"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 8.550 - Missione d'amore per Lazzaro e contemplazione assoluta per la sorella Maria. Gesù deve fuggire in Samaria.

 5.548 - At Bethany after the Resurrection of Lazarus.

 Contient une référence à : Matthieu 5,48


Vendredi 1er février 30 (9 Adar)
Béthanie


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 Les apôtres croient au triomphe de Jésus

 Tu as l'office d'aimer


- Les apôtres jubilent 88

- Discours de Judas (sa part du succès de Jésus) 88

- Jésus rassure Lazare au sujet de la Madeleine 90

- Discours ( Le purgatoire 92

- À mon exemple, pas de rancœur) 93

- L'âme comme une semence 94

- Jésus rassure Marie-Madeleine 95

- Discours (Tu as l'office d'aimer) 96

- Que tu mettes en moi un amour sans limites 97

- Un message du jeune Martial 98

- Jésus devait prouver sa divinité 98

- Il apprend le décret de sa condamnation 99

- Il se réfugiera à Éphraïm 100

- Départ précipité 101

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 8

 

8.11
Jésus à Béthanie


88> Il fait bon rester ainsi, au repos, dans l'amour des amis et près du Maître dans les journées ensoleillées qui annoncent déjà un précoce sourire de printemps, à regarder les champs qui ouvrent leurs sillons à un verdoiement innocent des grains qui poussent, à regarder les prés qui rompent le vert uniforme de l'hiver avec les premières fleurettes multicolores, à regarder les haies qui dans les endroits les plus ensoleillés présentent déjà le sourire des boutons qui s'ouvrent, à regarder les amandiers qui déjà moussent à leur sommet avec les premières fleurs qui éclosent.

Et Jésus en jouit, et de même les apôtres, et aussi les trois amis de Béthanie. Elle semble si loin la malveillance, la douleur, la tristesse, la maladie, la mort, la haine, l'envie, tout ce qui est peine, tourment, préoccupation sur la Terre.

 Les apôtres, tous, jubilent et le montrent. Ils disent leur conviction, oh ! si sûre, si triomphante, que désormais Jésus a vaincu tous ses ennemis, que sa mission continuera désormais sans obstacles, qu'il sera reconnu comme Messie même par ceux qui s'obstinaient davantage à le nier. Et ils parlent, un peu exaltés, rajeunis, tant ils sont heureux, en faisant des projets pour l'avenir, en rêvant... en rêvant tellement... et si humainement.

89> Le plus exalté, à cause de sa mentalité qui le porte aux extrêmes, c'est Judas de Kériot. Il se félicite d'avoir su attendre, et d'avoir su agir, il se félicite de sa longue foi dans le triomphe du Maître, il se félicite d'avoir défié les menaces du Sanhédrin... Il est tellement exalté qu'il finit par dire aussi ce qu'il a toujours tenu caché jusqu'ici, au milieu de l’étonnement et de la stupéfaction de ses compagnons : "Oui, ils voulaient m'acheter, ils voulaient me séduire par des flatteries, et en voyant qu'elles ne servaient pas, par des menaces. Si vous saviez ! Mais moi, je les ai payés de la même monnaie. J'ai feint de l'amour pour eux, comme eux pour moi. Je les ai flattés comme eux me flattaient, et je les ai trahis comme eux voulaient me trahir... Parce que, c'est cela qu'ils voulaient. Me faire croire que c'était dans une bonne intention qu'ils éprouvaient le Maître pour pouvoir le proclamer solennellement le Saint de Dieu. Mais moi je les connais ! Je les connais. Et dans toutes les choses qu'ils me disaient vouloir faire, je m'y prenais de façon que la sainteté de Jésus se manifestât vraiment avec plus d'éclat que le soleil de midi dans un ciel sans nuages... Jeu dangereux que le mien ! S'ils l'avaient compris ! Mais j'étais prêt à tout, même à mourir, pour servir Dieu dans mon Maître. Et ainsi je savais tout... Hé ! parfois je vous aurai semblé fou, mauvais, sauvage. Si vous aviez su ! Moi seul je connais mes nuits, les précautions que je devais prendre pour faire du bien sans attirer l'attention de personne ! Vous me suspectiez tous quelque peu, je le sais, mais je ne vous garde pas rancune. Ma manière de faire... oui... pouvait faire naître des soupçons, mais mon but était bon et je ne me préoccupais que de cela. Jésus ne sait rien, ou plutôt je crois que Lui aussi me soupçonne. Mais je saurai me taire sans exiger de Lui sa louange. Et taisez-vous, vous aussi. Un jour, dans les premiers temps que j'étais avec Lui — et toi, Simon le Zélote, et toi, Jean de Zébédée, vous étiez avec moi — Lui me fit un reproche parce que je m'étais vanté d'avoir le sens pratique [1]. Depuis lors, moi... je ne Lui ai jamais fait ressortir cette qualité, mais j'ai continué de l'employer, pour son bien. J'ai agi comme une mère pour son enfant inexpérimenté. Elle enlève les obstacles de son chemin, elle plie pour lui la branche sans épines et lève celle qui peut le blesser, ou bien par des gestes avisés, elle l'amène à faire ce qu'il doit savoir faire et à éviter ce qui est mal, sans même que son fils s'en aperçoive. Ainsi le fils croit être arrivé par lui-même à marcher sans trébucher, à cueillir une belle fleur pour sa mère, à faire ceci ou cela spontanément. J'ai fait la même chose avec le Maître, car la sainteté ne suffit pas dans un monde d'hommes et de satans. 90> Il faut aussi combattre à armes égales, au moins en hommes... et parfois... même un rien de fourberie d'enfer ce n'est pas mal de la ranger parmi les armes. C'est mon idée. Mais Lui ne veut pas en entendre parler... Il est trop bon... Bon ! Moi je comprends tout et tout le monde et j'excuse tous des mauvaises pensées que vous pouvez avoir eues sur mon compte. Maintenant vous savez. Maintenant aimons-nous en bons compagnons, tout pour son amour et sa gloire" et il montre Jésus qui se promène beaucoup plus loin dans une allée ensoleillée en parlant avec Lazare, qui l'écoute avec un sourire extasié sur le visage.

