"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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Qui sommes-nous

 4.255 - Partenza delle sorelle Marta e Maria con Sintica. Una lezione a Giuda Iscariota.

 2.254 - Goodbye to Mary of Magdala, to Martha and to Syntyche.


 3.255 - Despedida de las hermanas Marta y María, que parten con Síntica. Una lección a Judas Iscariote.

 5.297 - Der Abschied von Martha, Magdalena und Syntyche.



Entre Césarée et le Carmel.


Vendredi 23 juin 28
(13 Tammouz 3788)
Césarée Maritime.


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 Comprendre c'est obéir sans discuter parce que l'on est persuadé de la sainteté de Celui qui guide.

 Une imperfection en vous nuit davantage à la rédemption d'un pécheur ?

 Ce que tu n'oserais dire à mon Jésus, viens me le dire.


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- Les apôtres ne voient pas la beauté du lieu ............. 196

- Ils bougonnent et se chicanent ..................... 196

- Judas, cause de discussion et de désordre ................. 197

- Les femmes vous sont supérieures ................. 199


- Elles rejoignent le char des sœurs de Lazare ........ 199

- Noémi dit à Marie comment traiter la pourpre ......... 199

- Marie dit adieu à celles qui partent .......................... 200

- Jésus le fait à son tour 201


- Judas n'apprécie pas la présence de Sintica ... 201

- Il dit respecter le Deutéronome.............. 202

- Discours (Le Deutéronome est intouchable........... 202

- Tu garderas l'esclave réfugié chez toi) ........................ 202


Les références de l'Ancien Testament sont de David Amos.

 

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 4


Tome 4, chapitre 118.

255.
L’adieu à Marthe, à Marie-Magdeleine et à Sintica


 

Vision du vendredi 17 août 1945

196> Ils sont de nouveau en route, tournant à l'est en direction de la campagne.       

Maintenant les apôtres et les deux disciples sont avec
Marie de Cléophas et Suzanne, à quelques mètres de Jésus qui est avec sa Mère et les deux sœurs de Lazare. Jésus parle sans arrêt. Les apôtres au contraire ne parlent pas. Ils semblent fatigués ou découragés. Ils ne sont même pas séduits par la .beauté de la campagne qui est vraiment splendide dans ses légères ondulations jetées sur la plaine comme autant de coussins verts sous les pieds d'un roi géant, avec ses collines qui s'élèvent de quelques mètres, çà et là, pour préluder aux chaînes du Carmel et de la Samarie. Tant dans la plaine, qui domine en ces parages, que sur les petites collines et les ondulations, il y a toute une floraison de plantes et une odeur de fruits qui arrivent à maturation. Ce doit être un endroit bien irrigué malgré sa situation et la saison, car il y a trop de fleurs pour qu'il n'y ait pas beaucoup d'eau. Je comprends maintenant pourquoi la plaine de Saron est tant de fois nommée avec enthousiasme dans la Sainte Écriture[1] Mais les apôtres ne partagent pas du tout cet enthousiasme. Ils marchent, un peu maussades, les seuls attristés en cette journée sereine et en cette riante contrée.     

La route consulaire, en très bon état, coupe par son ruban blanc cette campagne très fertile et, à cette heure encore matinale, on rencontre fréquemment des paysans avec des chargements de denrées, ou des voyageurs qui se dirigent vers Césarée. L'un d'eux, avec une file d'ânes chargés de sacs, rejoint les apôtres et les force à s'écarter pour laisser la place à sa caravane. Il demande avec arrogance : "Kison c'est ici ?"

"Plus en arrière, répond sèchement
Thomas, et il bougonne entre ses dents : Espèce de goujat !"       

"C'est un samaritain, c'est tout dire !" répond
Philippe.          

Ils retombent dans le silence. Après quelques mètres, Pierre dit comme s'il terminait un discours intérieur : "Pour ce que cela a servi ! Était-ce la peine de faire tant de chemin !"

"Mais, oui ! Pourquoi ensuite sommes-nous allés à Césarée, puisqu'il n'y a pas dit un mot ? Je croyais qu'il voulait faire quel- que miracle stupéfiant pour persuader les romains. Au contraire..." dit
Jacques de Zébédée.      

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197> "Il nous a fait tourner en dérision et c'est tout" commente Thomas. Et
l'Iscariote renchérit : "Il nous a fait souffrir. Mais à Lui, les offenses Lui plaisent et il croit qu'elles nous plaisent, à nous aussi."            

