"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 8.547 - Gesù decide di andare a Betania.

 5.545 - Jesus Decides to Go to Lazarus.

 Concordance avec l'Évangile : Jean 11,6-16


Dimanche 27 janvier 30 (4 Adar)
Gué du Jourdain


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 Un souper ordinaire

 Et pourtant, il faut partir chez Lazare

 L'heure redoutable du châtiment se renouvellera par la volonté de l'homme

 Le miracle ne peut être accordé où il n'y a pas la foi

 Celui qui me suis ne doit pas connaître l'angoisse de la vie


- Les apôtres renvoient les gens chez eux 47

- Pierre trouve Jésus trop généreux 48

- Jésus préside le repas 49

- Une colère de Pierre contre un berger mesquin 50

- Jésus ne doit pas retourner chez Lazare 51

- Discours (L'heure de Satan) 51

- Discours (Apprendre à défier le monde) 52

-  Discours (Une promesse à remplir 53

- Deux sœurs à consoler 53

- Recommandations diverses) 54

- La grandeur du miracle à venir 54

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 8

 

8.7
'Allons trouver notre ami Lazare qui dort
'


47> La lumière, ce n'est déjà plus de la lumière dans le petit jardin de la maison de Salomon. Les arbres, les contours des maisons au-delà de la route, et surtout le bout de la route elle-même, là où le petit chemin disparaît dans les bois qui bordent le fleuve, perdent de plus en plus la netteté de leurs contours pour s'unir dans une seule ligne d'ombres plus ou moins claires, plus ou moins sombres, dans l'ombre qui s'épaissit de plus en plus. Plutôt que des couleurs les choses répandues sur la terre sont désormais des sons. Voix d'enfants dans les maisons, appels des mères, cris des hommes pour faire rentrer les brebis ou l'âne, quelques derniers grincements de poulies aux puits, bruissement des feuilles dans le vent du soir, bruits secs comme de petites branches qui se heurtent entre elles, des broussins répandus dans les bosquets. 48> Là-haut la première palpitation des étoiles, encore indécise parce qu'il reste un semblant de lumière et que les premiers rayons phosphorescents de la lune commencent à se répandre dans le ciel.

"Le reste, vous le direz demain. Pour l'instant cela suffit. Il fait nuit. Et que chacun aille à la maison. La paix à vous. La paix à vous. Oui... Oui... Demain. Eh ? Que dis-tu ? Tu as un scrupule ? La nuit porte conseil, et puis s'il ne passe pas, tu viendras. Il ne manquerait plus que cela ! Les scrupules aussi pour le fatiguer davantage ! Et ceux qui ne rêvent que de profit ! Et les belles-mères qui veulent rendre sages les épouses, et les épouses qui veulent rendre les belles-mères moins acariâtres, et des unes et des autres, toutes les deux mériteraient d'avoir la langue coupée. Et à part cela ? Toi ? Que dis-tu ? Oh ! oui, ce pauvre petit ! Jean, conduis-le au Maître. Il a sa mère malade et elle l'envoie dire à Jésus qu'il prie pour elle. Pauvre petit ! Il est resté en arrière à cause de sa petite taille, et il vient de loin. Comment va-t-il faire pour retourner à la maison ? Hé ! vous tous ! Au lieu de rester ici pour jouir de Lui, ne pourriez-vous pas mettre en pratique ce que le Maître vous a dit : de vous aider mutuellement et que les plus forts aident les plus faibles ? Allons ! Qui accompagne l'enfant à la maison ? Il pourrait, que Dieu ne le veuille pas, trouver morte sa mère... Qu'au moins il la voie. Vous avez des ânes... Il fait nuit ? Et quoi de plus beau que la nuit ? Moi, j'ai travaillé pendant des lustres à la lueur des étoiles, et je suis sain et robuste. Tu le conduis à la maison ? Dieu te bénisse, Ruben. Voici l'enfant. Le Maître t'a-t-il consolé ? Oui. Alors va et sois heureux. Mais il faudra lui donner à manger. C'est peut-être depuis ce matin qu'il ne mange pas."

"Le Maître lui a donné du lait chaud, du pain et des fruits. Il les a dans sa tunicelle" dit Jean.

"Alors, va avec cet homme. Il va te conduire à la maison avec l'âne."

