"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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Le nid d'aigle de Massada.


Dimanche 15 avril 29
(15 Nissan 3789)
Massada.


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 L'endurcissement dans le mal. Le péché du monde.


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- L'accès à la cité forteresse .......................................... 39

- La bru refuse d'abord de se montrer ........................... 40

- Elle résiste à Jésus et le chasse ............................ 42


- Il est ensuite chassé de la ville .......................................... 42

- Qui aura le sort de Sodome et de Gomorrhe ................. 43

- Pleurs de Jean à l'idée de la mort de Jésus ................ 43

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 6


Tome 6, chapitre 82.

392.
À Masada.


Vision du lundi 25 février 1946

39> Ils sont en train de monter par un sentier de chèvre vers une ville qui semble un nid d'aigle sur un sommet alpin. Ils y arrivent avec beaucoup de difficultés, en allant de l'occident vers l'orient, en tournant le dos à une chaîne ininterrompue de montagnes qui font déjà partie de l'ensemble montagneux de la Judée. Par une avancée puissante, semblable au contrefort d'une muraille colossale, elle s'avance vers la Mer Morte à son extrémité occidentale, c'est-à-dire vers l'extrémité sud de la Mer Morte. C'est vraiment un pic élevé, solitaire, escarpé, tels que les aiment les aigles pour leurs amours royales, dédaigneux des témoins et de toute société. 

"Quel chemin, mon Dieu !" gémit
Pierre.        

"Pire encore que celui de
Jiphtaël" confirme Mathieu.            

"Cependant, ici il ne pleut pas, il n'y a pas d'humidité, on ne glisse pas. C'est déjà quelque chose..." observe
Jude Thaddée.     

"Hé ! oui ! C'est une consolation... Mais il n'y a pas que cela. Pas de danger que les ennemis te prennent ! Si un tremblement de terre ne te fait pas écrouler, ce n'est pas l'homme qui peut te faire tomber !" dit Pierre en parlant à la cité-forteresse, resserrée dans l'anneau étroit de ses deux défenses, avec ses maisons tassées, serrées l'une contre l'autre comme les grains d'une grenade dans l'écrin de sa peau épaisse.     

"Tu le crois, Pierre ?" demande
Jésus.          

"Si je le crois ? Je le vois ! Et c'est davantage !"       

Jésus hoche la tête et ne réplique rien.         

"Peut-être il aurait mieux valu venir du côté de la mer. S'il y avait eu
Simon... lui connaît ces parages[1]" soupire Barthélemy qui n'en peut plus.     

"Quand nous serons dans la ville et que vous verrez l'autre chemin, vous me remercierez d'avoir choisi celui-là. D'ici, avec difficulté, un homme peut monter. Sur l'autre sentier une chèvre y parvient difficilement" répond Jésus.          

"Comment le sais-tu ? Quelqu'un t'en a-t-il parlé, ou bien ?..."            

"Je le sais. Et d'ailleurs c'est de ce côté que se trouve la bru
d'Ananias. Je veux, tout d'abord, lui parler."   

"Maître... il n'y aura pas des dangers là-haut ?... C'est que... d'ici on ne peut sortir rapidement, et s'ils nous poursuivent... on ne revient plus à la maison. Regarde quels précipices et quelles pierres tranchantes !..." dit Thomas.      

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40> "N'ayez pas peur. Nous n'allons pas trouver une Engaddi. Des Engaddi, il y en a bien peu en Israël, mais il ne nous arrivera rien de mal."    

"C'est que... tu sais que c'est une forteresse d'Hérode ?..."   

"Eh bien ? Ne crains pas,
Thomas ! Tant que ce n'est pas l'heure, rien n'arrive de vraiment grave."         

Ils vont, ils vont et ils arrivent près des murs à l'aspect peu engageant alors que le soleil est maintenant très haut, mais l'altitude tempère la chaleur.         

Ils entrent dans la cité en passant sous l'arceau d'une porte étroite, sombre. Les murs des bastions sont puissants avec des tours épaisses et des percées de meurtrières.      

"Quel piège à gibier !" dit Mathieu.    

"Moi, je pense à ces malheureux qui ont transporté ici ces matériaux, ces blocs, ces plaques de fer..." dit
Jacques d'Alphée.       

"L'amour saint de la patrie et de l'indépendance ont rendu légers les fardeaux aux hommes de Jonathas Maccabée. L'amour pervers de soi-même et la terreur de la colère du peuple a imposé un joug pesant, non à des sujets mais à des gens devenus pires que des esclaves, par la volonté
d'Hérode le Grand. Et baptisée dans le sang et les larmes, elle périra dans le sang et les larmes quand ce sera l'heure de la punition divine[2]."       

"Mais, Maître, les habitants y sont-ils pour quelque chose ?"

"Pour rien et pour tout. Quand les sujets rivalisent avec les chefs pour
les fautes ou les bonnes actions, ils partagent leurs récompenses ou leurs châtiments. Mais voici la maison qui est la troisième de la seconde rue et avec le puits par devant. Allons..."  

