"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

© Centro Editoriale Valtortiano

Se repérer

Consulter la Bible en ligne

Aller sur le forum

Qui sommes-nous

 4.262 - Una figlia indesiderata e il ruolo della donna redenta. L'Iscariota chiede l'aiuto di Maria.

 2.261 - In the House of Dora and Philip.

 3.262 - Una hija no querida y el papel de la mujer redimida. El Iscariote solicita la ayuda de María.

 5.304 - Maria, die HochheiligeMein Erbarmen ist stärker als alles».



"C'est grâce aux femmes que le monde progresse"


Lundi 3 juillet 28
(23 Tammouz 3788)
Vers
Nazareth au carrefour de Ptolémaïs.


       Vers l'index des thématiques

 L’orgueil de Judas l’empêchera de se sauver.

 C'est grâce aux femmes que le monde progresse : diverses visions de la femme se confrontent.

 Te donner une âme, c'est te donner un trésor.

 La prière du cœur, don naturel des femmes.

 Le miracle est un désordre bénéfique.


            I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Resume.gif

- Arrêt dans la maison de Sara et de Mathatias ........... 243

- On dirait un lieu enchanté ........................................ 243

- Marie apparaît avec la nouveau-née ............... 244

- Jésus raisonne Philippe, le père de l'enfant ........... 245

- Judas ne va pas prier avec Jésus ............................ 246

- Judas veut parler à Marie ........................................ 247


- Il insiste pour aller avec elle à Nazareth ...................... 247

- Jésus accepte la décision de Marie ............................. 249

- Discussion sur la femme ........................................ 250

- La place de la femme dans l'Église .......................... 251

- Marie a pitié de tous 253


- Le groupe apostolique se morcelle de nouveau 253



Carte de localisation, d'après les publications du Centro Editoriale Valtortiano.


 

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 4


Tome 4, chapitre 125.

262.
Marie Très Sainte : "Ma pitié est plus forte que tout".


 

Vision du vendredi 24 août 1945

243> Dans une suite de collines sur lesquelles se déroule le chemin qui va à Nazareth, en profitant de l'ombre des oliveraies et des vergers qui recouvrent en grande partie cette région fertile et cultivée, Jésus se dirige vers Nazareth.         

Pourtant, arrivé à un carrefour où on croise la route pour Ptolémaïs, il s'arrête et dit : "Arrêtons-nous près de cette maison où je me suis arrêté d'autres fois, prenons notre repas et, pendant que le soleil poursuit sa course, restons unis avant de nous séparer de nouveau. Nous, en allant vers
Tibériade, ma Mère et Marie à Nazareth, et Jean avec Hermastée  à Sicaminon."     

Ils se dirigent à travers une oliveraie vers une maison de paysans large et basse, ornée de l'inévitable figuier et enguirlandée par les festons d'une vigne qui monte le long du petit escalier pour étendre ensuite ses branches sur la terrasse.    

"La paix soit avec vous. Me voici de nouveau."        

"Viens, Maître, ta présence est toujours bienvenue. Que Dieu te rende la paix, à Toi et aux tiens" répond un homme âgé qui traversait la cour avec une brassée de branchages. Et puis il appelle : "Sara ! Sara ! C'est le Maître avec ses disciples. Ajoute de la farine à ton pain !"          

Il sort d'une pièce une femme toute blanche de farine qu'elle tamisait car elle a encore à la main le tamis avec les repasses à l'intérieur, et elle s'agenouille en souriant devant Jésus.

"Paix à toi, femme. Je t'ai amené la Mère comme je l'avais promis. La voici. Et elle c'est sa belle-sœur, mère de Jacques et de Jude. Où sont Dina et Philippe ?"           

La femme, après avoir salué les deux Marie, répond : "Dina a eu hier sa troisième petite fille. Nous sommes un peu tristes car il ne nous a pas été donné d'avoir un petit-fils, mais contents tout de même, n'est-ce pas
Mathatias ?"     

