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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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               I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\italiano.gif  2.135. – L'arrivo a Betania e il discorso di Gesù ascoltato dalla Maddalena.

               I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\English.gif  1.135. - At Bethany in the House of Simon Zealot.


Vendredi 10 décembre 27
(23 Kisleu)
Béthanie


                   03-016 03-016 03-016     Vers l'index des thématiques

               I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Le monde appartient aux méchants. Le Paradis appartient aux bons.

               I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Dieu donne le temps aux pécheurs de faire pénitence

               I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Le secret du Rédempteur : avoir patience, bonté, constance et prière


                   03-016 03-016 03-016               I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Resume.gif

- Jésus arrive à Béthanie 603

- Lazare regrette de ne pas être son hôte ......................... 604

- Jésus demande à Marthe de patienter ......................... 605

- Il arrive dans la maison du Zélote ............................. 606


- Jésus s'entretient avec Lazare......................................... 606

- La peur du Sanhédrin. 606

- Sur la boue les fleurs du bien ......................................... 607

- La nouvelle citadine de Béthanie ......................................... 608

- Discours 1 (Le bien, plus fort que le mal)............................. 609


- Discours 2 (Le mauvais calcul des méchants) ............... 609

- Discours 3 (La misère des pécheurs) ....................... 610

- La Madeleine, laissez-la faire........................................ 612


                 I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Les références de l'Ancien Testament sont de Davis Amos

                I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Les commentaires de bas de page sont de Jean-François Lavère

                 I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif La conformité du texte à l'original italien a été corrigée par Emmanuel Vincent

                               I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Voir aussi l'infographie de Carlos Martinez

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 2

 

2.102.
À Béthanie, dans la maison de Simon le Zélote.


 

603> Quand Jésus, après avoir gravi la dernière côte, arrive sur le plateau, il voit Béthanie toute riante sous le soleil de décembre [1] qui rend moins triste la campagne dépouillée et moins sombre les taches vertes des cyprès, des chêneaux et des caroubiers qui surgissent çà et là, pareils à des courtisans empressés auprès de quelque très haut palmier, vraiment royal et qui se dresse solitaire dans les plus beaux jardins.   

C'est qu'à Béthanie il n'y a pas seulement la belle maison de
Lazare, mais aussi d'autres demeures de riches, peut-être citoyens de Jérusalem qui préfèrent vivre ici, près de leurs biens, et qui, au milieu des maisonnettes des villageois, font ressortir les masses imposantes et magnifiques de leurs villas aux jardins soigneusement entretenus. C'est une vision étrange sur ces collines, qui rappelle l'Orient, que celle de ces palmiers au fût élancé que surmonte une touffe dure et bruissante de feuilles. En arrière de ce vert jade on cherche instinctivement les sables jaunes illimités du désert, Ici, au contraire, c'est un fond d'oliviers vert-argentés, de champs cultivés pour l'instant dénudés, sans aucune végétation et de vergers aux arbres squelettiques aux troncs noirâtres dont les branches s'entrelacent évoquant des âmes qui se tordent dans une torture infernale.           

Et il voit aussi tout à coup un serviteur de Lazare, en sentinelle. Celui-ci salue profondément et demande la permission de signaler son arrivée au propriétaire. Il s'en va ensuite rapidement.  

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604> Entre temps, paysans et citadins accourent saluer le Rabbi et d'une haie de lauriers qui entoure de sa verdure parfumée une belle maison, s'avance une jeune femme qui n'est certainement pas israélite. Son péplum ou, si je me rappelle bien les noms, son étole est assez longue pour former une légère traîne, ample, en laine fine très blanche et elle a pour la faire ressortir un volant avec une grecque brodée aux couleurs vives où brillent des fils d'or. Elle est serrée à la taille par une ceinture qui ressemble au volant. Sa coiffure, qu'une résille d'or tient en place, est très compliquée avec des boucles par devant, lisse en arrière, elle se termine en un gros chignon sur la nuque. Cela me fait penser qu'il s'agit d'une grecque ou d'une romaine. Elle observe curieusement, mise en éveil par les cris aigus des femmes et les hosannas des hommes. Puis, elle a un sourire méprisant en voyant qu'ils s'adressent à un homme pauvre qui n'a même pas une mule pour voyager et qui chemine au milieu d'un groupe de gens qui Lui ressemblent, tous encore moins attrayants que Lui. Elle hausse les épaules et avec une moue dédaigneuse s'éloigne, suivie, en guise de chiens, par un groupe d'échassiers multicolores, parmi lesquels sont des ibis blancs et des flamants multicolores, sans compter deux hérons, couleur feu avec une aigrette qui tremble sur leur tête argentée, unique blancheur de leur splendide plumage de flammes dorées [2].         

