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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\italiano.gif 3.180. - Disputa nella cucina di Pietro a Betsaida. Spiegazione della parabola del seminatore. La notizia della seconda cattura del Battista.

    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\English.gif 2.180. - Lesson to the Apostles in Peter's Kitchen and Announcement of the Baptist's Capture.

    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\CarrePP.jpg Concordance avec l’Évangile:
Matthieu 13,10-23
Marc 4,10-20 et 25
Luc 8,9-15 et 18


lundi 21 février 28 (8 Adar)
Bethsaïda


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    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Pourquoi les paraboles

    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Commentaires de la parabole du semeur

    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Capture du Baptiste


               03-016 03-016 03-016I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Resume.gif

- Persécutions à venir et vengeance divine......... 229

- Ce qu'a été la conversion à Dieu du Zélote ........................ 230

- Discussion sur le Dieu immanent ......................................... 231

- Jésus félicite Pierre et Simon le Zélote ............................. 332

- Discours (Pourquoi des paraboles ? .................... 233

- Explication de la parabole du semeur) .......................... 234

- Le Baptiste livré par un des ses disciples ........................ 236

- Jésus sort seul............ 238


- Les apôtres craintifs font le guet ......................................... 238


             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif  La concordance avec les Évangiles est tirée des travaux d'Adèle Plamondon

             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif  Les références de l'Ancien Testament sont de Davis Amos

             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif  Les commentaires de bas de page sont de Jean-François Lavère

          I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif  Voir aussi l'infographie de Carlos Martinez


Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 3

 

3.40.
Dans la cuisine de Pierre.
Instruction et annonce de la capture du Baptiste


Vision du jeudi 7 juin 1945

229> Nous voici de nouveau dans la cuisine de Pierre. Le repas a été copieux car les plats, avec les restes de poisson et de viande, de fromage, de fruits secs ou du moins flétris, de fouaces de miel, s'entassent sur une sorte de crédence qui rappelle un peu nos maies de Toscane. Les amphores et les coupes sont encore en désordre sur la table. 

230> L'épouse de Pierre a fait des miracles pour faire plaisir à son mari et elle a travaillé toute la journée. Maintenant, fatiguée mais contente, elle reste dans son coin et écoute ce que dit son homme et ce que disent les autres. Elle le regarde, son Simon qui, pour elle, doit être un grand homme; même s'il est un peu exigeant. Quand elle l'entend parler avec des paroles nouvelles lui qui auparavant ne parlait que de barques, de filets, de poisson et d'argent, elle cligne des yeux comme si elle était éblouie par une lumière trop vive. Pierre, soit par joie d'avoir Jésus à sa table, soit par joie du copieux repas qui a été servi, est vraiment en veine ce soir et en lui se révèle le futur Pierre qui prêchera aux foules.    

Je ne sais quelle observation d'un compagnon a donné naissance à la réponse bien frappée de Pierre : "Il leur arrivera comme aux bâtisseurs de la tour de Babel
[1]. Leur orgueil provoquera l'écroulement de leurs théories et ils en seront écrasés." 

André objecte à son frère : "Mais Dieu est Miséricorde. Il empêchera l'écroulement pour leur donner le temps de se repentir."       

"Ne le pense pas. Pour couronner leur orgueil, ils emploieront la calomnie et la persécution. Oh ! moi, déjà je le pressens. Persécutions contre nous, pour nous disperser comme des témoins odieux. Et comme ils attaqueront traîtreusement la Vérité, Dieu exercera sa vengeance et ils périront."    

"Aurons-nous la force de résister ?" demande Thomas.         

"Voilà... moi je ne l'aurais pas, mais je me fie à Lui" et Pierre montre le Maître qui écoute et se tait debout la tête un peu inclinée comme pour cacher son visage expressif.        

"Je pense que Dieu ne nous donnera pas d’épreuves supérieures à nos forces" dit Mathieu.

"Ou pour le moins Il augmentera les forces en proportion des épreuves" conclut Jacques d'Alphée.     

