L'œuvre de Maria Valtorta
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Maria Valtorta - dernière photographie
Maria Valtorta à la fin de sa vie. Photo choisie par les dominicains d’Avrillé pour illustrer "l’aliénée"


Maria Valtorta en 1943 sur le point de recevoir les visions et de devenir pour l’éternité "l’historienne de Dieu", selon son épitaphe.


Maria Valtorta :vidéo biographique.



 


Voir aussi la réfutation très documentée de Stephen Austin, du Maria Valtorta Reader’s Group.


Article original.


Traduction automatique.




Maria Valtorta, visionnaire et mystique pour notre temps.






Accueil > Sommaire du dossier Maria Valtorta.

Traduction automatique de cette fiche :
            

Réponse à un article des dominicains d’Avrillé.

Par François-Michel Debroise.

 Le devoir de vérité.      

1 – Réfutation des libertés prises avec les faits historiques.  
 Non, le don victimal de Maria Valtorta n’est pas une maladie mentale.  Oui, Pie XII a personnellement lu et encouragé l'œuvre de Maria Valtorta.  Oui, un des censeurs de Maria Valtorta a été licencié par Pie XII.  Oui, la censure est censurée.   

2 – Contre-argumentation sur les jugements émis.    
 Oui, les visions mènent à Dieu.  Oui, l’Arbre de Vie de l’Eden est aussi un symbole  Oui, la luxure est issue du péché d’Adam et Ève.  Oui, sainte Anne eut une maternité extatique.  Oui, la Vierge Marie a vanté son humilité.  Oui, La Vierge Marie a racheté les femmes par sa maternité.  Oui, l’âme de la Vierge Marie a vu Dieu.  Oui, Satan s’est incarné en Judas.  Oui, Jésus a eu soif.  Oui, dans l’angoisse de la mort, Jésus cherche l’affection de sa Mère.  Oui, Marie a pleuré de douleur au Tombeau.  Oui, Jésus est venu aussi pour les prostituées.  Oui, Jésus s’est réjoui que Pierre découvre la puissance du nom de Marie.        

3 - Valeur et limite du témoignage de Mgr Marcel Lefebvre.
 L’annonce prophétique de Léon XIII et de Pie XII.

 Le devoir de vérité.                
Haut de page.

L’abbé Gérard Herrbach a écrit, en 1993, un livre résolument opposé aux écrits de Maria Valtorta. Il fait souverainement le tri entre les vraies et les fausses révélations privées. Il vante les mérites de la censure et de l’Index, remparts contre "une tendance trop sentimentale ou apparitionniste de la piété". Voilà donc les amateurs de ces écrits, dont Mère Teresa, Padre Pio ou Jean-Paul II rangés dans les adeptes des bondieuseries. Je les y rejoins avec joie. Je ne suis pas le seul : en 60 ans, l’œuvre a été éditée à quatre millions d’exemplaires, sans interruption, générant les fruits de conversion[1] dont nous reparlerons.           

En 2015, vingt ans après, les
dominicains d'Avrillé se font écho de l’ouvrage et renchérissent dans l’opprobre : L’abbé Herrbach a d’autant plus raison que Mgr Marcel Lefebvre (FSSPX[2]) l’a dit et qu’ils auraient personnellement trouvé des tas "d’erreurs, d’inconvenances" et des "contradictions" avec l’Évangile.        

C’est le droit et la liberté de chacun de s’exprimer : cela se respecte donc. Mais faut-il pour cela tronquer les faits et les propos rapportés par Maria Valtorta ? Non, sûrement pas.

En effet, le huitième commandement
[3] nous oblige tous à la vérité et principalement ceux qui s’expriment sur de tels sujets avec le poids d’une autorité morale. C’est sans doute pour cela que, dans l’ordre de Dieu, les vérités sont souvent cachées aux savants pour n’être révélées que par les plus humbles[4].   

Pour toutes ces raisons, et après avoir correspondu avec l’auteur de l’article, il m’a semblé nécessaire d’exposer ici les écrits du Vatican, ceux de Maria Valtorta et des protagonistes, qui démentent les affirmations proférées. Sans omettre les contradictions curieusement propres aux censeurs de toutes les époques.    

Cette réponse s’articule en trois points :      

1 –
Réfutation des libertés prises avec les faits historiques.        
2 –
Contre-argumentation sur les jugements émis.         
3 –
Valeur et limite du témoignage de Mgr Marcel Lefebvre (FSSPX).

Mes commentaires exprimeront nécessairement mon opinion. Aussi pourra-t-on les ignorer sans dommages, pour se concentrer sur les éléments factuels qui fondent cet article.


1 -
Réfutation des libertés prises avec les faits historiques.

 Non, le don victimal n’est pas une maladie mentale.    
Haut de page.

C’est vrai : comme le disent nos auteurs, Maria Valtorta a terminé sa vie "dans un isolement psychique incompréhensible". Ils en concluent qu’elle était aliénée. Chacun comprend alors que sa littérature n’est que la divagation d’une déséquilibrée. C.Q.F.D.     

Mais voilà ce que dit son biographe :

Après avoir offert tout à Dieu, jusqu'à sa propre intelligence, Maria commença à se renfermer graduellement, pendant plusieurs années, dans une sorte d'isolement psychique, jusqu'au jour où elle s'éteignit[5].

C’est volontairement et consciemment que Maria Valtorta offrit jusqu’à son intelligence dans le don victimal total qu’elle fit d’elle-même. Elle l’écrit dès 1949, une fois les visions de la vie de Jésus terminée. Cet anéantissement intellectuel intervint plus tard : en 1956 quand Jésus ne vient plus que pour elle seule, selon sa promesse.  

Le don victimal caractérise les plus grands mystiques. Il consiste à s’unir, par des souffrances, volontairement partagées, à la Rédemption du Christ en Croix dans la suite de saint Paul qui trouvait sa joie dans ce qui restait à souffrir des épreuves du Christ
[6]. Il rajoute, afin qu’on ne s’y méprenne pas, qu’il est "crucifié avec le Christ[7]".      

Mgr Charles Louis Gay (1815-1892) disait à propos de ces âmes victimes :

L’Église a besoin des âmes qui s’immolent, comme de la messe ; elle vit du sacrifice de Jésus-Christ, continué de ces deux manières. Saint Paul disait : "Je complète ce qui manque de la Passion du Christ pour l’Église." La patience et l’immolation sont plus fécondes que la prière et l’action.   
Oui, chères âmes qui souffrez, vous portez, vous rachetez le monde. La douleur vous change au sacrifice de Jésus-Christ, comme la parole du prêtre y change le pain et le vin. Une d’entre vous, une seule, obligerait Dieu de chercher encore à sauver la terre
[8].

