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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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.5.325 - Gli otto apostoli si riuniscono a Gesù presso Aczib.

 3.324 - Return of the Eight Apostles and Arrival at Achzib.

 4.325 - Los ocho apóstoles se reúnen con Jesús cerca de Akcib.

 6.370 - Die Rückkehr der acht Apostel in Achsib.



Localisation d'Aczib, d'après un croquis de Maria Valtorta.


Vendredi 29 décembre 28
(26 Tébeth 3789)
Ptolemaïs puis Aczib.


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 L’enseignement tiré des épreuves.


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- Un panorama serein et un homme épuisé .............. 83

- Jésus descend rapidement à la rencontre des siens . 85


- Les siens montent vers lui .......................................... 85

- Pierre et Jésus ont beaucoup souffert ........................... 86

- Pourquoi être demeuré dans une grotte ? .................... 86

- Repas. Pierre heureux d'être sain et sauf .................... 87

- Jésus réfère à son jeûne au désert .............................. 88


- Récit du retour d'Antioche .......................................... 88

- N'en rien dire à personne pour l'instant ............................ 90

- Départ pour Aczib. La puissance de la foi ....... 90

 

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 5


Tome 5, chapitre 13.

325.
Le retour des huit.
À Aczib.


 

Vision du samedi 10 novembre 1945

83> Jésus - un Jésus très maigre et pâle[1], très triste, je dirais souffrant - se trouve sur la cime, exactement sur la cime la plus haute d'une petite montagne sur laquelle il y a aussi un village. Mais Jésus n'est pas dans le village qui se trouve au sommet, oui, mais tourné du côté de la pente sud-est. Jésus se trouve au contraire sur un petit éperon, le plus élevé, tourné vers le nord-ouest, en réalité plus ouest que nord.      

Jésus, en regardant comme il le fait de plusieurs côtés, voit donc une chaîne ondulée de montagnes dont l'extrémité nord-ouest et sud-ouest plonge son dernier contrefort dans la mer, au sud-ouest avec le
Carmel, qui s'estompe au loin, dans la journée sereine; au nord-ouest avec un cap tranchant comme un éperon de navire qui ressemble beaucoup aux Apuanes italiennes[2] avec ses veines rocheuses qui blanchissent au soleil. De cette chaîne ondulée de montagnes descendent des torrents et des ruisseaux, tous en crue en cette saison qui, à travers la plaine côtière, courent se jeter dans la mer.   

84> Près de la large baie de Sicaminon, le plus abondant d'entre eux, le Kison, débouche dans la mer après avoir fait une sorte de miroir d'eau au confluent d'un autre ruisselet, près de son embouchure. Le soleil, au midi d'une journée sereine, produit des scintillements de topaze ou de saphir sur la surface de leurs eaux, alors que la mer est un immense saphir. Veiné de légers colliers de perles. Le printemps du sud se manifeste déjà avec les feuilles nouvelles qui sortent des bourgeons éclos, tendres, brillantes, je dirais virginales tant elles sont nouvelles, ignorantes de la poussière et des tempêtes, de la morsure des insectes et des contacts humains. Les branches des amandiers sont déjà des flocons d'écume blanche rosée, si soyeux, si aériens, qu'ils donnent l'impression qu'ils vont se détacher des rameaux sur lesquels ils sont nés pour voyager dans l'air serein comme de petits nuages. Et même les champs de la plaine resserrée mais fertile, qui s'étend entre le cap du nord-ouest et celui du sud-ouest, présente un aspect légèrement verdoyant des blés, qui enlève toute tristesse aux champs dénudés il y a quelque temps.     

Jésus regarde. De l'endroit où il est, il voit trois chemins : celui qui vient du village et qui vient aboutir à cet endroit, un sentier pour les personnes seulement, et deux autres chemins qui descendent du village bifurquant en deux directions opposées : vers le nord-ouest, vers le sud-ouest.      

