"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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Lundi 7 juin 27
(16 Siwan 3787)
en direction d'
Hébron.



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 Les bergers de la Nativité.

 Le Gloria de Jésus.


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- On s'approche de trois bergers ........................................ 192

- Élie, depuis la nuit inoubliable ........................................ 194

- Jésus se fait reconnaître ........................................ 195

- L'histoire des autres bergers ........................................ 195

- Repas et fin de journée avec les trois bergers .......... 197

- La mission qui leur est confiée ........................................ 198

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 2


Tome 2, chapitre 39.

75.
Jésus et les bergers Élie, Lévi et Joseph.


Vision du jeudi 11 janvier 1945

192> Les collines se font beaucoup plus élevées et boisées que celles de Bethléem et s'élèvent toujours plus, formant une vraie chaîne de montagnes Jésus monte, en tête, scrutant en avant, autour, comme s'il cherchait quelque chose.         

194> Il ne parle pas. Il écoute plutôt les bruits des bois que les paroles des disciples, quelques mètres à l'écart en arrière de Lui et qui parlent, entre eux.   

Une sonnaille se fait entendre au loin, mais le vent apporte le son de la clochette. Jésus sourit. Il se retourne. "Je sens qu'il y a des troupeaux" dit-il.  

"Où, Maître ?"           

"Vers ce coteau, il me semble, mais le bois m'empêche de voir."      

Jean ne dit mot. Il quitte son habit - le manteau, tous le portent roulé en bandoulière, car ils ont chaud - et gardant sa petite tunique courte, il embrasse un tronc élevé et lisse, un frêne, dirait-on et il grimpe, il grimpe... jusqu'à ce qu'il voie. "Oui, Maître, beaucoup de troupeaux, et trois bergers là-bas, derrière ce bois touffu." Il descend et tous y vont, rassurés.  

"Et puis, sera-ce bien eux ?"

"Nous demanderons,
Simon, et si ce n'est pas eux, ils nous diront quelque chose. Ils se connaissent entre eux."        

Encore environ une centaine de mètres, puis voilà un grand pâturage vert, tout borné de gros arbres anciens. Des troupeaux nombreux se trouvent sur la pente du pré et broutent l'herbe abondante. Trois hommes les gardent. L'un est âgé, déjà tout blanc, les autres sont l'un vers la trentaine, l'autre vers la quarantaine environ
[1].       

"Attention, Maître, ce sont des pâtres..." conseille
Judas, en voyant que Jésus presse le pas.

Mais Jésus ne répond même pas. Il avance, grand, beau, le visage éclairé par le soleil couchant, dans son blanc vêtement. On dirait un ange, tant il est lumineux... "La paix soit avec vous amis" dit-il quand il est sur la limite du pré.           

Les trois se retournent, étonnés. Un silence, puis le
plus ancien demande : "Qui es-tu ?"

"Quelqu'un qui t'aime."         

"Tu serais le premier depuis de nombreuses années. D'où viens-tu ?"           

"De la Galilée."         

"De la Galilée ? Oh !" L'homme le regarde attentivement. Les autres aussi se sont approchés. "De la Galilée" répète le berger et il ajoute doucement, comme se parlant à lui-même : "Lui aussi
venait de Galilée... De quel endroit, Seigneur ?"    

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194> "De Nazareth."

"Oh ! dis-moi, alors. Y-est-il revenu un Bambin, avec une femme qui s'appelait
Marie et un homme nommé Joseph, un Bambin, beau encore plus que sa Mère ? On n'a jamais vu de fleur plus belle sur les collines de Juda. Un Petit, né à Bethléem de Juda, au temps de l'édit ? Un Bambin fugitif ensuite pour le bonheur du monde. Un Bambin, que je donnerais ma vie pour le savoir sûrement vivant et maintenant un homme ?"     

"Pourquoi dis-tu que ç'a été une grande chance pour le monde que sa fuite ?"          