"Il le fait déjà. J'étais riche et puissant. Si Dieu n'avait pas voulu me garder pour ses desseins, j'aurais péri désespéré quand je fus persécuté et lépreux
[2]. Je me serais acharné contre moi-même... Au lieu de cela, sur mon complet écroulement descendit une richesse nouvelle que je n'avais jamais possédée auparavant : la richesse d'une certitude : "Dieu existe". Avant... Dieu... Oui, j'étais croyant, j'étais un fidèle israélite. Mais c'était une foi de formalismes. Et il me semblait que sa récompense était toujours inférieure à mes vertus. Je me permettais de discuter avec Dieu car je me sentais encore quelque chose sur la terre. Simon Pierre a raison. Moi aussi je construisais une tour de Babel avec les autolouanges et les satisfactions de mon moi. Quand tout s'écroula sur moi et que je fus un ver écrasé sous le poids de tout cet inutile humain, alors je n'ai plus discuté avec Dieu mais avec moi-même, avec mon fou moi-même, et je finis de le démolir.     

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231> Et plus je le faisais, en faisant un chemin à ce que je pense qu'est le Dieu immanent au-dessus de notre être de terrestres, voilà que je rejoignais une force, une richesse nouvelle. La certitude que je n'étais pas seul et que Dieu veillait sur l'homme vaincu par l'homme et par le mal."         

"Selon toi, que penses-tu que soit Dieu, celui que tu as dit : "le Dieu immanent au-dessus de notre être de terrestres" ? Que veux- tu dire ? Je ne comprends pas et cela me semble une hérésie. Dieu est celui que nous connaissons à travers la Loi et les Prophètes, Il n'y en a pas d'autre" dit, un peu sévère, Judas l'Iscariote.   

"Si Jean était là, il le dirait mieux que moi[3], mais moi je le dis comme je sais. Dieu est celui que nous connaissons à travers la Loi et les Prophètes, c'est vrai. Mais en quoi Le connaissons-nous ? Comment ?"      

Jude d'Alphée bondit ; "Peu et mal. Les Prophètes, qui nous l'ont décrit, eux Le connaissaient encore. Mais nous, nous en avons une idée confuse qui filtre au travers d'un encombrement d'un tas d'explications qu'ont accumulées les sectes..."        

"Des sectes ? Mais comment parles-tu ? Nous n'avons pas de sectes. Nous sommes les fils de la Loi. Tous" dit l'Iscariote indigné, agressif.   

"Les fils des lois, mais pas de la Loi. Il y a une légère différence entre le singulier et le pluriel. Mais dans la réalité, voilà ce qu'il en est : nous sommes les fils de ce que nous avons créé et non plus de ce que Dieu nous a donné" réplique Thaddée.      

"Les lois sont nées de la Loi" dit l'Iscariote.  

"Les maladies aussi naissent de notre corps, et tu ne voudrais pas me dire que ce sont de bonnes choses" réplique Thaddée.   

"Mais permettez-moi de savoir ce qu'est le Dieu immanent de Simon le Zélote." L'Iscariote, qui ne peut répliquer à l'observation de Jude d'Alphée, essaie de ramener la question au point de départ.       

Simon le Zélote dit ; "À nos sens, il faut toujours un terme pour saisir une idée. Chacun de nous, je parle de nous qui croyons, croit par la force de la foi au Très-Haut Seigneur et Créateur, Dieu éternel qui est au Ciel. Mais tout être a besoin de physique, cette foi nue, vierge, incorporelle, apte et suffisante aux anges qui voient et aiment Dieu spirituellement, partageant avec Lui la nature spirituelle et ayant la capacité de voir Dieu. Nous nous avons besoin de nous créer une "image" de Dieu.   

