Maria Valtorta en 1943

Maria Valtorta
sa vie, son œuvre.

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La publication de l'œuvre :
soixante-dix ans de rebondissements.

 






















Première publication du sommaire (1948) avec imprimatur de Mgr Barneschi.




Le premier volume de 1956.




Édition de 1961.




Mgr Giovanni Pepe, né en 1880.
Voir l’article qui lui est consacré sur
Club Amici Valtortiani (en italien).


 1944-1958       
Un accueil favorable mais une opposition larvée du Saint-Office.    
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1944 :       

En mars, Maria Valtorta devient tertiaire de
l’ordre des Servites de Marie (O.S.M.)[1]. Le 15 octobre, alors que les visions de la vie de Jésus sont en cours, Jésus confie l’œuvre et Maria Valtorta aux Servites de Marie[2]. Le P. Romualdo Migliorini, son confesseur, commence à dactylographier la vie de Jésus et à en distribuer des extraits, contre l'avis de Maria Valtorta et l’avertissement de Jésus. Il insiste sur la "révélation divine" à leur origine.        

1946 :       

En mars, ses supérieurs mutent le P. Migliorini de Viareggio à Rome. On lui demande, semble-t-il, de cesser ses diffusions prosélytes. À Rome, il rencontre un de ses jeunes confrères, le
P. Corrado Berti, professeur de dogmatique et de théologie sacramentelle à Marianum, faculté pontificale de théologie (en 1950). Il lui partage sa conviction et ils se mettent en quête de la promotion de l'œuvre.     

Août, le
Père Roschini, fondateur de Marianum, examine le premier tome des révélations sur demande du prieur de l’Ordre. Il conclut, sans enthousiasme particulier, à sa publication possible avec les réserves d’usage[3].   

Les rapports entre le P. Migliorini et Maria Valtorta se tendent, mais le Père C. Berti collabore parfaitement avec Maria Valtorta. Il s’occupe de la suite de ses écrits sans être son directeur spirituel, rôle désormais tenu par le Père Mariano De Sanctis (OSM).        


1947 :        

En janvier 1947, le Père Berti parle de soumettre les écrits de Maria Valtorta directement au Saint-Père
[4]. Cela soulève dans l’ordre des servites, majoritairement dubitatif, toute à la fois des attitudes timorées et des ambitions terrestres devant une œuvre digne d’un tel niveau d’arbitrage.          

Sur ces entrefaites, le Père Migliorini veut proclamer un des Servites de Marie comme auteur de l'Œuvre. "Ils veulent s'approprier l'Œuvre pour gagner de l'argent" confie Maria Valtorta à Mère Teresa Maria, sa mère spirituelle
[5].          

Le P. Berti fait passer au Pape, par l’intermédiaire de Mgr Francesco Norese, archiviste de la Secrétairerie d’État qu’il connaît, les volumes dactylographiés de l'œuvre. Le Pape en prend personnellement connaissance. Mgr Norese surveille l’avancée de la lecture à l’aide du marque-page qu’utilise le Souverain-Pontife. La lecture terminée, il organise l’audience.       

Mgr Giovanni Battista Montini, futur Paul VI est alors secrétaire particulier du Pape.        

Le Père
Augustin Bea, confesseur de Pie XII et directeur de l’Institut biblique pontifical, ainsi que Mgr Alfonso Carinci, secrétaire de la Congrégation pour les Rites sacrés (actuellement pour la cause des saints) avaient tous les deux pris connaissance favorablement des premiers extraits des visions de Maria Valtorta.          

Mgr Carinci qui fut ultérieurement l’un des réconforts de Maria Valtorta, fit partager son avis positif à son ami Mgr Luigi Novarese, béatifié par la suite, qui œuvrait, lui aussi à la Secrétairerie d’État.        

1948 :       

Pie XII reçoit les deux religieux, en compagnie de leur Supérieur, le
P. Andrea Cecchin, le 26 février 1948. Au cours de cette audience spéciale, attestée par l'Osservatore Romano n° 48, daté du lendemain. Les écrits de Maria Valtorta sont donc de réelle importance car on ne peut obtenir une telle audience pour une quelconque révélation privée, ou pire pour une œuvre romancée.

En conclusion de l’audience, le Pape fait part de son jugement favorable : il conseille de publier l’œuvre sans rien enlever, pas même les déclarations explicites de rapporter des “visions” et des “dictées”; mais en même temps il n’approuve pas le texte d’une préface qui parlait d’un phénomène surnaturel. Selon le conseil du Pape, toute interprétation sur ce sujet devait être laissée au lecteur :

Publiez l'œuvre tel quelle. Il n’y a pas lieu de donner une opinion quant à son origine, qu’elle soit extraordinaire ou non. Ceux qui liront comprendront.

