L'œuvre de Maria Valtorta
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Catéchèse du 7 juin 1943.


Vigilance de l’âme pour conserver la grâce.

Le refus de la grâce.

Considérations sur le but des souffrances.








RETOURS AUX FICHES.  

 Aide.      

 Amour.

 Croix, crucifier.

 Damnés, damnation.

 Grâce.

 Lucifer.

 Maria Valtorta.

 Mort.

 Pardon.

 Péché originel.

 Spiritualité, esprit.

 Vengeance.

 Vice, corruption.

52> Tout d’abord, je veux vous remercier ici d’avoir charitablement pensé de m’apporter la copie de la supplication et d’avoir eu la bonté d’accepter mon feuillet avec tant de bienveillance [1].  

53> Mais ce n’est pas “ma” supplication. De moi, il n’y a que le travail d’écriture. L’idée n’est pas de moi. Je ne suis pas assez sublime pour savoir tirer de mon cœur des pensées de pardon si surhumaines.         

 Je vous ai dit hier que, pendant que je les écrivais, et je sentais qu’elles étaient justes, je devais faire un véritable effort moral pour les accepter. Comme vous aurez remarqué en lisant mes notes sur ma vie, je ne possède absolument pas le caractère de Job. En tant que Maria Valtorta, je suis très humaine, avec tout ce que cette humanité comporte de susceptibilité, d’orgueil, de passions, etc. et, pour faire vivre la Maria de la Croix, je dois me réduire moi-même en cendres à chaque instant pour pouvoir ensuite en renaître, tel un phénix mystique, sous une nouvelle forme certainement plus agréable à Dieu.     

Quand la “voix” me dit
[2] : “Tu n’es rien; par toi-même, tu ne serais jamais capable de réussir quoi que ce soit”, j’en suis tout à fait persuadée. Je ne me fais pas d’illusions sur ma chair méprisable et sur ma nature spirituelle embryonnaire. Je sais que la première est folle comme un poulain au printemps, et l’autre est tellement embryonnaire qu’elle n’est qu’une faible esquisse. Par conséquent, j’encourage ma faiblesse et je freine ma matière avec la croix du Christ. Seulement agrippée au Christ crucifié puis-je tenir mon âme droite, et seulement en clouant ma chair avec des clous mortificateurs bien rivés puis-je la garder là, subjuguée, impuissante à commettre ses folies.    

Ne disons donc pas “ma supplication”. Elle est d’un Autre. Je ne dois pas m’approprier ce qui n’est pas à moi. Je m’en enorgueillirais, me mentant à moi-même, au monde et à Dieu. Si ces paroles ont servi — et elles ne peuvent pas ne pas avoir servi parce qu’elles venaient d’une zone de lumière, et quelle lumière ! — rendons-en grâce à Dieu et c’est tout.       

 Il y a deux choses qui me font davantage ouvrir les yeux et les oreilles pour épier le moindre mouvement de l’Ennemi des âmes, lequel rampe, s’insinue et siffle son chant séducteur si subtilement pour nous hypnotiser et nous avoir à sa merci. En premier lieu, les tendances de la chair, si opiniâtre malgré tous les cilices; ensuite, les montées de l’orgueil qui tente sans cesse de gonfler... Je sens instinctivement que les unes et les autres meurent trois jours après nous et que seule la bonté de Dieu et une grande, très grande volonté de notre part, une volonté infatigable, prompte, vigilante, peuvent les rendre inoffensives et les stériliser pour contrer chaque nouvelle vague de germes corrupteurs.      

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54> Et je sens également que si je me laissais enserrer par les anneaux des sens ou de l’orgueil, le présent état de grâce cesserait d’un coup, avant, bien avant ce que veut mon Jésus qui ne cesse de me tenir dans ses bras et de me murmurer des paroles de vie. 

Vous pensez bien que je ne voudrais pas perdre cette béatitude par ma faute ! C’est elle qui m’empêche de sentir la morsure des vicissitudes humaines qui me frappent et la double morsure des souvenirs qui m’assaillent. Tout coule sur moi, tout se jette sur moi comme eau, flot, lame, mais aussi longtemps que dure ma présente béatitude, je suis comme un bloc de cristal sur lequel tout glisse sans laisser de trace, sans pouvoir pénétrer.        