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232> Cette image est faite des qualités essentielles que nous donnons à Dieu pour donner un nom à sa perfection absolue, infinie. Plus l'âme se concentre, et plus elle arrive à rejoindre l'exactitude dans la connaissance de Dieu. Voici ce que j'entends par "le Dieu immanent". Je ne suis pas un philosophe. Peut-être le terme s'applique-t-il mal. Mais en somme pour moi le Dieu immanent c'est le sentiment de Dieu, la perception de Dieu en notre esprit, et Le sentir et Le percevoir non plus comme une idée abstraite mais comme une présence réelle qui nous donne une force et une paix nouvelle."

"C'est bien. Comment en as-tu le sentiment ? Quelle différence y a-t il entre sentir par la foi et sentir par l'immanence ?" demande l'Iscariote un peu ironique.      

"Dieu est sécurité, garçon" dit Pierre.            

"Quand tu en as le sentiment comme dit Simon, en employant ce terme que littéralement je ne comprends pas mais dont je comprends l'esprit - et crois bien que notre mal est de comprendre la lettre, mais pas l'esprit des paroles de Dieu - cela veut dire que tu réussis à saisir non seulement le concept de la majesté terrible mais de la très douce paternité de Dieu. Cela veut dire que tu as le sentiment que quand le monde entier te jugerait et te condamnerait injustement, Un seul, Lui, l'Éternel qui est pour toi un Père, ne te juge pas mais t'absout et te console. Cela veut dire que tu as le sentiment que quand tout le monde te haïrait tu sentirais sur toi un amour plus grand que le monde entier. Cela veut dire qu'isolé dans une prison ou un désert tu sentirais toujours que Quelqu'un te parle et te dit : "Sois saint pour être comme ton Père". Cela veut dire que par un amour vrai envers le Dieu Père, que finalement on arrive à percevoir tel, on accepte, on travaille, on prend ou on laisse sans mesure humaine, en ne pensant qu'à rendre amour pour amour, qu'à copier Dieu le plus possible dans ses propres actions."

"Tu es orgueilleux ! Copier Dieu ! Cela ne t'est pas accordé" juge l'Iscariote.

"Ce n'est pas de l'orgueil. L'amour mène à l'obéissance. Copier Dieu me semble encore une forme d'obéissance puisque Dieu dit nous avoir fait à son image et à sa ressemblance
[4]" réplique Pierre.         

"Il nous a faits. Nous, nous ne devons pas monter plus haut."          

"Mais tu es un malheureux, si tu penses ainsi, cher garçon ! Tu oublies que nous sommes déchus et que Dieu veut nous ramener à ce que nous étions."          

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233> Jésus prend la parole : "Davantage encore, Pierre, Judas et vous tous. La perfection d'Adam était encore susceptible de grandir grâce à l'amour qui l'aurait amené à une image toujours plus exacte de son Créateur. Adam, sans la tache du péché, aurait été un très pur miroir de Dieu. C'est pour cela que je dis : "Soyez parfaits comme est parfait le Père qui est aux Cieux[5]". Comme le Père, donc comme Dieu. Pierre a très bien parlé, ainsi que Simon. Je vous prie de vous rappeler leurs paroles et de les appliquer à vos âmes."            

Il s'en faut de peu que l'épouse de Pierre s'évanouisse de joie d'entendre louer ainsi son mari. Elle pleure derrière son voile, tranquille et bienheureuse. Pierre semble avoir une attaque d'apoplexie tant il devient rouge. Il reste muet un moment, et puis il dit : "Eh bien, alors, donne-moi la récompense. La parabole de ce matin...
[6]"          

Les autres aussi s'unissent à Pierre en disant : "Oui, tu l'as dit. Les paraboles sont bien utiles pour faire comprendre la comparaison, mais nous, nous comprenons qu'elles ont un sens qui dépasse la comparaison.
    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif Pourquoi leur parles-tu à eux en paraboles ?"   