"Oui, parce que c'est une belle petite fille et c'est toujours notre sang. Nous allons te la faire voir. Philippe est allé reprendre Anna et Noémi chez ses parents, mais il sera bientôt de retour."    

La femme retourne à son pain pendant que l'homme, après avoir mis les branches, dans le four, s'occupe de ses hôtes en leur donnant des sièges et du lait frais tiré pour ceux qui en veulent, des fruits et des olives pour ceux qui les préfèrent.  

Haut de page           

244> Le rez-de-chaussée est frais et ombragé, large comme il est, ouvert sur le devant et l'arrière de la maison, avec les deux portes ombragées l'une par un figuier puissant, l'autre par une grande haie de fleurs étoilées, sortes de tournesols pour la forme mais moins grands qu'eux pour les corolles. Une grande clarté, couleur d'émeraude, entre ainsi dans la grande pièce, soulageant les yeux fatigués par une lumière solaire excessive. Il y a des bancs et des tables dans la grande pièce qui est peut-être celle où les femmes filent et tissent et où les hommes réparent les outils agricoles, ou bien abritent les provisions de farine et de fruits, comme le font penser des soliveaux hérissés de crochets et des tablettes disposées sur des consoles en plus des longues caisses de bois le long des murs. Des étoupes floconneuses de lin ou de chanvre semblent des tresses défaites le long du mur blanchi à la chaux, et un tissu rouge feu, étendu sur un métier resté découvert, semble égayer toute l'ambiance par sa couleur pompeuse et riante.  

La maîtresse de maison revient, après en avoir fini de faire son pain, et demande aux hôtes s'ils veulent voir la nouveau-née.         

Jésus répond : "Certainement, je vais la bénir." Marie, de son côté, se lève et dit : "Je vais saluer la mère." Toutes les femmes sortent.  

"On est bien ici" dit Barthélemy qui visiblement est très fatigué.        

"Oui, il y a l'ombre et le silence. Nous allons finir par nous endormir" confirme Pierre déjà à demi-assoupi.          

"D'ici trois jours, nous serons pour longtemps dans nos maisons. Vous vous reposerez, car vous irez évangéliser dans les environs immédiats de Capharnaüm" dit Jésus.    

"Et Toi ?"     

"Moi, je resterai à Capharnaüm presque toujours avec des séjours à
Bethsaïda. Et j'évangéliserai ceux qui me rejoignent là. Puis, au début de la lune de Tisri[1], nous reprendrons nos voyages. Le soir, cependant, je continuerai à vous perfectionner..."

Jésus se tait, voyant que le sommeil rend ses paroles inutiles. Il sourit en secouant la tête, en regardant le groupe de personnes que la fatigue a épuisées et qui, dans des poses plus ou moins commodes, se laissent aller au sommeil. Le silence de la maison et de la campagne ensoleillée est complet. On dirait un lieu enchanté. Jésus se met sur le seuil de la porte, près de la haie fleurie, et il regarde à travers les branches les douces collines de Galilée rendues toutes grises par les oliviers immobiles.       

Haut de page           

245> Un léger bruit de pas qu'accompagne la plainte incertaine de nouveau-né résonne au-dessus de sa tête. Jésus lève son visage en souriant à sa Mère qui descend, portant dans ses bras un petit paquet tout blanc d'où émergent trois petites choses rouges : une petite tête et deux petits poings qui s'agitent.        

"Regarde, Jésus, quelle belle enfant ! Elle te ressemble un peu quand tu avais un jour. Tu étais blond comme cela, au point de paraître sans cheveux s'ils ne s'étaient dès ce moment soulevés en légères boucles, comme un flocon de nuage, et tu étais ainsi comme une rose pour le teint. Et regarde, regarde, maintenant qu'elle ouvre ses petits yeux dans cette ombre et qu'elle cherche le sein, elle a tes yeux bleu foncé...Oh ! chérie ! Mais moi, je n'ai pas le lait, petite, petite rose, ma petite tourterelle !" et la Madone berce la petite qui apaise son vagissement en un vrai gargouillis de petite tourterelle, et s'endort.         