Jésus la regarde un instant puis se retourne pour écouter un vieillard... qui voudrait bien être débarrassé d'une faiblesse qu'il a dans les jambes. Jésus le caresse et l'encourage à patienter car bientôt viendra le printemps et avec le beau soleil d'avril, il se sentira plus fort.         

Survient
Maximin qui précède Lazare de quelques mètres, "Maître... Simon m'a dit que... que tu vas dans sa maison... C'est une douleur pour Lazare... mais ça se comprend..."        

"Nous en parlerons plus tard. Oh ! mon ami !" Jésus s'approche vivement de Lazare qui semble embarrassé, l'embrasse sur la joue. Ils sont arrivés, en attendant, à une petite maison qui se trouve entre d'autres vergers et celui de Lazare.          

"Alors, c'est bien chez Simon que tu veux aller ?"     

"Oui, mon ami. J'ai avec Moi tous mes disciples et je trouve que cela vaut mieux..."

Lazare regrette la décision, mais ne réplique pas. Il se tourne seulement vers la petite foule qui le suit et dit : "Allez. Le Maître a besoin de repos."          

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605> Je vois par-là à quel point Lazare est influent. Tout le monde s'incline à ses paroles et se retire, pendant que Jésus leur adresse son doux salut : "Paix à vous. Je vous ferai dire quand je prêcherai."  

"Maître" lui dit Lazare, maintenant qu'ils sont seuls; les disciples les suivent de quelques mètres en arrière, ils parlent avec Maximin. "Maître...
Marthe est toute en larmes. C'est pour cela qu'elle n'est pas venue, mais elle viendra après. Pour moi, je ne pleure qu'au fond de mon cœur. Mais nous disons : c'est juste. Si nous avions pensé qu'elle venait... Mais elle ne vient jamais pour les fêtes... Mais... quand vient-elle ? ...Moi je dis : c'est le démon qui aujourd'hui l'a poussée ici."  

"Le démon ? Et pourquoi pas son ange sur l'ordre de Dieu ? Mais, tu dois me croire, même si elle n'avait pas été là, je serais allé dans la maison de Simon."
[3]   

"Pourquoi, mon Seigneur ? N'as-tu pas trouvé de paix dans ma maison ?"    

"Une grande paix, après Nazareth, c'est l'endroit qui m'est le plus cher. Mais, réponds-moi : pourquoi m'as-tu dit : "Quitte La Belle Eau ?" C'est pour le piège qu'on y prépare, n'est-ce pas
[4] ? Et alors, je vais sur les terres de Lazare, mais je ne mets pas Lazare dans les conditions d'être insulté dans sa maison. Tu crois qu'ils te respecteraient ? Pour me fouler aux pieds, ils passeraient même sur l'Arche Sainte... Laisse-moi faire. Pour l'instant du moins. Puis je verrai. Du reste, rien ne m'empêche de prendre les repas chez toi et rien n'empêche que tu viennes chez Moi. Mais fais en sorte qu'on dise : "Il est dans la maison de l'un de ses disciples"       

"Et moi, ne le suis-je pas ?"  

"Tu es l'ami et plus que disciple pour l'affection. Ce n'est pas la même chose pour les méchants. Laisse-moi faire, Lazare, cette maison t'appartient... mais ce n'est pas ta maison. La belle et riche maison du fils de
Théophile. Et, pour les pédants, cela a beaucoup d'importance."          