"Parce qu'à eux il n'est pas accordé de comprendre plus que ce que j'explique. À vous il est donné beaucoup plus parce que vous, mes apôtres, devez connaître le mystère, et il vous est par conséquent donné de comprendre les mystères du Royaume des Cieux. C'est pour cela que je vous dis: "Demandez si vous ne comprenez pas l'esprit de la parabole". Vous donnez tout et tout vous est donné pour qu'à votre tour vous puissiez tout donner. Vous donnez tout à Dieu: affections, temps, intérêts, liberté, vie. Et Dieu vous donne tout en compensation et pour vous rendre capables de tout donner au nom de Dieu à qui vient après vous. Ainsi à celui qui a donné il sera donné et abondamment. Mais à celui qui n'a donné qu'en partie ou qui n'a pas donné du tout, on enlèvera même ce qu'il a.          

Je leur parle en paraboles pour qu'en voyant, ils découvrent seulement ce qu'éclaire leur volonté d'adhésion à Dieu, pour qu'en écoutant, toujours par leur volonté d'adhésion, ils entendent et comprennent. Vous, vous voyez ! Beaucoup de gens entendent ma parole, peu adhèrent à Dieu. Leurs esprits sont privés de la bonne volonté. En eux s'accomplit la prophétie d'Isaïe: "Vous écouterez avec vos oreilles et vous n'entendrez pas. Vous regarderez de vos yeux et vous ne verrez pas
[7]". Parce que ce peuple a un cœur insensible, les oreilles dures et les yeux fermés pour ne pas voir et ne pas entendre, pour ne pas entendre avec leurs cœurs et ne pas se convertir pour que je les guérisse.    

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234> Mais bienheureux êtes-vous à cause de vos yeux qui voient et de vos oreilles qui entendent, à cause de votre bonne volonté ! En vérité je vous dis que beaucoup de Prophètes et beaucoup de justes ont désiré voir ce que vous voyez et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l'ont point entendu[8]. Ils se sont consumés dans le désir de comprendre le mystère des paroles mais, une fois éteinte la lumière de la prophétie, voilà que les paroles sont restées comme des charbons éteints, même pour le saint qui les avait eues.        

Seul Dieu se révèle Lui-même. Quand sa lumière se retire, ayant atteint son but d'éclairer le mystère, l'incapacité de comprendre enserre, comme les bandelettes d'une momie, la vérité royale de la parole reçue. C'est pour cela que je t'ai dit ce matin
[9] : "Un jour viendra où tu retrouveras tout ce que je t'ai donné". Maintenant tu ne peux retenir. Mais plus tard la lumière viendra sur toi, non pas pour un instant, mais pour un indissoluble mariage de l'Esprit Éternel avec le tien, qui rendra infaillible ton enseignement en ce qui concerne le Royaume de Dieu. Et comme ce sera pour toi, ce sera pour tes successeurs s'ils vivent de Dieu comme d'un unique pain.           

    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif Maintenant, écoutez l'esprit de la parabole. Nous avons quatre sortes de champs : ceux qui sont fertiles, ceux qui sont encombrés d'épines, ceux où abondent les pierres, ceux qui sont pleins de sentiers. Nous avons aussi quatre sortes d'esprits.    

Nous avons les esprits honnêtes, les esprits de bonne volonté, préparés par leur travail et par le bon travail d'un apôtre, d'un "véritable" apôtre, car il y en a qui en ont le nom, mais pas l'esprit. Ils sont plus meurtriers sur les esprits en voie de formation que les oiseaux, les épines et les cailloux eux-mêmes. Avec leurs intransigeances, leurs hâtes, leurs reproches, avec leurs menaces, ils déroutent de telle façon qu'ils éloignent pour toujours de Dieu. Il y en a d'autres à l'opposé qui, par un arrosement continuel de bienveillance déplacée, font pourrir la semence dans une terre trop molle. Par leur manque de virilité ils dévirilisent les âmes dont ils s'occupent. Mais n'envisageons que les vrais apôtres, ceux qui sont de purs miroirs de Dieu. Ils sont paternels, miséricordieux, patients et en même temps forts comme leur Seigneur. Voilà que les esprits préparés par eux et par leur propre volonté sont comparables aux champs fertiles sans cailloux et sans ronces, nets de chiendent et d'ivraie. En eux prospère la parole de Dieu et toute parole : une semence fait une touffe et des épis, en donnant ici
le cent pour cent, ailleurs le soixante, ailleurs encore le trente pour cent[10].

