"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 2.91 - Prima lezione ai discepoli nell'uliveto presso Nazareth.

 1.91 - Jesus' Lesson to His Disciples in the Olive-Grove.

 2.91 - Primera lección a los discípulos en Nazaret, en un olivar.

 2.128 - Jesus unterrichtet die Jünger im Olivenhain.



Mercredi 4 août 27
(15 Ab 3787)

Nazareth.


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 Les raisons du choix des apôtres et disciples.

La "parabole" des fourmis.

La crise de jalousie de Judas.


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- Discours (Un temps de formation ..................... 303

- Une religion dénaturée 304

- La force de l'union) .. 305

- Judas accuse Jésus 306


- Ce que Jésus vient de faire pour la Judée .............. 306

- Ne dites pas à ma Mère 307

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 2


Tome 2, chapitre 56.

91.
Leçon de Jésus aux disciples dans l’oliveraie.


Vision du lundi 29 janvier 1945

303> Je vois Jésus avec Pierre, André, Jean, Jacques, Philippe, Thomas, Barthélemy, Jude Thaddée, Simon et Judas l'Iscariote et le berger Joseph, qui sortent de sa maison et vont hors de Nazareth mais dans le voisinage immédiat, sous un bosquet d'oliviers.        

Il dit : "Venez autour de Moi. Pendant ces mois de présence et d'absence, je vous ai pesés et étudiés. Je vous ai connus et j'ai connu le monde par expérience humaine. Maintenant j'ai décidé de vous
envoyer dans le monde.       

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304> Mais avant, je dois vous instruire pour vous rendre capables d'affronter le monde avec la douceur et la sagacité, le calme et la constance, avec la conscience et la science de votre mission. Ce temps de fureur solaire, qui empêche de longues pérégrinations en Palestine, je veux l'employer à vous instruire et à former en vous des disciples. Comme un musicien, j'ai senti ce qu'il y a en vous de discordant et je viens vous donner le ton pour l'harmonie céleste que vous devez transmettre au monde, en mon nom. Je retiens ce fils (et il montre
Joseph) car je lui délègue la charge de porter à ses compagnons mes paroles, pour qu'il se forme là un noyau solide qui ne m'annonce pas seulement en faisant connaître mon existence, mais les caractéristiques les plus essentielles de ma doctrine.          

 Je commence par vous dire qu'il est absolument nécessaire que vous vous aimiez et fusionniez ensemble. Qu'êtes-vous ? Des hommes de toutes classes sociales, de tout âge, et de toutes régions. J'ai préféré prendre des gens qui sont vierges en matière de doctrines et de connaissances, car je pénétrerai plus facilement en eux avec ma doctrine. Par ailleurs, vous êtes destinés à évangéliser des gens qui seront dans l'ignorance absolue du Vrai Dieu, je veux qu'en vous souvenant de leur primitive ignorance de Dieu, vous ne les dédaigniez pas et les enseigniez avec pitié, vous rappelant avec quelle pitié je les ai enseignés.   

Je sens venir en vous une objection : "Nous ne sommes pas des païens, même si nous n'avons pas de culture intellectuelle". Non, vous ne l'êtes pas. Mais non seulement vous, mais même ceux qui parmi vous représentent les savants et les riches, vous vous êtes tous écartés dans une religion qui, dénaturée par trop de raisons, n'a de religion que le nom. En vérité, je vous le dis que nombreux sont ceux qui se glorifient d'être des fils de la Loi. Mais les huit dixièmes d'entre eux ne sont que des idolâtres qui ont embrouillé dans les nuages de mille petites religions humaines la vraie, la sainte, éternelle Loi du Dieu d'Abraham, de Isaac, et de Jacob. Aussi, en vous regardant l'un l'autre, et vous aussi, pêcheurs humbles et sans culture, et vous qui êtes marchands ou fils de marchands, officiers ou fils d'officiers, riches ou fils de riches, vous puissiez dire : "Nous sommes tous pareils. Tous nous avons les mêmes lacunes et tous nous avons besoin du même enseignement.
Frères en nos défauts personnels ou nationaux, nous devons désormais devenir frères dans la connaissance de la Vérité et dans l'effort pour la mettre en pratique".