Jésus frappe à la porte fermée d'une maison haute et étroite. Un enfant Lui ouvre.    

"Es-tu parent d'Ananias ?"    

"Je porte son nom, car c'est le père de mon père."   

"Appelle ta mère. Dis-lui que je viens du pays où se trouve Ananias et le tombeau de son époux défunt."         

L'enfant va et revient. "Elle a dit qu'il ne lui importe pas d'avoir des nouvelles du vieillard. Que tu peux t'en aller."         

Jésus prend un visage très sévère. "Je ne partirai qu'après lui avoir parlé. Enfant, va et dis-lui que Jésus de Nazareth, auquel croyait son mari, est ici, et qu'il veut lui parler. Dis-lui qu'elle ne craigne pas. Le vieil homme n'est pas ici..."          

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41> Le garçon va de nouveau. L'attente est longue. Des gens se sont arrêtés pour observer et certains interrogent les disciples. Mais l'ambiance est dure, ou indifférente, ou ironique... Les apôtres essaient d'être polis mais sont visiblement impressionnés. Et ils le sont davantage quand surviennent des notables et des gens armés, les uns et les autres avec des visages... de galériens qui ne donnent guère confiance.

Jésus sur le seuil, adossé au chambranle, les bras croisés, attend patient, absorbé.

Finalement voilà la femme. Grande, brune, l’œil dur, le profil accentué, elle n'est pas laide ni vieille, mais son expression la rend vieille et laide. "Que veux-tu ? Fais vite, j'ai à faire" dit-elle avec hauteur.     

"Je ne veux rien, rien. Rassure-toi. Je t'apporte seulement le pardon d'Ananias, son affection, sa prière..."           

 "Je ne le reprends pas. Inutile de prier. Je ne veux pas de vieux pleurnicheurs. Tout est fini entre nous. Du reste, je vais bientôt me remarier et je ne puis imposer à la maison d'un riche ce grossier paysan. J'en ai eu assez de l'erreur d'avoir accepté d'épouser son fils ! Mais alors j'étais une sotte fille et je ne regardais qu'à la beauté de l'homme. Malheur à moi ! Malheur à moi ! Qu'il soit maudit le motif qui l'a mis sur mon chemin ! Soit anathème même le souvenir de..." on dirait une machine...        

"Assez ! Respecte les vivants et les morts que tu ne méritais pas d'avoir, femme plus aride qu'un silex. Malheur à toi ! Oui ! Malheur ! Car en toi il n'y a pas d'amour du prochain et donc Satan est en toi. Mais tremble, ô femme ! Tremble que les larmes du vieillard, que celles de ton époux, que certainement tu as accablé par ton manque d'amour, ne deviennent une pluie de feu sur ce qui t'est cher ! Tu as des enfants, ô femme !..."   

"Des enfants ! Ah ! si je pouvais ne pas en avoir ! Même le dernier lien serait rompu ! Et du reste, je ne veux rien entendre. Je ne veux pas t'écouter. Va-t-en ! Je suis dans ma maison, dans la maison de mon frère. Je ne te connais pas. Je ne veux pas me rappeler le vieillard. Non..." elle crie comme une pie plumée toute vivante. C'est une véritable harpie...     

"Gare à toi !" dit Jésus.        

"Tu me menaces ?"   

"Je te rappelle à Dieu, à sa Loi, par pitié pour ton âme. Quels enfants veux-tu élever avec ces sentiments ? Ne crains-tu pas le jugement de Dieu ?"     

"Oh ! assez ! Saül, va appeler mon frère et dis-lui qu'il vienne avec Jonathas. Je te ferai voir ! À Toi..."           

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42> "Oh ! pas besoin. Ton âme ne sera pas forcée par Dieu. Adieu."            

Et Jésus s'en va à travers les gens. La rue est étroite entre les hautes maisons. Mais la ville, faite pour la défense, a le cœur de cette même défense dans sa partie orientale, là où tout surplombe sur des centaines de mètres et où l'étroit ruban d'un sentier qui serpente, d'une rapidité vraiment impressionnante, monte de la plaine, des rives de la mer, vers le sommet du pic.         

C'est justement là que Jésus va, là où il y a une petite place pour les machines de guerre. Il commence à parler en répétant une nouvelle fois son invitation au Royaume des Cieux dont il donne les lignes schématiques. Il va les développer quand, se frayant un chemin dans la petite foule plus curieuse que croyante, s'avancent des notables qui discutent entre eux. À peine sont-ils en face de Jésus, que parlant confusément tous ensemble d'accord seulement dans l'intention de chasser Jésus, ils Lui ordonnent : "Va-t-en ! Ici, il y a assez de nous pour éduquer les fils d'Israël."  

"Va-t-en ! Nos femmes n'ont pas besoin de recevoir des reproches de Toi, galiléen !"

"Va-t-en, offenseur ! Comment te permets-tu d'offenser la femme
d'un hérodien, dans une des villes préférées du grand Hérode ? Usurpateur, dès ta naissance, de ses droits souverains ! Hors d'ici !"       