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235> Y en a-t-il parmi ceux qui me suivent ? Certainement et ils seront saints. Parmi eux, il y en a de toutes les castes, de tous les pays. Il y a même des gentils et qui pourtant donneront le cent pour cent par leur bonne volonté, uniquement par elle, ou bien par elle et celle d'un apôtre ou d'un disciple qui me les prépare.           

Les champs épineux sont ceux où l'incurie a laissé pénétrer les enchevêtrements épineux des intérêts personnels qui étouffent la bonne semence. Il faut se surveiller toujours, toujours, toujours. Il ne faut jamais dire : "Oh ! désormais je suis formé, ensemencé, je puis être tranquille que je donnerai des semences de vie éternelle". Il faut se surveiller : la lutte entre le Bien et le Mal est continuelle. Avez-vous jamais observé une tribu de fourmis qui s'installent dans une maison ? Les voilà sur le foyer. La femme n'y laisse plus de nourriture et la met sur la table; et elles flairent l'air et donnent l'assaut à la table. La femme les met dans la crédence, et elles passent par la serrure. La femme suspend ses provisions au plafond, et elles font un long chemin le long des murs et des soliveaux, elles descendent le long des cordes et dévorent. La femme les brûle, les empoisonne et puis reste tranquille, croyant les avoir détruites. Oh ! si elle ne veille pas, quelle surprise ! Voilà que sortent celles qui viennent de naître et tout est à recommencer. C'est ainsi tant qu'on vit. Il faut se surveiller pour extirper les mauvaises plantes dès qu'elles sortent, dans le cas contraire elles font un plafond de ronces et étouffent la graine. Les soucis mondains, la duperie des richesses créent l'enchevêtrement, noient les plantes semées par Dieu et les empêchent de former l'épi.  

Voici maintenant les champs pleins de cailloux. Combien il y en a en Israël ! Ce sont ceux qui appartiennent aux "fils des lois" comme l'a dit très justement mon frère Jude. Il ne s'y trouve pas la Pierre unique du Témoignage, il n'y a pas la Pierre de la Loi. Il y a la pierraille des petites, pauvres lois humaines créées par les hommes. Tant et tant qui, par leur poids, ont fait une carapace même à la Pierre de la Loi. C'est une ruine qui empêche tout enracinement de la semence. La racine n'est plus nourrie. Il n'y a plus de terre, plus de sucs nourriciers. L'eau fait pourrir parce qu'elle stagne sur les pavés des sillons. Le soleil échauffe les sillons et brûle les petites plantes. Ce sont les esprits de ceux qui ont remplacé par des doctrines humaines compliquées la simple doctrine de Dieu. Ils reçoivent, et même avec joie, ma parole.          

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236> Sur le coup, elle les ébranle et les séduit. Mais ensuite... Il faudrait de l'héroïsme pour piocher jusqu'à débarrasser le champ, l'âme et l'esprit de toute la pierraille des rhéteurs. Alors la semence s'enracinerait et formerait une forte touffe. Autrement... elle ne donne rien. Il suffit de la crainte de représailles humaines. Il suffit d'une réflexion : "Mais, après cela ? Que me feront-ils, les puissants ?" et la pauvre semence languit sans nourriture. Il suffit que toute la pierraille s'agite avec le son vain des cent et cent préceptes qui se sont substitués au Précepte et voilà que l'homme périt avec la semence qu’il a reçue... Israël est rempli de ces hommes. Ceci explique comment le chemin vers Dieu va en sens inverse de celui de la puissance humaine.  

Enfin, pour finir, les champs pleins de sentiers, poussiéreux, dénudés. Ce sont ceux des mondains, des égoïstes. Leur confort est leur loi, la jouissance est leur but. Ne pas se fatiguer, sommeiller, rire, manger... L'esprit du monde est roi chez eux. La poussière de la mondanité couvre le terrain qui devient stérile. Les oiseaux, qui symbolisent la dissipation, se précipitent sur les mille sentiers qu'on a ouverts pour rendre la vie plus facile. L'esprit du monde, c'est-à-dire du Malin, dévore et détruit toute semence qui tombe sur ce terrain ouvert à toutes les sensualités et à toutes les légèretés.       

