"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

© Centro Editoriale Valtortiano

Se repérer

Consulter la Bible en ligne

Aller sur le forum

Qui sommes-nous

 2.92 - Seconda lezione ai discepoli presso la casa di Nazareth.

 1.92 - Jesus' Lesson to His Disciples near His Home.

 2.92 - Segunda lección a los discípulos en Nazaret, junto a la casa.

 2.129 - Jesus unterweist die Jünger zu Hause.



Jeudi 5 août 27
(16 Ab 3787)

Nazareth.


Vers l'index des thématiques

Ce qui est caché.

N'accusez jamais.

Le Maître et la liberté de ses élèves.

Parallèle entre Caïn et Judas.


03-016 03-016 03-016               I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Resume.gif

- Discours (Discrétion dans le bien ............................... 308

- Ne jugez jamais personne ........................................ 309


- La liberté humaine .. 309

- Ne soyez pas intransigeants ........................................ 310


- Les dangers du monde) 310

- Les nouveaux Caïns 311

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 2


Tome 2, chapitre 57.

92.
Instructions de Jésus aux disciples près de la maison.


Vision du mardi 30 janvier 1945

308> Jésus instruit encore les siens qu'il a amenés à l'ombre d'un énorme noyer, qui s'étend de sa place dominant le jardin de Marie, et tout le long de celui-ci. La journée est sombre et l'orage très proche, et c'est pour cela, peut-être, que Jésus ne s'éloigne pas beaucoup de la maison. Marie va et vient de la maison au jardin et chaque fois elle lève la tête et sourit à son Jésus assis sur l'herbe près du tronc, et entouré par les disciples.

Jésus dit : "Je vous ai dit hier que ce qui avait provoqué une parole imprudente servirait de sujet aujourd'hui. Voici l'instruction.  

 Pensez fermement, et que cela vous soit une règle de conduite, que rien de ce qui est caché ne le reste pour toujours. Ce peut-être Dieu qui prend soin de faire connaître les œuvres de l'un de ses fils au moyen de ses signes miraculeux, ou bien Il le fait par l'intermédiaire des justes qui reconnaissent le mérite d'un frère. Ce peut-être aussi Satan qui, par la bouche d'un imprudent, je ne veux rien dire de plus, révèle des choses que les bons auraient préféré de les taire, pour ne pas pousser au manque de charité, et il déforme la vérité de façon à créer de la confusion dans les pensées. C'est ainsi que le moment vient toujours où ce qui était caché est connu[1]. Maintenant, ayez toujours cela présent à l'esprit. Que cela vous arrête sur la pente du mal sans vous inciter par ailleurs à publier le bien que vous faites.

Haut de page           


309> Combien de fois on agit par bonté, par vraie bonté, mais par bonté toute humaine ! Or, comme cette action n'est qu'humaine et procède d'une intention qui n'est pas parfaitement pure, on désire que cette action soit connue des hommes, on écume, on s'énerve de voir qu'elle reste inconnue et on étudie des méthodes pour que ce bien soit connu. Non, mes amis Ce n'est pas ainsi. Faites le bien et abandonnez-le au Seigneur Éternel. Oh ! Lui saura, si la chose vous est profitable, de la faire connaître aussi aux hommes. Si, au contraire, la divulgation pouvait enlever toute valeur à vos actions entreprises dans un juste but par l'effet d'une résurgence d'orgueilleuse complaisance, voici qu'alors le Père la garde secrète, se réservant de vous en rendre gloire au Ciel en présence de toute la Cour Céleste.      

 Que celui qui voit une action, ne la juge jamais sur les apparences. N'accusez jamais, car les actions humaines peuvent avoir parfois un aspect déplaisant et cacher des motifs louables. Un père, par exemple, peut dire à un fils paresseux et bambocheur : "Va-t-en", cela peut passer pour de la dureté et une dérobade à ses devoirs de père. Mais il n'en est pas toujours ainsi. Son "Va-t-en" est assaisonné d'un pleur bien amer, plus de la part du père que de celle du fils, et il est accompagné de la parole et du vœu qu'elle se vérifie : "Tu reviendras quand tu te seras repenti de ta paresse". C'est même justice à l'égard des autres fils, parce que ce comportement empêche qu'un bambocheur dépense en débauches ce qui appartient aux autres en plus de ce qui lui appartient. Cette parole serait mauvaise, au contraire, si elle venait d'un père qui, en faute, à l'égard de Dieu et à l'égard de ses enfants dans son égoïsme, il se juge supérieur à Dieu et pense avoir des droits même sur l'esprit de son fils. Non. L'esprit appartient à Dieu, et Dieu ne violente pas la liberté de l'esprit de se donner ou pas. Pour le monde, les actes sont pareils, mais combien l'un est différent de l'autre ! Le premier relève de la justice, le second d'un arbitraire coupable. Ne jugez donc jamais personne.      

