"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

© Centro Editoriale Valtortiano

Se repérer

Consulter la Bible en ligne

Aller sur le forum

Qui sommes-nous

 I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\TableMatieres.gif

 8.542 - I giudei nella casa di Lazzaro.

 5.540 - The Judaeans with Martha and Mary.

 5.542- Los judíos en casa de Lázaro.

 10.596 - Die Juden bei Martha und Maria.

 




d’après James Tissot.
Brooklyn Museum

 

Mercredi 22 janvier 30
(29 Scébat)
Béthanie.


 Vers l'index des thématiques

 Le Sanhédrin est venu vérifier que Lazare n'est pas lépreux.

 Marie de Magdala affirme publiquement sa foi.


- Marthe s'empresse auprès des visiteurs ..................... 9

- Ils veulent absolument voir Lazare ............................. 10


- Marie, audacieuse, le permet à Elchias seul ................ 10

- On incite Marthe à appeler le Maître .............................. 12

- Marie affirme sa foi et les met tous à la porte ................ 13

- Puis elle encourage sa sœur .......................................... 14

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 8

 

Tome 8, chapitre 2.

542.
Les juifs avec Marthe et Marie
.


Vision du jeudi 19 décembre 1946

9> Bien que brisée de douleur et de fatigue, Marthe est toujours la maîtresse de maison qui sait accueillir et recevoir, en faisant honneur avec cette distinction parfaite de la vraie maîtresse de maison. Ainsi, maintenant, après avoir conduit toute cette compagnie dans une des salles, elle donne des ordres pour que l'on apporte les rafraîchissements qui sont d'usage et pour que les hôtes aient tout ce qui peut être de confort. 

Les serviteurs circulent mélangeant des boissons chaudes ou des vins précieux et offrant des fruits magnifiques, des dattes blondes comme le topaze, du raisin sec, quelque chose qui ressemble à notre raisin de Damas, dont les grappes sont d'une perfection fantastique, du miel filant, le tout dans des amphores, des coupes, des plats, des plateaux précieux.

Haut de page           

10> Et Marthe veille attentivement pour que personne ne soit laissé de côté, et même selon l'âge et peut-être les individus, dont les goûts lui sont connus, elle contrôle ce que les serviteurs offrent. Ainsi elle arrête un serviteur qui allait vers Elchias avec une amphore remplie de vin et une coupe, et elle lui dit: "Tobie, pas de vin, mais de l'eau de miel et du jus de dattes." Et à un autre: "Certainement Jean préfère le vin[1]. Offre-lui le vin blanc de raisin sec." Et elle-même offre au vieux scribe Cananias du lait chaud abondamment sucré avec du miel blond en disant: "Ce sera bon pour ta toux. Tu t'es sacrifié pour venir, souffrant comme tu l'es, et par ce temps froid. Je suis émue de vous voir si prévenants."       

"C'est notre devoir, Marthe.
Euchérie était de notre race[2], une vraie juive qui nous a tous honorés."     

"L'honneur à la mémoire vénérée de ma mère me touche le cœur. Je répéterai à
Lazare ces paroles."      

"Mais nous voulons le saluer, un si bon ami !" dit, faux comme toujours,
Elchias qui s'est approché.    

"Le saluer ? Ce n'est pas possible. Il est trop épuisé."          

"Oh ! Nous ne le dérangerons pas, n'est-ce pas, vous tous ? Il nous suffit d'un adieu du seuil de sa chambre" dit
Félix.          

"Je ne puis, je ne puis vraiment pas.
Nicomède s'oppose à toute fatigue et à toute émotion."     

"Un regard à l'ami mourant ne peut le tuer, Marthe, dit
Collascebona. Nous aurions trop de peine de ne pas l'avoir salué !"         

Marthe est agitée, hésitante. Elle regarde vers la porte, peut-être pour voir si
Marie vient à son aide, mais Marie est absente.     

Les juifs remarquent cette agitation et
Sadoc, le scribe, le fait remarquer à Marthe: "On dirait que notre venue te trouble, femme." 

"Non. Non, pas du tout. Comprenez ma douleur. Cela fait des mois que je vis près d'un mourant et... je ne sais plus... je ne sais plus me comporter comme autrefois aux fêtes..."

