"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 9.568 - Inizio del viaggio in Samaria partendo da Efraim alla volta di Silo.

 5.566 - Farewell to Ephraim. Going towards Shilo.


lundi 18 mars 30 (25 -Adar)
Éphraïm vers Silo


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 Jésus récite le "Notre Père" pour calmer les angoisses de Marie


- L'accueil de Jésus pour les enfants 270

- Rien n'empêche les Éphraïmites de suivre Jésus 271

- Jésus et sa Mère quittent Marie de Jacob 272

- Jean console Marie de Nazareth 273

- Discours de Marie (Dieu est bon) 273

- Jésus prie et commente le Pater Noster 274

- Judas marche seul comme allant à la mort 274

- Les apôtres sont fiers de leurs sandales 275

- Les Éphraïmites regrettent Jésus 275

- Jésus a laissé de quoi fêter "le temps nouveau" 276

- Judas aussi ignore ce qu'est "le temps nouveau" 277

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 8

 

8.29
Le voyage en Samarie avant la Pâque d'Éphraïm à Silo


270> "Permets-nous de te suivre, Maître. Nous ne te donnerons pas d'ennuis" disent suppliants beaucoup d'habitants d'Éphraïm rassemblés devant la maison de Marie de Jacob qui pleure toutes ses larmes, appuyée au chambranle de la porte grande ouverte.      

Jésus est au milieu de ses douze apôtres. Plus loin, en groupe autour de sa Mère, se trouvent Jeanne, Nique, Suzanne, Élise, Marthe et Marie, Salomé et Marie d'Alphée. 271> Tous, aussi bien les hommes que les femmes, sont en tenue de voyage, avec les vêtements ceints et un peu retroussés à la taille pour laisser les pieds plus libres, avec des sandales neuves bien attachées, non seulement à la cheville, mais aussi au bas de la jambe, avec des lanières de cuir entrelacées, comme on fait quand on doit suivre des routes plutôt malaisées. Les hommes se sont chargés aussi des sacs des femmes.          

Les gens supplient pour obtenir de Jésus la permission de le suivre alors que les petits crient, le visage redressé et les bras levés : "Un baiser ! Prends-moi dans tes bras ! Reviens, Jésus ! Reviens vite pour nous dire tant de belles paraboles ! Je te garderai les roses de mon jardin ! Je ne mangerai pas de fruits afin de les garder pour Toi ! Reviens, Jésus ! Ma brebis va avoir un petit et je veux t'offrir l'agneau, tu te feras avec sa laine un vêtement comme le mien... Si tu reviens bientôt, je te donnerai les fouaces que maman fait avec les premiers blés..." Ils piaillent comme autant d'oiseaux autour de leur grand Ami et tirent ses vêtements, se pendent à sa ceinture pour essayer de grimper dans ses bras, affectueusement tyranniques, si bien qu'ils empêchent Jésus de répondre aux adultes car il y a toujours une nouvelle petite figure à baiser.           

"Mais allez-vous-en ! Cela suffit ! Laissez le Maître tranquille ! Femmes, reprenez vos enfants !" crient les apôtres qui ont hâte de commencer la route dans ces premières heures du jour. Et ils allongent aussi quelques bonnes calottes aux enfants les plus envahissants.

"Non. Laissez-les. C'est pour Moi une douceur plus fraîche que celle de l'aurore. Laissez-les faire, et laissez-moi faire. Laissez-moi me réconforter dans cet amour, pur de calculs et de troubles" dit Jésus, en défendant ses tout petits amis sur lesquels, quand il ouvre les bras comme il le fait, tombe l'ample manteau de Jésus et il les accueille à l'abri de ses ailes bleues. Les petits se serrent dans cette tiédeur et cette pénombre d'azur, silencieux et heureux comme des poussins sous les ailes maternelles.        

Jésus peut finalement parler aux adultes : "Venez donc, si vous croyez pouvoir le faire."        

"Et qui nous en empêche, Maître ? Nous sommes dans notre région !"           

