"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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  7.486 - Al Tempio per la festa dei Tabernacoli. Discorso sulla natura del Regno.

  4.484 -  At the Temple: “The Kingdom of God Dœs Not Come with Pomp”.

 Concordance avec l'Évangile : Jean 7,14-24


Dimanche 16 septembre 29 (19 Tisri)
Jérusalem, au Temple



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 L'orgueil est la luxure de l'intelligence

 La luxure c'est le désordre

 Le Royaume de Dieu ne vient pas avec apparat

 En vérité, en vérité je vous dis que cette doctrine n'est pas la mienne

 Pourquoi cherchez-vous à me tuer ?

 Le retour du Christ à la fin des temps

 Le Fils de l'homme goûtera toute l'amertume des péchés passés, présents et futurs


- Présence de Jésus et peur dans les deux camps 165

- Les deux rabbis : Gamaliel et Jésus 166

- Les signes de la venue du Royaume 166

- Des interruptions haineuses 167

- Un pharisien se porte à la défense de Jésus 167

- Quoi d'impossible à Dieu ? 168

- Les luxures de toutes sortes 168

- Le Royaume de Dieu est en vous 169

- D'où vient ta doctrine ? 169

- Discours 1 (Ma doctrine vient de Dieu) 170

- Discours 2 (Les dix commandements aussi) 171

- Discours 3 (Vous n'avez pas l'esprit de la Loi) 171

- Jésus annonce aux siens sa passion 172

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 7

 

7.181.
Jésus au Temple pour les Tabernacles. "Le Royaume de Dieu ne vient pas avec apparat"


165> Jésus entre dans le Temple. Il est avec ses apôtres et de très nombreux disciples que je connais au moins de vue et, en arrière de tous, mais déjà unis au groupe, comme s'ils voulaient montrer qu'ils veulent être considérés comme des disciples du Maître, des visages nouveaux, tous inconnus, sauf ce finaud de grec venu d'Antioche [1]. Il parle avec les autres, peut-être des gentils comme lui, et pendant que Jésus et les siens avancent pour pénétrer dans la Cour des Israélites, lui, et ceux qui parlent avec lui, s'arrêtent dans la Cour des Païens.

Naturellement l'entrée de Jésus dans le Temple bondé ne passe pas inaperçue. Un nouveau murmure s'élève comme d'un essaim qu'on a dérangé, et couvre les voix des docteurs qui donnent leurs leçons sous le Portique des Païens. Les leçons du reste se suspendent comme par enchantement, et les élèves des scribes courent dans tous les sens pour porter la nouvelle de l'arrivée de Jésus, de sorte que quand il entre dans la seconde enceinte où se trouve l'Atrium des Israélites, déjà plusieurs pharisiens, scribes et prêtres sont groupés pour l'observer. Mais ils ne Lui disent rien, tant qu'il prie et ne s'approchent même pas de Lui. Ils se contentent de le surveiller...

Jésus revient au Portique des Païens, et eux le suivent. Et la suite des malintentionnés augmente comme celle des curieux et des bien-intentionnés. Et des murmures à mi-voix courent parmi les gens. De temps à autre, une remarque à haute voix : "Vous voyez s'il est venu ? Lui est un juste : il ne pouvait manquer à la fête." Ou bien: "Qu'est-il venu faire ? Dévoyer encore plus le peuple?" Ou encore : "Êtes-vous contents maintenant ? Vous voyez à présent où il est ? Vous l'avez tant demandé !"

Voix isolées et tout de suite éteintes, étouffées dans la gorge par les regards significatifs des disciples ou des partisans qui menacent, par leur amour même, les ennemis haineux. Voix ironiques, venimeuses qui jettent une giclée de venin et se calment par peur de la foule. Puis c'est le silence de la foule, après une manifestation significative en faveur du Maître, car elle a peur des représailles des puissants. Le règne de la peur réciproque...

166> Le seul qui n'a pas peur, c'est Jésus. Il marche lentement, avec majesté vers le lieu où il veut aller, un peu absorbé, et pourtant prêt à sortir de son absorption pour caresser un enfant qu'une mère Lui présente, ou pour sourire à un vieillard qui le salue en le bénissant.