"Maman, c'est ainsi que tu faisais avec Moi ?" demande Jésus qui regarde sa Mère bercer la petite, en appuyant sa joue sur la petite tête blonde.         

"Oui, Fils. Mais à Toi Je disais : "Mon petit agneau". Elle est belle, n'est-ce pas ?"    

"Elle est belle et robuste. La mère peut en être heureuse" approuve Jésus, penché Lui aussi pour regarder le sommeil de l'innocente.          

"Par contre, elle ne l'est pas... Le mari est fâché parce que tous ses enfants sont des filles. C'est vrai qu'avec les champs que nous avons, il vaut mieux des garçons, mais ce n'est pas la faute de notre fille..." dit en soupirant la maîtresse de maison, qui vient d'arriver.       

"Ils sont jeunes. Ils s'aiment et auront aussi des garçons" dit avec assurance le Seigneur.

"Voici Philippe... maintenant il va faire sombre…" dit la femme, troublée. Et elle dit plus fort : "Philippe, il y a le Rabbi de Nazareth."  

"Très heureux de le voir. Paix à Toi, Maître."  

"Et à toi, Philippe. J'ai vu ta belle petite. Je suis même encore en train de la regarder car elle mérite des compliments. Dieu te bénit en te donnant de beaux enfants, sains et bons. Tu dois Lui en être reconnaissant... Tu ne réponds pas ? Tu sembles fâché..."          

"J'espérais avoir un garçon, moi !"    

"Tu ne voudras pourtant pas me dire que tu es injuste en accusant l'innocente d'être une fille, et encore moins en te montrant dur envers ton épouse ?" demande Jésus avec sévérité.       

Haut de page           

246> "Moi, je voulais un garçon ! Pour le Seigneur et pour moi !" s'écrie Philippe, fâché.

"Et c'est par l'injustice et la révolte que tu crois l'obtenir ? Tu as lu peut-être la pensée de Dieu ? Es-tu plus que Lui pour Lui dire : "Fais ainsi, car c'est juste" ? Cette femme qui est ma disciple n'a pas d'enfants et elle est arrivée à me dire : "Je bénis ma stérilité qui me donne des ailes pour te suivre". Et elle, mère de quatre garçons, aspire au moment où tous les quatre ne lui appartiendront plus. Est-ce v:rai, Suzanne et Marie ? Tu les entends ? Et toi, marié depuis peu d'années à une femme féconde, béni par trois boutons de rose qui demandent ton amour, tu es fâché ? Avec qui ? Pourquoi ? Tu ne veux pas le dire ? Moi, je te le dis : parce que tu es un égoïste. Quitte tout de suite ta rancœur, ouvre les bras à cette enfant qui est née de toi et aime-la. Allons ! Prends-la !" et Jésus prend le paquet de lin et le met dans les bras du jeune père. Jésus reprend : "Va auprès de ta femme qui pleure, et dis-lui que tu l'aimes. Ou bien Dieu vraiment ne te donnera jamais à l'avenir de garçon. Je te le dis. Va !..."       

L'homme monte dans la chambre où se trouve son épouse. "Merci, Maître !" dit tout bas la belle-mère. "Lui, depuis hier, était très cruel..."          

L'homme redescend après quelques minutes et dit : "Je l'ai fait, Seigneur. La femme te remercie et elle dit de te demander le nom de la petite car... car je lui avais destiné un nom trop déplaisant dans ma haine injuste..."       

"Appelle-la Marie. Elle a bu des larmes amères avec la première goutte de lait, amères aussi à cause de ta dureté. Elle peut s'appeler Marie, et Marie l'aimera. N'est-ce pas, Mère ?"        

"Oui, pauvre petite. Elle est si gracieuse et sûrement elle sera bonne en devenant une petite étoile du Cie !"            