Avez-vous compris ? Avez-vous autre chose à demander ? Non ? Alors nous pouvons aller nous reposer pour partir demain pour Capharnaüm. Je dois aller encore dans un endroit avant de commencer le voyage vers Jérusalem pour la Pâque."        

"Passerons-nous encore par Arimathie ?" demande l'Iscariote.          

"Ce n'est pas sûr. Cela dépend des..." On a frappé violemment à la porte.    

"Mais qui peut-il être à cette heure ?" dit Pierre en se levant pour aller ouvrir.

C'est Jean qui se présente, bouleversé, couvert de poussière avec des marques visibles de pleurs sur le visage.

"Toi ici ?" s'écrient-ils tous. "Mais qu'est-il arrivé ?"   

Jésus qui s'est levé dit seulement : "La Mère, où est-elle ?"   

Jean s'avance, va s'agenouiller aux pieds de son Maître, tendant les bras comme pour avoir du secours et dit : "La Mère se porte bien, mais elle est en larmes comme moi, comme tant de gens et elle te prie de ne pas venir en suivant le Jourdain de notre côté
[11]. Elle m'a fait revenir pour cela parce que... parce que Jean, ton cousin a été fait prisonnier..." Et Jean pleure alors qu'un grand émoi saisit ceux qui sont présents.

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237> Jésus devient très pâle mais ne se trouble pas. Il dit seulement: "Lève-toi et raconte."

"J'allais vers le sud avec la Mère et les femmes. Isaac et aussi Timon étaient avec nous. Trois femmes et trois hommes. J'ai obéi à ton ordre de conduire Marie auprès de Jean... ah ! Tu le savais que c'était le dernier adieu !... Que ce devait être le dernier adieu. Les orages des jours derniers nous ont fait arrêter quelques heures, mais cela a suffi pour que Jean ne pût plus voir Marie ... Nous sommes arrivés à la sixième heure et lui avait été pris au chant du coq ...
[12]"          

"Mais où ? Mais comment ? Par qui ? Dans sa grotte ?" tout le monde questionne, tous veulent savoir.          

"Il a été trahi. On s'est servi de ton Nom pour le trahir !"        

"Quelle horreur ! Mais qui était-ce ?" crient-ils tous.   

Et Jean, en frissonnant dit tout bas cette horreur que l'air lui-même ne devrait pas entendre : "Par l'un de ses disciples ...
[13]"        

L'émoi est à son comble. Les uns maudissent, d'autres pleurent, d'autres abasourdis restent immobiles comme des statues.        

Jean s'attache au cou de Jésus et crie : "J'ai peur pour Toi ! pour Toi ! pour Toi ! Les saints ont leurs traîtres qui se vendent pour de l'or, pour de l'or et par peur des grands, par l'appât d'une récompense, par... par soumission à Satan. Pour mille et mille choses ! Oh ! Jésus, Jésus, Jésus ! Quelle douleur ! Mon premier maître ! Mon Jean qui m'a donné à Toi !"

"Du calme ! Il ne m'arrivera rien pour le moment."      

"Mais après ? Mais après ? Je me regarde... je regarde ceux-ci ... j'ai peur de tous, même de moi. Il y aura parmi nous ton traître..."      

"Mais tu es fou ? Et tu crois que nous ne le mettrions pas en pièces ?" crie Pierre.    

Et l'Iscariote: "Oh ! vraiment fou ! Moi, je ne trahirai jamais. Mais, si je me sentais affaibli au point de le faire, je me tuerais
[14]. Cela vaut mieux que d'être le meurtrier de Dieu."    

