"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 6.428 - Parabola della vigna e del vigriaiolo, figure dell'anima e del libero arbitrio.

 4.426 - Parable of the Vineyard and of Free Will.

 4.428 - Parábola de la viña y del viñador, figuras del alma y del libre albedrío.

 7.476 - Das Gleichnis vom Weinberg und vom freien Willen.

Vendredi 15 juin 29
(17 Siwan 3789)
Plaine
d'Esdrelon.


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 Cléophas fournit la matière pour une parabole de Jésus.

 Parabole de la vigne …

 …et du libre arbitre.

 La responsabilité de l'idiot ou du fou.

 Le miracle de la grêle.


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- Un festin d'amour inespéré avec des bergers ........ 275

- Le travail du vigneron 276

- Discours (Le vigneron et la vigne : Le libre arbitre et l'âme) ........................................ 278

- Pierre annonce une tempête de grêle ........................ 281

- Rencontre avec Judas 282


- Fuite vers une maison 282

- Jésus fait cesser la grêle sinon la pluie ............... 282

 

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 6


Tome 6, chapitre 119.

428.
La parabole de la vigne et du libre-arbitre.


Vision du samedi 4 mai 1946

275> "Paix à vous, mes amis. Le Seigneur est bon. Il nous permet de nous réunir pour un repas fraternel. Où alliez-vous ?"       

276> "Les uns vers la mer, les autres vers les monts. Mais jusqu'ici nous allions ensemble en nombre toujours croissant à cause des autres groupes que nous avons trouvés en route" dit Daniel qui était berger au Liban.     

"Oui, et nous deux, nous voudrions pousser jusqu'au grand Hermon où nous faisions paître les troupeaux pour y faire paître les cœurs" dit
Benjamin, son compagnon.     

"C'est une bonne idée. Moi, j'irai quelque temps à Nazareth, puis je serai entre Capharnaüm et Bethsaïda jusqu'à la nouvelle lune d'Elul
[1]. Je vous dis cela, pour que vous puissiez me trouver en cas de besoin. Assoyez-vous et mettons nos vivres en commun pour pouvoir les distribuer équitablement."            

Ils font ainsi en étendant sur un linge leurs richesses : fouaces, fromage, poisson salé, des olives, quelques œufs, les premières pommes... et de même qu'ils ont fourni le menu, ils le répartissent joyeusement après que Jésus ait offert et bénit.         

Comme ils sont heureux de ce festin d'amour inespéré ! Ils ont vite oublié la lassitude et la chaleur, perdus comme ils le sont dans la joie d'entendre Jésus qui leur demande ce qu'ils ont fait, et leur donne des conseils, ou bien leur raconte ce qu'il a fait. Et bien que l'heure très chaude d'une journée très lourde les étourdisse de somnolence, l'intérêt est si grand que personne ne s'abandonne au sommeil. Puis, une fois le repas fini, les restes des provisions remises dans les sacs en les répartissant en parts égales, ils s'enfoncent encore plus dans les premiers maquis des collines, et à l'ombre des arbres, assis en cercle autour de Jésus, ils le prient de leur dire une belle parabole qui leur serve de règle de vie et pour l'enseignement.            

Jésus est assis de manière à avoir en face de Lui la plaine d'Esdrelon, maintenant dépouillée des moissons mais riche de vignes et de vergers, et, du regard, il fait le tour du panorama comme s'il cherchait un sujet dans ce qu'il a sous les yeux. Il sourit. Il a trouvé. Il commence par une question générale : "Elles sont belles, n'est-ce pas, les vignes de cette plaine ?"       

"Très belles. Elles ont des charges invraisemblables de raisins en train de mûrir. Et elles sont très bien entretenues. C'est pour cela qu'elles ont un si beau rendement."          

"Ce doit être pourtant des plantes choisies..." insinue Jésus. Et il termine : "Comme la plaine est divisée presque toute entière en domaines de riches pharisiens, ils y ont mis des plants excellents sans avoir à regretter les dépenses d'acquisition."  

