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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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.5.323 - La visita ad Antigonio.

 3.322 - At Antigonea.

 4.323 - La visita a Antigonio.

 6.368 - Sie begeben sich nach Antigonea.



Une route romaine près d'Antioche de Syrie


Mercredi 20 décembre 28
(17 Tébeth 3789)
Antigonea.


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 Jean d’Endor découvre sa mission.

 Les talents de Sintica sont bienvenus.

 Le miracle ne conduit pas obligatoirement à Dieu.


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- Philippe vante la maison d'Antigonea .................... 64

- Jean d'Endor y répondra à des besoins urgents..... 64

- Pierre explique à l'intendant la situation .......................... 65

- Que fera Jean d'Endor pour la Pâque ? .......................... 66

- Comment s'effectuera le retour des apôtres ? ..... 67


- Pierre ne compte pas trop sur les miracles ................... 67

- Arrivée dans les jardins de Lazare ............................. 67

- Ptolmaï présente les deux envoyés .......................... 68

- Puis c'est la présentation de la grande famille ............... 69


- Et la visite des lieux ... 71

- Les exilés choisissent de rester là ........................... 71

 

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 5


Tome 5, chapitre 11.

323.
Ils vont à Antigonea.


 

Vision du mercredi 7 novembre 1945

64> "Mon fils Ptolmaï est venu pour le marché. Aujourd'hui, à sexte, il retourne à Antigonea. La journée est tiède. Voulez-vous y aller, comme vous désiriez ? leur demande le vieux Philippe en leur servant du lait fumant.         

"Nous allons nous y rendre sans faute. Quand as-tu dit ?"     

"À sexte. Vous pourrez revenir demain, si vous voulez, ou bien le soir d'avant le sabbat, si cela vous plaît. Alors tous les serviteurs hébreux, ou entrés dans la foi, viennent pour les offices du sabbat."  

"C'est ce que nous allons faire. Et il n'est pas dit que cet endroit ne soit pas choisi pour leur demeure."          

"Cela me fera toujours plaisir, même si je les perds. Car c'est un endroit salubre, et vous pourrez faire beaucoup de bien parmi les serviteurs qui, certains, sont encore ceux qu'a laissés le maître. Et certains sont ici grâce à la maîtresse bénie qui les a rachetés à des maîtres cruels. Aussi, ils ne sont pas tous israélites. Mais désormais ils ne sont pas non plus des païens. Je parle des femmes. Les hommes sont tous circoncis. N'ayez pas pour eux de dégoût... Mais ils sont encore très loin de la justice d'Israël. Les saints du Temple s'en scandaliseraient, eux qui sont parfaits..."           

"Hé ! oui ! Oui ! oui !... C'est bien ! Maintenant ils pourront progresser en aspirant la sagesse et la bonté des envoyés du Seigneur... Vous voyez combien vous avez à faire ?" dit
Pierre, en s'adressant aux deux.  

"Nous le ferons. Nous ne décevrons pas le Maître" promet
Sintica. Et elle sort pour préparer ce qu'elle croit opportun.    

Jean d'Endor demande à Philippe : "Crois-tu qu'à Antigonea je pourrais faire un peu de bien aussi aux autres en enseignant comme pédagogue ?"   

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65> "Très bien. Le vieux Plaute est mort depuis trois lunes et les enfants qui sont gentils n'ont pas d'école. Quant aux hébreux, il n'y a pas de maître, car tous les nôtres fuient ce lieu proche de Daphné. Il faut quelqu'un qui soit... qui soit... comme était Théophile... Sans raideur pour... pour..."          

"Oui, en somme sans pharisaïsme, tu veux dire" termine Pierre expéditif.      

 "Voilà... oui... Je ne veux pas critiquer... Mais je pense... Maudire ne sert à rien. Il vaudrait mieux aider... Comme faisait la maîtresse qui, par son sourire, amenait à la Loi plus et mieux qu'un rabbi."   

"C'est pour cela que le Maître m'a envoyé ici ! Je suis justement celui qui a ce qu'il faut... Oh ! je ferai sa volonté, jusqu'à mon dernier soupir. Maintenant, je crois, je crois vraiment que ma mission n'est pas autre chose qu'une mission de prédilection. Je vais le dire à Sintica. Vous verrez que nous resterons là... Je vais, je vais le lui dire" et il sort avec la vivacité qu'il avait autrefois.  

"Très-Haut Seigneur, je te remercie et te bénis ! Il souffrira encore, mais pas comme avant... Ah ! quel soulagement !" s'écrie Pierre. Et puis il sent le devoir d'expliquer un peu à Philippe, et comme il peut le faire, le pourquoi de sa joie : "Tu dois savoir que Jean a été pris comme point de mire par les... "durs" d'Israël. Tu les appelles les "durs"..."        

