"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

© Centro Editoriale Valtortiano

Se repérer

Consulter la Bible en ligne

Aller sur le forum

Qui sommes-nous

 ;: I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\TableMatieres.gif

 3.181 - La parabola del grano e del loglio.

 3.181 - Parable of the Darnel.

 3.181 - La parábola del trigo y la cizaña.

 3.220 - Das Gleichnis vom guten Weizen und vom Unkraut.

 Автоматический перевод Google.

 Évangile:
- Matthieu 13,24-30.
- Matthieu 13,36-42.






Mardi 22 février 28
(9 Adar I 3788)
[1]
Bethsaïde.



Vers l'index des thématiques

 La parabole du Bon grain et de l’ivraie.

 Catéchèse sur la parabole.

 L'évolution différente des disciples.


   I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif La concordance avec les Évangiles est tirée des travaux d'Adèle Plamondon

   I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Les commentaires de bas de page sont de Jean-François Lavère et de François-Michel Debroise.


      I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Les versions audio de ce chapitre sont aimablement prêtées par la Librairie des éditions catholiques qui les édite.

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome.

Ancienne édition : Tome 3, chapitre 41.
Nouvelle édition : Tome 3, chapitre 181.

181.
La parabole du bon grain et de l'ivraie.

Vision du vendredi 8 juin 1945.


(ancienne édition).

184>  181.1 - Une aube claire fait briller comme des perles les eaux du lac et enveloppe les collines d'une brume légère. À travers ce voile de mousseline, les oliviers et les noyers, les maisons et les villages, juchés sur les sommets arrondis qui environnent le lac, apparaissent embellis. Les barques glissent tranquillement et sans bruit en direction de Capharnaüm. Mais, à un certain moment, Pierre tourne la barre du gouvernail si brusquement que la barque penche d'un côté.      

«Que fais-tu ? demande
André.          

—Je vois la barque d'un hibou
[2] ! Elle sort maintenant de Capharnaüm[3]. J'ai de bons yeux et, depuis hier soir, un flair de fin limier. Je ne veux pas qu'ils nous voient. Je retourne au fleuve. Nous irons à pied. »   

L'autre barque a elle aussi suivi la manœuvre, mais Jacques, qui tient la barre, demande à Pierre :         

«Pourquoi as-tu fait cela ?       

—Je te le dirai. Suis-moi.»       

Haut de page        

185> Jésus, qui est assis à la poupe[4], se réveille quand il est presque à la hauteur du Jourdain.    

«Mais que fais-tu, Simon ? lui demande-t-il.          

- On descend ici. Il y a un chacal
[5] en vue. On ne peut pas aller à Capharnaüm aujourd'hui. Je vais y aller, moi d'abord, pour me rendre compte. Simon et Nathanaël viennent avec moi : trois personnes dignes contre trois indignes... si du moins les indignes ne sont pas plus nombreux.           

-Ne vois pas des pièges partout, maintenant ! N'est-ce pas la barque de
Simon le pharisien ?      

-C'est bien elle.    

-Il n'était pas à la capture de
Jean.     

-Moi, je n'en sais rien.   

-Il est toujours respectueux à mon égard.    

-Je n'en sais rien.

-Tu me fais paraître lâche.       

-Je n'en sais rien. »        

Bien que Jésus n'ait pas envie de rire, il doit sourire devant ce saint entêtement de Pierre.   

«Mais nous devrons quand même aller à Capharnaüm. Si ce n'est pas aujourd'hui, ce sera plus tard...           

- Je t'ai dit que j'y allais d'abord, moi, et je me rendrai compte et... le cas échéant... je ferai encore cette... ce sera une belle couleuvre à avaler... mais je le ferai par amour pour toi... J'irai... j'irai chez le
centurion lui demander sa protection...     

-Mais non, il ne faut pas !»       

La barque s'arrête sur une petite plage déserte en face de
Bethsaïde. Tous descendent.          

«Venez, vous deux. Viens toi aussi,
Philippe. Vous, les jeunes, restez ici, Nous aurons vite fait. » 

Élie, le nouveau disciple, supplie[6] :    

«Viens chez moi, Maître. Je serais si heureux de te donner l'hospitalité...        

