"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 8.504 - Marziam preparato al distacco. Ritorno al villaggio di Salomon e morte di Anania.

 4.502 - Death of Ananias.


Vendredi 5 octobre 29 (8 Boul)
Gué du Jourdain


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 La haine cesse avec la vie sur la terre

 Tu obéiras toujours


- Impossible de trouver une barque 277

- À pied dans l'eau et dans la boue 278

- Margziam ira voir Marie à Nazareth 279

- Il a peur de ne plus revoir Jésus 280

- Isaac reviendra avec Marie 281

- Une barque fournie par les parents d'un miraculé 281

- Pierre donne raison à Jésus pour Margziam  281

- La maison de Salomon est fermée 281

- Ananias est mort 282

- Comment il a trouvé la mort 282

- Jésus va prier sur son tombeau 283

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 7

 

7.201.
"Ceux qui m'aiment s'en vont"


 277> "Levez-vous, et partons. Allons de nouveau au fleuve et cherchons une barque. Toi, Pierre, va avec Jacques. Qu'elle nous amène jusqu'aux alentours de Bethabara. Nous resterons un jour chez Salomon, et puis..."

278> "Mais, on n'allait pas à Nazareth ?"

"Non. Je l'ai décidé pendant la nuit. Je suis désolé pour vous, mais je dois revenir en arrière."

"Je suis heureux !" s'écrie Margziam. "Je vais rester encore avec Toi !"

"Oui, bien que, pauvre enfant, tu vois à mes côtés de bien tristes jours !"

"C'est bien pour cela que j'aime rester avec Toi. Pour te donner de l'amour. Je ne veux que cela. Je ne demande rien de plus."

Jésus lui dépose un baiser sur le front.

"Et nous repassons par Bethabara ?" demande Matthieu.

"Non. Nous traversons le fleuve dans la barque de quelque pêcheur."

Pierre revient avec Jacques. "Pas de barque, Maître, jusqu'au soir... Et... dois-je le dire ?"

"Dis-le."

"Ils sont passés par ici certains... Ils doivent avoir bien payé ou fait de fortes menaces... Je ne crois pas que ce soir non plus tu trouves une barque... Ils sont impitoyables..." Pierre soupire.

"Peu importe. Mettons-nous en route... et le Seigneur nous aidera."

La saison est mauvaise, de la pluie, de la boue. La route est boueuse, le long de la berge à la pluie s'ajoute la rosée de la nuit, abondante le long du fleuve. Mais ils vont malgré cela sur l'étroite levée de terre qui côtoie la route, moins boueuse et moins exposée aux gouttes de la pluie fine mais continue, à cause d'une rangée de peupliers qui abritent quelque peu, quand pourtant un coup de vent ne précipite pas d'un coup toutes les gouttes d'eau retenues par les branches.

"Hé ! Maintenant, c'est son temps !" dit philosophiquement Thomas en relevant son vêtement.

"C'est son temps !" confirme Barthélemy, et il soupire.

"Nous nous sécherons quelque part. Ils ne seront pas tous... excités contre nous" dit Pierre.

"Nous pourrons toujours trouver une barque... Ce n'est pas dit !" ajoute Jacques d'Alphée.

"Si nous avions de l'argent, nous trouverions tout. Mais il n'a pas voulu que j'aille vendre à Jéricho !" dit Judas de Kériot.

"Tais-toi ! Je t'en prie. Le Maître est si affligé ! Tais-toi !" dit Jean suppliant.

279> "Je me tais. Et même je ne fais que me réjouir de son ordre. Ainsi on ne peut dire que ces sadducéens des alentours de Jéricho, c'est moi qui les ai envoyés" et il regarde Pierre, mais Pierre est absorbé et il ne voit ni ne répond rien.

Ils vont, ils vont sous une bruine fine comme le brouillard dans la journée grisâtre. De temps en temps, ils parlent entre eux. Mais ils semblent se parler à eux-mêmes, car les paroles semblent la conclusion d'un dialogue avec un interlocuteur invisible.

"Nous devrons finir par nous arrêter en quelque endroit."

"C'est partout la même chose car eux viennent partout."

"Persécution pour persécution, il vaut mieux s'arrêter dans une ville. Au moins on n'est pas trempé."

"Mais à quoi veulent-ils en venir ?"

"Pauvre Marie ! Si elle savait !"

