"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 9.569 - À Silo la parabola dei cattivi consiglieri.

 5.567 - At Shiloh. First Parable on Advice.


lundi 18 mars 30 (25 -Adar)
Silo


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 La parabole des mal conseillés

 Péché de haine et péché de sottise

 Le bon usage du libre-arbitre et le secours de Dieu

 Les conseils ont deux valeurs : leur source et le cœur qui les reçoit


- Discours (Le fils du roi et les conseillers d'une faction rivale 277

- La haine des uns et la sottise des autres 278

- La liberté humaine 279

- Discerner le bon conseil du mauvais) 280

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 8

 

8.30
À Silo. Les mal conseillés


277> Jésus parle au milieu d'une place couverte d'arbres. Le soleil, qui commence à peine son coucher, l'illumine d'une lumière jaune verte qui filtre à travers les feuilles nouvelles des platanes géants. On dirait que sur la vaste place soit étendu un voile fin et précieux qui filtre, sans l'arrêter, la lumière solaire.        

Jésus dit :  "Écoutez. Autrefois un grand roi envoya dans une partie de son royaume, dont il voulait éprouver la justice, son fils bien-aimé en lui disant : "Va, parcours tous les endroits, fais du bien en mon nom, renseigne-les sur moi, fais-moi connaître et fais-moi aimer. Je te donne tout pouvoir et tout ce que tu feras sera bien fait".     

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278> Le fils du roi, après avoir reçu la bénédiction paternelle, se rendit où le Père l'avait envoyé et avec quelques-uns de ses écuyers et amis, il se mit à parcourir inlassablement cette partie du royaume de son père. Or cette région, par une suite d'événements malheureux, s'était moralement divisée en parties opposées l'une à l'autre. Chacune pour son propre compte poussait de grands cris et envoyait au roi des suppliques pressantes pour dire chacune qu'elle était la meilleure, la plus fidèle, et que les voisines étaient perfides et méritaient un châtiment. Aussi le fils du roi se trouva en face de citadins, dont les humeurs variaient selon la ville à laquelle ils appartenaient, et qui se ressemblaient en deux choses : la première c'était pour chacun de se croire meilleur que les autres, et la seconde de vouloir ruiner la ville voisine et ennemie, en la faisant tomber dans l'estime du roi. Juste et sage comme il l'était, le fils du roi tenta alors d'instruire, avec beaucoup de miséricorde, à la justice, chaque partie de cette région pour la rendre amie et chérie par son père. Et, comme il était bon, il y parvenait bien que lentement car, comme il arrive toujours, seuls suivaient ses conseils ceux de chacune des diverses parties de la région qui avaient le cœur droit. Au contraire, il est juste de le dire, c'était là où avec mépris on disait qu'il y avait moins de sagesse et de bonne volonté qu'il trouvait plus de désir de l'écouter et de devenir sage dans la vérité. Alors ceux des provinces voisines dirent : "Si nous n'essayons pas d'obtenir les faveurs du roi, elles iront toutes à ceux que nous méprisons. Allons troubler ceux que nous haïssons et allons-y en faisant semblant d'être convertis nous aussi et disposés à déposer les haines pour faire honneur au fils du roi".  

Et ils y allèrent. Ils se répandirent en qualité d'amis dans les villes de la province rivale, conseillant, avec une fausse bonté, les choses qu'il fallait faire pour honorer toujours plus et toujours mieux le fils du roi, et par conséquent le roi son père. Car l'honneur rendu au fils envoyé par le père est toujours aussi un honneur rendu à celui qui l'a envoyé. Mais ces gens n'honoraient pas le fils du roi, au contraire ils le haïssaient fortement au point de vouloir le rendre odieux aux sujets et au roi lui-même. Ils furent tellement rusés dans leur fausse bonhomie, ils surent si bien présenter leurs conseils comme excellents, que beaucoup de la région voisine accueillirent comme bon ce qui était mauvais, et quittèrent la voie juste qu'ils suivaient pour en prendre une qui était injuste, et le fils du roi constata que chez beaucoup sa mission échouait.

Maintenant vous, dites-moi : qui fut le plus grand pécheur aux yeux de Dieu ? Quel est le péché des conseillers et celui de ceux qui acceptèrent leurs conseils ? Et je vous demande encore : avec qui ce bon roi aura été le plus sévère ? … Vous ne savez pas me répondre ? Je vais vous le dire.

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279>  Le plus grand pécheur, aux yeux du roi, fut celui qui poussa au mal son propre prochain, par haine pour lui qu'il voulait rejeter dans les ténèbres d'une ignorance encore plus profonde, par haine envers le fils du roi qu'il voulait arracher à sa mission en le faisant paraître incapable aux yeux du roi et des sujets, par haine envers le roi lui-même car, si l'amour donné au fils est de l'amour donné au père, pareillement la haine donnée au fils est de la haine donnée au père.  

Donc le
péché de ceux qui donnaient de mauvais conseils, avec pleine intelligence de conseiller le mal, était un péché de haine en plus que de mensonge, de haine préméditée, et le péché de ceux qui acceptèrent le conseil en le croyant bon, était uniquement un péché de sottise. Mais vous savez bien qu'est responsable de ses actions celui qui est intelligent, alors que celui qui, à cause de la maladie ou d'autre chose, est sot, n'est pas responsable personnellement, mais ce sont ses parents qui sont responsables pour lui. C'est pour cela qu'un enfant, qui n'est pas arrivé à sa majorité, est tenu pour irresponsable, et c'est le père qui répond des actions du fils. Pour cette raison le roi, qui était bon, fut sévère avec les mauvais conseillers intelligents, et bienveillant envers ceux qu'ils avaient trompés, auxquels il adressa seulement un reproche, celui d'avoir cru à tel ou tel sujet avant d'interroger directement le fils du roi et de savoir de lui les choses qu'il fallait vraiment faire. Car c'est seulement le fils du père qui connaît réellement la volonté de son père.         