"Vraiment celle qui a souffert en cette circonstance, c'est
Marie de Théophile" observe paisiblement le Zélote.         

"Marie ! Marie ! Elle est devenue le centre de 1'univers. Marie ? Il n'y a qu'elle qui souffre, il n'y a qu'elle d'héroïque, il n'y a qu'elle qui se forme ! C'est à désirer d'être larron et homicide pour être ensuite l'objet de tant d'égards" dit en colère, l'Iscariote.

"À vrai dire, l'autre fois que nous sommes venus à Césarée, et que Lui a fait un miracle et a évangélisé, nous l'avons affligé par notre mécontentement parce qu'il l'avait fait
[2]" observe le cousin du Seigneur.          

"Ce qu'il y a, dit sérieusement
Jean, c'est que nous ne savons pas ce que nous voulons... Il agit d'une façon, nous bougonnons; il fait le contraire, nous bougonnons. Nous sommes pleins de défauts."   

"Oh ! voilà l'autre sage qui parle ! Il est certain qu'on ne fait rien de bon depuis longtemps."

"Rien, Judas ? Mais
cette grecque, mais Hermastée, mais Abel, mais Marie, mais..."

"Ce n'est pas avec ces nullités qu'il fondera le Royaume" réplique l'Iscariote, obsédé par l'idée d'un triomphe terrestre.            

"Judas, je te prie de ne pas juger les œuvres de mon Frère. C'est une prétention ridicule. Un enfant qui veut juger le maître, pour ne pas dire : une nullité qui veut tout dominer" dit
le Thaddée qui, s'il a le même nom, a pourtant une invincible antipathie pour son homonyme[3].

"Je te remercie de t'être borné à m'appeler enfant. Vraiment, après avoir vécu si longtemps au Temple
[4], je croyais qu'on m'accorderait au moins la majorité" répond, sarcastique, l'Iscariote.    

"Oh ! comme elles sont désagréables ces disputes !" soupire
André.            

"Vraiment ! observe
Mathieu. Au lieu de nous fondre entre nous, plus nous vivons ensemble, plus on se sépare. Et penser qu'à Sicaminon il a dit qu'il nous faut être unis au troupeau. Comment le serons-nous, si entre pasteurs nous ne le sommes pas ?"      

"Alors, on ne doit pas parler ? On ne doit jamais dire sa pensée ? Nous ne sommes pas des esclaves, je crois."        

"Non, Judas, dit calmement le Zélote. Nous ne sommes pas esclaves, mais nous sommes indignes de le suivre parce que nous ne le comprenons pas."           

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198> "Moi, je le comprends très bien."          

"Non. Tu ne le comprends pas. Et, comme toi, ne le comprennent pas, plus ou moins, tous ceux qui le critiquent.
 Comprendre c'est obéir sans discuter parce que l'on est persuadé de la sainteté de Celui qui guide" dit encore le Zélote.           

"Ah ! mais tu fais allusion à l'intelligence de sa sainteté ! Moi, je parlais de ses paroles. Sa sainteté est indiscutée et indiscutable" se hâte de dire l'Iscariote.      

"Et tu peux séparer l'une de l'autre ? Un saint possédera toujours la Sagesse, et ses paroles seront sages."         

"C'est vrai. Mais il fait des actes nuisibles. Certainement par excès de sainteté, je l'accorde. Mais le monde n'est pas saint, et Lui se crée des ennuis. Par exemple ce philistin et cette grecque, crois-tu qu'ils nous soient utiles ?"

"Mais, si je dois nuire, je me retire. J'étais venu avec l'idée de l'honorer et de faire quelque chose de juste" dit
Hermastée, blessé.         

"Tu Lui donnerais de la douleur en t'en allant pour ce motif" lui répond
Jacques d'Alphée.

"Je Lui laisserai croire que j'ai changé d'idée. Puis, je le saluerai et... je m'en irai."     

"Non, vraiment ! Toi, tu ne t'en vas pas. Il n'est pas juste qu'à cause du nervosisme d'autrui, le Maître perde un bon disciple" s'emporte
Pierre.    

"Mais s'il veut s'en aller pour si peu, c'est signe qu'il n'est pas sûr de sa volonté. Laisse-le donc s'en aller" répond l'Iscariote.    

