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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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.5.327 - Ai confini della Fenicia. Discorso sulla uguaglianza dei popoli e parabola del lievito.

 3.326 - Evangelizing at the Border of Phoenicia.

 4.327 - En los confines de Fenicia. Palabras de Jesús sobre la igualdad de los pueblos. Parábola de la levadura.

 6.372 - Verkündigung der Frohen Botschaft auf dem Wege nach Phönizien.

 Évangile, évocation de :
- Matthieu 13, 33.
- Luc 13, 20-21.



Currus romain


Lundi 8 janvier 29
(7 Scébat 3789)
Vers la
Phénicie.


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 La dimension universelle du salut.


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- La maréchalerie près d'un pont ................................. 94

- Les unions avec des étrangers ........................ 95

- Discours (Tous sont fils de Dieu ................................. 96

- Une trace de son origine à réveiller) ......................... 97

- Étonnement de la foule 98

 

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 5


Tome 5, chapitre 15.

327.
Évangélisation aux confins de la Phénicie.


 

Vision sans date

94> La route, qui va de la Phénicie vers Ptolémaïs, est une belle route qui coupe, tout à fait en ligne droite, la plaine entre la mer et les montagnes. Elle est bien entretenue et très fréquentée. Elle est souvent coupée par des chemins plus petits qui vont des villages de l'intérieur à ceux de la côte. Elle présente de nombreux carrefours près desquels il y a généralement une maison, un puits et une maréchalerie rudimentaire pour les quadrupèdes qui peuvent avoir besoin de fers.      

Jésus, avec les six qui sont restés avec Lui, fait un bon bout de chemin, deux kilomètres et plus, avec toujours sous les yeux le même spectacle. Finalement il s'arrête près de l'une de ces maisons avec puits et maréchalerie, à un carrefour près d'un torrent qu’enjambe un pont qui est solide mais laisse tout juste le passage pour un char, ce qui oblige à un arrêt de ce qui va et de ce qui vient, car les deux courants qui se croisent ne pourraient passer en même temps. Et cela permet aux passagers, de races différentes de ce que je réussis à comprendre, c'est-à-dire les phéniciens et les israélites proprement dits qui se haïssent mutuellement, de se mettre d'accord sur un seul point : celui de maudire Rome... Et pourtant sans Rome, ils n'auraient pas ce pont et avec ce torrent en crue, je ne sais pas comment ils arriveraient à passer. Mais c'est ainsi ! L'oppresseur est toujours haï même s'il fait des choses utiles !         

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95> Jésus s'arrête près du pont. dans le coin ensoleillé où se trouve la maison qui d’un côté, le long du torrent, a la maréchalerie malodorante où on est en train de forger des fers pour un cheval et deux ânes qui ont perdu les leurs. Le cheval est attaché à un char romain sur lequel se trouvent des soldats qui s'amusent à faire des grimaces aux hébreux qui leur lancent des imprécations, Et à un vieillard au long nez, plus hostile que les autres, une vraie bouche de vipère qui je crois mordrait volontiers les romains pour les empoisonner, ils envoient une poignée de crottin. Imaginez ce qui arrive ! Le vieil hébreu s'échappe en criant comme s'ils lui avaient donné la lèpre et les autres hébreux font chorus avec lui. Les phéniciens crient ironiquement : "Vous aimez la nouvelle manne ? Mangez, mangez, cela vous donnera du souffle pour crier contre ceux qui sont trop bons avec vous, vipères hypocrites." Les soldats ricanent... Jésus se tait.      

Le char romain part finalement en saluant le maréchal ferrant du cri : "Salut,
Tito, et bon séjour !" L'homme robuste, âgé, au cou de taureau, au visage rasé, aux yeux très noirs encadrant un nez assez fort, sous un front large et proéminent, un peu dégarni et les cheveux, là où il y en a, sont courts et un peu crépus, lève son lourd marteau en un geste d'adieu et puis se penche de nouveau sur l'enclume sur lequel un apprenti a placé un fer rouge pendant qu'un autre garçon brûle le sabot d'un âne pour préparer la mise en place du fer.          

"Ce sont presque tous des romains ces maréchaux le long des routes. Des soldats restés ici après leur service. Et ils gagnent bien... Rien ne les empêche jamais de s'occuper des animaux… Et un âne peut perdre son fer même avant le crépuscule du sabbat, ou pendant les
Encénies…" observe Mathieu.     