Ils reviennent dans la pièce où les apôtres fatigués dorment d'un lourd sommeil, sauf l'Iscariote qui semble sur les épines.

"Tu voulais me voir, Judas ?" demande Jésus.         

"Non Maître, mais je n'arrive pas à dormir et je voudrais sortir un peu."          

"Qui t'en empêche ? Moi aussi je sors. Je monte sur ce petit coteau. Il est tout ombragé... Je me reposerai en priant. Veux-tu venir avec Moi ?"

"Non, Maître. Je te troublerais car je ne suis pas en état de prier. Peut-être... peut-être je ne me sens pas bien et cela me trouble..."        

Haut de page           

247> "Reste, alors. Je ne force personne. Adieu. Adieu, femmes. Mère, quand Jean d'Endor se réveillera, envoie-le-moi, tout seul"          

"Oui, Fils. La paix soit avec Toi."      

Jésus sort. Marie et Suzanne se penchent pour regarder l'étoffe sur le métier. Marie s'assied, les mains sur les genoux. Peut-être prie-t-elle, elle aussi.    

Marie d'Alphée se lasse vite de regarder le travail. Elle s'assoit dans le coin le plus sombre et s'endort rapidement. Suzanne pense bien à l'imiter. Restent éveillés Marie et Judas. L'une toute recueillie en elle-même, l'autre qui la regarde, les yeux bien ouverts sans jamais la perdre de vue.      

Enfin il se lève et s'approche d'elle lentement, sans faire de bruit. Je ne sais pourquoi, mais malgré son indéniable beauté, il me fait penser à un félin ou un serpent qui s'approche de sa proie. Peut-être est-ce l'antipathie que j'ai pour lui qui me fait voir sournois et cruel même son pas... Il appelle à voix basse : "Marie !"

"Que veux-tu de moi, Judas ?" demande doucement Marie et elle le regarde de son œil très doux.           

"Je voudrais te parler…"       

"Parle. Je t'écoute."  

"Pas ici... Je ne voudrais pas qu'on m'entende... Ne pourrais-tu sortir un peu, là dehors ? Là aussi il y a de l'ombre..."  

"Allons-y donc. Mais, tu vois... Tout le monde dort... Tu pouvais parler aussi ici" dit la Vierge. Pourtant elle se lève et sort la première en s'appuyant à la haute haie fleurie.

"Que veux-tu de moi,
Judas ?" demande-t-elle de nouveau en fixant d'un regard pénétrant l’apôtre qui se trouble un peu et semble avoir du mal à trouver les mots. "Tu te sens mal ? Ou bien tu as fait du mal et tu ne sais comment le dire ? Ou encore tu te sens sur le point de mal agir et il t'est pénible d'avouer que tu es tenté ? Parle, fils. Comme j'ai soigné ta chair, je soignerai ton âme. Dis-moi ce qui te trouble, et si je peux, je te rendrai la sérénité. Si je ne pour- rai toute seule, je le dirai à Jésus. Même si tu avais beaucoup péché, Lui te pardonnera si je Lui demande pardon pour toi. Vrai- ment Jésus aussi te pardonnerait tout de suite... Mais peut-être, à Lui, le Maître, tu as honte de t'adresser. Je suis une mère... Tu n'as pas honte de t'adresser à moi..."           

"Oui. Je n'éprouve pas de honte parce que tu es mère et tellement bonne. Tu es vraiment la paix parmi nous. Moi... moi, je me sens très troublé. j'ai un très mauvais caractère, Marie. Je ne sais ce que j'ai dans le sang et dans le cœur... De temps en temps je ne sais plus leur commander... et alors je ferais les choses les plus étranges...
et les plus mauvaises."

Haut de page           

248> "Même avec Jésus tout près, tu ne réussis plus à résister à celui qui te tente ?"

"Même alors. Et j'en souffre, crois-le. Mais c'est ainsi. Je suis un malheureux."         

"Je prierai pour toi, Judas."  

"Cela ne suffit pas."

"Je ferai prier sans dire pour qui est la prière que je demande aux justes."     