Pierre perd patience : "Je Lui ai promis, quand il m'a donné Margziam, de devenir paternel avec tout le monde, et il me déplaît de manquer à ma promesse. Mais tu m'y obliges. Hermastée est ici, et il y reste, Sais-tu ce que je dois te dire ? C'est toi qui troubles la volonté des autres et les rends indécis, Tu es une cause de séparation et de désordre. Voilà ce que tu es. Et sois-en honteux."        

"Qui es-tu, toi ? Le protecteur des..."            

"Parfaitement ! Tu as bien dit. Je sais ce que tu veux dire. Protecteur de la
femme voilée, protecteur de Jean d'Endor, protecteur d'Hermastée, protecteur de cette esclave, protecteur de tous les autres qu'a trouvés Jésus et qui ne sont pas de magnifiques exemplaires des paons du Temple, ceux qui sont fabriqués avec le mortier sacré et les toiles d'araignées du Temple, les mèches malodorantes des lumières du Temple, ceux qui sont comme toi, en somme, pour rendre plus claire la parabole, car si le Temple est beaucoup, à moins que je ne sois devenu un imbécile, le Maître est plus que le Temple, et c'est à Lui que tu manques..." il crie si fort que le Maître s'arrête et se retourne et il va revenir en arrière, quittant les femmes.          

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199> "Il a entendu ! Maintenant il va être affligé !" dit l'apôtre Jean.   

"Non, Maître. Ne viens pas. Nous discutions... pour tromper l'ennui de la route" dit tout de suite Thomas.          

Mais Jésus reste arrêté de façon qu'on le rejoigne.   

"De quoi discutiez-vous ? Encore une fois dois-je vous dire que les femmes vous sont supérieures ?" Le doux reproche touche tous les cœurs. Ils se taisent en baissant la tête.

 "Amis, amis ! Ne soyez pas un objet de scandale pour ceux qui naissent maintenant seulement à la Lumière ! Ne savez-vous pas qu'une imperfection en vous nuit davantage que les erreurs qui se trouvent dans le paganisme, à la rédemption d'un païen ou d'un pécheur ?"    

Personne ne répond, car ils ne savent que dire pour se justifier ou pour ne pas accuser.

Près d'un pont sur un torrent à sec est arrêté le char des sœurs de Lazare. Les deux chevaux paissent l'herbe épaisse des rives du torrent, peut-être à sec depuis peu, qui sont couvertes d'une épaisse couche d'herbe. Le serviteur de Marthe et un autre, peut-être le conducteur, sont sur la grève alors que les femmes sont enfermées dans le char tout couvert d'une lourde capote faite de peaux tannées qui descendent comme de lourds rideaux jusqu'au plancher du char. Les femmes disciples se hâtent vers lui et le serviteur qui les voit le premier avertit la nourrice, pendant que l'autre se hâte d'atteler les chevaux.

Entre temps, le serviteur court vers ses maîtresses en s'inclinant jusqu'à terre. La nourrice âgée, une belle femme au teint olivâtre mais agréable, descend lestement et va vers ses maîtresses. Mais Marie de Magdala lui dit quelque chose et elle se dirige tout de suite vers la Vierge en disant : "Pardonne-moi... Mais la joie de la voir est si grande que je ne vois qu'elle. Viens, bénie, le soleil est brûlant, dans le char il y a de l'ombre."       

Et elles montent toutes en attendant les hommes restés très en arrière. Pendant qu'elles attendent et pendant que Sintica, revêtue de l'habit que Marie-Magdeleine avait la veille, baise les pieds de ses maîtresses - comme elle s'obstine à les appeler, bien que pour elles, disent-elles, elle n'est ni servante ni esclave mais seulement une invitée reçue au nom de Jésus - la Vierge montre le précieux paquet de pourpre, demandant comment on peut filer cette courte filasse qui refuse l'humidité et le tordage.    

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200> "Ce n'est pas ainsi qu'on l'emploie, Femme. Il faut la réduire en poudre, et on l'emploie comme n'importe quelle autre teinture. C'est la bave d'un coquillage, ce n'est pas un cheveu ni un poil. Vois-tu comme elle est friable maintenant qu'elle est sèche ? Tu la réduis en fine poudre, tu la tamises pour qu'il ne reste pas de longs filaments qui tacheraient le filou l'étoffe. Le fil se teint mieux en écheveau. Quand tu es sûre que tout est réduit en poudre, comme on fait avec la cochenille ou le safran ou la poudre d’indigo, ou d'autres écorces, ou racines ou fruits, et on s'en sert. On fixe la teinture avec du vinaigre fort au dernier rinçage."        