- Je viens. Simon, tu me rejoindras chez Élie. Adieu, Simon. Va. Mais sois bon, prudent et miséricordieux. Viens, que je t'embrasse et te bénisse. »        

Pierre ne promet pas d'être bon, ni patient, ni miséricordieux. Il se tait et échange un baiser avec son Maître. Simon le Zélote, Barthélemy et Philippe échangent eux aussi un baiser d'adieu et les deux groupes se séparent en prenant deux directions opposées
[7].     

Haut de page        

186>  181.2 - À leur entrée dans Chorazeïn, l'aurore a fait place au grand jour[8]. Il n'est pas une plante qui ne brille de joyaux de rosée. Les oiseaux chantent de tous côtés. Il y a un air pur, frais, qui semble même avoir un goût de lait, d'un lait végétal plutôt qu'animal, et l'odeur des grains de blé qui se forment dans les épis, des amandiers chargés de fruits... une odeur que j'ai sentie pendant les fraîches matinées dans les champs fertiles de la plaine du Pô.        

Ils arrivent très vite à la maison d'Elie. Mais, à Chorazeïn, beaucoup de gens savent déjà que le Maître est arrivé et, au moment où Jésus s'apprête à en franchir le seuil, une mère accourt en criant :           

«Jésus, fils de David, pitié pour mon enfant !»       

Elle tient dans ses bras une fillette d'une dizaine d'années, au teint cireux et très amaigrie. Plus que cireux, son teint est jaunâtre. 

«Qu'a ta fille ?     

- Les fièvres. Elle les a attrapées aux pâturages le long du Jourdain
[9], car nous sommes les bergers d'un homme riche. J'ai été appelée par son père auprès de la petite malade. Actuellement, il est reparti à la montagne. Mais toi, tu sais qu'avec cette maladie on ne peut aller en altitude[10]. Comment puis-je rester ici ? Le maître m'a laissée jusqu'à présent. Mais moi, je suis à la laine et à la mise bas. Le temps du travail arrive pour nous, les bergers. Nous serons renvoyés ou séparés si je reste ici. Et je verrai mourir ma fille si je monte sur l'Hermon.     

- As-tu foi que je peux le faire ?          

- J'en ai parlé à
Daniel, le berger d'Elisée. Il m'a dit : "Notre Enfant guérit toute maladie. Va trouver le Messie. " Je suis venue d'au-delà de Mérom à ta recherche en la portant dans mes bras. J'aurais toujours marché jusqu'à ce que je te trouve...       

- Ne marche plus que pour retourner chez toi, à ton paisible travail. Ta fille est guérie, car je le veux. Va en paix.»           

La femme regarde sa fille et Jésus tour à tour. Peut-être espère-t-elle voir l'enfant redevenir à l'instant même potelée et avec de belles couleurs. Voilà que la fillette écarquille ses yeux fatigués, qu'auparavant elle tenait fermés, en regardant Jésus et elle sourit.    

Haut de page        

187> «Ne crains rien, femme. Je ne te trompe pas. Sa fièvre a disparu pour toujours. De jour en jour, elle va reprendre meilleure mine. Laisse-la marcher. Elle ne chancellera plus et ne sentira pas la fatigue.»  

La mère pose par terre sa fille qui se tient bien droite et sourit d'un air toujours plus joyeux. À la fin, elle gazouille de sa voix argentine :        

«Bénis le Seigneur, maman ! Je suis bien guérie ! Je le sens.»   

Et, dans sa simplicité de pastourelle et de fillette, elle s'élance au cou de Jésus et lui donne un baiser. La mère, réservée comme l'âge l'enseigne, se prosterne et baise le vêtement du Seigneur en le bénissant.      

«Allez. Souvenez-vous du bienfait que vous avez obtenu de Dieu et soyez bonnes. Que la paix soit avec vous. » 

 181.3 - Mais la foule s'attroupe dans le petit jardin de la maison d'Élie et réclame la parole du Maître. Et, bien que Jésus n'ait guère envie de parler, affligé comme il l'est par la capture de Jean-Baptiste[11] et par la façon dont elle est survenue, il cède et, à l'ombre des arbres, il commence à parler.        
        I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\EcouterPlus.gif 
«En cette belle période où les épis de blés se forment, je veux vous proposer une parabole empruntée au grain de blé[12]. Écoutez.    

