"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

© Centro Editoriale Valtortiano

Se repérer

Consulter la Bible en ligne

Aller sur le forum

Qui sommes-nous

 1.69. - Gesù istruisce Giuda Iscariota.

  1.69. - Jesus TeachesJudas Iscariot.


jeudi 3 juin 27 (10 Siwan)
Jérusalem
- Gethsémani


Vers l'index des thématiques

 Mon esprit tire sa nourriture du Père.

 Le suicide et le désespoir.

 La démarche de Judas et son péché final.

 Les anges – Lucifer.

 L'homme était la perfection de la création.

 La tentation et le péché.

 Si tu n'as jamais péché, comment peux-tu juger les pécheurs.


       03-016 03-016 03-016      I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Resume.gif

- L'importance de la prière ........................................ 152

- Désencombrer ton esprit ........................................ 152

- Le suicide, orgueil du désespoir ..................... 153

- Tout peut être pardonné par le Père .............................. 154


- Dieu respecte la liberté donnée ........................................ 154

- Le sens de la vie ...... 154

- Je ne demande pas l'impossible ................. 155

- Jésus face au péché et aux tentations ..................... 156


- Tentation et prière .... 156

- Préférence donnée à ce qui est humble ......................... 157

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 2

 

2.32.
Jésus instruit Judas Iscariote


Vision du mercredi 3 janvier 1945.

152> C'est encore Jésus et Judas. Après avoir prié dans le lieu le plus voisin du Saint permis aux hommes d'Israël, ils sortent du Temple.   

Judas voudrait rester avec Jésus. Mais ce désir se heurte à l'opposition du Maître. "Judas, je désire rester seul pendant les heures de la nuit.
 Pendant la nuit mon esprit tire sa nourriture du Père. Oraison, méditation et solitude me sont plus nécessaires que la nourriture matérielle. Celui qui veut vivre par l'esprit et porter les autres à vivre la même vie, doit faire passer la chair après - je dirais presque la tuer - pour donner tous ses soins à l'esprit. C'est vrai pour tous, Judas. Pour toi aussi, si tu veux vraiment appartenir à Dieu, c'est-à-dire au surnaturel."     

"Mais nous sommes encore de la terre, Maître. Comment pourrions-nous délaisser la chair en donnant tous les soins à l'esprit ? N'est-ce pas ce que tu dis, en opposition avec le commandement de Dieu : "Tu ne tueras point ?". Est-ce que ce commandement n'interdit pas aussi de se tuer ? Si la vie est un don de Dieu, devons-nous l'aimer ou non ?"   

"À toi, je répondrai comme je ne répondrais pas à une âme simple. Pour celle-ci il suffit de faire monter le regard de l'âme ou de l'esprit jusqu'aux sphères du surnaturel, pour la faire s'envoler avec nous vers les domaines de l'esprit. Toi, tu n'es pas un simple.           

Haut de page           

153> Tu as été formé dans une ambiance qui t'a affiné... mais qui aussi t'a souillé par ses subtilités et ses principes. Te rappelles-tu Salomon, Judas ? Il était sage, le plus sage de ces temps. Te rappelles-tu ce qu'il a dit après avoir exploré tout le savoir de cette époque ? "Vanité des vanités, tout est vanité. Craindre Dieu et observer ses commandements, c'est tout l'homme"[1]. Maintenant, je te dis qu'il faut savoir prendre en fait des mets, ce qui nourrit, mais pas le poison. Si nous nous rendons compte qu'un mets nous est nuisible parce qu'il provoque en nous des réactions néfastes, étant plus fort que nos humeurs naturelles qui pourraient le neutraliser, il faut renoncer à ce mets, même s'il flatte le goût. Le pain ordinaire et l'eau de source valent mieux que les plats compliqués de la table royale relevés par des épices qui troublent et empoisonnent."         

"Que dois-je éviter, Maître? " 

"Tout ce que tu sais qui te
trouble. Car Dieu c'est la paix, et si tu veux te mettre sur le sentier de Dieu, tu dois désencombrer ton esprit, ton cœur et ta chair de tout ce qui n'est pas la paix et amène avec soi le trouble. Je sais qu'il est difficile de se réformer soi-même. Mais je suis ici pour t'aider à le réaliser. Je suis ici pour aider l'homme à redevenir fils de Dieu, à se refaire comme par une seconde création, une autogénération que l'on veut soi-même. Mais laisse-moi te répondre à ce que tu demandais pour que tu ne dises pas que tu es resté dans l'erreur par ma faute.  Il est vrai que le suicide est un véritable meurtre : qu'il s'agisse de notre vie ou de celle d'autrui, c'est un don de Dieu et à Dieu seul qui l'a donnée est réservé de pouvoir l'enlever. Qui se tue avoue son orgueil, et l'orgueil est haï de Dieu."