"Dieu Très-Haut, protège tes serviteurs !" et ainsi de suite... Puis ils se rassemblent et discutent à voix basse.

Jésus est en avant, seul... Seul ! Jusqu'au moment où le rejoignent Margziam et le Zélote.

"Les autres sont descendus sur la grève pour voir s'il y a une barque... On ferait plus vite. Nous veux-tu avec Toi ?"

"Venez. De quoi parliez-vous avant ?"

"De ta souffrance."

"Et de la haine des hommes. Que pouvons-nous faire pour te soulager et pour freiner la haine ?" demande le Zélote.

 "Pour ma douleur, il y a votre amour... Pour la haine... il n'y a qu'à la supporter... C'est une chose qui cesse avec la vie de la Terre... et cette pensée donne de la patience et du courage pour la supporter. Margziam ! Enfant ! Pourquoi es-tu troublé ?"

"Parce que cela me rappelle Doras..."

"Tu as raison. Il est temps que je te renvoie à la maison..."

"Non ! Jésus ! Non ! Pourquoi veux-tu me punir d'un mal que je n'ai pas fait ?"

"Non pas te punir, mais te préserver... Je ne veux pas que tu te rappelles Doras. Qu'est-ce qui s'élève en ton intérieur à ce souvenir ? Réponds..."

Margziam pleure, la tête penchée, puis il lève le visage et dit : "Tu as raison. Mon esprit n'est pas capable de voir et de pardonner, il n'est pas encore capable. Mais pourquoi m'éloignes-tu ? Si tu souffres, je dois, avec plus de raison, rester près de Toi. Tu m'as consolé, Toi, toujours ! Je ne suis plus le sot enfant qui l'an passé te disait : 280> "Ne me fais pas voir ta douleur". Je suis vraiment un homme, maintenant. Permets-moi de rester, Seigneur ! Oh ! dis-le-lui, toi, Simon !"

"Le Maître sait ce qui est bien pour nous. Et peut-être... Lui veut te donner quelque charge... Je ne sais pas... Je dis ma pensée..."

"Tu as bien dit. Je l'aurais gardé, et avec tant de joie, jusqu'au-delà des Encénies. Mais... Ma Mère est seule là-bas. La rumeur de la haine est si forte. Elle pourrait craindre plus qu'il ne faut. Elle est seule, ma Mère, et elle pleure certainement. Tu iras chez elle pour lui dire que je la salue et que je l'attends désormais, pour après les Encénies. Et tu ne diras rien d'autre, Margziam."

"Mais, si elle m'interroge ?"

"Oh ! tu peux ne pas mentir en disant... que la vie de son Jésus est comme ce ciel d'Etamin [1] : nuages et pluie, parfois la bourrasque, mais il ne manque pas de jours de soleil. Comme hier, comme peut-être demain. Se taire n'est pas mentir. Tu lui diras les miracles que tu as vus. Tu lui diras qu'Élise est avec Moi, qu'Ananias m'a accueilli comme un père, qu'à Nobé je suis dans la maison d'un bon Israélite. Le reste... Pour le reste, garde le silence. Et puis tu iras chez Porphyrée et tu y resteras jusqu'à ce que je t'appelle."

Margziam pleure plus fort.

"Pourquoi pleures-tu ainsi ? N'es-tu pas content d'aller chez Marie ? Hier, tu l'étais..." dit Simon.

"Hier, oui, car tous y allaient. Et puis je pleure car j'ai peur de ne plus te voir... Oh ! Seigneur ! Seigneur ! Jamais plus il n'y aura de jours heureux comme l'étaient ces jours derniers !"

"Nous nous verrons encore, Margziam. Je te le promets."

"Quand ? Pas avant Pâque. C'est long !" Jésus se tait. "Vraiment, tu ne veux pas de moi avant Pâque ?"

Jésus passe un bras autour de ses épaules encore chétives et il l'attire à Lui. "Pourquoi veux-tu connaître l'avenir ? Nous existons aujourd'hui. Demain, nous n'existons plus. L'homme, même le plus riche et le plus puissant, ne peut ajouter un jour à sa vie. Elle est, comme tout l'avenir, dans les mains de Dieu..."

"Mais pour Pâque je dois venir au Temple. Je suis Israélite. Tu ne peux me faire pécher !"