Finalement les gens sont tous partis, et Pierre peut se reposer avec Jacques, Jude, l'autre Jacques et Thomas, qui l'ont aidé à renvoyer chez eux les plus obstinés.

"Fermons. Pourvu qu'il n'y ait pas quelqu'un qui regrette et revienne sur ses pas, comme ces deux-là. Ouf ! Mais le lendemain du sabbat est bien fatigant !" dit encore Pierre en entrant dans la cuisine et en fermant la porte. "Oh ! maintenant, nous allons être tranquilles." Il regarde Jésus qui est assis près de la table, sur laquelle il appuie son coude et de sa main il soutient sa tête, pensif, absorbé. 49> Il va près de Lui, Lui met la main sur l'épaule et Lui dit : "Tu es fatigué, hein ! Tant de gens ! Ils viennent de tous les endroits malgré la saison."

"Ils semblent avoir peur de nous perdre bientôt" remarque André qui est en train d'éventrer des poissons. Les autres aussi s'emploient à faire du feu et à le préparer pour griller les poissons, ou à remuer des chicorées dans un chaudron qui bout. Leurs ombres se projettent sur les murs sombres, éclairés plutôt par le feu que par la lampe.

Pierre cherche une tasse pour donner du lait à Jésus qui semble très fatigué. Mais il ne trouve pas le lait et en demande aux autres la raison.

"C'est l'enfant qui a bu le dernier lait que nous avions. Le reste a été donné à ce vieux mendiant et à la femme du mari infirme" explique Barthélemy.

"Et le Maître est resté sans rien ! Vous ne deviez pas tout donner."

"C'est Lui qui l'a voulu..."

"Oh ! Lui veut toujours ainsi, mais on ne doit pas le laisser faire. Lui donne ses vêtements, Lui donne son lait, il se donne Lui-même et se consume..." Pierre est mécontent.

"Du calme, Pierre ! Il vaut mieux donner que recevoir" dit Jésus tranquillement en sortant de son abstraction.

 "Oui ! Et tu donnes, tu donnes et tu te consumes. Et plus tu te fais voir disposé à toutes les générosités et plus les hommes en profitent." Et, tout en parlant, avec des feuilles rêches qui dégagent une odeur mélangée d'amandes amères et de chrysanthèmes, il frotte la table, la rend bien nette pour y déposer le pain, l'eau, et il met une coupe devant Jésus.

Jésus se verse tout de suite à boire comme s'il avait grand soif. Pierre met une autre coupe de l'autre côté de la table près d'un plat qui contient des olives et des tiges de fenouil sauvage. Il ajoute le plateau de chicorées que Philippe a déjà assaisonnées et, avec ses compagnons, il apporte des tabourets très primitifs pour les ajouter aux quatre sièges qui sont dans la cuisine, qui ne suffisent pas pour treize personnes. André, qui a surveillé la cuisson du poisson grillé sur la braise, met le poisson sur un autre plat et va vers la table avec d'autres pains. Jean enlève la lampe de l'endroit où elle était et la place au milieu de la table.

50> Jésus se lève alors que tous s'approchent de la table pour le souper et il prie à haute voix pour offrir le pain et puis il bénit la table. Il s'assoit, imité par les autres, et distribue le pain et les poissons, ou plutôt il dépose les poissons sur les tranches épaisses et larges de pain, en partie frais, en partie rassis, que chacun a placé devant soi. Puis les apôtres se servent de la chicorée avec la grande fourchette de bois qui sert à la piquer. Même pour les légumes, le pain sert de plat. Seul Jésus a devant Lui un plat de métal, large et en assez mauvais état, et il s'en sert pour partager le poisson, en donnant tantôt à l'un tantôt à l'autre un excellent morceau. On dirait un père parmi ses enfants, toujours père même si Nathanaël, Simon le Zélote et Philippe semblent un père pour Lui, tandis que Matthieu et Pierre peuvent paraître ses frères aînés.

Ils mangent et parlent des événements du jour. Jean rit de bon cœur à cause de l'indignation de Pierre pour ce berger des monts de Galaad, qui prétendait que Jésus aille là-haut où était son troupeau pour le bénir et lui faire gagner beaucoup d'argent pour faire une dot à sa fille.