"Avoue l'orgueil ? Je dirais plutôt le désespoir."        

"Et qu'est-ce que le désespoir, sinon de l'orgueil ? Réfléchis Judas. Pourquoi quelqu'un désespère-t-il ? Parce que les malheurs s'acharnent sur lui et que lui, par ses propres moyens, n'en peut venir à bout. Ou parce qu'il est coupable et qu'il juge que Dieu ne peut lui pardonner. Dans l'un et l'autre cas, n'est-ce pas peut être l'orgueil qui le domine ? L'homme qui ne veut se fier qu'à lui-même n'a plus l'humilité de tendre la main au Père et de Lui dire : "Je ne puis, mais Toi, tu le peux. Aide-moi, car c'est Toi qui donnes tout ce que j'espère et attends ". Cet autre homme qui dit: "Dieu ne peut me pardonner", il le dit parce mesurant Dieu à son aune, il sait que quelqu'un, offensé, comme il l'a offensé, ne pourrait pas pardonner.

Haut de page           

154>
Là aussi c'est de l'orgueil. L'humble compatit et pardonne même s'il souffre de l'offense qu'il a reçue. L'orgueilleux ne pardonne pas. Il est orgueilleux aussi parce qu'il ne sait pas courber le front et dire : "Père j'ai péché, pardonne à ton pauvre fils coupable". Mais ne sais-tu pas, Judas, que tout sera pardonné par le Père, si le pardon est imploré d'un cœur sincère et contrit, humble et désireux de résurrection dans le bien ?"

 "Mais certaines crimes rendent impossible le pardon. Ils ne peuvent pas être pardonnés."

"C'est toi qui le dis, et ce sera vrai parce que l'homme l'aura voulu. Mais en vérité, oh ! en vérité Je te dis que même après le délit des délits, si le coupable accourait aux pieds du Père - Il s'appelle Père pour cela, ô Judas, c'est un Père d'une perfection infinie - si, en pleurant, en suppliant de lui
pardonner, il s'offrait à l'expiation, mais sans désespoir, le Père lui donnerait le moyen d'expier pour qu'il mérite le pardon et sauve son esprit."         

"Alors, tu dis que les hommes cités par l'Écriture comme s'étant donné la mort ont mal agi."

"Il n'est pas permis de faire violence à personne et non plus à soi-même. Ils ont mal agi. Dans leur imparfaite connaissance du bien, ils auront en certains cas obtenu encore la miséricorde de Dieu. Mais quand le Verbe aura éclairé toute vérité et donné la force aux esprits avec son Esprit, à partir de ce moment, il ne sera plus pardonné à qui
meurt dans le désespoir, ni à l'instant du jugement particulier ni après des siècles de Géhenne, ni au jugement général, ni jamais. Dureté de Dieu, cela ? Non, justice. Dieu dira : "Tu as jugé, toi créature douée de raison et de science surnaturelle, créée libre par Moi, pour suivre le chemin que tu as choisi et tu as dit : 'Dieu ne me pardonne pas. Je suis pour toujours séparé de Lui. Je juge que je dois me faire justice pour mon délit. Je quitte la vie pour échapper aux remords" sans penser que les remords ne t'auraient plus atteint si tu étais venu sur mon sein paternel. Qu'il en soit fait selon ton jugement. Je ne violente pas la liberté que je t'ai donnée".   

C'est cela que dira l'Éternel à celui qui se sera tué. Penses-y Judas : la vie est un don que l'on doit aimer. Mais quel don est-il ? Un don saint. Et alors, il faut l'aimer saintement.
La vie dure tant que la chair résiste. Puis commence la grande Vie, l'éternelle Vie. De béatitude pour les justes, de malédiction pour ceux qui ne le sont pas.            

Haut de page           

155>
La vie est-elle un but ou un moyen ? C'est un moyen. Elle est ordonnée à une fin qui est l'éternité. Et alors donnons à la vie ce qu'il faut pour qu'elle dure et pour servir l'esprit dans sa conquête. Continence de la chair en tous ses désirs, en tous. Continence de la pensée en tous ses désirs, en tous. Continence du cœur dans toutes les passions humaines. Que sans limites au contraire soient les passions qui viennent du Ciel : amour de Dieu et du prochain, volonté de servir Dieu et le prochain, obéissance aux paroles divines, héroïsme dans le bien et dans la vertu.         