Dans le Portique des Païens se trouve Gamaliel, debout au milieu d'un groupe d'élèves. Les bras croisés, dans son splendide vêtement d'une blancheur éclatante et très ample, qui semble encore plus blanc en se détachant sur l'épais tapis rouge foncé étendu sur le sol à l'endroit où se trouve Gamaliel, il semble penser, la tête un peu inclinée, et ne pas s'intéresser à ce qui se passe. Parmi ses disciples, au contraire, c'est l'agitation que provoque la plus grande curiosité. Un élève, petit de taille, va jusqu'à monter sur un haut tabouret pour mieux voir.

Cependant, quand Jésus se trouve à la hauteur de Gamaliel, le rabbi lève le visage et ses yeux profonds sous son front de penseur se fixent un instant sur le visage paisible de Jésus. Un regard scrutateur, tourmentant et tourmenté. Jésus le sent et se retourne. Il le regarde. Deux éclairs : des yeux très noirs et des yeux de saphir s'entrecroisent. Celui de Jésus, ouvert, doux, qui se laisse scruter; celui de Gamaliel impénétrable, qui essaie de connaître et de déchirer le mystère de la vérité — car, pour lui, ce Rabbi galiléen est un mystère — mais pharisaïquement jaloux de sa pensée, de. sorte qu'il se ferme à toute recherche qui ne soit pas de Dieu. Un instant. Puis Jésus avance, et le rabbi Gamaliel baisse de nouveau la tête, sourd à toute question franche, anxieuse, de certains de ceux qui l'entourent, ou sournoise et haineuse des autres : "C'est Lui, maître ? Qu'en dis-tu ?", "Bien ! Quel est ton jugement ? Qui est-il ?"

Jésus va à la place qu'il a choisie. Oh ! Il n'y a pas de tapis sous ses pieds ! Il n'est même pas sous le portique. Il est simplement adossé à une colonne, debout sur la marche la plus haute, au fond du portique. La place la plus mesquine. Tout autour, les apôtres, les disciples, des partisans, des curieux. Plus loin, des pharisiens, des scribes, des prêtres, des rabbis. Gamaliel ne quitte pas la place où il est.

Jésus se met à prêcher pour la centième fois la venue du Royaume de Dieu et la préparation de ce Royaume. Et je pourrais dire qu'il répète avec plus de puissance les mêmes idées exposées, presque à la même place, vingt ans auparavant. Il parle de la prophétie de Daniel, [2] du Précurseur prédit par les prophètes, il rappelle l'étoile des Mages, le massacre des Innocents. 167> Et, après ces préambules destinés à montrer les signes de la venue du Christ sur la Terre, il cite, pour confirmer sa venue, les signes actuels qui accompagnent le Christ enseignant, comme avant les autres accompagnaient la venue du Christ incarné, c'est-à-dire il rappelle la contradiction qui l'accompagne, la mort du Précurseur, et les miracles qui se produisent continuellement, confirmant que Dieu est avec son Christ. Il n'attaque jamais ses adversaires, il semble ne pas même les voir. Il parle pour confirmer dans la foi ceux qui le suivent, pour éclairer sur la vérité ceux qui sont dans la nuit, sans qu'il y ait de leur faute...

Une voix désagréable part de l'extrémité de la foule : "Comment Dieu peut-Il être dans tes miracles s'ils arrivent un jour défendu ? Pas plus tard qu'hier [3], tu as guéri un lépreux sur la route de Bethphagé."

Jésus regarde l'interrupteur et ne répond pas. Il continue de parler de la libération de la puissance qui opprime les hommes, et de l'instauration du Royaume du Christ, éternel, invincible, glorieux, parfait.

"Et pour quand ceci ? demande en ricanant un scribe. Et il ajoute : Nous le savons que tu veux te faire roi, mais un roi comme Toi serait la ruine d'Israël. Où sont tes pouvoirs de roi ? Où sont tes troupes, tous tes trésors, tes alliances ? Tu es fou !" Et beaucoup de ses pareils secouent la tête avec un rire méprisant.