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277> "Oh ! Il ne servirait pas d'avoir acheté les meilleurs plants si ensuite on n'avait pas continué de les soigner ! Moi, je m'y connais car mes biens sont tous en vignes. Mais si moi je n'y sue pas ou plutôt si je n'y avais pas sué, comme maintenant mes frères continuent d'y suer, crois bien, Maître, que je ne pourrais t'offrir à la vendange des raisins pareils à ceux de l'an dernier" dit un homme vigoureux d'environ quarante ans, qu'il me semble avoir déjà vu, mais dont je ne me rappelle pas le nom.         

"Tu as raison,
Cléophas. Le secret pour avoir de bons fruits tient tout entier dans le soin que l'on donne à son domaine" dit un autre.  

"De bons fruits et de bons gains. Car si la terre donnait seulement ce que l'on a dépensé pour elle, ce serait un mauvais placement de l'argent. La terre doit donner l'intérêt du capital engagé, et en plus un gain qui nous permette d'accroître nos richesses, En effet il faut penser qu'un père doit faire des parts pour ses enfants, et que d'un avoir en terres ou en argent il doit faire plusieurs parts suivant le nombre d'enfants pour donner à tous de quoi vivre. Je ne crois pas que cet accroissement du patrimoine pour en faire bénéficier les enfants mérite des reproches" insiste
Cléophas.  

"Il ne l'est pas si on l'atteint par un travail honnête et d'une manière honnête. Tu dis donc que, malgré l'excellence des plants mis en place, pour en tirer profit il faut y travailler beaucoup ?"

 "Et comment ! Avant qu'ils donnent les premiers grains de raisin... car il faut du temps, hein ! Et donc patienter et aussi travailler jusqu'au moment où les plants ont seulement des feuilles. Et ensuite, quand déjà ils donnent du fruit et sont forts, prendre garde qu'ils n'aient pas de branches inutiles, d'insectes nuisibles, que les herbes parasites n'épuisent pas la terre ou que les sarments n'étouffent pas sous les feuilles des ronces ou des liserons, bêcher autour des pieds pour que la rosée pénètre et que les eaux séjournent un peu plus qu'ailleurs pour nourrir la plante, et apporter de l'engrais... Un dur travail ! Mais il le faut même s'il est épuisant, car le raisin, si beau, si doux que chaque grappe paraît une récolte de pierres précieuses, se forme justement en suçant cet engrais noir et fétide. Cela paraît impossible, mais c'est ainsi ! Et effeuiller pour faire descendre le soleil sur les grappes. Puis, la vendange terminée, arranger les plantes en les attachant, en les taillant, en les liant, en couvrant leurs racines de paille et de fumier pour les défendre de la gelée. Et, même en hiver, aller voir si le vent ou quelque malandrin n'a pas arraché les échalas, et si le temps n'a pas défait les osiers employés pour attacher les branches aux échalas...

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278>
Oh ! Il y a toujours à faire jusqu'à ce que la vigne ne soit complètement morte… Et après il y a encore à faire, pour l'enlever du sol et débarrasser ce dernier des racines pour le préparer à recevoir un nouveau plant. Et tu sais comme il faut avoir la main légère et patiente et l'œil éveillé pour dégager les sarments des plantes mortes mélangés à ceux des plantes encore vivantes ? Si on y allait sottement et avec une main lourde, on en ferait des dégâts ! Il faut être du métier pour le savoir !... Les vignes ? Mais c'est comme des enfants ! Et avant qu'un enfant soit homme, combien il faut suer pour le garder sain de corps et d'esprit !... Mais je parle et je parle et je ne te laisse pas parler… Tu nous as promis une parabole..."        

"Vraiment, tu l'as déjà faite. Il suffirait d'appliquer ta conclusion et de dire que les âmes sont comme les vignes…"    

"Non, Maître ! Parle, Toi. Moi... j'ai dit des bêtises et nous ne pouvons faire de nous-mêmes le travail d'application..."      