Combien Jésus a dû souffrir ! Marqué par la pénitence beaucoup plus que dans le jeûne du désert
[3]. Alors c'était un homme qui avait pâli, mais encore jeune et fort, maintenant c'est un homme épuisé par un ensemble de souffrances qui accablent à la fois les forces physiques et les forces morales. Son œil est très triste, d'une tristesse à la fois douce et sévère. Les joues amincies font ressortir encore davantage la spiritualité de son profil, de son front haut, de son nez long et droit, de ses lèvres absolument exemptes de sensualité. Un visage angélique tant il exclut la matérialité. Il a la barbe plus longue qu'à l'ordinaire. Elle a poussé jusque sur les joues, jusqu'à se confondre avec les cheveux qui tombent sur les oreilles, de sorte que dans son visage il n'y a de visible que le front, les yeux, le nez et les pommettes fines et d'une couleur d'ivoire sans la moindre trace de rose. Ses cheveux sont peignés d'une manière rudimentaire, poussiéreux, et ils conservent, en souvenir de la caverne où il est resté, des débris de feuilles sèches et de brindilles accrochées dans sa longue chevelure.     

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85>
Son vêtement et son manteau, chiffonnés et poussiéreux indiquent, eux aussi, l'endroit sauvage où ils ont été portés et où ils ont servi sans arrêt. Jésus regarde... Le soleil de midi le réchauffe et il semble en éprouver du plaisir car il fuit l'ombre de quelques rouvres pour venir justement au soleil, mais bien qu'il y ait un soleil net, resplendissant, il n'allume pas de splendeur dans ses cheveux poussiéreux, dans ses yeux fatigués, et il ne donne pas de couleur à ses joues amaigries.            

Ce n'est pas le soleil qui le restaure et avive ses couleurs, mais c'est la vue de ses chers apôtres qui montent en gesticulant et en regardant vers le village, de la route qui vient du nord-ouest, la plus plate. Alors se produit la métamorphose. Son œil redevient vivant et le visage paraît moins amaigri par l'effet d'une trace de rose qui s'étend sur les joues et du sourire qui l'illumine : Il desserre ses bras qui étaient croisés et il s'écrie : "Mes chers !" Il le dit en relevant son visage, en tournant son regard sur les choses, comme pour communiquer sa joie aux plantes, aux arbres, au ciel serein, à l'air qui déjà se ressent du printemps.    

Il resserre étroitement son manteau autour du corps pour qu'il ne s'accroche pas dans les buissons, et descend rapidement par un raccourci à la rencontre de ceux qui montent et qui ne l'ont pas encore aperçu. Quand il est à portée de voix il les appelle pour les arrêter dans leur marche vers le village.       

Ils entendent l'appel lointain. Peut-être que, de l'endroit où ils se trouvent, ils ne peuvent voir Jésus, dont l'habit foncé se confond avec le feuillage du bois qui couvre la pente. Ils regardent autour d'eux, font des gestes... Jésus les appelle de nouveau... Finalement dans une clairière du bois il se présente à leurs yeux dans le soleil, les bras légèrement tendus comme si déjà il voulait les embrasser.         

Alors c'est un grand cri qui se répercute sur la côte : "Le Maître !" et c'est une course rapide sur la pente en dehors du chemin. On s'égratigne, on trébuche, on s'essouffle, sans plus sentir le poids des sacs, la fatigue de la marche, emporté par la joie de le revoir…

Naturellement, les premiers qui arrivent, ce sont les plus jeunes et les plus agiles, c'est-à-dire les deux
fils d'Alphée, au pas assuré des gens nés sur les collines, puis Jean et André qui courent comme deux faons en riant, pleins de joie. Et ils tombent à ses pieds, affectueux et respectueux, heureux, heureux, heureux... Puis arrive Jacques de Zébédée et après, presque ensemble, les trois qui sont les moins entraînés à la course et à la montagne, Mathieu et le Zélote et en dernier, tout à fait en dernier, Pierre.     

