"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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     I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\italiano.gif 5.314 - La cena nella casa di Nazareth la dolorosa partenza.

     I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\English.gif 3.313 - Departure from Nazareth.

 4.314 - La cena en la casa de Nazaret. La dolorosa partida.

 5.359 - Die Abreise von Nazareth.


Lundi 11 décembre 28
(8 Tébeth 3789)
Nazareth.


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     I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Un baume composé par Marie.

     I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif C'est une grande chose d'obéir.

     I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Acte de consécration de Sintica à Jésus.


                  I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Resume.gif

- Marie et Marie d'Alphée servent à table ............... 15

- Marie d'Alphée invite Jean d'Endor à manger ......... 15

- Elle revient avec des poires cuites au four par Marie 17

- Marie recommande Jean d'Endor à Pierre et à Sintica .......................................... 17

- Le Zélote vante les jardins d'Antigonea .................... 18

- Sintica encourage Jean d'Endor ........................... 18

- Pierre hâte le départ .. 19

- Jésus bénit les deux exilés .......................................... 20


- Marie les baise l'un et l'autre .......................................... 20

- Départ rapide et silencieux .......................................... 21


          I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Voir aussi l'infographie de Carlos Martinez

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 5


Tome 5, chapitre 2.

314.
Le départ de Nazareth.


Vision du mardi 30 octobre 1945

15> C'est le soir. Une nouvelle soirée d'adieux pour la petite maison de Nazareth et ses habitants. Un autre souper durant lequel la peine rend la nourriture sans attrait pour les bouches, et taciturnes les personnes. À la table est assis Jésus avec Jean et Sintica, et Pierre, Jean, Simon et Mathieu. Les autres n'ont pas pu s'y asseoir. Elle est si petite la table de Nazareth ! Tout juste faite pour une petite famille de justes où on peut tout au plus faire asseoir le pèlerin et l'affligé pour les restaurer par l'amour plus que par la nourriture ! Au maximum, ce soir-là, Margziam aurait pu s'asseoir, parce que c'est un enfant, et très mince, qui occupe peu de place...    

Mais Margziam, très sérieux et silencieux, mange dans un coin, assis sur un petit banc aux pieds de Porphyrée que la Vierge a installée sur le siège du métier et qui, douce et silencieuse, mange la nourriture qu'on lui a donnée, en portant un regard de pitié sur les deux qui vont bientôt partir et qui essaient d'avaler leurs bouchées en restant la tête baissée pour cacher leurs visages brûlés par les larmes.       

Les autres, c'est-à-dire les deux fils d'Alphée, André et Jacques de Zébédée, se sont installés dans la cuisine près d'une sorte de maie, mais on les voit par la porte ouverte.

Marie très Sainte et Marie d'Alphée vont et viennent en servant les uns et les autres, maternelles, angoissées, tristes. Et si Marie très Sainte caresse de son sourire, si douloureux ce soir-là, ceux qu'elle approche, Marie d'Alphée, moins réservée et plus familière, joint au sourire l'acte et la parole y ajoutant un baiser ou une caresse suivant le bénéficiaire, encourageant tel ou tel à prendre de la nourriture et présentant les mets les plus indiqués selon les besoins de chacun et en vue du voyage. Je crois que, par une pitié affectueuse pour Jean qui est épuisé et qui en ces jours d'attente est encore plus amaigri, elle se donnerait elle-même à manger tant elle s'efforce de le persuader de prendre ceci ou cela en en vantant la saveur et les propriétés salutaires. Mais malgré toutes ses... séductions, les mets restent presque intacts dans l'assiette de Jean, et Marie d'Alphée s'en afflige comme une mère qui voit son bébé repousser son sein.        