 "Tu ne pécheras pas, et le premier péché que tu dois me promettre de ne jamais faire, c'est celui de la désobéissance. Tu obéiras, toujours. À Moi maintenant, à qui te parlera en mon Nom, ensuite. Le promets-tu ? Souviens-toi que Moi, ton Maître et ton Dieu, j'ai obéi à mon Père et j'obéirai jusqu'à la... fin de ma journée." Jésus est solennel pour dire ces dernières paroles.

281> Margziam, comme fasciné, dit : "J'obéirai. Je le jure devant Toi et le Dieu éternel."

Un silence. Puis le Zélote demande : "Y va-t-il seul ?"

"Non certainement. Avec des disciples. Nous en trouverons d'autres en plus d'Isaac."

"Tu envoies aussi Isaac en Galilée ?"

"Oui, il reviendra avec ma Mère."

On appelle du fleuve. Les trois se déplacent, ils traversent la route, et vont vers l'eau.

"Regarde, Maître, nous avons trouvé et ils ne veulent rien. Ce sont des parents d'un miraculé. Mais ils portent du sable à ce village. Il faut aller jusque là à pied, puis ils nous prennent."

"Que Dieu les récompense. Nous serons ce soir chez Ananias."

Pierre, content, remonte vers la route et il voit le visage troublé de Margziam. "Qu'as-tu ? Qu'a-t-il fait ?"

"Rien de mal, Simon. Je lui ai dit que, arrivé au premier endroit où je trouverai des disciples, je le renverrai à la maison et lui en est attristé."

"À la maison... Oui !... Mais c'est juste... La saison..." Pierre réfléchit. Puis il regarde Jésus et le tire par la manche pour qu'il s'abaisse jusqu'à sa bouche. Il Lui parle à l'oreille : "Maître, mais pourquoi l'envoies-tu sans attendre..."

"À cause de la saison, tu l'as dit."

"Et puis ?"

"Simon, je ne veux pas te mentir. Et puis parce qu'il est bien que Margziarn ne s'empoisonne pas le cœur ..."

"Tu as raison, Maître. S'empoisonner le cœur... Voilà ! C'est justement ce qui finit par arriver." Il élève la voix : "Le Maître a vraiment raison. Tu iras et... nous nous verrons à Pâque. Enfin... c'est vite venu... Une fois Casleu passé... Oh ! dans peu de temps, c'est le beau mois de Nisan. Oui, certainement ! Il a raison..." La voix de Pierre se fait moins assurée. Il répète lentement et avec tristesse : "Il a raison..." et en se parlant à lui-même : "Que sera-t-il arrivé d'ici Nisan ?" Il se frappe le front de la main, l'air désolé.

Et ils vont, ils vont dans la journée humide. Il cesse de pleuvoir jusqu'au moment où, avec de la boue jusqu'aux genoux, ils montent dans cinq petites barques humides et sableuses qui descendent de nouveau en suivant le courant. Alors la pluie reprend et, en frappant l'eau calme du fleuve qui reflète les nuages grisâtres, elle y dessine des cercles qui se font et se défont continuellement en un jeu de facettes nacrées.

282> Le paysage ressemble à un désert. Sur les berges, dans les minuscules bourgades, on ne voit pas âme qui vive. La pluie ferme les maisons et rend les routes désertes. Aussi, quand au début du crépuscule ils débarquent là où se trouve le petit village de Salomon, ils trouvent la route silencieuse et déserte et ils arrivent à la maison sans être vus de personne. Ils frappent, ils appellent. Rien. On n'entend que le roucoulement des colombes et le bêlement des brebis et le bruit de la pluie.

"Il n'y a personne. Que faisons-nous ?"

"Allez aux maisons du village. D'abord à celle du petit Micaël" ordonne Jésus.

Et pendant que les apôtres les plus jeunes y vont rapidement, Jésus reste près de la maison avec les plus âgés et ils observent et commentent.

"Tout est fermé... La grille elle-même est bien attachée et fixée. Regarde ! Il y a jusqu'à un gros clou et les fenêtres sont fermées comme pour la nuit. Quelle tristesse ! Et cette plainte des brebis et des colombes ? Il est peut-être malade ? Qu'en penses-tu, Maître ?"

Jésus secoue la tête. Il est las et triste...