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86> Mais il se fraie un chemin, oh ! s'il se fraie un chemin ! Pour arriver au Maître qu'entourent à genoux les premiers arrivés, qui ne se lassent pas de baiser les vêtements ou les mains qu'il leur a abandonnées. Il prend énergiquement Jean et André attachés aux vêtements de Jésus comme des huîtres à un rocher, et tout essoufflé il les écarte pour pouvoir tomber aux pieds de Jésus en disant : "Oh ! mon Maître ! Je reviens enfin à la vie ! Je n'en pouvais plus. Je suis vieilli et amaigri comme si j'avais été très malade. Regarde si ce n'est pas vrai, Maître..." et il lève la tête pour se faire regarder par Jésus. Mais, ce faisant, il voit combien Jésus est changé et il se lève en criant : "Maître !? Mais qu’as-tu fait ? Sots ! Mais regardez ! Vous ne voyez rien, vous ? Jésus a été malade !... Maître, mon Maître, qu'est-ce que tu as eu ? Dis-le à ton Simon !"    

"Rien, mon ami."      

"Rien ? Avec ce visage ? Alors on t'a fait du mal ?"  

"Mais non, Simon."   

"Ce n'est pas possible ! Tu as été malade ou persécuté ! Moi, j'ai l’œil !…"   

 "Moi aussi. Et je te vois amaigri et vieilli, en effet. Pourquoi alors es-tu ainsi ?" demande en souriant le Seigneur à son Pierre qui le scrute comme s'il voulait lire la vérité sur les cheveux, la peau, la barbe de Jésus.            

"Mais j'ai souffert, moi ! Et je ne le nie pas. Crois-tu qu'il m'ait été agréable de voir tant de douleur ?"    

"Tu l'as dit ! Moi aussi, j'ai souffert pour le même motif
[4]..."  

"Rien que pour cela, Jésus ?" demande apitoyé et affectueux
Jude d'Alphée.           

"Pour la douleur, oui, mon frère. Pour la douleur causée par la nécessité de renvoyer..."

"Et pour la douleur d'y avoir été contraint par..."       

"Je t'en prie !... Silence ! Sur ma blessure le silence m'est plus cher que toute parole qui veut me consoler en disant : "Moi, je sais pourquoi tu as souffert". Du reste, sachez-le tous, j'ai souffert de beaucoup de choses, pas de celle-là seulement. Et si Jude ne m'avait pas interrompu, je vous l'aurais dit." Jésus est austère en le disant. Tous en restent interdits.       

Mais Pierre est le premier à se reprendre et il demande : "Et où as-tu été, Maître ? Qu’as-tu fait ?"           

"Je suis resté dans une grotte… à prier … à méditer … à fortifier mon esprit, pour vous obtenir la force, à vous dans votre mission, à
Jean et à Sintica dans leurs souffrances."

"Mais où, où ? Sans vêtement, sans argent ! Comment as-tu fait ?" Simon est agité.

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87> "Dans une grotte, on n'a besoin de rien."           

"Mais la nourriture ? Mais le feu? Mais le lit ? Mais... tout en somme ! J'espérais qu'au moins on t'aurait donné l'hospitalité comme à un voyageur égaré, à
Jiphtaël, ailleurs, dans une maison en somme. Et cela me tranquillisait un peu. Mais pourtant, hein ? Dites-le, vous, si ce n'était pas pour moi un tourment de penser qu'il était sans vêtement, sans nourriture, sans facilité de s’en procurer, et surtout cela, sans le désir de s’en procurer. Ah ! Jésus ! Cela, tu ne devais pas le faire ! Et tu ne le feras plus jamais ! Je ne te quitterai plus une seule heure; Je me couds à ton vêtement pour te suivre comme ton ombre, que tu le veuilles ou non. Seulement si je meurs, je serai séparé de Toi."  

"Ou si Moi, je meurs."           

"Oh ! Toi, non. tu ne dois pas mourir avant moi. Ne le dis pas. Veux-tu m'attrister tout à fait ?"           

"Non. Au contraire, je veux me réjouir avec toi, avec tous, en cette heure qui me ramène mes amis chers, préférés : Voyez ! Je suis déjà mieux car votre sincère amour me nourrit, me réchauffe, me console de tout" et il les caresse, un par un, alors que leurs visages resplendissent d'un sourire bienheureux, leurs yeux luisent, et leurs lèvres tremblent d'émotion en entendant ces paroles, alors qu'ils demandent : "Vraiment, Seigneur ?"