"Ce n'est pas suffisant."       

"Je ferai prier les enfants. Il y en a tant qui viennent chez moi, dans mon jardin, comme des oiseaux qui cherchent du grain. Et le grain, ce sont les caresses et les paroles que je leur donne. Je parle de Dieu... Et eux, innocents, préfèrent cela aux jeux et aux histoires. La prière des enfants est agréable au Seigneur."           

"Jamais autant que la tienne, mais cela ne suffit pas encore."           

"Je dirai à Jésus de prier le Père pour toi."    

"Cela ne suffit pas encore."  

"Mais il n'y a rien de plus que cela ! La prière de Jésus triomphe même des démons..."

"Oui, mais Jésus ne prierait pas toujours et j'en reviendrais à être moi... Jésus ne cesse de le dire, il s’en ira un jour. Je dois penser au moment où je serai sans Lui. Jésus, maintenant, veut nous envoyer évangéliser. J'ai peur de m'en aller avec cet ennemi qui est le mien, que je suis moi-même, pour répandre la parole de Dieu. Je voudrais être formé pour cette heure."     

"Mais, mon fils, si Jésus Lui-même ne réussit pas, qui veux-tu qui le puisse ?"          

"Toi, Mère ! Permets-moi de rester un peu de temps avec toi. Les païens et les courtisanes y sont restés. Je peux y rester moi aussi. Si tu ne veux pas que je reste pendant la nuit là où tu vis, j'irai dormir chez Alphée et chez Marie de Cléophas, mais la journée, je la passerai avec toi, avec les enfants. Les autres fois j'ai cherché à agir par moi-même et cela a été pire. Si je vais à Jérusalem, j'ai trop d'amis mauvais, et dans les conditions où je me trouve, quand cela me prend, je deviens leur jouet. ..Si je vais dans une autre ville, c'est la même chose. La tentation de la route m'enflamme en même temps que celle que j'ai déjà. Si je vais à
Kériot, près de ma mère, l'orgueil me rend esclave. Si je vais dans la solitude, le silence me déchire par les voix de Satan. Mais, chez toi... Oh ! chez toi, je sens que ce sera différent !... Permets-moi de venir !       

Haut de page           

249> Dis à Jésus qu'il me l'accorde ! Veux-tu que je me perde ? As-tu peur de moi ? Tu me regardes avec le regard d'une gazelle blessée qui n'a plus la force de fuir devant ceux qui l'assaillent. Mais je ne t'offenserai pas. j'ai une mère, moi aussi... et je t'aime plus que ma mère. Aie pitié d'un pécheur, Marie ! Regarde : je pleure à tes pieds... Si tu me repousses, ce peut être ma mort spirituelle..." et Judas pleure réellement aux pieds de Marie qui le regarde d'un regard de pitié et d'angoisse mêlées de peur. Elle est très pâle.            

Mais pourtant elle fait un pas en avant car elle s'était presque enfoncée dans la haie pour fuir Judas qui s'approchait trop, et elle met la main sur les cheveux bruns de l'Iscariote. "Tais-toi! Qu'on ne t'entende pas. Je parlerai à Jésus et si Lui le veut... tu viendras dans ma maison. Je ne me soucie pas du jugement du monde. Il ne blesse pas mon âme et ce serait seulement d'être coupable moi envers Dieu que j'aurais horreur. La calomnie me laisse indifférente. Mais je ne serai pas calomniée parce que Nazareth sait que sa fille n'est pas un scandale pour sa ville. Et puis, advienne que pourra, je tiens à ce que tu te sauves en ton esprit. Je vais trouver Jésus. Reste en paix." Elle s'enveloppe dans son voile, blanc comme son vêtement, elle s'en va rapidement par le sentier qui mène à un petit coteau couvert d'oliviers.     

Elle cherche son Jésus et le trouve absorbé dans une méditation profonde. "Fils, c'est moi... Ecoute-moi !"