Les apôtres s'éloignent vers la maison de Simon. Jésus s'approche au contraire avec son ami. Je les écoute. Lazare dit : "Oui. Je l'avais compris qu'il y avait un grand but, et certainement de bonté, de me laisser mourir. Je pensais que c'était pour m'épargner la vue de la persécution qu'ils te font. Et, tu sais si je dis la vérité, j'étais content de mourir pour ne pas la voir. Elle m'aigrit, elle me trouble. Vois-tu, Maître. J'ai pardonné tant de choses à ceux qui sont les chefs de notre peuple. J'ai dû pardonner jusqu'aux derniers jours... Elchias... Mais la mort et la résurrection ont annulé tout ce qui s'y rapportait. Pourquoi me rappeler leurs dernières actions pour m'affliger ? J'ai tout pardonné à Marie. Elle semble en douter. Et même, je ne sais pourquoi, depuis que je suis ressuscité elle a pris à mon égard une attitude si... je ne sais comment la définir. Elle est d'une douceur et d'une soumission, si étrange dans ma Marie... Même dans les premiers moments où elle revint ici, rachetée par Toi, elle n'était pas ainsi... Et même, peut-être tu sais et tu peux m'en dire quelque chose, car Marie te dit tout... Tu sais si ceux qui sont venus ici lui ont peut-être fait trop de reproches [2]. J'ai toujours cherché à amoindrir le souvenir de sa faute quand je l'ai vue absorbée dans la pensée du passé pour guérir sa souffrance. Elle ne sait pas s'en tranquilliser. Elle semble tellement... au-dessus de ce qui pourrait être de l'avilissement. A certains elle pourrait paraître même peu repentie... Mais moi, je comprends... Je sais. Elle fait tout pour expier. Je crois qu'elle fait de grandes pénitences, de toutes sortes. Je ne m'étonnerais pas que sous ses vêtements elle eût un cilice et que sa chair connût la morsure des fouets... Mais l'amour fraternel que j'ai, et qui veut la soutenir en mettant un voile entre le passé et le présent, les autres ne l'ont pas... Tu sais si, peut-être, elle a été maltraitée par ceux qui ne savent pas pardonner... et elle a tant besoin de pardon ?"

91> "Je ne sais pas, Lazare. Marie ne m'en a pas parlé. Elle m'a dit seulement d'avoir beaucoup souffert en entendant les pharisiens insinuer que je n'étais pas le Messie parce que je ne te guérissais pas ou que je ne te ressuscitais pas."

"Et... elle ne t'a rien dit de moi ? Tu sais... j'avais si mal... Je me rappelle que ma mère, à ses derniers moments, révéla des choses qui étaient passées inaperçues à Marthe et à moi. Ce fut comme si le fond de son âme et de son passé était revenu à la surface dans les derniers soulèvements du cœur. Moi, je ne voudrais pas... Mon cœur a tant souffert pour Marie... et s'est tant efforcé de ne lui donner jamais l'impression de ce que j'ai souffert à cause d'elle... Je ne voudrais pas l'avoir frappée, maintenant qu'elle est bonne, alors que par amour fraternel d'abord, par amour pour Toi ensuite, je ne l'ai jamais frappée au temps infâme où elle était un opprobre. Que t'a-t-elle dit de moi, Maître ?"

"Sa douleur d'avoir eu trop peu de temps pour te donner son saint amour de sœur et de condisciple. En te perdant, elle a mesuré toute l'étendue des trésors d'affection qu'elle avait piétinés autrefois... et maintenant elle est heureuse de pouvoir te donner tout l'amour qu'elle veut te donner, pour te dire que pour elle tu es le frère, saint, aimé."