"Tu dis cela... mais c'est parce que... c'est à cause d'elle, voilà. J'allais me décider à lui pardonner... mais, si elle t'éloigne, vive-dieu, je la haïrai..."    

"Et tu me perdras tout à fait. Quitte cette pensée, immédiatement, ou tu me perds tout de suite... Voici Marthe. Paix à toi, ma douce hôtesse."

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606> "Oh! Seigneur !" Marthe pleure à genoux. Elle a descendu son voile posé sur sa coiffure en forme de diadème, pour ne pas trop faire voir ses pleurs aux étrangers. Mais elle ne pense pas à les cacher à Jésus.        

"Pourquoi ces larmes ? En vérité tu abîmes ces larmes ! Il y a tant de motifs de pleurer et de faire des larmes un objet précieux. Mais, pleurer pour ce motif ! Oh ! Marthe ! Il me semble que tu ne sais plus qui je suis ! De l'homme, tu le sais, je n'ai que le vêtement. Le cœur est divin et ses palpitations sont divines. Allons, lève-toi et viens à la maison... et elle... laissez-la faire. Même si elle venait se moquer : laissez-la faire, je vous le dis. Ce n'est pas elle. C'est celui qui la tient qui en fait un instrument de trouble. Mais, ici, il y a Quelqu'un qui est plus fort que son maître. Maintenant, la lutte passe entre Moi et lui, directement. Pour vous, priez, pardonnez, patientez et croyez. Et rien de plus."         

Ils entrent dans la maisonnette. C'est une petite maison de forme carrée, entourée d'un portique qui l'agrandit. À l'intérieur il y a quatre pièces séparées par un corridor en forme de croix. Un escalier, extérieur comme toujours, mène au-dessus du petit portique qui se change donc en terrasse et donne accès dans une pièce très vaste, aux dimensions de la maison, servant en certains temps pour les provisions, mais maintenant tout à fait libre et propre, et absolument vide.  

Simon est à côté du vieux serviteur que j'entends appeler
Joseph. Il fait les honneurs de la maison et dit : "Ici, on pourrait parler aux gens, ou encore prendre les repas... Comme tu veux."          

"Tout à l'heure nous y penserons. En attendant, va dire aux autres qu'après le repas les gens viennent simplement. Je ne décevrai pas les braves gens d'ici."
[5]        

"Où dois-je dire d'aller ?"      

"Ici. Le jour est tiède. L'endroit est à l'abri du vent. Le verger dépouillé ne subira pas de dommages si les gens y viennent. Ici, je parlerai du haut de la terrasse. Va donc."    

Lazare reste seul avec Jésus. Marthe, obligée de devoir s'occuper de tant de monde, est devenue la "bonne hôtesse" et avec les serviteurs et les apôtres eux-mêmes travaille en bas pour préparer les tables et les couchettes.    

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607> Jésus passe le bras autour des épaules de Lazare et l'amène hors de la pièce circuler sur la terrasse qui entoure la maison [6], au beau soleil qui attiédit le temps. D'en haut, il observe le travail de serviteurs et des disciples. Il sourit à Marthe qui va et vient, le visage sérieux mais déjà moins bouleversé. Il regarde aussi le beau panorama qui entoure l'endroit et nomme avec Lazare diverses localités et diverses personnes, et enfin il demande brusquement : "La mort de Doras a donc été comme un bâton remué dans le nid des serpents ?"   

"Oh ! Maître !
Nicodème m'a dit que la séance du Sanhédrin a été d'une violence jamais vue !"           

"Qu'ai-je fait au Sanhédrin pour l'inquiéter ? Doras est mort naturellement, à la vue de tout un peuple, tué par la colère. Je n'ai pas permis qu'on manquât de respect au mort. Donc..."        

"Tu as raison. Mais eux... Ils sont fous de peur. Et... sais-tu qu'ils ont dit qu'il faut Te trouver dans le péché, pour pouvoir te tuer ?"
[7]        

"Oh ! alors, sois tranquille ! Il leur faudra attendre jusqu'à l'heure de Dieu !"   

