"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 10.639 - L'elezione di Mattia.

 5.635 - The Election of Matthias.

 7.639 - Elección de Matías.

 12.700 - Die Wahl des Matthias.

 Évangile :
-
Actes 1,14-26.

Peut-être le samedi 18 mai 30
(29 Lyar ou  Ziv 3790)
Jérusalem, au Cénacle.


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 Il était nécessaire que s’accomplît l’Écriture.


- Les apôtres en prière . .............................. 219

- Pierre se prépare à parler .............................. 220

-  Discours de Pierre (L'histoire de l'apôtre Judas............................. 221

- Nécessité de lui trouver un remplaçant) ............ 222


- Le berger Matthias est choisi au sort ......... 222

- Pierre l'accueille officiellement ......... 223

- Et le conduit à Marie 223

 




Matthias.



Joseph le juste.




 

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Tome 10, chapitre 24.

639.
L’élection de Matthias.


Vision du samedi 26 avril 1947

219> C’est une soirée paisible. La lumière tombe doucement en faisant du ciel, peu avant couleur de pourpre, un voile délicat d’améthyste. Ce sera bientôt l’obscurité, mais pour l’instant il y a encore de la lumière et elle est douce cette lumière du soir, languissante après une telle ardeur de soleil.      

La cour de la maison du Cénacle, vaste entre les murs blancs de la maison, est remplie de gens comme dans les soirées après la Résurrection. Et de ce rassemblement monte un bruit concordant de prières, interrompues de temps en temps par des pauses de méditation.

La lumière baisse de plus en plus dans la cour renfermée entre les hautes murailles de la maison, et certains apportent des lampes qu’ils mettent sur la table près de laquelle sont rassemblés les apôtres :
Pierre est au milieu, à ses côtés Jacques d’Alphée et Jean, puis les autres.    

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220> La lumière palpitante des petites flammes éclaire par en dessous les visages des apôtres en faisant ressortir vivement leurs traits et en montrant leurs expressions : concentrée celle de Pierre, comme tendue dans l’effort de faire dignement ces premières fonctions de son ministère; d’une douceur ascétique celle de Jacques d’Alphée; sereine et rêveuse celle de Jean; et à côté de lui, le visage de penseur de Barthélemy, suivi du visage plein de vivacité de Thomas; et puis celui d’André voilé par son humilité qui le fait rester les yeux presque clos, un peu penché : il semble dire "je ne suis pas digne" près de lui Matthieu, le coude appuyé sur la main de l’autre bras, la joue appuyée sur la main du bras soutenu; et après Jacques d’Alphée, le Thaddée au visage dominateur et avec un regard qui rappelle si bien pour la couleur des yeux et l’expression celui de Jésus : un vrai dominateur de foules. Maintenant aussi il tient l’assemblée tranquille en la tenant sous le feu de son regard plus que ne le font tous les autres réunis. Pourtant, de son involontaire majesté royale, on voit affleurer le sentiment d’un cœur plein de componction, spécialement quand vient son tour d’entonner une prière. Quand il dit le psaume : "Pas à nous, Seigneur, pas à nous, mais à ton Nom donne gloire à cause de ta miséricorde et de ta fidélité, pour que les nations ne puissent pas dire : “Où est leur Dieu ?” [1] il prie réellement l’âme agenouillée devant Celui qui l’a choisi et le sentiment le plus fort vibre dans sa voix. Lui aussi dit par toute sa prière : "Je ne suis pas digne de te servir, Toi si parfait." Philippe à côté de lui, le visage déjà marqué par les années, bien qu’encore dans l’âge viril, semble contempler un spectacle connu de lui seul et se tient, les mains pressant ses joues, un peu penché et un peu triste… pendant que le Zélote regarde en haut, lointain, et a un sourire intime qui embellit son visage qui n’est pas beau mais rendu attrayant par sa distinction austère. Jacques de Zébédée, impulsif et frémissant, dit ses prières comme s’il parlait encore au Maître aimé, et le douzième psaume sort impétueusement de son esprit enflammé.    

Ils terminent avec le long et très beau
Psaume 118 qu’ils disent une strophe chacun, reprenant le tour par deux fois pour arriver à la fin. Ensuite ils se recueillent tous en silence jusqu’à ce que Pierre, qui s’est assis, se relève comme sous le coup d’une inspiration en priant à haute voix, les bras tendus, comme faisait le Seigneur : "Envoie-nous ton Esprit, ô Seigneur, pour que nous puissions voir dans sa Lumière."    

"Maran-atà
[2]" disent-ils tous.            