"Vraiment comme cela, Maître ?"      

"Nous te sommes tellement chers !"  

"Oui, tellement chers. Avez-vous de la nourriture avec vous !"           

"Oui. J'avais le sentiment que tu serais à bout, et j'en ai pris en chemin. J'ai du pain et de la viande rôtie, j'ai du lait, des fromages et des pommes, et en plus une gourde de vin généreux et des œufs pour Toi. Pourvu qu'ils ne soient pas cassés..."          

"Eh bien, assoyons-nous alors ici, à ce beau soleil, et mangeons. Et tout en mangeant, vous me parlerez..."  

Ils s'assoient au soleil, sur un talus. Pierre ouvre son sac, regarde ses trésors : "Tout en bon état !" s'écrie-t-il. "Même le miel d'Antigonea. Mais non ! Si je l'ai dit, moi ! Même si au retour on nous avait mis dans un tonneau qu'aurait roulé un fou, ou sur une barque sans rames, trouée par-dessus le marché, en une heure de tempête, nous serions arrivés sains et saufs... Mais à l'aller ! Je me convaincs toujours davantage que d'abord c'était le démon qui nous faisait obstacle. Pour nous empêcher d'aller avec ces malheureux..."

"Bien sûr ! maintenant il n'avait plus de but…" approuve le Zélote.    

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88> "Maître, tu as fait pénitence pour nous ?" demande Jean qui oublie de manger pour contempler Jésus.    

"Oui, Jean. Je vous ai suivi par la pensée : J'ai eu conscience de vos dangers et de vos peines. Je vous ai aidés comme j'ai pu..."    

"Oh ! moi, je l'ai senti ! Je vous l'ai même dit. Vous en rappelez- vous ?"      

"Oui, c'est vrai" approuvent-ils tous.

"Eh bien, maintenant vous me rendez ce que je vous ai donné."        

"Tu as jeûné, Seigneur ?" demande André.    

"Forcément ! Même s'il avait voulu manger, sans argent, dans une grotte, comment voulais-tu qu'il mange ?" lui répond Pierre.    

"À cause de nous ! Comme j'en ai de la peine !" dit Jacques d'Alphée.         

"Oh ! non ! Ne vous en affligez pas ! Ce n'est pas pour vous seuls, c'est aussi pour le monde entier. Comme je l'ai fait quand j'ai commencé la mission, je l'ai fait maintenant. Alors, à la fin, je fus secouru par les anges. Maintenant, je le suis par vous. Et, croyez-le, c'est une double joie. Parce que, chez les anges, la charité s'impose, mais chez les hommes il est moins facile de la trouver. Vous vous l'exercez. Et d'hommes que vous étiez, vous êtes, par amour pour Moi, devenus des anges, ayant choisi la sainteté à l'encontre de tout. Pour cela, vous me rendez heureux comme Dieu, et comme Homme-Dieu, parce que vous me donnez ce qui est de Dieu : la Charité, et vous me donnez ce qui est du Rédempteur : votre élévation à la Perfection. Cela me vient de vous, et c'est plus nourrissant que n'importe quel aliment. Alors aussi, dans le désert, j'ai été nourri par l'amour après avoir jeûné, et j'en ai été restauré. De même maintenant, de même maintenant ! Nous avons tous souffert, vous et Moi.
 Mais la souffrance n'a pas été inutile. Je crois, je sais qu'elle vous a servi plus qu'une année entière d'enseignement. La souffrance, la méditation du mal que peut faire l'homme à son semblable, la pitié, la foi, l'espérance, la charité que vous avez dû exercer, et par vous-mêmes, vous ont mûri comme des enfants qui deviennent hommes..."        

"Oh ! oui ! Je suis devenu vieux, moi. Je ne serai jamais plus le Simon de Jonas que j’étais au départ. J'ai compris combien est douloureuse dans sa beauté, notre mission..." soupire Pierre.          

"Eh bien, maintenant nous sommes ici, ensemble, racontez donc..."