"Oh ! Maman ! Tu viens prier avec Moi ? Quelle joie, quel soulagement tu me donnes !"

"Quoi, mon Fils ? Tu es fatigué en ton esprit ? Triste ? Dis-le à ta Mère !"      

"Fatigué, tu l'as dit, et affligé. Non pas tant par la fatigue et les misères que je vois dans les cœurs, que de voir que ne changent pas ceux qui sont mes amis. Mais je ne veux pas être injuste envers eux. Un seul me fatigue et c'est Judas de Simon..."         

"Fils, je venais t'en parler..."  

"Il a fait du mal ? Il t'a causé de la douleur ?"            

"Non. Mais il m'a fait la peine que j'aurais en voyant quelqu'un très infecté... Pauvre fils ! Comme son esprit est malade !"       

"Et tu en as pitié ? Tu n'en as plus peur ? Autrefois tu en avais peur..."         

"Mon Fils, ma pitié est encore plus grande que ma peur. Et je voudrais t'aider, Toi et lui, à sauver son esprit. Tu peux tout, et tu n'as pas besoin de moi. Mais tu dis que tous doivent coopérer avec le Christ au rachat... et ce fils a tellement besoin de rédemption !"      

Haut de page           

250> "Que dois-je faire de plus que ce que je fais pour lui ?"            

"Tu ne peux pas faire plus, mais tu pourrais me laisser faire. Il m'a prié de lui permettre de rester dans notre maison, car il lui semble que là il pourra se délivrer de son monstre... Tu secoues la tête ? Tu ne veux pas ? Je le lui dirai..."   

 "Non, Maman. Ce n'est pas que je ne veuille pas. Je secoue la tête parce que je sais que c'est inutile. Judas est comme quelqu'un qui se noie et qui, bien qu'il sente qu'il se noie, repousse par orgueil la corde qu'on lui envoie pour le ramener à la rive. Parfois, pris par la terreur de se noyer, il cherche et appelle à l'aide, il s'y cramponne... et puis, repris par l'orgueil, il lâche la corde, la repousse, veut se tirer d'affaire tout seul... et il s'enfonce toujours plus dans l'eau fangeuse qui l'engloutit. Mais pour qu'on ne dise pas que j'ai laissé un remède sans l'essayer, qu'on fasse encore cet essai, pauvre Maman... Oui, pauvre Maman qui te soumets, pour l'amour d'une âme, à la souffrance d'avoir tout près... quelqu'un qui te fait peur"     

"Non, Jésus. Ne dis pas cela. Je suis une pauvre femme car je suis encore sujette aux antipathies. Reproche-le-moi. Je le mérite. Je ne devrais avoir de répulsion pour personne, par amour pour Toi. Mais je ne suis pas pauvre pour autre chose. Oh ! si je pouvais te rendre Judas spirituellement guéri !
 Te donner une âme, c'est te donner un trésor, et qui donne des trésors n'est pas pauvre. Fils !... Je vais dire à Judas que oui, tu le permets ? Tu l'as dit : "Il viendra un temps où tu diras : 'Comme il est difficile d'être la Mère du Rédempteur' ". Je l'ai déjà dit une fois... pour Aglaé... Mais qu'est- ce jamais qu'une fois ? L'humanité est si nombreuse ! Et tu es le Rédempteur de tous. Fils !... Fils !... Comme j'ai tenu dans mes bras le bébé pour que tu lui donnes ta bénédiction, laisse-moi prendre Judas dans mes bras pour l'amener à ta bénédiction..."        

"Maman... Maman il ne te mérite pas..."        

"Mon Jésus, quand tu hésitais à donner
Margziam à Pierre, je t'ai dit que cela l'aurait épanoui. Tu ne peux pas dire que Pierre n'est pas devenu un autre homme, depuis ce moment... Laisse-moi faire avec Judas."       

"Qu'il en soit comme tu veux ! Et que tu sois bénie pour ton intention d'amour envers Moi et envers Judas ! Maintenant prions ensemble, Maman. C'est si doux de prier avec toi !..."