 "C'est bien. Écoutez. Quand nous avons eu une chair animale dans le sein de notre mère, Dieu dans les Cieux a créé l'âme pour faire à sa ressemblance l'homme futur et Il l'a placée dans la chair qui se formait dans le sein. Et l'homme, arrivé au moment de naître, est né avec son âme qui jusqu'à l'âge de raison a été comme une terre laissée en friche par son maître. Mais, arrivé à l'âge de raison, l'homme a commencé à raisonner et à distinguer le Bien et le Mal.  C'est alors qu'il s'est aperçu qu'il avait une vigne à cultiver à son gré, Et il s'est aperçu qu'il avait un vigneron chargé de cette vigne : son libre arbitre.       

En effet la liberté de se conduire, laissée par Dieu à l'homme son enfant, c'est comme un serviteur capable donné par Dieu à l'homme, son enfant, pour l'aider à rendre fertile la vigne, c'est-à-dire l'âme.       

Si l'homme ne devait pas se fatiguer lui-même pour devenir riche, pour se faire un avenir éternel de prospérité surnaturelle, s'il avait dû tout recevoir de Dieu, quel mérite aurait-il eu de se recréer une sainteté après que Lucifer ait corrompu la sainteté donnée au début et gratuitement par Dieu aux premiers hommes ? C'est déjà beaucoup qu'aux créatures tombées par suite de l'hérédité de la faute, Dieu accorde de mériter la récompense et d'être saints, en renaissant, par leur propre volonté, à cette nature initiale de créatures parfaites que le Créateur avait donnée à Adam et Ève, et à leurs enfants, si les parents s'étaient conservés exempts de la Faute originelle.   

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279> L'homme tombé doit redevenir un homme élu, par sa propre volonté libre. Or, qu'arrive-t-il dans les âmes ? Cela. L'homme confie son âme à sa volonté, à son libre arbitre, qui se met à cultiver la vigne restée jusqu'alors un terrain sans plantes, bon, mais dépouillé de plantes durables. Il n'y avait eu dans les premières années d'existence que des herbes grêles et des fleurettes caduques poussées çà et là : la bonté instinctive de l'enfant qui est bon parce qu'il est encore un ange qui ignore le Bien et le Mal.          

Vous direz : "Combien de temps reste-t-il ainsi ?" On dit généralement : pendant les six premières années. Mais, en vérité, il y a des raisons précoces à cause desquelles il y a des enfants qui avant leurs six ans accomplis sont déjà responsables de leurs actes. Il y a des enfants responsables de leurs actes même a trois, quatre ans, car ils savent ce qui est Bien et ce qui est Mal, et veulent librement l'un ou l'autre. Du moment que l'enfant sait distinguer la mauvaise action de la bonne action, il est responsable. Pas avant.
 Donc un sot, même à cent ans est un irresponsable, mais à sa place sont responsables les tuteurs, qui doivent avec amour veiller sur lui, et sur le prochain auquel l'idiot ou le fou peut faire du tort, pour que celui qui est inconscient ne fasse pas de tort ni à lui-même ni aux autres. C'est pourquoi Dieu n'impute pas de fautes à l'idiot ou au fou, parce que pour son malheur il est privé de raison.            

Mais nous parlons des êtres qui sont intelligents et sains d'esprit et de corps.          

L'homme confie donc sa vigne inculte à celui qui la travaille : le libre arbitre; et lui commence à la cultiver. L'âme : la vigne, a pourtant une voix et elle la fait entendre au libre arbitre, une voix surnaturelle nourrie des voix surnaturelles que Dieu ne refuse jamais aux âmes : celle du Gardien, celle des esprits envoyés par Dieu, celle de la Sagesse, celle des souvenirs surnaturels dont toute âme se rappelle même sans que l'homme en ait exactement conscience. Et elle parle au libre arbitre, d'une voix suave, suppliante même, pour le prier de l'orner de plantes bonnes, d'être actif et sage pour ne pas faire d'elle une ronceraie sauvage, mauvaise, empoisonnée, où nichent les serpents et les scorpions et où font leurs terriers le renard et la fouine et autres quadrupèdes malfaisants.    

