"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

© Centro Editoriale Valtortiano

Se repérer

Consulter la Bible en ligne

Aller sur le forum

Qui sommes-nous

 I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\IntroAccueil.gif I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\IntroOeuvre.gif I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\IntroValtorta.gif I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\IntroThemes.gif I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\IntroBoutique.gif

 7.436 - Svelato il costo della Redenzione ad apostoli e discepole nell'orto di Nazareth.

 4.434 - Before Being a Mother, the Blessed Virgin Is a Daughter and Servant of God.

 4.136 - En el huerto de Nazaret, revelado a apóstoles y discípulas el precio de la Redención.

 8.485. "Bevor ich Mutter bin, bin ich Tochter und Dienerin Gottes".


Samedi 7 juillet 29
(9 Tamouz 3789)
Nazareth

             Vers l'index des thématiques

 La crainte d'un Dieu qui punit.

 Le massacre des innocents.

 Avant d'être mère, ...

 La Providence et les plans de Dieu.


             I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Resume.gif

- Jésus et Marie enseignent sans le vouloir.............. 317

- Ce que Aurea aime dans les Écritures........................ 318

- Le Dieu d'amour sévère du Livre............................... 318

- La mort du Sauveur effraie Marie d'Alphée............. 319

- Elle ne comprend pas la sérénité de Marie........ 320

- Qui trouve le calme dans sa confiance en Dieu....... 321


- Marie console Aurea par le récit de la Naissance.. 321


Les références de l’Ancien Testament sont de David Amos.

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 6


Tome 6, chapitre 128.

436.
"Avant d’être mère, je suis fille et servante de Dieu"


 

Vision du mardi 14 mai 1946

317> Et le sabbat dure. C'est le vrai sabbat. Dans la splendeur du matin, avant la chaleur lourde de la journée, il est agréable d'être assis en une réunion fraternelle, paisible sous la tonnelle ombragée, ou bien là où le pommier, près du figuier et de l'amandier, fait avec eux des taches d'ombre qui prolongent l'ombre de la tonnelle sur laquelle mûrit le raisin. Il est agréable de faire le tour des parterres en allant de la ruche au colombier, de là à la petite grotte, et puis, en passant derrière les femmes : Marie, Marie de Cléophas, sa belle-fille Salomé de Simon, Aurea, d'aller vers les quelques oliviers qui, du talus, se penchent sur le jardin tranquille.        

Haut de page           

318> Et c'est ce que font Jésus et les siens, Marie et les autres femmes. Jésus enseigne même sans le vouloir, et Marie enseigne aussi sans le vouloir. Et les disciples du premier, comme les femmes disciples de la seconde, sont attentifs aux paroles des deux Maîtres.

Aurea, assise sur son habituel petit tabouret aux pieds de Marie, presque accroupie, se tient les mains enlacées autour des genoux, le visage levé avec ses yeux grands ouverts fixés sur le visage de Marie. Elle semble une enfant qui écoute une légende merveilleuse. Mais ce n'est pas une légende, c'est une belle vérité. Marie raconte les histoires anciennes d'Israël à la petite païenne d'hier et les autres, bien que connaissant les histoires de la patrie, écoutent avec attention. C'est qu'il est bien doux d'entendre l'histoire de Rachel
[1], celle de la fille de Jephté[2], celle d'Anne d'Elcana[3], qui coulent de ces lèvres !          

Jude d'Alphée s'approche lentement et écoute en souriant. Il est derrière Marie qui ainsi ne le voit pas, mais le regard souriant de Marie de Cléophas à son Jude avertit Marie que quelqu'un est derrière elle et elle se retourne : "Oh ! Jude ! Tu as laissé Jésus, pour m'écouter moi, pauvre femme ?"      

"Oui. Je t'ai quittée pour aller à Jésus, car tu as été ma première maîtresse, mais il m'est doux parfois de le quitter Lui pour venir vers toi, redevenir enfant comme quand j'étais ton élève. Continue, je t'en prie..."          

"Aurea veut sa récompense chaque sabbat et la récompense c'est que je lui raconte ce qui l'a davantage frappée de notre histoire, que je m’explique un peu, chaque jour, pendant que nous travaillons."      

Les autres aussi se sont approchés... Le Thaddée dit : "Et qu'est-ce qui te plaît, fillette ?"

