"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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  8.511 - In casa di Giovanni di Nobe, ancora una lode alla Corredentrice. Menzogne di Giuda Iscariota.

  4.509 - At Nob. Judas of Kerioth Lies.


samedi 13 octobre 29 (16 Boul)
Nobé, le soir


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 Vous devez prêcher ma Doctrine par votre manière de vivre

 Nous sommes habitués à voir dans la femme un être inférieur. Non.

 Elle est déjà en train de racheter

 Tu ne connais même pas le cœur de ta mère


- Discours (La conduite évangélique de l'apôtre) 337

- Les femmes s'affairent 338

- Le rôle de la femme et de la Corédemptrice 339

- Élise fait la leçon à Judas 340

- Joseph arrive et raconte la guérison de Bartolmaï 341

- Judas nie avoir parlé à l'aveugle-né 342

- Il est dangereux d'être l'hôte de Jésus 343

- Joseph d'Arimathie conseille à Jésus la prudence 344

- Jésus rassure les siens 344

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 7

 

7.208.
Jésus à Nobé.
Judas de Kériot ment


337> Jésus est à Nobé, et il doit y être depuis peu car il est en train de s'organiser et de répartir ses douze en trois groupes de quatre personnes pour les envoyer dans les maisons. Avec Lui se trouvent Pierre, Jean, Judas de Kériot et Simon le Zélote, alors que Jacques de Zébédée est à la tête du groupe composé de Matthieu, Jude d'Alphée et Philippe, et qu'au troisième est préposé Barthélemy et que lui sont soumis Jacques d'Alphée, André et Thomas.

"Allez, après le souper, là où on vous a offert de vous accueillir, et vous reviendrez ici le matin, et je vous dirai ce que vous devez faire. Aux heures des repas, nous resterons ensemble. Rappelez-vous ce que je vous ai dit maintes fois :  que vous devez aussi prêcher ma Doctrine par votre manière de vivre, de vivre entre vous, et avec ceux qui vous accueillent. Soyez donc sobres, patients, honnêtes dans vos conversations et vos actions, dans vos regards, de manière que la justice émane de vous comme un parfum. Vous voyez comme les yeux du monde sont toujours sur nous, pour nous calomnier ou nous étudier, et aussi par vénération. Mais ces derniers sont le petit nombre parmi les yeux nombreux qui nous observent. 338> Et pourtant c'est de ce petit nombre que nous devons avoir le plus grand soin car c'est sur leur foi que se braque l'étude du monde pour l'effriter, et tout lui sert d'armes pour détruire l'amour des bons pour Moi, et pour vous par conséquent. N'aidez donc pas le monde par une manière de vivre qui n'est pas sainte, et n'alourdissez pas la peine de ceux qui doivent défendre leur foi contre les embûches de mes adversaires en étant pour eux un objet de scandale. Le scandale rend les âmes perplexes, les éloigne, les affaiblit. Malheur à l'apôtre qui est un scandale pour les âmes. Il pèche contre son Maître et contre son prochain, contre Dieu et contre le troupeau de Dieu. Je me fie à vous. Ne faites pas en sorte qu'à ma douleur, qui est si grande, s'ajoute une autre douleur qui me viendrait de vous."

"Ne crains pas, Maître. De nous il ne te viendra pas de douleur à moins que Satan ne nous dévoie tous" dit Barthélemy.

Anastasica, qui est dans la cuisine avec Élise, entre pour dire : "Le souper est prêt, Maître. Descends pendant qu'il est chaud. Tu te restaureras."

"Allons."

Et Jésus se lève pour suivre la femme qui descend par le petit escalier qui, de la chambre du haut où on a déjà préparé des lits, descend dans le petit jardin et de là, il entre dans la cuisine égayée par un feu pétillant.

Le vieux Jean est près du feu, et Élise qui s'affaire autour des mets et qui se retourne avec un sourire maternel pour regarder Jésus qui entre, et se hâte de verser sur un grand plateau les grains d'orge cuit dans le lait, que j'ai déjà vu faire par Marie d'Alphée à Nazareth avant le départ de Jean et de Sintica.