"Mais, Jésus ! Sais-tu de qui on parle ? Sais-tu de quoi sont capables les pharisiens et les scribes ? Connais-tu l'âme
d’Anna ? Sais-tu qui est son second [8] ? Le sais-tu ? ...Mais que dis-je ? Tu sais ! Il est donc inutile que je te dise que le péché, ils l'inventeront pour pouvoir t'accuser."    

"Ils l'ont déjà trouvé. J'ai déjà fait plus qu'il ne faut. J'ai parlé aux Romains, j'ai parlé à des pécheresses... Oui. À des pécheresses, Lazare.
L'une d'elles ne me regarde pas d'un air si effrayé, ... l'une d'elles vient toujours m'écouter et elle est hébergée dans une étable par ton régisseur, à ma demande, car, pour rester près de Moi, elle demeurait dans un refuge pour les porcs..."

Lazare est devenu la statue de la stupeur. Il reste immobile. Il regarde Jésus comme s'il voyait quelqu'un que son étrangeté rend époustouflant. Jésus le secoue en souriant. "Tu as vu Mammon ?" demande-t-il.            

"Non... C'est la Miséricorde que j'ai vue. Mais... mais moi, je comprends. Eux, ceux du Conseil, non. Et ils disent que c'est péché. C'est donc vrai ! Je croyais... Oh ! qu'as-tu fait ?"           

"C'est mon devoir, mon droit, mon désir : chercher à racheter un esprit qui est tombé. Tu vois donc que ta sœur ne sera pas la première fange que j'approche et sur laquelle je me penche. Et elle ne sera pas la dernière. C'est sur la boue que je veux semer les fleurs et les faire pousser : les fleurs du bien."    

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608> "Oh ! Dieu ! mon Dieu !... Mais... Oh ! mon Maître, tu as raison. C'est ton droit, c'est ton devoir, c'est ton désir. Mais les hyènes ne le comprennent pas. Eux sont des charognes tellement puantes qu'ils ne sentent, ne peuvent sentir l'odeur des lis. Et même où les lis fleurissent, eux, les puissantes charognes, flairent l'odeur du péché. Ils ne comprennent pas que c'est de leur sentine que sort cette odeur... Je t'en prie. Ne reste plus longtemps dans un endroit. Va, tourne, sans leur fournir le moyen de te rejoindre [9]. Sois comme un feu follet qui danse sur les tiges des fleurs, rapide, insaisissable, déconcertant dans ses démarches. Fais cela. Non par lâcheté, mais par amour du monde qui a besoin que tu vives pour être sanctifié.        

La corruption augmente. Oppose-lui la sanctification... La corruption !... Tu as vu la nouvelle citadine de Béthanie ? C'est une Romaine mariée à un Juif. Lui est fidèle à la Loi, mais elle est idolâtre. Elle ne pouvait vivre comme elle le voulait à Jérusalem, car il y a eu des disputes avec ses voisins à cause de ses bêtes. Elle est venue ici. Sa maison est remplie d'animaux qui pour nous sont impurs et... la plus immonde, c'est elle, qui se rit de nous et se permet des choses... Moi, je ne puis la critiquer, puisque... Mais je dis qu'on ne met pas les pieds dans ma maison à cause de Marie dont le péché pèse sur toute la famille, mais dans la maison de cette femme, on y va sans scrupule. C'est qu'elle est en faveur auprès de
Ponce Pilate [10] et elle vit séparée de son mari. Lui à Jérusalem. Elle ici. Lui et eux font semblant de ne pas se profaner en y venant et de ne pas constater qu'ils se profanent. Hypocrisie ! Ils vivent plongés jusqu'au cou dans l'hypocrisie ! Et il s'en faut de peu qu'ils s'y noient. Le sabbat, c'est le jour du festin... Et il y a même des membres du Conseil ! C'est un fils d'Anna qui est le plus assidu."   

"Je l'ai vue. Oui. Et laisse-la faire. Laisse-les faire. Quand un médecin prépare un médicament, il mélange les ingrédients, et l'eau semble corrompue car il les remue, et l'eau paraît trouble. Mais ensuite ce qui est mort se dépose, et l'eau redevient limpide tout en étant saturée des sucs de ces substances salutaires. Ainsi, maintenant. Tout se mélange, et je travaille avec tout le monde. Ensuite ce qui est mort se déposera et on le jettera, ce qui est vivant restera actif dans la grande mer du peuple de Jésus Christ. Descendons. On nous appelle."...       