"Tant de choses, tout pourrais-je dire... Mais tellement, tellement Rachel et Anne d'Elcana, et puis Ruth
[4]... et puis... ah ! très beau ! Tobit et Tobie avec l'ange[5], et puis l'épouse qui prie pour être délivrée..."      

"Et Moïse, non ?"     

"Il me fait peur... trop grand... Et parmi les prophètes, il me plaît Daniel qui défendit Suzanne
[6]". Elle regarde autour d'elle et puis elle murmure... "moi aussi, j'ai été défendue par mon Daniel" et elle regarde Jésus[7].        

Haut de page           

319> "Mais même les livres de Moïse sont beaux !"  

"Oui, là où ils enseignent à ne pas faire ce qui est laid, et là où ils parlent de cette étoile qui naîtra de Jacob
[8]. Moi, je connais son nom à présent. Auparavant, je ne savais rien et je suis plus heureuse que ce prophète, car je la vois, et de près. Elle m'a tout dit et moi aussi, je sais" termine-t-elle d'un air quelque peu triomphal. 

"Et la Pâque, elle ne te plaît pas ?"   

"Si... mais... les fils des autres sont aussi des fils de maman. Pourquoi les tuer
[9] ? Je préfère le Dieu qui sauve à Celui qui tue..."   

"Tu as raison... Marie, tu ne lui as pas encore raconté sa Naissance ?" dit Jacques en montrant du doigt le Seigneur qui écoute et se tait.   

"Pas encore. Je veux qu'elle connaisse bien le passé avant le présent, pour comprendre ce présent qui a sa raison d'être dans le passé. Quand elle le connaîtra, elle verra que le Dieu qui lui fait peur, le Dieu du Sinaï
[10], est un Dieu d'amour sévère, mais toujours un Dieu d'amour".     

"Oh ! Mère ! Dis-le-moi maintenant ! J'aurai plus de facilité au contraire à comprendre le passé, quand je connaîtrai le présent qui d'après ce que j'en sais est tellement beau et fait aimer Dieu sans peur. J'ai besoin de ne pas avoir peur, moi !"

 "La fillette a raison, Rappelez-vous tous et toujours cette vérité quand vous évangéliserez. Les âmes ont besoin de ne pas avoir peur, pour aller à Dieu en toute confiance. C'est ce que Moi, je m'efforce de faire et de faire d'autant plus que, par ignorance ou par leur faute, les gens sont portés à craindre beaucoup Dieu. Mais Dieu, même le Dieu qui a frappé les Égyptiens et qui te fait peur, Aurea, Il est toujours bon. Vois-tu : quand Il a frappé les fils des Égyptiens cruels[11], Il a usé de pitié avec ces fils qui, n'ayant pas grandi, ne sont pas devenus pécheurs comme leurs pères, et Il a donné à leurs parents le temps de se repentir du mal qu'ils avaient fait. Ce fut donc une bonté sévère. Il faut distinguer la véritable bonté de ce qui n'est que mollesse d'éducation.  Ce fut la même chose alors que j'étais un petit enfant et qu'un grand nombre de bébés furent tués sur le sein de leur mère, et le monde poussa un cri d'horreur. Mais quand le Temps ne sera plus pour chaque personne ou pour l'humanité toute entière, une première et une seconde fois vous comprendrez que heureux, bénis en Israël, dans l'Israël des temps du Christ, furent ceux qui ayant été exterminés dans leur enfance, ont été préservés du plus grand péché : celui d'être complices de la mort du Sauveur ".         

Haut de page           

320> "Jésus !" crie Marie d'Alphée, en se levant épouvantée, regardant tout autour d'elle, comme si elle craignait de voir surgir les déicides de derrière les haies et les troncs des arbres du jardin. "Jésus !" répète-t-elle en le regardant affligée.         

"Et quoi ? Tu ne connais peut-être pas les Écritures, pour être si étonnée de ce que je dis ?" lui demande Jésus.  

"Mais... Mais... Ce n'est pas possible …  Tu ne dois pas le permettre... Ta Mère..."   

"Elle est Salvatrice comme Moi, et elle le sait. Regarde-la, et imite-la."          

Marie est en effet austère, royale dans sa pâleur profonde, et immobile. Elle croise les mains sur son sein comme pour la prière, la tête droite, le regard perdu dans le vide...

Marie d'Alphée la regarde, puis se tournant de; nouveau vers Jésus : "Mais tu ne dois tout de même pas le dire : cet avenir horrible ! Tu lui plonges une épée dans le cœur."     