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16> "Mais tu ne peux partir ainsi, fils !" s'écrie-t-elle. Et dans son âme maternelle elle ne réfléchit pas que Jean a à peu près le même âge qu'elle et que le nom de fils ne convient guère. Mais elle ne voit en lui qu'une créature qui souffre et ainsi elle ne trouve que ce nom pour le consoler... "Voyager l'estomac vide, sur ce char cahotant dans le froid humide de la nuit, cela te fera mal. Et puis ! qui sait comment vous mangerez pendant cet horrible et long voyage !... Éternelle pitié ! En mer, pendant tant de milles ! Moi, je mourrais de peur. Et le long des côtes phéniciennes, et puis !... ce sera encore pire ! Et sûrement le patron du bateau sera un philistin ou un phénicien ou de quelque nation d'enfer... et il n'aura pas pitié... Allons donc, pendant que tu es encore près d'une mère qui t'aime bien !... Mange : rien qu'un petit morceau de cet excellent poisson. Seulement pour faire plaisir à Simon de Jonas qui l'a préparé à Bethsaïda avec tant d'amour et qui aujourd'hui m'a indiqué comment le préparer, pour toi et pour Jésus, pour bien vous restaurer. Cela ne te va pas ? ...Alors... oh ! cela tu vas le manger !" et elle court vers la cuisine et en rapporte un plat de bouillie fumante. Je ne sais pas ce que c'est... C'est certainement une sorte de farine ou bien de grains cuits dans du lait jusqu'à en devenir de la bouillie : "Regarde, cela je l'ai fait parce je me souviens qu'un jour tu m'en as parlé comme d'un doux souvenir de ta petite enfance... C'est bon et cela fait du bien. Allons, un petit peu."  

Jean se laisse servir quelques cuillerées de cette bouillie dans son assiette et essaie de l'avaler, mais des larmes descendent pour mêler leur sel à la nourriture pendant qu'il baisse encore plus la tête.   

Les autres font grand honneur à ce plat qui doit être pour eux un délice. Leurs visages se sont éclairés en le voyant et Margziam s'est levé... mais ensuite, il a éprouvé le besoin de demander à Marie très Sainte: "Est-ce que je peux en manger ? Il manque cinq jours pour la fin du vœu..."
[1]        

"Oui, mon fils, tu peux en manger" dit Marie en le caressant. Mais l'enfant est encore hésitant et alors Marie, pour calmer les scrupules du petit disciple, interpelle son Fils : "Jésus, Margziam demande s'il peut manger de l'orge mondé... à cause du miel qui en fait un plat doux, tu sais..."        

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17> "Oui, oui, Margziam. Ce soir, je te dispense de ton sacrifice à condition que Jean mange lui aussi son orge au miel. Vois comme l'enfant le désire ? Aide-le donc à obtenir cette chose" et Jésus, qui a Jean près de Lui, lui prend la main et la lui tient pendant que Jean s'efforce, par obéissance, de finir son orge.     

Marie d'Alphée est plus contente maintenant, et elle revient l'assaut avec un beau plat de poires cuites au four, toutes fumantes. Elle rentre du jardin avec son plateau et elle dit : "Il pleut. Cela commence. Quel malheur !"         

"Mais non ! Cela vaut mieux, au contraire ! Ainsi il n'y aura personne sur les routes. Quand on part, les salutations font toujours mal... Il vaut mieux filer avec le vent dans les voiles et sans trouver des bas-fonds ou des écueils qui imposent des arrêts et une marche lente. Et les curieux sont justement des bas-fonds et de écueils..." dit Pierre qui voit en tout événement les voiles et la navigation.           

"Merci, Marie. Mais je ne mange rien d'autre" dit Jean en cherchant à repousser les fruits.

"Ah ! cela, non ! C'est Marie qui les a cuites. Veux-tu mépriser la nourriture qu'elle a préparée ? Regarde comme elle les a bien préparées ! Avec leurs épices dans le petit trou... et leur beurre à la base... Ce doit être un dessert de roi, un sirop. Elle s'est rougie elle aussi au feu du four pour les dorer à point. Et elles sont bonnes pour la gorge, pour la toux... Elles réchauffent et guérissent. Marie, dis-lui, toi, comme elles réussissaient bien à mon Alphée quand il était malade. Mais il les voulait faites par toi. Hé ! oui c'est que tes mains sont saintes et donnent la santé !... Bénis sont les mets que tu prépares !... Il était plus tranquille, mon Alphée après avoir mangé ces poires... sa respiration était plus douce... Mon pauvre mari !..." et Marie saisit l'occasion de ce souvenir pour pouvoir finalement pleurer et sortir pour pleurer. Je fais peut-être une supposition méchante, mais je crois que sans la pitié qu'elle a pour les deux qui vont partir, le "pauvre Alphée" n'aurait pas eu une seule larme de son épouse, ce soir-là... Marie d'Alphée était toute éplorée pour Jean et Sintica, et pour Jésus, Jacques et Jude qui s'en allaient, tellement qu'elle a ouvert une issue à ses larmes pour ne pas étouffer.      