"Merci,
Noémi. Je ferai comme tu me l'indiques. J'ai brodé avec des fils couleur de pourpre, mais on me les avait donnés déjà prêts à l'usage... Voici Jésus qui arrive. C'est le moment de nous saluer, mes filles. Je vous bénis toutes au nom du Seigneur. Allez en paix, en apportant la paix et la joie à Lazare.

Adieu, Marie. Souviens-toi que c'est sur ma poitrine que tu as versé tes premières larmes de bonheur. Je suis ainsi pour toi une mère, parce qu'un enfant verse ses premières larmes sur la poitrine de sa maman. Je suis pour toi une mère, et je le serai toujours.
 Ce qu'il peut te coûter de dire à la plus douce des sœurs, à la plus aimante des nourrices, viens me le dire, à moi. Je te comprendrai toujours. Ce que tu n'oserais dire à mon Jésus, parce que trop pétri d'une humanité qu'il ne veut pas en toi, viens me le dire, à moi. Je serai toujours indulgente pour toi. Et si, ensuite, tu veux aussi me dire tes triomphes - mais ceux-ci, je préfère que tu les présentes à Lui comme des fleurs parfumées, parce que c'est Lui, ton Sauveur, et pas moi - je me réjouirai avec toi.           

Adieu, Marthe. Maintenant tu t'en vas heureuse et tu resteras dans ce bonheur surnaturel. Tu n'as donc besoin que de progresser dans la justice au milieu de la paix que rien ne trouble plus en toi. Fais-le pour l'amour de Jésus qui t'a aimée au point d'aimer celle que tu aimes complètement.           

Adieu, Noémi. Va avec ton trésor retrouvé. Comme tu la nourrissais de ton lait, nourris-toi maintenant des paroles qu'elle et Marthe te diront, et arrive à voir en mon Fils beaucoup plus que l'exorciste qui délivre les cœurs du Mal.      

Adieu, Sintica, fleur de la Grèce, qui as su voir par toi seule qu'il y a quelque chose de plus que la chair. Maintenant fleuris en Dieu, et sois la première des fleurs nouvelles de la Grèce du Christ.       

Je suis très contente de vous laisser ainsi unies. Je vous bénis avec amour."           

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201> Le bruit des pas est désormais tout proche. Elles lèvent la capote et voient que Jésus est à quelque deux mètres du char. Elles descendent sous le soleil brûlant qui envahit la route.        

Marie de Magdala s'agenouille aux pieds de Jésus en disant : "Je te remercie, de tout. Et aussi beaucoup de m'avoir fait faire ce voyage. Toi, seulement, as la sagesse. Maintenant je pars dépouillée des restes de la Marie d'autrefois. Bénis-moi, Seigneur, pour me fortifier toujours plus."          

"Oui, je te bénis. Jouis de la présence des frères, et avec les frères forme-toi toujours plus en Moi. Adieu, Marie. Adieu, Marthe. Tu diras à Lazare que je le bénis. Je vous confie cette femme. Je ne vous la donne pas. C'est ma disciple, mais je veux que vous lui donniez un minimum de possibilités de comprendre ma doctrine. Puis je viendrai. Noémi, je te bénis et aussi vous deux."     

Marthe et Marie ont les larmes aux yeux. Le Zélote les salue en particulier, en leur donnant un écrit pour son serviteur. Les autres les saluent ensemble. Puis le char se met en mouvement.

"Et maintenant allons chercher de l'ombre. Que Dieu les accompagne... Tu regrettes tant, Marie, qu'elles s'en soient allées ?" demande-t-il à Marie d'Alphée qui pleure silencieusement.       

"Oui. Elles étaient très bonnes..."      

"Nous les retrouverons bientôt, et plus nombreuses. Tu auras beaucoup de sœurs... ou de filles, si tu préfères. C'est tout de l'amour, tant le maternel que le fraternel" lui dit Jésus pour la réconforter.   

"Pourvu que cela ne lui crée pas des ennuis..." dit l'Iscariote.            

"Des ennuis, de s'aimer ?"    

"Non. Ennuis d'avoir des personnes d'autres races et d'autres provenances."           

"Sintica, tu veux dire ?"        