Je t'ai répondu Judas. En es-tu persuadé ? L'explication te suffit-elle ? Sois toujours sincère et demande si tu n'es pas encore suffisamment instruit, je suis ici pour être le Maître de l'enseignement."
[2]

"J'ai compris et cela me suffit. Mais... c'est très difficile de faire ce que j'ai compris. Toi, tu le peux parce que tu es saint. Mais moi... je suis un homme, jeune, plein de vie..."    

 "C'est pour les hommes que je suis venu, Judas, pas pour les anges. Eux, ils n'ont pas besoin de Maître. Ils voient Dieu. Ils vivent dans son Paradis. Ils n'ignorent pas les passions des hommes, car l'Intelligence qui est leur Vie les met au courant de tout même ceux qui ne sont pas gardiens d'un homme. Mais, spirituels comme ils le sont, ils ne peuvent avoir qu'un péché comme l'eut l'un d'eux et il entraîna les moins solides en charité : l'orgueil. La flèche qui défigura Lucifer, le plus beau des archanges, et en fit le monstre horrible de l'Abîme. Je ne suis pas venu pour les anges qui, après la chute de Lucifer, sont saisis d'horreur à la moindre trace d'une pensée d'orgueil. Mais je suis venu pour les hommes pour faire de ces hommes des anges.[3]        

 L'homme était la perfection de la création. Il avait de l'ange l'esprit et de l'animal une beauté parfaite dans tout son être animal et moral. Il n'y avait pas de créature qui l'égalât. Il était le roi de la terre comme Dieu est le Roi du Ciel, et un jour, ce jour où il se serait endormi pour la dernière fois sur la terre, il serait devenu roi avec le Père dans le Ciel. Satan a coupé les ailes de l'ange-homme, il lui a mis des griffes de faune et la soif de l'impureté. Il en a fait un être qui est plutôt un homme-démon qu'un homme tout court. Je veux effacer l'enlaidissement de Satan, supprimer la faim de la chair corrompue, souillée, rendre ses ailes à l'homme le ramener à la royauté, à partager l'héritage du Père et du Royaume céleste. Je sais que l'homme, s'il en a la volonté, peut faire tout ce que je dis pour redevenir un roi et un ange. Je ne vous dirai pas des choses que vous ne pourriez faire. Je ne suis pas un de ces rhéteurs qui prêchent des doctrines impossibles. J'ai pris une vraie chair, pour connaître par l'expérience d'une nature charnelle ce que sont les tentations de l'homme."     

Haut de page           

156>
 "Et les péchés ?"     

"Tentés, tous peuvent l'être. Pécheurs ceux-là seulement qui le veulent."       

"Tu n'as jamais péché, Jésus ?"        

"Je n'ai jamais consenti au péché. Et cela non parce que je suis le Fils du Père, mais parce que cela, je l'ai voulu pour montrer à l'homme que le Fils de l'homme n'a pas péché parce qu'il n'a pas voulu pécher et que l'homme, s'il ne veut pas le péché peut ne pas le commettre." 

"Tu n'as jamais été tenté ?"   

"J'ai 30 ans, Judas. Je n'ai pas vécu dans une caverne sur une montagne, mais parmi les hommes. Même si j'avais été dans l'endroit le plus solitaire de la terre, crois-tu que les tentations ne seraient pas venues ? Nous avons tout en nous : le
bien et le mal. Tout nous les portons avec nous. Sur le bien souffle le souffle de Dieu et il l'avive comme un encensoir d'agréables et sacrés parfums. Sur le mal souffle Satan et il en fait un bûcher de flammes féroces. Mais la volonté attentive et la prière constante sont comme un sable humide sur les flammes infernales, elles l'étouffent et en triomphent."[4]         

 "Mais si tu n'as jamais péché, comment peux-tu juger les pécheurs !"        

"Je suis homme et je suis Fils de Dieu. Ce que je pourrais ignorer comme homme et en mal juger, je le connais et j'en juge comme Fils de Dieu. Et du reste !... Judas, réponds à cette question que je te pose : quelqu'un qui a faim, souffre-t-il plus en disant : "Maintenant je m'assieds à table", ou en disant : "Il n'y a pas de nourriture pour moi ?"        

"Il souffre plus dans le second cas, car le seul fait de s'en savoir privé, lui ramène l'odeur des mets et les viscères se tordent de désir."           

"Voilà :
la tentation vous mord comme ce désir, Judas. Satan le rend plus aigu, plus précis, plus séduisant que tout assouvissement. En outre, l'acte apporte une satisfaction et parfois le dégoût, tandis que la tentation ne faiblit pas, mais comme un arbre qu'on a taillé développe une plus abondante floraison."    

Haut de page           

157> "Et tu n'as jamais cédé ?"        

"Je n'ai jamais cédé."           

"Comment as-tu pu ?"          

