"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 6.427 - Aurea Galla istruita da Bartolomeo.

 4.425 - Aurea Galla.

 4.427 - Bartolomé instruye a Áurea Gala.

 7.475 - Religion ist Liebe und lebendiges Verlangen zu dem zu gehen, an den wir glauben.


Vendredi 15 juin 29
(14 Tammouz)
vers la plaine d'Esdrelon


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 La première leçon de catéchisme suivie de la profession de foi.

 La religion.

 Reconnaître votre rien, c'est vous disposer à l'enseignement du Paraclet.

 Dieu ne nous force pas à obéir.


- Marche de nuit .......... 266

- Aurea s'attache à Barthélemy, le plus âgé ................... 267

- Elle est vide de toute idée religieuse ..................... 268


- Barthélemy lui apprend ce qu'est la religion......... 268

- Ce qu'est Dieu .......... 269

- Ce qu'est l'âme ......... 271


- Jésus lui donne un nouveau nom : Christiane ......... 271

- À qui la confier ? ...... 272

- Elle donne une bourse que lui a remise Livia ............. 273


- Elle tient à marcher malgré tout ................................ 273

- Jésus la confie à Isaac, Noémi et Myrta ......................... 274

- Le char part au trot pour Nazareth ...................... 275


- Judas ne doit pas savoir 275

 

 

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 6


Tome 6, chapitre 118.

427.
Aurea Galla instruite par Barthélemy.
"La religion, c’est l’amour et le désir d’aller vers celui en qui nous croyons"


 

Vision du jeudi 2 mai 1946.

266> 1Elles sont si précoces les aubes d'été que bien court est le temps qui s'écoule entre le coucher de la lune et l'apparition des premières clartés de l'aube. Aussi, ils ont eu beau forcer la marche, le moment le plus obscur de la nuit les surprend encore aux alentours de la ville de Césarée et une branche de broussailles allumée ne donne pas une clarté suffisante, n faut s'arrêter un moment aussi parce que la fillette, peu habituée à marcher dans la nuit, bute souvent contre les pierres à moitié ensevelies dans la poussière.   

"Il vaut mieux s'arrêter un moment. La
fillette n'y voit pas, et elle est fatiguée" dit Jésus.

"Non, non, je peux... Allons loin, loin... Il pourrait venir. C'est par ici que nous sommes passés pour aller à cette maison" dit, en claquant des dents la fillette, en mêlant l'hébreu au latin en un nouvel idiome pour se faire comprendre.  

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267> "Nous allons derrière ces arbres et personne ne nous verra. Ne crains pas" lui répond Jésus.

"Oui, ne crains pas. Ce... romain, à cette heure est ivre mort sous la table..." dit
Barthélemy pour la rassurer.       

"Et puis tu es avec nous, et nous t'aimons bien, nous ! Nous ne te laisserons pas faire du mal. Ohé ! Nous sommes douze hommes robustes..." dit Pierre à peine plus grand qu'elle, mais trapu autant qu'elle est grêle, brûlé par le soleil autant qu'elle est cou- leur de neige, pauvre fleur poussée à l'ombre pour être plus attirante et plus précieuse.      

"Tu es une petite sœur, et les frères défendent leurs sœurs..." dit
Jean.        

La fillette, à la dernière lueur de la torche improvisée, lève vers ceux qui la réconfortent le clair iris gris fer, à peine teinté de bleu, deux iris limpides encore humides des pleurs qu'elle a versés peu avant. ..Elle est méfiante. Pourtant elle se fie à eux et passe le ruisseau à sec au-delà de la route pour entrer dans une propriété qui se termine là en un verger touffu.

2Ils s'assoient dans l'obscurité et attendent. Les hommes dormiraient peut-être, mais le moindre bruit fait pousser un gémissement à la fillette et le galop d'un cheval la fait s'agripper convulsivement au cou de Barthélemy qui, peut-être parce qu'il est plus âgé, attire sa confiance et la familiarité. Dans ces conditions, il est impossible de dormir.

"Mais ne crains pas ! Quand on est avec Jésus, il n’arrive plus rien de mal" dit Barthélemy.

"Pourquoi ?" demande la fillette tremblante et encore accrochée au cou de l'apôtre.  

"Parce que Jésus c'est Dieu sur la Terre, et Dieu est plus fort que les hommes."       

"Dieu? Qu'est-ce Dieu ?"      

