"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 8.545 - Il servo di Betania riferisce a Gesù il messaggio di Marta.

 5.543 - The Servant of Bethany Informs Jesus of Martha's Message.

 Concordance avec l'Évangile : Jean 11,4


Jeudi 24 janvier 30 (1 Adar)
Village de Salomon


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 Ce n'est pas une maladie mortelle

 Rome conquise, c'est le monde qui est conquis


- Le serviteur Jonas tombe sur Pierre 32

- Qui l'accueille chaleureusement 32

- Le fait parler de Béthanie et l'amène à Jésus 33

- Ce n'est pas une maladie mortelle 34

- Pierre reconduit le serviteur 35

- Jésus rassure Pierre 36

- Lui demande le secret 37

- Pierre ira à Rome 37

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 8

 

8.5
L'annonce à Jésus


32> La nuit commence déjà à tomber. Le serviteur, remontant les bosquets du fleuve, éperonne son cheval qui fume de sueur pour lui faire franchir la dénivellation qui existe en ce point entre le fleuve et le chemin du village. Les flancs de la pauvre bête palpitent à cause de la course rapide et longue. La sueur moire sa robe noire, et l'écume du mors éclabousse son poitrail de taches blanches. Il halète en cambrant son cou et en secouant sa tête.

Le voilà sur le sentier. Il a vite fait de rejoindre la maison. Le serviteur saute à terre, attache le cheval à la haie, et appelle.

De derrière la maison se présente la tête de Pierre et, de sa voix un peu rauque, il demande : "Qui appelle ? Le Maître est fatigué. Cela fait des heures qu'il n'est pas tranquille. Il fait presque nuit. Revenez demain."

"Je ne veux rien du Maître, moi. Je suis en bonne santé et je n'ai qu'un mot à dire."

Pierre s'avance en disant : "Et de la part de qui, si on peut le demander ? Si je ne puis reconnaître à coup sur, je ne fais passer personne, et surtout quelqu'un qui pue Jérusalem comme toi." Il s'est avancé lentement, rendu plus soupçonneux par la beauté du cheval maure richement harnaché, que par l'homme. Mais quand ils sont en face l'un de l'autre, il fait un geste étonné; "Toi ? Mais n'es-tu pas un serviteur de Lazare, toi ?"

Le serviteur ne sait que dire. Sa maîtresse lui a dit de ne parler qu'à Jésus, mais l'apôtre semble bien décidé à ne pas le faire passer. Le nom de Lazare, il le sait, est puissant auprès des apôtres. Il se décide à dire : "Oui, je suis Jonas, serviteur de Lazare. Je dois parler au Maître."

"Lazare est-il mal ? Est-ce lui qui t'envoie ?"

"Il est mal, oui. Mais ne me fais pas perdre de temps. Je dois retourner au plus tôt." Et pour décider Pierre, il dit : "Il y a eu les synhédristes à Béthanie..."

"Les synhédristes !!! Passe ! Passe !" et il ouvre le portail en disant : "Détache le cheval. Nous allons lui donner à boire et de l'herbe, si tu veux."

"J'ai de l'avoine, mais un peu d'herbe ne lui fera pas de mal. De l'eau après; tout de suite, cela lui ferait du mal."

33> Ils entrent dans la pièce où se trouvent les couchettes et attachent la bête dans un coin pour la garder à l'abri de l'air; le serviteur la couvre avec la couverture qui était attachée à la selle, lui donne de l'avoine et de l'herbe que Pierre a prise je ne sais où. Puis ils reviennent dehors et Pierre conduit le serviteur dans la cuisine et lui donne une tasse de lait chaud qu'il prend dans un petit chaudron qui est près du feu allumé, au lieu de l'eau que le serviteur avait demandée. Pendant que le serviteur boit et se réchauffe auprès du feu, Pierre, qui s'abstient héroïquement de poser des questions, dit : "Le lait vaut mieux que l'eau que tu voulais. Et puisque nous en avons ! Tu as tout fait en une étape ?"

"En une étape et je ferai ainsi au retour."

"Tu vas être fatigué. Et le cheval va tenir le coup ?"

"Je l'espère. Et puis, au retour, je ne galoperai pas comme à l'aller."