"Les grains, les vignes, les vergers exigent tout votre travail, et les brebis sont en période de tonte et d'accouplement, et celles déjà accouplées à une autre époque vont avoir des petits, et c'est le temps des foins..."            

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272> "Peu importe, Maître. Pour la tonte et la monte des brebis les vieux suffisent, les enfants et les femmes pour leur mise bas, et de même pour les foins. Les vergers et les champs peuvent attendre ! Si le grain durcit déjà dans l'épi, il faut encore du temps avant de le faucher, et désormais les vignes, les oliviers et les vergers n'ont qu'à gonfler au soleil les fruits de leurs nombreuses noces. Nous ne pouvons rien pour eux jusqu'au temps de la cueillette, c'est comme pour la mère de famille qui ne peut rien faire pour le pain tant que le levain n'a pas fait lever la pâte. Le soleil est le levain des fruits. C'est lui qui agit maintenant, comme auparavant le vent a agi pour le mariage des fleurs le long des branches. Et puis !... S'il se perdait quelque grappillon ou quelque fruit, ou si les liserons et l'ivraie étouffaient quelque épi, ce serait toujours une petite perte en comparaison de celle de ta parole !" dit un vieillard que j'ai toujours vu très honoré dans le village.          

"Tu as bien parlé. Alors, partons.
Marie de Jacob, je te remercie et te bénis, car tu as été pour Moi une bonne mère. Ne pleure pas ! On ne doit pas pleurer quand on a fait des œuvres bonnes."       

"Ah ! je te perds et je ne te verrai plus !"         

"Nous nous verrons certainement encore."     

"Tu reviens ici, Seigneur ?" demande la femme avec un sourire au milieu de ses larmes. "Quand ?"      

"Ici je n'y reviendrai pas, comme maintenant... "
[1]      

"Et alors, où nous verrons-nous donc, si moi, pauvre vieille, je ne puis venir par les chemins du monde pour te chercher ?"            

"Au Ciel, Marie. Dans la Maison de notre Père, où il y a de la place pour les juifs comme pour les samaritains, où il y a une place pour ceux qui m'aimeront en esprit et en vérité. Tu le fais déjà puisque tu me crois le Fils du vrai Dieu..."          

"Oh ! si je le crois ! Mais pour nous il n'y a pas d'espoir, car Toi seul, tu nous aimes sans différence."   

"Quand je m'en serai allé, eux (il montre les apôtres) viendront à ma place. Et en souvenir de Moi, ils ne demanderont pas quel est celui qui demande à entrer dans le troupeau du véritable et unique Pasteur."    

"Je suis vieille, Seigneur. Je ne vivrai pas assez pour voir cela. Tu es jeune et fort, et pendant longtemps elle t'aura ta Mère, et ils te posséderont ceux qui t'aiment et qui sont de ton peuple... Pourquoi pleures-tu, ô
Mère du Béni ?" demande-t-elle, étonnée de voir tomber des larmes des yeux de la Vierge Mère.    

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273> "Je n'ai rien que ma douleur... Adieu, Marie. Que Dieu te bénisse à cause de tout ce que tu as fait pour mon Fils. Et souviens-toi que si ta douleur est grande, il n'y a pas de douleur plus grande que la mienne, et il n'y en aura pas sur la Terre. Jamais ! Souviens-toi de la douloureuse Marie de Nazareth... Adieu !" Et Marie s'en détache en pleurant après avoir embrassé la petite vieille à l'entrée de la maison pour se mettre en route parmi les femmes et avec Jean à son côté.           

Jean qui lui dit, un peu courbé selon son habitude et le visage levé pour regarder Celle à laquelle il parle : "Ne pleure pas ainsi, Marie. Si beaucoup le haïssent, beaucoup l'aiment ton Jésus. Soulage ton esprit, ô Mère, en regardant ceux qui maintenant et au cours des siècles aimeront ton Fils avec tout eux-mêmes" et il termine doucement, presque en murmurant pour Marie seule, qu'il guide et soutient en la tenant près du coude, pour qu'elle ne bute pas dans les pierres du petit chemin, aveuglée comme elle l'est par les larmes : "Ce ne seront pas toutes les mères qui pourront voir leur enfant aimé... Il s'en trouvera certaines qui crieront angoissées : "Pourquoi l'ai-je conçu ?"     