Pierre se recueille en une intense et muette prière, mais peut-être écoute-t-il plus qu’il ne prie, ou du moins attend-il des paroles de lumière... Ensuite il lève la tête de nouveau et de nouveau il desserre ses bras qu’il avait croisés sur sa poitrine, et comme il est petit par rapport à la plupart, il monte sur son siège pour dominer la petite foule qui se presse dans la cour et pour être vu par tous. Et tous, comprenant qu’il va parler, se taisent en le regardant avec attention.      

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221>  "Mes frères, il était nécessaire que s’accomplît l’Écriture prédite par l’Esprit-Saint par la bouche de David, en ce qui concerne Judas. Il servit de guide à ceux qui s’emparèrent de notre béni Seigneur et Maître : Jésus. Lui, Judas, était un des nôtres et fut chargé de ce ministère. Mais son élection se changea pour lui en ruine car Satan entra en lui par de nombreux chemins et, d’apôtre de Jésus, il en fit un traître de son Seigneur. Il crut triompher et jouir, et se venger ainsi du Saint qui avait déçu les espérances immondes de son cœur plein de toutes sortes de concupiscences. Mais alors qu’il croyait triompher et jouir, il comprit que l’homme qui se rend esclave de Satan, de la chair, du monde, ne triomphe pas, mais au contraire mord la poussière comme celui qui est vaincu. Et il se rendit compte que la saveur des nourritures données par l’homme et par Satan est très amère et diffère totalement du pain suave et simple que Dieu donne à ses enfants. Et alors il connut le désespoir et il haït tout le monde après avoir haï Dieu, et il maudit tout ce que le monde lui avait donné et il se donna la mort en se pendant à un olivier de l’oliveraie qu’il avait acquise avec ses iniquités. Et le jour où le Christ sortit glorieux de la mort, son corps décomposé et déjà rempli de vers se rompit et ses viscères se répandirent par terre au pied de l’olivier, en rendant immonde cet endroit.

Sur le Golgotha plut le Sang rédempteur et il purifia la Terre car c’était le Sang du Fils de Dieu incarné pour nous. Sur la colline qui est près de l’endroit de l’infâme Conseil, ce ne fut pas du sang, ni des larmes de véritable remords, mais l’ordure des viscères décomposées qui plut sur la poussière. Car nul autre sang ne pouvait se mélanger à celui très Saint en ces jours de purification dans lesquels l’Agneau nous lavait dans son Sang, et moins que jamais ne le pouvait la Terre, qui buvait le Sang du Fils de Dieu, boire aussi le sang du fils de Satan.     

La chose est bien connue. Et avec cela on sait encore que, dans sa fureur de damné, Judas reporta au Temple l’argent de l’infâme marché, en frappant de cet argent immonde le visage du
Grand Prêtre. Et on sait qu’avec cet argent, pris au Trésor du Temple, mais qui ne pouvait pas y être reversé, car c’était le prix du sang, les Princes des Prêtres et les Anciens ayant discuté entre eux, ont acheté le champ du potier comme l’avaient dit les prophéties en spécifiant jusqu’à son prix[3]. Et l’endroit passera à l’histoire des siècles avec le nom d’Haceldama[4].          

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222> Tout ce qui se rapporte à Judas est ainsi dit et que disparaisse d’entre nous même le souvenir de son visage, mais que l’on se rappelle les chemins par lesquels, d’appelé du Seigneur au Royaume céleste, il est descendu jusqu’à être prince dans le royaume des ténèbres éternelles, pour ne pas les fouler imprudemment nous aussi en devenant d’autres Judas pour la Parole que Dieu nous a confiée et qui est encore le Christ, Maître parmi nous.

Cependant il est écrit dans le
livre des Psaumes : "Que leur habitation devienne déserte, et qu’il n’y ait personne pour l’habiter et que son office soit pris par un autre". Il faut donc que de ces hommes, qui ont été avec nous pendant tout le temps où le Seigneur a été avec nous, allant et venant, à commencer par le Baptême donné par Jean jusqu’au jour où il fut enlevé d’entre nous pour monter au Ciel, quelqu’un soit établi avec nous comme témoin de sa Résurrection. Et il faut le faire promptement pour qu’il soit présent avec nous au Baptême de feu dont le Seigneur nous a parlé, afin que lui aussi, qui n’a pas reçu l’Esprit Saint du Maître très Saint, le reçoive directement de Dieu et en soit sanctifié et illuminé et ait les vertus que nous aurons et puisse juger et remettre, et faire ce que nous ferons et que ses actes soient valides et saints.    