"J'ai dit : "Mon Père, ne m'induis pas en tentation".   

"Comment Toi, Messie, Toi qui opères des miracles, tu as demandé l'aide du Père ?"

"Non seulement l'aide : je lui ai demandé de ne pas m'induire en tentation. Crois-tu que parce que je suis Celui que Je suis, je puisse me passer du Père ? Oh ! non ! En vérité, je te le dis que le Père accorde tout au Fils, mais que aussi le Fils reçoit tout du Père. Et je te dis que tout ce qu'on demandera en mon Nom au Père, sera accordé. Mais nous voici à Get-Sami où j'habite. On en voit déjà les premiers oliviers au-delà des murs. Toi, tu habites au-delà du Tofet
[5]. Déjà la nuit descend. Il vaut mieux que tu ne montes pas jusque là-haut. Nous nous reverrons demain, au même endroit. Adieu... La paix soit avec toi."         

"La paix aussi avec Toi, Maître... Mais je voudrais te dire encore une chose. Je t'accompagnerai jusqu'au Cédron, puis je reviendrai. Pourquoi résider dans ce lieu si humble ? Tu sais, les gens regardent à tant de choses. Ne connais-tu personne en ville qui ait une belle maison ? Moi, si tu veux, je peux te conduire chez des amis. Ils te donneront l'hospitalité par amitié pour moi, et ce serait une demeure plus digne de Toi."

"Tu le crois ? Moi, je ne le crois pas. Le digne et l'indigne se trouvent dans toutes les classes sociales. Et, sans manquer à la charité, mais, pour ne pas offenser la justice, je te dis que l'indigne, ce qui est malicieusement indigne, se trouve souvent
chez les grands. Il n'est pas nécessaire ni utile d'être puissant pour être bon ou pour dissimuler ce qui est péché aux yeux de Dieu. Tout doit se retourner sous mon Signe. Et ne sera grand, non pas celui qui est puissant, mais celui qui est humble et saint."     

"Mais pour être respecté, pour s'imposer..."  

"Est-il respecté
Hérode ? Et César est-il respecté ? Non. On le subit et les lèvres comme les cœurs, les maudissent. Aux bons et même seulement à ceux qui désirent l'être, crois bien, Judas que je saurai m'imposer plutôt par la modestie que par les air de grandeur ...".        

"Mais alors... tu mépriseras toujours les puissants ? Tu t'en feras des ennemis ! Moi, qui pensais parler de Toi à beaucoup de gens que je connais et qui ont un nom..."         

Haut de page           

158> "Je ne mépriserai personne. J'irai vers les pauvres comme vers les riches, vers les esclaves comme vers les rois, vers les purs comme vers les pécheurs. Mais si je suis reconnaissant à qui me donnera du pain et un toit quand je serai fatigué, quelque soit le toit et la nourriture, je donnerai toujours la préférence à ce qui est humble. Les grands ont déjà tant de joies. Les pauvres n'ont que la droiture de leur conscience, un amour fidèle, des enfants et se voient écoutés par ceux qui sont au-dessus d'eux. Moi, je serai toujours penché sur les pauvres, les affligés et les pécheurs. Je te remercie de ton obligeance. Mais laisse-moi à ce lieu de prière et de paix. Va, et que Dieu t'inspire ce qui est bien."

Jésus laisse le disciple et pénètre parmi les oliviers et tout se termine.          

Haut de page           

 



[1] Ecclésiaste (Qohélet) 12, 8.13

[2] Cet enseignement particulier ainsi que la reprise faite au Tome 2, chapitre 44, seront rappelés en fin de Vie publique à un Judas pris en flagrant délit de vol et déjà sous l'emprise de la possession.

[3] Cf. Hébreux 2,16-17 : « Car ce n’est certes pas des anges qu’il se charge, mais c’est de la descendance d’Abraham qu’il se charge. En conséquence, il a dû devenir en tout semblable à ses frères, afin de devenir dans leurs rapports avec Dieu un grand prêtre miséricordieux et fidèle, pour expier les péchés du peuple ».

[4] Voir le commentaire que Jésus fait ultérieurement (17/02/1947) de ce passage parfois contesté.

[5] Résidences respectives très symboliques : Le Gethsémani est le lieu où Jésus sera arrêté et conduit à la mort. Le Tophet est situé au sud de Jérusalem. Il est proche de la Géhenne (ou vallée de Hinnom) où se trouvent ordures brûlées et grottes de lépreux. Mais juste après il y a, semble-t-il, des quartiers résidentiels puisque le Grand Prêtre Caïphe y a sa maison de campagne. C’est non loin de là que se trouve le « champ du sang » où Judas se pendra.