dérision et puis... Non, cela, je ne veux pas te le dire. J'en ai pleuré toute la nuit..."      

"Laisse-la faire. Elle guérira."            

"Mais, elle se porte bien, sais-tu ?"   

"La chair, oui. Le reste est tout intoxiqué. Elle guérira."         

"Tu le dis... Les romaines, tu sais comme elles sont, ont dit : "Nous ne craignons pas les sorcelleries et nous ne croyons pas aux racontars, mais nous voulons juger par nous-mêmes" et ensuite elles m'ont dit : "Ne pourrions-nous pas l'entendre ?"       

"Dis-leur qu'à la fin de la lune de scebat, je serai chez toi."
[9] 

"Je le dirai, Seigneur. Tu crois qu'elles viendront à Toi ?"      

"Chez elles, c'est tout un monde à refaire. Il faut d'abord démolir puis bâtir. Mais ce n'est pas impossible... Jeanne, voici ta maison avec son jardin. Travailles-y pour ton Maître, comme je te l'ai dit. Adieu, Jeanne. Que le Seigneur soit avec toi. Je te bénis en son nom."         

La barque accoste. Jeanne demande, insistante : "Tu ne viens pas ?"           

"Pas maintenant. Il me faut réveiller la flamme
[10]. En peu de mois d'absence, elle s'est presque éteinte. Et le temps s'envole."

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La barque s'est arrêtée dans la crique du jardin de Chouza. Les serviteurs accourent pour aider la maîtresse à descendre. Sa barque vient, après celle de Pierre au débarcadère après que Jean, Mathieu, l'Iscariote et Philippe l'ont quittée pour monter dans celle de Pierre qui, ensuite, lentement quitte le rivage et reprend sa marche vers la rive opposée.

 



[1] Ce n'est pas encore le printemps, mais la végétation a effectivement près de deux mois d'avance en Palestine, par rapport à l'Italie ou à la France.

[2] Les amandiers fleurissent, en général, pendant la deuxième quinzaine de janvier. (Voir aussi Tome 3, chapitre 13, page 47, ou Tome 5, chapitre13, page 84)

[3] L'ascendant d'Hérodiade sur Hérode Antipas a déjà été évoqué au Tome 2, chapitre 45, page 247, en cohérence avec le récit de la mort de Jean Baptiste (Matthieu 14,3-12 et Marc 6,17-29) rapporté par Maria Valtorta au Tome 4, chapitre 133, page 315).

[4] Esther, la nourrice de Jeanne, avait déjà informé Jésus de ce malheur au Tome 2, chapitre 64, page 359.

[5] C'est pourquoi Jean et Jacques d'Alphée ne l'avaient pas trouvée l'avant-veille dans son palais de Tibériade (Tome 3, chapitre17, page 67).

[6] Jean est alors à Ennon, située juste à la limite entre la Samarie et la Décapole (hors de la juridiction d'Hérode). Jésus fait informer Jean dès le lendemain (Tome 3, chapitre 19,  page 82).

[7] Le miracle a eu lieu à Césarée Maritime seulement 5 jours plus tôt.

[8] Contrairement aux pharisiens, les sadducéens acceptaient de fréquenter les romains.

[9] Cet épisode se déroule le 9 shebat. Rendez-vous est donc pris pour dans 3 semaines, le 13 février soit le 30 shebat (voir Tome 3, chapitre 27,  page 121)

[10] Jésus a quitté la Galilée depuis quatre mois (fin septembre). Il va à nouveau parcourir et évangéliser toute la région.