"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 1.73. - A Betlem, nella casa di un contadino nella grotta della Natività.

 1.73 - Jesus at Bethlehem in the Peasant's House and in the Grotto.

 2.73 - En Belén, en casa de un campesino y en la gruta de la Natividad.

 2.108 - Jesus, Johannes, Simon und Judas gehen nach Bethlehem.

’Évangile, évocation de :
-
Matthieu 2,16-18
-
Luc 2, 1-5
-
Jean 1, 9-11.


Dimanche 6 juin 27
(15 Siwan 3787)
Bethléem de Judée.



Le "champ des bergers" à Bethléem sur le Site Internet des franciscains de Terre Sainte.
(voir le site)


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 Voir le récit de la Nativité en EMV 27.

 Le massacre des innocents.

 Devrai-je réduire en cendres pour tout péché contre Moi ?

 Il était la Lumière venue briller au milieu des ténèbres, mais les ténèbres ne l'ont pas compris.


                                03-016 03-016 03-016               I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Resume.gif

- Arrivée au Tombeau de Rachel 172

- La femme du puits parle de malédictions 173

- Ils aident la femme à arroser son jardin 174

- Le mari rappelle le massacre d'Hérode 175

- Aussi la foi des gens et leurs malheurs 176

- Pourquoi maudire les bergers et les Mages ? 177

-  Discours 1 (Les prophéties sont accomplies) 177

- Nous tuerions Lévi et Élie 178

- Malgré son appel au pardon Jésus est chassé 179

- La femme excuse son mari 179

- Je suis venu pour créer, non pour détruire 180

- Jean passe du coutelas aux pleurs 180

- Arrivée à la grotte 181

-  Discours 2 (Le lieu de l'Incarnation) 182

- Les trois apôtres sont très émus 182

- Jésus commence le récit de sa naissance 182


Les références de l'Ancien Testament sont de David Amos.

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome.

Ancienne édition : Tome 2, chapitre 37.
Nouvelle édition : Tome 1, chapitre 73.

73
À Bethléem, dans la maison du paysan
et à la grotte de la Nativité.


Vision du lundi 8 janvier 1945.

172> Une route de plaine, pierreuse, poussiéreuse, desséchée par le soleil d'été. On avance à travers des oliviers plantureux tout couvert de petites olives à peine formées. Le sol, là où on n'a pas marché, a encore une couche des minuscules fleurs d'oliviers tombées après la fécondation.  

Jésus avance avec les trois, en file indienne le long du bord de la route où l'ombre des oliviers a gardé l'herbe encore verte et où il y a moins de poussière. 

173> La route tourne à angle droit et au-delà, monte légèrement vers une cuvette qui a la forme d'un grand fer à cheval et sur laquelle sont disséminées des maisons et des maisonnettes assez nombreuses pour former un village. Exactement là où le chemin fait un coude, il y a une construction cubique surmontée d'une petite coupole basse. Elle est complètement fermée, et semble abandonnée.      

"Voici, à cet endroit le
tombeau de Rachel" dit Simon.    

"Alors, nous sommes presque arrivés. Nous entrons tout de suite dans la ville ?"       

"Non
Judas. Je vous montrerai d'abord un endroit... Puis nous entrerons dans la ville et comme il fait encore jour et qu'il y aura clair de lune, nous pourrons parler à la population, si elle veut écouter."      

"Veux-tu qu'elle ne t'écoute pas ?"     

Ils sont arrivés au tombeau, ancien mais bien conservé, blanchi à la chaux.        

Jésus s'arrête pour boire à un puits rustique tout proche. Une femme lui offre l'eau qu'elle est venue puiser. Jésus l'interroge : "Es-tu de Bethléem ?"      

"Oui, mais maintenant, à l'époque des récoltes, je suis ici avec mon mari dans cette campagne pour m'occuper des jardins et des vergers. Et Toi, tu es Galiléen ?"      

"Je suis né à Bethléem, mais j'habite à
Nazareth de Galilée."     

"Persécuté, Toi aussi ?"

"La famille. Mais pourquoi dis-tu : "Toi aussi " ? Parmi les habitants de Bethléem, y a-t-il beaucoup de persécutés ?"          

"Et tu ne sais pas? Quel âge as-tu ?"  

"Trente ans."       

"Alors tu es né justement quand... oh ! quel malheur ! Mais pourquoi est-il né ici, Celui-là ?"