Marie lui succède alors, en mettant sa main sur l'épaule de Sintica qui est en face de Jésus, entre Simon et Mathieu. "Allons, mangez. Voulez-vous donc partir en me laissant aussi l'angoisse que vous êtes partis presque à jeun ?"     

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18> "Moi, j'ai mangé, Mère" dit Sintica en levant son visage fatigué et marqué par les pleurs qu'elle a versés depuis plusieurs jours. Et puis elle incline son visage sur l'épaule où se trouve la main de Marie, en frottant sa joue sur la petite main pour en être caressée. Marie caresse avec l'autre main ses cheveux et attire à elle la tête de Sintica qui maintenant appuie son visage sur son sein.       

"Mange, Jean, cela te fera réellement du bien. Tu as besoin de ne pas te refroidir. Toi, Simon de Jonas, tu veilleras à lui donner le lait chaud avec le miel tous les soirs ou, au moins, de l'eau très chaude et miellée. Souviens-t’en."          

"
Je pourvoirai moi aussi, Mère. Sois tranquille" dit Sintica.    

     I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif "En effet, j'en suis sûre. Mais tu feras cela lorsque tu seras installée à Antioche. Pour le moment y pensera Simon de Jonas. Et rappelle-toi, Simon, de lui donner beaucoup d'huile d'olive. C'est pour cela que je t'ai donné ce flacon. Attention à ne pas le casser. Et si tu vois que sa respiration est plus difficile, fais comme je t'ai dit avec l'autre vase de baume. Prends ce qu'il faut pour oindre la poitrine, les épaules et les reins, et réchauffe-le jusqu'à pouvoir le toucher sans te brûler, et puis masse-le et couvre-le tout de suite avec ces bandes de laine que je t'ai données. Je l'ai préparé exprès. Et toi, Sintica, souviens-toi de sa composition, pour en refaire. Tu pourras toujours trouver des lys, et du camphre et des dictames, de la résine et des œillets avec des lauriers et de l'armoise et le reste. J'ai entendu dire que Lazare a là-bas, à Antigonea, des jardins d'essences."       

"Et splendides" dit le Zélote qui les a vus. Et il ajoute : "Moi, je ne conseille rien, mais je dis que pour Jean cet endroit devrait lui être salutaire aussi bien pour l'esprit que pour la chair, plus qu'Antioche. Il est abrité des vents, l'air est léger, qui vient des bois de résineux situés sur les pentes d'une petite colline qui protège des vents de la mer mais qui cependant permet aux sels de mer bienfaisants de se répandre jusque-là : un endroit tranquille, silencieux, gai pourtant avec les myriades de fleurs et les oiseaux qui y vivent en paix... Enfin vous verrez vous ce qui vous convient le mieux. Sintica est si judicieuse ! Parce qu'en ces choses, il vaut mieux s'en remettre aux femmes, n'est-ce pas ?"

"En effet je confie mon Jean précisément au bon sens et au bon cœur de Sintica" dit Jésus.          

"Et moi aussi" dit Jean d'Endor. "Moi... moi... moi, je n'ai plus aucune énergie... et... je ne serai jamais plus utile à rien..."          

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19> "Jean, ne dis pas cela ! Quand l'automne dépouille les arbres, il n'est pas dit qu'ils soient inertes. Au contraire, ils travaillent avec une énergie cachée à préparer le triomphe de la prochaine fructification. Pour toi, c'est la même chose. Maintenant tu es dépouillé par le vent froid de cette douleur. Mais en réalité, au plus profond de toi-même, tu travailles déjà pour les nouveaux ministères. Ta peine elle-même te poussera à l'action. Moi, j'en suis certaine. Et alors, toi tu seras, tu seras toujours celui qui m'aidera, moi, pauvre femme, qui ai encore tant à apprendre pour devenir quelque chose de Jésus."     

"Oh ! que veux-tu donc que je sois désormais ?! Je n'ai plus rien faire... Je suis fini !"