"Il n'y a pas de quoi rire. Tant qu'il a dit : "J'ai des brebis malades et si elles meurent, je suis ruiné" j'ai eu pitié de lui. C'est comme si pour nous pêcheurs, la barque devenait vermoulue. On ne peut pêcher ni manger, et tout le monde a le droit de manger. Mais quand il a dit :"Et je les veux saines car je veux devenir riche et étonner le village avec la dot que je ferai à Esther et la maison que je me construirai", alors je suis devenu mauvais. Je lui ai dit :"Et c'est pour cela que tu as fait une si longue route ? Tu ne penses qu'à la dot et à la richesse et à tes brebis ? Tu n'as pas une âme ?" Il m'a répondu :"Pour elle, j'ai le temps. Pour l'instant je me préoccupe davantage des brebis et des noces car c'est un bon parti pour Esther, et elle commence à vieillir". Alors, voilà, si ce n'était que je me rappelais que Jésus dit que l'on doit être miséricordieux avec tout le monde, il était frais ! Je lui ai parlé vraiment entre tramontane et sirocco..."

"Et il semblait que tu n'allais plus en finir. Tu ne prenais pas le temps de souffler. Les veines de ton cou s'étaient gonflées et tendues comme deux baguettes" dit Jacques de Zébédée.

"Le berger était parti depuis un bon moment et toi, tu continuais de prêcher. Heureusement que tu dis que tu ne sais pas parler aux gens !" ajoute Thomas, et il l'embrasse en disant; "Pauvre Simon ! Quelle grosse colère tu as prise !"

"Mais n'avais-je pas raison, peut-être ? Qu'est-il le Maître ? Le faiseur de fortunes de tous les sots d'Israël ? Le paranymphe des mariages d'autrui, peut-être ?"

"Ne te fâche pas, Simon. Le poisson va te faire mal si tu le manges avec ce poison" plaisante Matthieu, débonnaire.

51> "Tu as raison. Je sens en tout la saveur qu'ont les banquets dans les maisons des pharisiens quand je mange mon pain avec crainte et la viande avec colère."

Tout le monde rit. Jésus sourit et se tait.

Ils sont à la fin du repas. Repus de nourriture et contents de la chaleur, ils restent un peu somnolents autour de la table. Ils parlent moins aussi, quelques-uns sommeillent. Thomas s'amuse à dessiner avec son couteau une branche fleurie sur le bois de la table.

 Ils sont réveillés par la voix de Jésus qui desserrant les bras qu'il tenait croisés sur le bord de la table et présentant les mains comme fait le prêtre quand il dit : "Dominus vobiscum", dit : "Et pourtant, il faut partir !"

"Où, Maître ? Chez l'homme aux brebis ?" demande Pierre.

"Non, Simon, Chez Lazare. Nous retournons en Judée."

"Maître, rappelle-toi que les juifs te haïssent !" s'écrie Pierre.

"Ils voulaient te lapider, il n'y a pas si longtemps" dit Jacques d'Alphée.

"Mais, Maître, c'est une imprudence !" s'écrie Matthieu.

"Tu ne te soucies pas de nous ?" demande l’Iscariote.

"Oh ! mon Maître et frère, je t'en conjure au nom de ta Mère, et au nom aussi de la Divinité qui est en Toi : ne permets pas que les satans mettent la main sur ta personne pour étouffer ta parole. Tu es seul, trop seul, contre tout un monde qui te hait et qui sur la Terre est puissant" dit le Thaddée.

"Maître, protège ta vie ! Qu'adviendrait-il de nous, de tous, si nous ne t'avions plus ?" Jean, bouleversé, le regarde avec les yeux dilatés d'un enfant effrayé et affligé.

Pierre, après sa première exclamation, s'est tourné pour parler avec animation avec les plus âgés et avec Thomas et Jacques de Zébédée. Ils sont tous de l'avis que Jésus ne doit pas retourner près de Jérusalem, au moins tant que le temps pascal ne rend pas plus sûr son séjour là-bas car, disent-ils, la présence d'un très grand nombre de fidèles du Maître, venus pour les fêtes pascales de tous les points de la Palestine, sera une défense pour le Maître. Personne de ceux qui le haïssent n'osera le toucher quand tout un peuple sera serré affectueusement autour de Lui... Et ils le Lui disent, avec angoisse, le Lui imposant presque... L'amour les fait parler.