"Pauvre fille ! Mais comment t'ont-ils élevée ? Ils ne t'ont rien enseigné ?"     

"À garder ma peau blanche, mes cheveux brillants, à obéir aux maîtres... à dire toujours oui... Mais je ne pouvais pas dire oui au romain... il était laid et me faisait peur... Peur toute la journée... Toujours là... au bain, quand on s'habillait... et ces yeux... ces mains... Oh !... Et qui ne dit pas "oui" reçoit des coups de bâton..."

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268> "On ne te donnera plus le bâton. Le romain n'est plus là, ni ses mains... Il y a la paix..." lui répond Jésus.      

Et les autres commentent : "Mais c'est une horreur ! Comme à des bêtes de prix, pas plus qu'à des bêtes ! Et pis encore.., Car un animal sait au moins qu'on lui apprend à labourer, à porter la selle et le mors car c'est son travail. Mais cette enfant a été jetée là sans rien savoir !…"    

"Si j'avais su, je me serais jetée à la mer. Il avait dit : "Je te rendrai heureuse"..."       

"En effet il t'a rendue heureuse, d'une manière qu'il n'imaginait pas; Heureuse pour la Terre et pour le Ciel, car connaître Jésus, c'est le bonheur" lui dit
le Zélote.            

3Un silence pendant lequel chacun médite sur les horreurs du monde. Puis à mi-voix, la fillette demande à Barthélemy : "Dis-moi ce qu'est Dieu ? Et. pourquoi Lui est Dieu ? Parce qu'il est beau et bon ?"         

"Dieu... Comment faire pour te l'apprendre à toi qui es tellement vide de toute idée religieuse ?"

"Religieuse ? Qu'est-ce que c'est ?"  

"Très Haute Sagesse ! Je suis comme quelqu'un qui se noie dans une mer immense ! Comment faire devant cet abîme ?"  

"C'est si simple, Barthélemy, ce qui te paraît difficile. C'est un abîme, oui, mais il est vide, et tu peux le combler avec le Vrai. C'est pire quand les abîmes sont remplis de boue, de poisons, de serpents… Parle avec la simplicité dont tu userais avec un enfant. Et elle te comprendra mieux que ne le ferait un adulte."           

"Oh ! Maître ! Mais ne pourrais-tu le faire, Toi ?"        

 "Je le pourrais. Mais la fillette acceptera les paroles de l'un de ses semblables plus facilement que mes paroles de Dieu. Et d'autre part... c'est devant ces abîmes que vous vous trouverez dans l'avenir, pour les emplir de Moi. Vous devez aussi apprendre à le faire."           

"C'est vrai ! Je m'y essaierai. Écoute, fillette... Te souviens-tu de ta mère, toi ?"        

"Oui, seigneur, depuis sept printemps les fleurs ont fleuri sans qu'elle soit près de moi. Mais avant, j'étais avec elle."

"C'est bien. Et tu t'en souviens ? Tu l'aimes bien ?"   

"Oh !" un sanglot qui accompagne l'exclamation, dit tout.     

"Ne pleure pas, pauvre enfant. Écoute. ..l'amour que tu as pour la mère..."    

"...et le père... et les petits frères..." dit en sanglotant la fillette.        

"Oui, pour ta famille, l'amour pour ta famille, ta pensée qui va vers elle, le désir de retourner vers elle..."   

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269> "Jamais plus !!…"        

 "Tout cela c'est une chose que l'on peut appeler la religion de la famille. Les religions, les idées religieuses par conséquent, ce sont l'amour, la pensée et le désir d'aller là où se trouve Celui ou ceux en qui nous croyons, que nous aimons et désirons."     

"Ah ! Et si je crois en ce Dieu-là, j'aurai une religion... C'est facile !"  

"Bien. Qu'est-ce qui est facile ? Avoir une religion ou bien croire en ce Dieu-là ?"      

"Ceci et cela. Car on croit facilement en un Dieu bon comme Lui. Le romain en nommait une quantité et il jurait... il disait : "par la déesse Vénus !", "par le dieu Cupidon !". Mais ce devait être des dieux qui n'étaient pas bons car lui, en les nommant, faisait des choses qui n'étaient pas bonnes."          

"Elle n'est pas stupide la fillette" commente Pierre à voix basse.       