Hier, Pierre a dit à Judas : 
"Quel maître as-tu eu ?" Qu'il ne le dise plus. Que personne n'en accuse d'autres de ce qu'il voit dans quelqu'un ou en lui-même. Les maîtres n'ont qu'une seule parole pour tous leurs élèves. Comment se fait-il alors que dix deviennent justes et que dix deviennent mauvais ? C'est parce que chacun y ajoute du sien, de ce qu'il a dans le cœur, et c'est cela qui incline vers le bien ou vers le mal. Comment peut-on alors accuser le maître d'avoir donné un mauvais enseignement si le bien qu'il cherche à inculquer est anéanti par l'excès de mal qui règne dans un cœur ?       

Haut de page           


310> Le premier facteur de réussite est en vous. Le maître travaille votre moi. Mais si vous n'êtes pas susceptibles d'amélioration, que peut faire le maître ? Que suis-je, Moi ? En vérité, je vous dis que vous n'aurez pas de maître plus sage, plus patient et plus parfait que Moi. Et pourtant, voilà, que même de quelqu'un des miens on dira : "Mais quel maître avait-il ?" Ne vous laissez jamais dominer, dans vos jugements, par des motifs personnels. Hier Judas, par un amour exagéré de sa région, a estimé voir en Moi une injustice envers elle. Souvent l'homme est influencé par ces éléments impondérables, qui sont l'amour de la patrie ou l'amour d'une idée, et dévie de son but comme un alcyon désorienté. Le but, c'est Dieu. Tout voir en Dieu pour y voir clair. Ne pas mettre soi-même ni mettre autre chose au-dessus de Dieu. Et, s'il arrive que quelqu'un se trompe... ô Pierre ! ô vous tous ! ne soyez pas intransigeants. L'erreur qui vous choque tant faite par l'un de vous, est-il bien sûr que vous ne l'avez jamais faite ? En êtes-vous bien certains ? Et, en admettant que vous ne l'ayez jamais faite, que vous reste-t-il à faire ? Vous devez remercier Dieu, et c'est tout. Et veiller. Veiller tellement, et continuellement, pour ne pas tomber demain dans ce que, jusqu'à ce jour, vous avez évité. Voyez ? Aujourd'hui le ciel est sombre, à cause d'une chute de grêle imminente. Et nous, en observant le ciel, nous avons dit : "Ne nous éloignons pas de la maison". Eh bien, si nous savons ainsi juger pour les choses qui, pour bien dangereuses qu'elles soient, ne sont rien en comparaison de la perte de l'amitié de Dieu par le péché, pourquoi ne savons-nous pas où il peut y avoir du péril pour l'âme ?

Regardez : voici ma Mère. Pouvez-vous penser qu'il y ait en elle une tendance au mal ? Eh bien, étant donné que l'amour la pousse à me suivre, elle quittera sa maison quand mon amour le voudra. Ce matin elle m'en avait encore prié car elle, ma Maîtresse, me disait : "Parmi tes disciples, fais qu'il y ait aussi ta Mère, Fils. Je veux apprendre ta doctrine", elle qui a possédé cette doctrine en son sein et, d'abord aussi en son esprit, par un don de Dieu à la future Mère de son Verbe Incarné, elle a dit : "Pourtant... c'est à Toi de juger si je puis venir sans avoir la possibilité de perdre l’union à Dieu, sans que ce monde, dont tu me dis qu'il pénètre partout avec ses puanteurs, puisse corrompre ce cœur, mon cœur, qui a été, qui est, et qui ne veut être qu'à Dieu.     