Jésus les rejoint, car Marie et Jean sont restés seuls, un peu en arrière des femmes disciples.
Jacques d'Alphée est avec Jésus. Les autres sont en arrière, en groupe, pensifs et tristes comme le sont les femmes qui sont tout en avant. En dernier, en tas, beaucoup d'hommes d'Éphraïm qui bavardent entre eux.    

"Les adieux sont toujours tristes, Maman. Surtout quand on ne sait pas que quelque chose qui finit est le commencement d'une chose plus parfaite. C'est la triste conséquence du péché, et cela restera même au-delà du pardon. Mais les hommes la supporteront avec plus de courage car ils auront Dieu pour ami."

"Tu as raison, Jésus. Mais il y a une douleur que Dieu laisse goûter tout en étant l'Ami le plus paternel qui puisse exister. Pour moi, Il est tel. Oh ! Dieu est bon ! Tellement bon. Je ne voudrais pas que
Jacques et Jean ni aucun autre fussent scandalisés par mes pleurs. Dieu est bon, Il a toujours été bon avec la pauvre Marie. Je me le suis dit chaque jour depuis que je sais penser. Et maintenant... maintenant je le dis à chaque heure, à chaque instant. Je le dis toujours plus à mesure que la douleur m'accable... Dieu est bon. Il t'a donné à moi : Fils affectueux et saint et capable, même seulement comme enfant, de compenser toute douleur de femme... Il t'a donné à moi, pauvre jeune fille élevée au rang de Mère de son Verbe incarné... Et cette joie de pouvoir t'appeler "Fils", ô mon Seigneur adoré, est si grande que les larmes ne devraient pas tomber de mes cils pour n'importe quel martyre, si j'étais parfaite comme tu l'enseignes. Mais je suis une pauvre femme, mon Fils ! 274> Et tu es mon Enfant... Et... quelle est la mère qui puisse ne pas pleurer quand elle sait que son enfant est haï, et elle le sait ?... Mon Fils, secours ta servante... Certainement il y avait encore en moi de l'orgueil quand je pensais être forte... Mais alors... le temps était encore éloigné... Maintenant il est ici... Je le sens... Secours-moi, Jésus, mon Dieu ! Certainement si Dieu me laisse souffrir ainsi, il y a un but de bonté pour moi. Car s'il le voulait, Il pourrait me faire souffrir seulement de ce qui arrive... Lui t'a pourtant formé ainsi dans mon sein !... Comme... Il n'est pas de comparaison pour dire comment tu as été fait... Mais Il veut que je souffre... et qu'il en soit béni... toujours. Mais Toi, Jésus, aide-moi. Aidez-moi tous... tous... car c'est une mer tellement amère, celle où je me désaltère..."      

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 "Disons la prière, nous quatre. Nous qui t'aimons de tout notre cœur, Maman. Ici, ton Fils, et Jean et Jacques qui t'aiment comme si tu étais leur mère... "
Notre Père qui es aux Cieux..." et Jésus, conduisant le petit chœur des trois voix qui le suivent en sourdine, dit toute entière l'oraison dominicale en appuyant beaucoup sur certaines phrases telles quel "que ta volonté soit faite"... "ne nous induis pas en tentation." Puis il dit : "Voilà, le Père nous aidera pour faire sa volonté, même si elle est telle que notre faiblesse d'humains pense ne pouvoir l'accomplir, et Il ne nous induira pas dans la tentation de penser qu'il est moins bon, car pendant que nous boirons le calice très amer, Il nous donnera son ange pour essuyer par un réconfort céleste nos lèvres abreuvées d'amertume." Jésus tient par la main sa Mère qui a lutté courageusement avec ses larmes pour les refouler au fond de son cœur. À leurs côtés, près de Marie : Jean; près de Jésus : Jacques d'Alphée; les deux apôtres les regardent émus.       