Le Royaume des Cieux est semblable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Mais, pendant que l'homme et ses serviteurs dormaient, son ennemi est arrivé et a semé des graines d'ivraie sur les sillons puis s'en est allé. Personne, au début, ne s'aperçut de rien. L'hiver vint, apportant pluies et givre. À la fin du mois de Tébet
[13], le grain germa, et l'on vit apparaître le vert tendre des petites herbes qui pointaient à peine. Dans leur enfance innocente, elles paraissaient toutes semblables. Vint le mois de Shebat puis celui d'Adar. Les plantes grandirent et les épis formèrent leurs grains. On vit alors que le vert n'était pas que du grain, mais qu'il y avait aussi de l'ivraie[14] bien enroulée avec ses vrilles fines et tenaces sur les tiges du blé[15].  

Les serviteurs du maître allèrent chez lui et lui dirent : "Seigneur, quelles graines as-tu semées ? Est-ce que ce n'étaient pas des graines de choix qui n'étaient pas mélangées à d'autres semences ?       

- Bien sûr que si ! J'en ai choisi les grains, tous de même qualité. Et j'aurais bien vu s'il y avait eu d'autres semences.   

Haut de page        

188> — Alors pourquoi autant d'ivraie a-t-elle poussé parmi ton bon grain ?"     

Le maître réfléchit, puis il répondit : "C'est un ennemi qui m'a fait cela pour me nuire."  

Les serviteurs demandèrent alors : "Veux-tu que nous passions au milieu des sillons et que, patiemment, nous dégagions les épis de l'ivraie en arrachant cette dernière ? Si tu l'ordonnes, nous le ferons."      

Mais le maître répondit : "Non. En le faisant, vous risqueriez d'arracher aussi le bon grain et presque certainement d'abîmer les épis encore tendres. Laissez-les pousser ensemble jusqu'à la moisson. Alors, je dirai aux moissonneurs : 'Fauchez tout ensemble ; puis, avant de lier les gerbes, maintenant que la sécheresse a rendu friables les vrilles de l'ivraie et que les épis serrés sont plus robustes et plus durs, séparez l'ivraie du bon grain et faites-en des bottes à part. Vous les brûlerez ensuite, cela formera une fumure pour le sol. Quant au bon grain, vous le porterez dans les greniers et il servira à faire un excellent pain, à la honte de l'ennemi qui n'y aura rien gagné d'autre que d'être méprisable aux yeux de Dieu à cause de sa méchanceté."       

Maintenant, réfléchissez en votre for intérieur : combien de fois et avec quelle abondance l'Ennemi sème-t-il dans vos cœurs ? Et comprenez comme il faut veiller avec patience et constance afin que peu d'ivraie se mélange au grain choisi. Le sort de l'ivraie, c'est de brûler. Voulez-vous brûler ou devenir citoyens du Royaume ? Vous dites que vous voulez être citoyens du Royaume. Eh bien, sachez l'être ! Le bon Dieu vous donne la Parole. L'Ennemi veille pour la rendre nuisible, car la farine de grain mélangée à de la farine d'ivraie donne un pain amer et nocif pour les intestins
[16]. S'il y a de l'ivraie dans votre âme, sachez, par votre bonne volonté, la mettre à part pour la jeter, afin de ne pas être indignes de Dieu. Allez, mes enfants, que la paix soit avec vous. »     

 181.4 - Les gens se dispersent lentement. Il ne reste dans le jardin que les huit apôtres, plus Élie, son frère, sa mère et le vieil Isaac qui se nourrit l'âme à regarder son Sauveur. 

«Venez autour de moi et écoutez. Je vous explique le sens complet de cette parabole, qui a encore deux aspects en plus de celui que j'ai montré à la foule.         

