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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

© Centro Editoriale Valtortiano

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 6.404 - In cammino verso Emmaus della pianura.

 3.402 - Going towards Emmaus on the Plain.

 4.404 - En camino hacia Emaús de la llanura.

 7.450 - Auf dem Weg nach Emmaus in der Ebene.


Dimanche 29 avril 29
(29 Nissan 3789)
Emmaüs de la Plaine.


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 Début des persécutions.

 Altruisme et égoïsme : la fraternité universelle.


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- Jésus, levé avant les autres, va prier............................ 93

- Judas aurait voulu aller à Jérusalem ...................... 94

- Jean et André apportent de petits fruits ...................... 95


- On débouche dans une plaine fertile ............................... 95

- Discussion sur les origines familiales ....................... 95

- Des disciples font rapport de leurs activités ................. 97

 

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 6


Tome 6, chapitre 93.

404.
En allant vers Emmaüs de la plaine.


Vision du mercredi 27 mars 1946

93> L'aube met une clarté verte laiteuse sur la voûte du ciel, au-dessus de la vallée fraîche et silencieuse. Puis cette clarté si indéfinie, qui est et qui n'est pas encore de la lumière, baigne le haut des deux pentes. Elle semble caresser doucement les plus hauts sommets des monts de Judée et dire aux vieux arbres qui les couronnent : "Me voici, je descends du ciel, je viens de l'orient, précédant l'aurore, chassant les ombres, apportant la lumière, l'activité, la bénédiction d'un nouveau jour que Dieu vous accorde." Et les cimes s'éveillent avec le soupir des feuillages, le pépiement des premiers oiseaux, réveillés par ce premier frémissement des branchages, par cette première clarté. Et l'aube continue de descendre vers les buissons du sous-bois, puis vers les herbes, puis vers les pentes, de plus en plus bas et elle est saluée par des gazouillements de plus en plus nombreux dans les feuillages et le bruissement dans les herbes des lézards réveillés. Et puis elle atteint le petit torrent du fond, change ses eaux sombres en un opaque scintillement d'argent qui ne cesse de s'éclaircir et de devenir brillant. Et là-haut, dans le ciel, où l'indigo de la nuit s'était à peine éclairci en un pâle bleu verdâtre d'aube, se dessine la première annonce de l'aurore en le colorant de bleu clair teinté de rosé... Et puis voici un cirrus léger, floconneux, qui arrive, déjà tout mousseux et rosé...           

94> Jésus sort de la grotte et regarde... Puis il se lave au torrent, se coiffe, s'habille, jette un coup d’œil dans la grotte... Il n'appelle pas... Il gravit au contraire la montagne et il va prier sur un pic qui fait saillie et qui est déjà assez élevé pour donner une large vue sur l'orient déjà tout rosi par l'aurore, sur l'occident encore teinté d'indigo. Il prie... il prie ardemment à genoux, les coudes à terre, presque allongé... Et il prie ainsi jusqu'à ce que d'en bas montent les voix des douze qui se sont réveillés et qui l'appellent.  

Il se lève et répond : "J'arrive !" et l'écho de l'étroite vallée répercute plusieurs fois l'écho de la voix parfaite. Il semble que la vallée
transmette à la plaine, qu'on entrevoit à l'occident, la promesse du Seigneur : "J'arrive" pour que la plaine s'en réjouisse à l'avance.

Jésus se met en route en soupirant et en prononçant une phrase
qui résume sa longue prière et l'explique : "Et Toi, Père, donne-moi ton réconfort..."           

Il descend rapidement et, arrivé en bas, il salue d'un sourire très
doux ses apôtres et avec les paroles habituelles : "La paix soit avec vous en cette nouvelle journée."   

"Et à Toi, Maître" répondent les
apôtres. Tous, même
Judas. Je ne sais pas s'il est rassuré par le silence de Jésus qui ne lui a pas fait de reproches et qui le traite comme tous les autres, ou si pendant la nuit il a médité un plan pour se tirer d'affaire. Son regard est moins torve et il se tient moins à l'écart, et même c'est justement lui qui pose la question au nom de tous : "Nous allons à Jérusalem ? Si oui, il faut revenir un peu en arrière et prendre ce pont. Au-delà il y a une route qui va directement à Jérusalem."          

"Non. Nous allons à Emmaüs de la plaine."   

"Mais pourquoi ? Et la Pentecôte ?"  

"Il y a le temps. Je veux aller chez
Nicodème et chez Joseph, par les plaines vers la mer..."

"Mais pourquoi ?"     

"Parce que je n'y suis pas encore allé et ce peuple m'attend... Et
parce que les bons disciples l'ont désiré. Nous aurons le temps de tout faire."    

"C'est cela que t'a dit
Jeanne, C'est pour cela qu'elle t'a appelé ?"    