"Mais il va faire nuit bientôt. La lune commence déjà à se lever... Comment vas-tu faire au fleuve ?"

"J'espère y arriver avant qu'elle se couche, autrement je resterai dans le bois jusqu'à l'aube. Mais j'arriverai avant."

"Et après ? La route est longue du fleuve à Béthanie, et la lune se couche de bonne heure. Elle est à ses premiers jours."

"J'ai une bonne lanterne, je l'allumerai et j'irai doucement. Si doucement que j'aille, je m'approcherai toujours de la maison."

"Veux-tu du pain et du fromage ? Nous en avons et aussi du poisson. C'est moi qui l'ai péché. Parce qu'aujourd'hui je suis resté ici avec Thomas. Mais maintenant Thomas est allé prendre du pain chez une femme qui nous rend service."

"Non, ne te prive de rien. J'ai mangé en route, mais j'avais soif et besoin aussi de quelque chose de chaud. Maintenant, je suis bien. Mais veux-tu aller voir le Maître ? Est-il ici ?"

"Oui, oui. S'il n'y avait pas été, je te l'aurais dit tout de suite. Il est à côté qui se repose, car il vient tant de gens ici... J'ai même peur que la chose fasse du bruit et vienne à alarmer les pharisiens. Prends encore un peu de lait. D'ailleurs tu devras laisser manger le cheval... et le faire reposer. Ses flancs battaient comme une voile mal tendue..."

"Non. Le lait, vous en avez besoin. Vous êtes si nombreux."

"Oui, mais sauf Jésus qui parle tant qu'il en a la poitrine fatiguée, et les plus âgés, nous qui sommes robustes, nous mangeons des choses qui font travailler les dents. Prends. C'est celui des brebis laissées par le vieillard. Quand nous sommes ici, la femme nous l'apporte, mais si nous en voulons davantage, tous nous en donnent. Ils nous aiment bien ici et ils nous aident. Et... dis-moi un peu : ils étaient si nombreux les synhédristes ?"

34> "Oh ! presque tous et d'autres avec eux : sadducéens, scribes, pharisiens, juifs de grande fortune, et aussi quelques hérodiens..."

"Et qu'étaient-ils venus faire ces gens à Béthanie ? Est-ce que Joseph et Nicodème y étaient ?"

"Non. Ils étaient venus les jours d'avant, et Manaën aussi était venu. Ceux-ci n'étaient pas de ceux qui aiment le Seigneur."

"Eh ! je le crois ! Il y en a tellement peu au Sanhédrin qui l'aiment ! Mais que voulaient-ils exactement ?"

"Saluer Lazare, ont-ils dit en entrant..."

"Hum ! Quel amour étrange ! Ils l'ont toujours écarté pour tant de raisons !... Bien !... Croyons-le aussi... Ils y sont restés longtemps ?"

"Assez. Et ils sont partis fâchés. Moi je ne sers pas à la maison et donc je ne servais pas aux tables, mais ceux qui étaient à l'intérieur pour servir disent qu'ils ont parlé avec les maîtresses et qu'ils ont voulu voir Lazare. C'est Elchias qui est allé voir Lazare et..."

"La bonne peau !..." murmure Pierre entre ses dents.

"Qu'as-tu dit ?"

"Rien, rien ! Continue. Et il a parlé avec Lazare ?"

"Je crois. Il y est allé avec Marie. Mais ensuite, je ne sais pourquoi... Marie s'est agitée et les serviteurs, prêts à accourir des pièces voisines, disent qu'elle les a chassés comme des chiens..."

"Vive elle ! Ce qu'il faut ! Et elles t'ont envoyé le dire ?"

"Ne me fais pas perdre plus de temps, Simon de Jonas."

"Tu as raison, viens."

Il le conduit à une porte, il frappe. Il dit : "Maître, il y a un serviteur de Lazare. Il veut te parler."

"Entre" dit Jésus.

Pierre ouvre la porte, fait entrer le serviteur, ferme et se retire, méritoirement, près du feu pour mortifier sa curiosité.