 Le moment viendra où Jésus se taira et me laissera aller. Patience ! Et alors ? Vais-je m’en plaindre ? Non. Certes, j’en souffrirai mais j’accepterai la nouvelle épreuve, en continuant de l’aimer même s’il me laisse seule. S’il le fait, il doit bien savoir pourquoi. Et j’aurai alors sûrement plus de mérite à l’aimer que j’en ai maintenant.       

Qu’y a-t-il d’extraordinaire à l’aimer maintenant qu’il m’aime si sensiblement ? À moins d’avoir le cœur de Judas, celui qui se sent aimé aime. Mais le plus haut amour est celui qui sait continuer d’aimer même s’il croit ne plus être aimé. Quand on agit ainsi avec les humains, on n’en tire jamais profit, ou bien rarement. Mais avec le bon Dieu, on peut être sûr qu’une période encore plus intense d’amour s'ensuivra, parce que Dieu nous récompense toujours après nous avoir éprouvés, si nous avons su rester fidèles. 


 Jésus dit :         

“Je continue à te parler de la
grâce[3], laquelle donne la vie de l’esprit. 

Lorsque Dieu créa le premier homme, il lui insuffla, en plus de la vie de la matière, jusque-là inanimée, la vie de l’esprit. Autrement il n'aurait pu dire qu’il vous avait créés à son image et à sa ressemblance.  

Aucun d’entre vous ne peut imaginer la perfection de cette première créature. Seulement nous, pouvons voir, dans l’éternel présent qu’est notre éternité, la perfection de l’œuvre royale de notre intelligence créatrice. Si Adam avait su rester roi tel que nous l’avions fait, avec pouvoir sur toute chose et dépendant de Dieu seul, d’une dépendance de fils bien-aimé, sa semence aurait été une semence de perfection perpétuelle. Mais un vaincu veillait pour tirer sa vengeance.          

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55> Maria, toi qui dis que de ton cœur ne pourraient sortir spontanément des pensées de pardon parce que ta nature humaine t’inspire un esprit de vengeance et que tu sais pardonner uniquement par égard pour moi, as-tu déjà pensé que ce fut cet esprit de vengeance qui vous a ruinés, vous enfants d’Adam, et qui m’a envoyé, moi, Fils de Dieu, sur la croix ?       

Lucifer - le plus beau parmi les êtres que j’ai créés - au fond du gouffre où il était tombé, laid pour l’éternité à la suite de sa révolte blasphématoire contre son Créateur, était assoiffé de vengeance. Au premier péché d’orgueil, il joignit ainsi une interminable série de crimes, se vengeant pendant les siècles des siècles. Et son premier acte de vengeance eut pour objet mes créatures Adam et Ève. Sa dent empoisonnée mit le signe de sa bestialité dans la perfection de ma création, lui communiquant son propre appétit de luxure, de vengeance, d’orgueil. Et depuis, votre esprit lutte en vous contre le venin de l’infernale morsure.         

Il arrive très rarement que l’esprit l’emporte sur la chair et le sang, et qu’il donne un nouveau saint à la Terre et au Ciel. Quelquefois, l’esprit vit péniblement, avec des périodes de léthargie pendant lesquelles c’est comme s’il était mort; vous vivez et agissez alors comme des êtres privés de lumière, de ma Lumière. D’autres fois l’esprit est littéralement tué par la créature qui déchoit volontairement de son trône de fille de Dieu et devient pire qu’une brute. Elle devient démon, fille de démon.

 En vérité, je te dis que plus des deux tiers de la race humaine appartiennent à cette catégorie qui vit sous le signe de la Bête. Pour elle, je suis mort en vain.          

La loi de ceux qui portent le signe de la Bête est en opposition à ma Loi. Dans l’une domine la chair qui engendre les œuvres de la chair. Dans l’autre domine l’esprit qui engendre les œuvres de l’esprit. Là où l’esprit domine est le règne de Dieu; là où domine la chair est le règne de Satan.    