Un pharisien dit : "N'agissez pas ainsi. De cette façon, nous ne saurons pas ce qu'il entend par royaume, quelles lois aura ce royaume, comment il se présentera. Et quoi ? Est-ce que par hasard l'ancien royaume d'Israël fut tout d'un coup parfait comme au temps de David et de Salomon ? Ne vous rappelez-vous pas combien d'incertitudes et de périodes obscures avant la splendeur royale du roi parfait ? Pour avoir le premier roi, il fallut d'abord former l'homme de Dieu qui devait l'oindre, et par conséquent enlever la stérilité à Anne d'Elcana [4] et lui inspirer d'offrir le fruit de son sein. Méditez le cantique d'Anne. C'est une instruction pour notre dureté et notre aveuglement : "Personne n'est saint comme le Seigneur... Ne multipliez pas par vantardise les paroles orgueilleuses... C'est le Seigneur qui fait mourir et vivre... Il relève le pauvre... Il donne l'assurance aux pas de ses saints, et les impies se tairont car ce n'est pas par sa force que l'homme est fort, mais par celle qui lui vient de Dieu" [5]. Oh ! rappelez-vous ! "Le Seigneur jugera les confins de la Terre et Il donnera l'empire à son roi et il exaltera la puissance de son Christ" [6]. Le Christ des prophéties ne devait-il pas peut-être venir de David ? 168> Et alors toutes les préparations, à partir de la naissance de Samuel, ne sont-elles pas des préparations au règne du Christ ? Toi, Maître, ne descends-tu pas peut-être de David, étant né à Bethléem?" demande-t-il enfin, directement à Jésus.

"Tu l'as dit" répond brièvement Jésus.

"Oh ! Alors satisfais nos intelligences. Tu vois que le silence n'est pas une bonne chose, puisqu'il fomente les nuées du doute dans les cœurs."

"Non pas du doute, de l'orgueil. Ce qui est plus grave encore."

"Comment ? Douter de Toi est moins grave que d'être orgueilleux ?"

 "Oui. Car l'orgueil est la luxure de l'intelligence et c'est le péché le plus grand, car c'est le péché même de Lucifer. Dieu pardonne tant de choses et sa Lumière resplendit avec amour pour éclairer les ignorances et dissiper les doutes. Mais lI ne pardonne pas à l'orgueil qui se moque de Lui, en se disant plus grand que Lui."

"Qui le dit, parmi nous, que Dieu est plus petit que nous ? Nous ne blasphémons pas..." crient plusieurs.

"Vous ne le dites pas avec vos lèvres, mais vous l'affirmez par vos actes. Vous prétendez dire à Dieu : "Il n'est pas possible que le Christ soit un galiléen, un homme du peuple. Il n'est pas possible que ce soit lui". Qu'est-ce qui est impossible à Dieu ?" La voix de Jésus est un tonnerre. Si d'abord son aspect était plutôt humble quand il était appuyé comme un mendiant à sa colonne, maintenant il se redresse, s'écarte du pilastre, lève majestueusement sa tête sur le cou, et il darde ses yeux qui brillent sur la foule. Il est encore sur la marche, mais c'est comme s'il était en haut d'un trône, tant est royale son attitude.

Les gens reculent comme effrayés, et personne ne répond à la dernière question.

Puis un rabbi, petit, ridé, à l'aspect maussade comme l'est certainement son âme, demande, en faisant précéder la question d'un rire faux et éraillé : "La luxure s'accomplit quand on est à deux. L'intelligence, avec qui l'accomplit-elle ? Elle n'est pas corporelle. Comment alors peut-elle pécher par luxure ? À quoi, si elle est incorporelle, s'unit-elle pour pécher ?" et il rit en traînant ses mots et son rire.

"À qui ? À Satan. L'intelligence de l'orgueilleux commet la fornication avec Satan contre Dieu et contre l'amour,"

"Et Lucifer, avec qui l'a-t-il faite pour devenir Satan, si Satan n'existait pas encore ?"

169>  "Il l'a faite avec lui-même, avec sa propre pensée intelligente et désordonnée. Qu'est-ce que la luxure, ô scribe ?"

"Mais... je te l'ai dit ! Et qui ne sait pas ce qu'est la luxure ? Nous l'avons tous expérimentée..."