"Ah ! voilà ! J'en avais eu l'intuition ! Je m'en réjouis, mais je craignais de l'avoir offensée... Depuis hier, je pense, je pense... j'essaie de me souvenir... mais je n'y arrive pas..."

"Mais pourquoi veux-tu te rappeler ? Tu as devant toi l'avenir. Le passé est resté dans la tombe, ou plutôt il n'y est même pas resté. Il a brûlé en même temps que les bandelettes funèbres, mais si cela doit te donner la paix, je te dis les dernières paroles que tu as eues pour tes sœurs, pour Marie spécialement. Tu as dit que c'est à cause de Marie que je suis venu ici et que j'y viens, parce que Marie sait aimer plus que tous. C'est vrai. Tu lui as dit qu'elle t'a aimé plus que tous ceux qui t'ont aimé. Cela aussi est vrai, car elle t'a aimé en se renouvelant par amour pour Dieu et pour toi. Tu lui as dit précisément que toute une vie de délices ne t'aurait pas donné la joie dont tu as joui grâce à elle. Et tu les as bénies comme un patriarche bénissait ses enfants les plus aimés. Tu as semblablement béni Marthe que tu appelais : ta paix, et Marie que tu appelais : ta joie. Es-tu en paix, maintenant ?"

"Maintenant, oui, Maître. Je suis en paix."

"Et alors, puisque la paix donne la miséricorde, pardonne aussi aux chefs du peuple qui me persécutent. En effet tu voulais dire que tu peux tout pardonner, mais pas le mal qu'ils me font à Moi."

92> "C'est cela, Maître."

"Non, Lazare. Moi, je leur pardonne. Tu dois leur pardonner si tu veux être semblable à Moi."

"Oh ! Semblable à Toi ! Je ne puis, je suis un simple homme !"

"L'homme est resté là-dessous. L'homme ! Ton esprit... Tu sais ce qui arrive à la mort de l'homme..."

"Non, Seigneur, Je ne me rappelle rien de ce qui m'est arrivé" interrompt vivement Lazare.

Jésus sourit et répond : "Je ne parlais pas de ton savoir personnel, de ton expérience particulière. Je parlais de ce que tout croyant sait ce qu'il arrive quand il meurt."

 "Ah ! Le Jugement particulier. Je sais. Je crois. L'âme se présente à Dieu, et Dieu la juge."

"C'est ainsi. Et le jugement de Dieu est juste et inviolable, et il a une valeur infinie. Si l'âme jugée est coupable mortellement, elle devient une âme damnée. Si elle est légèrement coupable, elle est envoyée au Purgatoire. Si elle est juste, elle va dans la paix des Limbes en attendant que j'ouvre la porte des Cieux. J'ai donc rappelé ton esprit après qu'il était déjà jugé par Dieu. Si tu avais été un damné, je n'aurais pas pu te rappeler à la vie car en le faisant j'aurais annulé le jugement de mon Père. Pour les damnés, il n'y a plus de changement. Ils sont jugés pour toujours. Tu étais donc au nombre de ceux qui n'étaient pas damnés. Par conséquent de la classe des bienheureux ou de la classe de ceux qui seront bienheureux après leur purification. Mais réfléchis, mon ami. Si la volonté sincère de repentir que l'homme peut avoir alors qu'il est encore homme, c'est-à-dire chair et âme, a une valeur de purification; si un rite symbolique de baptême dans l'eau, voulu par esprit de contrition des souillures contractées dans le monde et à cause de la chair, a pour nous hébreux une valeur de purification; quelle valeur aura le repentir plus réel et plus parfait, beaucoup plus parfait, d'une âme libérée de la chair, consciente de ce qu'est Dieu, éclairée sur la gravité de ses erreurs, éclairée sur l'immensité de la joie qui s'est éloignée pendant des heures, pendant des années ou pendant des siècles : la joie de la paix des Limbes, qui bientôt sera la joie de la possession de Dieu que l'on aura rejointe, qui sera la purification double, triple, du repentir parfait, de l'amour parfait, du bain dans l'ardeur des flammes allumées par l'amour de Dieu et par l'amour des esprits dans lequel et par lequel les esprits se dépouillent de toute impureté et d'où ils sortent beaux comme des séraphins, couronnés de ce qui ne couronne même pas les séraphins : leur martyre terrestre et ultra-terrestre contre les vices et grâce à l'amour ? Que sera-ce ? Dis-le donc, mon ami."

93> "Mais... je ne sais pas... une perfection. Ou plutôt... une nouvelle création."