Les femmes disciples se sont retournées parfois en entendant Marie pleurer et les quatre qui priaient, mais elles se sont abstenues de les rejoindre. En arrière, les apôtres se sont demandés : "Mais pourquoi pleure-t-elle ainsi Marie ?" J'ai dit les apôtres, mais je veux dire tous sauf
Judas de Kériot qui avance un peu isolé et très préoccupé, presque sombre, si bien que Thomas le remarque et dit aux autres : "Mais qu'a Judas pour être ainsi ? On dirait quelqu'un qui va à la mort !"   

"Il a peut-être peur de retourner en Judée" lui répond
Matthieu.           

"Moi... Que t'a dit le Maître pour l'argent ?" demande le
Zélote.          

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275> "Rien de spécial. Il m'a dit : "Maintenant nous revenons à la première situation. Judas le trésorier et vous distributeurs des aumônes. Pour les dépenses, les disciples veulent y subvenir". Cela ne m'a pas semblé vrai ! J'en ai tant manié de l'argent que je l'ai pris en haine."          

"Et elles s'occupent bien de nous les femmes disciples. Ces sandales si bien faites. On ne dirait même pas que l'on marche en montagne. Qui sait combien elles coûtent !" dit
Pierre en regardant son pied chaussé de ces sandales neuves qui protègent le talon et la pointe des pieds et soutiennent la cheville avec les fines lanières de cuir. [2]         

"C'est
Marthe qui y a pensé. On voit sa main riche et prévoyante. Les autres fois on les liait aussi de cette façon, mais ces ficelles étaient un supplice. On ne perdait pas la semelle, mais on perdait la peau de la jambe..." dit André.   

"Et on se blessait les doigts et les talons... Voilà pourquoi celui qui nous suit les portait toujours ainsi !" dit Pierre en montrant Judas de Kériot.          

La route monte, monte vers la cime du mont. Quand on regarde en arrière on voit Éphraïm toute blanche dans le soleil, et elle paraît déjà en contrebas par rapport à ceux qui avancent...          

Puis les apôtres se fondent avec les femmes disciples pour les aider à franchir le sentier très rapide à cet endroit, et même
Barthélemy, resté en arrière, dit à ceux d'Éphraïm : "Vous nous avez montré un sentier malaisé, amis."           

"Oui. Mais une fois passé ce bois, il y a une route commode qui en peu de temps mène à
Silo. Vous pourrez alors vous y reposer plusieurs heures au lieu d'arriver à la nuit par un autre chemin" répond quelqu'un.     

"Tu as raison. Plus le chemin est fatigant et plus vite il mène au but."

"Ton Maître le sait, aussi il ne s'épargne pas. Ah ! nous ne pourrons oublier !... Surtout qu'il nous a comblés de bienfaits en ces derniers jours, après avoir entendu certains de notre région qui l'ont insulté si injustement. Lui seul est bon et aussi il comble de bienfaits même ceux qui le haïssent."

"Vous ne l'avez pas haï."       

"Nous, non. Mais il y en a tant d'autres aussi que nous ne haïssons pas et pourtant nous sommes haïs sans raison."    

"Agissez vous aussi comme Lui agit, sans peur, et vous verrez que..."           

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276> "Et vous, pourquoi ne le faites-vous pas, alors ? C'est la même chose. Nous d'ici, vous de là, au milieu une montagne : celle élevée par une commune erreur. En haut, notre commun Dieu. Mais pourquoi alors ni vous, ni nous, ne montons-nous pas la pente pour nous trouver là-haut, aux pieds de Dieu, et proches les uns des autres ?"   

Barthélemy comprend le reproche qui est juste, car lui, dans sa vertu indéniable, a la hantise bien forte d'être Israélite et il est inexorable pour tout ce qui n'est pas Israël. Il détourne la conversation sans répondre directement. Il dit : "Pas besoin de monter. Dieu est descendu parmi nous. Il suffit de le suivre."       