4"Mais moi, je ne vois pas encore ce qu'est Dieu. Je le vois homme comme toi... C'est un homme, Dieu, alors ? Et comment alors peut-on le comprendre ? En quoi est-il plus fort que tous ? il n'a ni épée, ni serviteurs..."       

"Maître, aide-moi…"  

"Mais non,
Nathanaël ! Tu enseignes si bien..."         

"Tu le dis par bonté... Tâchons en tout cas d'aller de l'avant. Écoute, fillette... Dieu n'est pas un homme. il est comme une lumière, un regard, un son, si grand qu'il emplit ciel et terre, et éclaire tout, voit tout, instruit tout et commande tout..."        

"Même le romain ? Alors ce n'est pas un Dieu bon. J'ai peur !"          

"Dieu est bon et il donne des ordres qui sont bons, et il avait donné aux hommes l'ordre de ne pas faire de guerres, de ne pas faire d'esclaves, de laisser les petites à leurs mères et de ne pas épouvanter les fillettes. Mais les hommes n'écoutent pas toujours les ordres de Dieu."          

"Toi, oui, pourtant..."

"Moi, oui."    

"Mais s'il est plus fort que tous, pourquoi ne se fait-il pas obéir ? Et comment parle-t-Il s'il n'est pas homme ?"  

"Dieu… Oh ! Maître !…"        

"Va de l'avant, Barthélemy. Tu es un maître si sage, tu sais exprimer avec simplicité les pensées les plus élevées, et tu as peur ? Ne sais-tu pas que l'Esprit-Saint est sur les lèvres de ceux qui enseignent la justice ?"  

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270>  "Cela semble si facile quand on t'écoute... et toutes tes paroles sont ici dedans... Mais pour les faire sortir quand on doit faire ce que tu fais !... Oh ! misère de nous, pauvres hommes ! Quels maîtres de rien !"    

"Reconnaître votre rien, c'est vous disposer à l'enseignement de l'Esprit Paraclet..."

"C'est bien. Écoute, enfant. Dieu est fort, très fort, plus que César, plus que tous les hommes ensemble avec leurs armées et leurs machines de guerre. Mais ce n'est pas un maître impitoyable, qui fait toujours dire oui sous peine du fouet pour qui ne le dit pas. C'est un père, Dieu. Ton père t'aimait-t-il bien ?"        

"Tellement ! Il m'a appelée Aurea Galla parce que l'or est précieux et que la Gaule c'est la patrie
[1], et il disait que je lui étais plus chère que l'or qu'il avait possédé autrefois et que la patrie..."       

"Ton père te donnait le bâton ?"        

"Non. Jamais. Même si j'étais méchante, il me disait : "Ma pauvre fille !" et il pleurait..."

 "Voilà ! C'est ainsi que Dieu fait. Il est Père, Il nous aime et Il pleure si nous sommes mauvais, mais Il ne nous force pas à obéir. Pourtant celui qui est mauvais sera châtié un jour par des supplices horribles..."    

"Oh ! très bien ! Le maître qui m'a enlevée à ma mère et amenée dans l'île, et le romain dans les supplices ! Et je les verrai ?"       

"Et tu le verras d'auprès de Dieu, si tu crois en Lui et si tu es bonne. Mais pour être bonne, tu ne dois pas haïr, même le romain."           

"Non ? Comment faire ?!..."  

"Prier pour lui ou..."  

"Qu'est-ce que c'est prier ?"  

"Parler à Dieu en Lui disant ce que nous voulons..."  

"Mais moi, je veux la malemort pour les maîtres !" dit la fillette avec une violence sauvage.

"Non, tu ne dois pas. Jésus ne t'aime pas si tu parles ainsi..."          

"Pourquoi ?" 

"Parce qu'on ne doit pas haïr celui qui nous a fait du mal"     

"Je ne puis les aimer, cependant..."  

"Pour le moment, oublie-les... Essaie de les oublier. Puis, quand tu seras plus... instruite sur Dieu, tu prieras pour eux...          
5Nous disions donc que Dieu est puissant, mais qu'Il laisse ses fils libres."   

"Moi, fille de Dieu ? J'ai deux pères ? Combien de fils a-t-Il ?"          