Je proposerais de le choisir parmi les plus fidèles d’entre les disciples fidèles, ceux qui déjà ont souffert pour Lui en lui restant fidèles même quand Lui était ignoré par le monde. Plusieurs d’entre eux viennent à nous de
Jean le Précurseur du Messie, esprits modelés depuis des années pour le service de Dieu. Ils étaient très chers au Seigneur et le plus cher parmi eux était Isaac qui avait tant souffert à cause de Jésus enfant. Mais vous savez que son cœur s’est brisé dans la nuit qui suivit l’Ascension du Seigneur. Nous ne le regrettons pas. Il a rejoint son Seigneur. C’était l’unique désir de son cœur... C’est aussi le nôtre... Mais nous devons souffrir notre passion. Isaac l’avait déjà soufferte. Proposez donc quelques noms parmi ceux-ci, afin que nous puissions choisir le douzième apôtre selon les usages de notre peuple, en laissant dans les circonstances les plus graves au Seigneur Très-Haut le pouvoir de l’indiquer, Lui qui sait."         

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223> Ils se consultent entre eux. Il ne se passe pas beaucoup de temps pour que les disciples les plus importants (parmi ceux qui ne sont pas bergers) d’un commun accord avec les dix apôtres communiquent à Pierre qu’ils proposent Joseph, fils de Joseph de Saba[5] pour honorer le père, martyrisé pour le Christ, avec son fils disciple fidèle, et Matthias, pour les mêmes raisons que le premier et en outre pour honorer aussi son premier maître Jean.

Pierre ayant accepté leur conseil ils font avancer les deux vers la table, et ils prient pendant ce temps les bras tendus on avant dans l’attitude ordinaire des hébreux : "Toi, Seigneur Très-Haut, Père, Fils, et Esprit-Saint, Dieu Unique et Trin, qui connais tous les cœurs, montre celui des deux que tu as choisi pour prendre dans ce ministère et cet apostolat la place de Judas qui a prévariqué, pour le remplacer."

"Maran-atà" disent-ils tous on chœur.            

N’ayant pas de dés, ni autre chose pour tirer le sort, et ne voulant pas se servir d’argent à cet emploi, ils prennent des petits cailloux répandus dans la cour, des pauvres petits cailloux, autant de blancs que de noirs, on décidant que les blancs sont pour Matthias et les autres pour Joseph. Ils les enferment dans un sac qu’ils vident de son contenu, le secouent et le présentent à Pierre. Il trace sur lui un geste de bénédiction, y plonge la main et priant avec les yeux levés au ciel, qui s’est fleuri d’étoiles, il tire un caillou : blanc comme la neige.

Le Seigneur a indiqué Matthias pour succéder à Judas.        

Pierre passe sur le devant de la table et l’embrasse "pour le rendre semblable à lui" dit-il.

Les dix autres aussi répètent le même geste au milieu des acclamations de la petite foule.

Pour finir Pierre revient à sa place, en tenant par la main l’élu qu’il garde à son côté. Ainsi Pierre est maintenant entre Matthias et Jacques d’Alphée, et il dit : "Viens à la place que Dieu t’a réservée et efface par ta justice le souvenir de Judas, en nous aidant nous, tes frères, à accomplir les œuvres que Jésus très Saint nous a dit d’accomplir. Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit toujours avec toi."   

Il se tourne vers tous pour les congédier...

Pendant que les disciples se séparent lentement par une sortie secondaire, les apôtres rentrent dans la maison pour conduire Matthias à Marie qui est recueillie en prière dans sa pièce, pour que le nouvel apôtre reçoive aussi de la Mère de Dieu la parole de salutation et d’élection.    

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[1] Psaume 115,1 et suivants. Psaume 113, 2 et suivants dans d'autres versions.

[2] Invocation solennelle araméenne. Littéralement : "Seigneur Viens !". Dans le contexte, il est l'équivalent de "Viens, O Esprit-Saint" (Veni Sancte Spiritu). Dans l'Église, l'invocation fut employée dans les anathèmes pour en renforcer la solennité. Une telle invocation prend alors Dieu lui-même à témoin.

[3] Zacharie 11,12-13Jérémie 19,1-2 et 32,7-9.

[4] Haceldama : le champ du sang.

[5] Saba est un lieu-dit à quelques kilomètres de Bethléem dans le désert de Cisjordanie. Il est occupé par le monastère de Mar-Saba, l'un des plus anciens monastères chrétiens. Ce monastère tient-il son nom de saint Sabas (439-532) ? Où du lieu-dit ? Ou des deux ?