"Oh ! ce n'est pas une fête ! dit Elchias. Nous ne voulions même pas pour nous tant d'honneurs ! Mais peut-être... Peut-être tu veux nous cacher quelque chose et c'est pour cela que tu ne nous montres pas Lazare et que tu nous interdis sa chambre. Eh ! Eh ! On sait ! Mais ne crains pas ! La chambre d'un malade est un asile sacré pour quiconque, crois-le..." 

Haut de page           

11> "Il n'y a rien à cacher dans la chambre de notre frère. Il n'y a rien de caché. Elle n'accueille qu'un mourant auquel ce serait pitié d'épargner tout souvenir pénible. Et toi, Elchias, et vous tous, vous êtes pour Lazare des souvenirs pénibles" dit Marie de sa splendide voix d'orgue, en apparaissant sur le seuil et en tenant écarté de la main le rideau pourpre.       

"Marie !" gémit Marthe suppliante, pour l'arrêter.        

"Rien, ma sœur, laisse-moi parler... Elle s'adresse aux autres: Et pour vous enlever tout doute, que l'un de vous — ce sera un seul souvenir du passé qui revient pour l'affliger — vienne avec moi si la vue d'un mourant ne le dégoûte pas et la puanteur de la chair qui meure ne lui donne pas la nausée."   

"Et toi, tu n'es pas un souvenir affligeant ?" dit ironiquement
l'hérodien, que j'ai déjà vu je ne sais où, en quittant son coin et en se mettant en face de Marie[3].      

Marthe exhale un gémissement. Marie a le regard d'un aigle inquiet. Ses yeux lancent des éclairs. Elle se redresse hautaine, oubliant la fatigue et la douleur qui la courbaient, et avec l'expression d'une reine offensée, elle dit: "Oui, moi aussi je suis un souvenir. Mais non pas de douleur, comme tu dis. Je suis le souvenir de la Miséricorde de Dieu. Et en me voyant Lazare meurt en paix car il sait qu'il remet son esprit entre les mains de l'Infinie Miséricorde."

"Ha ! Ha ! Ha ! Ce n'était pas ainsi que tu parlais autrefois ! Ta vertu ! À celui qui ne te connaît pas, tu pourrais la mettre bien en vue..."       

"Mais pas à toi, n'est-ce pas ? Au contraire, je la mets justement sous tes yeux, pour te dire que l'on devient comme ceux que l'on fréquente. Autrefois, malheureusement, je te fréquentais, et j'étais comme toi. Maintenant je fréquente le Saint et je deviens honnête."

"Une chose détruite ne se reconstruit pas, Marie."     

"En effet le passé : toi, vous tous, vous ne pouvez plus le reconstruire. Vous ne pouvez pas reconstruire ce que vous avez détruit. Pas toi qui m'inspires du dégoût, pas vous qui au temps de la douleur avez offensé mon frère, et maintenant, dans un but qui n'est pas clair, voulez montrer que vous êtes ses amis."          

"Oh ! Tu es audacieuse, femme. Le Rabbi t'aura chassé plusieurs démons, mais il ne t'a pas rendue douce !" dit un homme d'environ quarante ans.          

"Non,
Jonathas ben Anna. Il ne m'a pas rendue faible, mais forte de l'audace de qui est honnête, de qui a voulu redevenir honnête et qui a rompu tout lien avec le passé pour se faire une nouvelle vie.           

Haut de page           

12> Allons ! Qui vient voir Lazare ?" Elle est impérieuse comme une reine, elle les domine tous par sa franchise, impitoyable jusque contre elle-même. Marthe, au contraire, est angoissée, elle a des larmes dans ses yeux qui fixent en suppliant Marie pour qu'elle se taise.

"Moi, je viens !" dit avec un soupir de victime Elchias, faux comme un serpent.        

Ils sortent ensemble. Les autres s'adressent à Marthe : "Ta sœur !... Toujours ce caractère. Elle ne devrait pas. Elle a tant à se faire pardonner" dit
Uriel, le rabbi vu à Giscala, celui qui a frappé d'une pierre Jésus[4].