"Il n'en était pas besoin. C'est à Moi, directement à Moi qu'ils
l'ont dit, dans les jours de Pâque. Et je suis fidèle au rendez-vous."      

"Moi, je n'y irais pas... Ils sont peut-être déjà à Jérusalem... La fête est proche... Et puis... Tu pourrais rencontrer des ennemis, et..."     

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95> "Des ennemis, j'en rencontre partout et je les ai toujours près de Moi..." et Jésus darde son regard sur l'apôtre qui est sa douleur... Judas ne parle plus. Il est trop dangereux d'aller plus loin ! Il le sent et se tait.  

Jean et André reviennent avec des petits fruits qui semblent appartenir à la famille des framboises ou des caprons, mais plus foncés, presque comme des mûres pas encore mûres, et ils les offrent au Maître : "Ils vont te plaire. Nous les avons remarqués hier soir, et nous sommes montés les cueillir pour Toi. Mange-les, Maître. Ils sont bons."        

Jésus caresse les deux bons et jeunes apôtres qui Lui offrent
leurs fruits sur une large feuille lavée au torrent et qui, plus que les fruits, Lui offrent leur amour. Jésus choisit les plus beaux fruits et en donne un peu à chaque apôtre. Ils les mangent avec du pain.

"Nous avons cherché du lait pour Toi, mais il n'y avait pas encore de bergers..." dit André en s'excusant.          

"N'importe. Allons vite pour être à Emmaüs avant la grande chaleur."            

Ils s'en vont et ceux qui ont le plus d'appétit mangent encore en
marchant. La fraîche vallée s'élargit de plus en plus et elle finit par déboucher dans une plaine fertile où déjà les moissonneurs sont en plein travail.   

"Je ne savais pas que Nicodème avait des maisons à Emmaüs" remarque
Barthélemy.

"Pas à Emmaüs, plus loin. Des champs de parents dont il a hérité..." explique Jésus.

"Quelles belles campagnes !" s'exclame
le Thaddée.

En effet c'est une mer d'épis dorés où s'intercalent des vergers de
rêve, des vignes qui déjà promettent une gloire de grappes. Arrosées comme elles sont par les centaines de petits torrents qui descendent des montagnes toutes proches, aux mois où l'irrigation est la plus nécessaire, avec des veines d'eaux souterraines, c'est un véritable éden agricole.

"Hum ! elle est plus belle que celle de l'an dernier
[2]. Au moins, il y a de l'eau et des fruits..." murmure
Pierre.        

"Celle de Saron est encore plus belle" lui répond le
Zélote.   

"Mais n'est-ce pas déjà celle-là ?"     

"Non. elle vient après celle-là. Mais celle-là s'en rapproche
[3]..." Les deux apôtres se mettent à parler entre eux, en s'éloignant un peu.      

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96> "Propriétés de pharisiens, hein ?" demande
Jacques de Zébédée en montrant la belle campagne.   

"De juifs certainement. Ils ont pris les meilleures terres en les enlevant de mille manières aux premiers possesseurs !" lui répond le Thaddée qui peut-être se souvient des biens paternels de Judée dont ils furent chassés en perdant une grande partie de leur fortune.

L'Iscariote est piqué au vif : "S'ils vous ont été pris, c'est parce
que vous, galiléens, vous êtes moins saints, inférieurs..."         

"Je te prie de te souvenir qu'Alphée et Joseph étaient de la race
de David. Si bien que l'Édit les obligea d'aller s'inscrire à Bethléem de Juda. Et Lui, il est né là pour ce motif" répond calmement Jacques d'Alphée, en prévenant la riposte mordante de son fougueux frère, et en montrant le Seigneur qui est en train de parler avec Matthieu et Philippe.  

 "Oh ! c'est bien ! dit Thomas conciliant et juste. Moi, pour mon compte, je dis que du bon et du mauvais il y en a partout. Dans notre commerce, nous avons approché des gens de toutes races et je vous assure que j'ai trouvé des gens honnêtes et des gens malhonnêtes dans toutes les races. Et puis... Pourquoi se vanter d'être juifs ? Est-ce que par hasard c'est nous qui l'avons voulu ? Hum ! Est-ce que je savais quand j'étais dans le sein de ma mère ce que c'était que d'être juif ou galiléen ?! J'étais là... et j'y restais. Une fois né, j'étais dans les langes, bien au chaud, sans me demander si l'air que je respirais était juif ou galiléen... Je ne connaissais que le sein maternel... Et nous tous comme moi. Maintenant pourquoi se fâcher ainsi parce que l'un est né plus haut et l'autre plus bas ? Ne sommes-nous pas pareillement d'Israël ?"     

"Tu as raison, Thomas" répond Jean. Et il conclut : "Et puis maintenant, nous sommes d'une seule race, celle de Jésus."     