"Ah ! je comprends ! Persécuté politique comme... comme..." et il regarde le
Zélote.

"Oui, comme moi et davantage, pour autre chose encore. Car outre la différence de caste, lui les excite par son appartenance au Messie. Par conséquent, et que ce soit dit une fois pour toutes, ils sont confiés à ta fidélité, lui et elle... Tu comprends ?"          

"Je comprends et je saurai en tenir compte."

"Comment les appelleras-tu auprès des autres ?"      

 "Deux pédagogues recommandés par Lazare de Théophile, lui pour les garçons, elle pour les fillettes. Je vois qu'elle a des broderies et des métiers... Beaucoup de travaux féminins se font ici et sont vendus à Antioche par des étrangers. Mais ce sont des travaux grossiers et lourds. Hier je lui ai vu un travail qui m'a rappelé ma bonne maîtresse... Ils seront très recherchés..."      

"Et une fois de plus que le Seigneur soit loué" dit Pierre.      

"Oui. Cela diminue pour nous la douleur de notre prochain départ."   

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66> "Vous voulez déjà partir ?"         

"Nous le devons. La tempête nous a retardés. Aux premiers jours de Scebat
[1] nous devons être avec le Maître. Il nous attend déjà, car nous sommes en retard" explique
le Thaddée.

Ils se séparent pour aller chacun à ses affaires, Philippe où l'appelle une femme, les apôtres au soleil, sur la hauteur.       

"Nous pourrions partir le lendemain du sabbat. Qu'en dites-vous ? dit
Jacques d'Alphée.

"Pour moi !... Tu penses ! Tous les jours je me lève tourmenté par la pensée de la solitude de Jésus seul, sans vêtements, sans soins, et toutes les nuits je me couche avec ce tourment. Mais aujourd'hui, nous allons décider."      

"Dites un peu. Mais le Maître savait tout cela ? Je me demande depuis des jours comment il savait que nous aurions trouvé le crétois, comment il a prévu le travail de Jean et de Sintica, comment, comment... Beaucoup de choses, en somme" dit
André.  

"En réalité je crois que le crétois a des époques fixes de séjour à Séleucie. Peut-être Lazare l'a dit à Jésus et Lui en conséquence a décidé de partir sans attendre la Pâque..." explique le Zélote.    

"Oui ! C'est juste ! Et pour la Pâque, comment fera Jean ?" demande Jacques d'Alphée.

"Mais, comme tous les israélites..." dit
Matthieu.       

"Non, ce serait se jeter dans la gueule du loup."        

"Mais non ! Qui le pêcherait dans cette foule ?"        

"
L'Isc... Oh ! qu'ai-je dit ! N'y pensez pas ! C'est une plaisanterie de ma pensée..." Pierre est rouge, affligé d'avoir parlé.         

Jude d'Alphée lui met une main sur l'épaule, en souriant de son sourire sévère et dit : "Allons ! Nous pensons tous la même chose... Mais n'en parlons à personne et bénissons l'Éternel qui a détourné de cette pensée l’esprit de Jean."     

Tous absorbés gardent le silence. Mais pour eux, vrais israélites, c'est un problème de savoir comment le disciple pourra faire la Pâque à Jérusalem, lui qui est exilé... et ils se remettent à en parler.            

"Je crois que Jésus y pourvoira. Peut-être que Jean le sait. Il n’y a qu'à le lui demander" dit Mathieu.       

"Ne le faites pas. Ne mettez pas des désirs et des épines là où la paix commence tout juste à renaître" dit suppliant l'apôtre
Jean.   

"Oui. Il vaut mieux le demander au Maître lui-même" approuve Jacques d'Alphée.      

"Quand le verrons-nous ? Qu'en dites-vous ?" demande André.         

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67> "Oh ! si nous partons le lendemain du sabbat, pour la fin de la lune nous serons sûrement à Ptolémaïs..." dit
Jacques de Zébédée.    

"Si nous trouvons un navire..." observe Jude Thaddée. Et son frère ajoute : "Et s'il n'y a pas de tempête."      

"Quant au bateau, il y en a toujours en partance pour la Palestine et, en payant, nous lui ferons faire escale à Ptolémaïs, même si c'est un bateau pour Joppé. Tu as encore de l'argent, Simon ?" demande le Zélote à Pierre.          