"Voilà. Je me suis rappelée que Marie de Cléophas m'a dit que cela te plaisait et j'avais gardé le plus beau miel pour le faire, pour Margziam aussi... Je regrette que l'enfant ne soit pas venu..."

"Nike l'a retenu avec Isaac, puisqu'ils partent demain à l'aurore et qu'elle profite du char jusqu'à Jéricho pour accomplir la mission que tu sais..."

"Quelle mission, Maître ?" demande l'Iscariote intéressé.

"Une mission très féminine : élever un enfant. Seulement c'est un enfant qui n'a pas besoin de lait, mais de foi, car son esprit est infantile. Mais la femme est toujours mère et elle sait faire ces choses. Et quand elle a compris !... Elle vaut l'homme, avec en plus la force de la douceur maternelle."

"Comme tu es bon pour nous, Maître !" dit Élise avec un regard caressant.

339>  "Je suis véridique, Élise. Nous d'Israël, et pas nous seulement, nous sommes habitués à voir dans la femme un être inférieur et à penser qu'elle l'est. Non. Si elle est soumise à l'homme, comme il est juste, si elle est davantage atteinte par le châtiment à cause du péché d'Ève, si sa mission est destinée à s'exercer dans les voiles et la pénombre, sans actes et sans cris éclatants, si tout en elle se trouve comme étouffé par un voile, elle n'en est pas moins forte ni moins capable que les hommes. Sans rappeler les grandes femmes d'Israël, je vous dis qu'il y a beaucoup de force dans le cœur de la femme. Dans le cœur, comme pour nous, les hommes, dans l'intelligence. Et je vous dis qu'elle va changer la situation de la femme par rapport aux coutumes comme par rapport à tant d'autres choses. Et ce sera juste parce que, comme Moi pour tous les hommes, ainsi une Femme obtiendra pour les femmes, d'une manière spéciale, grâce et rédemption."

"Une femme ? Et comment veux-tu qu'une femme rachète ?" dit Judas de Kériot en riant.

 "En vérité, je te dis qu'Elle est déjà en train de racheter. Sais-tu ce que c'est que racheter ?"

"Bien sûr que je le sais ! C'est soustraire quelqu'un au Péché."

"Oui, mais soustraire au Péché ne servirait pas beaucoup, car l'Adversaire est éternel et il reviendrait dresser des embûches. Mais du Jardin terrestre une voix est venue, la voix de Dieu, pour dire : "Je mettrai des inimitiés entre toi et la Femme... Elle t'écrasera la tête et tu l'atteindras au talon" [1]. Rien de plus que des embûches car la Femme possédera, possède en elle-même, ce qui vainc l'Adversaire. Et Elle rachète donc du moment où Elle existe, Elle la Rédemption active bien que cachée. Mais bientôt Elle sortira en présence du monde et les femmes se fortifieront en Elle."

"Que tu rachètes... c'est bien. Mais qu'une femme le puisse... je ne l'accepte pas, Maître."

"Tu ne te rappelles pas Tobie ? Son cantique ? [2]"

"Si. Mais c'est de Jérusalem qu'il parle."

"Est-ce que par hasard Jérusalem possède un Tabernacle où Dieu réside [3]? Dieu peut-Il être présent par sa gloire aux péchés qui se consomment dans les murs du Temple ? Un autre Tabernacle était nécessaire, et qui fût saint, et qui fût une étoile pour ramener au Très-Haut ceux qui sont perdus. Et cela on l'a dans la Corédemptrice qui dans les siècles des siècles aura la joie d'être la Mère des rachetés. "Tu brilleras d'un éclat splendide. Tous les peuples de la Terre se prosterneront devant toi. 340> Les nations viendront de loin pour te porter des présents et elles adoreront en toi le Seigneur... Elles invoqueront ton grand nom... Ceux qui ne t'écouteront pas seront parmi les maudits, et bénis seront ceux qui se serreront près de toi...Tu seras heureuse en tes enfants car ils seront les bénis réunis près du Seigneur", Le vrai cantique de la Corédemptrice. Et déjà le chantent dans le Ciel les anges qui voient... La Jérusalem nouvelle et céleste, c'est en elle qu'Elle commence. Oh ! Oui, voilà la vérité. Et le monde l'ignore et l'ignorent les rabbins enténébrés d'Israël..." Jésus se plonge dans ses pensées...