Au sortir de l’audience, les trois servites notent les termes du Pape. Le Père Berti confirmera ces propos et circonstances trente ans plus tard dans son affidavit ou témoignage sous serment.

Au début des années 1990, le P. Cecchin
les confirme de son côté à un religieux de la région de Chicago, le P. Peter Mary Rookey, servite de Marie comme lui. La cause de béatification du P. Cecchin a été introduite en 2002 et le P. Rookey est connu pour son ministère de guérison[6]   

Le P. Cecchin rappelle que le Pape avait demandé aux religieux de trouver un évêque pour l'imprimatur d'usage. Ce qui fut fait peu de temps après par Mgr Costantino Barneschi dans un livret de 32 pages, auteur inconnu, intitulé Parole di Vita Eterna (voir ci-contre). Une société éditrice, Laboremus, fut créée spécialement à Rome, mais elle ne dura pas.      

Le 11 juillet, un prêtre de la Secrétairerie d'État fait demander à Maria Valtorta, par l’entremise du Père Berti, où se trouve la tombe de Saint Pierre
[7] que l’on cherchait alors. Preuve, s’il en était besoin, de la haute considération dont jouit la mystique dans l’entourage du Pape.           

Mais le 25 octobre, Pie XII fait demander aux servites, par l’intermédiaire de Mgrs Montini et Tardini ses secrétaires particuliers, que l’imprimatur soit accordé par un évêque italien
pour éviter les réactions de "certains prélats hostiles". Mgr Barneschi était en poste en Afrique du sud[8].     

Mgr Montini avance le nom de
Mgr Michele Fontevecchia, évêque d’Aquino-Sora (Latium) diocèse où se trouve l’actuel Centro editoriale valtortiano. L’éditeur était spécialisé, à l’époque, dans les éditions religieuses. Lévêque se propose de confirmer l’imprimatur[9], mais il en fut empêché : on le lui "arracha des mains"[10]  

Le 29 novembre, le Supérieur des Servites reçoit un appel téléphonique du Saint-Office intimant l’ordre aux Pères Migliorini et Berti de ne plus s’occuper de la diffusion de l’œuvre, sous peine de sanction.      

Le 23 décembre 1948, Maria Valtorta reçoit un message pour le Pape Pie XII
[11]. C’est une supplique grave du Ciel l’invitant à défendre, avec autorité et fermeté, une œuvre qui sera la "gloire future de son pontificat".      

1949 :       

Le 15 février, l’œuvre est brusquement stoppée. Le Père Berti est convoqué par deux censeurs, Mgr Giovanni Pepe, en charge de la censure des livres, et le Père Girolamo Berutti. Il n’a pas le droit de parler, seulement de signer la lettre du Saint-Office et de remettre les manuscrits en sa possession. "Ici, ils resteront comme dans une tombe", lâche Mgr Pepe
[12]. Le P. Berti ne remit que des copies puisque les originaux étaient aux mains de Maria Valtorta.         

Cette procédure choquante est bien sûr en dehors de toutes les procédures canoniques
[13]. À part une allusion non datée et non précisée qui confirme que cette rencontre a bien eut lieu[14], on n’a jamais pu retrouver la moindre trace d’une telle condamnation : ni dans les Actes du Saint Siège, ni dans des documents publics officiels ou officieux, ou même dans des lettres que le Saint-Office aurait dû écrire, selon le droit canon, à l’auteure ou à l’éditeur.      

Seuls, l’affidavit du Père Berti et la correspondance de Maria Valtorta échangée à cette occasion, précisent cette altercation. Ces mêmes documents attestent de l’imprimatur verbal de Pie XII, un avis qui prime tout.           

Le 10 mars, Maria Valtorta reçoit cette dictée sévère sur ceux qui tentent de s’opposer à l’œuvre et de la détruire : ils n’échapperont pas à un jugement sévère. Elle connaîtra leur nom au genre de mort qu’ils auront et elle les verra dans le lieu où ils expieront
[15].       

1950 :       

Une lettre d’avril 1950 de Maria Valtorta à Mère Teresa Maria désigne l’orchestrateur de cette censure qui allait entrainer dix ans plus tard la mise à l’Index : le Père Mariano Cordovani (1883-1950).