Marthe, sous le fouet de ces paroles, retrouve sa force et elle dit : "Dieu l'a pardonnée. Tout autre pardon est sans valeur après celui-là. Et sa vie actuelle est un exemple pour le monde." Mais l'audace de Marthe a vite fait de tomber et elle fait place aux pleurs. Elle gémit toute en larmes : "Vous êtes cruels ! Envers elle... et envers moi... Vous n'avez pas pitié, ni de la douleur passée, ni de la douleur actuelle. Pourquoi êtes-vous venus ? Pour offenser et faire souffrir ?"   

"Non, femme. Non. Uniquement pour saluer le grand juif qui meurt. Pas pour autre chose ! Pas pour autre chose ! Tu ne dois pas mal interpréter nos intentions qui sont droites. Nous avons appris l'aggravation par
Joseph et Nicodème et nous sommes venus... comme eux, les deux grands amis du Rabbi et de Lazare. Pourquoi voulez-vous nous traiter d'une manière différente, nous qui aimons comme eux le Rabbi et Lazare ? Vous n'êtes pas justes. Peux-tu peut-être dire qu'eux, ainsi que Jean, Éléazar, Philippe, Josué et Joachim, ne sont pas venus prendre des nouvelles de Lazare, et que Manaën aussi n'est pas venu ?..."   

"Je ne dis rien, mais je m'étonne que vous soyez si bien informés de tout. Je ne pensais pas que même l'intérieur des maisons était surveillé par vous. Je ne savais pas qu'il existait un précepte nouveau en plus des six cent treize : celui d'enquêter, d'épier l'intimité des familles... Oh ! excusez ! Je vous offense ! La douleur m'affole et vous l'exaspérez."

 "Oh ! Nous te comprenons, femme ! Et c'est parce que nous avons pensé que vous étiez affolées que nous sommes venus vous donner un bon conseil. Envoyez chercher le Maître. Même hier sept lépreux[5] sont venus louer le Seigneur parce que le Rabbi les a guéris. Appelez-le aussi pour Lazare."          

Haut de page           

13> "Il n'est pas lépreux, mon frère, crie Marthe bouleversée. C'est pour cela que vous avez voulu le voir ? C'est pour cela que vous êtes venus ? Non. Il n'est pas lépreux ! Regardez mes mains ! Je le soigne depuis des années et il n'y a pas de lèpre sur moi. J'ai la peau rougie par les aromates, mais je n'ai pas de lèpre. Je ne..."   

"Paix ! Paix, femme. Et qui te dit que Lazare est lépreux ? Et qui vous soupçonne d'un péché aussi horrible que celui de cacher un lépreux ? Et crois-tu que, malgré votre puissance
[6], nous ne vous aurions pas frappés si vous aviez péché ? Même sur le corps d'un père et d'une mère, d'une épouse et des enfants nous sommes capables de passer afin de faire respecter les préceptes. Je te le dis, moi, Jonathas d'Uziel."      

"Mais certainement ! C'est ainsi ! dit
Archélaüs. Et maintenant nous te disons, pour le bien que nous te voulons, pour l'amour que nous avions pour ta mère, pour l'amour que nous avons pour Lazare: appelez le Maître. Tu secoues la tête ? Veux-tu dire que désormais c'est trop tard ? Comment ? Tu n'as pas foi en Lui, toi, Marthe, disciple fidèle ? C'est grave cela ! Commences-tu, toi aussi, à douter ?"           

"Tu blasphèmes, ô scribe. Moi, je crois au Maître comme au Dieu vrai."        

"Et alors, pourquoi ne veux-tu pas essayer ? Lui a ressuscité les morts... Du moins c'est ce que l'on dit... Peut-être ne sais-tu pas où il est ? Si tu veux, nous allons le chercher, nous allons t'aider nous" insinue
Félix.      

"Mais non !" dit
Sadoc pour l'éprouver. "Certainement dans la maison de Lazare on sait où est le Rabbi. Dis-le franchement, femme, et nous partirons à sa recherche et nous te l'amènerons, et nous serons présents au miracle pour jouir avec toi, avec vous tous."

Marthe est hésitante, presque tentée de céder. Les autres la pressent alors qu'elle dit : "Où il est je ne le sais pas... Je ne le sais pas vraiment... Il est parti il y a plusieurs jours et il nous a saluées comme quelqu'un qui part pour longtemps... Ce serait un réconfort pour moi de savoir où il est... Au moins de le savoir... Mais je ne le sais pas, en vérité..."