52> "Paix ! Paix ! La journée n'est-elle pas peut-être de douze heures ? Si quelqu'un marche de jour, il ne trébuche pas car il voit la lumière de ce monde; mais s'il marche de nuit, il trébuche, car il n'y voit pas. Je sais ce que je me fais car j'ai la Lumière en Moi. Vous, laissez-vous guider par celui qui voit. Et puis sachez que tant que ce n'est pas l'heure des ténèbres, rien de ténébreux ne pourra arriver. Quand ensuite ce sera cette heure, aucun éloignement ni aucune force, même pas les armées de César, ne pourront me sauver des juifs. Car ce qui est écrit doit arriver et les forces du mal travaillent déjà en secret pour accomplir leur œuvre. Laissez-moi donc faire, et faire du bien tant que je suis libre de le faire. L'heure viendra où je ne pourrai remuer un doigt ni dire une parole pour opérer le miracle. Le monde sera vide de ma force. Heure redoutable de châtiment pour l'homme. Pas pour Moi. Pour l'homme qui n'aura pas voulu m'aimer.  Heure qui se répétera, par la volonté de l'homme qui aura repoussé la Divinité jusqu'à faire de lui-même un sans Dieu, un disciple de Satan et de son fils maudit. Heure qui viendra quand sera proche la fin de ce monde. La non-foi devenue maîtresse souveraine rendra nulle ma puissance de miracle. Ce n'est pas que je puisse la perdre, mais c'est que le miracle ne peut être accordé là où il n'y a pas de foi ni de désir de l'obtenir, là où on ferait du miracle un objet de mépris et un instrument au service du mal, en se servant du bien obtenu pour faire un plus grand mal. Maintenant je puis encore faire le miracle, et le faire pour donner gloire à Dieu. Allons donc chez notre ami Lazare qui dort. Allons l'éveiller de ce sommeil afin qu'il soit frais et dispos pour servir son Maître."

"Mais, s'il dort, c'est bien. Il va finir de guérir. Le sommeil est déjà un remède. Pourquoi l'éveiller ?" Lui fait-on remarquer.

"Lazare est mort. J'ai attendu qu'il soit mort pour aller là-bas, pas à cause de ses sœurs ni de lui, mais à cause de vous pour que vous croyez, pour que votre foi grandisse. Allons chez Lazare."

"Bon. Allons-y ! Nous mourrons comme il est mort et comme tu veux mourir" dit Thomas en fataliste résigné.

"Thomas, Thomas, et vous tous qui intérieurement critiquez et grommelez, sachez que celui qui veut me suivre doit avoir pour sa vie le même souci qu'a l'oiseau pour la nuée qui passe.  La laisser passer comme le vent l'entraîne. Le vent, c'est la volonté de Dieu qui peut vous donner ou vous enlever la vie comme il Lui plaît, sans que vous ayez à vous en plaindre, comme l'oiseau ne se plaint pas de la nuée qui passe, mais chante quand même, sûr qu'ensuite reviendra le beau temps. Car la nuée c'est l'incident. Le ciel c'est la réalité. Le ciel reste toujours bleu même si les nuées semblent le rendre gris. 53> Il est et reste bleu au-delà des nuages. Il en est ainsi de la Vie véritable. Elle est et demeure, même si tombe la vie humaine. Celui qui veut me suivre ne doit pas connaître l'angoisse de la vie ni la peur pour sa vie. Je vous montrerai comment on conquiert le Ciel. Mais comment pourrez-vous m'imiter si vous avez peur de venir en Judée, vous à qui il ne sera rien fait de mal présentement ? Avez-vous peur de vous montrer avec Moi ? Vous êtes libres de m'abandonner. Mais si vous voulez rester, vous devez apprendre à défier le monde avec ses critiques, ses embûches, ses moqueries, ses tourments, pour conquérir mon Royaume. Allons donc tirer de la mort Lazare qui dort depuis deux jours au tombeau, puisqu'il est mort le soir qu'est venu ici le serviteur de Béthanie. Demain, à l'heure de sexte [1], quand j'aurai congédié ceux qui attendent demain pour avoir de Moi un réconfort et une récompense pour leur foi, nous partirons d'ici et passerons le fleuve. Nous passerons la nuit dans la maison de Nique puis, à l'aurore, nous partirons pour Béthanie en prenant la route qui passe par Ensémès. Nous serons à Béthanie avant sexte. Il y aura beaucoup de gens et les cœurs seront ébranlés. J'en ai fait la promesse et je la tiendrai..."