"Il y a trente-deux ans qu'elle y est cette épée."         

"Non ! Ce n'est pas possible ! Marie... toujours si sereine... Marie..." 

"Demande-le-lui, si tu ne crois pas ce que je dis."     

"Oui, je vais le demander Est-ce vrai, Marie ? Tu sais ? ..." Et Marie, d'une voix blanche mais ferme, dit : "C'est vrai. Il avait quarante jours et cela me fut dit par un saint
[12] : … Mais même auparavant... Oh ! quand l'Ange me dit qu'en restant la Vierge j'aurais conçu un Fils qui, à cause de sa conception divine, serait appelé Fils de Dieu[13], et tel il est réellement, et lorsque dans le sein d'Élisabeth stérile s'était formé un fruit par un miracle de l'Eternel[14], je n'ai pas eu de peine à me rappeler les paroles d'Isaïe : "Voici que la Vierge concevra un fils qui Sera appelé l'Emmanuel"[15]... Isaïe tout entier, tout entier ! Et là où il parle du Précurseur[16] ... Et là où il parle de l'Homme des douleurs, rouge, rouge de sang, méconnaissable... un lépreux... pour nos péchés[17]... L'épée est dans mon cœur depuis lors et tout a servi à l'enfoncer davantage : le cantique des anges et les paroles de Siméon et la venue des Rois d'Orient[18], et tout, et tout..."     

"Mais quel autre tout, ma Marie ? Jésus triomphe, Jésus fait des prodiges, Jésus est suivi par des foules toujours plus nombreuses... N'est-ce pas vrai peut-être ?" dit Marie d'Alphée.     

Et Marie, toujours avec la même posture, dit à chaque question : "Oui, oui, oui" sans angoisse, sans joie, seulement un assentiment paisible parce qu'il en est ainsi...       

Haut de page           

321> "Et alors quelle toute autre chose t'enfonce l'épée dans le cœur ?"       

"Oh !... Tout..."         

"Et tu es toujours si calme, si sereine ? Toujours pareille à quand, épouse, tu arrivas ici, il y a trente-trois ans, et je m'en souviens comme si c'était hier... Mais comment peux-tu ? ... Moi... je serais comme folle... je ferais... je ne sais pas ce que je ferais... Moi... Non ! Ce n'est pas possible qu'une mère sache cela et reste calme !"  

 "Avant d'être Mère, je suis fille et servante de Dieu... Mon calme où je le trouve ? En faisant la volonté de Dieu. Ma sérénité d'où me vient-elle ? De faire cette volonté. Si je devais faire la volonté d'un homme, je pourrais être troublée car un homme, même le plus sage, peut toujours imposer des volontés erronées. Mais celle de Dieu ! Si Lui m'a voulue pour Mère de son Christ, dois-je peut-être penser que cela est cruel, et dans cette pensée perdre ma sérénité? La pensée de ce que sera la Rédemption pour Lui, et pour moi, pour moi aussi, doit-elle me troubler en pensant comment je ferai pour surmonter cette heure ? Oh ! elle sera terrible..." et Marie a un sursaut involontaire, un frisson imprévu, et elle serre ses mains comme pour les empêcher de trembler, comme pour prier plus ardemment, alors que son visage devient encore plus blanc et que ses paupières légères s'abaissent en battant d'angoisse sur ses yeux bleu clair. Mais sa voix se raffermit après un soupir profond et angoissé et elle termine :  "Mais Lui, Celui qui m'a imposé sa volonté et que je sers avec un amour confiant, me donnera son aide pour cette heure. A Lui, à moi... parce que le Père ne peut pas imposer une volonté trop forte pour les forces de l'homme... et Il secourt... toujours... Et Il nous secourra, mon Fils... Lui nous secourra... et il ne pourra y avoir que Lui, infini dans ses moyens, pour nous secourir..." 

"Oui, Mère. L'Amour nous secourra et dans l'amour nous nous secourrons l'un l'autre. Et dans l'amour, nous rachèterons..." et Jésus se met à côté de sa Mère et lui met la main sur l'épaule, et elle lève son visage pour le regarder, son Jésus beau et sain, destiné à être défiguré par les tortures, tué par mille blessures, et elle dit : "Dans l'amour et dans la douleur... Oui, et ensemble..."          