"Parle, toi, Simon. Tu sauras mieux parler que moi" dit Pierre au Zélote.        

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89> "Non. Toi, en brave chef, tu fais le rapport au nom de tous" répond l'autre.        

Et Pierre commence, en disant pour débuter : "Mais vous, vous allez m'aider."         

Il fait un récit ordonné des faits jusqu'au départ d'Antioche. Puis il raconte le retour : "Nous souffrions tous, tu sais ? Je n'oublierai jamais les dernières paroles de ces deux..." Pierre essuie avec le dos de sa main deux grosses larmes qui coulent à l'improviste... "Cela m'a paru le dernier cri de quelqu'un qui se noie... Mais ! En somme, parlez, vous... moi, je ne peux pas..." et il se lève en s'écartant un peu pour dominer son émotion.      

Simon le Zélote prend la parole : "Nous n'avons pas parlé, personne, pendant une grande partie de la route... Nous ne pouvions pas parler... La gorge nous faisait souffrir tellement elle était gonflée par les larmes... Et nous ne voulions pas pleurer... parce que si nous avions commencé, même un seul, cela n'aurait jamais fini. Moi, j'avais pris les rênes parce que Simon de Jonas, pour ne pas faire voir qu'il souffrait, s'était mis au fond du char en fouillant les sacs. Nous nous sommes arrêtés à un petit village à mi-chemin entre Antioche et Séleucie. Bien que le clair de lune augmentait à mesure que la nuit avançait, pourtant, comme nous n'étions pas pratiques du lieu, nous nous sommes arrêtés là, Et nous avons sommeillé au milieu de nos affaires. Nous n'avons pas mangé, personne parce que ,.. nous ne le pouvions pas. Nous pensions à ces deux...         

À la première lueur de l'aube, nous avons passé le pont et nous sommes arrivés avant 1'heure de tierce à Séleucie. Nous avons ramené le char et le cheval à l'hôtelier et - c'était un si brave homme - nous avons profité de ses conseils pour le navire. Il a dit : "Je vais venir au port, moi. Je connais et on me connaît". Et il l'a fait. Il a trouvé trois bateaux en partance pour ces ports-ci. Mais sur l'un, il y avait certains... individus que nous n'avons pas voulu avoir comme voisins. Nous l'a dit l'homme, qui l'avait su du maître du navire. L'autre était d'Ascalon mais il ne voulait pas faire escale pour nous à Tyr, à moins de payer une somme que nous n'avions plus. Le troisième était une petite embarcation chargée de bois brut. Une pauvre barque avec un équipage réduit et, je crois, très misérable. Pour cela, bien qu'il se dirigeât vers Césarée, il consentit à s'arrêter à Tyr, moyennant le paiement d'une journée de vivres et de salaire pour tout l'équipage. Cela nous convenait. Moi, vraiment, et avec moi Mathieu, nous avions un peu peur. C'est une époque de tempêtes... et tu sais comment on se trouva à l'aller.            

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Mais Simon Pierre dit : "Il n'arrivera rien" et nous y montâmes. Il semblait que les voiles du bateau fussent des anges tant la marche était régulière et rapide. Il nous fallut deux fois moins de temps qu'à l'aller pour arriver à Tyr, et le maître d'équipage fut si gentil qu'il nous permit de mettre la barque à la remorque jusqu'aux environs de Ptolémaïs. Pierre et André avec Jean y descendirent pour les manœuvres, mais c'était très simple... pas comme à l'aller... À Ptolémaïs; nous nous sommes séparés, et nous étions si contents que nous lui avons donné de l'argent en plus de ce qui était convenu avant de descendre tous dans la barque où étaient déjà nos affaires. À Ptolémaïs nous sommes restés un jour, puis nous sommes venus ici... Mais nous n'oublierons jamais ce que nous avons souffert. Simon de Jonas a raison."    

"N'avons-nous pas raison aussi de dire que le démon ne nous a gênés qu'à l'aller ?" demandent plusieurs.           