Le libre arbitre n'est pas toujours un bon cultivateur. Il ne garde pas toujours la vigne, et il ne la défend pas toujours avec une haie infranchissable, c'est-à-dire avec une volonté ferme et bonne, qui tend à défendre l'âme des voleurs, des parasites, de toutes les choses pernicieuses, des vents violents qui pourraient faire tomber les fleurs des bonnes résolutions quand elles sont à peine formées dans le désir.  

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280> Oh ! quelle haie haute et forte il faut élever autour du cœur pour le sauver du mal ! Comme il faut veiller pour qu'elle ne soit pas forcée, pour que n'y soient pas ouvertes ni de grandes ouvertures, par lesquelles passent les dissipations, ni des ouvertures petites et traîtresses, à la base, par lesquelles s'insinuent les vipères : les sept vices capitaux[2] ! Comme il faut sarcler, brûler les herbes nuisibles, tailler, bêcher, fumer par la mortification, soigner sa propre âme par l'amour envers Dieu et le prochain. Et Sur- veiller, avec les yeux ouverts et éclairés et avec un esprit éveillé, pour que les plants, qui avaient pu paraître bons, ne se révèlent pas mauvais par la suite, et si cela arrive, les arracher sans pitié. Mieux vaut une plante unique et parfaite qu'un grand nombre inutiles ou nuisibles.    

Nous avons des cœurs, nous avons donc des vignes qui sont toujours cultivées, garnies de nouvelles plantes par un cultivateur désordonné qui entasse toujours de nouvelles plantes : tel travail, telle idée, telle volonté, pas même primitivement mauvaises mais qui, par la suite, si on ne s'en occupe pas et deviennent mauvaises, tombent sur le sol, s'abâtardissent, meurent... Que de vertus périssent, parce qu'elles se mêlent à la sensualité, parce qu'elles ne sont pas cultivées, parce que, pour conclure, le libre arbitre n'est pas soutenu par l'amour ! Combien de voleurs entrent pour dérober, pour mettre le désordre, pour arracher, parce que la conscience dort au lieu de veiller, parce que la volonté s'affaiblit et se corrompt, parce que le libre arbitre se laisse séduire par le Mal, et que lui, qui est libre, en devient l'esclave.     

Mais, pensez ! Dieu le laisse libre, et l'arbitre devient esclave des passions, du péché, des concupiscences; du Mal en somme, L'orgueil, la colère, l'avarice, la luxure, d'abord mélangés aux plantes bonnes, ensuite triomphants à leur détriment !... Un désastre ! Quel feu qui dessèche les plantes parce qu'il n'y a plus l'oraison qui est union avec Dieu, ni par conséquent la rosée des sucs bienfaisants sur l'âme ! Quelle gelée pour glacer les racines par le manque d'amour pour Dieu et le prochain ! Quel épuisement du terrain parce que l'on refuse la fumure de la mortification, de l'humilité ! Quel entrelacement inextricable des branches qui sont bonnes et de celles qui ne le sont pas, parce que l'on n'a pas le courage de souffrir pour s'amputer de ce qui est nuisible ! Tel est l'état d'une âme qui a pour la garder et la cultiver un arbitre désordonné et qui se tourne vers le Mal.          

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281> Au contraire, l'âme qui a un arbitre qui vit dans l'ordre, vit dans l'obéissance à la Loi, qui a été donnée pour que l'homme sache ce qu'est l'ordre et en quoi il consiste, comment on le conserve, et qui est héroïquement fidèle au Bien, parce que le Bien élève l'homme et le rend semblable à Dieu, alors que le Mal l'abrutit et le rend semblable au démon, est une vigne arrosée par les eaux pures, abondantes, utiles de la foi, dûment ombragée par les plantes de l'espérance, ensoleillée par le soleil de la charité, corrigée par la volonté, fumée par la mortification, taillée par la force, conduite par la justice, surveillée par la prudence et la conscience. Et la Grâce croît, aidée par tant de choses, la Sainteté croît, et la vigne devient un jardin merveilleux où Dieu descend pour prendre ses délices, jusqu'à ce que la vigne se gardant elle-même toujours comme un jardin parfait, jusqu'à la mort de la créature, Dieu fasse porter par ses anges ce travail d'un libre arbitre plein de bonne volonté et bon dans le grand et éternel Jardin des Cieux.      