"Qui ?"      

"Mais celui que l'on disait le Sauveur. Malédiction aux imbéciles qui dans l'ivresse de la boisson ont vu dans les nuées, des anges,
ont entendu des voix du Ciel au milieu des bêlements des brebis et des braiments des ânes et qui, dans les nuées de l'ivresse prirent trois misérables pour les gens les plus saints de la terre. Malédiction sur eux et sur ceux qui auront cru en eux."          

"Mais tu ne m'expliques pas avec toutes tes malédictions ce qui arriva. Pourquoi ces malédictions ?"  

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174> "Parce que... Mais, dis-moi : où veux-tu aller ?"       

"À Bethléem, avec mes amis. J'y ai des intérêts. Je dois saluer de vieux amis et leur porter le salut de
ma Mère. Mais je voudrais d'abord savoir tant de choses, parce que nous sommes absents, nous de la famille depuis de nombreuses années. Nous laissâmes la ville quand j'avais quelques mois."        

"Mais avant ce malheur, alors. Écoute, si tu ne dédaignes pas la maison d'un paysan, viens partager avec nous le pain et le sel. Toi et les compagnons. Nous parlerons pendant le souper et je vous logerai jusqu'au matin. La maison est petite, mais sur le sol de l'étable, il y a une bonne couche de foin. La nuit est chaude et sereine. Si tu veux, tu peux dormir."        

"Que le Seigneur d'Israël te récompense de ton hospitalité. Je viendrai avec joie dans ta maison."     

"Le pèlerin porte avec lui sa bénédiction. Allons. Je dois verser encore six amphores d'eau, sur les légumes qui viennent de naître."          

"Et je t'aiderai."   

"Non tu es un seigneur. Ta manière de faire me le dit."   

"Je suis un artisan, femme. Et celui-ci est un pêcheur. Ceux-ci, sont Juifs, fortunés et ont une situation. Pas Moi." Et il prend une amphore couchée tout près du mur très bas du puits. Il l'attache et la descend.
Jean l'aide. Les autres aussi ne veulent pas moins faire. Ils disent à la femme : "Où est le jardin, montre nous-le. Nous porterons les jarres."          

"Dieu vous bénisse ! J'ai les reins rompus de fatigue. Venez..." Et, pendant que Jésus sort son broc, les trois compagnons descendent par un sentier... puis reviennent avec les deux brocs vides, les remplissent et retournent. Et ils font ainsi, non pas trois fois, mais bien une dizaine de fois. Et Judas rit en disant : "Elle est en train de s'égosiller, à force de bénédictions. Nous donnons tant d'eau à la salade que, pendant au moins deux jours la terre sera humide et la femme ne se fatiguera pas les reins." Quand il revient pour la dernière fois, il dit : "Maître, je crois cependant que nous sommes mal tombés."       

"Pourquoi ? Judas."       

"Parce qu'elle en veut au Messie. Je lui ai dit : "Ne blasphème pas. Ne sais-tu pas que la plus grande grâce pour le peuple de Dieu, c'est le Messie ?
Jéhovah l'a promis à Jacob et après lui à tous les Prophètes et justes d'Israël et tu le hais ?". Elle m'a répondu "Pas Lui, mais celui qui ont ainsi dénommé des bergers ivres et des maudits devins d'Orient". Et puisque c'est toi..." 

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175> "N'importe. Je sais que je suis fait pour être pour beaucoup un signe d'épreuve et de contradiction. Lui as-tu dit qui je suis ?"

"Non. Je ne suis pas sot. J'ai voulu préserver tes épaules et les nôtres."        

"Tu as bien fait. Pas à cause des épaules, mais parce que je désire me manifester quand je le juge convenable. Allons."  

Judas le conduit au jardin. La femme verse les trois derniers brocs et les conduit à une construction rustique au milieu du verger. "Entrez, dit-elle, mon mari est déjà à la maison."         

Ils s'avancent vers une cuisine basse et enfumée. "La paix soit à cette maison" salue Jésus.     

"Qui que tu sois, la bénédiction à Toi et aux tiens. Entre." répond l'homme. Et il apporte d'abord un bassin rempli d'eau pour que les quatre se rafraîchissent et se lavent. Puis ils entrent et s'assoient tous à une table grossière.  