"Vous avez raison. Maintenant, écoutez. Votre mission est terminée. Maintenant nous allons retourner vers Jiphtaël pour attendre Philippe et Nathanaël et il faut faire vite. Puis les autres viendront... En attendant, nous évangéliserons ici, aux confins de la Phénicie, et dans la Phénicie même. Mais quant à ce qui est arrivé, c'est enseveli pour toujours dans nos cœurs. À aucune question on ne donnera de réponse."  

"Pas même à Philippe et à Nathanaël ? Ils savent que nous sommes venus avec Toi..."

"C'est Moi qui parlerai. J'ai beaucoup souffert, amis, vous l'avez vu. J'ai payé de ma souffrance la paix de Jean et de Sintica. Faites que ma souffrance ne soit pas inutile. Ne mettez pas un fardeau de plus sur mes épaules. J'en ai déjà tant !... Et leur poids croît, jour après jour, heure après heure... Dites à Nathanaël que j'ai beaucoup souffert, dites-le à Philippe ! et qu'ils soient bons. Dites-le aux deux autres. Mais-ne dites rien de plus. Dire que vous avez compris que j'ai souffert et que je vous l'ai confirmé, c'est la vérité. Il ne faut pas en dire davantage."

Jésus parle avec beaucoup de peine... Les huit le regardent avec tristesse et Pierre se permet de caresser sa tête, en restant derrière Lui. Jésus lève la tête et regarde son honnête Simon avec un sourire d’affectueuse tristesse.        

"Oh ! Je ne puis te voir ainsi ! Il me semble, j'ai l'impression que la joie de notre réunion est disparue, et qu'il n'en reste que la sainteté, elle seulement ! Pour le moment… allons à Aczib. Tu changeras de vêtement, tu te raseras les joues, et tu peigneras tes cheveux.

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Ainsi non, pas ainsi ! Je ne puis te voir ainsi... Tu sembles... quelqu'un qui a échappé à des mains cruelles, que l'on a poursuivi, qui n'en peut plus... Tu me rappelles Abel de Bethléem de Galilée, arraché à ses ennemis..."         

"Oui, Pierre. Mais c'est le cœur de ton Maître que l'on a heurté... et il ne guérira jamais plus... De plus en plus, au contraire, il sera blessé. Partons..."          

Jean soupire : "Cela me déplaît... J'aurais voulu raconter à Thomas, qui aime tant ta Mère, le miracle de la chanson et de l'onguent..."   

"Tu le diras un jour... Pas maintenant. Vous direz tout, un jour. Alors vous pourrez parler. Moi-même, je vous dirai : "Allez dire tout ce que vous savez". Mais en attendant sachez voir dans le miracle, la vérité. Celle-ci : la puissance de la Foi. Aussi bien Jean que Sintica ont calmé la mer et guéri l'homme non par les paroles, non par l'onguent, mais par la foi avec laquelle ils ont mis en œuvre le Nom de Marie et l'onguent qu'elle avait fait. Et aussi : cela est arrivé parce qu'autour de leur foi, il y avait la vôtre, à vous tous, et votre charité. Charité envers le blessé, charité envers le crétois, À l'un, vous vouliez conserver la vie, à l'autre donner la foi. Mais s'il est encore facile de guérir les corps, c'est une chose difficile de guérir les âmes... Il n'y a pas de maladies plus difficiles à vaincre que celles de l'esprit..." et Jésus soupire profondément.

Ils sont en vue d'Aczib. Pierre va en avant avec Mathieu pour trouver un logement. Les autres le suivent, serrés autour de Jésus. Le soleil descend rapidement au moment où ils entrent dans le village...        

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[1] Il est resté quinze jours, cloîtré dans une grotte de Jiphtaël, priant pour le voyage qu'accomplissaient les huit apôtres à Antioche de Syrie.

[2] Les Alpes Apuanes forment un massif montagneux situé au nord-ouest de la Toscane, province de Maria Valtorta. Ce massif est célèbre pour son gisement de marbre blanc de Carrare.

[3] Voir le Tome 2, chapitre 5.

[4] Notamment pour Judas. Voir à ce propos, le chapitre 5.