"Voilà. Tu as dit le mot juste. L'âme en sort comme créée à nouveau. L'âme devient semblable à celle d'un enfant. Elle est neuve. Tout le passé n'existe plus, son passé d'homme. Quand tombera la Faute d'origine, l'âme exempte de toute tache et de toute ombre de taches, sera supercréée et sera digne du Paradis. J'ai rappelé ton âme qui déjà s'était recréée par son attachement au Bien, par l'expiation de la souffrance et de la mort, et grâce au parfait repentir et au parfait amour que tu avais atteints au-delà de la mort. Tu as donc l'âme tout à fait innocente d'un enfant né depuis quelques heures. Et si tu es un enfant nouveau-né, pourquoi veux-tu endosser sur cette enfance spirituelle les vêtements lourds, accablants de l'homme adulte ? Les petits enfants ont des ailes et non des chaînes à leurs esprits joyeux. Eux m'imitent avec facilité parce qu'ils n'ont pas encore pris de personnalité. Ils se font comme je suis, car sur leur âme vierge de toute empreinte peut s'imprimer sans confusion de lignes ma figure et ma doctrine. Ils ont l'âme exempte de souvenirs humains, de ressentiments, de préjugés. Il ne s'y trouve rien. Et je puis y être, Moi qui suis parfait, absolu comme je suis dans le Ciel.  Toi qui es comme re-né, nouvellement né, car dans ta vieille chair la puissance motrice est nouvelle, sans passé, pure, sans traces de ce qui a été, toi qui es revenu pour me servir, rien que pour cela, tu dois être comme je suis, plus que tous. Regarde-moi. Regarde-moi bien. Mire-toi en Moi, et réfléchis-toi en Moi. Deux miroirs qui se regardent pour réfléchir l'un dans l'autre la figure de ce qu'ils aiment. Tu es un homme et tu es un enfant. Tu es homme pour l'âge, tu es enfant pour la pureté du cœur. Tu as sur les enfants l'avantage de connaître déjà le Bien et le Mal, et d'avoir déjà su choisir le Bien, même avant le baptême dans les flammes de l'amour. Eh bien, Moi, je te dis à toi, homme dont l'esprit est purifié grâce à la purification reçue : "Sois parfait comme l'est notre Père des Cieux [3] et comme je le suis. Sois parfait, c'est-à-dire sois semblable à Moi qui t'ai aimé au point d'aller contre toutes les lois de la vie et de la mort, du ciel et de la terre pour avoir de nouveau sur la Terre un serviteur de Dieu, et pour Moi un véritable ami, et au Ciel un bienheureux, un grand bienheureux". Je le dis à tous : "Soyez parfaits". Et eux, pour la plupart, n'ont pas le cœur que tu avais, digne du miracle, digne d'être pris comme instrument pour une glorification de Dieu en son Fils bien-aimé. 94> Et eux n'ont pas tes dettes d'amour envers Dieu... Je puis le dire, je puis l'exiger de toi. Et en premier lieu, j'exige que tu n'aies pas de rancœur pour ceux qui m'ont offensé et m'offensent. Pardonne, pardonne, Lazare. Tu as été plongé dans les flammes allumées par l'amour. Tu dois être "amour", pour ne plus jamais connaître autre chose que l'étreinte amoureuse de Dieu."

"Et en agissant ainsi, j'accomplirai la mission pour laquelle tu m'as ressuscité ?"

"En agissant ainsi, tu l'accompliras."

"Cela suffit, Seigneur. Je n'ai pas besoin d'en demander et d'en savoir davantage. Te servir était mon rêve. Si je t'ai servi même dans le rien que peut faire celui qui est malade et mort, et si je pourrai te servir dans tout ce que peut faire quelqu'un qui a recouvré la santé, mon rêve est réalisé et je ne demande rien de plus. Que tu sois béni, Jésus, mon Seigneur et mon Maître ! Et qu'avec Toi soit béni Celui qui t'a envoyé."

"Béni soit toujours le Seigneur Dieu Tout-Puissant."

Ils s'en vont vers la maison, s'arrêtent de temps en temps pour observer le réveil des arbres. Jésus lève un bras et cueille, grand comme il est, une petite touffe de fleurs à un amandier qui se chauffe au soleil contre le mur méridional de la maison.

Marie sort de la maison et, les voyant, s'approche pour entendre ce que dit Jésus : "Tu vois, Lazare ? À ceux-ci aussi le Seigneur a dit : "Sortez". Et ils ont obéi pour servir le Seigneur."

"Quel mystère que la germination ! Il paraît impossible que du tronc dur et de la dure semence puissent sortir des pétales si fragiles et des tiges si tendres et se changer en fruits ou en arbres. Est-ce une erreur, Maître, de dire que la sève ou le germe c'est comme l'âme de la plante ou de la semence ?"

 "Ce n'est pas une erreur car c'est la partie vitale. En eux, elle n'est pas éternelle, créée pour chaque espèce le premier jour que les arbres et les blés le furent. Chez l'homme, elle est éternelle, ressemblant à son Créateur, créée chaque fois pour chaque nouvel homme qui est conçu. Mais c'est par elle que la matière vit. C'est pour cela que je dis que c'est seulement par l'âme que l'homme vit. Non seulement vit ici, mais au-delà. Il vit par son âme.

