"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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  8.512 - Profezia dinanzi ad un paese distrutto.

  4.510 - Among the Ruins of a Destroyed Village.

 Contient des passages faisant référence à : Matthieu 23,37-38


Dimanche 14 octobre 29 (17 Boul)
entre Nobé et
Rama


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 Vision de la dévastation future de Jérusalem

 Même une coupe d'eau aura sa récompense


- Jésus s'arrête à regarder des ruines 344

- Discours (La ruine qui attend Israël 346

- Qui n'a pas voulu accueillir son Messie 347

- Malheureux Israël !) 347

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 7

 

7.209.
Jésus dans les ruines d'un village détruit


344> Je ne sais en quel lieu se trouve Jésus. Certainement dans les montagnes et dans un endroit abandonné après avoir été détruit ou bien par quelque cataclysme ou bien par des opérations de guerre. Et je dirais qu'il s'agit plutôt de ces dernières, car les ruines des maisons montrent même des traces de flammes, dans les voûtes protégées de l'eau et encore visibles dans l'entrelacement des ronces, lierres et autres plantes grimpantes ou parasites qui ont poussé un peu partout. 345> Les larges feuilles peluchées d'une plante, dont je ne connais pas le nom, mais que j'ai remarquée aussi en Italie, couvrent entièrement une ruine qui paraît une petite montagne escarpée. Plus loin, un mur resté debout et tout seul pour contempler les ruines de la maison écroulée, est envahi par des câpriers et des pariétaires, et du parapet ajouré, de ce qui était une terrasse, pendent les branches d'une clématite qui ondulent au vent comme une chevelure défaite. Une autre maison dont l'intérieur est écroulé, mais dont les murs extérieurs sont encore debout, ressemble à un énorme vase à fleurs qui au lieu de tiges de fleurs contient des arbres qui ont poussé spontanément dans l'espace où étaient primitivement les appartements. Une autre, restée en partie debout avec des marches, ressemble à un autel préparé pour une cérémonie et tout orné de verdure. En haut de cette ruine, un peuplier, grêle et élancé, paraît demander au ciel le pourquoi de pareil malheur. Et d'une maison à l'autre, d'une ruine à l'autre, des arbres fruitiers obstinés et dégénérés, devenus sauvages, dominés par le reste de la végétation ou la dominant, nés de fruits tombés, tordus ou droits, rampants, sortis du trou d'un mur, d'un puits desséché, font penser à un bois enchanté. Des oiseaux et des pigeons, sortant des crevasses des ruines, se jettent avidement sur les alentours où autrefois il y avait certainement des champs cultivés et où maintenant ils trouvent un enchevêtrement de vesces dures, desséchées par le soleil, qui ouvrent leurs cosses pour laisser tomber leurs semences qui pousseront au printemps, de zizanie et d'ivraie. Les pigeons chassent avec de féroces coups d'aile les oiseaux plus petits qui cherchent quelque grain de mil ou de chanvre sorti de je ne sais quelle semence lointaine, qui au cours des années s'est perpétuée dans les champs incultes par un ensemencement spontané. Les oiseaux, spécialement les moineaux bagarreurs, qui se vengent en arrachant les maigres épis d'un mil misérable pour les emporter vers leurs nids, s'envolent péniblement, tout courbés sous le poids et l'embarras de la panicule.

Jésus n'a pas seulement avec Lui les apôtres, mais aussi un bon groupe de disciples dont Cléophas et Hermas d'Emmaüs, fils du vieux chef de synagogue Cléophas [1], et Étienne. Il y a aussi des hommes et des femmes, comme s'ils étaient venus de quelque village pour inviter Jésus à aller chez eux, ou bien comme s'ils l'avaient suivi, après son passage dans leur village. 346> Jésus, en traversant l'endroit couvert de ruines, s'arrête souvent pour regarder, et il s'arrête définitivement quand d'un endroit plus élevé il peut dominer cet entrelacement de ruines et de végétation où la vie est uniquement représentée par des pigeons, certainement autrefois doux et apprivoisés, et maintenant devenus sauvages et féroces. Les bras croisés, la tête un peu penchée, il contemple et plus il regarde, plus il devient pâle et triste.