L’article sur les "corédempteurs" développe et justifie ce que Mgr Gay résume. C’est aussi très bien exprimé par Thérèse de Lisieux, Docteure de l’Église, dans son acte d’offrande comme "victime d’holocauste à l’Amour miséricordieux". Elle le supplie de la consumer sans cesse. Maria Valtorta, née l’année de la mort de la jeune carmélite, lui vouait une affection particulière et s’en inspira.      

À ceux qui penseraient que l’union aux souffrances du Christ n’est qu’une expérience mystique, il conviendra qu’ils se reportent au
chapitre 53 d’Isaïe : il traite de l’Homme de douleurs à qui les âmes victimes se conforment.      

Nos auteurs auraient gagné aussi à lire le
calendrier mystique de Maria Valtorta qui ne laisse aucun doute sur la vocation d’âme victime. "Hostia Deo grata (Hostie agréée par Dieu)" proclame l’une des inscriptions sur sa tombe de la Santissima Annunziata de Florence, un haut-lieu des Servites de Marie qui l’honorent comme une "servante de Dieu".

Le professeur Francesco Marciante de l’Université de Palerme a récemment établi que Maria Valtorta était tout sauf une "aliénée" (
voir sa conférence en italien =>).

 Oui, Pie XII a personnellement lu et encouragé l'œuvre de Maria Valtorta.        
Haut de page.

Nos auteurs l’affirment : "Cette autorisation orale du pape paraît invraisemblable : le pape n’aurait pu raisonnablement donner une telle autorisation que s’il avait lu l’ouvrage et s’était assuré de son orthodoxie ; mais comment le pape aurait-il trouvé le temps de lire ces 10 000 pages ?"  

Que Pie XII ait lu l’œuvre de Maria Valtorta et en ait publiquement encouragé la publication, est en effet gênant pour qui veut la censurer. Le Pape est l’autorité suprême en la matière
[9]. Et aucun censeur ne peut censurer le Pape.            

Mais l’Osservatore romano l’atteste
[10] : les trois servites de Marie (osm), dont le confesseur de Maria Valtorta, furent bien reçus en audience par Pie XII le 26 février 1948. Ce sont les trois témoins qui en certifient l’objet et la teneur[11].   

La lecture personnelle du Pape est attestée par le témoignage de Mgr Francesco Norese de la Secrétairerie pontificale. Chargé du courrier du Saint-Père, il en avait déposé les dactylographies et surveillé l’avancement de la lecture par le signet qu’utilisait Pie XII.         

Pie XII n’a pas lu 10.000 pages comme nos auteurs le soutiennent. Le manuscrit dactylographié de Maria Valtorta, qu’il eut sur son bureau, faisait "presque quatre mille pages" comme le précise l’article de l’Osservatore romano.    

Une telle œuvre est pourtant modeste. Le journal mystique de sainte
Véronique Giuliani (1660-1727) comporte 22.000 pages manuscrites. Les écrits de la Vénérable Conception de Armida (1862-1937), aux œuvres si prolifiques[12], en couvrent 65.000.    

Maria Valtorta écrivit 15.000 pages de cahiers d’écolier en sept ans, mais il s’agit de la totalité de son œuvre. Les dictées pour notre temps, qui complètent les visions de la vie de Jésus, ne furent jamais sanctionnées par l’Église. Il n’y eut que les visions de la vie de Jésus qui le furent et seulement pour un
défaut d’imprimatur.    

En effet, l’avis du Pape, même émis à titre privé, ne valaient rien pour ces censeurs qui avouent naïvement passer outre dans l’article qu’ils écrivirent plus tard
[13].          

Les sources qui attestent tout cela ne peuvent être écartés par nos auteurs au simple motif qu’ils les utilisent dans leur démonstration.

 Oui, un des censeurs de Maria Valtorta a été licencié par Pie XII.     
Haut de page.

Nos auteurs affirment : "le Saint-Office a interdit définitivement (sans correction possible) l’œuvre un an plus tard, en février 1949".   

On cherche vainement, depuis près de soixante-dix ans, la moindre trace de cette condamnation intervenue en février 1949. Toutes les condamnations du Saint-Office sont pourtant répertoriées, archivées, publiées dans les Actes officiels du Saint-Siège (
Acta Apostolicae Sedis =>). Il n’y a rien dans ces registres, pas la moindre trace entre 1948 et 1960, date de la mise à l’Index. 

Le Père Girolamo Berruti (op), qui commente la mise à l’Index en 1960, est incapable de retrouver le moindre document. Il n’a que le souvenir imprécis d’une altercation
[14] à laquelle il avait participé environ dix ans plus tôt, car effectivement il y eut une altercation. Mais manœuvre de couloirs n’est pas décision du Magistère.  

Le détail de cette affligeante histoire n’est rapporté que par les sources valtortiennes, et seulement elles. Les mêmes qui attestent l’imprimatur de Pie XII. Puisque les deux sont liés, il faut choisir de donner raison à l’une des parties : je choisis le Pape contre le censeur.    

Est-il concevable qu’un censeur outrepasse le jugement du Souverain Pontife dont il dépend ? Oui, hélas !  

On passera sur le récit du guet-apens
[15] tendu au Père Berti pour tenter de détruire, en dehors de toutes procédures canoniques[16], le manuscrit de Maria Valtorta : il est la honte d’un autre temps.  

Mais Mgr Giovanni Pepe, l’un des deux censeurs impliqués, récidiva. Il mit à l’Index, en août 1952, des écrits parlant de Padre Pio. Il le fit sans l’aval du Saint-Père pourtant Chef du Saint-Office. Ce qu’apprenant, le Saint-Père fit publier une atténuation (O.R. 4-5 août 1952) et interdit que la condamnation, pourtant publiée, soit inscrite dans les Actes du Saint-Siège. Il demanda la démission du commissaire[17], terme pudique pour dire qu’il le licencia.     

Ce camouflet explique la rancœur des collègues de Mgr Pepe, antimystiques convaincus. Ils trouvèrent leur revanche après la mort du souverain-Pontife.     

En 1956, le premier tome des visions de Maria Valtorta est publié. Rien ne se passe et pour cause : Pie XII est encore vivant. Mais en 1959, un an après la mort du Pape, le couperet tombe, l’œuvre est mise à l’Index pour défaut d’imprimatur.

