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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 4.270 - La notizia dell'uccisione di Giovanni Battista.              

 2.269 - The News of the Murder of John the Baptist.

 4.270- Jesús recibe la noticia de que han matado a Juan el Bautista.

 5.312 -  Der Tod Johannes des Täufers.

 Évangile :
-
Matthieu 14, 3-12
-
Marc 6, 17-29.


Vendredi 25 août 28,
(17 Eloul 3788)

Capharnaüm
.


 

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 La mort de Jean Baptiste.


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- Manaën désire appartenir à Jésus ............................ 311

- Les pauvres richesses 312

- Approche-toi de Lazare 313


- Les trois bergers annoncent la mort du Baptiste ......... 313

- Ils en font le récit du point de vue d'Hérode ............... 315

- Et du point de vue de Jean Baptiste ........................ 316

- Jean, Mathias et Siméon resteront avec Jésus .. 317


- Manaën n'est pas encore mort aux richesses .............. 318

- Jésus s'isole sur une colline ........................................ 318



Cet épisode est commenté par Jean-François Lavère à la page 232 du Tome 2.

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 4


Tome 4, chapitre 133.

270.
La mort de Jean-Baptiste.


 

Vision du mardi 4 septembre 1945

311> Jésus est en train de guérir des malades, sans autre assistance que celle de Manaën. Ils sont dans la maison de Capharnaüm, dans le jardin ombragé à cette heure matinale. Manaën n'a plus de précieuse ceinture ni de lame d'or au front. Son vêtement est retenu serré par un cordon de laine et son couvre-chef par une bande étroite de toile. Jésus est tête nue comme toujours quand il est à la maison.     

312> Après avoir fini de guérir et de consoler les malades, Jésus monte avec Manaën dans la chambre du haut et ils s'assoient tous les deux sur Je bord de la fenêtre qui regarde la colline, parce que le côté du lac est tout inondé par le soleil, encore bien chaud bien que la canicule soit passée depuis quelque temps.

"D'ici peu les vendanges vont commencer" dit Manaën,        

"Oui, et puis les Tabernacles vont arriver et l'hiver sera vite là, Toi, quand comptes-tu partir ?"

"Hum !... Moi je ne partirais jamais... Mais je pense au
Baptiste, Hérode est un faible. Quand on a su l'influencer en bien, il ne devient pas bon, il reste au moins… non sanguinaire. Mais peu nombreux sont ceux qui lui donnent de bons conseils. Et cette femme !… Cette femme !… Mais je voudrais rester ici jusqu'au retour de tes apôtres. Non pas que je présume beaucoup de moi… mais je vaux encore quelque chose… bien que mon crédit soit très diminué depuis qu'ils ont compris que je suis les chemins du Bien. Mais cela ne m'importe pas. Je voudrais avoir le vrai courage de tout abandonner pour te suivre complètement, comme ces disciples que tu attends, Mais y réussirai-je jamais ? Nous qui ne sommes pas du peuple, nous hésitons davantage à te suivre, Pourquoi ?"     

"Parce que pour vous retenir, vous avez les tentacules des pauvres richesses."        

"À vrai dire je sais aussi que certains qui ne sont pas riches, à proprement parler, mais savants ou en passe de le devenir, eux aussi ne viennent pas."        

"Eux aussi ont les tentacules des pauvres richesses qui les retiennent. On n'est pas riche seulement d'argent. Il y a aussi la richesse du savoir. Peu de gens arrivent à reconnaître comme Salomon : "Vanité des vanités. Tout n'est que vanité"
[1] reprise et amplifiée non seulement matériellement mais en profondeur dans le Cioelet[2]. As-tu cette pensée présente à l'esprit ? La science humaine est vanité, car augmenter seulement le savoir humain "c'est fatigue et affliction de l'esprit et qui développe la science développe aussi les ennuis"[3], En vérité je te dis qu'il en est ainsi, Et je dis aussi qu'il n'en serait pas ainsi si la science humaine était soutenue et consolidée par la sagesse surnaturelle et le saint amour de Dieu. Le plaisir est vanité parce qu'il ne dure pas, mais se dissipe rapidement après avoir brûlé en laissant cendres et vide, Les biens accumulés par des industries variées sont vanité pour l'homme qui meurt et qui les laisse à d'autres et qu'avec ses biens il ne peut repousser la mort.   

