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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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        I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\italiano.gif 1.3 - Alla festa dei Tabernacoli. Gioacchino e Anna possedevano la Sapienza.     

        I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\English.gif 1.3 - Anne, Praying in the Temple, Has Her Wish Fulfilled.

 1.3 - En la fiesta de los Tabernáculos. Joaquín y Ana poseían la Sabiduría.

 1.3 - Das Gebet Annas im Tempel wird erhört.         

 Автоматический перевод Google.


Entre le 24 septembre et le 2 octobre de l'an -22 (15 à 22 Tisri)
Fête des Tabernacles
Jérusalem.



        Rencontre d'Anne et Joachim à la Porte Dorée, d'après Giotto

Rencontre d'Anne et Joachim à la Porte Dorée, d'après Giotto.


              Vers l'index des thématiques

        I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Le comportement d'un couple modèle. L'amour conjugal.


 

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 1

Ancienne édition : Tome 1, chapitre 3.
Nouvelle édition : Tome 1, chapitre3.

1.3.
À la fête des Tentes. Anne et Joachim possédaient la Sagesse.

Vision du mercredi 23 août 1944.

19>    ;: I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif 3.1- Avant de poursuivre, je fais une remarque.        

La maison ne m’a pas semblé être celle de Nazareth, que je connais bien. Du moins la pièce est-elle très différente. Le jardin potager, lui aussi, est plus vaste ; en outre, on voit des champs, pas beaucoup, mais tout de même il y en a. Plus tard, après le mariage de Marie, il n’y aura plus que le jardin, grand mais limité au potager; et je n’ai jamais vu la pièce que je viens de voir dans d’autres visions
[1]. Je ne sais si je dois penser que, pour quelque motif pécuniaire, les parents de Marie se sont séparés d’une partie de leurs biens, ou si Marie, une fois sortie du Temple, a pris une autre maison, qui lui aurait peut-être été donnée par Joseph. Je ne me rappelle pas si, dans les visions et les enseignements passés, j’ai eu l’indication certaine que la maison de Nazareth était aussi sa maison natale.  

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20> J’ai la tête très fatiguée. Et j’oublie aussitôt les paroles des dictées en particulier, bien que les commandements restent très nets à mon esprit et que la lumière demeure dans mon âme. Mais les détails s’effacent immédiatement. S’il me fallait une heure après répéter ce que j’ai entendu, je ne me rappellerais plus rien, mis à part une ou deux phrases principales.        

En revanche, les visions restent vivantes à mon esprit, parce que j’ai dû les observer moi-même. Les dictées, je les reçois. Mais les visions, c’est à moi de les percevoir. C’est pourquoi elles demeurent vivantes à mon esprit, qui a fait l’effort de les noter au fur et à mesure.          

J’espérais une dictée sur la vision d’hier. Mais rien.         

   ;: I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif 3.2- Je commence à voir et j’écris.    

Hors des murs de Jérusalem, une grande foule se trouve sur les collines et au milieu des oliviers
[2]. On dirait un immense marché. Mais il n’y a ni tables ni boutiques, ni cris de charlatans et de vendeurs, et pas davantage de jeux. Il y a quantité de tentes en laine rêche, certainement imperméables, étendues sur des pieux fixés au sol ; des feuillages attachées à ces pieux servent d’ornement et donnent de la fraîcheur. D’autres, au contraire, sont constituées de branchages fixés au sol et attachés de cette manière, formant ainsi de petites galeries vertes[3]. Sous chacune, des gens de tout âge et de toute condition discutent paisiblement, dans un recueillement troublé uniquement par quelque cri d’enfant.    

Le soir descend et déjà les lueurs de petites lampes à huile brillent ici et là sur cet étrange campement. Autour des lumières, des familles prennent leur repas, assises à même le sol ; les mères tiennent leurs plus petits enfants sur leur sein, et nombre d’entre eux, épuisés, s’endorment en ayant encore quelque morceau de pain entre leurs doigts roses ; leur tête tombe sur la poitrine de leur mère comme les poussins sous les ailes de la poule ; les mères terminent leur repas tant bien que mal avec leur seule main libre pendant que l’autre serre leur enfant sur leur cœur. En revanche, d’autres familles n’ont pas encore commencé à manger et discutent dans la semi-obscurité du crépuscule en attendant que le repas soit prêt. Des feux s’allument ici et là, autour desquels les femmes s’affairent. Une berceuse très lente, presque une complainte, berce un enfant qui tarde à s’endormir.

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21> Au-dessus, un beau ciel serein se teinte de plus en plus de bleu sombre jusqu’à paraître un immense voile de velours soyeux d’un noir azuré, sur lequel, tout doucement, des artificiers et des décorateurs invisibles fixent des joyaux lumineux, les uns isolés, les autres formant d’étranges lignes géométriques dont la première place revient à la Grande Ourse et à la Petite, avec leur forme de chariot dont le timon s’appuie au sol après que les bœufs ont été délivrés de leur joug[4]. L’étoile Polaire scintille de tous ses feux.    