 Oui, la censure est censurée.           
Haut de page.

La censure est contemporaine du Christ. C’est déjà une lutte incessante contre ceux qui, dépositaires d’un pouvoir, s’opposent aux motions de l’Esprit saint. Persuadés de défendre la Loi, dont ils s’estiment seuls garants par mandat sacré, ils la déforment et l’enferment. C’est dans l’Évangile.        

Après l’Ascension et la Pentecôte, ils sont déjà dans l’Église au plus proche du Magistère. Ils tentent de s’opposer à Paul quand celui-ci vient exposer "en privé" l’Évangile qu’il annonce depuis plusieurs années. Il l’a reçu, non d’un homme, mais directement de Dieu, par révélations. Paul a des mots très durs à l’encontre de ces censeurs : espions, intrus, faux-frères
[18]. 

Dans la suite, on les retrouve encore : toujours persuadés de défendre par eux-mêmes la Loi éternelle, ils méprisent, condamnent, emprisonnent ceux qui reçoivent du Ciel visions et révélations. Il n’est pas de vies de mystiques, grands ou petits, qui ne rapportent leurs tentatives violentes de barrer le chemin aux dons du Ciel. Ce cortège des saints et des Docteurs de l’Église n’a souvent trouvé compréhension et réconfort humains que dans les Souverains-Pontifes et dans la foule des fidèles.    

Dans notre époque, on voit toujours les censeurs "persécuter" Padre Pio
[19], condamner les révélations de sainte Faustine[20], s’opposer à la béatification d’Yvonne-Aimée de Malestroit. Toujours persuadés que par mandat divin direct, ils sont les seuls détenteurs et les seuls remparts de la Vérité. 

L’Esprit saint, inspirant le concile, a arraché des mains des chefs de corvée, le fouet qui martyrisait ses serviteurs. L’Index a été supprimé, complètement. Les pasteurs doivent désormais éclairer la conscience mature des fidèles. Cela les contraint donc à justifier, autrement dit montrer ce qui est juste et en quoi ils disent juste. C’est l’inspiration initiale de l’Index, vite transformé en instrument de pouvoir.     

Ce qui va suivre démontre l’absolue nécessité de cette justification.    

Jean-Paul II, en promulguant le Catéchisme de l’Église catholique, rappelait ce vœu de l’Esprit saint repris par les Pères conciliaires :

Mieux garder et mieux expliquer le dépôt précieux de la doctrine chrétienne, afin de le rendre plus accessible aux fidèles du Christ et à tous les hommes de bonne volonté. Pour cela, le Concile ne devait pas d’abord condamner les erreurs de l’époque, mais il devait avant tout s’attacher à montrer sereinement la force et la beauté de la doctrine de la foi[21].

Cinquante ans auparavant, les écrits de Maria Valtorta y participaient déjà et les treize accusations retenues par nos interlocuteurs vont fournir l’occasion de l’illustrer.


2 -
Contre-argumentation sur les jugements émis.

Passons maintenant aux "quelques exemples des erreurs et inconvenances de ce livre". Il y en aurait huit. Puis des "contradictions" avec l’Évangile : il y en aurait cinq.     

À part une citation, la brièveté de leur énoncé ne permet pas au lecteur de juger de leur pertinence. Dire "c’est faux !" n’est qu’une dénégation péremptoire, non un argument fondé.         

Contredire ces condamnations à l’emporte-pièce me demandera donc d’exposer les éléments de jugement que chacun appréciera. Cela peut sembler long, mais on gagne toujours une plus grande compréhension des choses du Ciel dans la confrontation des points de vue.

 Oui, les visions mènent à Dieu.      
Haut de page.

Erreur ou inconvenance n°1 :
"Notre-Seigneur pense que la parole fatigue maintenant, et qu’il faut recourir aux visions… de Maria Valtorta".  

Voilà une savante ambiguïté propre à semer le doute : Jésus dirait-il à Maria Valtorta que ses visions doivent remplacer l’Évangile ? En réalité, il s’agit du contraire : mieux faire connaître et défendre l’Évangile éternel. C’est explicitement dit dans les raisons de cette œuvre (
Voir l’Adieu à l’œuvre =>).        

Laquelle de ces raisons exposées nos auteurs peuvent-ils rejeter ? Aucune !

Qui pourrait nier que Jésus brosse là un portrait spirituel pertinent de notre époque ? Personne !      

Oui, dans une époque d’apostasie généralisée les discours n’ont plus de prises sur un peuple qui s’en fatigue ou les repousse. Il suffit de voir comment certains rejettent la parole du Vicaire du Christ ou les motions de l’Esprit saint.       

Il y a un siècle, alors que l’anticléricalisme faisait rage, Jésus inspire une simple carmélite de Lisieux, sans connaissances spécifiques, mais avec un cœur aux dimensions de Dieu. Son simple journal enflamme la chrétienté en quelques années.      

Dieu n’est pas devenu muet après l’Ascension : Il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps
[22]. Il répand son Esprit sur ses plus humbles serviteurs et servantes[23] en leur confiant des vérités cachées aux sages et aux savants[24].     

Les écrits de Maria Valtorta s’inscrivent dans cette irrigation des cœurs desséchés :
des Papes, comme des saints et des bienheureux qui les recommandèrent, l’ont bien compris. Ils en constatèrent les fruits sur eux-mêmes et sur le peuple assoiffé d’une Parole qui ne leur parvient plus que difficilement.       

Depuis des décennies, une société d’édition ne vit, par choix vocationnel, que d’une seule auteure, cas unique dans l’édition et démonstration qu’il ne s’agit pas d’un "roman" écrit par une malade mentale.

 Oui, l’Arbre de Vie de l’Eden est aussi un symbole.       
Haut de page.

Erreur ou inconvenance n°2 : 
"L’arbre de vie au paradis terrestre n’est qu’un symbole".          

Je ne sais quel arbre fruitier était l’arbre de vie au milieu du Paradis terrestre, car la Genèse ne le précise pas. Dans les dictées reçues par Maria Valtorta, on ne parle que de l’arbre, ou plutôt des arbres, car il y en a deux : l’Arbre de vie et l’Arbre de connaissance du bien et du mal.       

Pour Maria Valtorta (
voir le passage =>), comme pour l’Écriture (et donc l’Église), l’arbre de vie n’est pas qu’un arbre fruitier. Il en est question dans le dernier chapitre de l’Apocalypse : c’est la récompense des justes[25]. Pour le Livre des Proverbes, c’est la contrepartie de l’accueil de la Sagesse[26].