Jésus se dégage de l'étreinte de Jean et secoue rudement l'Iscariote en lui disant : "Ne blasphème pas ! Rien ne pourra t'affaiblir si tu ne le veux pas. Et si cela arrivait, il faudrait pleurer et ne pas commettre un crime qui s'ajoute au déicide. Devient faible celui qui rompt le lien vivant avec Dieu." Puis il se tourne vers Jean qui pleure, la tête appuyée sur la table et il dit : "Parle avec ordre. Moi aussi je souffre. C'était mon sang et mon Précurseur."

"Je n'ai vu que ses disciples, une partie d'entre eux, consternés et furieux contre le traître. Les autres ont accompagné Jean à la prison pour être à côté de lui à sa mort."         

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238> "Mais il n'est pas encore mort... l'autre fois il a pu s'enfuir" dit le Zélote qui aime beaucoup Jean, pour essayer de le réconforter.        

"Il n'est pas encore mort, mais il mourra" répond Jean.         

"Oui, il mourra. Il le sait comme Moi, je le sais
[15]. Rien, ni personne ne le sauvera cette fois. Quand ? Je ne sais pas. Je sais qu'il ne sortira pas vivant des mains d'Hérode."

"Oui, d'Hérode. Écoute. Il est allé vers cette gorge par laquelle nous sommes passés, nous aussi en revenant en Galilée[16], entre les monts Ebal et Garizim, parce que le traître lui avait dit : "Le Messie est mourant après avoir été assailli par des ennemis. Il veut te voir pour te confier un secret". Et il est parti avec le traître et quelques autres. À l'ombre du vallon étaient les soldats d'Hérode qui l'ont pris. Les autres se sont enfuis, apportant la nouvelle aux disciples restés près d'Hennon. Ils venaient d'arriver quand je les ai rejoints avec la Mère. Et ce qui est horrible, c'est que c'était un de nos régions... et que ce sont les pharisiens de Capharnaüm qui sont à la tête du complot[17]. Ils étaient allés le trouver en disant que tu avais été leur hôte et que, de là, tu étais parti pour la Judée... Il ne serait pas sorti de son refuge pour un autre que Toi ...[18]"         

Un silence de mort succède au récit de Jean. Jésus semble à bout: ses yeux d'un bleu très sombre sont comme embués. Il est là, la tête inclinée, la main encore posée sur l'épaule de Jean et sa main est agitée par un léger tremblement. Personne n'ose parler. Jésus rompt le silence : "Nous irons en Judée par une autre route. Mais demain je dois aller à Capharnaüm, le plus tôt possible. Reposez- vous. Je monte dans les oliviers. J'ai besoin d'être seul." Et il sort sans rien ajouter.           

"Il va certainement pleurer" murmure Jacques d'Alphée.        

"Suivons-le, frère" dit Jude Thaddée.            

"Non, laissez-le pleurer. Seulement, sortons doucement et soyons à l'écoute. Je crains des pièges de tous côtés" répond le Zélote.       

"Oui, allons. Nous pêcheurs sur la rive et si quelqu'un vient du large, nous le verrons. Vous parmi les oliviers. Il est sûrement à sa place habituelle, près du noyer. À l'aube nous préparerons les barques pour partir au plus vite. Ces serpents ! Hé ! je l'ai dit, moi ! Dis, garçon ? Mais... la Mère est elle bien en sûreté ?"     

"Oh ! oui ! Même les bergers disciples de Jean sont allés avec elle. André... nous ne le verrons plus, notre Jean !"    

"Tais-toi ! Tais-toi ! Il me semble que c'est comme le chant du coucou... L'un précède l'autre et... et..."      

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239> "Pour l'Arche Sainte ! Taisez-vous ! Si vous parlez encore de malheur au Maître, je commence par vous faire apprécier le goût de ma rame sur vos reins !" crie Pierre furieux. "Vous" dit-il ensuite à ceux qui restent parmi les oliviers "prenez des bâtons, de grosses branches. Il y en a là, dans le bûcher et disséminez-vous avec vos armes. Le premier qui s'approche de Jésus pour Lui nuire, qu'on le tue."     