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313> La femme, vue en tant que femme et désirée comme telle, est vanité. On en conclut que l'unique chose qui ne soit pas vanité, c'est la sainte crainte de Dieu et l'obéissance à ses commandements, c'est-à-dire la sagesse de l'homme qui n'est pas seulement chair mais possède la seconde nature : la spirituelle. Qui sait conclure ainsi et vouloir, sait se détacher de tout tentacule de pauvre possession et aller librement à la rencontre du Soleil.     

"Je veux me rappeler ces paroles. Combien tu m'as donné en ces jours ! Maintenant je peux aller dans les laideurs de la Cour, qui ne paraît lumineuse qu'aux sots, qui paraît puissante et libre et n'est que misère, prison et ténèbre, et y aller avec un trésor qui me permettra d'y vivre mieux en attendant le mieux. Mais arriverai-je jamais à ce mieux qui consiste à t'appartenir totalement ?"            

"Tu y arriveras."        

"Quand ? L'an prochain ? Ou plus tard ? Ou quand la vieillesse me rendra sage ?"    

"Tu y arriveras en atteignant la maturité d'esprit et la perfection du vouloir dans le déroulement de quelques heures."            

Manaën le regard pensif, interrogateur... Mais il ne demande pas autre chose.          

Un silence. Puis Jésus dit : "As-tu jamais approché Lazare de Béthanie ?"     

"Non, Maître. Je peux dire que non. Que s'il y a eu quelque rencontre, cela ne peut s'appeler amitié. Tu sais... Hérode avec moi, et Hérode contre lui... Donc..."    

"Lazare maintenant te verrait au-delà des choses, en Dieu. Tu dois chercher à t'en approcher comme condisciple."            

"Je le ferai, si tu le veux..."   

Des voix de gens agités se font entendre dans1e jardin. Ils demandent avec anxiété : "Le Maître ! Le Maître ! Est-il ici ?"          

La voix chantante de la maîtresse de maison leur répond : "Il est dans la chambre du haut. Qui êtes-vous ? Des malades ?"

"Non, des disciples de Jean et nous voulons Jésus de Nazareth."     

Jésus se présente à la fenêtre en disant : "La paix soit à vous... Oh ! C'est vous ? Venez ! Venez !"       

Ce sont les trois bergers : Jean, Matthias et Siméon. "Oh! Maître !" disent-ils en levant la tête et en montrant un visage affligé. Même la vue de Jésus ne les rassérène pas.          

Jésus quitte la pièce en allant à leur rencontre sur la terrasse. Manaën le suit. Ils se rencontrent justement là où l'escalier débouche sur la terrasse ensoleillée.     

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314> Les trois s'agenouillent en baisant le sol. Et puis Jean dit, au nom de tous : "C'est l'heure de nous recueillir, Seigneur, parce que nous sommes ton héritage" et des larmes descendent sur le visage du disciple et de ses compagnons.           

Jésus et Manaën poussent un seul cri : "Jean !?"      

"On l'a tué..."            

La parole tombe comme si c'était un énorme fracas qui couvre toute rumeur du monde. Et pourtant elle a été dite très doucement. Mais elle pétrifie celui qui la dit et ceux qui l'entendent. Il semble que la terre, pour la recueillir et pour frémir d'horreur, suspende toute rumeur tant il y a un moment de silence profond et de profonde immobilité chez les animaux, dans les frondaisons, dans l'air. Suspendu le roucoulement des colombes, coupée la flûte d'un merle, rendu muet le chœur des passereaux, et comme si s'était brisé tout d'un coup son organe, une cigale qui stridule se tait à l'improviste pendant que s'arrête le vent qui caressait les pampres et les feuilles, en faisant un bruit qui imite le froissement de la soie et le grincement des pieux.          

Jésus devient d'une pâleur d'ivoire alors que ses yeux se dilatent en s'humectant de larmes. Il ouvre les bras en parlant, et sa voix est profonde par l'effort qu'il fait pour la rendre assurée : "Paix au martyr de la justice et à mon Précurseur" Puis il croise les bras et recueille son esprit et certainement il prie, en s'unissant à l'Esprit de Dieu et à celui du Baptiste.