Saint Bonaventure (1217-1274), Docteur de l’Église, en a fait une méditation très célèbre :
L’Arbre de Vie. Il est question du Christ et pas de botanique.    

Maria Valtorta s’insère naturellement dans cette conformité à l’Écriture et à l’Église : Dans une dictée, Jésus développe une catéchèse au-delà de la flore paradisiaque chère à nos interlocuteurs : Il éclaire les paroles de l’Écriture : "
Je suis l’arbre de vie éternelle" et explique pourquoi.     

Comment Maria Valtorta, grabataire, a-t-elle pu tomber si justement, elle qui ne reçoit sa première Bible qu’à 47 ans, au moment de ces dictées ?

 Oui, la luxure est issue du péché d’Adam et Ève.
Haut de page.

Erreur ou inconvenance n°3 :
"le péché d’Adam et d’Ève a consisté dans l’usage du mariage dans un esprit de luxure".

En commentant l’Écriture, l’Église affirme, dans son Catéchisme (
CEC § 2514 et 2515), que la triple concupiscence dénoncée par saint Jean, vient de la faute originelle : concupiscence de la chair, concupiscence des yeux, et orgueil de la vie. Elle ne vient pas de Dieu et s’oppose à l’Esprit rajoute saint Paul.          

Si on doutait un seul instant que la luxure soit directement liée à la faute originelle, comme l’affirme Jésus dans Maria Valtorta, il suffirait de (re)lire la Genèse. Une fois la faute commise, Adam et
Ève découvrent leur nudité sexuelle qui leur fait honte : c’est bien le sexe qu’ils se couvrent d’un pagne (Genèse 3,7). La procréation désormais intra utérine, à l’opposé de ce qu’elle devait être, se fera selon la loi des mammifères (Genèse 3,16). La relation sexuelle sera à l’identique des bêtes : dominée par le mâle en rupture avec la création égalitaire et respectueuse, image de Dieu (Genèse 1,27) car l’Homme a régressé dans l’ordre de la Création.    

Le désir concupiscent attaché aux plaisirs sensuels qui fit voir le fruit défendu "savoureux, agréable à regarder et désirable" (
Genèse 3,6), était passé par là.

 Oui, sainte Anne eut une maternité extatique.  
Haut de page.

Erreur ou inconvenance n°4 :
"sainte Anne enfanta sans douleur".  

Il faut croire que l’obstétrique divine avait déjà inventé l’accouchement sans douleur, mais elle n’a rien à voir avec l’affirmation de nos auteurs.     

Toutes les femmes, dit Jésus dans Maria Valtorta, connaissent les douleurs de l’enfantement selon l’antique prophétie de la Genèse.

Anne, sur le point d’accoucher de la Vierge Marie, n’y échappe pas : "L'unique souffrance de mes derniers moments de grossesse, dit-elle. C'est la souffrance de tous : hommes et bêtes."    

Mais cet accouchement est extatique :

J'éprouve cette grande paix que j'ai éprouvée au Temple quand me fut faite la grâce et que j'ai ressentie aussi quand j'ai su que j'allais être mère. C'est comme une extase. Une douce somnolence corporelle pendant que l'esprit jubile et s'apaise en une paix à laquelle rien n'est humainement comparable.

Dieu, à qui rien n’est impossible, fit encore mieux quand, à son tour, Marie enfanta Jésus. Pourtant l’Évangile n’en dit rien[27], bien que l’Église proclame la virginité perpétuelle de Marie[28].

 Oui, la Vierge Marie a vanté son humilité.          
Haut de page.

Erreur ou inconvenance n° 5 :            
"Notre-Dame se vante de son humilité et de son calme". 

C’est vrai. Elle le dit dans le Magnificat : "(Dieu) s’est penché sur son humble servante ; désormais, tous les âges me diront bienheureuse".   

Elle affirme de plus que les générations à venir la loueront : vanité pour certains, merveilles de Dieu pour tout le reste.      

Dans Maria Valtorta, la Vierge Marie ne fait que reprendre cette exultation divine (
voir un des passages =>). Mais contrairement au subtil amalgame de nos auteurs, c’est la Vierge Marie qui, en 1944, commente à Maria Valtorta sa vie en Palestine pour notre plus grand bonheur. Elle fait donc, - mais avec quelle lumière ! – ce qu’a fait l’Église depuis 2.000 ans.  

La
prière de Saint Bernard de Clairvaux (1091-1153), Docteur de l’Église, n’est pas plus une flagornerie que ne sont les Litanies de la Sainte Vierge, mais la louange de l’Église aux vertus de la Vierge Marie.

 Oui, La Vierge Marie a racheté les femmes par sa maternité. 
Haut de page.

Erreur ou inconvenance n°6 :
"elle dit avoir racheté les femmes par sa maternité".       

Cette vérité est résumée dans un célèbre chant grégorien qui attribue à Marie d’avoir changé Eva (Ève) en Ave. L’Annonciation est le moment de l’Incarnation et donc de la maternité de Marie, née immaculée.

Ave maris stella,
Dei mater alma
Atque semper virgo
Felix caeli porta.

Sumens illud ave,
Gabrielis ore
Funda nos in pace
Mutans Evae nomen.

Salut, étoile de la mer,
Mère nourricière de Dieu
Et toujours vierge,
Bienheureuse porte du ciel.

En recevant cet ave,
De la bouche de Gabriel,
Et en changeant le nom d’Ève
Établis-nous dans la paix.

Commentant la naissance de Jésus à Maria Valtorta, Marie explique l’efficacité salvatrice de sa maternité divine (voir le passage correspondant =>). Erreur, disent nos auteurs ?       

Dans Litanies de la Sainte Vierge commentées par Bossuet, que Mgr Marcel Lefebvre recommande explicitement, il est dit
[29] :

la sainte Vierge est l'Eve de la nouvelle alliance, c'est-à-dire la vraie mère de tous les vivants, et Dieu lui a voulu donner la même part dans notre salut qu'Eve a eue dans notre perte […] C’est ainsi que tout l'ouvrage de la Rédemption est attribué à sa manière à la sainte Vierge, par laquelle le Père éternel nous a donné son Fils notre Sauveur. C'est ainsi qu'on unit les louanges de cette Vierge Mère avec celles de son Fils, et même avec celles de toute la très-sainte Trinité.

On est sûr que Maria Valtorta n’avait pas lu Bossuet. Comment en connaissait-elle le contenu plus précisément que nos interlocuteurs ?