"Le suivre, oui. Nous voudrions bien, mais si nous entrions en Judée avec Lui, ne Lui ferions-nous pas du mal sans doute ? Tu le sais toi aussi de quoi on l'accuse et de quoi on nous accuse : d'être des samaritains, ce qui revient à dire : des démons."  

Barthélemy soupire et puis il les laisse en plan en disant : "On me fait signe d'aller..." et il allonge le pas.           

Ceux d'Éphraïm le regardent aller et l'un d'eux murmure : "Ah ! Il n'est pas comme Lui ! Ce que nous perdons en le perdant !" et il fait un geste de découragement.   

"Tu sais,
Élie, que Lui hier soir a porté une grosse somme au chef de la synagogue pour qu'il la passe à Marie de Jacob pour qu'elle ne souffre plus de la faim ?"  

"Moi, non. Et pourquoi ne l'a-t-il pas donnée à elle ?"

"Pour que la petite vieille ne le remercie pas. Elle ne le sait pas encore. Moi, je le sais parce qu'il me l'a dit pour demander conseil s'il ne serait pas bien de lui acheter la propriété de
Jean que son frère veut vendre, ou de lui donner l'argent peu à peu. J'ai conseillé d'acheter la propriété. Elle lui donnera du grain, de l'huile et du vin suffisamment pour vivre sans avoir faim. Tandis que l'argent... Ce..."       

"Mais alors, c'est vraiment une grosse somme ?!" dit un troisième.     

"Oui. Le chef de notre synagogue a eu beaucoup, même pour les autres pauvres de la ville et des campagnes. Pour que "eux aussi puissent faire fête à la Pâque des Azymes, pour saluer le temps nouveau" a dit le Maître."     

"Il a dû dire : "l'an nouveau"."

"Non. Il a dit : "le temps nouveau". Si bien que le chef de la synagogue ne se servira pas de cet argent avant la Fête des Azymes."           

"Oh ! qu'aura-t-il voulu dire ?" demandent plusieurs.   

"Que voudra-t-il dire ? Je ne sais pas. Personne ne le sait, pas même Jean, son aimé, ni Simon de Jonas qui est le chef des disciples. Je le leur ai demandé, et le premier a blêmi, le second est resté absorbé comme quelqu'un qui cherche à deviner."   

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277> "Et Judas de Kériot ? C'est quelqu'un d'important parmi eux, peut-être plus que les deux autres. Lui sait tout, dit-il, il saura cela aussi. Allons l'interroger. Il lui plaît de dire ce qu'il sait."          

Ils se mettent à rejoindre Judas qui est encore isolé comme au début, seul désormais sur le sentier, car les autres ont pris un détour et il semble qu'ils aient été engloutis dans la verdure épaisse de la pente.  

"Judas, écoute-nous. Le Maître dit qu'il veut une grande fête pour la Pâque des Azymes, pour saluer le temps nouveau. Que voudra-t-il dire ?"         

"Moi, je ne sais pas. Suis-je peut-être dans la pensée du Maître, moi ? Demandez-le à Lui qui vous aime tant" et il hâte le pas, les laissant déçus.   

"Lui aussi n'est pas le Maître. Il n'y a personne qui ait sa pitié..." disent-ils en secouant la tête.          

"Eh bien, est-ce que nous suivons eux ? C'est Lui que nous suivons ! Et nous faisons bien de faire ainsi. Allons. Qui sait si de ses lèvres, avant qu'il aille en Judée, on ne pourra pas savoir ce que cela veut dire."

Et ils hâtent le pas pour rejoindre les autres, qui se sont assis pour se reposer sous un bois de rouvres centenaires, et ont sous leurs yeux un des plus beaux panoramas de la Palestine.          

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[1] Jésus ressuscité apparaîtra à Marie de Jacob, comme à plusieurs disciples

[2] Peut-être des caligae, sandales romaines ou d'inspiration romaine.