"Oui, Maître. En fin de compte, c'était l'objet du romain et c'est mal de se l'approprier. Cela le disposera mal à notre égard et nous nous mettrons à dos
Ponce Pilate avec ses rigueurs."     

"Mais que veux-tu que cela lui fasse, à Pilate, que quelqu'un qui dépende de lui perde une esclave ? Il saura ce qu'il vaut ! Et s'il est un peu honnête, comme on dit qu'il l'est, en famille au moins, il dira que cette femme a bien fait de s'enfuir. Puis, s'il est malhonnête, il dira : "C'est bien fait ! Ainsi, peut-être, je la trouverai, moi". Les gens malhonnêtes ne sont pas sensibles aux douleurs d'autrui. Et puis ! Oh ! Pauvre Ponce ! Avec tous les ennuis que nous lui donnons, il a bien autre chose à faire que de perdre du temps à cause des plaintes d'un individu qui laisse échapper une esclave !" dit Pierre et plusieurs lui donnent raison en se moquant du lubrique romain.     

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202> Mais Jésus porte la question sur un plan plus haut : "Judas, tu connais le Deutéronome ?"       

"Certainement, Maître. Et je n'hésite pas à dire: comme il y en a peu."           

"Comment le juges-tu ?"       

"Comme porte-parole de Dieu."        

"Porte-parole. Donc qui répète la parole de Dieu ?"   

"Exactement ainsi."  

"Tu as bien jugé. Mais alors pourquoi ne juges-tu pas bien de faire ce qu'il ordonne ?"

"Je n'ai jamais dit cela. Au contraire ! Je trouve que c'est justement nous qui le négligeons trop en suivant la nouvelle Loi."        

"La Nouvelle Loi est le fruit de l'Ancienne ou plutôt c'est la perfection atteinte par l'arbre de la Foi. Mais personne d'entre nous ne la néglige, pour autant que je sache, parce que Moi... je suis le premier à la respecter et à empêcher que les autres la négligent." Jésus est très tranchant, en disant ces mots. Il reprend : "Le Deutéronome est intouchable. Même quand triomphera mon Royaume, et, avec mon Royaume, la Nouvelle Loi avec ses neuf codes et paragraphes, il sera toujours appliqué aux nouveaux préceptes, comme les pierres de taille des anciennes constructions servent aux nouvelles parce que ce sont des pierres parfaites qui font de solides murailles. Mais maintenant, ce n'est pas encore mon Royaume et Moi, en fidèle israélite, je n'offense ni ne néglige le livre mosaïque. C'est la base de ma façon d'agir et de mon enseignement. C'est sur la base de l'Homme et du Maître que le Fils du Père fait reposer la céleste construction de sa Nature et de sa Sagesse.     

Dans le Deutéronome, il est dit : "Tu ne remettras pas à son maître l'esclave qui s'est réfugié près de toi
[5]. Il habitera avec toi dans l'endroit qu'il jugera bon, il restera tranquille dans une de tes cités et tu ne lui feras pas de peine[6]". Cela s'applique au cas où quelqu'un est contraint de fuir un esclavage inhumain. Dans mon cas, dans celui de Sintica, c'est la fuite, non vers une liberté limitée, mais vers la liberté illimitée du Fils de Dieu. Et tu veux qu'à cette alouette, qui a échappé au filet des chasseurs, je mette de nouveau le filet pour la rendre à sa prison, pour lui enlever jusqu'à l'espérance après la liberté ? Non, jamais ! Je bénis Dieu de ce que, comme le voyage à Endor a amené ce fils au Père, le voyage à Césarée m'ait amené cette fille pour que je l'amène au Père.

203> À Sicaminon, je vous ai parlé de la puissance de la Foi. Aujourd'hui je vous parlerai de la lumière de l'Espérance. Mais maintenant, dans ce verger touffu, arrêtons-nous pour manger et nous reposer car le soleil est brûlant comme si l'enfer était ouvert."          

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[1] Isaïe 35,1-2 - Isaïe 65,10 - Cantique 2,1.

[2] Par exemple la guérison de Faustina le jeune bébé de Valéria, une romaine. cf. Tome 3, chapitre 15.

[3] Judas et Jude sont un même prénom qui se prononce semblablement.

[4] Judas était un fonctionnaire du Temple où il a tissé de nombreuses relations qui l'amèneront à sa chute finale.

[5] Deutéronome 23,16.

[6] Deutéronome 23,17.