Personne ne parle plus... En cercle autour des deux principaux Protagonistes de la future tragédie du Golgotha, apôtres et femmes disciples ressemblent à des statues pensives... Sur son tabouret, Aurea est pétrifiée... Mais elle est la première à se secouer et, sans se lever, elle glisse à genoux et se trouve ainsi tout à fait contre Marie, Elle lui embrasse les genoux et penche sa tête sur son sein en disant : "Pour moi aussi tout cela !… Combien je coûte et combien je vous aime pour ce que je vous coûte ! Oh ! Mère de mon Dieu, bénis-moi pour que le prix que je vous coûte ne reste pas sans fruit..."

322> "Oui, ma fille, ne crains pas. Dieu t'aidera toi aussi si tu acceptes toujours sa volonté." Elle caresse ses cheveux et ses joues qu'elle sent mouillées par les larmes. "Ne pleure pas ! Du Christ tu as connu pour commencer le sort douloureux, la fin de sa mission d'Homme. Il n'est pas juste qu'ayant connu cela tu ignores la première heure de sa vie dans le monde. Écoute… Il plaira à tous de sortir de la contemplation amère, ténébreuse, en évoquant l'heure toute lumière, toute chant, toute hosanna de sa Naissance !... Écoute..." et Marie, en expliquant la raison du voyage à Bethléem de Juda, ville prédite pour être la ville natale du Sauveur, raconte doucement la nuit de la Naissance du Christ.       

Haut de page           

 



[1] Rachel, femme aimée de Jacob, sa seconde épouse (Genèse, chapitres 29 et 30). Elle fut la mère de Joseph et de Benjamin, dernier enfant qui lui coûta la vie. Elle fut enterrée "au chemin d'Ephrata, qui est Bethléem" (Genèse 35, 16-20).

[2] Jephté, juge d’Israël, fit imprudemment le vœu de sacrifier quiconque viendrait en premier à sa rencontre en cas de victoire. Ce fut sa fille unique. Il dut respecter son vœu (Juges 11,29-40).

[3] Anne, femme aimée d’Elcana, était stérile et humiliée par l’autre épouse, féconde. À force de prières elle fut enceinte, sur le tard, du prophète Samuel (1 Samuel 1-2,11).

[4] Ruth, femme immigrée qui est remarquée par Booz, un riche propriétaire de Bethléem. Il l’épouse. Elle sera l’arrière-grand-mère du roi David (Livre de Ruth, chapitres 1 à 4).

[5] Tobit, judéen déporté à Ninive, devient aveugle (Livre de Tobie, chapitres 1 à 4). Son fils, Tobie, va sous conduite de l’archange Raphaël chercher le remède (Ib°, chapitre 5 à 7). Il fait la connaissance de sa femme Sara tourmentée par le démon Asmodée. Elle en est délivrée au terme de prière et d’abstinence (Ib°, chapitre 8).

[6] Suzanne fut abusée par deux juges qui l’accusèrent ensuite. Sur le point d’être conduite à la mort, le jeune Daniel confond les deux vieillards luxurieux qui sont exécutés à la place de la victime innocente (Daniel 13,44-46 et 51-59).

[7] La jeune Aurea a été sauvée de l’emprise d’un débauché sur l’intervention de Jésus (Tome 6, chapitre 117).

[8] Nombres 24, 17.

[9] Exode 12, 29.

[10] Exode 19, 1-25.

[11] Exode 12, 29.

[12] Cf. Tome 1, chapitre 53 la prédiction du vieillard Siméon, lors de la présentation de Jésus au Temple : "une épée te transpercera le cœur"..

[13] Cf. Tome 1, chapitre 23, l’Annonciation

[14] cf. Tome 1, chapitre 27, l’annonce de la grossesse miraculeuse d’Élisabeth.

[15] Isaïe 7, 14.

[16] Isaïe 40, 3-5.

[17] Isaïe 50, 5-7 ; 52, 13-15 ; 53, 2-12.

[18] Cf. Tome 1, chapitre 56 : "Lui, ton Fils est le Sauveur, le Christ de Dieu et pour ce motif il devra, pour sauver la terre, prendre sur Lui le mal de la terre dont un des châtiments est la mort. Cette résine  (la myrrhe) est pour cette heure, pour que ses chairs saintes ne connaissent pas la pourriture de la corruption et conservent leur intégrité jusqu'à la résurrection…"