"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 1.22- Le giornate ad Ebron. I frutti della carità di Maria verso Elisabetta.

 1.22 – Mary and Elizabeth Speak of their Children.

 1.22 - Las jornadas en Hebrón. Los frutos de la caridad de María hacia Isabel.

 1.33 - Maria enthüllt Elisabet den Namen.

Avril -5
(fin Nisan ou début Ziv 3756)

Hébron
.


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 Grossesses douloureuses et joyeuses.

 La prescience de Marie sur la Passion.

 Annonce de la naissance du Baptiste à Zacharie.


- Marie coud pour l'enfant d'Élisabeth ................... 128

- Élisabeth se sent beaucoup mieux ............................ 129


- Marie pense à l'Homme des douleurs d'Isaïe .......... 129

- Il y en aura tant qui l'aimeront ........................................ 130

- Si Dieu pardonnait à mon époux! ........................... 130

- Marie au milieu des colombes....................................... 131

- Elle caresse un chevreau ........................................ 131

- Elle joue avec les chevreaux et les agneaux ................. 131

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 1


Tome 1, chapitre 33.

22.
Marie révèle le nom à Élisabeth.


Vision du dimanche 2 avril 1944

128> Je vois, il me semble que c'est le matin, Marie qui coud dans le vestibule. Élisabeth va et vient, s'occupant de la maison. Quand elle entre, elle ne manque jamais d'aller faire une caresse sur la tête blonde de Marie, encore plus blonde sur les murs plutôt sombres et sous un beau rayon de soleil qui entre par la porte ouverte sur le jardin.        

Élisabeth se penche pour regarder le travail de Marie - c'est la broderie qu'elle avait à Nazareth - et elle en loue la beauté.   

"J'ai encore du lin à filer" dit Marie.   

"Pour ton Enfant ?"  

"Non, je l'avais déjà quand je ne pensais pas..." Marie n'achève pas, mais je comprends : "quand je ne pensais pas devoir être la Mère de Dieu."         

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129> "Mais maintenant tu devras t'en servir pour Lui. Est-il beau ? Fin ? Les enfants, tu sais, ont besoin de linge très délicat."       

"Je le sais."  

 "Moi, j'avais commencé... Tard, parce que j'ai voulu être sûre que ce n'était pas une tromperie du Malin[1]. Malgré... j'avais ressenti une telle joie que cela ne pouvait venir de Satan, Puis... j'ai souffert tellement. Je suis vieille, Marie, pour être dans cet état. J’ai beaucoup souffert. Toi, tu ne souffres pas ? ..."        

"Moi, non. Je ne me suis jamais sentie si bien."        

"Eh ! oui ! Toi... en Toi il n'y a pas de tache si Dieu t'a choisie pour être sa Mère. Alors tu n'es pas sujette aux souffrances d'Ève
[2]. Celui que tu portes est saint."        

"Il me semble avoir des ailes au cœur, et non un poids. Il me semble avoir en moi toutes les fleurs, et tous les oiseaux qui chantent au printemps, la douceur du miel et tout le soleil... Oh ! je suis heureuse !"         

"Bénie ! Moi aussi, dès l'instant où je t'ai vue, je n'ai plus senti de poids, de fatigue et de douleur. Il me semble être neuve, jeune, délivrée des misères de ma chair de femme. Mon enfant, après avoir bondi de joie au son de ta voix, s'est installé tranquille dans sa joie. Il me semble l'avoir en moi comme en un berceau vivant et le voir dormir rassasié et heureux, respirer comme un oiseau qui repose tranquille sous l'aile de sa maman… Maintenant, je vais me mettre au travail, il ne me pèsera plus. Je ne vois pas bien clair, mais…"      

"Laisse, Élisabeth ! J'y penserai, moi à filer et à tisser pour toi et pour ton enfant. Je suis svelte et j'y vois clair."          

"Mais tu devras penser au tien..."      

"Oh ! J'aurai bien le temps !... Je pense d'abord à toi et à ton petit, et puis, je penserai à mon Jésus." 

Dire comme elle est douce l'expression et la voix de Marie et comme elle s'épanouit, en le disant, ce Nom, comme ses yeux s'emperlent de douces larmes de joie, pendant qu'elle regarde le ciel lumineux et azuré, cela dépasse les possibilités humaines. Il semble que l'extase s'empare d'elle rien qu'à dire : "Jésus."        

Élisabeth dit : "Quel beau nom ! Le Nom du Fils de Dieu, notre Sauveur !"    

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130> "Oh ! Élisabeth !" Marie devient triste, triste et elle saisit les mains que sa parente tient croisées sur son sein gonflé. "Dis-moi, toi, qui à mon arrivée as été remplie de l'Esprit du Seigneur et qui as prophétisé ce que le monde ignore. Dis-moi : que devra faire pour sauver le monde, ma Créature ?  Les Prophètes... Oh ! les Prophètes qui parlent du Sauveur ! Isaïe... tu te rappelles Isaïe ? "C'est l'Homme des douleurs. C'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Il a été percé et blessé à cause de nos crimes... Le Seigneur veut le consumer dans les souffrances... Après la condamnation on l'a élevé...[3]" De quelle élévation parle-t-il ? On l'appelle Agneau et moi, je pense... à l'agneau pascal, à l'agneau de Moïse et je le rapproche du serpent que Moïse éleva sur une croix[4], Élisabeth !... Élisabeth !... Que feront-ils à ma Créature ? Que devra-t-il souffrir pour sauver le monde ?" Marie pleure.            