 Oui, l’âme de la Vierge Marie a vu Dieu.  
Haut de page.

Erreur ou inconvenance n°7 :
"elle a vu Dieu lors de sa création".   

En quoi est-ce une incongruité ? Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179), Docteure de l’Église, affirmait que l’âme se souvient de son origine divine
[30], comme saint Augustin d’Hippone (354-430), lui aussi Docteur de l’Église[31]. 

Il est certain, cependant, que la Vierge Marie fille de prédilection de Dieu, Mère de Dieu et épouse de Dieu, a eu un degré de souvenance que nous n’avons pas, du moins pour ma part et, apparemment aussi, pour nos auteurs.

 Oui, Satan s’est incarné en Judas.  
Haut de page.

Erreur ou inconvenance n°8 :            
"Satan s’est incarné en Judas".           

Effectivement : Judas, par sa libre volonté, laisse Satan vivre totalement en lui. Il ne s’agit plus de la possession dont la Parole de Dieu délivre comme le démontrent l’Évangile et le rituel de l’exorcisme, mais de la fusion intime de la volonté de Satan avec celle de Judas.

Dieu a pris chair en moi : Jésus. Satan a pris chair en Judas […] J’ai dit que la possession est la contagion de Satan, qui inocule son poison dans l’être et le dénature. J’ai dit que c’est l’union d’une âme avec Satan et avec l’animalité. Mais la possession est encore peu de chose par rapport à l’incarnation. Je serai possédé par mes saints, et eux seront possédés par moi. Mais c’est seulement en JésusChrist que Dieu est tel qu’il est au Ciel, car je suis le Dieu fait chair. Il n’y a qu’une incarnation divine. De même, c’est en un seul homme que sera Satan, Lucifer, tel qu’il est dans son royaume, car c’est seulement dans l’assassin du Fils de Dieu que Satan s’est incarné. Pendant que je te parle, cet homme se tient devant le Sanhédrin : il s’occupe de mon meurtre et s’y emploie. Mais ce n’est pas lui réellement : c’est Satan (Adieu à Lazare).

Saint Jean Chrysostome (344-407), Docteur de l’Église, ne disait pas différemment : Dans ses Homélies sur saint Matthieu[32], il affirme : Satan a assujetti entièrement Judas.   

La volonté de Judas s’est unie à celle de Satan dans une même coopération. Cette coopération qui se subordonne totalement à une volonté qui lui est supérieure, a été décrite par le concile de Constantinople III
[33]. Il s’agissait alors de préciser l’Incarnation divine dont l’opposé (Satan/Juda) est décrit ici par Jésus.        

L’Enfer, ou appartenance complète et éternelle à Satan, est le fruit d’une décision, non d’une punition. Et dans l’Enfer, Dieu est définitivement et complètement absent. C’est ainsi que Lucifer, le plus beau des anges, est devenu Satan.

 Oui, Jésus a eu soif.   
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Accusation n°9 :
En contradiction avec l’Évangile, "Notre Seigneur aurait sucé avec avidité le fiel présenté par le soldat"       

"J’ai soif" est la cinquième des sept paroles de Jésus en Croix. On lui présente une éponge imbibée d’une boisson vinaigrée disent les évangélistes. Il n’y a pas d’autres moyens, quand on est crucifié, que de sucer l’éponge pour étancher une soif insupportable
[34].

Maria Valtorta précise : du "vinaigre avec du fiel". Elle décrit ainsi parfaitement la posca, une boisson désaltérante et antiseptique du légionnaire. Elle était composée d’eau coupée de vinaigre auquel on rajoutait parfois soit de la myrrhe (le sopor), soit du fiel (l'opium), ce qui était censé atténuer les souffrances. Ceux qui tendent à Jésus une éponge imbibée de posca au fiel font un geste de compassion. Une attitude que confirment les paroles d’un romain selon l’Évangile
[35].   

De quoi nos auteurs s’étonnent-ils ? Que Jésus suce avidement l’éponge qu’on lui présente ? Que Maria Valtorta soit confirmée par les sources historiques ? Ou que les soldats soient pris de compassion ?

 Oui, dans l’angoisse de la mort, Jésus cherche l’affection de sa Mère.          
Haut de page.

Accusation n°10 :           
En contradiction avec l’Évangile, "sur la croix, Notre-Seigneur ne cesse d’appeler "Maman !" et elle de répondre : "Oui, mon trésor, je suis ici".          

Il est vrai que cela n’est pas rapporté par le Nouveau Testament, comme ne le sont pas non plus l’Assomption de la Vierge Marie, le voile de Véronique que l’on honore à la sixième station du chemin de croix, ou les noms des parents de la Vierge Marie que nos interlocuteurs viennent pourtant de citer.          

Il est vrai aussi, qu’au pied de la Croix, ne sont présents que les saintes femmes, l’apôtre aimé de Jésus et beaucoup d’autres disciples venues de Galilée
[36]. Les autres apôtres se sont enfuis.           

Cela illustre, pour nous, la relation privilégiée de la femme à l’amour compatissant. Amour courageux que l’on retrouve dans la proportion des stigmatisés : elles sont six fois plus nombreuses que les hommes
[37] à suivre ainsi Jésus dans sa Passion, totalement, par amour pour le Souffrant.

Une vertu qu’on ne retrouve pas chez ceux qui ignorent que des hommes, dans l’angoisse de la mort, puissent appeler leur mère.   

Mgr Lefebvre jugeait qu’une "vie de Jésus" risque de le rendre trop humain. Mais c’est bien l’Humanité qui est alors en Croix. Homme broyé par la souffrance
[38], abandonné de Dieu[39], rejeté des hommes, Jésus, dans sa prière, se souvient alors de l’amour maternel[40].

 Oui, Marie a pleuré de douleur au Tombeau.      
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Accusation n°11 :            
En contradiction avec l’Évangile, "Notre-Dame se fâche, crie et délire "presque" après la mort de son Fils".

Pour certains, Notre-Dame des sept-douleurs ne put avoir qu’une attitude hiératique conforme aux pieuses images saint-sulpiciennes. Sa douleur de mère ne peut être que tact et retenue. Puisqu’elle était sainte, elle ne pouvait souffrir la terrible déchirure des mères qui tiennent leur fils mort entre leurs bras !

Mais pour d’autres,
Marie, au calvaire, souffrait des douleurs totales, analogues à celles de son fils : le Christ répandait douloureusement le sang du corps, elle répandait le sang du cœur, disait Arnauld de Chartres[41]. Ce cœur qui avait bercé Jésus et lui avait évité toutes souffrances.