...Le crépuscule est à peine commencé quand je vois le départ de la maison qui les a reçus.          

Haut de page           

251>
Jean d'Endor et Hermastée font leurs adieux à Jésus tout de suite après avoir rejoint la route. Marie, de son côté, avec les femmes poursuit sa route avec le Fils à travers les oliviers des collines. Ils parlent, et naturellement des événements du jour. Pierre dit : "Un beau fou, ce Philippe ! Il allait presque renier sa femme et sa fille si tu ne lui avais pas fait entendre raison."      

 "Espérons pourtant qu'il garde son actuel repentir et qu'il ne soit pas repris tout de suite par la manie de déprécier les femmes. Au fond... c'est grâce aux femmes que le monde progresse" dit Thomas et plusieurs rient de la sortie.

"Bien sûr, c'est vrai. Mais elles sont plus impures que nous et..." répond
Barthélemy.

"Allons ! Quant à l'impureté !... Nous aussi nous ne sommes pas des anges. Voilà, je voudrais savoir si, après la Rédemption, ce sera toujours la même chose pour la femme. Nous apprenons à honorer la mère, à avoir le plus grand respect pour les sœurs, les filles, les tantes, les belles-filles, les belles-sœurs, et puis... Anathème par-ci, anathème par-là ! Au Temple, pas question. Les fréquenter souvent, non... C'est Ève qui a péché ? D'accord. Mais Adam aussi. Dieu a donné à Eve sa punition, n'est-ce pas assez ?"      

"Mais,
Thomas ! Même Moïse regarde la femme comme impure."     

"Et lui, sans les femmes, serait mort noyé... Pourtant, écoute Barthélemy, je te rappelle, bien que je ne sois pas instruit comme toi mais seulement un orfèvre, que Moïse parle des impuretés charnelles de la femme, pour qu'on la respecte, non pas pour jeter sur elle l'anathème."

La discussion s'enflamme. Jésus, qui était en avant justement avec les femmes et avec Jean et Judas Iscariote, s'arrête, se retourne et intervient : "Dieu avait devant Lui un peuple moralement et spirituellement informe, contaminé par les contacts avec les idolâtres. Il voulait en faire un peuple fort, physiquement et spirituellement. Il donna comme préceptes des normes salutaires à la robustesse physique, salutaires aussi à l'honnêteté des mœurs, Il ne pouvait faire autrement pour freiner les passions masculines, afin que les péchés, pour lesquels la terre fut submergée et Sodome et Gomorrhe brûlées, ne se répètent pas, Mais, dans l'avenir, la femme rachetée ne sera pas aussi opprimée qu'elle l'est maintenant. Il restera les interdictions concernant la prudence physique, mais seront supprimés les obstacles qui l'empêchent de venir au Seigneur. Moi, je les enlève déjà pour préparer les premières prêtresses de l'avenir."     

Haut de page           

252> "Oh ! il y aura des prêtresses ?!" demande
Philippe stupéfait.   

"Ne vous méprenez pas. Elles n'auront pas le sacerdoce des hommes, elles ne consacreront pas et n'administreront pas les dons de Dieu, ces dons que vous ne pouvez maintenant connaître. Mais elles appartiendront quand même à la classe sacerdotale en coopérant avec le prêtre au bien des âmes, de multiples façons."     

"Prêcheront-elles ?" demande Barthélemy incrédule.  

"Comme déjà prêche ma Mère."        

"Feront-elles, des pèlerinages apostoliques ?" demande
Mathieu.     

"Oui, en portant au loin la Foi et, je dois le dire, avec encore plus d'héroïsme que les hommes."    

"Feront-elles des miracles ?" demande en riant l'Iscariote.     

"Quelques-unes feront aussi des miracles. Mais ne vous basez pas sur le miracle comme sur la chose essentielle. Elles, les femmes saintes, feront aussi beaucoup de miracles de conversions par la prière."    