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609>...et la vision reprend lorsque Jésus revient sur la terrasse pour parler aux gens de Béthanie et des localités voisines, accouru pour l'entendre.   

"Paix à vous. Quand bien même je me tairais, les vents de Dieu vous apporteraient les paroles de mon amour et de la rancœur d'autrui. Je sais que vous êtes en effervescence, car la raison de ma présence, parmi vous ne vous est pas inconnue. Mais que ce ne soit qu'une manifestation joyeuse et bénissez avec Moi le Seigneur qui utilise le mal pour réjouir ses enfants, ramenant par l'aiguillon du mal son Agneau parmi les agneaux pour le mettre à l'abri des loups.       

Voyez comme le Seigneur est bon. À l'endroit où j'étais, sont arrivés, comme des eaux à la mer, un fleuve et une rivière. Un fleuve de douceur affectueuse, une rivière de brûlante amertume Le premier, c'était votre amour, depuis Lazare et Marthe, jusqu'au bout du pays; la rivière, c'était l'injuste machination de gens qui ne pouvant venir vers le Bien qui les invite, accusent le Bien d'être le Crime. Et le fleuve disait : "Reviens, reviens parmi nous. Nos eaux t'environnent, t'isolent, te défendent. Elles te donnent tout ce que te refuse le monde" La rivière empoisonnée était menaçante et voulait tuer avec son poison. Mais qu'est-ce qu'une rivière devant un fleuve, et qu'est-elle devant la mer ? Rien. Et le poison de la rivière a été réduit à rien car le fleuve de votre amour l'a annihilé et dans la mer de mon amour ne s'est jetée que la douceur de votre amour. Et même il a fait naître un bien. Il m'a ramené vers vous. Bénissons-en le Seigneur Très-Haut."       

La voix de Jésus se répand, puissante dans l'air calme et silencieux. Jésus, très beau dans la lumière du soleil, sourit avec de: gestes tranquilles du haut de la terrasse. En bas les gens l'écoutent pleins de joie : c'est une floraison de visages levés vers Lui et qui s'épanouissent au son de sa voix harmonieuse. Lazare est près de Jésus, et aussi
Simon et Jean. Les autres sont dispersés dans la foule. Marthe aussi, monte sur la terrasse et s'assied par terre aux pieds de Jésus. Elle regarde vers sa maison que l'on voit au-delà du verger. [11]     

               I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif "Le monde appartient aux méchants. Le Paradis appartient aux bons. C'est la vérité et la promesse. C'est sur elle que s'appuie votre force tranquille. Le monde passe. Le Paradis ne passe pas. Celui qui par sa bonté le conquiert en jouit éternellement. Et alors ? Pourquoi se troubler de ce que font les méchants ! Vous rappelez-vous les lamentations de Job [12] ?        

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610> Ce sont les éternelles lamentations de ceux qui sont bons et que l'on opprime. Car la chair gémit, mais elle ne devrait pas gémir, et plus on la foule aux pieds, plus les ailes de l'âme devraient s'élever dans la joie du Seigneur.      

Croyez-vous qu'ils soient heureux ceux qui le paraissent parce que licitement ou plutôt illicitement ils ont des monceaux de blé, des cuves toutes pleines, et leurs outres remplies d'huile ? Non. Ils sentent le goût du sang et des larmes d'autrui dans toute leur nourriture, et leur lit leur paraît hérissé de ronces tellement ils y sont dévorés par leurs remords. Ils volent les pauvres et dépouillent les orphelins, pillent le prochain pour toujours amasser, ils oppriment ceux qui sont moins puissants et moins pervers qu'eux. N'importe. Laissez-les faire. Leur royaume est de ce monde. Et à la mort, que leur restera-t-il ? Rien. À moins qu'on ne veuille appeler trésor le fardeau des fautes qu'ils portent avec eux et avec lequel ils se présentent à Dieu. Laissez-les faire. Ce sont les fils des ténèbres, révoltés contre la Lumière, et ils ne peuvent suivre ses lumineux sentiers. Quand Dieu fait briller l'Étoile du matin, ils l'appellent ombre mortelle et la croient contaminée. Ils préfèrent cheminer à la lueur ténébreuse de leur or et de leur haine qui ne luisent que parce que les réalités infernales ont la brillante phosphorescence des lacs de perdition..."  