Je ne sais pas si vous savez, écrit-elle, que le soir du Jeudi Saint (5 avril 1950), le Père Cordovani […] principal adversaire de l'Œuvre, est mort subitement (paralysie fulminante) sans avoir le temps de dire : Mon Jésus !           
Et elle rajoute : Le plus beau dans tout cela est qu’il n’y a pas eu de tapage autour de l’évènement… départ du célèbre dominicain et du puissant dominicain. Pas même le Notiziario del mondo cattolico en a parlé ...
[16]

Le 6 juin, elle voit le visage du Père Cordovani émerger des flammes du Purgatoire.

Est-ce que tu le vois ? commente Jésus. Le reconnais-tu ? Il est là. Et il sera là longtemps, longtemps, longtemps au seul motif d'avoir combattu Moi, toi et l'Œuvre, agissant contre la Sagesse, la Charité, la Justice[17].

Ce n’était rien moins que le superviseur du Saint-Office. Il portait le titre de Maître des Palais apostoliques qui fut conféré pour la première fois à saint Dominique, fondateur de son ordre (O.P.). Il ne fut pas pourtant l’auteur des actions ultérieures.

1952 :       

Janvier : devant l’impasse que constituait l’opposition larvée du Saint-Office,
une supplique est préparée pour le saint Père. Signée de Mgr Alfonso Carinci (1862-1963), elle rassemble une dizaine d’attestations de personnalités favorables à l’œuvre de Maria Valtorta et demande la désignation d’une personne en charge de l’imprimatur.  

C’est à ce recours que fait allusion l’Osservatore romano du 6 janvier 1960 quand il écrit :

Malgré les personnalités illustres (dont l'incontestable bonne foi a été surprise) qui ont apporté leur appui à la publication...

Ces personnalités n’ont rien des naïfs que suppose cet article.   

Outre l’attestation de Mgr Carinci, on trouve celle :         
- du Père
Augustin Bea (1881-1968), alors recteur de l’Institut biblique pontifical et confesseur de Pie XII.     
- de Mgr Ugo Emilio Lattanzzi, recteur de l’université pontificale du Latran
[18].  
- de Mgr
Maurizio Raffa (1906-1957), directeur du Centre international de comparaison et de synthèse, retenu ultérieurement comme juste parmi les nations par le Yad Vashem ;          
- de Maître
Camillo Corsanego (1891-1963), doyen des conseillers consistoriaux chargés de plaider les causes de béatification ou de canonisation.       
- etc.           
Cette supplique ne fut jamais remise au Saint-Père mais atterrit … au Saint-Office.         

Le 19 avril, Mgr Fontevecchia, devenant aveugle, cède son siège épiscopal à son coadjuteur,
Mgr Biagio Musto. Lui aussi voulut accorder, pour la troisième fois, l’imprimatur à l’œuvre de Maria Valtorta, mais il subit lui aussi des pressions pour ne pas le faire :

Oh, comme j'aurais volontiers donné l'imprimatur, s'il n'y avait pas eu quelqu'un qui vint l'arracher de ma main ! S'il te plaît, prie Maria (Valtorta) pour moi, confie-t-il plus tard à Marta Diciotti, l’aide de Maria Valtorta[19]

Le 3 août, Mgr Giovanni Pepe, auteur de la tentative occulte de supprimer les manuscrits de Maria Valtorta en 1949, met à l’Index huit livres parlant du Padre Pio, sans l’aval du Pape. Ce qu’apprenant, Pie XII exigea que Mgr Giovanni Pepe soit démis de ses fonctions et minimisa l’impact d’une telle initiative[20] qu’il réprouvait.   

1953 :       

Le P. Romualdo Migliorini meurt.    

1956 :       

L’échéance de la publication approchant, le P. Berti tente d’obtenir un imprimatur ou, pour le moins, une lettre de soutien.      

Le 6 mars il reçoit
la réponse du cardinal Giuseppe Siri (1906-1989), archevêque de Gênes. Celui-ci a eu «une impression excellente» à la lecture des extraits, mais il décline l’offre de prendre en charge l’imprimatur, d’autant, dit-il, que la Saint-Office ayant pris l’affaire en main, il serait «périlleux (pericoloso)» de le faire. Ainsi la tenaille fonctionnait : d’un côté on contestait l’imprimatur déjà accordé et de l’autre on faisait pression pour éviter qu’un autre le soit.           

En juin, le premier des quatre volumes est édité de façon anonyme (opus anonymum). Maria Valtorta tenait expressément à cet anonymat. Son titre est le Poema di Gesù. Pour des raisons de propriété intellectuelle, l’éditeur est obligé de changer le nom pour le second et les suivants : ils seront édités sous le titre de Poema dell’Uomo-Dio.        

La publication ne provoque aucune réaction de la part du Saint-Office, de même le second puis le troisième volume. Et pour cause, Pie XII est vivant.       