Manaën n'ose pas faire un geste. Au contraire de Jésus, il a vivement rougi et il a eu un mouvement de colère. Puis il s'est raidi, et tout son trouble se manifeste par le mouvement mécanique de sa main droite qui tiraille le cordon de son vêtement et de sa main gauche qui, involontairement, cherche le poignard... et Manaën secoue la tête en se plaignant de la faiblesse de son esprit qui ne se souvient pas qu'il s'est désarmé pour être "le disciple de Celui qui est doux, auprès de Celui qui est doux"      

Jésus rouvre sa bouche et ses yeux. Son visage, son regard, sa voix ont repris la majesté divine qui Lui est habituelle. Il ne Lui reste qu'une tristesse grave que tempère la paix. "Venez. Vous allez me raconter. A partir d'aujourd'hui vous êtes miens."        

Et il les conduit dans la pièce dont il ferme la porte laissant les rideaux à demi-fermés pour tempérer la lumière et créer une atmosphère de recueillement autour de leur douleur et de la beauté de la mort du Baptiste, pour mettre une séparation entre cette perfection de vie et le monde corrompu. "Parlez" commande-t-il.    

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315> Manaën semble pétrifié. Il est près du groupe mais ne dit pas un mot.
"C'était le soir de la fête... L'événement était imprévisible... Deux heures seulement auparavant, Hérode s'était entretenu avec Jean et l'avait congédié avec bienveillance... Et peu, peu avant qu'arrivât... l'homicide, le martyre, le crime, la glorification, il avait envoyé au prisonnier un serviteur avec des fruits glacés et des vins rares. Jean nous avait distribué ces choses... Lui n'a jamais changé son austérité... Il n'y avait que nous parce que, grâce à Manaën, nous étions au palais pour servir aux cuisines et aux écuries. Et c'était une faveur qui nous permettait de voir toujours notre Jean... Nous étions aux cuisines, Jean et moi, pendant que Siméon surveillait les serviteurs de l'écurie pour qu'ils traitassent avec soin les montures des hôtes... Le palais était plein de grands, de chefs militaires et de seigneurs de Galilée. Hérodiade s'était enfermée dans ses appartements à la suite d'une violente scène entre elle et Hérode, survenue le matin..."            

Manaën interrompt : "Mais quand la hyène est-elle venue ?"  

"Deux jours avant. On ne l'attendait pas... Elle avait dit au monarque qu'elle ne pouvait vivre loin de lui et être absente le jour de sa fête. Vipère et magicienne comme toujours, elle avait fait d'Hérode un jouet... Mais le matin de ce jour Hérode, bien que déjà ivre de vin et de luxure, avait refusé d'accorder à la femme ce qu'elle demandait à grands cris... Et personne ne pensait que c'était la vie de Jean !...        

Elle était restée dans ses appartements, dédaigneuse. Elle avait renvoyé les mets royaux envoyés par Hérode dans de la vaisselle précieuse. Elle avait gardé seulement un plateau précieux plein de fruits, et en échange elle avait donné pour Hérode une amphore de vin drogué,.. Drogué... Ah ! Ivre comme il l'était, sa nature vicieuse suffisait bien pour le pousser au crime !     

Par ceux qui faisaient le service de la table nous avons su, qu'après la danse des mimes de la cour ou plutôt au milieu, Salomé avait fait irruption en dansant dans la salle du banquet, et les mimes, devant la princesse, s'étaient plaquées contre les murs. La danse était parfaite, nous a-t-on dit, lubrique et parfaite. Digne des hôtes... Hérode... Oh ! peut-être un nouveau désir d'inceste fermentait en son intérieur !... Hérode, à la fin de cette danse dit, enthousiasmé, à
Salomé : "Tu as bien dansé ! Je jure que tu as mérité une récompense. Je jure que je te la donnerai. Je jure que je te donnerai tout ce que tu peux me demander. Je le jure en présence de tous. Et une parole de roi est fidèle, même sans serments. Demande donc ce que tu veux".          