"Oui, bien que ce voleur de crétois m'ait vraiment écorché, en dépit de ses protestations de gentillesse pour Lazare. Mais je dois payer pour la garde de la barque et celle d'Antoine
[2]... Et l'argent donné pour Jean et Sintica je n'y touche pas, il est sacré. Même s'il faut jeûner je le laisse intact."      

"Tu fais bien. Cet homme est très malade. Il croit pouvoir faire le pédagogue. Je crois qu'il sera seulement un infirme, très vite..." estime le Zélote.         

"Oui, je le pense moi aussi. Sintica, en plus de ses travaux, devra faire des onguents" approuve Jacques de Zébédée.       

"Mais cet onguent, hein ? Quelle merveille ! Sintica m'a dit qu'elle veut en refaire et s'en servir pour pouvoir pénétrer dans les familles d'ici" dit Jean.

"C'est une bonne idée ! Un malade que l'on guérit, c'est toujours un disciple que l'on gagne et, avec lui, les siens" proclame Mathieu.      

"Ah ! cela, non !" s'écrie Pierre.         

 "Comment ? Tu veux dire que le miracle n'attire pas au Seigneur ?" lui demande André et avec lui deux ou trois autres.            

"Oh ! mes petits ! Il me semble que vous tombez du ciel ! Mais vous ne voyez pas comment ils se comportent avec Jésus ? S'est-il converti Eli de Capharnaüm
[3] ? Et Doras[4] ? Et Osée de Corozaïn ? Et Melchias de Bethsaïda ? Et - excusez-moi, vous de Nazareth - et Nazareth entière pour les cinq, six, dix miracles jusqu'au dernier, celui de votre neveu ?" demande Pierre.        

Personne ne réplique, parce que c'est l'amère vérité.

"Nous n'avons pas encore trouvé le soldat romain. Jésus l'avait fait comprendre..." dit Jean après un moment.        

"Nous le dirons à ceux qui restent. Et même ce sera un but de plus dans leur vie" répond le Zélote.         

Philippe revient : "Mon fils est prêt. Il a eu vite fait. Il est avec sa mère qui prépare des cadeaux pour les petits-fils."            

"Elle est bonne, ta belle-fille, n'est-ce pas ?"

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68> "Très bonne. Elle m'a consolé de la perte de mon Joseph. Elle est comme une fille pour moi. Elle était servante d'Euchérie[5] qui l'avait formée. Venez vous restaurer avant de partir, les autres sont déjà en train de le faire."...       

Et, précédés par le char de Ptolmaï, petit-fils de Philippe, ils vont au trot vers Antigonea... Ils ont vite rejoint la petite ville. Ensevelie dans la fertilité de ses jardins, abritée des vents par les chaînes des monts qui l'entourent, suffisamment éloignés pour ne pas lui porter ombrage, mais assez proches pour la protéger et déverser sur elle les effluves de ses bois d'arbres résineux ou essentiels, toute ensoleillée, elle réjouit la vue et le cœur, rien qu'à la traverser.      

Les jardins de Lazare sont au sud de la ville et sont précédés par une avenue, maintenant dépouillée, le long de laquelle sont les maisons de ceux qui sont préposés aux jardins. Des maisonnettes basses mais bien tenues, sur les seuils desquelles se montrent des visages de jeunes enfants et de femmes qui regardent avec curiosité et saluent en souriant. La diversité des visages annonce des différences de races.           

Ptolmaï, dès qu'il a franchi le portail d'entrée de la propriété, fait en passant devant chaque maison un bruit de fouet spécial. Ce doit être un signal. Et les habitants de chaque maison, après avoir regardé, entrent dans leurs demeures, et en sortent ensuite en fermant les portes et suivent l'avenue derrière les deux chars qui marchent au pas et qui s'arrêtent ensuite au centre d'un carrefour de sentiers qui rayonnent en tous sens, comme les rayons d'une roue, à travers des champs innombrables séparés en plates-bandes, les unes dépouillées, les autres toujours vertes, garnies de lauriers, d'acacias ou de plantes du même genre, d'autres arbres dont les entailles laissent sortir un lait odoriférant et des résines. Il flotte dans l'air un mélange d'odeurs balsamiques, résineuses, aromatiques. Partout des ruches et des bassins d'irrigation où boivent des colombes toutes blanches. Dans certains endroits, une terre nue qui vient d'être piochée où grattent des poules blanches elles aussi, surveillées par des fillettes.      

Ptolmaï fait claquer son fouet plusieurs fois, jusqu'à ce que les sujets de ce petit royaume soient réunis autour des arrivants, et alors il commence son petit discours : "Voilà. Philippe, notre chef, et père de mon père, envoie et recommande ces saints d'Israël venus ici par la volonté de notre maître. Que Dieu soit toujours avec lui et avec sa maison.