"Mais de qui parle-t-il ?" demande l'Iscariote à Philippe qui est près de lui.

Avant que ce dernier réponde Élise, qui est en train de mettre sur la table du fromage et des olives noires, lui dit plutôt rudement : "C'est de sa Mère qu'il parle. Tu ne comprends pas ?"

"Mais je n'ai jamais su qu'Elle soit nommée par les prophètes comme martyre... On parle du seul Rédempteur, et..."

 "Et tu crois qu'il n'y a que la torture de la chair ? Et tu ne sais pas qu'elle n'est rien, pour une mère, par rapport à celle de voir mourir un fils ? Ton intelligence — je ne parle pas de ton cœur, je ne connais pas ses palpitations — ton intelligence, dont tu te vantes, ne te dit-elle pas que dix et dix fois une mère se soumettrait à la torture et à la mort, pour ne pas entendre un gémissement de son fils ? Homme, tu es homme, et tu connais le savoir. Moi, je ne sais qu'être femme et mère, mais je te dis que tu es plus ignorant que moi car tu ne connais même pas le cœur de ta mère..."

"Oh ! Tu m'offenses !"

"Non. Je suis vieille et je te conseille. Rends ton cœur sagace, et tu éviteras les pleurs et le châtiment. Fais-le, si tu le peux."

Les apôtres, spécialement Jude d'Alphée, Jacques de Zébédée, Barthélemy et le Zélote, se regardent par en dessous et baissent la tête pour cacher le sourire qui pointe sur leurs lèvres, pour la franchise de l'observation d'Élise à l'apôtre qui se croit parfait. Jésus, toujours absorbé, n'entend rien.

Élise se tourne vers Anastasica et lui dit : "Viens, pendant qu'ils terminent le repas allons préparer deux autres lits, car trois c'est peu" et elle va sortir.

"Élise, vous ne donnerez sûrement pas le vôtre ! s'écrie Pierre. Cela ne va pas. Jean et moi, nous pouvons dormir sur des tables. Nous sommes habitués."

"Non, Simon. Il y a des treillis et des nattes, mais c'est rangé. Maintenant nous allons les monter sur des chevalets." Et elle sort avec l'autre.

341> Les apôtres, fatigués, somnolent presque dans la tiédeur de la cuisine. Jésus réfléchit, le coude appuyé sur la table et la tête soutenue par sa main.

Un coup à la porte. Thomas, qui en est le plus près, se lève pour ouvrir et s'écrie : "Toi, Joseph ?! Et avec Nicodème ?! Entrez ! Entrez !"

"Paix à Toi, Maître, et à ceux qui sont dans cette maison. Nous allons à Rama, Maître; c'est Nicodème qui m'y a invité. En passant, nous avons dit : "Arrêtons-nous pour saluer le Maître". Nous voulions savoir si... tu avais été encore importuné, attendu qu'ils sont allés te chercher chez Joseph. Déjà ils t'ont cherché partout depuis que tu as guéri cet aveugle. Ils n'ont pas franchi les murs, c'est vrai. Ils n'ont pas déplacé un siège pour ne pas profaner le sabbat, et pour cela ils se croient purs, mais pour te chercher, pour suivre Bartolmaï, oh ! ils ont fait bien plus que le chemin permis !"

"Et comment l'ont-ils su puisque le Maître n'a rien fait en chemin ?" demande Matthieu.

"Voilà : nous ne savions pas même qu'il était guéri. Nous sommes allés à la synagogue, et puis saluer Nike, et Isaac et Margziam qui étaient chez elle et puis, après le coucher du soleil, nous sommes vite venus ici" dit Pierre.

"Vous ne saviez pas, mais les envoyés des pharisiens l'ont su. Vous n'avez pas vu, mais moi, j'ai vu. Deux d'entre eux étaient présents quand le Maître a touché les yeux de l'aveugle. Ils attendaient depuis des heures."