Les pleurs et les cris de douleurs de la mère qu’on arrache du tombeau qui lui prend son fils, sont-ils l’hystérie que nos auteurs caricaturent ?    

Le lecteur en jugera par lui-même (
voir le chapitre concerné =>).

 Oui, Jésus est venu aussi pour les "prostituées".
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Accusation n°12 :           
Inconvenance, "sans parler de nombreuses sensualités qui parsèment l’ouvrage".

Oui, Jésus laisse les "prostituées" s’approcher de lui et même lui caresser les pieds et la tête. C’est dans l’Évangile
[42], comme dans Maria Valtorta (voir le chapitre concerné =>). Jean, l’apôtre que Jésus aimait, a la tête sur la poitrine de Jésus au banquet de la dernière Cène[43].        

On ne peut le nier. On ne peut seulement qu’espérer changer le regard de ceux qui lisent ces faits, car l’œil est la lampe du corps
[44].           

Le Père Kevin Robinson, de la FSSPX lui aussi, avait un tout autre regard que nos auteurs. Pour lui, la vie de Jésus de Maria Valtorta :

est vraiment le remède du sentimentalisme en matière de foi. Ce n'est pas plus sensuel que les œuvres de saint Ignace, qui encourage l'utilisation des cinq sens, plus l'imagination, dans ses Exercices Spirituels[45].

 Oui, Jésus s’est réjoui que Pierre découvre la puissance du nom de Marie.
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Accusation n°13 :           
Inconvenance,
Voici maintenant un extrait du tome 3 (EMV 199, c. 60, p. 353 =>) de l’édition française, qui rapporte une plaisanterie malsonnante, et même tout à fait choquante, que “Jésus” ferait à “saint Pierre”. 

Bossuet, dont la lecture est recommandée par Mgr Marcel Lefebvre, disait :

Marie est mère de Dieu pour tout obtenir et mère des hommes pour tout accorder.

Pour sa part, saint Alphonse de Liguori, Docteur de l’Église (1696-1787), reprenant la tradition antérieure, explique ainsi ce rôle :

De Marie nous avons reçu Jésus-Christ, la source de tout bien […] À partir de la naissance de Jésus-Christ, et cela en vertu d'un décret divin, toutes les grâces provenant de ses mérites furent distribuées aux hommes, le sont actuellement, et le seront jusqu'à la fin du monde, par les mains et moyennant l'intercession de Marie[46].

Et il précise, par une métaphore :

Marie n’en est pas la source, mais le canal de ces grâces.

Dans l’épisode qui choque l’auteur de l’article (ce qu’il m’a confirmé), c’est la puissance du nom de Marie qui se trouve illustrée avec d’autres éléments. Cette vérité sublime de l’Église à venir est mise instinctivement en pratique par Pierre, le futur continuateur du Christ comme le rappelle ici la Vierge Marie. Cela fait exulter Jésus qui exprime sa joie par une boutade.      

En découvrant cette réaction offusquée, qui n’est pas du tout la mienne, je n’ai pu m’empêcher de penser au personnage qu’interprète Feodor Chaliapin dans le film "Au nom de la rose". Un maître qui interdit et sanctionne le rire.            

On touche cependant là des perceptions qui trouvent leurs racines, non dans l’Évangile ou l’enseignement de l’Église, mais dans le vécu de chacun. Je me garderais donc de les contredire.


3 - Valeur et limite du témoignage de Mgr Marcel Lefebvre.

Mgr Lefebvre, lors d’une retraite de son mouvement, en septembre 1986, (4e instruction), exprime sa réserve vis-à-vis de Maria Valtorta :

Nous avons avantage à (…) ne pas nous attarder trop aux faits divers de la vie de Notre Seigneur. C’est en cela peut-être que ces vies qui ont été faites de Notre Seigneur, (…) ces livres qui se présentent comme des révélations de la vie de Notre Seigneur, à mon sens, peuvent être un danger, parce que justement elles représentent Notre Seigneur d’une manière trop concrète, trop dans les détails de sa vie. Je pense bien sûr à Maria Valtorta. Et peut-être pour certains cette lecture peut faire du bien, elle peut approcher de Notre Seigneur, essayer de se figurer ce que pouvait être la vie des apôtres avec Notre Seigneur, la vie à Nazareth, la vie dans les visites que faisait Notre Seigneur dans les cités d’Israël. Mais il y a un danger, un grand danger : trop humaniser, trop concrétiser et pas suffisamment montrer le visage de Dieu, dans cette vie de Notre Seigneur. C’est là un danger. Je ne sais pas s’il faut tellement recommander à des personnes qui ne sont pas averties la lecture de livres comme cela. Je ne suis pas certain que cela les élève tellement et leur fasse connaître vraiment Notre Seigneur tel qu’il était, tel qu’il est, tel que nous devons le connaître, le croire.

Maria Valtorta est donc en vogue dans son mouvement puisqu’il prend le temps de la commenter. Il ne parle pas de la mise à l’Index chère à nos interlocuteurs. Dans sa bouche, il aurait d’ailleurs été exclu qu’une œuvre condamnée puisse "faire du bien".     

Il désapprouve par contre sa lecture. Pourquoi ? "Parce que justement elles représentent Notre Seigneur d’une manière trop concrète, trop dans les détails de sa vie". Et quel danger courre-t-on à connaître les détails de la vie publique de Jésus ? "Trop humaniser, trop concrétiser et pas suffisamment montrer le visage de Dieu, dans cette vie de Notre Seigneur".   

Pour Mgr Marcel Lefebvre, le Jésus de Maria Valtorta est trop humain. Mais pour nos censeurs à qui les dominicains d’Avrillé et l’abbé Herrbach se sont référés, c’est exactement le contraire : il trop divin ! Il passe son temps à se proclamer le Messie et à donner des leçons de théologie la plus en pointe[47].         

Entre les deux à qui l’Église et l’Écriture donnent-elles raison ? Ni à l’un, ni aux autres, mais à un Jésus qui, «en condition de Dieu s’est abaissé jusqu’à être reconnu comme un homme et à mourir sur une croix
[48]».           

C’est dans un judaïsme alors sous domination romaine que Jésus est né d’une femme de la race de David. Il a été fils de la Loi tout en se proclamant Fils de Dieu. C’est l’humble Maria Valtorta qui voit juste. Son œuvre magistrale est bien le «chant de l’homme-Dieu» ou «l’Évangile tel qu’il nous fut révélé», selon ses titres successifs.