C'est certainement ce sort que vous voulez. Alors veillez pour que le Démon, le Monde, la Chair ne séduisent pas votre arbitre et ne dévastent pas votre âme. Veillez pour qu'existe en vous l'amour véritable et non l'amour propre qui l'éteint et jette l'âme aux fantaisies de toutes les sortes de sensualité et du désordre. Veillez jusqu'à la fin, et les tempêtes pourront vous tremper mais sans vous nuire, et vous irez, chargés de fruits, vers votre Seigneur pour la récompense éternelle.         

J'ai fini. Maintenant méditez et reposez-vous jusqu'au crépuscule, pendant que je me retire pour prier."   

"Non, Maître. Nous ne devons pas tarder à nous mettre en route pour arriver aux maisons" dit Pierre.     

"Mais pourquoi ? Il y a encore du temps avant le crépuscule !" disent plusieurs.        

"Moi, je ne pense pas au crépuscule, ni au sabbat. Je pense qu'il ne passera pas une heure avant qu'il arrive une tempête furieuse. Voyez-vous ces langues noires qui se lèvent doucement des chaînes de la Samarie ? Et celles si blanches qui arrivent au galop de l'occident ? Un vent élevé pousse celles-ci, et un vent bas celles-là. Mais quand elles seront au-dessus d'ici, le vent élevé cédera au sirocco et les nuages noirs, chargés de grêle, s'abaisseront et heurteront les blancs chargés de foudre, et quelle musique vous allez entendre ! Allons, vite ! Je suis pêcheur et je lis dans le ciel."    

Jésus obéit tout le premier, et tous se mettent à marcher vivement vers les fermes de la plaine...        

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282> Au pont ils rencontrent Judas qui crie : "Oh ! Mon Maître ! Comme j'ai souffert loin de Toi ! Louange à Dieu qui a récompensé ma constance pour t'attendre ici ! Comment s'est passé le voyage à Césarée ?"          

"Paix à toi, Judas" répond brièvement Jésus, et il ajoute : "Nous parlerons dans les maisons. Viens. L'orage menace."    

En effet commencent les rafales de vent qui soulèvent des nuages de poussière sur les routes brûlées par le soleil. Le ciel se couvre de nuages de toutes formes et de toutes couleurs, et l'air devient jaune et blême... Les premières gouttes, énormes, chaudes, clairsemées se mettent à tomber et les premiers éclairs sillonnent le ciel devenu presque noir...           

Ils se mettent à courir à toutes jambes. Grand est leur désir d'échapper à l'averse et ils arrivent ainsi aux premières maisons, quand dans le vacarme de la foudre tombée à peu de distance, un déluge de pluie et de grêle s'abat sur la contrée, dégageant une forte odeur de terre détrempée et d'ozone produit par les éclairs qui se succèdent sans arrêt...

Ils entrent, et heureusement la maison possède des portiques, et elle est habitée par des paysans qui croient au Messie. Et avec vénération, ils invitent le Maître à y prendre son logement avec ses compagnons "comme si la maison était à Toi.
 Mais lève ta main pour repousser la grêle, par pitié pour notre travail" disent-ils en entourant Jésus.

Jésus lève la main en se tournant vers les quatre points cardinaux, et l'eau descend seule du ciel pour abreuver les vergers, les vignes, les prés et pour purifier l'atmosphère si lourde.



"Sois béni, Seigneur !" dit le chef de famille. "Entre, mon Seigneur !"            

Et pendant que dure la pluie, Jésus entre dans une pièce très vaste, certainement un magasin, et il s'assoit, fatigué, entouré des siens.    

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[1] Cette année-là, le 1er Eloul correspond au 27 août.

[2] L'orgueil, la colère, l'avarice, la luxure, la paresse, l’envie, la gourmandise. Le mot capital n'idique pas la gravité, mais le fait qu'ils sont la tête (caput en latin) d'où découlent d'autres péchés.              
Pour cette raison, la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin indique que l’appellation de vices serait plus appropriée que celle de péchés. À noter que c'est bien ce terme qu'emploie Jésus dans Maria Valtorta.