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305> Voici frères. Je veux que ce soit là le nom que vous vous donniez l'un l'autre et que vous vous considériez comme tels. Vous êtes comme une seule famille. Quand est-ce qu'une famille est prospère et que le monde l'admire ? Quand on y trouve l'union et la concorde. Si un fils devient l'ennemi de l'autre, si un frère nui à l'autre, est-ce que la prospérité de cette famille ne peut jamais durer ? Non. C'est en vain que le père de famille s'efforce de travailler, d'aplanir les difficultés, et de s'imposer au monde. Ses efforts restent sans résultats, car les ressources s'effritent, les difficultés augmentent, le monde se moque de cet état de procès perpétuels qui émiettent les affections et les biens - qui, unis, étaient puissants contre le monde – en un tas de petits, de mesquins intérêts contraires, dont profitent les ennemis de la famille pour en accélérer toujours davantage la ruine.

Qu'il n'en soit jamais ainsi parmi vous. Soyez unis. Aimez-vous. Aimez-vous pour vous apporter une aide mutuelle. Aimez-vous pour enseigner à aimer. Observez. Même ce qui nous entoure, nous enseigne cette grande force.
 Regardez cette tribu de fourmis qui accourt toute entière vers un endroit. Suivons-la et nous découvrirons la raison de leur concours, qui n'est pas inutile, vers un point déterminé... Voilà : une de leurs petites sœurs a découvert avec ses organes minuscules, invisibles pour nous, un grand trésor sous cette large feuille de radis sauvage. C'est un morceau de mil de pain tombé peut-être des mains d'un paysan venu pour soigner ses oliviers, ou bien des mains d'un voyageur qui s'est arrêté à l'ombre pour prendre sa nourriture, ou bien encore de celles d'un bambin joyeux courant sur l'herbe fleurie. Comment pouvait-elle à elle seule traîner dans sa tanière ce trésor mille fois plus gros qu'elle ? Et voilà : elle a appelé une sœur et lui a dit : "Regarde et cours vite dire aux sœurs qu'il y a là de la nourriture pour toute la tribu et pour plusieurs jours. Cours avant qu'un oiseau ne découvre ce trésor et n'appelle ses compagnons et qu'ils ne le dévorent". Et la petite fourmi est accourue, essoufflée par les accidents du terrain, à travers les graviers et les herbes jusqu'à la fourmilière et elle a dit : "Venez, une de nous vous appelle. Elle a fait une découverte pour toutes. Mais toute seule, elle ne peut la charrier jusqu'ici. Venez". Et toutes, même celles qui, fatiguées du travail fait pendant toute la journée se reposaient dans les galeries de la fourmilière, sont accourues; et même celles qui étaient en train de ranger les provisions dans les chambres de réserve.   

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306> Une, dix, cent, mille... Regardez... Elles saisissent avec leurs griffes, elles soulèvent en faisant de leur corps un chariot, elles traînent en appuyant leurs petites pattes au sol. Celle-ci tombe... l'autre, là, a failli s'estropier parce que l'extrémité du pain, quand elle rebondit, la cloue entre elle et un caillou. Celle-ci, encore, si petite, une jeune de la tribu, s'arrête épuisée... mais pourtant, après avoir repris son souffle, repart. Oh ! comme elles sont unies ! Regardez : maintenant le morceau de pain est bien enlacé et il avance, il avance lentement, mais il avance. Suivons-le... Encore un peu, petites sœurs, encore un peu et puis votre fatigue sera récompensée. Elles n'en peuvent plus, mais elles ne cèdent pas. Elles se reposent et repartent... Voilà qu'elles arrivent à la fourmilière. Et maintenant ? Maintenant au travail pour réduire en miettes la grosse masse. Regardez quel travail ! Les unes découpent, les autres transportent... Voilà, c'est fini. Maintenant tout est en sécurité et, heureuses, elles disparaissent par les fissures au fond des galeries. Ce sont des fourmis, rien d'autre que des fourmis. Et pourtant elles sont fortes parce qu'elles sont unies.           

Méditez là-dessus. N'avez-vous rien à me demander ?"         

"Je voudrais te demander : mais en Judée, nous n'y revenons plus ?" demande Judas Iscariote.      

"Et qui le dit ?"         

"Toi, Maître. Tu as dit que tu prépares
Joseph  pour qu'il instruise les autres en Judée ! Y as-tu eu tant de mal pour ne plus y retourner ?"         

"Que t'ont-ils fait en Judée
[1] ?" demande Thomas curieux et Pierre avec véhémence, en même temps : "Ah ! alors, j'avais raison de dire que tu en étais revenu fatigué. Que t'ont-ils fait les "parfaits" en Israël ?"

"Rien, amis. Rien de plus de ce que je trouverai encore ici. Ferais-je le tour de la terre, j'aurai partout des amis mélangés à des ennemis. Mais, Judas, je t'avais prié de te taire..."

 "C'est vrai, mais... je ne puis me taire quand je vois que tu préfères la Galilée à ma patrie. Tu es injuste, voilà. Même là-bas tu avais eu des honneurs..."           