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69>
Nous nous lamentions beaucoup parce qu'il nous manquait la voix des saints rabbins. Voilà que la bonté du Seigneur et de notre maître lointain, mais qui nous aime tant - Dieu lui rende le bien qu'il donne à ses serviteurs - nous procurent ce que notre cœur rêvait. En Israël s'est levé Celui qui était promis aux nations. On nous l'avait dit pendant les fêtes au Temple et dans la maison de Lazare. Mais maintenant est réellement venu pour nous le temps de la grâce parce que le Roi d'Israël a pensé à ses plus petits serviteurs et nous a envoyé ses ministres pour nous apporter ses paroles. Eux sont ses disciples et deux d'entre eux vont vivre parmi nous, ici ou à Antioche, afin de nous enseigner la Sagesse, pour nous enseigner la science du Ciel et celle. de la terre. Jean, pédagogue et disciple du Christ, enseignera à nos enfants l'une et l'autre sagesse. Sintica, disciple et maîtresse de couture, enseignera la science de l'amour de Dieu et l'art du travail féminin aux fillettes. Recevez-les comme des bénédictions du Ciel, et aimez-les comme les aiment Lazare de Théophile et Euchérie - gloire à leurs âmes et paix - et comme les aiment les filles de Théophile : Marthe et Marie, nos maîtresses bien-aimées et disciples de Jésus de Nazareth, le Rabbi d'Israël, le Promis, le Roi."  

Le petit peuple des hommes, aux courtes tuniques, aux mains terreuses qui portent des outils de jardinage, des femmes, des enfants de tous âges, écoute avec étonnement, puis chuchote, ensuite s'incline profondément.     

Ptolmaï commence les présentations : "Simon de Jonas, le chef des envoyés du Seigneur; Simon le cananéen, l'ami de notre maître, Jacques et Jude, frères du Seigneur, Jacques et Jean, André et Matthieu" et puis aux apôtres et aux disciples : "Anne, ma femme, de la tribu de Juda comme ma mère d'ailleurs, parce que nous sommes purs, venus avec Euchérie de Juda. Joseph, le garçon consacré au Seigneur, et Théochérie qui, dans son nom, a le souvenir des justes maîtres, fille sage et amie de Dieu, en véritable israélite; Nicolaï et Dosithée. Nicolaï est consacré au
naziréat, Dosithée, le troisième, (et un gros soupir accompagne la présentation) est déjà marié depuis plusieurs années à Hermione. Viens ici, femme..."  

S'avance une très jeune brunette, avec un bébé dans ses bras. "La voilà : c'est la fille d'un prosélyte et d'une grecque. Mon fils a fait sa connaissance à Alexandroscène de Phénicie quand il y fut pour le commerce et elle lui plu... et Lazare ne s'y opposa pas, mais au contraire, il dit : "Cela vaut mieux que la débauche". Et ce n'est pas un mal. Mais moi, je voulais un sang d'Israël..."    

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70> La pauvre Hermione baisse la tête comme une accusée. Dosithée frémit et souffre. Anne, mère et belle-mère, a un regard attristé... Jean, bien que le plus jeune de tous, sent la nécessité de relever les esprits humiliés, et il dit : "Dans le Royaume du Seigneur, il n'y a plus de grecs ou d'israélites, de romains ou de phéniciens, mais seulement des fils de Dieu. Quand par ceux qui sont venus ici, tu connaîtras la Parole de Dieu, elle élèvera ton cœur Vers de nouvel- les lumières et elle ne sera plus "l'étrangère" mais la disciple, comme toi et comme tous, de notre Seigneur Jésus."           

Hermione relève la tête humiliée et, reconnaissante, sourit à Jean. Sur le visage de Dosithée et d'Anne la même expression de reconnaissance.

Ptolmaï, austère, répond : "Et Dieu veuille qu’il en soit ainsi car, à part l'origine, je n'ai rien à reprocher à ma belle-fille. Celui qui est dans ses bras, c'est Alphée, le dernier-né, qui de son père à elle, prosélyte, a pris le nom. La petite aux yeux de ciel, sous ses boucles d'ébène, c'est Myrtica, du nom de la mère d'Hermione et celui-ci, l'aîné, c'est Lazare. suivant la volonté du maître, et l'autre, c'est Hermas."           

"Le cinquième doit s’appeler Ptolmaï et la sixième Anne, pour dire au Seigneur et au monde que ton cœur s'est ouvert à une nouvelle compréhension" dit encore Jean.    