"Tu n'es pas un rabbi sage, puisque tu ne connais pas la nature véritable de ce péché universel, triple fruit du Mal. Comme le Père, le Fils et l'Esprit Saint sont la triple forme de l'Amour. La luxure c'est le désordre, ô scribe. Un désordre guidé par une intelligence libre et consciente, qui sait que son désir est mauvais, mais veut le satisfaire quand même. La luxure est désordre et violence contre les lois naturelles, contre la justice et l'amour envers Dieu, envers nous-mêmes, envers nos frères. Toute luxure. Celle de la chair comme celle qui vise les richesses et la puissance de la Terre, comme celle de ceux qui voudraient empêcher le Christ d'accomplir sa mission parce qu'ils intriguent avec leur ambition démesurée qui tremble que je la frappe."

Un grand murmure parcourt la foule. Gamaliel, resté seul sur son tapis, relève la tête et jette un regard aigu sur Jésus.

"Mais quand donc viendra le Règne de Dieu ? Tu n'as pas répondu..." le pharisien de tout à l'heure revient à la charge.

"Quand le Christ sera sur le trône qu'Israël Lui prépare, plus haut que tout trône, plus haut que ce Temple lui-même."

"Mais où est-on en train de le préparer, s'il n'y a aucun apparat ? Peut-il jamais être vrai que Rome laisse Israël se relever ? Les aigles sont-elles donc devenues aveugles pour ne pas voir ce qui se prépare ?"

 "Le Royaume de Dieu ne vient pas avec apparat. Seul l'œil de Dieu le voit se former, car l'œil de Dieu lit l'intérieur des hommes. Aussi, n'allez pas chercher où est ce Royaume, où il se prépare. Et ne croyez pas à ceux qui disent : "On conjure en Batanée [7], on conjure dans les cavernes du désert d'Engaddi, on conjure sur les rives de la mer". Le Royaume de Dieu est en vous, en votre intérieur, dans votre esprit qui accueille la Loi venue des deux comme la loi de la vraie Patrie, la loi dont la pratique rend citoyen du Royaume. C'est pour cela qu'avant Moi Jean est venu pour préparer les chemins des cœurs par lesquels devait pénétrer en eux ma Doctrine. C'est par la pénitence que se sont préparés les chemins, c'est par l'amour que le Royaume se dressera et que tombera l'esclavage du péché qui interdit aux hommes le Royaume des Cieux."

170> "Mais vraiment cet homme est grand ! Et vous dites que c'est un artisan ?" dit tout haut quelqu'un qui écoutait attentivement. Et d'autres, juifs d'après leurs vêtements, et peut-être incités par les ennemis de Jésus, se regardent interdits et regardent les incitateurs en leur demandant : "Mais que nous avez-vous insinué ? Qui peut dire que cet homme soulève le peuple ?" Et d'autres encore : "Nous nous demandons et nous vous demandons ceci : s'il est vrai que personne de vous ne l'a instruit, comment a-t-il tant de sagesse ? Où l'a-t-il apprise s'il n'a jamais étudié avec un maître ?" et en s'adressant à Jésus : "Dis-nous donc. Où tu as trouvé cette doctrine que tu enseignes ?"

 Jésus lève un visage inspiré et il dit : "En vérité, en vérité je vous dis que cette doctrine n'est pas la mienne, mais qu'elle est de Celui qui m'a envoyé parmi vous. En vérité, en vérité je vous dis qu'aucun maître ne me l'a enseignée, et je ne l'ai trouvée dans aucun livre vivant, ni dans aucun rouleau ou monument de pierre. En vérité, en vérité je vous dis que je me suis préparé à cette heure en écoutant le Vivant parler à mon esprit. Maintenant l'heure est venue pour Moi de donner au peuple de Dieu la Parole venue des Cieux. Et je le fais, et le ferai jusqu'à mon dernier soupir, et lorsque je l'aurai exhalé, les pierres qui m'entendront et qui ne s'amolliront pas, éprouveront une crainte de Dieu plus forte que celle qu'éprouva Moïse sur le Sinaï, et dans la crainte, avec une voix véridique, bénissant ou maudissant, les paroles de ma doctrine repoussée se graveront sur les pierres, et ces paroles ne s'effaceront plus. Le signe restera. Lumière pour ceux qui l'accueilleront, au moins alors, avec amour. Ténèbres absolues pour ceux qui ne comprendront pas, même alors, que c'est la Volonté de Dieu qui m'a envoyé pour fonder son Royaume.