 Nous hébreux, nous ne faisons pas de dessins sur les tombeaux comme les font les gentils. Mais si nous les faisions, nous devrions toujours dessiner, non pas le flambeau éteint, la clepsydre vide ou un autre symbole de fin, mais bien la semence jetée dans le sillon qui fleurit en épi. 95> C'est en effet la mort de la chair qui libère l'âme de son écorce et la fait fructifier dans les parterres du Seigneur. La semence. L'étincelle vitale que Dieu a mise dans notre poussière et qui devient épi si nous savons par la volonté et aussi par la douleur rendre fertile la motte qui l'enserre. La semence, le symbole de la vie qui se perpétue... Mais Maximin t'appelle..."

"J'y vais, Maître. Il sera venu des régisseurs. Tout était arrêté ces derniers mois. Maintenant ils s'empressent de me rendre leurs comptes..."

"Que tu approuves d'avance, car tu es un bon maître."

"Et parce qu'eux sont de bons serviteurs."

"Le bon maître fait les bons serviteurs."

"Alors je deviendrai certainement un bon serviteur, car j'ai en Toi un Maître parfait" et il s'en va en souriant, agile, si différent du pauvre Lazare qu'il était depuis des années.

Marie reste avec Jésus.

"Et toi, Marie, deviendras-tu une bonne servante de ton Seigneur ?"

"C'est Toi qui peux le savoir, Rabboni. Moi... moi je sais seulement que j'ai été une grande pécheresse."

Jésus sourit : "Tu as vu Lazare ? Lui aussi était un grand malade et ne te semble-t-il pas que maintenant il soit bien sain ?"

"C'est ainsi, Rabboni. Tu l'as guéri. Ce que tu fais est toujours total. Lazare n'a jamais été aussi fort et joyeux que depuis qu'il est sorti du tombeau."

"Tu l'as dit, Marie. Ce que je fais est toujours total. C'est pour cela aussi que ta rédemption est totale car c'est Moi qui l'ai accomplie."

"C'est vrai, mon Sauveur aimé, mon Rédempteur, mon Roi, mon Dieu. C'est vrai. Et si tu le veux, je serai, moi aussi, une bonne servante de mon Seigneur. Moi, de mon côté, je le veux, Seigneur. Je ne sais pas si Toi tu le veux."

"Je le veux, Marie. Une bonne servante pour Moi. Aujourd'hui plus qu'hier. Demain plus qu'aujourd'hui. Jusqu'à ce que je te dise : 'Cela suffit, Marie. C'est l'heure de ton repos'."

"C'est dit, Seigneur. Je voudrais que tu m'appelles, alors. Comme tu as appelé mon frère hors du tombeau. Oh ! appelle-moi, Toi, hors de la vie !"

"Non, pas hors de la vie. Je t'appellerai à la Vie, à la vraie Vie. Je t'appellerai hors du tombeau qu'est la chair et la Terre. Je t'appellerai aux noces de ton âme avec ton Seigneur." [4]

96> "Mes noces ! Tu aimes les vierges, Seigneur..."

"J'aime ceux qui m'aiment, Marie."

"Tu es divinement bon, Rabboni ! C'est pour cela que je ne savais pas me donner de paix en entendant dire que tu étais mauvais parce que tu ne venais pas. C'était comme si tout s'écroulait. Quelle peine de me dire à moi-même : "Non. Non ! Tu ne dois pas accepter cette évidence. Ce qui te paraît évident est un rêve. La réalité, c'est la puissance, la bonté, la divinité de ton Seigneur". Ah ! combien j'ai souffert ! Si grande la douleur pour la mort de Lazare et pour ses paroles... Ne t'en a-t-il rien dit ? Ne se souvient-il pas ? Dis-moi la vérité…"

"Je ne mens jamais, Marie. Il craint d'avoir parlé et d'avoir dit ce qui avait été la douleur de sa vie. Mais je l'ai rassuré, sans mentir, et maintenant il est tranquille."

"Merci, Seigneur. Ces paroles... elles m'ont fait du bien. Oui, comme font du bien les soins d'un médecin qui met à nu les racines d'un mal et les brûle. Elles ont fini de détruire la vieille Marie. J'avais encore une trop haute idée de moi. Maintenant... je mesure le fond de mon abjection et je sais que je dois faire une longue route pour le remonter. Mais je la ferai, si tu m'aides."

"Je t'aiderai, Marie. Même quand je m'en serai allé, je t'aiderai."

"Comment, mon Seigneur ?"

"En accroissant ton amour dans une mesure incalculable. Pour toi, il n'y a pas d'autre voie que celle-là."

"Trop douce pour ce que j'ai à expier ! Tous se sauvent par l'amour. Tous acquièrent ainsi le Ciel. Mais ce qui suffit pour les purs, les justes, n'est pas suffisant pour la grande coupable."