Élisabeth la console. "Marie ne pleure pas. C'est ton Fils, mais c'est aussi le Fils de Dieu. Dieu pensera à son Fils et à toi qui es sa Mère. Et s'il y en a tant qui se montreront cruels envers Lui, il yen aura tant qui l'aimeront. Tant !... Pendant des siècles et des siècles. Le monde regardera vers ton Enfant et te bénira avec Lui. Toi: Source d'où jaillit la rédemption. Le sort de ton Fils ! Élevé à la royauté sur toute la création, Penses-y Marie. Roi: parce qu'il aura racheté tout ce qui a été créé, et comme tel, il en sera le Roi universel. Et aussi sur la terre, au cours des temps, il sera aimé. Mon fils précédera le tien et l'aimera.
 L'ange l'a dit à Zacharie [5] et lui me l'a écrit[6]... Ah ! quelle douleur que de le voir muet mon Zacharie ! Mais j'espère que, quand l'enfant sera né; le père aussi sera libéré du, châtiment qui l'a frappé. Prie, toi qui es le Siège de la Puissance de Dieu et la Cause de la joie du monde. Pour l'obtenir, j'offre, comme je puis, ma créature au Seigneur. Elle est à Lui, en effet, Il l'a prêtée à sa servante pour lui donner la joie de s'entendre appeler "mère". C'est le témoignage de ce que Dieu a fait pour moi. Je veux qu'on l'appelle "Jean[7]". Est-ce que par hasard ce n'est pas une grâce, mon petit ? Et n'est-ce pas Dieu qui me l'a faite ?"

"Et Dieu, j'en suis bien convaincue, te fera cette grâce. Je prierai avec toi."   

"J'ai tant de peine de le voir muet !..." Élisabeth pleure. "Quand il écrit, puisqu'il ne peut plus parler, il me semble qu'il y ait des monts et mers entre moi et mon Zacharie. Après tant d'années de douces paroles, maintenant sa bouche reste silencieuse. Et maintenant spécialement, où il serait si beau de parler de ce qui va arriver. Je me retiens même de parler pour ne pas le voir se fatiguer. à faire des gestes pour me répondre.  

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131> J'ai tant pleuré ! Je t'ai tant attendue ! Le pays regarde, bavarde et critique. Le monde est fait ainsi. Et quand on a une peine ou une joie, on a besoin de compréhension et pas de critique. Maintenant, il me semble que la vie soit toute à fait meilleure. Je sens la joie en moi depuis que tu es avec moi. Je sens que mon épreuve va passer et que je serai bientôt tout à fait heureuse. Il en sera ainsi, n'est-ce pas ? Je me résigne à tout. Mais, si Dieu pardonnait à mon époux ! Pouvoir l'entendre prier comme avant !"         

Marie la caresse, la réconforte et pour la distraire, l'invite à faire un tour dans le jardin ensoleillé.     

Elles se rendent sous une tonnelle bien entretenue jusqu'à une petite tour rustique dans les trous de laquelle les colombes font leurs nids.         

Marie répand des graines, en riant. Les colombes se précipitent sur elle avec des roucoulements en des vols qui décrivent tout autour des cercles iridescents. Sur la tête, sur les épaules, sur les bras et sur les mains, elles se posent, allongeant leurs becs roses pour saisir les graines dans le creux des mains, becquetant gracieusement les lèvres roses de la Vierge et ses dents qui brillent au soleil. Marie tire d'un sac les graines blondes et rit au milieu de cette joute d'avidité envahissante.  

"Comme elles t'aiment !" dit Élisabeth. "Il n'y a que quelques jours que tu es avec nous et elles t'aiment plus que moi qui les ai toujours soignées."      

La promenade se poursuit jusqu'à un enclos fermé, au fond du verger, où se trouvent une vingtaine de chèvres avec leurs chevreaux.   

"Tu es revenu du pâturage ?" dit Marie à un jeune berger qu'elle caresse.      

"Oui, car mon père m'a dit: "Va à la maison parce que bientôt il va pleuvoir et il y a des bêtes qui vont avoir les petits. Aie soin qu'elles aient de l'herbe sèche et une litière toute prête". Le voilà qui vient." Et il fait signe au-delà du bois d'où vient un. bêlement tremblotant.  

Marie caresse un chevreau blond comme un enfant, qui la frôle et avec Élisabeth boit du lait tout frais tiré que le petit berger lui offre.      

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132> Le troupeau arrive avec un berger hirsute comme un ours. Mais ce doit être un brave homme car il porte sur ses épaules une brebis toute plaintive. Il la pose doucement par terre et il explique : "Elle va avoir un agneau et elle ne pouvait plus marcher que difficilement. Je l'ai chargée sur mes épaules et j'ai fait très vite pour arriver à temps" La brebis, qui boite douloureusement, est conduite au bercail par l'enfant.

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Marie s'est assise sur un rocher et joue avec les chevreaux et les agneaux, présentant des fleurs de trèfle à leurs museaux roses. Un chevreau blanc et noir lui met les pattes sur les épaules et flaire ses cheveux. "Ce n'est pas du pain" dit Marie en riant-. "Demain je t'en apporterai une croûte. Sois tranquille, maintenant."   

Élisabeth aussi, rassérénée, se met à rire.     

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[1] Luc 1, 23-25.

[2] Genèse 3, 16 : "À la femme, Dieu dit (comme conséquence -  et non comme punition - de la Faute) : ‘Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi ‘"

[3]  Isaïe 52, 3-12.

[4] Nombres 21, 9.

[5] Luc 1, 5-22.

[6] Il ne pouvait plus, en effet, parler.

[7] Jean  (yoHanan) veut dire "l’Éternel a fait grâce".