"Parce que Lui, c'était le Sauveur, le Messie, et que
Hérode voulait sa mort. Je n'étais pas là quand Lui s'est enfui avec son père et sa Mère... Quand j'appris le massacre et je revins - car moi aussi, j'avais des enfants (il sanglote), Seigneur, et une femme... (il sanglote encore) et que je les vis massacrés (il sanglote), mais, je te jure, par le Dieu d'Abraham que pour Lui je tremblais plus que pour ma propre chair - quand j'appris qu'Il s'était enfui et pourtant, je ne pouvais m'informer et ne pus retrouver les miens égorgés... A coups de pierres, comme un lépreux, comme un impur; j'ai été pris pour un assassin... et j'ai dû m'enfuir dans les bois, vivre comme un loup... jusqu'à ce que je trouve un maître. Oh ! ce n'est plus Anne... Celui-ci est dur et cruel... Si une brebis se blesse, si le loup m'emporte un agneau, ou être bâtonné jusqu'au sang ou bien perdre mes petites économies, travailler dans les bois pour les autres, faire n'importe quoi, mais payer, toujours le triple de la valeur. Mais, n'importe. J'ai toujours dit au Très-Haut: "Fais- moi voir ton Messie, fais-moi savoir au moins qu'Il est vivant et tout le reste n'est rien". Seigneur, je t'ai dit comme j'ai été traité par les Bethléemites et comme je suis traité par le patron. J'aurais pu rendre le mal pour le mal, ou faire le mal en volant, pour ne pas souffrir de la part du maître. Mais je n'ai voulu que pardonner, souffrir, être honnête car les anges ont dit : "Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté"    

"C'est ainsi qu'ils dirent ?"    

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195> "Oui, Seigneur, crois-le Toi, Toi au moins qui es bon. Sais-tu, au moins, et le crois-tu que le Messie est né. Personne ne veut plus le croire, Mais les anges ne mentent pas... et nous, nous n'étions pas ivres, comme ils l'ont dit. Celui-ci, tu vois, n'était alors qu'un enfant, et il fut le premier à voir l'ange. Il ne buvait que du lait, lui. Est-ce que le lait peut enivrer ? Les anges ont dit : "Aujourd'hui dans la cité de David est né le Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Vous le reconnaîtrez à ceci : vous trouverez un Bébé couché dans une mangeoire, enveloppé de langes"     

"C'est exactement cela qu'ils ont dit ? N'avez-vous pas mal entendu ? Ne vous trompez-vous pas, depuis si longtemps ?"     

"Oh ! non, est-ce vrai,
Lévi ? Pour ne pas oublier - d'ailleurs nous ne l'aurions pas pu, car c'étaient des paroles du Ciel et qui s'étaient gravées en lettres de feu dans nos cœurs - tous les matins, tous les soirs, au lever du soleil, quand brille la première étoile, nous le disons comme une prière, pour en avoir bénédiction force et réconfort, avec son nom à Lui et le nom de la Mère."          

"Ah ! Vous disiez : "Christ" ?"           

"Non, Seigneur, nous disions : "Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, par Jésus, le Christ, qui est né de Marie dans une étable de Bethléem et qui enveloppé dans des langes, était dans une mangeoire. C'est Lui qui est le Sauveur du monde " 

"Mais, en somme, qui cherchez-vous ?"        

"Jésus, le Christ, fils de Marie, le Nazaréen, le Sauveur."       

"C'est Moi." Jésus s'illumine, à ces paroles, en se manifestant à ses fidèles et tenaces amis. Tenaces, fidèles, patients.       

"Toi ! ô Seigneur, Sauveur, notre Jésus !" Les trois sont à terre et baisent les pieds de Jésus, pleurant de joie.        

"Levez-vous. Debout,
Élie, et toi Lévi, et toi que je ne connais pas."

"
Joseph, fils de Joseph. "    

"Ceux-ci sont mes disciples : Jean, galiléen, Simon et Judas, juifs."

Les bergers ne sont plus prosternés par terre, mais encore à genoux. Penchés en arrière sur leurs talons, ils adorent le Sauveur avec un regard d'amour, des lèvres qui tremblent d'émotion, les visages pâles ou rouges de joie.        

Jésus s'assoit sur l'herbe. "Non, Seigneur sur l'herbe, non Toi; roi d'Israël, non."       

"Laissez, amis. Je suis pauvre, un menuisier seulement pour le monde. Riche seulement d'amour pour le monde, et de l'amour que les bons me donnent. Je suis venu pour rester avec vous, rompre avec vous le pain du soir, dormir sur le foin à côté de vous, recevoir votre réconfort..."     

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196> "Oh ! réconfort ! Nous sommes grossiers et persécutés."         