Jésus les regarde, spécialement ces derniers, et leur dit un seul mot: "Hypocrites !"  

"Va-t-en ! Va-t-en !"   

C'est un vrai tumulte de voix discordantes. Chacun pour son compte accuse ou défend sa caste. On ne comprend plus rien. Sur l'étroite petite place, des femmes crient et s'évanouissent, des enfants pleurent, des hommes armés cherchent à se frayer un chemin en descendant de la forteresse proprement dite. Ce faisant, ils blessent des gens entassés sur la place qui réagissent en lançant des imprécations contre Hérode et ses soldats, contre le Messie et ceux qui le suivent. Un beau vacarme ! Les apôtres, serrés autour de Jésus, les seuls qui le défendent plus ou moins courageusement, crient à leur tour des injures salées, et il y en a pour tous.           

Jésus les appelle en disant : "Sortons d'ici. Faisons le tour par derrière la ville et nous nous en irons..."   

"Et pour toujours, tu sais ? Et pour toujours !" crie Pierre rouge de colère.    

"Oui, pour toujours..."           

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43> Ils défilent, l'un derrière l'autre, et le dernier, malgré les instances des siens, c'est Jésus. Les gardes, tout en plaisantant le "prophète éconduit" comme ils disent en faisant des plaisanteries de toutes sortes, ont assez de bon sens pour se hâter de fermer la porte des remparts et de s'y adosser, leurs armes tournées vers la place.  

Jésus avance par un étroit sentier qui côtoie les murs, un sentier large de deux palmes, et dessous c'est le vide, la mort. Les apôtres le suivent en évitant de regarder l'abîme effrayant.     

Les voilà de nouveau devant la porte par laquelle ils sont entrés. Jésus, sans s'arrêter, commence la descente. La cité a aussi fermé la porte de ce côté...   

À plusieurs mètres de la ville, Jésus s'arrête et pose la main sur l'épaule de Pierre qui dit en essuyant sa sueur : "Nous l'avons échappée belle ! Maudite ville ! Et maudite femme ! Oh ! pauvre Ananias ! Elle est pire que ma belle-mère !... Quel serpent !"  

"Oui, elle a le cœur froid des serpents... Simon de Jonas, qu'en dis-tu ? Malgré toutes ses défenses, cette ville te paraît-elle sûre ?"      

"Non, Seigneur. Elle n'a pas Dieu en elle. Je dis qu'elle aura le même sort que Sodome et Gomorrhe."  

"Tu as bien parlé, Simon de Jonas ! Elle est en train d'amonceler contre elle les foudres de la colère divine. Et ce n'est pas tant pour m'avoir chassé que parce que, en elle, le Décalogue est violé en tous ses commandements. Allons maintenant. Une grotte nous accueillera dans son ombre fraîche en ces heures de soleil. Et au crépuscule nous irons vers Kériot tant que la lune le permettra..."    

"Mon Maître!" gémit Jean dans un sanglot inattendu.

"Mais qu'as-tu?" demandent tous les autres.

Jean ne s'explique pas. Il pleure en cachant son visage dans ses mains, un peu penché... Il semble déjà le Jean torturé de la journée de la Passion...      

"Ne pleure pas! Viens ici... Nous avons encore de douées heures devant nous" dit Jésus en l'attirant à Lui. Cela console son cœur mais fait couler des larmes plus abondantes.  

"Oh! Maître! Mon Maître! Comment ferai-je?! Comment ferai-je?!"      

"Mais pour quoi, frère?"        

"Pour quoi, ami?" demandent Jacques et les autres.

Jean hésite à parler, puis, levant son visage et jetant ses bras au cou de Jésus et l'obligeant à se pencher vers son visage bouleversé, 'il crie et répond à Jésus au lieu de répondre à ceux qui l'interrogent: "Pour te voir mourir!"

44> "Dieu te secourra, toi qui es son enfant bien-aimé! Son aide ne te manquera pas. Ne pleure plus. Allons! Allons..." et Jésus marche en tenant par la main l'apôtre aveuglé par les larmes...       

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[1] Il les connaissait pour s'y être réfugié, lorsqu'il était un activiste pourchassé du parti des zélotes.

[2] En 66, au début de la guerre des Juifs contre les Romains, les Sicaires du parti des zélotes, prennent Massada à la garnison romaine qui y était stationnée. En 70, ils sont rejoints par d’autres Juifs et leurs familles, expulsés de Jérusalem lors de la prise de la ville par les Romains.           
En 72, 8.000 soldats de la Légion X Fretensis encerclent les 1.000 habitants de la forteresse. Un an plus tard le siège se termine par un suicide collectif. Chaque père doit exterminer sa famille avant de se suicider. Extraits du
Dictionnaire des personnages de l’Évangile selon Maria Valtorta (Mgr René Laurentin, François-Michel Debroise, Jean-François Lavère, Éditions Salvator, 2012).