"Hum ! les femmes, prier au point de faire des miracles !" bougonne
Nathanaël.        

 "Ne sois pas borné comme un scribe, Barthélemy. Selon toi, qu'est-ce que c'est que la prière ?"       

"S'adresser à Dieu avec les formules que nous savons."      

"Cela et davantage encore. La prière, c'est la conversation du cœur avec Dieu et elle devrait être l'état habituel de l'homme. La femme, à cause de sa vie plus retirée que la nôtre et par ses facultés affectives plus fortes que les nôtres, est portée plus que nous à cette conversation avec Dieu. En elle, elle trouve le réconfort pour ses douleurs, le soulagement pour ses fatigues, qui ne sont pas seulement celles du ménage et des enfantements, mais aussi celles de nous supporter, nous les hommes, , elle trouve ce qui essuie les pleurs et ramène un sourire au cœur. Car elle sait parler avec Dieu, et le saura plus encore dans l'avenir. Les hommes seront les géants de l'enseignement, les femmes seront toujours celles qui, par leurs prières, soutiennent les géants et même le monde, car beaucoup de malheurs seront évités grâce à leurs prières et beaucoup de châtiments évités. Elles feront donc le miracle, invisible la plupart du temps et connu de Dieu seul, mais non irréel pour autant."

"Toi aussi, aujourd'hui, tu as fait un miracle invisible et pourtant réel, n'est-ce pas, Maître ?" demande
le Thaddée.           

"Oui, frère."  

"Il était préférable de le faire visible" observe Philippe.         

Haut de page           

253> "Voulais-tu que je change la petite en garçon ?
 Le miracle, en réalité, est une altération des choses qui sont fixées, un désordre bénéfique par conséquent, que Dieu accorde pour consentir à la prière de l'homme, pour lui montrer qu'Il l'aime ou le persuader qu'Il est Celui qui est. Mais étant donné que Dieu est ordre, Il ne viole pas l'ordre exagérément. La fillette est née femme et elle reste femme."

"J'étais tellement affligée ce matin !" soupire la Vierge.         

"Pourquoi ? La fillette mal vue n'était pas la tienne" dit Suzanne et elle ajoute : "Moi, quand je vois quelque malheur chez un enfant, je dis : "Heureusement pour moi que je n'en ai pas !"           

"Ne le dis pas, Suzanne ! Ce n'est pas de la charité. Moi aussi, je pourrais le dire car mon unique Maternité dépassait les lois naturelles. Mais je ne le dis pas, car je pense toujours: "Si Dieu ne m'avait pas voulue vierge, peut-être cette semence serait tombée en moi, et je serais la mère de ce malheureux" et ainsi j'ai pitié de tous... car je dis : "Il aurait pu être mon fils" et, comme mère je les voudrais tous bons, sains, aimés et aimables, car c'est le désir des mères pour leurs enfants" répond doucement Marie. Et Jésus paraît la revêtir de lumière, tant il est radieux quand il la regarde.           

"C'est pour cela que tu as pitié de moi..." dit l'Iscariote à voix basse.            

"De tous. Même s'il s'agissait de l'assassin de mon Fils, car je pense qu'il aurait le plus besoin de pardon... et d'amour. Car tout le monde le haïrait certainement."    

"Femme, tu devrais te donner beaucoup de mal à le défendre pour lui donner le temps de se convertir... Moi, je commencerais par m'en débarrasser tout de suite..." dit Pierre.

"Nous voici au lieu où nous nous séparons, Mère. Dieu soit avec toi. Et avec toi, Marie. Et aussi avec toi, Judas."

Ils s'embrassent et Jésus ajoute encore : "Souviens-toi que je t'ai accordé une grande chose, Judas. Fais-en un bien, pas un mal. Adieu."   

Et Jésus avec les onze disciples qui sont restés et avec Suzanne s'en vont rapidement vers l'orient alors que Marie, sa belle-sœur et l'Iscariote vont tout droit.         

Haut de page           

 



[1] Tishri : Mi-septembre.