"Les disciples ! Les disciples ! Il faut être prudent avec les nouveaux !" s'exclame Philippe.

Le nouveau disciple se sent blessé et dit : "Doutes-tu de moi ? C'est Lui qui m'a choisi et voulu."         

"Pas de toi, mais de ceux qui sont scribes et pharisiens et de ceux qui les adorent. C'est de là que viendra la ruine, croyez-le."

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Ils sortent et s'éparpillent les uns dans les barques, les autres dans les oliviers des collines, et tout prend fin.      

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[1] Allusion à Genèse 11,1-9

[2] Simon a déjà évoqué ces différentes périodes de sa vie, dès avril 27 (Tome 2, chapitre 19 /vo 56.1/7), puis en juin (Tome 2, chapitre 36 /vo 72.1/6) et en novembre (Tome 2, chapitre 83 /vo 116.1/11).

[3] On sait depuis le Tome 3, chapitre 37 /vo 177.1 et Ib°, chapitre 38 /vo 178.1 que Jean a été envoyé en mission à Enon par Jésus.

[4] Genèse 1,26

[5] En réponse à Judas qui affirmait que vouloir imiter Dieu, c'est de l'orgueil. Seul Matthieu rapporte ce propos (Matthieu 5,48), déjà dit par Jésus durant le sermon sur la montagne (Tome 3, chapitre 31, page 166 /vo171.5). Puis à nouveau lors de la multiplication des pains (Tome 5, chapitre 42, page 280 /vo353.1), puis à Béthanie (Tome 8, chapitre 11, page 93 /vo 550.4), et le mercredi avant la Passion (Tome 9, chapitre 15, page 125 /vo 596.42), et une ultime fois sur le Thabor (Tome 10, chapitre 20, page 172 /vo 634.8).

[6] Pierre rappelle à Jésus sa promesse de leur expliquer la parabole du semeur. (Tome 3, chapitre 39, page 224 /vo 179.5). (Voir Matthieu 13,10-11).

[7] Il s'agit de la prophétie d'Isaïe 6,9.

[8] Dans la continuité du texte rapporté par Matthieu, tandis que Luc le donne dans un autre contexte. (Luc 10,24).

[9] C'est typiquement le genre de détail en apparence anodin, mais très utile pour établir la chronologie.

[10] Conforme aux propos transmis par Matthieu 13,23 et Marc 4,20. Quant à Luc 8,15 et son surprenant "portent du fruit par la patience" Jean Carmignac a montré que pour passer, en hébreu, de "la patience" à "au centuple", il n’y a que deux lettres qui soit se touchent, soit sont séparées. Si elles ne se touchent pas tout à fait, ces lettres veulent dire "au centuple".

[11] Jésus confirme au Tome 3, chapitre 48, page 275 /vo187.3 qu'il respecte ce souhait de sa mère, et en reparle à Marie au Tome 3, chapitre 59, page 335 /vo198.1/2.

[12] Gallicinium, "le chant du coq", correspondait à la dernière veille : de 3h à 6h du matin.

[13] Ce fait, qui ne semble être évoqué par aucune tradition, indique que Le Précurseur a lui aussi été trahi par un des siens.

[14] C’est le germe de l'idée de suicide, que Judas mettra en œuvre après sa trahison (Tome 9, chapitre 24, /vo 605.1/13).

[15] Jésus ne l'avait d'ailleurs pas caché à Jean lui-même, en lui rendant visite au Tome 3, chapitre 8, page 33, /vo.148.2. La mort du Baptiste est annoncée au Tome 4, chapitre 133, page 317, /vo 270.7.

[16] C'était lors de la rencontre avec la samaritaine Fotinaï au Tome 3, chapitre 3, page 16, /vo.143.4.

[17] Ce sont probablement Joachim et Élie de Capharnaüm qui ont organisé ce complot. (Voir Tome 3, chapitre 42, page 247, /vo 182.1).

[18] Enon, en limite de la Décapole et de la Samarie, était hors de la juridiction d'Hérode. Jean y était à l'abri.