Haut de page        

189> Dans son sens universel, la parabole s'explique de la façon suivante : le champ, c'est le monde. La bonne semence, ce sont les fils du Royaume de Dieu semés par Dieu dans le monde en attendant d'arriver à leur fin et d'être coupés par la Faucheuse et amenés au Maître du monde pour qu'il les engrange dans ses greniers. L'ivraie, ce sont les fils du Malin répandus, à leur tour, sur le champ de Dieu dans l'intention de faire de la peine au Maître du monde et de nuire aussi aux épis de Dieu. Par un sortilège, l'Ennemi de Dieu les a semés exprès, car vraiment le diable dénature l'homme jusqu'à en faire une créature qui soit sienne, et il la sème pour corrompre les autres qu'il n'a pas pu asservir autrement.

La moisson, ou plutôt la formation des gerbes et leur transport dans les greniers, c'est la fin du monde et ce sont les anges qui en sont chargés. Il leur a été ordonné de rassembler les créatures après la fenaison et de séparer le bon grain de l'ivraie, et de même que, dans la parabole, on brûle cette dernière, ainsi, au Jugement dernier, les damnés seront brûlés dans le feu éternel.      

Le Fils de l'Homme enverra ses anges pour extirper de son Royaume tous les artisans de scandale et d'iniquité. Car alors le Royaume se trouvera sur la terre et au Ciel, et aux citoyens du Royaume sur la terre seront mêlés de nombreux fils de l'Ennemi. Ceux-ci atteindront, comme l'annoncent les prophètes
[17], la perfection du scandale et de l'abomination dans toute leur activité terrestre et ils causeront de terribles tracas aux fils de l'Esprit. Dans le Royaume de Dieu, aux Cieux, on aura déjà expulsé les corrompus, car la corruption n'entre pas au Ciel. Donc, en passant la faux dans les rangs de la dernière récolte, les anges du Seigneur faucheront et sépareront le bon grain de l'ivraie ; ils jetteront cette dernière dans la fournaise ardente où il n'y a que pleurs et grincements de dents, et ils emmèneront les justes, le grain de choix, dans la Jérusalem éternelle où ils resplendiront comme autant de soleils dans le Royaume de mon Père, qui est aussi le vôtre.     

 181.5 - Voilà donc le sens universel. Mais pour vous, il y en a un autre qui répond à des questions que vous vous êtes posées plusieurs fois, en particulier depuis hier soir. Vous vous demandez : "Mais, dans la masse des disciples, il peut donc y avoir des traîtres[18] ?" et en votre cœur vous frémissez d'horreur et de peur. Il peut y en avoir. Il y en a certainement.        

Haut de page        

190> Le semeur répand le bon grain. Dans ce cas, plus que répandre on pourrait dire : "choisit", car le Maître, que ce soit moi ou Jean-Baptiste, avait choisi ses disciples. Comment donc se sont-ils dévoyés ? Non, ce n'est pas cela qu'il faut dire. Je me suis mal exprimé en parlant de "semence" pour les disciples. Vous pourriez mal comprendre. Mieux vaut dire : "champ". Autant de disciples autant de champs, choisis par le Maître pour former l'aire du Royaume de Dieu, les biens de Dieu. Le Maître ne ménage pas ses efforts pour les cultiver afin qu'ils produisent cent pour cent. Il leur donne tous les soins, tous. Avec patience. Avec amour. Avec sagesse. Avec effort. Avec constance. Il voit aussi leurs mauvaises tendances, leur aridité et leur avidité. Il voit leurs entêtements et leurs faiblesses. Mais il espère toujours, et il fortifie son espérance par la prière et la pénitence, car il veut les amener à la perfection.       

        I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\EcouterPlus.gif
Mais les champs sont ouverts. Ce ne sont pas des jardins bien clos, entourés de murailles, dont le maître est le seul propriétaire et où il est seul à pouvoir entrer. Ils sont ouverts, placés au milieu du monde, dans le monde. Tous peuvent s'en approcher, tous peuvent y pénétrer. Tous et tout. Ah ! il n'y a pas que de l'ivraie comme mauvaise semence ! L'ivraie, ce pourrait être le symbole de la légèreté amère de l'esprit du monde. Mais voilà que, jetées par l'ennemi, toutes les autres semences y germent : voici les orties, le chiendent, la cuscute[19], le liseron, voici enfin la ciguë et les herbes toxiques. Pourquoi ? Pourquoi ? De quoi s'agit-il ?         