1958 :       

Le 9 octobre, le Pape Pie XII meurt et le 28 octobre Jean XXIII est élu.

 1959 à 1966    
Mise à l’Index de l’œuvre et tentatives de contre-offensive.       
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1959 :       

Le dernier des quatre tomes de l'œuvre de Maria Valtorta est publié. Le 16 décembre, le décret de mise à l'Index de l'œuvre de Maria Valtorta est signé. Il est inscrit dans les
Actes du Saint-Siège, volume 52 de 1960, page 60. Le nom de Maria Valtorta n’est pas cité : il ne le sera que dans l’article.        

1960 :       

Le 5 janvier, Mgr Alfonso Carinci, presque centenaire, termine ses fonctions. Le lendemain, l'Osservatore Romano publie le décret de mise à l'Index et le commente dans un article anonyme intitulé "
Une vie de Jésus mal romancée".  

1961 :        

Le 1er juillet, un article de la prestigieuse Civiltà Cattolica : enfonce le clou : Maria Valtorta est «une pauvre visionnaire à l’imagination galopante». Sa santé mentale est mise en doute.   

Sept ans plus tard, le bienheureux Gabriele Allegra répondra à cet article en démontrant, point par point, l’inadéquation des attaques formulées.        

Le 11 juillet, Emilio Pisani écrit, non sans humour, une lettre au Père Roberto Tucci, directeur de la Civiltà cattolica qu’il avait rencontré quelques mois auparavant. Il se sert, dans sa réponse, de l’avis du cardinal Bea émis en 1952. C’était lui aussi un jésuite et de plus il était, à cette époque, un cardinal en vue dans la préparation du concile qui s’annonçait. Emilio Pisani enfonçait le clou en joignant l’avis des autres personnalités. Par la suite, la revue cessa ses écrits hostiles à Maria Valtorta, voire même elle la défendit.   

Le 12 octobre, Maria Valtorta meurt.            

Le 1er décembre, l'Osservatore Romano publie un article
étendant à la seconde édition (qui allait comporter dix volumes), la prohibition de la première. Le motif est le même : défaut d’imprimatur. Il s’agit de la même censure. Curieusement, l’article ne se réfère à aucune autorité. La décision semble émaner du journal même qui, bien qu’étant un organe officiel, n’a que le pouvoir de transmettre sans décider.  

Le même mois P. Berti est convoqué par le Saint-Office (à l'origine de la mise à l'Index) où il trouve une atmosphère plus propice au dialogue auprès du nouveau commissaire qui le reçoit. On ne connaît pas la raison de cette initiative. Le P. Berti rapporte à son interlocuteur, le Père Marco Giraudo, un dominicain, les propos de Pie XII en 1948 ainsi que les prises de positions favorables écrites. La qualité des signataires semble impressionner le commissaire.
          

1962 :       

En janvier, le P. Berti revient par quatre fois au Saint-Office avec un rapport et quelques documents qu'on lui avait demandés. Le Père Giraudo, prend conseil de sa hiérarchie et accorde une autorisation modérée, mais verbale pour la nouvelle édition :

Vous avez notre entière approbation pour continuer la publication de cette deuxième édition de l’Évangile tel qu’il m’a été révélé (Poema del Uomo-Dio) de Maria Valtorta. Nous verrons bien comment l'œuvre sera accueillie.

Il rapporte cet épisode dans son affidavit.     

1963 :       

le 3 juin, Jean XXIII meurt, le 21 juin, Paul VI est élu. Mgr Macchi, secrétaire du nouveau Pape, confirme dans un entretien au P. Berti que l'œuvre de Maria Valtorta n'est pas à l'Index et que le nouveau pape, alors qu’il était archevêque de Milan, avait lu en partie l’œuvre de Maria Valtorta et l’avait commandée pour son séminaire
[21].      

Le 8 novembre, le cardinal Joseph Frings (1887-1978), archevêque de Cologne, déclare en pleine assemblée conciliaire :

Il faut souligner clairement que la nécessité de réformer la procédure […] vaut pour toutes les congrégations romaines, y compris le Saint-Office. Nul ne peut être condamné sans avoir été entendu, sans avoir eu la possibilité de se défendre et aussi de se corriger. La procédure du Saint-Office ne répond plus à notre temps et est pour beaucoup un objet de scandale.

La déclaration est saluée par un tonnerre d’applaudissements. Le théologien de Mgr Frings (Peritus) était le P. Josef Ratzinger.