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316> Et Salomé, feignant l'embarras, l'innocence et la modestie, s'enveloppant de ses voiles, avec une moue pudique, après tant d'impudicité, dit : "Permets-moi. ô grand, de réfléchir un moment. Je vais me retirer et puis je reviendrai, parce que ta faveur m'a troublée"... et elle se retira pour aller trouver sa mère.        

Selma m'a dit qu'elle entra en riant et en disant : "Mère, tu as gagné. Donne-moi le plateau"
Hérodiade, avec un cri de triomphe, ordonna à l'esclave de remettre à sa fille le plateau qu'elle avait conservé auparavant, en disant : "Va, et reviens avec la tête haïe et je t'habillerai de perles et d'or". Et Selma, horrifiée, obéit...           

Salomé rentra en dansant dans la salle et, en dansant, alla se prosterner aux pieds du roi, Elle dit : "Sur ce plateau que tu as envoyé à ma mère, pour marquer que tu l'aimes et que tu m'aimes, je veux la tête de Jean. Et puis je danserai encore, puisque cela te plaît tant. Je danserai la danse de la victoire parce que j'ai vaincu ! Je t'ai vaincu, roi ! J'ai vaincu la vie et je suis heureuse !" Voilà ce qu'elle a dit et que nous a répété un échanson ami.         

Et Hérode se troubla, pris entre deux décisions : être fidèle à sa parole, être juste. Mais il ne sut pas être juste, car c'est un injuste. Il fit signe au bourreau qui était derrière le siège royal, et celui-ci, ayant pris des mains de Salomé le plateau qu'elle présentait, descendit de la salle du festin vers les pièces du bas. Nous le vîmes, Jean et moi, traverser la cour... et peu après nous entendîmes le cri de Siméon : "Assassins !" et puis nous le vîmes repasser avec la tête sur le plateau... Jean, ton Précurseur était mort..."     

"Siméon, peux-tu me dire comment il est mort ?" demande Jésus après un moment.

"Oui. Il était en prière... Il m'avait dit auparavant : "D'ici peu les deux envoyés vont revenir et ceux qui ne croient pas croiront. Mais, cependant, rappelle-toi que si je ne vivais plus à leur retour, comme quelqu'un qui est près de la mort, je te dis encore pour que tu le leur redises : 'Jésus de Nazareth est le vrai Messie' ". Il pensait toujours à Toi... Le bourreau entra. Je criai à haute voix. Jean leva la tête et le vit, Il se leva et dit : "Tu ne peux que m'enlever la vie. Mais la vérité qui dure, c'est qu'il n'est pas permis de faire le mal". Et il allait me dire quelque chose quand le .bourreau fit tournoyer sa lourde épée, pendant que Jean était debout, et la tête tomba du buste avec un grand flot de sang qui rougit sa peau de chèvre et rendit blanc comme de la cire le visage maigre où les yeux restèrent vivants, ouverts, accusateurs. Elle roula à mes pieds...  

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317> Je tombai en même temps que son corps, évanoui par le trop de douleur... Après... après… Après qu'Hérodiade l'eut lacérée, la tête fut jetée aux chiens. Mais nous la recueillîmes promptement et nous l'attachâmes avec le tronc dans un voile précieux. De nuit nous avons recomposé le corps et nous l'avons transporté hors de Machéronte. Nous l'avons embaumé dans un bosquet d'acacias tout près de là dès le lever du soleil avec l'aide d'autres disciples... Mais il fut encore pris pour être de nouveau lacéré. Car elle ne peut le détruire et elle ne peut lui pardonner... Et ses esclaves, craignant d'être mis à mort, ont été plus féroces que des chacals pour nous enlever cette tête. Si tu avais été là, Manaën..."   

"Si j'y avais été... Mais c'est sa malédiction, cette tête... Cela n'enlève rien à la gloire du Précurseur même si le corps est incomplet. N'est-ce pas, Maître ?"   

"C'est vrai. Même si les chiens l'avaient détruit, sa gloire n'aurait pas changé."          

"Et sa parole n'a pas changé, Maître. Ses yeux, bien que blessés, lacérés, disent encore : "Cela ne t'est pas permis". Mais nous l'avons perdu !" dit Mathias.    

"Et maintenant nous sommes à Toi, parce que c'est ce que lui a dit, en disant aussi que tu le sais déjà."    