 "Il n'y a pas d'autre voie pour toi, Marie. En effet quelle que soit la voie que tu prendras, elle sera toujours amour. Amour si tu rends service en mon nom. Amour si tu évangélises. Amour si tu t'isoles. Amour si tu te martyrises [5]. Amour si tu te fais martyriser. Tu ne sais qu'aimer, Marie. C'est ta nature. Les flammes ne peuvent que brûler, soit qu'elles rampent sur le sol pour brûler des herbes, soit qu'elles montent comme un embrassement de splendeurs autour d'un tronc, d'une maison, ou d'un autel pour s'élancer vers le ciel. À chacun sa nature. La sagesse des maîtres spirituels consiste à savoir faire fructifier les tendances de l'homme en le dirigeant vers la voie par laquelle il peut le mieux se développer. Même chez les plantes et les animaux cette loi existe et il serait sot de vouloir prétendre qu'un arbre à fruit ne donne que des fleurs ou des fruits différents de ceux que comporte sa nature, ou qu'un animal accomplisse des fonctions qui sont propres à une autre espèce. 97> Pourrais-tu prétendre que cette abeille dont le destin est de faire du miel devienne un oiseau qui chante dans le feuillage des haies ? Ou que ce rameau d'amandier que j'ai dans les mains, avec tout l'amandier duquel je l'ai cueilli, au lieu de produire des amandes laisse suinter de son écorce des résines odoriférantes ? L'abeille travaille, l'oiseau chante, l'amandier donne son fruit, l'arbre résineux donne ses résines aromatiques, et tous remplissent leur office. Il en est ainsi des âmes. Tu as l'office d'aimer."

"Alors, brûle-moi, Seigneur. Je te le demande en grâce."

"Ne te suffit-elle pas la force d'amour que tu possèdes ?"

"C'est trop peu, Seigneur. Elle pouvait servir pour aimer des hommes, pas pour Toi qui es le Seigneur infini."

"Mais justement parce que je suis tel, il serait alors nécessaire d'avoir un amour sans limites..."

"Qui, mon Seigneur. C'est cela que je veux. Que tu mettes en moi un amour sans limites."

"Marie, le Très-Haut, qui sait ce qu'est l'amour, a dit à l'homme : "Tu m'aimeras de toutes tes forces" [6]. Il n'exige pas davantage, car Il sait que c'est déjà un martyre d'aimer avec toutes ses forces…"

"N'importe, mon Seigneur. Donne-moi un amour infini pour t'aimer comme tu dois être aimé, pour t'aimer comme je n'ai aimé personne."

"Tu me demandes une souffrance semblable à un bûcher qui brûle et consume, Marie. Il brûle et se consume lentement... Penses-y."

"Il y a si longtemps que j'y pense, mon Seigneur, mais je n'osais te le demander. Maintenant je sais combien tu m'aimes. Maintenant vraiment je sais à quel point tu m'aimes, et j'ose te le demander. Donne-moi cet amour infini, Seigneur."

Jésus la regarde. Elle est devant Lui, encore amaigrie par les veilles et la souffrance, avec un vêtement modeste et une coiffure simple, comme une fillette sans malice, avec un visage pâle où s'allume le désir, les yeux suppliants et pourtant déjà étincelants d'amour, déjà plus séraphin que femme. C'est vraiment la contemplatrice qui demande le martyre de la contemplation absolue.

Jésus lui dit un seul mot après l'avoir bien regardée, comme pour mesurer sa volonté : "Oui"

"Ah ! mon Seigneur ! Quelle grâce de mourir d'amour pour Toi !" elle tombe à genoux pour baiser les pieds de Jésus.

98> "Lève-toi, Marie, prends ces fleurs. Ce seront celles de tes noces spirituelles. Sois douce comme le fruit de l'amandier, pure comme sa fleur et lumineuse comme l'huile que l'on extrait de son fruit quand on l'allume, et parfumée comme cette huile quand saturée d'essences on la répand dans les banquets ou sur la tête des rois, parfumée par tes vertus. Alors vraiment tu répandras sur ton Seigneur le baume qui Lui sera infiniment agréable."

Marie prend les fleurs mais ne se lève pas de terre et embaume à l'avance par son amour avec ses baisers et ses larmes répandues sur les pieds de son Maître.

Lazare les rejoint : "Maître, il y a un petit garçon qui te demande. Il était allé chez Simon pour te chercher et n'y a trouvé que Jean qui l'a conduit ici. Mais il ne veut pas parler à d'autres qu'à Toi."

"C'est bien, amène-le-moi. Je vais aller sous la tonnelle des jasmins."

Marie rentre dans la maison avec Lazare. Jésus va sous la tonnelle. Lazare revient en tenant par la main cet enfant que j'ai vu dans la maison de Joseph de Sephoris. Jésus le reconnaît tout de suite et le salue : "Toi, Martial ? La paix soit avec toi. Pourquoi es-tu ici ?"

"On m'envoie te dire une chose..." et il regarde Lazare qui comprend et se dispose à s'éloigner.