 1966 à 1992    
Abolition de l’Index et recherche d’une position officielle substitutive.      
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1966 :       

Le 14 juin, l'Index est aboli : dans la suite de la lettre apostolique "
Integrae Servandae" définissant le rôle de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (anciennement Congrégation du Saint-Office), le Cardinal Alfredo Ottaviani précise le sort réservé aux livres interdits. Après avoir consulté le Pape il promulgue la Notification[22] sur l'abolition de l'Index des livres prohibés, publiée dans l'Osservatore Romano du mardi 15 juin 1966 : L'Index reste moralement engageant mais il n'a plus force de loi ecclésiastique avec la censure qui lui était jointe. L'Église affirme sa confiance dans la conscience des fidèles et confie aux différentes Conférences épiscopales (nationales), le soin d'examiner et d'empêcher d'éventuelles lectures nocives.

Non seulement l’Index est supprimé, mais le pouvoir d’éclairer les consciences, passe officiellement du Saint-Office aux évêques ou à leur conférence. Ceci sera encore plus explicite avec la réforme de l’imprimatur de 1975. Par la suite, la Congrégation pour la doctrine de la Foi ne communique plus ses décisions aux «ordinaires du lieu» (évêques), mais les sollicite pour répondre directement aux personnes concernées qui s’interrogent sur l’attitude à avoir envers l’œuvre de Maria Valtorta.

1967 :        

Le Padre Pio répond à Elisa Lucchi qui lui demandait si elle pouvait lire l’œuvre de Maria Valtorta : "Non seulement je vous permets de le lire, mais je vous le recommande"

1968 :       

Le 13 avril, jour du samedi saint, le Père Allegra, traducteur de la Bible en chinois, béatifié par Benoît XVI, écrit dans son journal :

Je ne suis absolument pas convaincu que (les écrits de Maria Valtorta) sont une simple méditation d’une pieuse chrétienne. Non, cette âme a vraiment vu et entendu. Le doigt de Dieu est là ! (Digitus Dei est hic !)

Le 25-26 août, il note dans son journal :

Dons de la nature et cadeaux mystiques harmonieusement conjugués expliquent ce chef d’œuvre de la littérature religieuse italienne et, devrait-on dire, de la littérature chrétienne mondiale.

1970 :

En juin, le même Père Allegra
écrit :

Je retiens que l'œuvre (de Maria Valtorta) requiert une origine supra naturelle […] je ne vois pas comment il peut être raisonnablement nié que (L’évangile tel qu’il m’a été révélé) édifie et enchante les fils de l’Église.

Publiés en 1985, tous ces écrits sont connus au moment de la béatification du Père Allegra.  

1973 :        

Le Père Gabriele M. Roschini publie La Vierge Marie dans l’œuvre de Maria Valtorta. Il écrit notamment en préface :

Aucun autre écrit marial, pas même la somme de tous ceux que j'ai lus et étudiés, n'avait été en mesure de me donner sur Marie, chef-d'œuvre de Dieu, une idée aussi claire, aussi vive, aussi complète, aussi lumineuse et aussi fascinante, à la fois simple et sublime, que les écrits de Maria Valtorta.

Il fait parvenir un exemplaire à Paul VI.       

1974 :        

Le 17 janvier 1974 la Secrétairerie d’État, la plus haute instance du Vatican, le remercie au nom du Souverain-Pontife pour «le précieux travail» en «exprimant l'espoir que vos efforts recueillent des fruits spirituels abondants».   

Le P. Gabriele Roschini est le fondateur de «Marianum», faculté pontificale de théologie.

1975 :        

19 mars, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi publie la nouvelle réglementation "
concernant la vigilance des pasteurs de l'Église au regard des livres" (Decretumde Ecclesiae pastorum vigilantia circa libros) : L'imprimatur, confié aux conférences nationales ou régionales (art. 1), se concentre désormais sur un périmètre restreint : Traductions de l'Écriture sainte (art. 2), livres liturgiques (art. 3), catéchismes et livres d'enseignement (art.4), le devoir de réserve des prêtres et des fidèles (art. 5), la constitution des corps compétents pour donner un avis motivé (art. 6). L'œuvre de Maria Valtorta échappe à ce périmètre, mais n'exclut pas la prudence pastorale compte-tenu de son sujet, ce que défendra ultérieurement le Cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.     

19 septembre : Jésus confirme à Mgr
Michelini, un mystique italien, qu’Il est bien l’auteur de l’œuvre inspirée et qu’elle est promise à un grand succès "dans l’Église régénérée ».      

1978 :       

Le 22 mai, Mère
Maria Inès du Très Saint Sacrement, une mexicaine fondatrice de congrégation, béatifiée par Benoît XVI, écrit à l’éditeur qu’elle est «friande» de l’œuvre de Maria Valtorta qui était «devenue l'une des plus belles sources de lecture spirituelle». Elle fait distribuer cette œuvre dans chacune des 35 maisons qu’elle a fondé.        