"Celui qui nous a ferré Antoine
[1] était marié à une femme hébraïque" dit Jean.           

"Il y a plus de folles que de sages" dit sentencieusement
Jacques de Zébédée.        

"Et les enfants, à qui sont-ils ? À Dieu ou au paganisme ?" demande
André.

"Ils appartiennent généralement au conjoint le plus fort" répond Mathieu. "Et il suffit que la femme ne soit pas une apostate pour qu'ils soient hébreux. Car l'homme, ces hommes, laissent faire. Ils ne sont pas très… fanatiques même de leur Olympe. Je crois que désormais ils ne croient plus qu'à l'argent. Ils ont beaucoup d'enfants."        

"Unions méprisables, pourtant. Sans une foi, sans une vraie patrie... odieux à tout le monde..." dit
le Thaddée.     

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96> "Non. Tu te trompes. Rome ne les méprise pas, au contraire elle continue de les aider. Ils lui sont plus utiles ainsi qu'en portant les armes. Ils pénètrent chez nous par la corruption du sang plus que par la violence. Ceux qui souffrent, c'est plutôt la première génération. Puis ils se dispersent et... le monde oublie..." dit Mathieu qui parait très au courant.       

"Oui, ce sont les enfants qui souffrent. Mais aussi les femmes juives, mariées dans ces conditions... Pour elles-mêmes et pour leurs enfants. Elles me font pitié. Personne ne leur parle plus de Dieu. Mais cela n'existera plus dans l'avenir. Alors il n'y aura plus ces séparations de créatures et de nations, car les âmes seront unies dans une seule Patrie : la mienne" dit Jésus jusqu'alors silencieux.       

"Mais alors elles seront mortes !..." s'écrie Jean.       

 "Non. Elles seront rassemblées en mon Nom. Plus de romains ou de libyens, de grecs ou d'habitants du Pont, d'ibères ou de gaulois, d'égyptiens ou d'hébreux, mais des âmes du Christ. Et malheur à ceux qui voudront séparer les âmes, toutes également aimées par Moi et pour lesquelles j'ai également souffert, selon leurs patries terrestres. Celui qui agira ainsi montrera qu'il n'a pas compris la Charité, qui est universelle."    

Les apôtres se rendent compte du reproche voilé, et ils baissent la tête en silence...

Le bruit du fer battu sur l'enclume s'est tu, et déjà les coups se ralentissent sur le dernier sabot d'âne. Jésus en profite pour élever la voix et se faire entendre de la foule. Il semble continuer le discours à ses apôtres. En réalité, il parle aux passants et peut-être aussi à ceux qui sont dans la maison, des femmes certainement, car il passe dans l'air tiède des appels de voix féminines.     

"Même si elle parait inexistante, il y a toujours une parenté entre les hommes. Celle de la provenance d'un Créateur Unique… Que si par la suite les enfants d'un Père Unique se sont séparés, cela n'a pas changé le lien d'origine, comme ne change pas le sang d’un enfant quand il repousse la maison paternelle. Dans les veines de Caïn il y eut toujours le sang d'Adam même après que son crime l'eut fait fuir à travers le vaste monde
[2]. Et dans les veines des enfants nés après la douleur d'Eve, pleurant sur le cadavre de son fils[3], c'était le même sang qui bouillait dans les veines de Caïn éloigné.    

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97> Il en est de même, et avec une raison plus pure. de l'égalité entre les enfants du Créateur. Perdus ? Oui. Exilés ? Oui. Apostats ? Oui. Coupables ? Oui Parlant des langues différentes et ayant des fois différentes que nous abhorrons ? Oui. Corrompus par l'union avec les païens ? Oui. Mais l'âme leur est venue d'Un seul, et elle l'est toujours, même déchirée, perdue, exilée, corrompue... Même si elle est objet de douleur pour le Dieu Père, c'est toujours une âme créée par Lui.            

Les bons fils d'un Père très bon doivent avoir de bons sentiments. Bons envers le Père, bons envers les frères, quoi qu'ils soient devenus, parce que fils du même Père. Bons avec le Père en cherchant à consoler sa douleur en Lui ramenant ses fils qui sont sa douleur, ou parce qu'ils sont pécheurs, ou parce qu'ils sont apostats, ou parce qu'ils sont païens. Bons envers eux car ils ont une âme venue du Père, renfermée dans un corps coupable, souillée, hébétée par une religion erronée, mais toujours une âme du Seigneur et qui est semblable à la nôtre.