Les orties, ce sont les esprits piquants, indomptables, qui blessent par surabondance de venin et causent tant de désagrément. Le chiendent, ce sont les parasites qui épuisent le maître et qui ne savent que ramper et sucer, profitant de son travail et faisant du tort aux personnes de bonne volonté qui tireraient vraiment davantage de fruit si le maître n'était pas troublé et dérangé par les soins qu'exige le chiendent. Le liseron inerte, ce sont ceux qui ne s'élèvent de terre qu'en profitant des autres. Les cuscutes, ce sont ceux qui causent du tourment sur le chemin déjà pénible du maître et pour les disciples fidèles qui le suivent. Ils s'accrochent. s'enfoncent, déchirent, griffent, créent méfiance et souffrance. Quant aux herbes toxiques, ce sont les disciples criminels, ceux qui en arrivent à trahir et à éteindre la vie comme la ciguë et les autres plantes vénéneuses. Avez-vous déjà vu comme elles sont belles, avec leurs petites fleurs qui deviennent autant de petites boules blanches, rouges[20], bleu-violet
[21] ?        

Haut de page        

191> Qui pourrait croire que cette corolle étoilée, blanche ou à peine rosée, avec son petit cœur d'or, qui pourrait croire que ces coraux multicolores si semblables aux autres baies qui font les délices des oiseaux et des enfants peuvent, une fois arrivés à maturité, donner la mort ? Personne. Et les innocents se font piéger. Ils les croient bons comme eux-mêmes... Ils les cueillent et en meurent.           

Les bons croient les autres aussi bons qu'eux-mêmes ! Ah, quelle vérité qui élève le maître et condamne celui qui le trahit ! Comment ? La bonté ne désarme-t-elle pas ? Ne rend-elle pas inoffensif l'homme malveillant ? Non. Elle ne le rend pas tel, car l'homme tombé, devenu la proie de l'Ennemi, est insensible à tout ce qui est supérieur. À ses yeux, tout ce qui est supérieur change d'aspect. La bonté devient une faiblesse qu'il est permis de fouler aux pieds et qui exacerbe sa malveillance comme, chez un fauve, la volonté d'égorger est exacerbée par l'odeur du sang. Le maître lui-même est toujours un innocent... et il laisse le traître l'empoisonner car il ne veut et ne peut laisser penser aux autres qu'un homme puisse être le meurtrier d'un innocent.         

 181.6 - Les ennemis viennent chez les disciples, ces champs du Maître. Ils sont très nombreux. Le premier, c'est Satan. Les autres, ses serviteurs, à savoir les hommes, les passions, le monde et la chair. Pour eux, le disciple le plus facile à atteindre est celui qui ne reste pas tout près du Maître, mais qui se tient à mi-chemin entre le Maître et le monde. Il ne sait pas et ne veut pas se séparer de ce qui est jouissance, pour être tout entier à celui qui l'amène à Dieu. Les démons répandent sur lui leurs semences : l'or, la puissance, la femme, l'orgueil, la peur d'être mal jugé par le monde, l'esprit d'arrivisme. "Les grands sont les plus forts. Je les sers pour m'en faire des amis." C'est ainsi qu'on devient criminel et qu'on se damne pour ces misérables vanités...      

Pourquoi le Maître, qui voit l'imperfection de son disciple, même s'il ne veut pas se rendre à la pensée : "Celui-ci me donnera la mort", ne le renvoie-t-il pas immédiatement de sa suite ? C'est ce que vous vous demandez.

Parce qu'il est inutile de le faire. S'il le faisait, cela ne l'empêcherait pas de l'avoir pour ennemi, doublement ennemi et d'autant plus acharné, à cause de la rage ou de la douleur d'être découvert ou d'être chassé. La douleur, oui, car parfois le disciple ne se rend pas compte qu'il est mauvais.      