"Oui, Lui - et je crois que cela a été voulu par le Très-Haut, pour
nous apprendre que les divisions vont contre l'amour du prochain et que Lui est envoyé pour nous rassembler tous comme l'affectueuse poule dont parlent les livres saints - Lui est d'origine juive, mais conçu et habitant en Galilée, après être né à Bethléem, comme pour nous dire par la voix des faits que Lui est le Rédempteur d'Israël tout entier, du nord au midi. Et pour la seule raison qu'il est appelé "le Galiléen" on ne devrait pas avoir de mépris pour les galiléens" dit Jacques d'Alphée avec douceur et fermeté.  

Jésus, qui en avant de quelques mètres semblait occupé à parler
avec Mathieu et Philippe, se retourne pour dire : "Tu as bien parlé, Jacques d'Alphée. Tu comprends la Vérité et les vérités, et la justice de tous les actes de Dieu. En effet, rappelez-vous tous et toujours, que Dieu ne fait jamais rien sans but de même qu'il ne laisse sans récompense rien de ce qu'ont fait ceux qui ont le cœur droit.           

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97> Bienheureux ceux qui savent voir les raisons de Dieu dans les événements même les plus insignifiants et les réponses de Dieu aux sacrifices des hommes."        

Pierre se retourne et il est sur le point de parler. Puis il se tait et
se borne à sourire à son Maître qui maintenant se réunit à ses apôtres car ils marchent maintenant sur une route de grande circulation à travers des champs dorés.        

Ils marchent vers Emmaüs qui est déjà proche, un groupe de maisons d'un blanc aveuglant au milieu de la couleur blonde des
grains mûrs et des vergers verdoyants.    

"Maître ! Maître ! Arrête-toi ! Tes disciples !" crient des voix lointaines, et une poignée d'hommes, laissant en plan des paysans qui se reposent un peu à l'ombre d'un pommier, courent vers Jésus par un sentier ensoleillé. Ce sont Mathias et Jean, ex-bergers, et disciples ensuite du Baptiste, et avec eux il y a
Nicolaï, Abel ex-lépreux, Samuel, Hermastée et d'autres encore.          

"Paix à vous. Vous êtes ici ?"           

"Oui, Maître. Nous avons fait toutes les côtes de la mer. Maintenant nous allions vers Jérusalem. Plus haut se trouve Etienne avec d'autres, et plus haut encore,
Hermas et d'autres. Et puis Isaac notre petit maître à tous, est encore plus haut, du moins il y était. Comme Timon était au-delà du Jourdain. Mais désormais ils seront tous en train d'aller à la fête de la Pentecôte. Nous nous sommes repartis en tant de groupes, petits, mais pas inactifs. Ainsi s'ils nous persécutent, ils pourront en capturer quelques-uns, mais pas tous" explique Mathias.     

"Vous avez bien fait. Je me suis étonné de ne pas vous avoir trouvés dans toute la Judée méridionale..."          

 "Maître... Tu y allais... Qui mieux que Toi ? Et puis... Oh ! elle a eu plus qu'il ne faut pour devenir sainte !... Et au contraire !... Elle donne des pierres à qui apporte la parole du Ciel. Dans les gorges du Cédron, Élie et Joseph ont été frappés et ils sont allés au-delà du Jourdain, dans la maison de Salomon. Joseph a failli être tué par une pierre à la tête. Pendant huit jours, ils ont vécu dans une grotte profonde, avec quelqu'un que tu avais envoyé qui connaissait tous les secrets des montagnes. Puis, de nuit, lentement ils sont allés de l'autre côté..."          

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98> Les disciples et les apôtres sont agités par le souvenir et la nouvelle de ces persécutions, mais Jésus les calme en disant : "Les Innocents ont teint de la pourpre de leur sang innocent le chemin du Christ. Mais ce chemin devra être toujours empourpré pour effacer les empreintes du Mal sur le chemin de Dieu. C'est le chemin royal. Les martyrs l'empourprent par amour pour Moi. Bienheureux, entre les bienheureux, ceux qui à cause de Moi souffrent la persécution."      

"Maître, nous parlions à ces paysans. Toi, maintenant, ne vas-tu
pas parler ?"



"Allez leur dire qu'au crépuscule je parlerai près de la porte d'Emmaüs. Maintenant le soleil m'en empêche. Allez. Et que Dieu soit avec vous. Je serai au bout de cette route."   

Il les bénit et reprend sa marche en cherchant de l'ombre, car le soleil est brûlant sur la route blanche sur laquelle donnent un peu d'ombre des platanes plantés sur les bords, à cet effet.      

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[1]

[2] Cf. le voyage en Philistie en mai/juin de la seconde année. Tome 3, chapitre 77 à 86.

[3] Emmaüs de la plaine est situé au nord de la plaine de Selala et au sud de la plaine de Saron. Les deux plaines qui forment la façade maritime d’Israël.