"Je vous remercie pour ma femme. Elle m'a dit. Je n'avais jamais approché des Galiléens. On m'avait dit qu'ils étaient grossiers et querelleurs. Mais, vous, vous avez été gentils et bons. Déjà fatigués... et tant travailler ! Vous venez de loin ?"   

"De Jérusalem. Ceux-ci sont Juifs. Moi et cet autre, nous sommes de Galilée, Mais, crois-moi, homme : des bons et des mauvais il y en a partout."   

"C'est vrai. Moi pour ma première fois je rencontre de bons Galiléens, je suis bien tombé. Femme, apporte à manger. Je n'ai que du pain, des légumes, des olives et du fromage. Je suis paysan."          

"Je ne suis pas un seigneur, moi non plus. Je suis menuisier."  

"Toi ? Avec ces manières ?"     

La femme intervient : "L'hôte est de Bethléem, je t'ai dit, et les siens ont été persécutés. Ils auront été peut-être riches et instruits comme l'étaient
Josué de Ur, Mathias d'Isaac, Lévi d'Abraham... pauvres malheureux !..."        

"On ne t'a pas interrogée. Pardonnez-lui. Les femmes bavardent toujours plus que les moineaux, le soir."          

"C'étaient des familles de Bethléem ?"         

"Comment ? Tu ne sais pas qui c'était, si tu es de Bethléem ?"  

"Nous avons fui alors que j'avais quelques mois..."           

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176>
 La femme, qui certainement doit être bavarde, se remet à parler: "Il est parti avant le massacre."    

"Eh ! je le vois bien : autrement, il ne serait plus de ce monde. Tu n'y es jamais revenu ?" 

"Non."       

"Quel grand malheur ! Tu en trouveras peu de ceux, que
Sara m'a dit que tu veux connaître et saluer. Beaucoup de morts, beaucoup de fugitifs, beaucoup... hélas ! dispersés, et on n'a jamais su s'ils sont morts dans le désert ou s'ils ont péri en prison pour les punir de leur révolte. Mais était-ce une révolte ? Qui serait resté impassible en voyant égorger tant d'innocents ? Non, il n'est pas juste que Lévi et Élie soient encore vivants pendant que tant d'innocents sont morts !"

"Qui sont-ils ces deux, et qu'ont-ils fait ?"   

"Mais... au moins, tu as entendu parler du
massacre d'Hérode... Plus de mille petits dans la ville, un autre millier dans les campagnes. Et tous, aussi, des garçons, à peu près tous, parce que dans leur furie, dans la nuit, dans la mêlée, les tueurs prirent, arrachèrent des berceaux, des lits de leurs mères, des maisons assiégées, même des petites filles et les transpercèrent, comme des gazelles en train de boire, visées par un archer. Et bien ! Tout cela pourquoi ? Parce qu'un groupe de bergers, qui pour lutter contre le froid nocturne avaient bu à grands traits une boisson, furent pris de délire et racontèrent qu'ils avaient vu des anges, entendu des chants, reçu un message et nous dirent, à nous de Bethléem : "Venez, adorez. Le Messie est né". Pense, le Messie dans une grotte !     

En vérité, je dois dire que nous fûmes tous ivres, même moi, encore jeune homme, même ma femme qui n'avait que quelques années... parce que nous crûmes tous, et dans une pauvre femme de Galilée, nous voulûmes voir
la Vierge qui enfante, elle dont ont parlé les Prophètes. Mais elle était avec un grossier Galiléen. Son mari, certainement. Si elle était épouse, comment pouvait-elle être la "Vierge" ? Bref, nous crûmes. Cadeaux, adorations, maisons ouvertes pour les accueillir... Oh ! on avait bien su faire les choses. Pauvre Anne ! Elle y a perdu, ses biens et la vie et les fils de sa fille aussi, la première, la seule qui s'est sauvée parce qu'elle avait épousé un marchand de Jérusalem, perdirent leurs biens, parce que la maison fut brûlée et tout leur domaine rasé sur l'ordre d'Hérode. C'est maintenant un champ inculte où paissent les troupeaux."   

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177> "Tout cela par la faute des bergers ?"   

"Non, par celle aussi de trois sorciers venus du royaume de Satan. Peut-être étaient-ils complices des trois... Et nous, imbéciles qui leur avons fait tant d'honneurs ! Ce pauvre chef de la synagogue ! Nous l'avons tué parce qu'il avait juré que les prophéties marquaient du sceau de la Vérité les paroles des bergers et des Mages..."   