Le 8 décembre, le P. Corrado Berti signe sur papier à en-tête du "Collegio Internazionale - S. Alessio Falconieri – Dei Servi di Maria" une
attestation certifiant la chronologie des évènements y compris la levée verbale de l'Index en 1961 et sa confirmation en 1963. 

1985 :       

Le 31 janvier,
dans une lettre adressée au Cardinal Giuseppe Siri, archevêque de Gênes, le cardinal Ratzinger, le charge de répondre à la demande d'un prêtre de son diocèse, en date du 18 mai 1984, désireux de connaître la position de l'Église sur les écrits de Maria Valtorta. Il lui communique l'ensemble des pièces officielles du dossier en le laissant juge de la conduite à tenir. Pour sa part, il ne juge pas opportune la diffusion de ces œuvres, non au regard d'erreurs intrinsèques, mais au regard de l'impact qu'elles pourraient avoir sur les esprits mal préparés (naïfs). 

1986 :       

Le 6 juin, Mgr
George Hamilton Pearce, un Père conciliaire, anciennement archevêque métropolitain des Fidji, écrit à l’éditeur, depuis sa retraite de Providence (USA) :

Mon premier contact avec l’œuvre de Maria Valtorta fut en 1979 [...] Je la trouve (l’œuvre) remarquablement inspirante. Il m’est impossible d’imaginer que quelqu’un puisse lire ce travail monumental, avec un esprit ouvert, et ne pas en être convaincu que l’auteur ne peut être autre que l’Esprit Saint de Dieu.

1988 :       

Le
Père Leo Maasburg, compagnon de route de Mère Teresa de Calcutta et confesseur occasionnel, remarque qu’elle se déplace toujours avec trois livres : sa Bible, son bréviaire et l’œuvre de Maria Valtorta. À sa question sur le contenu de sa lecture spirituelle, elle répond : "Lisez-le".

9 septembre : Mgr Josef Clement, secrétaire du cardinal Ratzinger aurait répondu à une lectrice canadienne en reprenant, semble-t-il, les reproches formulés dans l’article de l’Osservatore romano du 6 janvier 1960. Mais la source reste floue et imprécise. Elle est reprise dans des courants de pensée retreints et polémiques.

 1992 à nos jours      
Apaisement autour de la position officielle de l’Église.  
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1992 :       

Janvier/mars : à l’occasion de la traduction de l’œuvre de Maria Valtorta en langue locale, Mgr Benedict Gregorios, archevêque de Trivandrum (Inde), un Père conciliaire, suivi par
les évêques du Kerala saluent unanimement cette initiative par écrit. Plusieurs soulignent les fruits spirituels obtenus.         

Mai : Devant la "recrudescence de l'intérêt" pour l'œuvre de Maria Valtorta, le Cardinal Ratzinger
demande à Mgr Dionigi Tettamanzi, secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne, de prendre officiellement contact avec l'éditeur pour :

Qu’il soit clairement dit, dans les premières pages, que les "visions" et "dictées" qu'ils relatent ne peuvent pas être considérées comme d'origine surnaturelle, mais doivent être considérées simplement comme les formes littéraires dont s'est servi l'auteure pour raconter, à sa manière, la vie de Jésus.

La formule employée n’est pas l’affirmation «ne sont pas d’origine surnaturelle», mais la directive «ne doivent pas être considérées comme d’origine surnaturelle». Formule conforme aux usages de l’Église pour laquelle les révélations privées ne sont crédibles que de «simple foi humaine et non divine»[23].     

Août-septembre : le P.
Roman Danylak, théologien et docteur en droit canonique, publie un long article dans lequel il réfute les critiques formulées, à l’époque, à l’encontre de l’œuvre de Maria Valtorta et démontre son point de vue favorable à l’œuvre[24].

Le 11 octobre le Catéchisme de l'Église catholique rédigé par une commission sous la présidence du Cardinal Ratzinger, est promulgué par Jean-Paul II (Constitution Apostolique "Fidei Depositum"). Il légifère dans ses
articles 66 et 67 sur les révélations privées et renouvèle la confiance de l’Église dans l’avis éclairé des fidèles :

Au fil des siècles il y a eu des révélations dites "privées", dont certaines ont été reconnues par l’autorité de l’Église. Elles n’appartiennent cependant pas au dépôt de la foi. Leur rôle n’est pas "d’améliorer" ou de "compléter" la Révélation définitive du Christ, mais d’aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l’histoire. Guidé par le Magistère de l’Église, le sens des fidèles sait discerner et accueillir ce qui dans ces révélations constitue un appel authentique du Christ ou de ses saints à l’Église.