"Persécuté, moi aussi, mais vous me donnez ce que je cherche : l'amour, la fidélité, et l'espérance qui résiste après des années et donne sa fleur. Voyez ? Vous avez su attendre croyant sans hésitation que c'était Moi. Et Moi, je suis venu."           

"Oh ! oui, Tu es venu. Maintenant, même si je meurs, je, n'ai plus rien qui me peine en fait d'espoir et d'attente."           

"Non, Élie, tu vivras jusqu'après le triomphe du Christ. Toi qui as vu mon aube, tu dois voir ma splendeur. Et les autres ? Vous étiez douze : Élie, Lévi, Samuel, Jonas, Isaac, Tobie, Jonathas, Daniel, Siméon, Jean, Joseph, Benjamin. Ma Mère me disait toujours vos noms, les noms de mes premiers amis."       

"Oh !" Les bergers sont toujours plus remués.          

"Où sont les autres ?"           

"Le vieux
Samuel est mort, de vieillesse, depuis vingt ans. Joseph, tué en combattant, sur la porte de son enclos, en donnant le temps à son épouse, mère depuis quelques heures, de s'enfuir avec celui-ci que j'ai recueilli par amour pour mon ami, et pour ... et pour avoir encore des enfants autour de moi. J'ai pris aussi Lévi avec moi... Il était persécuté. Benjamin est berger sur le Liban, avec Daniel. Siméon, Jean et Tobie qui maintenant a pris le nom de Mathias, en souvenir de son père, tué lui aussi, sont disciples de Jean. Jonas est sur la plaine d'Esdrelon, au service d'un pharisien. Isaac a les reins malades, dans une misère absolue, et il est seul, à Jutta. Nous l’aidons comme nous pouvons... mais nous sommes tous battus et ce sont des gouttes d'eau dans un incendie. Jonathas est maintenant domestique chez un grand de la cour d'Hérode."

"Comment avez-vous pu, spécialement Jonathas, Jonas, Daniel et Benjamin, trouver ces emplois ?"    

"Je me souvenais de
Zacharie, ton parent... La Mère m'avait envoyé vers lui. Et quand nous nous trouvâmes aux prises avec la furie des Juifs, fugitifs et maudits, je les lui adressai. Il fut bon. Il nous protégea, nous nourrit, nous chercha des patrons, comme il put. J'avais déjà pris tout le troupeau d'Anne passé à l'Hérodien... et je suis resté avec lui... Devenu homme, le Baptiste a commencé à prêcher, Siméon, Jean et Tobie allèrent avec lui."

"Mais, maintenant, le Baptiste est prisonnier. "          

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197> "Oui. Et eux circulent aux environs de Machéronte, avec un petit troupeau. Il leur a été donné par un riche, disciple de Jean ton parent, pour écarter les soupçons."

"Je voudrais les voir tous."   

"Oui, Seigneur. Nous irons leur dire : "Venez, il est vivant. il se souvient de nous et nous aime"           

"Et il les veut au rang de ses amis."  

"Oui, Seigneur."        

"Mais, pour commencer, nous irons voir Isaac. Pour Samuel et Joseph, où sont-ils enterrés ?"    

"Samuel, à Hébron - Il resta au service de Zacharie. Joseph... n'a pas de tombeau, Seigneur. Il fut brûlé avec sa maison."          

"Pas dans les flammes des hommes cruels, mais dans les flammes du Seigneur, il sera bientôt dans la gloire. Je vous le dis; à toi, Joseph, fils de Joseph, je le dis. Viens, que je t'embrasse pour dire merci à ton père."         

"Et mes enfants ?"   

"Des anges, Élie, des anges qui rediront le "Gloria" quand le Sauveur sera couronné."

"Roi ?"         

"Non, Rédempteur. Oh ! cortège des justes et des saints ! d'abord, les phalanges, blanches et pourpres des petits martyrs ! Et, après que sera ouverte la porte des Limbes, voici que nous monterons ensemble au Royaume où l'on ne meurt plus. Et puis, vous verrez et retrouverez, pères, mères et fils, dans le Seigneur ! Ayez foi."           

"Oui, Seigneur. "       

"Appelez-moi : Maître. La nuit tombe. La première étoile se montre. Dis ta prière avant le repas."         

"Non, pas moi, Toi."

"Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, qui ont mérité de voir la Lumière et de la servir. Le Sauveur est parmi eux. Le Berger de race royale est au milieu de son troupeau. L'étoile du matin s'est levée. Réjouissez-vous, ô justes ! Réjouissez-vous dans le Seigneur, Lui qui a fait la voûte des cieux et y a semé les étoiles, Lui qui a fixé les limites des terres et de la mer, Lui qui a créé les vents et les pluies et réglé le cours des saisons pour donner pain et .vin à ses enfants, voici que maintenant il vous envoie une plus excellente nourriture : le Pain Vivant qui descend du Ciel, le Vin de la Vigne Éternelle. Venez, vous, prémices de mes adorateurs.  

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198>
Venez connaître le Père, en vérité; pour le suivre en sa sainteté et en avoir une récompense éternelle." Jésus a prié, debout, les bras ouverts, pendant que ses disciples et les bergers se tenaient à genoux.     

Ensuite on présente du pain et une jatte de lait frais tiré. Comme il y a trois écuelles, ou trois courges évidées, je ne sais, c'est d'abord Jésus, avec Simon et Judas qui mangent, puis Jean à qui Jésus passe son bol, en même temps que Lévi et Joseph, et en dernier Élie.

Les troupeaux ne broutent plus. Ils ont formé une grande bande, serrés les uns contre les autres, en attendant qu'on les conduise peut-être à leur enclos. Mais, je vois au contraire que les trois bergers les conduisent dans le bois, sous un hangar rustique de branchages, entouré de cordages. Ils se mettent à préparer un lit de foin pour Jésus et ses disciples. On allume des feux, peut-être à cause des bêtes sauvages.       

Judas et Jean s'étendent, et peu après s'endorment. Simon voudrait bien tenir compagnie à Jésus, mais peu après il s'endort lui aussi, assis sur le foin et le dos appuyé à un pieu.

Jésus reste éveillé avec les bergers. Et ils parlent : de Joseph, de Marie, de la fuite en Égypte, du retour ...Et puis après les informations affectueuses, voici des questions plus relevées : que faire pour servir Jésus ? Comment le pourront-ils, eux, grossiers bergers ?

Jésus les instruit et explique : "Maintenant je vais à travers la Judée. Vous serez toujours tenus informés par les disciples. Puis, je vous ferai venir. Rassemblez-vous, en attendant. Faites en sorte de vous informer mutuellement de ma présence en ce monde comme Maître et Sauveur. Faites-le savoir, comme vous pourrez. Je ne vous promets pas qu'on vous croira. J'ai essuyé dérision et poursuites. Vous aussi, vous les rencontrerez. Mais, comme-vous avez su être courageux et justes, dans cette attente, soyez-le plus encore, maintenant que vous êtes miens. Demain, nous irons à Jutta, puis à Hébron. Pouvez-vous venir ?"

"Oh ! oui ! Les routes sont à tout le monde, et les pâturages à Dieu. Seule Bethléem nous est interdite à cause de l'injuste haine. Les autres pays sont au courant... mais nous méprisent seulement en nous traitant "d'ivrognes" ; Aussi nous ne pourrons faire que peu de chose ici."           

"Je vous appellerai ailleurs. Je ne vous abandonnerai pas."  

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199> "Pendant toute la vie ?"            

"Pendant toute ma vie."        

"Non, c'est moi qui mourrai d'abord, Maître. Je suis âgé."

"Tu le crois, pas Moi. Un des premiers visages que je vis, ce fut le tien, Élie. Ce sera un des derniers. J'emporterai dans ma pupille ton visage bouleversé par la douleur de ma mort. mais après, c'est à toi de porter en ton cœur la radieuse vision d'un matin triomphal et c'est avec elle que tu attendras la mort... La mort : la rencontre éternelle avec Jésus que tu as adoré tout petit. Alors aussi, les anges chanteront le Gloria pour "l'homme de bonne volonté"       

Je ne vois plus rien. La douce vision se voile. C'est la fin.    

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[1] Ce sont les bergers de la Nativité, il y a trente ans. La plupart sont vivants. Les deux plus jeunes ont pris la succession de leurs pères assassinés par Hérode durant le massacre. Les douze bergers de la Nativité  forment le noyau des disciples, fidèles de la naissance à la mort de Jésus. L'un des plus jeunes est Mathias, le futur apôtre, l'autre Joseph le juste présenté, lui aussi, à la succession de Judas, après sa pendaison.