Je comprends qu’on est en octobre
[5], parce qu’une grosse voix d’homme le dit :

«Un beau mois d’octobre, comme on en voit rarement !»          

   ;: I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif 3.3- Anne revient d’un feu avec des choses dans les mains, étendues sur un pain large et plat comme une de nos galettes et qui fait office de plateau. Alphée, agrippé à sa jupe, fait entendre sa petite voix. Joachim, qui se tient sur le seuil d’une petite cabane faite de feuillages, parle avec un homme d’une trentaine d’années, que, de loin, Alphée salue avec un cri aigu :

«Papa !
[6]» 

Voyant Anne s’approcher, Joachim se hâte d’allumer une lampe.         

Anne passe comme une reine au milieu des rangées de cabanes. Royale
[7], elle est pourtant humble. Elle ne se montre hautaine avec personne. Elle relève le marmot d’une pauvresse qui a fait une chute à ses pieds en trébuchant dans une course espiègle. Comme il a le visage tout barbouillé de terre et qu’il pleure, elle le nettoie, le console et le rend à sa mère qui accourt. Devant ses excuses, Anne dit :        

«Oh, ce n’est rien ! Je suis heureuse qu’il ne se soit pas fait mal. C’est un bel enfant. Quel âge a-t-il ?      

– Trois ans. C’est l’avant-dernier et d’ici peu j’en aurai un autre. J’ai six garçons. Maintenant, je voudrais une fille… Pour une maman, une fille compte beaucoup…        

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22> – Le Très-Haut t’a bien consolée ! »      

Anne soupire.      

«Oui, répond la femme. Je suis pauvre, mais les enfants font notre joie et les plus grands nous aident déjà au travail. Et toi, madame (tout montre qu’Anne est d’une condition plus élevée et la femme l’a bien remarqué), combien d’enfants as-tu ?        

– Aucun.   

– Aucun ? Celui-ci n’est pas le tien ? 

– Non, c’est celui d’une très brave voisine. Il fait ma consolation
[8]   

– Ils sont morts, ou bien…       

– Non, je n’en ai jamais eu.     

– Oh !»      

La femme la regarde avec pitié.          

Sur un soupir, Anne la salue et se rend à sa hutte.

«Je t’ai fait attendre, Joachim. Je me suis entretenue avec une pauvre femme, mère de six garçons, pense donc ! Et elle attend un autre enfant pour bientôt.»     

Joachim soupire.

Le père d’Alphée appelle son fils, mais ce dernier répond :          

«Je reste avec Anne pour l’aider.»     

Tous se mettent à rire.  

«Laisse-le, il ne nous dérange pas. Il n’est pas encore tenu à l’observance de la Loi
[9]. Ici ou là, ce n’est qu’un petit oiseau qui mange», dit Anne, qui s’assied avec l’enfant sur son sein.     

Elle lui donne de la galette et, me semble-t-il, du poisson grillé. Je vois qu’elle travaille avant de le lui donner, peut-être en enlève-t-elle les arêtes.        

Elle a d’abord servi son mari et mange en dernier.           

   ;: I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif 3.4- La nuit est toujours plus parsemée d’étoiles[10] et les lumières se font de plus en plus nombreuses sur le campement. Puis, insensiblement, beaucoup d’entre elles s’éteignent. Ce sont celles des personnes qui ont dîné en premier et qui commencent maintenant à dormir. Les rumeurs diminuent peu à peu. On n’entend plus de voix d’enfants. Seuls quelques bébés non sevrés font entendre leur voix de petit agneau qui cherche le lait de sa maman. Le souffle de la nuit passe sur les choses et les personnes, endormant peines et souvenirs, espoirs et rancœurs. Mais il se peut que ces deux derniers, bien qu’atténués, survivent au contraire dans le sommeil, dans les rêves.     

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23> Anne le dit à son mari, tout en berçant Alphée qui s’endort dans ses bras :         

«Cette nuit, j’ai rêvé que je viendrai l’an prochain à la Cité sainte pour deux fêtes au lieu d’une seule. Et l’une sera l’offrande au Temple de mon enfant… Oh, Joachim !  

– Espère, espère, Anne ! Tu n’as rien appris d’autre ? Le Seigneur n’at-il rien murmuré à ton cœur ?     

– Rien. Un songe seulement…

– Demain sera le dernier jour de supplication
[11]. Nous avons déjà fait toutes les offrandes, mais nous les renouvellerons encore demain, solennellement. Nous vaincrons Dieu par la fidélité de notre amour. Je pense toujours qu’il t’arrivera la même chose qu’à Anne d’Elqana[12].  

– Dieu le veuille… et que je puisse bientôt entendre une voix me dire : “ Va en paix. Le Dieu d’Israël t’a accordé la grâce que tu lui demandais !
[13]»        

– Si cette grâce t’est donnée, ton enfant te le dira lui-même en se retournant pour la première fois dans ton sein ; ce sera la voix de l’innocence, donc la voix de Dieu.»