"Pauvre femme ! Mais nous t'aiderons... Nous te l'amènerons" dit
Cornélius.

 "Non ! Il ne faut pas. Le Maître... c'est de Lui que vous parlez, n'est-ce pas ? Le Maître a dit que nous devons espérer au-delà de ce qu'il est possible d'espérer, et en Dieu seul[7]. Et nous le ferons" tonne Marie qui revient avec Elchias, qui la quitte tout de suite et se penche pour parler avec trois pharisiens.      

Haut de page           

14> "Mais il meurt, à ce que j'entends dire !" dit l'un de ces trois qui est Doras.         

"Et avec cela ? Qu'il meure ! Je ne m'opposerai pas au décret de Dieu et je ne désobéirai pas au Rabbi."         

"Et que veux-tu espérer au-delà de la mort, ô folle ?" dit l'hérodien en se moquant d'elle.

"Quoi ? La Vie !" C'est un cri de foi absolue.

"La Vie ? Ha ! Ha ! Sois sincère. Tu sais que devant une mort véritable son pouvoir est nul, et dans ton sot amour pour Lui, tu ne veux pas que cela paraisse."   

"Sortez tous ! Ce serait à Marthe de le faire, mais elle vous craint. Moi je crains seulement d'offenser Dieu qui m'a pardonnée et je le fais donc à la place de Marthe. Sortez tous. Il n'y a pas de place dans cette maison pour ceux qui haïssent Jésus Christ. Dehors ! À vos tanières ténébreuses ! Dehors tous. Ou je vous ferai chasser par les serviteurs comme un troupeau de gueux immondes."        

Elle est imposante dans sa colère. Les juifs s'esquivent, lâches à l'extrême, devant cette femme. Il est vrai que cette femme semble un archange irrité...         

La salle se désencombre et les regards de Marie, à mesure qu'ils franchissent le seuil un par un en passant devant elles, créent une immatérielle fourche caudine sous laquelle doit s'abaisser l'orgueil des juifs vaincus. La salle reste vide finalement.  

Marthe s'écrase sur le tapis et éclate en sanglots.     

"Pourquoi pleures-tu, ma sœur ? Je n'en vois pas la raison..."           

"Oh ! tu les as offensés... et eux t'ont offensée, nous ont offensées... et maintenant ils vont se venger... et..."      

"Mais tais-toi, sotte femmelette ! Sur qui veux-tu qu'ils se vengent ? Sur Lazare ? Auparavant ils doivent délibérer, et avant qu'ils décident... Oh ! on ne se venge pas sur un
goulal ! Sur nous ? Et avons-nous besoin de leur pain pour vivre ? Nos biens, ils n'y toucheront pas. Sur eux se projette l'ombre de Rome. Et sur quoi alors ? Et même s'ils le pouvaient, ne sommes-nous pas deux femmes jeunes et fortes ? Ne pouvons-nous pas travailler ? Est-ce que peut-être Jésus n'est pas pauvre ? N'a-t-il pas été un ouvrier notre Jésus ? Ne serions-nous pas plus semblables à Lui étant pauvres et travailleuses ? Mais glorifie-toi de le devenir ! Espère-le ! Demande-le à Dieu !"   

"Mais ce qu'ils t'ont dit..."

 I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\TableMatieres.gif

"Ha ! Ha ! Ce qu'ils m'ont dit ! C'est la vérité. Je me le dis moi aussi. J'ai été une immonde. Maintenant je suis l'agnelle du Pasteur ! Et le passé est mort. Allons, viens auprès de Lazare."        

Haut de page           

Fiche mise à jour le 21/06/2015

 



[1] Jean de Gaas, l'ami de Joseph d'Arimathie.

[2] Euchérie, la mère de Lazare, Marthe et Marie, était une princesse juive.

[3] Il s’agit sans doute de Scéva, un ancien amant de Marie de Magdala, ce qui éclaire le contexte de la scène.

[4] EMV 342.

[5] Cf. le chapitre EMV 536. Cette guérison a eu lieu le 29 novembre. Nous sommes le 22 janvier, deux mois plus tard.

[6] Théophile, le père de la famille de Béthanie était gouverneur (local) de Syrie. Comme tel, sa famille jouit d'une protection des romains.

[7] EMV 536.