"Tout, par la faute des bergers et des Mages ?"       

"Non, Galiléen, par notre faute aussi. À cause de notre crédulité. Il y avait si longtemps qu'on attendait le Messie ! Des siècles d'attente. Beaucoup de déceptions, les derniers temps avec les faux Messies. L'un était Galiléen, comme Toi, un autre s'appelait Théodas. Menteurs ! Le Messie, eux ? Ce n'étaient que des aventuriers à la recherche de la fortune ! Cela aurait dû être pour nous une leçon. Au contraire..."   

"Et alors, pourquoi maudissez-vous tous les bergers et les mages ? Si vous jugez que vous aussi vous avez été des sots, alors vous devriez vous maudire, vous également. Mais la malédiction n'est pas permise par le commandement de l'amour. La malédiction attire la malédiction. Est-ce que vous avez la certitude que votre jugement est juste ? Ne pourrait-il pas être vrai que les bergers et les mages aient dit la vérité, révélée à eux par Dieu ? Pourquoi vouloir croire qu'ils ont été des menteurs ?"  

"Parce que les années de la prophétie n'étaient pas accomplies. Depuis nous avons réfléchi... après que le sang qui avait rougi les vasques et les ruisseaux eut ouvert les yeux de notre intelligence."       

"Est-ce que le Très-Haut n'aurait pas pu, par excès d'amour pour son peuple, anticiper la venue du Sauveur ? Sur quoi les mages basaient-ils leur affirmation ? Tu m'as dit qu'ils venaient de l'Orient..."       

"Sur leurs calculs au sujet d'une nouvelle étoile." 

"Et n'est-il pas dit: "Une étoile naîtra de Jacob et un sceptre s'élèvera d'Israël
[1]" ? Et Jacob n'est-il pas le grand patriarche et ne s'est-il pas arrêté dans cette terre de Bethléem qui lui était chère comme la prunelle de l’œil, parce que ce fut là que mourut sa bien-aimée Rachel[2] ? 

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178> Et encore, n'est-il pas sorti de la bouche d'un prophète : "Un rejeton sortira de la tige de Jessé et une fleur s'épanouira de cette racine[3]" ? Isai[4], père de David est né ici. Le bourgeon sur la souche, sciée à la racine par l'usurpation des tyrans, n'est-ce pas la "vierge" qui enfantera le Fils conçu non pas d'un homme, car alors Elle ne serait plus Vierge, mais de la volonté de Dieu, par quoi Il sera "l'Emmanuel", car Fils de Dieu, Il sera Dieu et, par conséquent, apportera Dieu au milieu du peuple de Dieu, comme son nom l'indique[5] ?  

Et ne sera-t-il pas annoncé, dit la prophétie, aux peuples des ténèbres, c'est à dire aux païens "par une grande lumière
[6]" ? Et l'étoile, vue par les mages ne pourrait-elle pas être l'étoile de Jacob[7], la grande lumière des deux prophéties de Balaam[8] et d'Isaïe[9] ?   

Et le massacre lui-même accompli par Hérode ne rentre-t-il pas dans les prophéties ? "Un cri s'est élevé... C'est Rachel qui pleure ses fils
[10]", Il était marqué que les os de Rachel, dans son tombeau d'Ephrata gémiraient et pleureraient à l'époque où, par le Sauveur, la récompense serait venue au peuple saint. Larmes qui se changeraient ensuite en un sourire céleste[11], comme l'arc-en-ciel que forment les dernières gouttes d'eau de l'orage, mais qui dit : "Voilà : le temps serein vous est accordé[12]."         

"Tu es très instruit. Es-tu rabbi ?"     

"Je le suis."          

"Et je m'en rends compte. Il y a dans tes paroles lumière et vérité. Mais pourtant... Oh ! trop de blessures saignent encore dans cette terre de Bethléem pour le Messie, vrai ou faux... Je ne lui conseillerais même pas de jamais venir ici. La terre le repousserait comme on repousse un bâtard à cause duquel les vrais fils sont morts. Mais, d'ailleurs... si c'était Lui... il est mort avec les autres qu'on a égorgés."          

"Où habite maintenant
Lévi, et Élie ?"         

"Tu les connais ?"          

L'homme a des soupçons. "Je ne les connais pas. Leur visage m'est inconnu, mais ce sont des malheureux et j'ai toujours pitié des malheureux. Je veux aller les trouver."        