"Oui. Depuis des mois vous m'appartenez. Comment êtes-vous venus ?"     

"À pied, par étapes. Long, pénible le chemin, sous le soleil brûlant et parmi les sables brûlants, encore plus brûlant par la douleur. Il y a environ vingt jours que nous marchons..."  

"Maintenant vous allez vous reposer."           

Manaën demande : "Dites : est-ce que Hérode ne s'est pas étonné de mon absence ?"         

"Si. Il a été d'abord inquiet, puis furieux mais passée sa fureur, il a dit : "Un juge de moins"; C'est ce que nous a rapporté l'échanson ami."          

Jésus dit : "Un juge de moins ! Il a Dieu pour juge et cela lui suffit. Venez où nous dormons. Vous êtes fatigués et poussiéreux, vous trouverez des vêtements et des sandales de vos compagnons. Prenez-les, changez-vous. Ce qui appartient à l'un, appartient à tous. Toi, Mathias, qui es grand, tu peux prendre l’un de mes vêtements. Puis nous pourvoirons. Dans la soirée, puisque c'est la veille du sabbat, mes apôtres viendront. La semaine prochaine Isaac viendra avec ses disciples, puis viendront Benjamin et Daniel, après les Tabernacles, Élie, Joseph et Lévi viendront aussi. Il est temps qu'aux douze s'unissent les autres. Allez maintenant vous reposer."    

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318> Manaën les accompagne et puis revient. Jésus reste avec Manaën. Il s'assied, pensif, visiblement attristé, la tête inclinée sur la main, le coude appuyé sur le genou pour le soutenir. Manaën est assis près de la table et ne bouge pas. Mais il est sombre; Son visage est une tempête.      

Longtemps après, Jésus lève la tête, le regarde et demande : "Et toi ? Que vas-tu faire maintenant ?"           

"Je ne le sais pas encore... Le projet de rester à Machéronte est fini. Mais je voudrais encore rester près de la cour, pour savoir... et ainsi pouvoir te protéger."     

"Il te conviendrait mieux de me suivre sans atermoiement. Mais je ne te force pas. Tu viendras quand sera détruit, molécule après molécule, le vieux Manaën."        

"Je voudrais aussi enlever cette tête à cette femme. Elle n'est pas digne de la posséder..."  

Jésus esquisse un pâle sourire et dit franchement : "Et puis, tu n'es pas encore mort aux richesses humaines, mais tu m'es quand même cher. Je sais que je ne te perds pas, même si j'attends. Je sais attendre..."

"Maître, je voudrais te donner ma générosité pour te consoler... parce que tu souffres. Je le vois."           

"C'est vrai. Je souffre. Beaucoup ! Beaucoup !..."     

"Seulement pour Jean ? Je ne crois pas. Tu le sais en paix."

"Je le sais en paix et je le sens tout près."    

"Et alors ?"   

"Et alors !... Manaën, qu'est-ce que l'aube précède ?"           

"Le jour, Maître. Pourquoi le demandes-tu ?"

"Parce que la mort de Jean précède le jour où je serai le Rédempteur. Et ce qu'il y a d'humain en Moi frémit à cette pensée... Manaën, je vais sur la colline. Toi reste pour recevoir ceux qui viennent, pour secourir ceux qui sont déjà venus. Reste jusqu'à mon retour. Puis... tu feras ce que tu voudras. Adieu."

Et Jésus quitte la pièce. Il descend doucement l'escalier, traverse le jardinet, par derrière, il prend un sentier au milieu des jardins abandonnés et des vergers d'oliviers, de pommiers, de vignes et de figuiers. Il remonte la pente d'une petite colline d'où il disparaît à ma vue.         

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[1] Ecclésiaste (Qôhélet) 1,2.

[2] Cioelet transcription phonétique de Qôhélet (קהלת) : celui qui s’adresse à la foule. Le terme fut traduit en grec par l’Ecclésiaste. Nom que nous employons maintenant couramment. Le livre est attribué à Salomon, fils de David. Maria Valtorta transcrit ce qu’elle voit et entend, d’où l’orthographe phonétique qui renseigne sur les accents de l’époque.

[3] Ecclésiaste (Qôhélet) 1,18.