L’infinie miséricorde qui anime la Triade a donné à votre esprit tous les secours nécessaires pour dominer.
Elle a donné le sacrement qui enlève le signe de la Bête dans votre chair de fils d’Adam et qui y imprime mon signe. Elle a donné ma parole de Vie, elle m’a donné, moi, Maître et Rédempteur, elle a donné mon sang dans l’Eucharistie et sur la croix, elle a donné le Paraclet, Esprit de vérité.         

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56>  Celui qui sait demeurer dans l’Esprit engendre les œuvres de l’esprit. Des créatures possédées par l’Esprit jaillissent charité, douceur pureté, savoir et toute bonne œuvre unie à une grande humilité. Des autres sortent, comme des vipères sifflantes, vices, fraudes, crimes et luxures, car leur cœur est un nid de serpents infernaux.       

Mais où sont ceux et celles qui savent tendre à la vie de l’esprit et se rendre dignes d’accueillir en eux l’infusion vitale du Consolateur, lequel vient avec tous ses dons, mais souhaite pour trône un esprit qui le désire, prêt à le recevoir ? Non, le monde n’en veut pas de cet Esprit qui rend justes et bons. Le monde veut le pouvoir à n’importe quel prix, la richesse à n’importe quel prix, la satisfaction des sens à n’importe quel prix, toutes les joies terrestres à n’importe quel prix; il rejette l’Esprit Saint,
blasphème contre lui et conteste sa vérité, se pare d’habits prophétiques en disant des paroles qui ne sortent pas du sein de la Très Sainte Trinité mais de l’antre de satan. 

Et cela n’est pas et ne sera pas pardonné. Jamais. Et que ce ne soit pas pardonné vous pouvez le voir. Dieu se retire dans le haut des Cieux parce que les humains repoussent son amour et vivent pour et dans la chair. Voilà les causes de votre ruine et de notre silence. Les tentacules de Satan sortent des profondeurs; sur Terre, les humains se proclament dieux et blasphèment contre le vrai Dieu; là-haut, le Ciel se ferme. Et c’est encore dommage parce qu’en se refermant, il retient les foudres que vous méritez.         

Une nouvelle Pentecôte trouverait les cœurs plus durs et plus souillés qu’une pierre embourbée dans un étang de boue. Restez donc dans la boue que vous avez voulue, en attendant qu’un commandement, contre lequel il n’y a pas de révolte, vous en tire pour vous juger et séparer les enfants de l’esprit de ceux de la chair.       

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57>  Et maintenant, Jésus, tiens-toi tranquille et laisse-moi parler. Tu as dit tant de choses aujourd’hui que je n’arrive pas à les transcrire toutes[4]. Et aux premières heures, j’étais si fatiguée et si souffrante que j’avais du mal à suivre ta douce voix. Après, ç’a été mieux, mais maintenant la douleur me reprend. C’est une heure de Gethsémani.    

Pour qui est-ce que je souffre ?
Quelle est l’âme qui a besoin de cette agonie pour guérir, pour espérer, pour revenir à toi ? Je ne le saurai jamais ici-bas, mais je suis convaincue qu’elle existe et que je dois boire cette coupe amère à des fins d’expiation. Je le fais volontiers même si mes larmes sillonnent mes joues. Mais laisse-moi pleurer sur ton cœur, car s’il est doux d’aimer sur lui, il est doux d’y souffrir.

Toutes les tristesses viennent par vagues. Tu les connais sans que j’aie à les énumérer, et tu sais aussi bien que moi ce qui se cache derrière cet écran noir qui veut m’envelopper. Je ferme les yeux pour ne pas le voir. Je fais comme les enfants qui ont peur dans l’obscurité. Et ce soir je suis vraiment comme une pauvre petite fille seule dans un lieu sans lumière. Chaque coin est un nid d’ombres qui assument des formes terrifiantes. Si je ferme bien les yeux après t’avoir regardé fixement comme on regarde le soleil, il ne reste que ton image sur le fond de ma rétine; si je me serre très fort contre toi, je ne sens plus la solitude autour de moi dont peuvent surgir tant de dangers. Je sens tes bras qui m’entourent et même si je pleure, je n’ai plus peur.     

 Prends mes pleurs ce soir. Je n’ai que ça à te donner en cette nuit de peine. Je ne te dis même pas : “Enlève-moi cette peine”; je te dis seulement : “Que ta volonté soit faite, mais aide-moi, Jésus”.