Jésus est assis sur le bord de sa couchette dans la petite pièce où il y a à peine de la place pour la couchette et la personne qui l'habite. Ce devait être auparavant un abri pour les vivres car il y a encore des crochets aux murs et des planches sur des chevilles. Jésus regarde en souriant le serviteur qui s'est agenouillé, et il le salue : "La paix soit avec toi." Puis il ajoute : "Quelles nouvelles m'apportes-tu ? Lève-toi et parle."

"Mes maîtresses m'envoient te dire d'y aller tout de suite, car Lazare est très malade et le médecin dit qu'il va mourir. Marthe et Marie t'en supplient et elles m'ont envoyé te dire : "Viens, car Toi seul peux le guérir."

35>  "Dis-leur de rester tranquilles, ce n'est pas une maladie mortelle, mais c'est la gloire de Dieu pour que sa puissance soit glorifiée en son Fils."

"Mais il est très grave, Maître ! Sa chair est gangrenée, et il ne se nourrit plus. J'ai éreinté le cheval pour arriver plus tôt..."

"Peu importe. C'est comme je dis."

"Mais viendras-tu ?"

"Je viendrai. Dis-leur que je viendrai et qu'elles aient foi. Qu'elles aient foi. Une foi absolue. Tu as compris ? Va. Paix à toi et à celles qui t'envoient. Je te répète : "Qu'elles aient foi absolue. Va."

Le serviteur salue et se retire. Pierre court à sa rencontre : "Tu as eu vite fait de le dire. Je pensais à un long discours..." Il le regarde, le regarde... Le désir de savoir transsude par tous les pores de son visage, mais il se retient...

"Je pars. Veux-tu me donner de l'eau pour le cheval ? Après, je partirai."

"Viens. De l'eau !... Nous avons tout un fleuve pour t'en donner, en plus du puits pour nous" et Pierre, muni d'une lampe, le précède et donne l'eau demandée.

Ils font boire le cheval. Le serviteur soulève la couverture, examine les fers, la sous-ventrière, les rênes, les étriers. Il explique : "Il a tant couru ! Mais tout est en bon état. Adieu, Simon Pierre, et prie pour nous."

Il conduit le cheval dehors, il sort sur la route en le tenant par la bride, met un pied dans l'étrier, va monter en selle. Pierre le retient en lui mettant une main sur le bras et en disant : "La seule chose que je veux savoir : y a-t-il danger pour Lui à rester ici ? Ont-ils fait cette menace ? Voulaient-ils savoir des deux sœurs où nous étions ? Dis-le, au nom de Dieu !"

"Non, Simon, non. On n'en a pas parlé. C'est pour Lazare qu'ils sont venus... Entre nous on soupçonne que c'était pour voir si le Maître était là et si Lazare était lépreux, car Marthe criait très fort qu'il n'est pas lépreux et elle pleurait... Adieu, Simon, paix à toi."

"Et à toi et à tes maîtresses. Que Dieu t'accompagne dans ton retour à la maison..." Il le regarde partir... disparaître bientôt au bout de la rue, car le serviteur préfère prendre la grande route éclairée par la lumière de la lune plutôt que le sentier obscur du bois le long du fleuve. Il reste pensif, puis il ferme la grille et revient à la maison.

36> Il va trouver Jésus qui est toujours assis sur sa couchette, les mains appuyées sur le bord et pensif. Mais il se secoue en sentant près de Lui Pierre qui le regarde comme pour l'interroger. Il sourit.

"Tu souris, Maître ?"

"Je te souris, Simon de Jonas. Assieds-toi près de Moi. Les autres sont-ils revenus ?"

"Non, pas même Thomas. Il aura trouvé à parler."

"C'est bien."

"Bien qu'il parle ? Bien que les autres tardent ? Lui ne parle que trop. Lui est toujours gai ! Et les autres ? Je suis toujours inquiet tant qu'ils ne sont pas de retour. J'ai toujours peur, moi."

"Et de quoi, mon Simon ? Il n'arrive rien de mal pour le moment, crois-le. Mets-toi en paix et imite Thomas qui est toujours gai. Toi, au contraire, tu es très triste depuis quelque temps."