Haut de page        

191> L'œuvre du démon est tellement subtile qu'il ne le remarque pas. Il devient un démon sans soupçonner qu'il subit cette transformation. La rage aussi, oui : il enrage d'être connu pour ce qu'il est quand il est conscient de l'œuvre en lui de Satan et de ses adeptes, autrement dit de ceux qui profitent des faiblesses du faible pour lui faire supprimer le saint qui les offense, quand ils comparent sa bonté à leur propre noirceur.  

Quant au saint, il prie et s'abandonne à Dieu. "Que soit fait ce que tu permets qu'il se fasse", dit-il. Il ajoute seulement cette réserve : "pourvu que cela serve à tes fins." Le saint sait que l'heure viendra où la mauvaise ivraie sera séparée de sa moisson. Par qui ? Par Dieu lui-même, qui ne permet pas que l'on s'oppose, plus qu'il n'est utile, au triomphe de sa volonté d'amour.

 181.7 - Mais si tu admets que les coupables sont toujours Satan et ses adeptes... il me semble que la responsabilité du disciple en est amoindrie, objecte Matthieu.           

— Ne pense pas cela. Si le Mal existe, le Bien existe aussi, et l'homme a la faculté de discerner, donc la liberté de choisir.       

—Tu dis que Dieu ne permet pas que l'on s'oppose, plus qu'il n'est utile, au triomphe de sa volonté d'amour
[22]. Donc cette erreur elle-même est utile, s'il la permet, et elle sert au triomphe de la volonté divine, ajoute Judas.        

—Et tu en déduis, comme Matthieu, que cela justifie le crime du disciple. Dieu avait créé le lion sans férocité et le serpent sans venin. Maintenant, l'un est féroce, l'autre est venimeux. Mais Dieu les a séparés de l'homme pour cette raison. Médite là-dessus et fais-en l'application. Entrons dans la maison. Le soleil est déjà fort, trop fort, comme pour un début d'orage, et vous êtes fatigués par une nuit sans sommeil.       

Haut de page        

191> -En haut de la maison se trouve une pièce grande et fraîche. Vous pourrez vous y reposer» dit Élie.

 ;: I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\TableMatieres.gif

Ils montent par l'escalier extérieur. Mais seuls les apôtres s'étendent sur les nattes pour se reposer. Jésus sort sur la terrasse, dont un coin est ombragé par un rouvre[23] très haut et il s'absorbe dans ses pensées.   

Haut de page        

Fiche mise à jour le 25/07/17

 



[1] Le calendrier hébraïque est soli-lunaire. Pour rattraper le retard du calendrier sur le cours du soleil, il est nécessaire de rajouter, tous les trois ans environ, un mois supplémentaire. Dans cette année à treize mois, le mois d’Adar se dédouble : Adar I (mois normal) suivie d’Adar II (mois intercalaire). Nous trouvons, toutes proportions gardées, ce même principe avec nos années bissextiles.

[2] Ce sobriquet dans la bouche de Pierre est inspiré par le hibou de Palestine autrement appelé Grand-duc ascalaphe ou Grand-duc du désert (Bubo ascalaphus). Il habite en nombre les ruines et les lieux désolés, auxquels convient son cri lugubre (Source).

[3] Ils doivent être à 3 ou 4 km de Capharnaüm, et Pierre reconnaît la barque d'un des pharisiens.

[4] Poupe ou partie arrière d’un bateau. C'est sa place "habituelle", comme on le voit en EMV 448.3 et en EMV 185.2).

[5] Le chacal (schoual) est parfois appelé renard dans l’Ancien Testament. Il se ressemble en effet physiquement.

[6] Cf. EMV 179.

[7] Pierre longe la côte au sud-ouest vers Capharnaüm, tandis que le groupe de Jésus remonte au nord pour rattraper le sentier qui mène à Corozaïn.

[8] Ils ont parcouru 6 km, ce qui a pu leur prendre 1 h ½ environ.

[9] Très probablement la fièvre jaune, ou fièvre des marais, qui fit des ravages dans les populations durant toute l'Antiquité. Voir, à ce sujet, la note de bas de page 3 d’EMV 177.

[10] Cette indication médicale mériterait d’être examinée par des personnes compétentes.