Les apôtres reviennent en courant. André arrive le premier et, alors qu'il se trouve encore à quelques mètres, il crie : "Il est mort... Ananias est mort... On ne peut entrer dans la maison car elle n'est pas encore purifiée... Depuis quelques heures il est au tombeau. Si nous avions pu venir hier... La femme, la mère de Micaël, va venir."

"Mais qu'est-ce qui nous poursuit ? !" éclate Barthélemy.

"Pauvre vieux ! Il était si heureux ! Il se trouvait si bien ! Mais comment ? Quand est-il tombé malade ?" Ils parlent tous à la fois.

La femme survient et en se tenant à distance de tout le monde, elle dit : "Seigneur, la paix soit avec Toi. Ma maison t'est ouverte. Mais... je ne sais pas si... J'ai préparé le mort. C'est pour cela que je reste loin. Je puis pourtant t'indiquer les maisons qui vous accueilleront."

"Oui, femme. Que Dieu te récompense, et avec toi ceux qui usent de pitié envers les voyageurs. Mais comment l'homme est-il mort ?"

"Oh ! je ne sais pas. Il n'a pas été malade. Avant-hier, il allait bien. Oui, bien sûr, il allait bien. Micaël était venu le matin pour prendre les deux brebis et les mettre avec les nôtres. Il était convenu ainsi. Et à sexte je lui avais apporté des vêtements que je lui avais lavés. Il était à table et il mangeait, en très bonne santé. 283> Le soir encore, Micaël avait ramené les brebis et lui avait puisé deux brocs d'eau et il lui avait donné deux fouaces qu'il s'était faites. Hier matin, mon fils vint pour les brebis. Tout était fermé comme maintenant et personne ne répondit aux cris de l'enfant. Il poussa la grille, mais n'arriva pas à l'ouvrir. Elle était bien fermée. Alors Micaël eut grand peur et il accourut vers moi. Mon mari et moi, nous sommes accourus avec d'autres. Nous avons ouvert la grille, nous avons frappé à la cuisine... nous avons forcé la porte... Il était encore assis près du foyer, la tête penchée sur la table, la lampe encore toute proche, mais éteinte comme lui, un coutelas à ses pieds, une écuelle de bois à moitié incisée... La mort l'a pris ainsi... Il souriait... Il était en paix... Oh ! quel visage de juste il avait ! Il paraissait même plus beau... Moi... Il y a peu de temps que je m'occupais de lui, mais je m'étais attachée... et je pleure..."

"Il est en paix. Toi même tu l'as dit. Ne pleure pas ! Où l'avez-vous mis ?"

"Nous savions que tu l'aimais tant et alors nous l'avons mis dans le tombeau que Lévi s'est construit depuis peu. Le seul, car Lévi est riche. Nous, nous ne sommes pas riches. Là, au fond, au-delà de la route. Maintenant, si tu veux, nous allons tout purifier et..."

"Oui. Tu prendras les brebis et les colombes. Le reste, conserve-le pour les miens et Moi, pour que je puisse y séjourner quelquefois. Que Dieu te bénisse, femme. Allons au tombeau."

"Tu veux le ressusciter ?" demande Thomas étonné.

"Non. Pour lui, ce ne serait pas de la joie. Là où il est, il est plus heureux. Il le désirait d'ailleurs..."

Mais Jésus est tout à fait accablé. Il semble que tout concoure à augmenter sa tristesse. Sur les portes des maisons, les femmes regardent et saluent en commentant.

On est vite arrivé au tombeau, un petit cube tout frais construit. Jésus prie tout près de lui. Puis il se retourne, les yeux humides de larmes, et il dit : "Allons... dans les maisons du village. Dans notre maisonnette il n'y a plus personne qui nous attende pour nous bénir... Mon Père ! La solitude enveloppe ton Fils, le vide se fait de plus en plus vaste et plus ténébreux. Ceux qui m'aiment s'en vont et il reste ceux qui me haïssent... Mon Père ! Que ta Volonté soit toujours faite et bénie !..."

Ils retournent vers le village, et deux ici, trois là, ils entrent dans les maisons de ceux qui n'ont pas touché le mort pour trouver un abri et se restaurer.

 



[1] Nom donné au mois de Tisri avant l'exil. Ce mois, le premier de l'année, correspond à octobre. Compte-tenu du décalage du calendrier soli-lunaire, nous sommes au début du mois de Boul, bien qu'en octobre. Jésus est certainement préoccupé.