Il y a danger à lire la vie de Jésus de Maria Valtorta, dit Mgr Lefebvre. Mais, finalement, n’y-a-t-il pas un danger plus grand à ne pas la lire ?

 L’annonce prophétique de Léon XIII et de Pie XII.        
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Depuis notre dialogue, l’auteur de l’article a rajouté "les bons livres" qu’il faut lire, selon Mgr Marcel Lefebvre, pour se désintoxiquer des écrits de Maria Valtorta. Il n’y a rien à redire sinon à s’interroger : pourquoi ceux-là et pas les autres ?           

Avec la recension de
Ludolphe le Chartreux (1300-1377), on aurait pu citer celle d’Eusèbe de Césarée (265-339), témoignage des premiers temps apostoliques. Celle de Jacques de Voragine (1228-1298) surprend de la part de Mgr Lefebvre car la recension récapitule tout, y compris les pieuses légendes issues des écrits apocryphes.          

Pourquoi ne citer que
Dom Paul Delatte (1848-1937) et Dom Columba Marmion (1858-1923) ? Et pourquoi pas Dom Prosper Guéranger (1805-1875) ou Mgr Jean-Joseph Gaume (1802-1879) de la même époque ?

Le choix s’arrête au seuil du XXe siècle. À cette époque, on trouve L’Histoire d’une âme qui rompt avec les censures et les anathèmes du Dieu Vengeur qui précipitent les peuples dans l’anticléricalisme militant. Thérèse de Lisieux, humble carmélite (1878-1897) s’offre en holocauste à l’Amour Miséricordieux. À la place des foudres du Ciel que manient les censeurs, elle déclare :

Ma vocation c'est l'amour. Dans le cœur de l'Église je serai l'amour.

La masse des fidèles n’hésite pas : en quelques années elle choisit l’Amour. C’est un raz-de-marée et la jeune carmélite, ignorée de son vivant, emplie les églises de sa statue.  

Son existence correspond à l’époque où Léon XIII assiste à un dialogue entre Dieu et Satan
[49]. À l’instar de Job, Satan demande à éprouver l’Église. C’est le "siècle de Satan". Quatre-vingt-huit ans plus tard Paul VI constate :

Que par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu.

Il désigne l’auteur des troubles :

Nous croyons à l'action de Satan qui s'exerce aujourd'hui dans le monde précisément pour troubler, pour étouffer les fruits du Concile œcuménique, et pour empêcher l'Église de chanter sa joie d'avoir repris pleinement conscience d'elle-même[50].

Dans la suite de Pie XI qui eut la vision d’une nouvelle Pentecôte[51], Pie XII prophétise à son tour une Église renouvelée :

Nous avons la ferme confiance que, dans un délai peut-être moindre qu’il ne serait humainement prévisible, le mal pourra être arrêté dans sa marche. […] Nous voulons que Jésus règne dans le monde. […] Nous prions que Jésus hâte le jour qui doit venir où une nouvelle effusion mystérieuse du Saint-Esprit enveloppera tous les soldats du Christ et les enverra porter le salut parmi les misères de la terre. Et ce seront des jours meilleurs pour l’Église et, à travers l’Église, pour le monde entier[52].

Le 19 septembre 1975, Jésus confie à Don Ottavio Michelini[53] :

J'ai dicté à Maria Valtorta, âme-victime, une œuvre merveilleuse. De cette œuvre, Je suis l'auteur. Tu t'es rendu compte toi-même des réactions rageuses de Satan.  
Tu as constaté la résistance que beaucoup de prêtres opposent à cette œuvre qui, si elle était - Je ne dis pas lue -  mais étudiée et méditée, apporterait un bien immense à tant d'âmes. Cette œuvre est source de sérieuse et solide culture.          
Mais à cette œuvre, est réservé un grand succès dans l'Église régénérée.

Chacun jugera si l’œuvre de Maria Valtorta, écoulée à 4 millions de volumes et traduite en 30 langues est l’œuvre d’une "aliénée" inculte et hérétique. Chacun jugera si trois Papes, des saints, des bienheureux, des cardinaux et des évêques, ont eu raison ou tort de répondre à l’invitation de Pie XII :

Publiez l'œuvre tel quelle. Il n’y a pas lieu de donner une opinion quant à son origine, qu’elle soit extraordinaire ou non. Ceux qui liront comprendront.

La certitude de la réponse est si grande que Jésus invite à lire l’Œuvre donnée à Maria Valtorta y compris à titre d’écrit humain[54] :

Ouvrons donc pour eux un autre accès à la Source divine. C’est ainsi que le bon Maître est celui qui porte la Bonne Nouvelle, la Parole de vie qui « sort de ma bouche, [et] ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plait, sans avoir accompli sa mission. » (Isaïe 55,11), la Parole de vie, de salut, de lumière sur le chemin, de vérité d’amour pour tous, reviendra vers les aveugles, les sourds, les estropiés et les paralytiques, les lépreux, les fous et les morts, comme aussi vers les assoiffés et affamés spirituels, pour ouvrir les yeux et les oreilles à la Vérité, redonner leur agilité aux âmes estropiées et paralysées, guérir de leur sensualité ceux qu’elle soumet à la lèpre du péché, rendre la raison aux intelligences délirantes sous la possession démoniaque de doctrines contraires à Dieu, ressusciter l’esprit de ceux dont l’âme est morte, nourrir les affamés et désaltérer les assoiffés de moi et du Ciel afin que tous, tous, tous puissent être rassasiés, même ceux qui n’imaginaient pas me rencontrer en lisant un livre

François-Michel Debroise,
Mercredi 22 juin 2016.
Mis à jour le dimanche 21 janvier 2018.

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Fiche mise à jour le 24/01/2018.

 



[1] En voici un exemple public dont se fait écho KTO, la chaîne TV catholique : Étienne Albin témoigne de sa conversion PAR la lecture de Maria Valtorta (de 34'20 à 38'00).

[2] FSSPX : Fraternité sacerdotale saint Pie X.

[3] On peut le consulter, à son gré, dans le Grand Catéchisme de saint Pie X, ou dans le Catéchisme de l’Église catholique de 1992. La conclusion sera la même.

[4] Cf. Luc 10,21 : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.

[5] Référence préface de l’éditeur 1985.

[6] Colossiens 1, 24.

[7] cf. Galates 2, 19.

[8] Amour et réparation, noviciat des prêtres du Sacré-Cœur, 1933, page 14.