"Non, ce n'est pas bien de dire cela ! Seulement celui qui meurt peut dire : "Je suis fini comme homme". Pas les autres. Tu crois que tu n'as plus rien à faire ? Il te reste encore ce que tu m'as dit un jour: accomplir le sacrifice. Et comment, sinon par la souffrance Jean, à toi, démagogue, il est prétentieux de citer les sages, mais je te rappelle Gorgias de Léontine
[2]. Lui enseignait qu'on n'expie, en cette vie ou dans l'autre, que par les douleurs et les souffrances. Et je te rappelle encore notre grand Socrate : "Désobéir à celui qui nous est supérieur, qu'il soit dieu ou homme, c'est mal et honteux". Or, si c'était juste de le faire pour obéir à une injuste sentence donnée par des hommes injustes, que sera-ce s'il s'agit d'un ordre donné par l'Homme très saint et par notre Dieu ?      I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif C'est une grande chose d'obéir, seulement parce que c'est obéir. C'est donc une très grande chose que d'obéir à un ordre saint, que moi je juge et qu'avec moi tu dois également juger, comme une grande miséricorde. Tu ne cesses de dire que ta vie arrive à son terme que tu ne sens pas encore d'avoir annulé tes dettes envers la Justice. Et pourquoi ne prends-tu pas cette grande douleur comme un moyen d'arriver à annuler ces dettes, et de le faire dans le court laps de temps qui te reste encore ? Une grande douleur pour avoir une grande paix ! Crois-moi qu'il vaut la peine de la souffrir. L'unique chose qui soit importante dans la vie, c'est d'arriver à la mort après avoir conquis la Vertu."           

"Tu me redonnes du courage, Sintica... Fais-le toujours."      

"Je le ferai. Je te le promets ici. Mais seconde-moi, en homme et en chrétien."         

Le repas est fini. Marie ramasse les poires qui restent et les met dans un vase pour les donner à André, qui sort et revient en disant "Il pleut toujours plus. Moi, je dirais qu'il vaut mieux..."      

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20> "Oui. Attendre, c'est toujours prolonger l'agonie. Je vais tout de suite préparer la bête. Et vous aussi, venez avec les coffres et le reste. Toi aussi, Porphyrée. Vite ! Tu es si patiente que l'âne en est charmé et se laisse habiller (c'est le mot qu'il emploie) sans entêtement. Après, s'en chargera André qui te ressemble. Allons, en route !" et Pierre pousse hors de la pièce et de la cuisine tout le monde sauf Marie, Jésus, Jean d'Endor et Sintica.        

"Maître ! Oh ! Maître, aide-moi ! C'est l'heure de... me sentir fendre le cœur ! Oui, elle est venue ! Oh ! pourquoi, bon Jésus, ne m'as-tu pas fait mourir ici, après avoir eu déjà le déchirement de ma condamnation et après avoir fait l'effort de l'accepter ?!" Et Jean tombe sur la poitrine de Jésus, en pleurant tout angoissé.   

Marie et Sintica essaient de le calmer et Marie, bien que toujours si réservée, le détache de Jésus en l'embrassant, en l'appelant : "Fils chéri, mon fils préféré"...

Sintica, à ce moment, s'agenouille aux pieds de Jésus en disant :
     I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif "Bénis-moi, consacre-moi pour que je sois fortifiée. Seigneur, Sauveur et Roi, ici, en présence de ta Mère, je jure et je promets de suivre ta doctrine et de te servir jusqu'à mon dernier soupir. Je jure et je promets de me vouer à ta doctrine et à ceux qui te suivent, par amour pour Toi, Maître et Sauveur. Je jure et je promets que ma vie n'aura pas d'autre but, et que tout ce qu'est le monde et la chair est pour moi définitivement mort, alors qu'avec l'aide de Dieu et des prières de ta Mère, j'espère vaincre le démon pour qu'il ne m'induise pas en erreur et qu'à l'heure de ton Jugement je ne sois pas condamnée. Je jure et je promets que les séductions et les menaces ne me feront pas plier et que je m'en souviendrai, à moins que Dieu n'en dispose autrement. Mais j'espère en Lui et je crois en sa Bonté, ce qui me donne la certitude qu'il ne me laissera pas à la merci de forces obscures plus fortes que les miennes. Consacre ta servante, ô Seigneur, pour qu'elle soit défendue contre les embûches de tout ennemi."       