Au commencement de la Création, il fut dit : "Que soit faite la lumière". Et la lumière fut dans le chaos. Au commencement de ma vie, il a été dit : "Que soit la paix pour les hommes de bonne volonté". La bonne volonté, c'est celle qui fait la volonté de Dieu et ne la combat pas. Or, celui qui fait la volonté de Dieu et ne la combat pas, sent qu'il ne peut pas me combattre car il sent que ma doctrine vient de Dieu et non pas de Moi-même. Est-ce que peut-être je cherche ma gloire ? Dis-je peut-être que je suis l'Auteur de la Loi de grâce et de l'ère du pardon ? Non. Je ne prends pas la gloire qui n'est pas la mienne, mais je donne gloire à la Gloire de Dieu, Auteur de tout ce qui est bon. Or ma gloire c'est de faire ce que le Père veut que je fasse, car cela Lui donne gloire. Celui qui parle en sa propre faveur pour qu'on le loue cherche sa propre gloire. 171> Mais celui qui peut, même sans la chercher, avoir la gloire des hommes pour ce qu'il fait ou dit, et qui la repousse en disant : "Elle n'est pas mienne, créée par Moi, mais elle procède de celle du Père, comme Moi, je procède de Lui", il est dans la vérité, et en Lui il n'y a pas d'injustice, car il donne à chacun le sien sans rien garder de ce qui ne Lui appartient pas. Je suis parce que Lui m'a voulu."

Jésus s'arrête un instant. Il tourne les yeux sur la foule, fouille les consciences, les lit, les pèse. De nouveau, il parle : "Vous vous taisez. Pour la moitié dans l'admiration, pour la moitié vous demandant comment vous pourriez me faire taire. De qui sont les dix commandements ? D'où viennent-ils ? Qui vous les a donnés ?"

"Moïse !" crie la foule.

"Non. Le Très-Haut. Moïse, son serviteur, vous les a apportés, mais ils sont de Dieu. Vous, qui avez les formules mais n'avez pas la foi, vous dites dans votre cœur : "Dieu, nous ne l'avons pas vu, ni les hébreux au pied du Sinaï". Oh ! il ne vous a pas suffi pour croire que Dieu était présent, pas même la foudre qui incendiait la montagne pendant que Dieu lançait la foudre et le tonnerre en présence de Moïse. Ils ne vous servent pas non plus les foudres et les tremblements de terre pour croire que Dieu est sur vous pour écrire le Pacte éternel de salut et de condamnation. Vous verrez une Épiphanie [8] nouvelle, terrible, et bientôt, dans ces murs. Et les cachettes sacrées sortiront des ténèbres car il aura commencé le Règne de la Lumière, et le Saint des Saints sera élevé en présence du monde sans être plus caché sous le triple rideau. Et vous ne croirez pas encore. Que vous faudra-t-il donc pour vous faire croire ? Que les foudres de la Justice marquent votre chair ? Mais alors la Justice sera apaisée, et descendront les foudres de l'amour. Et pourtant même elles n'écriront pas sur vos cœurs, sur tous vos cœurs la Vérité, et ne susciteront pas le Repentir et puis l'Amour..."

Gamaliel a maintenant le visage tendu, et ses yeux fixent le visage de Jésus...

"Mais Moïse, vous savez que c'était un homme parmi les hommes. De lui vous ont laissé la description les chroniqueurs de son temps. Et pourtant, sachant qui il était, de qui et comment il eut la Loi, l'observez-vous, peut-être ? Non. Aucun de vous ne l'observe."

Un cri de protestation s'élève de la foule.

 Jésus impose le silence : "Vous dites que ce n'est pas vrai ? Que vous l'observez ? Et alors, pourquoi cherchez-vous à me tuer ? Est-ce que le cinquième commandement ne défend pas de tuer l'homme ?

172> Vous ne reconnaissez pas en Moi le Christ ? Mais vous ne pouvez pas nier que je suis un homme. Or, pourquoi cherchez-vous à me tuer ?"

"Mais tu es fou ! Tu es possédé ! Un démon parle en Toi, il te fait délirer et dire des mensonges ! Personne de nous ne pense à te tuer ! Qui veut te tuer ?" crient justement ceux qui veulent le faire.