Telle est la parabole, ô peuple de Silo. De Silo à qui plusieurs fois au cours des siècles furent donnés par Dieu, par les hommes ou par Satan, des conseils de différentes natures. Les uns fleurirent en bien quand on les suivit comme de bons conseils, ou quand on les repoussa après les avoir reconnus comme de mauvais conseils. Les autres fleurirent en mal quand ils ne furent pas accueillis quand ils étaient saints ou accueillis quand ils étaient mauvais
[1].   

En effet l'homme a cette magnifique liberté de volonté, et il peut vouloir librement le bien ou le mal, et il a l'autre magnifique don de l'intelligence capable de discerner le bien et le mal, et donc ce n'est pas tant le conseil lui-même que la manière dont on l'accueille qui peut donner la récompense ou le châtiment. Si personne ne peut empêcher les mauvais de tenter leur prochain pour le ruiner, rien ne peut interdire aux bons de repousser la tentation et de rester fidèles au bien.        

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280>  Le même conseil peut nuire à dix et servir à dix autres. Car si celui qui le suit se nuit, celui qui ne le suit pas est utile à son âme. Que personne donc ne dise : "Ils nous ont dit de faire". Mais que chacun dise sincèrement : "J'ai voulu faire". Vous aurez alors au moins le pardon que l'on donne à ceux qui sont sincères. Et si vous n'êtes pas fixés sur la bonté du conseil que vous recevez, méditez avant de l'accepter et de le mettre en pratique. Méditez en invoquant le Très-Haut qui ne refuse jamais ses lumières aux esprits de bonne volonté. Et si votre conscience, éclairée par Dieu, voit ne serait-ce qu'un seul point, petit, imperceptible, mais tel qu'il ne peut exister dans une œuvre de justice, dites alors : "Je ne ferai pas cela, car c'est une justice impure".            

Oh ! en vérité je vous dis que celui qui fera bon usage de son intelligence et de son
libre arbitre et qui invoquera le Seigneur pour voir la vérité des choses, ne sera pas ruiné par la tentation, car le Père des Cieux l'aidera à faire le bien en dépit de toutes les embûches du monde et de Satan.  

Rappelez-vous Anne d'Elcana et rappelez-vous les fils d'Éli. L'ange lumineux de la première avait conseillé à Anne de faire vœu au Seigneur s'il la rendait féconde
[2]. Le prêtre Éli conseilla à ses fils de rentrer dans la justice et de ne pas continuer de pécher contre le Seigneur [3]. Et pourtant, bien que pour la lourdeur de l'homme, il soit plus facile de comprendre la voix d'un autre homme, plutôt que le langage spirituel et insensible (aux sens physiques) de l'ange du Seigneur parlant à l'esprit, Anne d'Elcana accueillit le conseil parce qu'elle était bonne et se tenait droite en présence du Seigneur, et elle enfanta un prophète, alors que les fils d'Éli, parce qu'ils étaient mauvais et éloignés de Dieu, n'accueillirent pas le conseil de leur père et, punis par Dieu, moururent de mort violente.   

 Les
conseils ont deux valeurs : celle de la source dont ils proviennent, et elle est déjà grande car elle peut avoir des conséquences incalculables, et celle du cœur auquel ils sont donnés. La valeur que leur donne le cœur auquel ils sont proposés est une valeur non seulement incalculable, mais immuable. Car si le cœur est bon et suit le bon conseil, il donne au conseil une valeur d'œuvre juste, et s'il ne le fait pas, il enlève la seconde partie de la valeur à celui-ci qui reste un conseil mais pas une œuvre, c'est-à-dire un mérite seulement pour celui qui le donne. Et si le conseil est mauvais et n'est pas accueilli par un cœur bon, tenté en vain avec des flatteries et des terreurs pour le mettre en pratique, il acquiert une valeur de victoire sur le Mal et de martyre par fidélité au Bien, et prépare ainsi un grand trésor dans le Royaume des Cieux.   

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281> Quand par conséquent votre cœur est tenté par d'autres, méditez, en vous mettant sous la lumière de Dieu si ce peut être une parole bonne et si, avec l'aide de Dieu qui permet les tentations mais ne veut pas votre ruine, vous voyez que ce n'est pas une chose bonne, sachez vous dire à vous-mêmes et à celui qui vous tente : "Non. Je reste fidèle à mon Seigneur et que cette fidélité m'absolve de mes péchés passés et me réadmette non pas au dehors, près des portes du Royaume, mais à l'intérieur de ses frontières, parce que c'est aussi pour moi que le Très-Haut a envoyé son Fils pour me conduire au salut éternel".

Allez. Si quelqu'un a besoin de Moi, vous savez où je suis au repos pour la nuit. Que le Seigneur vous éclaire."         

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[1] Silo fut l'un des grands sanctuaires après la conquête de Canaan jusqu'à la période des Juges. Il abritait l'Arche d'alliance. Cependant les hébreux furent mal inspirés de la faire venir sur un champ de bataille : elle fut prise par les philistins et Silo probablement ravagé (1Samuel 4,3-12).

[2] 1Samuel 1,11

[3] 1Samuel 2,23-25