"
Ma sœur, Jésus... oh !" Lazare découvre Marie qui se glisse derrière une haie du verger de Lazare pour arriver le plus près possible. Elle marche courbée, mais sa tête blonde brille comme de l'or contre le fond du buis sombre.          

Marthe va se lever. Mais Jésus lui pose une main sur la tête et elle doit rester où elle est. Jésus élève plus fort encore sa voix.            

               I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif "Que dire de ces malheureux ? Dieu leur a donné le temps de faire pénitence et ils en abusent pour pécher. Mais Dieu ne les perd pas de vue, même quand il semble qu'Il le fasse. Un moment vient : comme la foudre qui brise même le roc, l'amour de Dieu brise leur cœur dur, ou bien encore l'accumulation de leurs fautes fait monter jusqu'à leur gueule et leurs narines la marée de leur fange. Et ils sentent - oh ! oui finalement ils sentent le dégoût de cette saveur et de cette puanteur qui répugne aux autres et qui remplit leurs cœurs - il vient un moment où ils en ont la nausée et il s'élève en eux un commencement de désir pour le bien. L'âme crie alors : "Et qui m'aidera à revenir au temps de ma jeunesse, quand mon âme était dans l'amitié de Dieu [13] ?      

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611> Quand sa lumière brillait dans mon cœur et que je marchais dans son rayonnement [14] ? Quand, devant ma justice, le monde se taisait, plein d'admiration [15] et que quiconque me voyait proclamait mon bonheur [16]. Le monde buvait mon sourire [17] et l'on accueillait mes paroles comme les paroles d'un ange et le cœur tressaillait de fierté dans la poitrine de mes proches [18]. Et maintenant que suis-je ? Objet de moquerie pour les jeunes, d'horreur pour les vieux [19]. Ils me chansonnent [20] et me crachent leur mépris au visage [21]".   

Oui, c'est ainsi que parle à certaines heures l'âme des pécheurs des vrais Job, car il n'y a pas de misère plus grande que celle-là, la misère de celui qui a perdu pour toujours l'amitié de Dieu et son Royaume. Et elles doivent faire pitié, seulement pitié. Ce sont des âmes qui par désœuvrement ou par étourderie ont perdu l'Éternel Époux. "La nuit, dans mon lit, je cherchais l'amour de mon âme et ne le trouvais pas
[22]". En effet, dans les ténèbres, on ne peut distinguer l'époux, et l'âme, aiguillonnée par l'amour, inconsciente parce qu'elle est environnée par la nuit spirituelle cherche et veut trouver un rafraîchissement à son tourment. Elle croit le trouver dans un amour quelconque. Non. Il n'y a qu'un amour pour l'âme : Dieu. Elles vont, ces âmes que l'amour de Dieu aiguillonne, cherchant l'amour. Il suffirait qu'elles veuillent en elles la lumière et elles auraient l'Amour pour époux. Elles vont comme des malades, cherchant à tâtons l'amour, et elles rencontrent tous les amours, toutes les choses dégoûtantes auxquelles l'homme a donné ce nom, mais elles ne trouvent pas l'Amour; car l'Amour, c'est Dieu et non pas l'or, la jouissance, le pouvoir.     