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271> "Tous les hommes sont des fils de Dieu, parce que c'est Lui qui les a faits. Tu vois les étoiles là-haut ? C'est Lui qui les a faites. Et ces arbres ? Lui, les a faits. Et la terre sur laquelle nous sommes assis, et cet oiseau qui chante, et la mer qui est si grande, Il a tout fait, et tous les hommes. Et les hommes sont davantage ses fils que toute autre chose, car ils sont fils pour cette chose qu'on appelle âme et qui est lumière, son, regard, qui ne sont pas grands comme les siens qui emplissent entièrement le Ciel et la Terre, mais qui pourtant sont beaux et ne meurent jamais, comme Lui-même ne meurt pas." 

"Où est l'âme ? Est-ce que je l'ai ?"   

"Oui. Dans ton cœur, et c'est elle qui t'a fait comprendre que le romain était mauvais, et qui ne te fera sûrement pas désirer d'être comme lui. N'est-ce pas ?"      

"Oui..." La fillette réfléchit après son oui incertain... Puis elle dit avec assurance : "Oui ! C'était comme une voix à l'intérieur et un besoin d'avoir du secours... et avec une autre voix à l'intérieur, mais c'était la mienne, j'appelais maman... car je ne savais pas qu'il y avait Dieu, qu'il y avait Jésus... Si je l'avais su, je l'aurais appelé avec cette voix que j'avais à l'intérieur..."  

"Tu as bien compris, fillette, et tu grandiras dans la Lumière. Je te le dis. Crois dans le Dieu vrai, écoute la voix de ton âme, qui est vierge de sagesse acquise, mais vierge aussi de volonté mauvaise, et tu auras en Dieu un Père. Dans la mort, passage de la Terre au Ciel pour ceux qui croient au Dieu vrai et qui sont bons, tu auras une place au Ciel, auprès de ton Seigneur" dit Jésus en posant la main sur la tête de la fillette, qui change de position et s'agenouille en disant :         

"Près de Toi. Il est beau d'être avec Toi. Ne te sépare pas de moi, Jésus. Maintenant je sais qui tu es et je me prosterne. À Césarée, j'avais peur de le faire... Mais tu me paraissais un homme. Maintenant je sais que tu es un Dieu caché dans un homme et que tu es pour moi Père et Protecteur."  

"Et Sauveur, Aurea Galla."    

"Et Sauveur. Tu m'as sauvée."          

"Et je te sauverai davantage. Tu auras un nom nouveau..."    

"Tu m'enlèves le nom que m'a donné mon père ? Le maître, dans l'île, m'appelait Aurea Quintillia car il nous répartissait par couleurs et par numéros, et moi j'étais ainsi la cinquième blonde... Mais pourquoi ne me laisses-tu pas le nom que m'a donné mon père ?"

"Je ne te l'enlève pas. Mais tu porteras, ajouté à ton ancien nom, le nom nouveau, éternel."

"Lequel ?"    

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272> "Christiane, parce que le Christ t'a sauvée.       
6Mais voici que le ciel blanchit. Partons. ..Tu vois, Nathanaël, qu'il est facile de parler de Dieu à des abîmes vides... Tu as très bien parlé. La fillette se formera rapidement dans la Vérité... Va en avant avec mes frères, Aurea..."         

La fillette obéit, mais avec crainte. Elle préférerait rester près de Barthélemy qui comprend et promet : "Je viens tout de suite, moi aussi, obéis..." Et resté près de Jésus, avec
Pierre, Simon et Matthieu, il observe : "Dommage que Valeria la garde. C'est toujours une païenne..."    

"Je ne puis l'imposer à
Lazare..."      

"Il y a
Nike, Maître" suggère Matthieu.           

"Et
Élise..." dit Pierre.           

"Et
Jeanne... C'est une amie de Valeria et Valeria la lui céderait certainement volontiers. Elle serait dans une bonne maison" dit le Zélote. 

Jésus réfléchit et se tait... "À Toi d'y penser... Moi je vais retrouver la fillette qui ne cesse de se retourner. Elle se fie à moi, parce que je suis âgé... Je pourrais la garder... une fille de plus... Mais elle n'est pas d'Israël..." et il s'en va, le bon mais trop israélite Nathanaël.

Jésus le regarde partir et il hoche la tête. "Pourquoi ce geste, Maître ?" Lui demande le Zélote.

"Parce que... cela me fait de la peine de voir que même les sages sont esclaves des préventions..."          

"Cependant... soit dit entre nous... Barthélemy a raison.., et même... tu devrais y penser... Rappelle-toi
Sintica et Jean... Qu'il n'arrive pas la même chose... Envoie-la à Sintica..." dit Pierre qui a peur d'ennuis à cause de la présence de la petite païenne parmi eux.      