"À qui, Seigneur ?" demande Jacques d'Alphée presque craintif.

"À ceux qui me haïssent et à ceux qui m'aiment, aux deux d'une manière absolue. Ne vous rappelez-vous pas la discussion à Cédès avec les scribes ? [2] Ils pouvaient encore me traiter de menteur parce que j'avais ressuscité une fillette qui venait de mourir [3] et un mort d'un jour [4]. Ils ont dit :"Tu n'as pas encore su refaire quelqu'un qui était décomposé". En effet, Dieu seul peut tirer un homme de la fange et de la pourriture refaire un corps intact et vivant. Eh bien, je vais le faire. À la lune de Casleu, sur les rives du Jourdain, j'ai rappelé Moi-même aux scribes ce défi et j'ai dit : "À la nouvelle lune, cela s'accomplira". Cela pour ceux qui me haïssent. Aux sœurs ensuite, qui m'aiment d'une manière absolue, j'ai promis de récompenser leur foi si elles avaient continué d'espérer au-delà de ce qui est croyable. Je les ai beaucoup éprouvées et beaucoup affligées, et Moi seul connais les souffrances de leurs cœurs en ces jours et leur parfait amour. En vérité je vous dis qu'elles méritent une grande récompense car, plus que de ne pas voir leur frère ressuscité, elles sont angoissées que je puisse être méprisé. Je vous paraissais absorbé, las et triste. J'étais près d'elles par mon esprit, j'entendais leurs gémissements et je comptais leurs larmes. Pauvres sœurs ! 54> Maintenant je brûle de ramener un juste sur la Terre, un frère dans les bras de ses sœurs, un disciple parmi mes disciples. Tu pleures, Simon ? Oui. Toi et Moi, nous sommes les plus grands amis de Lazare, et dans tes pleurs il y a la douleur pour la douleur de Marthe et Marie et l'agonie de l'ami, mais il y a aussi déjà la joie de le savoir bientôt rendu à notre amour. Levons-nous pour préparer les sacs et aller nous reposer pour nous lever à l'aube et mettre tout en ordre ici où... il n'est pas sûr que nous reviendrons. Il faudra distribuer aux pauvres ce que nous avons et dire aux plus actifs d'empêcher les pèlerins de me chercher tant que je ne serai pas dans un autre lieu sûr. Il faudra encore leur dire de prévenir les disciples qu'ils me cherchent chez Lazare. Tant de choses à faire. Elles seront toutes faites avant que les pèlerins arrivent... Allons, éteignez le feu et allumez les lampes, et que chacun aille faire ce qui lui incombe et puis se reposer. Paix à vous tous." Il se lève, les bénit et se retire dans sa petite pièce...

"Il est mort depuis plusieurs jours !" dit le Zélote.

"Cela c'est un miracle !" s'écrie Thomas.

"Je veux voir ce qu'ils vont trouver ensuite pour douter !" dit André.

"Mais quand le serviteur est-il venu ?" demande Judas Iscariote.

"Le soir d'avant le vendredi" répond Pierre.

"Oui ? Et pourquoi ne l'as-tu pas dit ?" demande encore l'Iscariote.

"Parce que le Maître m'avait dit de me taire" réplique Pierre.

"Donc... quand nous arrivons là-bas... il sera depuis quatre jours au tombeau ?"

"Certainement ! Le soir du vendredi un jour, le soir du sabbat deux jours, ce soir trois jours, demain quatre... Donc quatre jours et demi... Puissance éternelle ! Mais il sera déjà en morceaux !" dit Matthieu.

"Il sera déjà en morceaux... Je veux voir aussi cela et puis..."

"Quoi, Simon Pierre ?" demande Jacques d'Alphée.

"Et puis si Israël ne se convertit pas, Jéovah Lui-même, au milieu des foudres, ne peut le convertir."

Ils s'en vont en parlant ainsi.

 



[1] Sexte = midi. Les journées se déroulent de 6.00 à 18.00

[2] Cf. 5.30

[3] Myriam, la fille de Jaïre

[4] Daniel de Naïm