"Qui ? Vous. Et vous cherchez des excuses pour le faire. Et vous me reprochez des fautes qui ne sont pas vraies. Vous me reprochez, ce n'est pas la première fois, d'avoir guéri un homme pendant le sabbat. Et Moïse ne dit-il pas d'avoir pitié même de l'âne et du bœuf qui est tombé, car ils représentent un bien pour ton frère ? Et Moi, je ne devrais pas avoir pitié du corps malade d'un frère pour lequel la santé reconquise est un bien matériel et un moyen spirituel pour bénir Dieu et l'aimer à cause de sa bonté ? Et la circoncision que Moïse vous a donnée pour l'avoir reçue déjà des patriarches, ne la pratiquez-vous pas peut-être même pendant le sabbat ? Si la circoncision d'un homme pendant le sabbat n'est pas une violation de la Loi mosaïque du sabbat, parce qu'elle sert à faire d'un garçon un fils de la Loi, pourquoi vous indignez-vous parce que j'ai guéri pendant le sabbat un homme tout entier, en son corps et en son esprit, et que j'en ai fait un fils de Dieu ? Ne jugez pas selon l'apparence et la lettre, mais portez un jugement droit et avec votre esprit, car la lettre, les formules, les apparences sont des choses mortes, des tableaux peints mais non pas la vie vraie, alors que l'esprit des paroles et des apparences est vie réelle et source d'éternité. Mais vous ne comprenez pas ces choses parce que vous ne voulez pas les comprendre. Allons."

Et il tourne le dos à tout le monde pour se diriger vers la sortie, suivi et entouré de ses apôtres et disciples qui le regardent, attristés pour Lui et pleins de dédain pour ses ennemis.

 Lui, pâle, leur sourit en disant : "Ne soyez pas tristes. Vous êtes mes amis, et vous faites bien de l'être, car mon temps arrive à sa fin. Bientôt viendra un temps où vous désirerez voir un de ces jours du Fils de l'homme. Mais vous ne pourrez plus le voir. Alors il sera réconfortant de vous dire : "Nous l'avons aimé et Lui avons été fidèles tant qu'il a été parmi nous". Et pour se moquer de vous et vous faire paraître fous, ils vous diront : "Le Christ est revenu. Il est ici ! Il est là !". Ne croyez pas leurs paroles. N'allez pas, ne vous mettez pas à suivre ces faux railleurs. Le Fils de l'homme, une fois parti, ne reviendra plus qu'à son Jour. Et alors sa manifestation sera semblable à l'éclair qui resplendit et passe d'un point du ciel à l'autre, si rapidement que l'œil a du mal à le suivre. 173> Vous, et pas vous seuls, mais aucun homme ne pourrait me suivre dans ma manifestation finale pour rassembler tous ceux qui ont existé, existent et existeront. Mais avant que cela arrive, il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, souffre tout, toute la douleur de l'Humanité et qu'en outre il soit renié par cette génération."

"Mais alors, mon Seigneur, tu souffriras tout le mal dont sera capable de te frapper cette génération" observe le berger Mathias.

 "Non. J'ai dit : "Toute la douleur de l'Humanité". Elle existait avant cette génération, et elle existera, à travers les générations, après celle-ci. Et toujours elle péchera. Et le Fils de l'homme goûtera toute l'amertume des péchés passés, présents et futurs, jusqu'au dernier péché, en son esprit, avant d'être le Rédempteur. Et en outre sa gloire souffrira encore en son esprit d'Amour en voyant l'Humanité piétiner son Amour. Vous ne pouvez pas comprendre pour le moment... Allons maintenant dans cette maison. Elle m'est amie."

Et il frappe à une porte qui s'ouvre pour le laisser entrer sans que le portier montre de l'étonnement pour le nombre des personnes qui entrent derrière Jésus.

 



[1] Le riche marchand qui apporte le lettre d'Antioche (Cf. 6.153)

[2] Prophétie de Daniel sur les "soixante-dix semaines" qui mesurait le temps avant la venue du Messie (Daniel 9,2 et suivants)

[3] C'était un jour de sabbat

[4] La mère du prophète Samuel

[5] 1Samuel 2,6-10

[6] 1Samuel 2,10

[7] Région de la Tétrarchie de Philippe. Voir la carte

[8] Épiphanie : ici au sens éthymologique du grec Phainô, paraître.