Rappelez-vous, ô vous d'Israël, qu'il n'y a personne, fût-ce même l'idolâtre le plus éloigné de Dieu par sa religion idolâtrique, fût-ce le plus païen parmi les païens, ou le plus athée parmi les hommes, qui soit absolument dépourvu d'une trace de son origine. Rappelez-vous, ô vous qui vous êtes trompés en vous séparant de la religion authentique, en vous abaissant à des mélanges de sexes que notre religion condamne, que même s'il vous semble que tout ce qui était Israël soit mort en vous, étouffé par l'amour pour un homme de foi et de race différentes, que tout en vous n'est pas mort. Il y a une chose qui vit encore et c'est Israël. Et vous avez le devoir de souffler sur ce feu mourant, d'alimenter l'étincelle qui subsiste par la volonté de Dieu, pour la faire croître au-dessus de l'amour charnel. Celui-ci cesse avec la mort, mais votre âme ne finit pas avec la mort. Rappelez-vous-le. Et vous, vous, qui que vous soyez, qui voyez, et bien, des fois avez horreur, les mariages hybrides d'une fille d'Israël avec quelqu'un de foi et de race différentes, souvenez-vous que vous avez l'obligation, le devoir d'aider charitablement la sœur égarée pour qu'elle retrouve Les voies du Père.       

Voici la nouvelle Loi, sainte et agréable au Seigneur : que ceux qui suivent le Rédempteur rachètent partout où il y a à racheter, pour que Dieu se réjouisse des âmes revenues à la maison paternelle et pour que ne soit pas rendu stérile ou trop mesquin le sacrifice du Rédempteur.            

Pour faire fermenter une grande quantité de farine la maîtresse de maison prend un petit morceau de la pâte de la semaine précédente. Oh ! une petite quantité enlevée à la grande masse. Et elle la mélange à un tas de farine et tient le tout à l'abri des vents nuisibles, dans la tiédeur favorable de la maison.         

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98> Agissez ainsi, vous vrais partisans du Bien, et vous aussi, fils qui vous êtes éloignés du Père et de son Royaume. Vous, les premiers, donnez un peu de votre levain pour supplément aux seconds et pour les renforcer ; ils l'uniront à la molécule de justice qui subsiste en eux. Et les uns comme les autres, tenez à l'abri des forces hostiles du Mal, dans la tiédeur de la Charité – selon ce que vous êtes : ou maître de Vous, ou n'ayant en vous qu'un reste résistant même s'il est désormais languissant - le levain nouveau[4]. Resserrez les murs de la maison, de la religion commune autour de ce qui fermente dans le cœur d'un coreligionnaire égaré pour qu'il se sente encore aimé par Israël, encore fils de Sion et votre frère, pour que fermentent toutes les bonnes volontés et que vienne dans les âmes et pour les âmes, toutes, le Royaume des Cieux."        

"Mais qui est-ce ? Mais qui est-ce ?" se demandent les gens qui ne sentent plus la hâte de passer bien que le pont soit désencombré ou de continuer s'ils l'ont passé.  

"Un rabbi."   

"Un rabbi d'Israël."    

"Ici ? Aux confins de la Phénicie ? C'est la première fois que cela arrive."      

"Et pourtant, c'est ainsi. Aser m'a dit que c'est celui qu'on appelle le Saint."  

"Alors peut-être il se réfugie parmi nous parce que là-bas ils le persécutent."

"Ce sont de ces reptiles !"    

"C'est bien s'il vient chez nous ! Il fera des prodiges..."         

Pendant ce temps Jésus s'est éloigné en prenant un sentier dans les champs et il s'en va...

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[1] Antoine : leur âne, acheté à un grec (cf. chapitre 3, page 24).

[2] Genèse 4, 8 - Genèse 4, 16.

[3] Genèse 4, 25 - Genèse 5, 4.

[4] Cf. Matthieu 13, 33 et Luc 13, 20-21 : Le royaume des cieux est semblable au levain qu'une femme prit et mélangea dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que le tout eût fermenté.