Haut de page           


311> Je m'examine et autant que je sache, il me semble pouvoir le faire, parce que... (et là elle s'est donnée sans y penser la plus haut louange), en effet, je ne trouve pas de différence entre la paix candide de l'époque où j'étais une fleur du Temple et celle que je possède en moi, maintenant que, depuis plus de six lustres, je suis la maîtresse de la maison. Mais je suis une indigne servante qui connaît mal et juge plus mal encore les choses de l'esprit. Tu es le Verbe, la Sagesse, la Lumière et tu peux être lumière pour ta pauvre Maman qui accepte de ne plus te voir plutôt que de n'être pas agréable au Seigneur". Et Moi, j'ai dû Lui dire, avec le cœur qui me tremblait d'admiration : "Maman, je te le dis. Ce n'est pas le monde qui pourra te corrompre, mais c'est lui qui sera embaumé par toi".        

Ma Mère, vous l'entendez, a su voir les dangers de la vie au milieu du monde, dangers même pour elle, même pour elle. Et vous, hommes, vous ne les voyez pas ? Oh ! Il faut vous dire que vraiment
Satan est aux aguets ! Seuls les vigilants seront victorieux. Les autres ? Vous demandez pour les autres ? Pour les autres, ce qui est écrit sera."      

"Qu'est-ce qui est écrit, Maître ?"      

 "Et Caïn se jeta sur Abel et le tua. Et le Seigneur dit à Caïn : ‘Où est ton frère ? Qu'en as-tu fait ? La voix de son sang crie vers Moi. Voici donc que tu seras maudit sur toute la terre qui a connu la saveur du sang humain par la main d'un frère qui a ouvert les veines de son frère, et jamais plus ne cessera cette horrible faim de la terre pour le sang humain. Et la terre, empoisonnée par ce sang, sera pour toi stérile plus qu'une femme en qui l'âge a tari la fécondité. Et tu fuiras en cherchant la paix et du pain. Et tu ne les trouveras pas. Ton remords te fera voir du sang sur toute fleur sur toute plante, sur toute eau et sur toute nourriture. Le ciel te semblera du sang et du sang la mer, et du ciel et de la terre et de la mer te viendront trois voix : celle de Dieu, celle de l'Innocent, celle du Démon. Et pour ne pas les entendre, tu te donneras la mort"      

"La Genèse ne parle pas ainsi
[2]" observe Pierre.        

"Non, pas la Genèse. C'est Moi qui le dis. Et je ne me trompe pas. Et je le dis pour les nouveaux Caïn des nouveaux Abel. Pour ceux qui, pour n'avoir pas veillé sur eux-mêmes et sur l'Ennemi, ne deviendront qu'un avec lui." 

"Mais, parmi nous, il n'y en aura pas, n'est-ce pas, Maître ?" 

Haut de page           

312> "Jean : quand le Voile du Temple se déchirera, une grande vérité brillera sur Sion toute entière."       

"Quelle vérité, mon Seigneur ?"         

"Que les fils des ténèbres ont été en vain au contact de la Lumière. Gardes-en le souvenir, Jean
[3]."        

"Serai-je, moi un fils des ténèbres?"  

"Non, pas toi, mais rappelle-t-en pour expliquer le Délit au monde."  

"Quel délit, Seigneur ? Celui de Caïn ?"

"Non, celui-là était le premier accord de l'hymne de Satan. Je parle du Délit parfait. L'inconcevable délit. Celui que, pour le comprendre, il faut regarder à travers le soleil du Divin Amour et à travers l'esprit de Satan. Car seul l'Amour Parfait et la Haine Parfaite, seuls le Bien Infini et le Mal Infini peuvent expliquer une telle Offrande et un tel Péché. Vous entendez ? Il semble que Satan écoute et crie du désir de l'accomplir. Partons avant que le nuage n'éclate en éclairs et en grêle."

Et ils descendent encourant et bondissant, en sautant dans le jardin de Marie, pendant que la tempête éclate avec violence.       

Haut de page           

 



[1] Cf. Matthieu 10, 26Marc 4, 22 Luc 8, 17.

[2] "Ne parle pas" et non une autre formule du type "cela n'est pas écrit…" La Torah était donc considérée déjà comme la Parole même de Dieu.

[3] Effectivement : c'est ce que Jean reprend dans le Prologue de son Évangile : Cf. Jean 1, 9-11.