[11] Il a appris cette nouvelle la veille.

[12] La parabole du bon grain et de l'ivraie est rapportée brièvement par Matthieu 13,24-30. Au Tome 8, chapitre 36, page 319 /vo 575.7 Jésus rappelle cette parabole à Jean et Jacques

[13] À la fin du mois de Tébet: début janvier; Shebat correspond à janvier/février, Adar à février/mars. Voir le calendrier.

[14] L’ivraie a pour nom botanique Lolium, proche de l’italien Loglio qu’emploie Maria Valtorta. Cependant la Vulgate emploie le mot Zizania (d’où vient l’expression semer la zizanie). En latin ce terme peut être générique et désigner une mauvaise herbe conformément à son sens syriaque (Zizon) d’où il vient. Les agronomes appellent "adventices" ces plantes malvenues et invasives. VOIR LE COMMENTAIRE.

[15] Dans les "mauvaises herbes" que Jésus cite par la suite, plusieurs plantes portent des vrilles comme le liseron ou la cuscute de Palestine. On comprend que Jésus demande à ne pas les arracher de peur d’arracher, en même temps, le bon grain.

[16] La cuscute a des propriétés laxatives et le liseron est un purgatif doux. La farine de l’ivraie commune, une graminée, mélangée en petite quantité à la farine de blé, empêche l’action de la levure. S’agissant des troubles intestinaux évoqués par Jésus, il doit s’agir de la cuscute ou du liseron ou d’un genre d’ivraie distinct de la graminée commune qui sert parfois de plante fourragère.

[17] Comme l'annoncent par exemple: Deutéronome 9,27 ; 11,31.36; 12,11.

[18] Voir le chapitre précédent EMV 180.8. La trahison d’un disciple de Jean-Baptiste, cause de l’arrestation du prophète, provoque un grand émoi.

[19] La cuscute de Palestine (cuscuta palaestina), est un parasite qui entoure les plantes grâce à de nombreux suçoirs. Voir les connaissances botaniques remarquables.

[20] Exemple de la Douce-amère ou Morelle douce-amère (Solanum dulcamara). Ses baies provoqueraient douleurs abdominales, vomissements et céphalées. Elles se rencontrent en Eurasie méridionale.

[21] C’est le cas de la corroyère à feuilles de myrte (corriara myrtifolia). Ses fruits, de couleur bleu-violet, sont appétissants, mais provoquent des intoxications alcooliques dans les troupeaux qui les mangent. Ils peuvent se montrer mortels dans certaines conditions. La plante n’est cependant commune que dans la partie ouest de la méditerranée. Cela peut être aussi le cas de la bryone dioïque (Bryonia dioica) Plante grimpante par ses vrilles, Elle peut provoquer par simple contact cutané des dermites, plus ou moins irritées. L'ingestion de parties de la plante (baies, racine) provoque des vomissements, de la diarrhée et peut avoir des conséquences graves (délire, crampes…). L'absorption de quelques dizaines de baies, attrayantes par leur couleur, suffirait à provoquer la mort d'un enfant.

[22] Dieu ne permet pas que l'on s'oppose, plus qu'il n'est utile, au triomphe de sa volonté d'amour: Sur un feuillet inséré dans la copie dactylographiée, Maria Valtorta a écrit une note qui se termine comme ceci : "Même si Dieu permet que l'homme accomplisse ce qu'il choisit de son plein gré d'accomplir, et cela pour le jauger et le confirmer en grâce ou bien juger qu'il mérite un châtiment, rien n'amoindrit la culpabilité de l'homme. Car, s'il est vrai que l'homme, à l'incitation de Dieu ou à l'instigation de Satan, peut faire le bien ou le mal, il n'en reste pas moins vrai que l'homme devrait suivre Dieu seul et ses invitations d'amour, car c'est de lui qu'il a reçu tous ces dons naturels, moraux et surnaturels capables de faire de lui un enfant de Dieu, héritier du Royaume. "

[23] Le chêne (rouvre) de Palestine (Quercus calliprinos) est un arbre à feuilles persistantes de la Méditerranée orientale, très apparenté au chêne kermès.