Pauvres, pauvres âmes ! Si moins paresseuses, elles s'étaient levées au premier appel de l'Époux Éternel pour aller vers Dieu qui dit : "Suis-Moi [23]", vers Dieu qui dit : "Ouvre-Moi [24]", elles ne seraient allées ouvrir la porte avec l'élan de leur amour réveillé quand l'Époux déçu est déjà loin. Disparu... Et elles n'auraient pas profané cet élan saint d'un besoin d'aimer dans une boue qui dégoûte l'animal immonde tant elle est inutile et couverte de ronces qui n'étaient pas des fleurs mais seulement des aiguillons qui la déchirent au lieu de la couronner. Et elles n'auraient pas connu le mépris des gardes de service, de tous les gens qui, comme Dieu mais pour des motifs opposés, ne perdent pas de vue le pécheur et le montrent du doigt pour le tourner en dérision et le critiquer.           

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612> Pauvres âmes frappées, dépouillées, blessées par tout le monde Seul Dieu ne s'unit pas à cette lapidation de mépris sans pitié Mais il fait tomber ses larmes pour guérir ses blessures et revêtir sa créature d'un vêtement qui brille comme le diamant. C'est toujours sa créature... Dieu seul... et avec le Père, les fils de Dieu. Bénissons le Seigneur. Il a voulu que pour les pécheurs je dusse revenir ici pour vous dire : "Pardonnez, pardonnez toujours. Faites sortir de tout mal un bien, de toute offense une grâce" .Je ne vous dis pas "faites" seulement. Je vous dis : répétez mon geste. J'aime, et je bénis mes ennemis puisque grâce à eux, j'ai pu revenir vers vous, mes amis.    

La paix soit sur vous tous." Les gens agitent des voiles et des rameaux en l'honneur de Jésus et puis s'éloignent tout doucement.    

"Ils l'auront vue, cette impudente ?"  

"Non, Lazare. Elle était derrière la haie et bien cachée. Nous pouvions la voir d'ici, de la terrasse. Les autres, non."    

"Elle nous avait promis de..."           

               I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif "Pourquoi ne devait-elle pas venir ? N'est-elle pas une fille d'Abraham, elle aussi ? Je veux que vous, frères, et vous, disciples, vous juriez de ne pas lui faire de réflexions. Laissez-la faire. Elle se moquera de Moi ? Laissez-la faire. Elle pleurera ? Laissez-la faire. Elle voudra rester ? Laissez-la faire. Elle voudra fuir ? Laissez-la faire. C'est le secret du Rédempteur et des rédempteurs : avoir patience, bonté, constance et prière. Rien de plus. Tout geste est de trop pour certaines maladies... Adieu, amis. Je reste pour prier. Pour vous, allez chacun à votre devoir. Et que Dieu vous accompagne."

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Et tout prend fin.      

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[1] C'est effectivement début décembre.

[2] Les romains apprivoisaient effectivement toutes sortes d'animaux sauvages. Jésus repasse devant cette maison, abandonnée au Tome 5, chapitre 55 /vo 365.11, puis à nouveau au Tome 7, chapitre 180 /vo 485.1

[3] Effectivement, Jésus avait pris cette décision au chapitre 100 /vo 133.7.Lla venue de Marie Madeleine n'y est pour rien

[4] Le piège prévu pendant les fêtes, annoncé par Simon le zélote et Judas au chapitre 100, page 594 /vo 133.5

[5] C'est la confirmation qu'ils sont arrivés dans la matinée. Ils ont donc fait le voyage depuis Doco de nuit.

[6] On reparle de cette terrasse entourant la maison au Tome 3, chapitre 59 /vo 198.5. Jésus y monte pour prêcher.

[7] Confirmation du chapitre 100, page 594 /vo 133.5

[8] Nahum le pharisien. Cf. chapitre 90

[9] C'est exactement ce que fera Jésus durant les deux années suivantes.

[10] C'est la première mention de Pilate, dont l'Histoire nous informe qu'il a pris ses fonctions en 26.

[11] Marthe craint la venue de sa sœur Marie Madeleine

[12] Job, chapitre 29 et suivants

[13] Job 29,2

[14] Job 29,3

[15] Job 29,7-10

[16] Job 29,11

[17] Job 29,24

[18] Job 29,21

[19] Job 30,1

[20] Job 30,9

[21] Job 30,10

[22] Cantique des cantiques 3,1

[23] Cantique des cantiques 2,10-13

[24] Cantique des cantiques 5,2