"Pourquoi restes-tu ici, Maître ? Le lieu t'afflige, on le voit. Ne t'arrête pas à contempler. Je me repens de t'avoir fait passer par ici, mais le chemin était plus court" dit Cléophas d'Emmaüs.

"Oh ! Je ne regarde pas ce que vous voyez !"

"Et quoi donc, Seigneur ? Peut-être tu revois l'événement passé ? Certes ce fut effrayant. C'est le système de Rome..." dit l'autre d'Emmaüs [2].

"Et cela devrait faire réfléchir. Voyez tous. Ici il y avait une ville, pas grande, mais belle. Il y avait plus de demeures riches que d'humbles maisons. Et ils appartenaient à des riches ces lieux qui maintenant sont des bois sauvages, et ils appartenaient à des riches ces champs stériles couverts de ronces, d'ivraie, d'orties... Il y avait alors de beaux vergers et des champs couverts de moissons. Et les maisons étaient belles alors, avec des jardins pleins de fleurs, et des puits, et des fontaines où se baignaient les pigeons et où jouaient les enfants. Ils étaient heureux tous les habitants de cet endroit, et la félicité ne les a pas rendus justes. Ils ont oublié le Seigneur et ses paroles... Et voilà !

 Plus de maisons, plus de fleurs, plus de fontaines, ni de moissons, ni de fruits. Il ne reste que les pigeons, et pas heureux comme autrefois. Au lieu du grain blond et du cumin dont autrefois ils étaient friands et gavés, maintenant ils se battent pour avoir un peu de vesce rêche et d'ivraie amère. Et c'est fête s'ils trouvent un épi d'orge qui a poussé parmi les ruines !... Et, en regardant, je ne vois plus même les pigeons...

Mais des visages et des visages... dont beaucoup ne sont pas encore nés... et je vois des ruines et des ruines, et des ronces et des vignes sauvages, et des vesces sauvages qui couvrent les terres de la Patrie... Et tout cela parce que l'on n'a pas voulu accueillir le Seigneur. J'entends les pleurs des petits enfants épuisés, plus malheureux que ces oiseaux auxquels Dieu pourvoit encore par un minimum de secours pour leur garder la vie, alors que ces petits seront privés de tout secours, victimes du châtiment général, languissants sur le sein desséché des mères, mourant de privations et de douleurs et d'une épouvante sans nom. Et j'entends les lamentations des mères pour leurs enfants morts de faim sur leurs seins. 347> Et les lamentations des épouses qui n'ont plus d'époux, des vierges capturées pour servir aux plaisirs des vainqueurs, des hommes envoyés en captivité après avoir connu toutes les hontes de la guerre, et des vieillards qui ont assez vécu pour voir accomplie la prophétie de Daniel [3]. Et j'entends la voix infatigable d'Isaïe dans le souffle de ce vent parmi les ruines, dans la plainte des pigeons au milieu des décombres : "C'est avec des mots barbares, en une langue étrangère que le Seigneur parlera à ce peuple auquel Il avait dit : 'C'est ici mon repos. Restaurez celui qui est fatigué; c'est mon soulagement " [4].

Mais eux n'ont pas voulu écouter. Non. Il n'ont pas voulu, et le Seigneur n'a pas pu trouver de repos parmi son peuple. Celui qui est fatigué, qui s'est épuisé à parcourir ses contrées et à enseigner, guérir, convertir, réconforter, ne trouve pas de repos, mais la persécution. Pas de soulagement, mais des embûches et la trahison. Le Fils n'est qu'un avec le Père.