"Jean
[2] sera bientôt mort... Sintica est encore trop peu formée pour être maîtresse d'une fillette comme elle... L'ambiance ne lui convient pas..."         

"Et pourtant, tu ne dois pas La garder. Pense que Judas va bientôt être avec nous. Et
Judas, Maître, laisse-moi le dire, est un luxurieux et un... un qui parle facilement pour en tirer profit... et qui a trop d'amis parmi les pharisiens..." appuie le Zélote.      

"Voilà, Simon a raison ! C'est justement ce que moi je pensais !" s'exclame Pierre. "Écoute-le, Maître !..."

Jésus réfléchit et se tait... Puis il dit : "Prions ! Et le Père nous aidera..." et, en arrière des autres, ils prient avec ferveur...         

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273> 7L'aube se change en aurore... Ils dépassent un petit village, pour reprendre la route à travers les campagnes... Le soleil devient de plus en plus fort. Ils s'arrêtent pour manger, à l'ombre d'un noyer géant.     

"Tu es fatiguée ? demande Jésus à la fillette qui mange à contrecœur. Dis-le et nous nous arrêterons."  

"Non, non. Allons..." 

"Nous le lui avons demandé plusieurs fois, mais elle dit toujours non..." dit
Jacques d'Alphée.

"Je puis ! Je puis ! Allons loin..." Ils reprennent la marche, mais Aurea se souvient : "J'ai une bourse, Les dames m'ont dit : "Tu la donneras quand commenceront les monts". Les monts sont ici, et je la donne" et elle fouille dans son sac où Livia a mis quelques vêtements... Elle en sort la bourse et la donne à Jésus.        

"L'obole... Elles n'ont pas voulu qu'on les remercie. Elles sont meilleures que beaucoup d'entre nous... Prends, Matthieu, et conserve cet argent. Il servira pour des aumônes secrètes."     

"Je ne dois pas le dire à Judas de Kériot ?"  

"Non."          

"Il va voir la fillette..."

Jésus ne répond pas... Ils reprennent la marche fatigante à cause de la grande chaleur, de la poussière, de la lumière éblouissante. Puis ils commencent la montée sur les premiers contreforts du Carmel, je crois. Mais bien qu'il y ait plus d'ombre et plus de fraîcheur, Aurea avance lentement en trébuchant souvent.      

Barthélemy revient en arrière, près du Maître : "Maître, la fillette est fiévreuse et épuisée. Comment allons-nous faire ?"           

Ils se consultent. Faire halte ? La porter et continuer ? Oui. Non. Enfin ils décident qu'il faut au moins rejoindre la route qui va à Sicaminon pour demander de l'aide à quelque voyageur ayant une monture ou un char. Et ils voudraient bien prendre la fillette dans leurs bras, mais elle, héroïque dans sa volonté de s'éloigner, répète son : "Je puis ! Je puis !" et veut marcher toute seule, Elle est rouge, avec les yeux fiévreux, réellement épuisée. Mais elle ne cède pas... Elle avance lentement, acceptant d'être soutenue par Barthélemy et Philippe... Mais elle marche... Ils sont tous épuisés, mais ils comprennent qu'il est nécessaire de marcher et ils vont...

La colline est franchie. Voici l'autre versant... La plaine d'Esdrelon tout en bas, et au-delà les collines dans lesquelles se trouve Nazareth...      

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274> "Si nous ne trouvons pas, nous nous arrêterons chez des paysans..." dit Jésus.

8Ils vont, ils vont... Arrivés presque à la plaine, ils voient un groupe de disciples. Il y a Isaac d'Ephèse avec sa mère[3], et Abel de Bethléem avec la sienne parmi d'autres dont je ne connais pas les noms. Et il y a pour les femmes un char rustique tiré par un fort mulet. Il y a aussi les bergers Daniel et Benjamin, le passeur Joseph et d'autres.

"C'est la Providence qui nous secours !" s'exclame Jésus et il ordonne de s'arrêter pendant que Lui va parler aux disciples et spécialement aux femmes disciples.          

Il les prend en particulier, avec
Isaac, et raconte en partie les épreuves d'Aurea : "Nous l'avons soustraite à un maître immonde... Je voudrais l'amener à Nazareth pour la soigner, car elle est malade de peur et de fatigue. Mais nous n'avons pas de véhicule. Où alliez-vous ?"        