"Hum ! tu seras le premier depuis presque six lustres. Ils sont encore bergers, au service d'un riche Hérodien de Jérusalem qui s'est approprié les biens de beaucoup d'habitants qui ont été tués... Il y a toujours des profiteurs ! Tu les trouveras avec leurs troupeaux sur les hauteurs en direction d'Hébron. Mais, un conseil. Ne te fais pas voir par les Bethléemites à parler avec eux. Tu aurais à t'en repentir. Nous les supportons parce que... parce que il y a l'Hérodien. Si non..."     

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179> "Oh! la haine! Pourquoi haïr ?"

"Parce que c'est juste : ils nous ont fait du mal."   

"Ils ont cru bien faire." 

"Mais ils nous ont fait du mal et qu'ils en périssent. Nous devions les tuer, comme ils ont fait tuer avec leur folie. Mais nous étions hébétés... et après, il y a eu l'Hérodien."      

"Sans lui, alors, même après le premier mouvement de révolte, encore compréhensible, vous les auriez tués ?"       

"Maintenant encore nous les tuerions sans la peur de leur maître."    

"Homme, je te dis : ne hais pas. Ne désire pas le mal. Ne désire pas faire le mal. Ici, il n'y a pas de faute, mais même s'il yen avait, pardonne. Au nom de Dieu pardonne. Dis-le aux autres Bethléemites. Quand la haine tombera de vos cœurs, Le Messie viendra, vous le connaîtrez alors car il est vivant. Il l'était déjà quand le massacre eut lieu, je vous Je dis. Ce ne fut pas par la faute des bergers et des mages mais par la faute de Satan que le carnage se fit. Le Messie vous est né, ici. Il est venu apporter la lumière à la terre de ses pères. Fils d'une Mère vierge de la race de David. C'est dans les ruines de la maison de David qu'il a ouvert au mon- de le fleuve des grâces éternelles, qu'il a ouvert à l'homme le chemin de la vie..."          

"Va-t-en, va-t-en, hors d'ici ! Toi, partisan de ce faux Messie qui ne pouvait être que faux, car il nous a apporté le malheur, à nous de Bethléem. Tu le défends, donc..."  

"Silence, homme, je suis Juif et j'ai des amis haut placés. Tu pourrais te repentir de l'insulte" Judas bondit, saisissant par son vêtement le paysan, il le secoue, violent et enflammé de colère.     

"Non, non, allez-vous-en. Je ne veux pas d'ennuis ni avec les Bethléemites, ni avec Rome et Hérode. Partez, maudits, si vous ne voulez pas que je vous laisse un souvenir. Dehors !..."           

"Partons, Judas. Ne réagis pas. Laissons-le sur sa rancœur. Dieu ne pénètre pas là où il y a de la haine. Partons." 

"Oui, partons, mais vous me le paierez."      

"Non, Judas, non. Il ne faut pas parler ainsi. Ce sont des aveugles... Il y en aura tant sur ma route ! ..."     

Ils sortent en suivant Simon et Jean qui sont déjà dehors et parlent avec la femme dans un coin de l'étable.         

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180> "Pardonne à mon mari, Seigneur. Je ne croyais pas faire tant de mal... Voilà, prends-les. Tu les prendras demain matin. Ils sont frais, d'aujourd'hui. Je n'ai rien d'autre... Pardon, où dormiras- tu ?" (Elle donne des
œufs). 

"N'y pense pas. Je sais où aller. Va en paix à cause de ta bonté. Adieu."

 Ils font quelques mètres en silence, puis Judas explose : "Pourquoi Toi, ne te fais-tu pas adorer ? Pourquoi ne pas faire aplatir par terre ce dégoûtant blasphémateur ? Par terre, aplati, pour t'avoir manqué à Toi, le Messie... Oh ! moi, je l'aurais fait. Les Samaritains, on les réduit en cendres par le miracle. Il n'y a que cela qui les secoue."      

"Oh ! que de fois je l'entendrai dire ! Mais devrais-je réduire en cendres pour tout péché contre Moi !... Non... Judas. Je suis venu pour créer, non pas pour détruire."         

"Bien, mais en attendant, ce sont les autres qui te détruisent." Jésus ne réplique pas.        

Simon demande: "Où allons-nous, maintenant, Maître ?"         