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Maintenant le camp tout entier se tait dans l’obscurité. Anne ramène Alphée à la hutte voisine et le dépose sur la couche de foin auprès de ses frères[14], qui dorment déjà. Elle se couche ensuite au côté de Joachim et à son tour leur lampe s’éteint : c’était l’une des dernières étoiles de la terre. Il ne reste plus que les étoiles du firmament pour veiller sur les dormeurs.

Suite du chapitre >>

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Fiche mise à jour le 15/12/2017.

 



[1] En aout 1944, Maria Valtorta a déjà eu d'autres visions de la maison de Nazareth, d'où son étonnement, qui peut être retenu comme indice d'authenticité de cette vision. On apprend au chapitre 19, page 82 que la maison natale a été en partie détruite pour le passage d'une voie romaine, et que les champs ont été vendus à Alphée de Sara

[2] Le "Champ des galiléens" sur le mont des Oliviers. C'est là où se regroupent les galiléens pour les fêtes (voir le Tome 4, chapitre 143 /vo 279.1)

[3] Lors de la fête de Soukkot, appelée également fête des Tentes ou fête des Tabernacles, chaque famille construit une cabane (ou sukkha) faite de quatre sortes de branches liées entre elles. Leur nom évoque les huttes sous lesquelles on campait pendant la récolte

[4] Bel indice d'authenticité : cette position de la Grande Ourse est caractéristique des soirées d'octobre et de novembre. À toute autre époque de l'année, cette position serait incompatible avec un début de soirée

[5] Octobre : La fête des tentes (Soukkot) est célébrée au début de l'automne du du 15 au 21 Tichri (du 24/9 au 2/10 en l'an -22). «Parfois, écrit Maria Valtorta sur une copie dactylographiée, les noms sont exprimés en italien pour que le lecteur comprenne mieux.»           
Notre mois d’octobre est à cheval sur les mois hébreux de Tisri (ou Etanim) et de Marchesvan (ou Bul). Le calendrier juif se basait en effet sur l’année lunaire, qui commence au printemps (comme on le voit en 68.4), et le nôtre sur l’année solaire, si bien que les correspondances sont approximatives.        
Voici le nom des mois :   
1. Nisan ou Abib comme en 413.6 (mars-avril) ;          
2. Ziv ou Iyyar comme en 461.7 (avril/mai) ;   
3. Sivân (mai-juin) ;         
4. Tammuz comme en 442.3 et 461.16 (juin-juillet) ;
5. Ab ou Av (juillet-août) ;           
6. Elul (août-septembre) ;          
7. Tishri ou Tisri ou Etanim (septembre-octobre) ;     
8. Marchesvân ou Bul (octobre-novembre), nom qui n’est jamais cité dans l’œuvre : celle-ci semble plutôt lui donner le nom d’Etanim, en le distinguant de Tishri ;
9. Kisleu ou Casleu (novembre-décembre) ;    
10. Tébèt (décembre-janvier) ;   
11. Shebat (janvier-février) ;       
12. Adar (février-mars). C’est la nouvelle lune, appelée néoménie, qui marquait le début du mois. Pour faire coïncider au mieux le cycle lunaire et le cycle solaire, on redoublait parfois le mois d’Adar, pour obtenir une année de treize mois, dite embolismique (114.8).

[6] L'époux de Sara de Nazareth - sœur de Marie de Cléophas - est présent pour la fête. Il est donc né vers -52

[7] Elle est de la lignée d'Aaron, frère aîné de Moïse

[8] Adulte, le petit Alphée de Sara sera effectivement le voisin de la Vierge Marie à Nazareth. Voir par exemple le chapitre 19, page 81  ou au Tome 2, chapitre 65. Au Tome 2, chapitre 74, page 409, c'est à lui que Marie confie les clefs de sa maison lorsqu'elle part en voyage

[9] Cf. Lévitique 23,36 ; Nombres 29,35. La fin de la fête était jour de repos. Le huitième jour, (Shemini Atséreth) est la fête de la joie de la Torah (Sim'Hath Torah). C'est un jour de repos. On récite ce jour-là la prière de la pluie. Cette fête clôt la série des trois fêtes de pèlerinage

[10] Ce soir-là, les logiciels d'astronomie (RedShift5) montrent que la lune n'apparaît qu'après minuit dans le ciel. Maria Valtorta évoque le ciel étoilé, mais ne mentionne pas, à juste titre, la présence de la lune. Ce qu'elle n'oublie pas de faire à la moindre occasion

[11] Le septième jour de Souccot (le 21 Tichri) s’appelle "Hochaana Rabba". C’est le jour où le jugement divin entamé à "Roch Hachana" est finalement tranché. Il est donc marqué par des prières de supplications particulières dans lesquelles on implore Dieu de nous juger favorablement (Exode 23,16 ; 34,22 ; Lévitique 23,34-43 ; Nombres 29,12-34 ; Deutéronome 16,13-16 ; 30,10-13)

[12] 1 Samuel 1,1-20

[13] 1 Samuel 1,17 – Cette référence à Anne d'Elqana est reprise au Tome 1, chapitre 5, page 25

[14] Le petit Alphée a donc des frères