"À Bethléem de Galilée, chez
Myrta. Il est impossible de résister à la chaleur de la plaine" répond Isaac.           

"Allez d'abord à Nazareth, je vous le demande par charité. Amenez la fillette à ma Mère et dites-lui que d'ici deux ou trois jours, je serai chez elle. La fillette est fiévreuse, ne faites pas attention à ses délires. Je vous dirai plus tard..."

"Oui, Maître, ce que tu veux. Nous partons de suite. Pauvre fille ! Il la frappait ?" demandent les trois.

"Il voulait la profaner."          

"Oh !... Quel âge a-t-elle ?"   

"Treize ans environ..."           

"Le lâche ! L'immonde ! Mais nous l'aimerons. Nous sommes des mères, n'est-ce pas,
Noémi ?"      

"Certainement, Myrta, Seigneur, tu la prends comme disciple ?"        

"Je ne sais pas encore…"     

"Si tu la gardes, nous sommes ici. Moi, je ne retourne pas à Éphèse. J'ai envoyé des amis pour tout liquider. Je reste avec Myrta... Souviens-toi de nous, pour la fillette. Tu as sauvé nos fils. Nous voulons la sauver."     

"Nous verrons par la suite…"

"Maître, les deux disciples donnent toute garantie de sainteté..." plaide Isaac.           

"Cela ne dépend pas de Moi... Priez beaucoup et taisez-vous avec tout le monde. Vous entendez ? Avec tout le monde."      

"Nous nous tairons." 

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275> "Venez avec le char." Et Jésus revient en arrière, suivi par Isaac qui conduit le char, et par les deux femmes.           

La fillette s'est allongée sur l'herbe pour y chercher un peu de fraîcheur pour sa grande fièvre...

"Pauvre fille ! Mais elle ne va pas mourir, n'est-ce pas ?"      

"Quelle belle enfant !"           

"Chérie, ne crains pas. Je suis une mère, sais-tu ? Viens... Soutiens-la, Myrta... Elle vacille... Aide-nous, Isaac... Ici, où elle a moins de secousses... Le sac sous la tête... Mettons nos manteaux par dessous... Isaac, mouille ces linges pour les lui mettre sur le front... Quelle fièvre, pauvre fille !..." 

Les deux femmes sont empressées et maternelles. Aurea, étourdie par la fièvre, est pour ainsi dire absente...  

9Tout est en place. Le char peut partir... Isaac, avant de fouetter, se rappelle : "Maître, si tu vas au pont, tu vas trouver Judas de Kériot. Il t'y attend comme un mendiant... C'est lui qui nous a dit que tu serais passé par ici. Paix à toi, Maître. Nous serons dans la nuit à Nazareth !"   

"Paix à Toi, Maître" disent les deux femmes disciples.          

"Paix à vous !"…      

Le char part au trot...            

"Que soit remercié le Seigneur !..." dit Jésus.            

"Oui, c'est bien pour la fillette et c'est bien à cause de Judas... Il vaut mieux qu'il ne sache rien..."          

"Oui. C'est mieux. Tellement mieux que je demande à votre cœur un sacrifice. Nous nous séparerons avant d'être à Nazareth et vous, du lac, vous irez avec Judas à Capharnaüm, alors qu'avec les frères, Thomas et Simon, j'irai à Nazareth."

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"Nous ferons ainsi, Maître, Et à ceux qui t'attendent, que diras-tu ?"  

"Qu'il y avait urgence pour nous d’avertir ma Mère de notre arrivée... Allons..." et il rejoint les disciples qui, trop heureux d'avoir le Maître avec eux, ne posent pas de questions.

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[1] De 16 à 7 av. JC. La Rhétie (régions avoisinant le Tyrol) et le pays des Ligures Comati (Alpes maritimes) furent conquis. Aurea Galla est donc probablement d'origine alpine. Le père d'Aurea, capturé dans sa jeunesse, devait avoir de 30 à 40 ans au moment de sa naissance.

[2] Jean d’Endor, un galérien évadé devenu disciple. Il s’est réfugié à Antioche de Syrie avec Sintica.

[3] Je ne connais que Jean d’Éphèse, le chef de la synagogue avec Noémi sa mère. Maria Valtorta, voyant un groupe nombreux, a pu faire ce lapsus. Isaac doit être Isaac de Jutta.