"Judas ! Judas... oh ! Judas. Tu es injuste en ce reproche. Et de toi-même tu t'accuses en te laissant gagner par la colère et l'envie. J'avais fait mon possible pour ne faire connaître que le bien reçu dans ta Judée et, sans mentir, j'avais pu, avec joie, parler de ce bien pour vous faire aimer, vous de Judée. Avec joie.  

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307> Car, pour le Verbe de Dieu, il n'existe pas de frontières, de régions, d'antagonismes, d'inimitiés, de différences. Je vous aime tous, ô hommes. Tous... Comment peux-tu dire que je préfère la Galilée, alors que j'ai voulu accomplir les premiers miracles et me manifester d'abord sur le sol sacré du Temple et de la Cité Sainte, chère à tout Israélite ? Comment peux-tu dire que je suis partial, si des onze que vous êtes, dix plutôt car pour mon cousin il n'est pas question d'amitié mais de parenté, quatre sont Juifs[2] ? Et si j'ajoute les bergers tous Juifs, tu vois de combien de ceux de Judée je suis l'ami. Comment peux-tu dire que je ne vous aime pas si, Moi, qui sais, j'organise le voyage de façon à donner mon nom à un bébé d'Israël et à recueillir le dernier soupir d'un juste d'Israël ? Comment peux-tu dire que je ne vous aime pas, vous Juifs, si pour faire connaître le lieu de ma Naissance et celui de ma préparation à la mission j'ai voulu deux Juifs contre un seul de Galilée[3] ? Tu me reproches de l'injustice. Mais examine-toi, Judas et vois si l'injuste ce n'est pas toi."           

Jésus a parlé avec majesté et douceur. Mais, même s'il n'avait rien dit de plus, il aurait suffi les trois façons dont il a dit : "Judas" au commencement de son discours, pour donner une grande leçon. Le premier "Judas" était dit par le Dieu majestueux qui rappelle au respect, le second par le Maître qui donne un enseignement déjà tout paternel, le troisième était la prière d'un a contristé par l'attitude d'un ami. Judas a baissé la tête, mortifié, encore en colère, rendu brutal par la manifestation de ses bas sentiments.       

Pierre ne peut se taire : "Et au moins, demande pardon, garçon. Si j'étais moi à la place de Jésus, je ne t'aurais pas mis en place avec des paroles ! C'est bien autre chose que de l'injustice ! C'est un manque de respect, mon beau monsieur. C'est comme ça que vous éduquent ceux du Temple ? Ou peut-être tu n'es pas éducable ? Parce que, si c'est eux..."

"Suffit, Pierre. J'ai dit, Moi, ce qu'il y avait à dire. Et même demain je vous ferai l'instruction à ce sujet, Et maintenant je répète à tous ce que j'avais dit à ceux-ci en Judée : ne dites pas ma Mère que son Fils a été mal traité par les Juifs. Elle était déjà toute désolée pour avoir compris que j'ai eu de la peine. Respectez ma
Mère. Elle vit dans l'ombre et le silence. Sa seule activité, c'est la vertu, l'oraison pour Moi, pour vous, pour tous.

 

308> Que les lueurs troubles du monde et les âpres contestations restent loin de son asile enveloppé de réserve et de pureté. N'introduisez pas même l'écho de la haine là où tout est amour. Respectez-la. Elle est courageuse plus que Judith[4], et vous le verrez. Mais ne la forcez pas, avant l'heure, à goûter la lie que sont les sentiments des disgraciés du monde. De ceux qui ne savent pas, même d'une façon rudimentaire, ce qu'est Dieu et la Loi de Dieu. Ceux de qui je vous parlais au début : les idolâtres qui se prennent pour des sages de Dieu et qui, pour cette raison, unissent l'idolâtrie à l'orgueil. Allons."        

Et Jésus reprend la route de Nazareth.          

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[1] Jésus a été chassé à coups de pierres à Bethléem où le souvenir du massacre perpétré par Hérode, reste vivace (2.38). Il est mal accueilli à Hébron en raison de l'attachement des habitants à Jean-Baptiste, l'enfant du pays (2.41). Par contre Kériot a bien accueilli Jésus, trop même, à l'instigation de Judas 2.42.

[2] Judas, Simon le zélote, Joseph le berger, Thomas.

[3] Judas, Simon et Jean. Voir les chapitres 2.37. à 2.45.

[4] Courageuse veuve juive qui séduisit Holopherne, général de Nabuchodonosor, et lui coupa la tête. Son armée s'éloigna alors de la ville assiégée. Voir le livre qui porte son nom.