"Venez avec Moi. Je connais un endroit."    

"Mais, si tu n'as jamais été ici, depuis que tu as fui, comment le connais-tu ?" demande, encore irrité, Judas.  

"Je le connais. Il n'est pas beau. Mais j'y ai été une autre fois. Ce n'est pas à Bethléem. Un peu en dehors... Allons dans cette direction."      

Jésus en avant, puis Simon, puis Judas, ensuite Jean... Dans le silence que rompt seulement le crissement des sandales sur les graviers du sentier, on entend un sanglot.         

"Qui pleure ?" demande Jésus en se retournant. Et Judas : "C'est Jean. Il a eu peur."   

"Non, je n'ai pas peur. J'avais déjà la main sur le coutelas que j'ai à la ceinture... mais je me suis rappelé ton : "Ne tue pas, pardonne". Tu le dis toujours..."           

"Et alors, pourquoi pleures-tu ?" demande Judas. 

"Parce que je souffre de voir que le monde ne veut pas de Jésus. Ne le reconnaît pas et ne veut pas le connaître. Oh ! une telle douleur ! Comme si on me faisait pénétrer dans le cœur des épines enflammées. Comme si j'avais vu piétiner ma mère et cracher au visage de mon père... Plus encore... Comme si j'avais vu les chevaux des Romains manger dans l'Arche Sainte et coucher dans le Saint des Saints."

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181>
 "Ne pleure pas, mon Jean. Tu le diras cette fois et d'innombrables autres fois : "Il était la Lumière venue briller au milieu des ténèbres, mais les ténèbres ne l'ont pas compris. Il est venu dans le monde qui par Lui a été fait, et le monde ne l'a pas connu. il est venu dans sa ville, dans sa maison, et les siens ne l'ont pas reçu". Oh ! ne pleure pas ainsi !"

"Cela n'arrive pas en Galilée !" soupire Jean.          

"Alors, pas davantage en Judée, réplique, Judas. Jérusalem en est la capitale et il y a trois jours qu'on t'y saluait comme Messie par des "Hosanna". Ici, pays de bergers grossiers, de paysans de jardiniers... il ne faut pas se baser sur eux. Même les galiléens, allons, ne seront pas tous bons. Au reste Judas, le faux Messie d'où était-il ? On disait..." 

."Assez, Judas. Il ne convient pas de se troubler. Je suis calme Soyez-le, vous aussi. Judas, viens ici. Je dois te parler." Judas le rejoint. "Prends la bourse. Tu feras les achats pour demain."   

"Et, pour l'instant, où logerons-nous ?" Jésus sourit et se tait. La nuit est descendue. La lune revêt tout de blancheur. Les rossignols chantent dans les oliviers. Un ruisseau, c'est un ruban d'argent sonore. Des prés fauchés arrive une odeur de foin : chaude, vivante, dirait-on humaine. Quelque mugissement. Quelque bêlement. Et des étoiles, des étoiles, des étoiles... un semis d'étoiles sur le voile du ciel, un baldaquin de gemmes vivantes sur les collines de Bethléem.   

"Mais ici !... Ce sont des ruines. Où nous conduis-tu ? Ce n'est plus la ville."        

"Je le sais. Viens, suis le ruisseau, derrière Moi. Encore quelques pas, et puis... et puis, je t'offrirai le logement du Roi d'Israël."    

Judas hausse les épaules et garde le silence. Encore quelques pas, puis voilà un tas de maisons en ruines des restes d'habitations... Une antre, entre deux fentes de hautes murailles.        

Jésus dit : "Avez-vous l'amadou ? Allumez." Simon allume une lanterne qu'il tire de sa besace et la donne à Jésus.    

"Entrez, dit le Maître, en levant la lumière. Entrez. C'est la chambre de la nativité du Roi d'Israël."           

"Tu te trompes, Maître ! C'est une puante caverne. Ah ! pour moi, je n'y reste pas, sûrement ! Elle me dégoûte, humide, froide puante, pleine de scorpions, de serpents, peut-être..."   