"Je défie quiconque t'aime de ne pas l'être ! Je suis vieux désormais, et je réfléchis plus que les jeunes. Car eux aussi t'aiment, mais ils sont jeunes et réfléchissent moins... Mais s'il te plaît que je sois plus gai, je le serai, je m'efforcerai de l'être. Mais pour pouvoir l'être, donne-moi au moins une raison de l'être. Dis-moi la vérité, mon Seigneur, Je te le demande à genoux (et il glisse en fait à genoux). Que t'a dit le serviteur de Lazare ? Qu'ils te cherchent ? Qu'ils veulent te nuire ? Que..."

Jésus met sa main sur la tête de Pierre : "Mais non, Simon ! Rien de cela. Il est venu me dire que l'état de Lazare s'est beaucoup aggravé, et on n'a parlé que de Lazare."

"Vraiment, vraiment ?"

"Vraiment, Simon. Et j'ai répondu qu'elles aient foi."

"Mais à Béthanie y sont allés ceux du Sanhédrin, tu le sais ?"

"Chose naturelle ! La maison de Lazare est une grande maison, et nos usages comportent que l'on donne ces honneurs à un homme puissant qui meurt. Ne t'agite pas, Simon."

"Mais tu crois vraiment qu'ils n'ont pas profité de cette excuse pour..."

"Pour voir si j'étais là. Eh bien, ils ne m'ont pas trouvé. Allons, ne t'effraie pas ainsi, comme si déjà ils m'avaient pris. Reviens ici, pauvre Simon, qui ne veut absolument pas se persuader que rien ne peut m'arriver de mal jusqu'au moment décrété par Dieu, et que alors... rien ne pourra me défendre du Mal..."

Pierre s'accroche à son cou et Lui ferme la bouche en y posant un baiser et en disant : "Tais-toi ! Tais-toi ! Ne me dis pas ces choses ! Je ne veux pas les entendre !"

37> Jésus réussit à se dégager assez pour pouvoir parler et il murmure : "Tu ne veux pas les entendre et c'est une erreur ! Mais je t'excuse... Écoute, Simon, Puisque tu étais seul ici, toi et Moi seuls nous devons savoir ce qui est arrivé. Tu m'as compris ?"

"Oui, Maître, je ne parlerai avec aucun des compagnons."

"Que de sacrifices, n'est-ce pas, Simon ?"

"Sacrifices ? Lesquels ? Ici on est bien. Nous avons le nécessaire."

"Sacrifices de ne pas questionner, de ne pas parler, de supporter Judas... d'être loin de ton lac... Mais Dieu te donnera une compensation pour tout."

"Oh ! si c'est de cela que tu veux parler !... Au lieu du lac, j'ai le fleuve et... je m'en contente. Pour Judas... j'ai Toi qui es une large compensation... Et pour les autres choses !... Bagatelles ! Et elles me servent à devenir moins rustre et plus semblable à Toi. Comme je suis heureux d'être ici avec Toi ! Dans tes bras ! Le palais de César ne me paraîtrait pas plus beau que cette maison, si je pouvais rester toujours ainsi, dans tes bras."

"Qu'en sais-tu du palais de César ? L'as-tu vu peut-être ?"

"Non, et je ne le verrai jamais. Mais je n'y tiens pas. Pourtant j'imagine qu'il est grand, beau, rempli de belles choses... et d'ordures, comme Rome toute entière, j'imagine. Je n'y resterais pas même si on me couvrait d'or !"

"Où ? Au palais de César, ou à Rome ?"

"Aux deux endroits. Anathème !"

 "Mais c'est justement parce qu'ils sont tels qu'il faut les évangéliser."

"Et que veux-tu faire à Rome ?! Ce n'est qu'un lupanar ! Rien à faire, là-bas, à moins que tu y viennes, Toi. Alors !..."

"J'y irai. Rome est la capitale du monde. Rome une fois conquise, c'est le monde qui est conquis."

"Nous allons à Rome ? Tu te proclames roi, là-bas ! Miséricorde et puissance de Dieu ! Cela c'est un miracle !"

Pierre s'est levé et il reste les bras tendus devant Jésus qui sourit et lui répond : "J'y irai dans la personne de mes apôtres. Vous me la conquerrez et je serai avec vous. Mais à côté il y a quelqu'un. Allons, Pierre."