Jésus lui met les mains sur la tête, les paumes ouvertes comme font aussi les prêtres, et prie sur elle.

Marie conduit Jean auprès de Sintica et le fait agenouiller en disant : "Lui aussi, mon Fils, pour qu'il te serve dans la sainteté et la paix."           

Et Jésus répète son geste sur la tête inclinée du pauvre Jean. Puis il le relève et fait lever Sintica, en mettant leurs mains dans les mains de Marie et en disant : "Et que ce soit elle, la dernière qui vous caresse ici" et il sort rapidement pour aller je ne sais où.    

"Mère, adieu ! Je n'oublierai jamais ces jours" gémit Jean.    

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21> "Moi non plus, je ne t'oublierai pas, fils chéri."    

"Moi aussi, Mère... Adieu. Permets-moi de t'embrasser encore. Oh ! après tant d'années je m'étais rassasiée de baisers maternels ! Maintenant, plus..." Sintica pleure dans les bras de Marie qui l'embrasse.           

Jean sanglote sans retenue. Marie l'embrasse lui aussi. Maintenant, elle les a tous les deux dans ses bras, vraie Mère des chrétiens, et elle effleure de ses lèvres très pures la joue rugueuse de Jean, un baiser pudique, mais si affectueux. Et, avec le baiser restent les larmes de la Vierge sur la joue émaciée...     

Pierre entre : "C'est prêt. Allons..." et il ne dit rien d'autre cause de l'émotion.            

Margziam qui suit son père comme l'ombre suit le corps, s'attache au cou de Sintica et l'embrasse, il embrasse Jean et lui donne des baisers, des baisers... Mais il pleure lui aussi.

Ils sortent, Marie tenant Sintica par la main et Margziam à la main de Jean.    

"Nos manteaux..." dit en pleurant Sintica, et elle va rentrer.    

"Ils sont ici, ils sont ici. Vite, prenez..." dit Pierre rudement pour ne pas s'émouvoir mais, derrière les deux qui s'enveloppent da leurs manteaux, il essuie ses larmes avec le dos de la main...      

Là-bas, au-delà de la haie, la lumière mouvante du char met une tache jaune dans l'air obscur... La pluie bruit dans les feuillages des oliviers, résonne sur le bassin plein d'eau... Un pigeon, éveillé par la lumière des lampes que les apôtres tiennent à l'abri des manteaux, tout bas pour éclairer les sentiers pleins de flaque d'eau, roucoule lamentablement...

Jésus est déjà près du char sur lequel on a tendu une couverture pour servir de capote.

"Allons, allons ! Il pleut beaucoup !" dit Pierre pour les faire presser. Et, pendant que Jacques de Zébédée remplace Porphyrée à la bride, lui, sans façons, soulève de terre Sintica et la pose sur le char et, avec encore plus de promptitude, il saisit Jean d'Endor et il le met dessus et il monte lui aussi, en donnant immédiatement au pauvre âne un coup de fouet si énergique que celui-ci se précipite en avant bousculant presque Jacques. Et Pierre insiste jusqu’à ce qu'ils se trouvent sur la vraie route à une bonne distance des maisons... Un dernier cri d'adieu suit ceux qui partent et qui pleurent sans se retenir...    

Pierre arrête ensuite la monture hors de Nazareth, en attend Jésus et les autres qui ne tardent pas à les rejoindre en marchant rapidement sous la pluie battante.     

22> Ils prennent une route à travers les jardins pour arriver de nouveau au nord de la ville, sans la traverser, Mais Nazareth est plongée dans la nuit et elle dort sous l'eau glacée de la nuit d'hiver... et je crois que le bruit des sabots de l'âne, peu sensible sur le terrain détrempé, en terre battue, n'est pas même perçu par des veilleurs éventuels...

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La troupe avance dans le plus grand silence. Seuls les sanglots des deux disciples se font entendre, mêlés au bruit de la pluie sur le feuillage des oliviers.        

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[1] Cf. au Tome 4, chapitre 176, le vœu de Margziam fait quelques jours avant la fête de la Dédicace.

[2] Gorgias de de Léontinoi (480 avant J.C. – 375 avant J.C.). Contemporain de Socrate. C’était un sophiste qui enseignait l’art de persuader.