1993 :       

11 mai, Mgr Boland, évêque de Birmingham (Alabama)
informe Mr Terry Colafrancesco de la réponse apportée par le Cardinal Ratzinger à sa demande du 21 juillet 1992 sur la position de l'Église concernant l'œuvre de Maria Valtorta. L'évêque, faisant référence à la lettre du Cardinal Ratzinger, confirme le mandement fait à la Conférence épiscopale italienne l'année précédente.   

1994 :       

L'éditeur publie désormais le "Poème de l'Homme-Dieu" sous son titre original de "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé" et sous seule mention de son auteure, Maria Valtorta, sans référence à une origine surnaturelle. Il a expliqué longuement dans les deux "Bollettino Valtortiano" de l'année 1994, les motifs de ce retour au titre original et les rapports normalisés avec l'autorité ecclésiastique. Le nouveau titre n’est pas une proclamation anathème d’un nouvel Évangile, mais simplement la façon dont Maria Valtorta parlait de ses visions.

1996 :

23 avril, Le P. Giandomenico Mucci,
répond au nom du directeur de La Civiltà Cattolica à un lecteur s’interrogeant sur la mise à l’Index de Maria Valtorta. L’Index n’a plus de valeur juridique dans l’Église. Il signale une orientation mais c’est à la conscience de décider. Dans le cas du lecteur, il est évident que la lecture de Maria Valtorta ne constitue pas un danger pour sa foi, mais au contraire, la fortifie.     

La Civiltà Cattolica est considérée comme une revue semi-officielle du Saint-Siège étant donné les liens particuliers qu'elle entretient avec le Vatican. Elle avait fait paraître en 1961 un article virulent contre l’œuvre de Maria Valtorta.          

14 juin, le cardinal
Anthony Padiyara, archevêque majeur du Kerala, un Père conciliaire, écrit à l’occasion de la mort du traducteur de l’œuvre de Maria Valtorta en langue locale :

Ces volumes traitent de la vie et des activités de notre Seigneur Jésus-Christ dans les détails minutieux de la vie quotidienne révélant la personnalité de Jésus et de notre Mère Sainte, comme aucun autre livre ne l'a jamais fait.

1996/1999 :        

Le Père Yannik Bonnet, alors en formation à Rome
[25], affirme dans un entretien donné ultérieurement à Radio Notre-Dame[26], que le cardinal Stanislas Dziwiz, secrétaire de Jean-Paul II lui avait certifié avoir souvent vu les œuvres de Maria Valtorta sur la table de chevet du Souverain Pontife.     

2001 :       

Le 24 juin, Mgr Le P. Roman Danylak, devenu entretemps Administrateur apostolique de l’Église gréco-catholique ukrainienne pour l’est canadien, atteste de la parfaite conformité de l'œuvre avec «les Évangiles canoniques, la Tradition et le Magistère de l’Église catholique».          

Le 19 juillet, sœur Maria Uranga confirme à l’éditeur que la fondatrice de leur congrégation, Mère Maria Inès du Très Saint Sacrement, bientôt béatifiée, avait fait distribuer l’œuvre de Maria Valtorta dans chacune des 35 maisons qu’elle avait fondé, «parce qu’elle l’aimait beaucoup». Elle l’avait aussi distribué à des prêtres et à des évêques.        

2002 :      

Le 13 février, Mgr Roman Danylak encourage publiquement la consultation d’un site publiant l’œuvre de Maria Valtorta. Il réaffirme la conformité de celle-ci à la foi catholique. À cette occasion, il mentionne que le cardinal Ratzinger «en lettres privées a reconnu que ce travail est exempt d'erreurs de doctrine ou de morale», mais il ne précise pas ces sources privées.   

2007 :       

Le 27 avril, les évêques chinois, en préparation d’un synode sur «La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église», formulent le vœu que les œuvres de Maria Valtorta puissent continuer à être traduites dans leur langue «pour aider le peuple de Dieu à apprécier le message évangélique».         

2011 :        

Les 12 et 15 octobre, le cinquantième anniversaire de la mort de Maria Valtorta est célébré, sur l’initiative de la communauté des Servites de Marie et de la Fundazione Maria Valtorta CEV, à la Santissima Annunziata de Florence sous la présidence d’un nonce apostolique, Mgr Pier Giacomo De Nicolò.

2012 :       

Le 21 avril, à N.D. de Guadalupe à Mexico, le cardinal Angelo Amato, Préfet de la Congrégation pour les causes des Saints, représentant le pape Benoît XVI, béatifie María Inés Teresa Arias Espinosa (Mère Maria Inès du Très Saint Sacrement). Elle avait fait distribuer abondamment les œuvres de Maria Valtorta qu’elle lisait.          