[9] Voir le Code de droit canon de 1917, § 218 et 219.

[10] Fac-similé de l’O.R. du lendemain. Agenda mentionné en haut et à gauche.

[11] Ceux-ci sont attestés principalement par l’affidavit du Père Berti , le témoignage du Père Cecchin, ainsi que par les correspondances échangées entre Maria Valtorta et le Père Migliorini ou Mgr Alfonso Carinci, secrétaire de la congrégation pour les rites sacrés.

[12] Elle est à l’origine de l’apostolat de la Croix, ce que Jésus appelle la «chaîne d’amour (la cadena de Amor)». Elle ne fonda pas moins de cinq instituts vivant de sa spiritualité dans un Mexique officiellement athée et anticlérical.

[13] Osservatore romano du 6 janvier 1960 commentant la mise à l’Index : «malgré les personnalités illustres (dont l'incontestable bonne foi a été surprise) qui ont apporté leur appui à la publication, le Saint-Office a cru nécessaire de la mettre dans l'Index des Livres prohibés».

[14] Commentaires de la mise à l’Index : Ces mots évoquent des souvenirs d’il y a environ une dizaine d’années, alors que circulaient certains textes dactylographiés volumineux, qui contenaient de prétendues visions et révélations.

[15] L’épisode est raconté dans l’affidavit du Père Berti. Les deux censeurs se prévalurent de l’autorité du Saint-Office dont le Chef était le Pape lui-même. À lire le témoignage, écrit en 1978, on comprend que la manœuvre était pilotée en sous-main par le courant antimystique qui sévit plus tard contre Padre Pio, sainte Faustine et d’autres. Cela explique que tout cela fut fait à l’insu du Pape.

[16] Le père Berti n’est ni l’auteur ni l’éditeur, et les censeurs ne sont pas l’ordinaire, c’est-à-dire l’évêque du lieu de résidence comme le requiert le droit canonique. Aucun motif n’est connu, aucune lettre ne fut envoyée à Maria Valtorta.

[17] Luigi Peroni, Padre Pio, le saint François du XXe siècle, page 138/ 139, 1999, éditions saint-augustin.

[18] Galates 2,4. Mgr René Laurentin est aussi direct : "Les charismes, les apparitions donnent des fruits souvent fructueux que les appareils administratifs de l'Église s'attachent (ou même s'acharnent) à détruire... On se demande pourquoi des apparitions qui portent de bons fruits, selon la foi et selon les mœurs, sont anéanties dans l’œuf, ou combattues durant de longues années. (Chrétiens Magazine n° 100, avril 1997. Cf R. Laurentin, L'Esprit Saint, cet inconnu, p 294)". Il appelle cela "l’avortement spirituel".

[19] Cardinal Giacomo Lercaro, (1891-1976) Commémoration de Padre Pio de Pietrelcina, cathédrale de Bologne, 8 décembre 1968.

[20] Le 6 mars 1959, le Saint-Office publie le décret suivant : Qu’il soit rendu public que la Congrégation du Saint-Office, après avoir examiné les prétendues visions et révélations de Sœur Faustine Kowalska, de l’institut de Notre-Dame de la Miséricorde, décédée en 1938 près de Cracovie, a décidé ce qui suit : Il faut interdire la diffusion des images et des écrits qui présentent la dévotion à la Divine Miséricorde dans la forme proposée par ladite Sœur Faustine. Il est requis de la prudence des évêques de devoir faire disparaître lesdites images qui ont éventuellement déjà été exposées au culte.          
Cette condamnation intervient seulement 8 mois avant la condamnation de Maria Valtorta et quelques mois après la mort de Pie XII.

[21] Constitution apostolique Fidei Depositum du 11 octobre 1992.

[22] Matthieu 28,20.

[23] Actes 2,16-20, citant Joël 3,1 et suivants.

[24] Cf. Luc 10,21 : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.

[25] Apocalypse 22,2.14. On en parle aussi en Apocalypse 2,7.

[26] Proverbes 3,18. Proverbes 11,30.

[27] Luc 2,6-7.

[28] Lumen Gentium, § 57, citant pour cela conciles et Docteurs de l’Église.

[29] Jacques Bénigne Bossuet, Œuvres complètes, Volume 5, Litanies de la Sainte Vierge, Paris 1862.

[30] Liber divinorum operum simplicis hominis, 4, 18.

[31] De la Trinité, Livre XIV, chapitres 10 à 15.

[32] Saint Jean Chrysostome, Homélie 81 sur saint Matthieu, § 3.

[33] Denzinger-Schönmetzer § 556.

[34] Psaume 21,16 (Hébreu 22).

[35] Cet homme était vraiment fils de Dieu (Matthieu 27,54).

[36] Marc 15,41.

[37] Le mystère des stigmatisés, Jeanne Danemarie, Grasset, 1933, page 136.

[38] Isaïe 53,10. Le Fils de Dieu qui était exempt de tout péché et à l’abri de toute souffrance, s’est fait homme, car le mal et la douleur sont choses humaines : ils n’atteignent pas Dieu et ne peuvent se produire que dans l’humanité puisque Dieu est métaphysiquement impassible, incapable, par sa nature même, de souffrir.

[39] Matthieu 27,46.

[40] Psaume 21,10-11 (Hébreu 22).

[41] Arnauld, abbé de Bonneval (+1156) : De septem verbis Domini in croce, 3ème partie.

[42] Luc 7,36-47.

[43] Jean 13,23 et Jean 21,20.

[44] Matthieu 6,22-23.

[45] Pro e contro Maria Valtorta, édition anglaise.

[46] Alphonse de Liguori, Les gloires de Marie, chapitre V : Marie, notre médiatrice, § 1 : Que l'intercession de Marie nous est nécessaire pour nous sauver.

[47] Osservatore romano du 6 janvier 1960. "Jésus est […] toujours prêt à se proclamer Messie et Fils de Dieu et à faire des exposés de théologie dans les termes mêmes qu’emploierait un professeur de nos jours".

[48] Philippiens 2,6-8.

[49] Vision du 13 octobre 1884.

[50] Homélie du 29 juin 1972.

[51] Pie XI, Ubi arcano Dei consilio (Sur la question romaine), 23 décembre 1922.

[52] Osservatore Romano, 24 décembre 1954 rapportant une vision que le Pape eut du Christ, le 8 décembre 1954.

[53] Don Michelini, Confidences de Jésus à ses prêtres et à ses fidèles.

[54] Quadernetti, Dictée du 6 janvier 1949. Inédite en français.