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182> "Et pourtant, amis, ici, la nuit du 25 du mois d'Encénie, naquit de la Vierge, Jésus le Christ, l'Emmanuel, le Verbe de Dieu fait chair pour l'amour de l'homme : Moi, qui vous parle. Alors, aussi, comme maintenant, le monde fut sourd aux voix du Ciel qui s'adressaient au cœur... et il a repoussé la Mère... et ici... Non Judas, ne détourne pas le regard d'un air dégoûté de ces chouettes qui volent, de ces lézards verts, de ces toiles d'araignées. Ne relève pas avec dégoût ton beau vêtement brodé pour qu'il ne se souille pas sur le sol, couvert d'excréments d'animaux. Ces chouettes sont les petites filles de celles qui furent les premiers jouets qui s'agitèrent sous les yeux du Bébé, pour lequel les anges chantaient le "Gloria" que les bergers entendirent, ivres de rien autre que d'une extatique joie ! de la vraie joie. Ces lézards, avec leur émeraude, furent les premières couleurs qui frappèrent ma pupille, les premières après la blancheur du vêtement et du visage maternel. Ces toiles d'araignées furent le baldaquin de mon berceau royal. Ce sol, oh ! tu peux le fouler sans dédain... il est couvert d'excréments, mais il est sanctifié par son pied, Elle, la Sainte, Grande Sainte, la Pure, l'Inviolée, la Mère de Dieu, Celle qui enfanta parce qu'Elle devait enfanter, qui enfanta parce que Dieu, et non pas l'homme, le lui dit et la rendit enceinte de Lui-Même. Elle, la Sans Tache, l'a foulé aux pieds. Tu peux y mettre tes pas. Et que Dieu veuille que par la plante de tes pieds te monte au cœur la pureté qui émana d'Elle..."        

Simon s'est agenouillé. Jean s'en va directement à la crèche et pleure, la tête appuyée sur elle. Judas est effrayé... puis vaincu par l'émotion, et sans plus penser à son bel habit, se jette sur le sol, prend un coin du vêtement de Jésus, l'embrasse et se bat la poitrine en disant: "Oh ! aie pitié, bon Maître, de l'aveuglement de ton serviteur ! Mon orgueil tombe... je te vois comme Tu es. Non pas le roi que je pensais, mais le Prince Éternel, le Père du siècle à venir, le Roi de la paix
[13]. Pitié, mon Seigneur et mon Dieu ! Pitié !"       

"Oui, toute ma pitié. Maintenant, nous allons dormir où dormit l'Enfant et la Vierge, là où Jean a pris la place de la Mère en adoration, là où Simon paraît mon père putatif. Ou bien, si vous préférez, je vous parlerai de cette nuit..."       

"Oh ! oui, Maître, fais-nous connaître ton épanouissement en ce monde."        

"Pour qu'il soit une perle lumineuse en nos cœurs et pour que nous puissions le redire au monde."           

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183> "Et pour vénérer ta Mère, non seulement pour avoir été ta Mère, mais pour être... oh ! pour être la Vierge !"

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C'est d'abord Judas qui a parlé, puis Simon, puis Jean avec son visage où les larmes se mêlent aux sourires, là tout près de la crèche "Venez sur le foin. Écoutez..." et Jésus raconte la nuit de sa naissance "...la Mère qui était déjà sur le point d'enfanter, vint, sur l'ordre de César Auguste, sur l'avis du délégué impérial, Publius Sulpicius Quirinus, alors qu'était gouverneur de la Palestine Sentius Saturninus. L'avis ordonnait le recensement de tous les habitants de l'Empire. Ceux qui n'étaient pas esclaves devaient se rendre à leur lieu d'origine pour s'inscrire sur les registres de l'Empire. Joseph, époux de la Mère, était de la race de David et pareillement la Mère. Obéissant donc à cet avis, ils quittèrent Nazareth pour venir à Bethléem, berceau de la race royale. Le temps était froid..." Jésus continue le récit et tout cesse ainsi.  

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Fiche mise à jour le 06/06/2018.

 



[1] Nombres 24,17.

[2] Genèse 35,19.

[3] Isaïe 11,1.

[4] Isai : Jessé. Il est effectivement appelé Ïsai (hébreu Išaï) par certaines Bibles qui s'inspirent de la Vulgate qui mentionne cet orthographe (1 Samuel 20, 27 et 1 Rois 12, 16).

[5] Isaïe 7,14.

[6] Isaïe 9,1.

[7] Nombres 24,17.

[8] Idem.

[9] Isaïe 9,1 et Isaïe 60,1-3.

[10] Jérémie 31,15.

[11] Jérémie 31,16-17.

[12] Isaïe 61,2.

[13] Isaïe 9,5.