Le 29 septembre, à Acireale en Sicile, le cardinal Angelo Amato,
au nom du pape Benoît XVI, béatifie le P. Gabriele Allegra, traducteur de la Bible en chinois. Dans ses écrits et sa correspondance, publiés dès 1985, il avait affirmé la haute valeur spirituelle et scientifique de l’œuvre de Maria Valtorta qu’il estimait venir de l’esprit de Jésus.

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Fiche mise à jour le 29/10/2018

 



[1] Calendrier spirituel mentionné dans les Cahiers au 10 février 1946.

[2] Cahiers, 15 octobre 1944.

[3] P. Gabriel M. Roschini, La Vierge Marie dans l’œuvre de Maria Valtorta, déclaration de l’auteur.

[4] Cahiers, 31 janvier 1947.

[5] Lettere a Madre Teresa Maria {it}, vol. 2, 12 janvier 1947.

[6] International Compassion Ministry  (IMC).

[7] Les Carnets.

[8] Lettere a Madre Teresa Maria {it}, Vol. 2, 11 novembre 1948, page 160.

[9] Ib°, 16 décembre 1948, page 165.

[10] Lettere a Carinci {it}, lettre du 24 août 1950.

[11] Les carnets, 23 décembre 1948.

[12] "Qui rimaranno come in un sepolcro " Attestation du Père Berti : Exposizione, § 4.

[13] Code de droit canon de 1917, § 1384 et suivants. Les censeurs ne sont pas l’ordinaire (évêque) du lieu de l’auteure ou de l’éditeur (§ 1385, alinéa 2). D’autre part le Père Berti n’est ni l’auteure, ni l’éditeur : il ne peut être destinataire d’une censure non contradictoire, seulement d’une interdiction personnelle. Enfin aucun écrit de quelques sortes n’est venu officialiser cette interdiction qui va à l’encontre de l’avis du Souverain-Pontife. Elle reste donc une initiative personnelle de Mgr Pepe et du P. Berruti. C’est ce dernier qui rédige sans doute l’article commentant, en 1960, la mise à l’Index : Mgr Pepe a en effet été démis de ses fonctions, en 1952, pour indiscipline grave. Le P. Berruti est incapable de justifier les termes et le contour d’une interdiction antérieure, autre que par des vagues «souvenirs d’il y a environ une dizaine d’années». Cela n’a pas de force canonique.

[14] Dans l’article de l’Osservatore romano commentant la mise à l’Index : «Ces mots évoquent des souvenirs d’il y a environ une dizaine d’années, alors que circulaient certains textes dactylographiés volumineux, qui contenaient de prétendues visions et révélations. On sait qu’alors l’autorité ecclésiastique compétente avait défendu l’impression de ces textes dactylographiés et avait ordonné qu’ils soient retirés de la circulation. Et maintenant nous les voyons reproduits presque en entier dans la présente œuvre.»

[15] Les carnets, 10 mars 1949.

[16] Lettere a Madre Teresa Maria {it}, Volume II, page 285-286.

[17] Les Carnets, 6 juin 1950.

[18] Mgr. Ugo Lattanzi, Doyen de la Faculté de Théologie de l’Université pontifical du Latran, conseiller au Saint Siège (1951) : "L’auteur n’aurait pu écrire une telle abondance de matériel sans être sous l’influence d’une force spirituelle".

[19] Une vita con Maria Valtorta, testimonianze di Marta Diciotti {it}, page 388.

[20] Luigi Peroni, Padre Pio, le saint François du XXe siècle, page 138/ 139, 1999, éditions saint-augustin.

[21] Pour tous ces épisodes, voir l’affidavit du Père Berti.

[22]  "Notificatio de Indicis librorum prohibitorum conditione" (Acta Apostolicæ Sedis - AAS 58),

[23] Pie X, Pascendi Dominici Gregis, (Paître le troupeau), 8 septembre 1907, § 75.

[24] Site de Roman Danylak : In Defense of The Poem.

[25] Dans les années 1996/1999. Le Père Yannik Bonnet est devenu prêtre sur le tard, lors de son veuvage. Élève de Sciences-Po et ancien Directeur des relations humaines d’un grand groupe industriel français, il est père de sept enfants. Il doit sa vocation à la découverte de Maria Valtorta et s’en est entretenu avec le cardinal. Il a de même rencontré par trois fois le Saint-Père.

[26] 19 mai 2017 : Interview par Maxime Dalle sur Radio Notre-Dame (émission "Ecclésia") (aller à 1’50’’).