"Reste, Lazare. C'est Lazare, mon ami. Tu peux parler devant lui, mon enfant, car je n'ai pas d'ami plus fidèle que lui."

Le garçon se rassure. Il dit : "C'est Joseph l'Ancien qui m'envoie, car maintenant je suis avec lui, pour te dire d'aller tout de suite, tout de suite à Bethphagé, chez Cléonte. Il doit te parler tout de suite, mais vraiment tout de suite. Et il a dit que tu viennes seul, car il doit te parler en grand secret."

"Maître ! Qu'arrive-t-il ?" demande Lazare impressionné.

"Je ne sais pas, Lazare. Il n'y a qu'à y aller. Viens avec Moi."

"Tout de suite, Seigneur. Nous pouvons aller avec l'enfant."

"Non, Seigneur. Je m'en vais seul. Joseph me l'a recommandé. Il a dit : "Si tu sais te débrouiller seul, je t'aimerai comme un père", et moi je veux que Joseph m'aime comme un fils. Je m'en vais de suite en courant. Toi, viens après. Salut, Seigneur. Salut, homme."

"La paix à toi, Martial."

Le petit s'envole comme une hirondelle.

"Allons, Lazare. Apporte-moi mon manteau. Moi, je vais en avant car, comme tu le vois, l'enfant n'arrive pas à ouvrir la grille et certainement il ne veut appeler personne."

99> Jésus va vivement à la grille, Lazare vivement à la maison. Le premier ouvre les fermetures de fer à l'enfant qui s'en va en vitesse. Le second apporte le manteau à Jésus et à côté de Jésus il marche sur la route vers Bethphagé.

"Que peut bien vouloir Joseph, pour envoyer si secrètement un enfant ?"

"Un enfant échappe à ceux qui peuvent surveiller" répond Jésus.

"Tu crois que... Tu soupçonnes que... Tu te sens en danger, Seigneur ?"

"J'en suis certain, mon ami."

"Comment ? Même maintenant ? Mais tu ne pouvais pas donner une preuve plus grande !..."

"La haine croît sous l'aiguillon de la réalité."

"Oh ! c'est à cause de moi, alors ! Je t'ai nui !... Ma peine est sans pareille !" dit Lazare, vraiment affligé.

"Ce n'est pas à cause de toi. Ne t'afflige pas sans motif. Tu as été le moyen, mais la cause a été la nécessité, tu comprends, la nécessité de donner au monde la preuve de ma nature divine. Si ce n'avait pas été toi, cela aurait été un autre, car je devais prouver au monde que, en Dieu que je suis, je peux tout ce que je veux. Et ramener à la vie quelqu'un qui est mort depuis plusieurs jours et déjà décomposé, ce ne peut être l'œuvre que de Dieu."

"Ah ! Tu veux me consoler. Mais pour moi, ma joie, toute ma joie, est dissipée... Je souffre, Seigneur."

Jésus fait un geste comme pour dire : "Qu'y faire !" et ils se taisent ensuite tous les deux.

Ils marchent vivement. La distance est courte entre Béthanie et Bethphagé et ils ont vite fait d'arriver.

Joseph fait les cent pas sur la route à l'entrée du village. Il a le dos tourné quand Jésus et Lazare débouchent d'un sentier caché par une haie. Lazare l'appelle.

"Oh ! Paix à vous ! Viens, Maître. Je t'ai attendu ici pour te voir tout de suite, mais allons dans l'oliveraie. Je ne veux pas qu'ils nous voient..."

Il les conduit derrière les maisons, dans un bosquet d'oliviers qui, avec leurs frondaisons touffues et ébouriffées qui cachent les pentes, sont un refuge commode pour parler sans être remarqués.

"Maître, je t'ai envoyé l'enfant, qui est éveillé et obéissant et qui m'aime beaucoup, parce que je devais te parler et que je ne devais pas être vu. J'ai suivi le Cédron pour venir ici... Maître, tu dois t'en aller tout de suite d'ici. Le Sanhédrin a décrété ton arrestation et demain, dans les synagogues, on lira le décret. 100> Quiconque sait où tu te trouves, a le devoir de l'indiquer. Je n'ai pas besoin de te dire, Lazare, que ta maison sera la première perquisitionnée. Je suis sorti à sexte du Temple et je me suis hâté; car pendant qu'ils parlaient, j'avais déjà fait mon plan. Je suis allé à la maison, j'ai pris l'enfant. Je suis sorti à cheval par la Porte d'Hérode comme pour quitter la ville, puis j'ai traversé le Cédron et je l'ai suivi. J'ai laissé l'âne au Gethsémani, j'ai envoyé en vitesse l'enfant qui déjà connaissait la route pour être venu avec moi à Béthanie. Va-t'en tout de suite, Maître, en lieu sûr. Sais-tu où aller ? As-tu où aller ?"

"Mais ne suffit-il pas qu'il s'éloigne d'ici ? De la Judée, tout au plus ?"