 Et si la Vérité vous a enseigné que même une coupe d'eau donnée à un homme aura sa récompense, [5] car tout acte de miséricorde fait à un frère est fait à Dieu Lui-même, quel châtiment y aura-t-il pour ceux qui disputent même la pierre du sentier qui pourrait servir d'oreiller à la tête du Fils de l'homme, et la source de la montagne qui coule par la bonté du Créateur, et le fruit oublié sur la branche laissé de côté parce que malade ou vert, et l'épi disputé aux pigeons, et qui ont déjà préparé le lacet pour étrangler l'air dans la gorge, et avec l'air, la vie ? Oh ! malheureux Israël qui as perdu en toi la justice, et qui as perdu la miséricorde de Dieu !

Voici, voici de nouveau la voix d'Isaïe dans le vent du soir, plus redoutable que le cri de l'oiseau de mort, redoutable presque comme celle qui résonna au Jardin Terrestre pour la condamnation des deux coupables, et — oh ! terrible chose ! — et qui n'est plus unie cette voix du Prophète comme alors à la promesse d'un pardon, comme alors ! Non. Il n'y a pas de pardon pour ceux qui méprisent Dieu, pour ceux qui disent : "Nous avons fait alliance avec la Mort, nous avons conclu un pacte avec l'Enfer. Les fléaux, quand ils viendront, ne viendront pas sur nous car nous avons mis notre espérance dans le Mensonge et nous serons protégés par lui qui est puissant" [6]. Voici, voici Isaïe qui répète ce qu'il a entendu du Seigneur : "Voici que pour le fondement de Sion, Je placerai une pierre angulaire, élue, précieuse... Et Je pèserai le jugement et mesurerai la justice, et la grêle détruira l'espérance dans le Mensonge, et les eaux bouleverseront les abris, et elle sera détruite votre alliance avec la Mort et il n'existera plus votre pacte avec l'Enfer. 348> Quand il passera tempétueux le fléau, il vous bouleversera, chaque fois il vous bouleversera et à toute heure, et il n'y aura que les châtiments pour vous faire comprendre la leçon" [7].

Malheureux Israël ! Comme ces champs où il ne persiste que la vesce aride et l'ivraie amère, et où il n'y a plus de grain, ainsi sera Israël, et la Terre qui n'a pas voulu Dieu n'aura pas de pain pour ses enfants, et ses enfants qui n'ont pas voulu accueillir Celui qui était fatigué, frappés, devenus sauvages, comme des galériens à la rame, s'en iront, esclaves de ceux qu'ils méprisaient comme inférieurs. Vraiment Dieu battra ce peuple orgueilleux sous le poids de sa justice et le brisera avec le brisoir de son jugement...

Voilà ce que je vois dans ces ruines. Des ruines ! Des ruines ! Au septentrion, au midi, à l'orient et à l'occident, et surtout au centre, dans le cœur, où la ville coupable sera changée en une fosse putride..."

Et des larmes lentement descendent le long du visage pâle de Jésus qui lève son manteau pour se cacher le visage, ne laissant découverts que ses yeux dilatés par la douloureuse vision.

Et il reprend son chemin, alors que ceux qui l'accompagnent hésitent à parler, glacés d'épouvante...

 



[1] Je pense qu'il y a une inversion dans la prise de note, car je ne connais que Cléophas, fils de Cléophas. Hermas est le notable d'Emmaüs. J'écrirais la phrase ainsi : " mais aussi un bon groupe de disciples dont Hermas d'Emmaüs et Cléophas, fils du vieux chef de synagogue Cléophas, et Étienne."

[2] Probablement une séquelle de la conquête de la Palestine par les armées de Pompée, il y a donc environ 80 ans. Notamment des représailles qu'entrepris Gabinius après la révolte d'Aristobule. (Cf. Flavius Josèphe : La guerre des juifs, Livre 1, VII, § 5 et 6)

[3] Daniel 9,26-27

[4] Isaïe 28,11-12

[5] Voir le chapitre 7.159

[6] Isaïe 28,15

[7] Isaïe 28,16-19