"Comment donc ?" demande Judas de Kériot d'un air innocent.

"C'est à moi que tu le demandes ?"

"C'est une chose étrange, c'est pour cela que je le demande."

"Le plus étrange c'est que toujours, depuis quelque temps, là où est le Maître, il y a des espions."

"Les vautours se rendent où est la proie et les loups près du troupeau."

"Et les voleurs là où un complice a signalé une caravane. Tu as bien dit."

"Que veux-tu insinuer ?"

"Rien. Je complète ton proverbe en l'appliquant aux hommes. Jésus est un homme, et ce sont des hommes qui Lui dressent des embûches."

"Raconte, Joseph, raconte..." disent plusieurs.

"Si le Maître veut, je suis venu pour le raconter."

342> "Parle" dit Jésus.

Et Joseph raconte minutieusement tout ce qu'il a noté, en omettant pourtant le détail que ce fut Judas qui indiqua à l'aveugle le domicile de Jésus. Les commentaires sont nombreux, haineux, affligés, selon les cœurs, et Judas de Kériot est (en apparence} le plus affligé et le plus fâché, contre tout le monde, et spécialement contre l'aveugle imprudent qui est venu se placer sur la route de Jésus un jour de sabbat, en se fiant à la bonté notoire du Maître...

"Oh ! si c'est toi qui Lui l'a indiqué ! J'étais près de toi et j'ai entendu" dit Philippe étonné.

"Indiquer ne veut pas dire commander de faire."

"Oh ! je crois bien aussi que tu ne te serais pas permis d'ordonner au Maître de faire..." dit le Thaddée.

"Moi ? Mais bien au contraire. Je l'ai seulement indiqué pour demander au Maître une explication."

"Oui. Mais indiquer c'est parfois aussi engager à faire, et cela, tu l'as fait" réplique le Thaddée.

"Tu le dis, mais ce n'est pas vrai" affirme effrontément Judas.

"Ce n'est pas vrai ? demande Joseph d'Arimathie. En es-tu bien sûr ? Sûr comme de vivre, de n'avoir jamais parlé de Jésus à l'aveugle, de ne pas lui avoir suggéré de s'adresser à Jésus et encore moins de l'avoir poussé à le faire tout de suite avant que Jésus ne quitte la ville ?"

"Mais certainement ! Et qui a jamais parlé avec cet homme ? Pas moi certainement. Je suis toujours avec le Maître, jour et nuit, et quand ce n'est pas avec Lui, avec les compagnons..."

"Je croyais que tu l'avais fait hier, quand tu es allé avec les femmes" dit Barthélemy.

"Hier ! J'ai mis moins de temps à aller et revenir qu'une hirondelle en vol. Comment aurais-je pu chercher l'aveugle, le trouver et lui parler en aussi peu de temps ?"

"Tu pouvais l'avoir rencontré..."

"Jamais vu !"

"Alors cet homme est un menteur, puisqu'il a affirmé que tu lui avais dit de venir et où, et comment faire, et que tu lui avais assuré que Jésus t'aurait écouté et..." dit Joseph d'Arimathie.

Judas l'interrompt violemment : "Assez ! Assez ! Il mérite d'être de nouveau aveugle pour tous les mensonges qu'il dit ! Moi, je peux le jurer sur le Saint, je ne le connais que de vue et je ne lui ai jamais parlé."

343> "C'en est vraiment assez. Ton âme est en règle, Ô Judas de Kériot qui ne crains pas Dieu car tu sais que tes actions sont saintes. Toi... heureux qui n'as rien à craindre" lui dit Joseph en le regardant d'un œil sévère, un œil qui le transperce.

"Je ne crains pas, non, car je suis sans péché."

"Nous péchons tous, Judas. Et c'est encore peu si nous savons nous repentir après les premiers péchés et ne pas accroître leur nombre et leur perversité !" dit Nicodème qui n'a jamais parlé jusqu'alors. Et puis il se tourne vers le Maître et dit : "L'ennui c'est que Joseph de Sephoris a été menacé d'expulsion de la synagogue, s'il t'accueille encore, et Bartolmaï en a été chassé. Il s'y était rendu avec son père et sa mère, mais des pharisiens les attendaient à leur synagogue et lui ont refusé l'entrée et ont crié sur lui l'anathème."