"Cela ne suffit pas, Lazare. Ils sont furieux. Il faut qu'il aille où eux ne vont pas..."

"Mais ils vont partout, eux ! Tu ne voudrais pas que le Maître quitte la Palestine !..." dit Lazare agité.

"Mais que dois-je te dire ? ! Le Sanhédrin le veut..."

"C'est à cause de moi, n'est-ce pas ? Dis-le !"

"Hum ! Oui ! À cause de toi... plutôt parce que tous se convertissent à Lui, et eux... ne veulent pas de cela."

"Mais c'est un crime ! C'est un sacrilège... C'est..."

Jésus, pâle, mais calme, lève la main pour imposer le silence et il dit : "Tais-toi, Lazare. Chacun fait son travail. Tout est écrit. Je te remercie, Joseph, et je te certifie que je m'en vais. Va, va, Joseph. Qu'ils ne remarquent pas ton absence... Que Dieu te bénisse. Par Lazare je te ferai savoir où je suis. Va ! Je te bénis toi, Nicodème et tous ceux qui ont le cœur droit." Il l'embrasse et ils se séparent. Jésus revient avec Lazare, par l'oliveraie, à Béthanie, alors que Joseph va vers la ville.

"Que vas-tu faire, Maître ?" demande Lazare angoissé.

"Je ne sais pas. Ces jours-ci les femmes disciples arrivent avec ma Mère. J'aurais voulu les attendre..."

"À cause de cela... moi, je les accueillerais en ton nom, et je pourrais te les conduire. Mais, Toi, en attendant où vas-tu ? Dans la maison de Salomon je ne crois pas... ni chez des disciples connus. Demain !.., Tu dois partir tout de suite !"

"J'aurais un endroit, mais je voudrais attendre ma Mère. Son angoisse commencerait trop tôt si elle ne me trouvait pas..."

"Où iras-tu, Maître ?"

Éphraïm."

"En Samarie ?"

"En Samarie. Les samaritains sont moins samaritains que beaucoup d'autres et ils m'aiment. Éphraïm est à la frontière..."

101> "Oh ! C'est pour être contre les juifs qu'ils te feront honneur et qu'ils te défendront ! Mais... attends ! Ta Mère ne peut venir que par la route de la Samarie ou par celle du Jourdain. J'irai avec des serviteurs par l'une, et Maximin avec d'autres serviteurs par l'autre, et l'un ou l'autre la trouvera. Nous ne reviendrons qu'avec elles. Tu sais que personne de la maison de Lazare ne peut trahir. Tu vas aller pendant ce temps à Éphraïm, tout de suite. Ah ! il était dit que je ne pourrais jouir de Toi ! Mais je viendrai par les monts d'Adomin. Je suis sain maintenant. Je puis faire ce que je veux. Et même, oui ! Je ferai croire que par la route de la Samarie je vais à Ptolémaïs afin de prendre le bateau pour Antioche. Tout le monde sait que j'y ai des terres... Mes sœurs resteront à Béthanie... Toi... Oui. Maintenant je vais faire préparer deux chars et vous irez à Jéricho avec eux. Puis à l'aube de demain, vous reprendrez le chemin à pied. Oh ! Maître ! Mon Maître ! Sauve-toi ! Sauve-toi !" Après l'excitation du premier moment, Lazare tombe dans la tristesse et il pleure. Jésus soupire, mais ne dit rien. Que devrait-il dire ?...

Les voilà à la maison de Simon. Ils se séparent. Jésus entre dans la maison. Les apôtres, déjà étonnés que le Maître soit parti sans rien dire, se serrent autour de Jésus qui leur dit : "Prenez les vêtements. Faites les sacs. Nous devons partir tout de suite d'ici. Faites vite. Et rejoignez-moi chez Lazare."

"Même les vêtements mouillés ? Ne pouvons-nous pas les reprendre à notre retour ?" demande Thomas.

"Nous ne reviendrons pas. Prenez tout."

Les apôtres s'en vont en se parlant par leurs regards. Jésus va prendre ses affaires dans la maison de Lazare et salue les sœurs consternées...

Les chars sont vite prêts, des chars lourds, couverts, tirés par des chevaux robustes. Jésus prend congé de Lazare, de Maximin, des serviteurs qui sont accourus.

Ils montent sur les chars qui attendent à une sortie postérieure. Les conducteurs fouettent les animaux et le voyage commence par la même route par laquelle Jésus est venu pour ressusciter Lazare quelques jours avant.

 



[1] Un sens pratique fait aussi de mensonges ! Cf. 2.38, p.185

[2] En fait, c'est Lazare lui-même qui, dans le délire de son agonie, a laissé apparaître des reproches et des souffrances enfouis. Cf. 8.4

[3] Matthieu 5,48

[4] Voir la vision de la mort de Marie Madeleine (extraits des "Cahiers de 1944)

[5] Voir la vision précédente.

[6] Deutéronome 6,5