Oui, aide-moi, mon bon Maître. Ne me laisse pas tomber. Toute la douleur que tu voudras, Seigneur, mais toujours près de toi. Je sais, je crois que c’est pour un bien que je souffre ce tourment moral; je sais, j’espère qu’il n’est pas sans quelque utilité; je sais que si je souffre paisiblement, sur ton cœur, la paix restera en moi et la hargne du démon ne pourra la troubler. Je te dis donc : me voici, par amour pour toi, prête à faire ta volonté...    

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58> Pas plus tard que ce matin, je disais que ma présente béatitude m’empêchait de sentir la morsure des vicissitudes humaines. Au contraire, ce soir j’ai senti l’âcre nécessité de l’heure. Et j’en ai souffert beaucoup. Si j’avais souffert seule, ma souffrance aurait été spasmodique. Mais sachant bien qu’aucun être humain ne pouvait me consoler, je me suis adressée à toi avec foi. Tu les veux, ces actes de foi aimante, compensation de tous les manques d’amour qui te nient. Et tu récompenses aussitôt l’âme généreuse en lui donnant le réconfort.    

Maintenant j’ai appris, et je viens tout de suite me réfugier en toi; je ne me contente pas de te prier, je pousse mon audace plus loin et je me jette dans tes bras. Tu es mon Dieu, mais tu es aussi mon Frère et Epoux, et je peux donc, en plus de te prier, t’étreindre pour ne pas me sentir si seule face à un avenir triste pour tous, mais plein d’inconnues encore plus pénibles pour moi.



Tiens-moi ainsi pendant tout ce mois si triste, tiens-moi ainsi jusqu'à la mort. Même si tu ne me parles pas, il me suffit que tu me laisses rester ainsi sur ton cœur. Souviens-toi, Seigneur, de ton agonie, et pour ta toute petite hostie, sois l’Ange qui console...         

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Fiche mise à jour le
15/03/2018.

 



[1] Elle s’adresse au père Migliorini; il s’agit de la supplication du 5 juin (Supplication à Notre-Dame des Douleurs).

[2] Dans la dictée du 28 mai.

[3] Suite de la dictée du 6 juin.

[4] Cette assertion, et d’autres semblables que nous rencontrerons, semble contredire ce qui a été maintes fois affirmé, à savoir, que Maria Valtorta écrivait directement dans les cahiers, d’un seul jet, sans se relire ou corriger.
Marta Diciotti, que nous avons interpellée à ce sujet, a précisé que Maria reçut une première série de cahiers du père Migliorini pour y écrire les mémoires de sa vie. Une fois l’Autobiographie terminée, Maria voulait remettre, avec les sept cahiers remplis, ceux qu’elle n’avait pas utilisés; mais le père voulut les lui laisser. Peu de temps après, Maria commençait à noter les dictées sur ces cahiers vierges, et le père Migliorini dut bientôt lui en fournir d’autres, qu’elle utilisait en écrivant parfois même sur les gardes et auxquels elle ajoutait même des feuillets. Comme elle devait garder le lit, elle écrivait en tenant sur les genoux un écritoire que l’auteur avait elle-même soigneusement doublé d’étoffe dont elle avait aussi fait une poche intérieure où elle rangeait son cahier pendant les pauses.         
Marta Diciotti, ainsi que d’autres témoins, ne se souvient pas si Maria Valtorta écrivait aussi au hasard des circonstances pour ensuite recopier les notes sur son cahier (voir par exemple le
21 juin). Mais elle suppose que Maria ait pu à l’occasion procéder ainsi, peut-être au début, ayant pu être surprise par la “voix” qui lui ordonnait d’écrire, ou ne prévoyant pas l’immensité de sa mission d’écrivain.           
Ajoutons que parfois on a l’impression que l’auteur utilise le terme “copier” en voulant dire “écrire après avoir écouté”, presque comme si elle se souvenait d’une dictée déjà reçue (voir par exemple l’annotation qui accompagne la date du
8 juin, le début de la dictée du il juin et le 15 juin). D’intéressantes explications sur la façon dont elle reçoit les dictées sont fournies par Maria Valtorta elle-même dans les textes du 3 et du 4 novembre.