"Mais, c'en est trop ! Jusqu'à quand, ô Seigneur..." crient plusieurs.

"Paix ! Paix ! Ce n'est rien. Bartolmaï est sur le chemin du Royaume. Qu'a-t-il donc perdu ? Il est dans la Lumière. N'est-il donc pas fils de Dieu plus qu'auparavant ? Oh ! ne confondez pas les valeurs ! Paix ! Paix ! Nous n'irons plus chez Joseph... Je regrette qu'Isaac doive y conduire ma Mère et Marie d'Alphée... Mais cela n'aurait été que pour quelques heures, car quelqu'un y a déjà pourvu." Il s'adresse à Jean de Nobé : "Père, as-tu peur du Sanhédrin ? Tu vois ce qu'il en coûte d'héberger le Fils de l'homme... Tu es âgé. Tu es un fidèle Israélite. Tu pourrais être chassé de la synagogue pour tes derniers sabbats. Pourrais-tu le supporter ? Parle avec sincérité. Et si tu crains, Moi je m'en irai. Il y aura bien encore dans les monts d'Israël une grotte pour le Fils de Dieu..."

"Moi, Seigneur ? Mais que veux-tu que je craigne sinon Dieu ? Je ne crains pas la bouche du tombeau. Je la regarde, au contraire, comme une amie, et veux-tu que je craigne la bouche des hommes ? Je craindrais seulement le jugement de Dieu si, par crainte des hommes, je chassais de chez moi Jésus, le Christ de Dieu !"

"C'est bien. Tu es un juste... Je resterai ici... quand je ne serai pas dans les villes voisines, comme je compte le faire encore une fois."

"Viens à Rama, chez moi, Seigneur" dit Nicodème.

"Et si cela te nuit ?"

"Est-ce que peut-être les pharisiens ne t'invitent pas dans une mauvaise intention ? Ne pourrais-je le faire pour étudier ton cœur ?"

"Oui, Maître. Allons à Rama. Mon père en sera si heureux s'il est à la maison. Et s'il n'y est pas, comme il arrive souvent, il trouvera ta bénédiction à son retour" dit Thomas d'une voix suppliante.

344> "Nous irons à Rama, comme première destination. Demain..."

"Maître nous te quittons. Nous avons dehors nos montures et nous allons être à Rama avant la fin de la seconde veille. La lune blanchit les chemins comme un pâle soleil. Adieu, Maître, La paix soit avec Toi" dit Nicodème.

"Paix à Toi, Maître... et, écoute un bon conseil de Joseph l'Ancien. Sois un peu rusé. Regarde autour de Toi. Ouvre tes yeux et serre tes lèvres. Fais, et ne dis jamais d'avance ce que tu veux faire... Et ne viens pas à Jérusalem pendant quelque temps, et si tu y viens, ne t'arrête au Temple que le temps nécessaire pour prier. Tu m'entends ? Adieu, Maître. Paix à Toi." Joseph a marqué très nettement les paroles soulignées par moi, et en les disant, il fixait intensément Jésus. Son seul regard était un avertissement.

Ils sortent dans le petit jardin sous les rayons blancs de la lune, détachent leurs robustes montures liées au tronc du noyer, montent en selle et s'en vont sur la route déserte et blanche...

Jésus rentre dans la cuisine avec les siens.

"Mais qu'aura-t-il voulu dire, au fond ?"

"Et comment ont-ils fait pour savoir ?"

"Que vont-ils faire à Joseph de Sephoris ?"

"Rien. Des mots. Rien de plus que des mots. N'y pensez plus. Choses passées et sans conséquences. Allons. Disons la prière et séparons-nous pour la nuit. "Notre Père..."

Il les bénit, les regarde partir, puis il monte avec les quatre qu'il a retenus dans la pièce où sont les lits.

 



[1] Genèse 3,15

[2] Tobit 13, 9-11

[3] Le texte emploie le mot tente qui équivaut à Tabernacle ou Temple.