Ptolmaï s'incline sans parler. Puis il reprend les présentations : "Ceux-ci sont deux frères d'Israël : Myriam et Sylvain de la tribu de Nephtali; Et ceux-ci sont Elbonide Danita
[6] et Siméon juif. Puis voilà les prosélytes, autrefois romains ou fils de romains, charité concrète d'Euchérie, arrachés par elle à la servitude et à la gentilité : Lucius, Marcel, Solon, fils d'Élatée."           

"Nom grec" observe Sintica.

"De Thessalonique. Esclave d'un serviteur de Rome" - et le mépris est manifeste, quand il dit : "serviteur de Rome" – "Euchérie le prit en même temps que son père mourant, dans une heure trouble, et si le père mourut païen, Solon est prosélyte
[7] ... Priscille, avance avec tes enfants..."          

Une femme de taille élevée et élancée, au visage aquilin, avance en poussant une fillette et un garçon, avec à ses jupes deux petites.    

"Voici la femme de Solon, autrefois affranchie d'une romaine morte maintenant, et Marius, Cornélie, Marie et Martille, jumelles. Priscille est experte en essences. Amiclea, viens avec tes enfants, elle est fille de prosélytes, et sont prosélytes ses deux fils Cassius et Théodore. Técla, ne te cache pas. C'est la femme de Marcel. Elle est affligée d'être stérile. Fille de prosélytes elle aussi. Ceux-ci sont les colons. Maintenant aux jardins. Venez."

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71> Il les conduit à travers le vaste domaine, suivi par les jardiniers qui expliquent les cultures et les travaux pendant que les fillettes reviennent à leurs poules qui ont profité de l'absence des gardiennes pour s'écarter ailleurs.       

Ptolmaï explique : "On les amène ici pour débarrasser la terre des chenilles avant les semailles annuelles."            

Jean d'Endor sourit aux poules qui caquettent et il dit : "Il me semble que ce sont les miennes d'autrefois..." et il se penche pour leur jeter des miettes de pain qu'il prend dans son sac jusqu'à ce qu'il soit entouré de poulettes et il rit, parce que l'une d'elles, effrontée, vient lui becqueter le pain dans la main.        

"Heureusement !" s'écrie Pierre en donnant un coup de coude à Mathieu pour lui montrer Jean qui joue avec les poulettes, et Sintica qui parle grec avec Solon et Hermione.   

Puis ils reviennent à la maison de Ptolmaï qui explique : "Voilà l'endroit. Mais si vous voulez enseigner ici, on pourra vous aménager une place. Vous restez ici ou bien..."

"Oui, Sintica ! Ici ! C'est plus beau ! Antioche m'accable à cause des souvenirs..." dit doucement Jean à sa compagne.     

"Mais oui ...Comme tu veux, pourvu que tu sois bien. Pour moi, tout m'est égal. Moi, je ne regarde plus en arrière … rien qu'en avant, en avant... Allons, Jean ! Ici, nous serons bien. Des enfants, des fleurs, des colombes et des poulettes pour nous pauvres créatures. Et pour notre âme la joie de servir le Seigneur; Qu'en dites-vous ?" demande-t-elle en s'adressant aux apôtres.      

"Nous pensons comme toi, femme."

"Alors, c'est entendu."          

"Très bien, nous partirons contents..."          

"Oh ! ne partez pas ! Je ne vous verrai plus ! Pourquoi sitôt ? Pourquoi? ..." Jean retombe dans son chagrin.

"Mais, nous ne partons pas maintenant ! Nous restons ici jusqu'à... jusqu'à ce que tu sois..." Pierre ne sait pas dire ce que sera Jean, et pour ne pas faire voir les larmes qui emplissent ses yeux, il embrasse Jean qui pleure, et il cherche à le consoler ainsi.    

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[1]  Début janvier 29.

[2] L'âne qu'ils ont acheté pour transporter les bagages.

[3] Il a eu son petit-fils Élisée guéri d’une morsure mortelle de serpent (Tome 3, chapitre 21 et 23).

[4] Il a eu ses terres maudites pour avoir trompé Jésus et avoir laissé mourir Jonas, l'un des bergers de la Nativité. (Tome 2, chapitre 76).

[5] Princesse juive, épouse de Théophile, gouverneur de Syrie. Elle a trois enfants : Lazare, Marthe et Marie.

[6] Maria Valtorta retranscrit ce qu'elle entend, mais Danita n'est pas un nom de famille, seulement le signe d'appartenance à la tribu de Dan, l'une des douze d'Israël.

[7] Prosélyte (guer) : nom donné aux convertis au Judaïsme. Plus tard, par extension de sens, on a désigné sous le terme prosélytisme, la recherche active de conversions.