Maria Valtorta en 1943

Maria Valtorta
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L'imprimatur conditionnel.


Mgr Dionigi Tettamanzi, secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne (CEI).

 


VOIR AUSSI




























Les passages de l'œuvre qui parlent de Maria Valtorta.

---

Dictée de Jésus : la place qu'on doit accorder aux œuvres de voyantes et leur mission de porte-parole.



Pro e contro Maria Valtorta (inédit en français).


 L’extension de l’œuvre de Maria Valtorta. 

Dès le début des visions, Jésus avait expressément recommandé que l’œuvre soit diffusée non comme un torrent dévastateur, mais comme un ruisseau qui irrigue "sans abîmer la moindre plante" (dictée du 24 septembre 1944).

C’est ainsi que, dans les années 80, les écrits de Maria Valtorta commencent à se répandre : au bouche-à-oreille, s’ajoute les prises de position de personnes d’autorité. De leur côté, saint Padre Pio les recommande, sainte Mère Teresa les conseille, le Bienheureux Allegra les étudie, la Bienheureuse Mère Inès du Très saint-Sacrement les diffuse, etc.       

Intrigués par ce mouvement, beaucoup d’ecclésiastiques interrogent Rome pour savoir ce qu’en penser. Ils ne reçoivent pour toutes réponses que les seuls documents officiels les concernant : la mise à l’Index puis sa suppression. Autrement dit rien qui puisse nourrir le discernement puisqu’on a tout et son contraire : l’œuvre fut condamnée, mais ce n’est plus valable.      

Le cardinal Ratzinger, alors Préfet pour la Congrégation de la foi (anciennement Saint-Office), confiant dans la décision de son prédécesseur, conseille de s’abstenir dans le doute, pendant que
Jean-Paul II en fait une de ses nombreuses lectures de chevet.   

Mais le flot s’amplifie jusqu’à l’année 1992 où la publication du Catéchisme de l’Eglise catholique vient codifier la place et
la valeur des révélations privées.      

Le Cardinal Josef Ratzinger, constatant cette recrudescence d’intérêt pour les œuvres de Maria Valtorta, demande alors à la Conférence épiscopale italienne (CEI) d’arrêter leur position sur ce point
[1].         

C’est en effet cet échelon hiérarchique qui, désormais, est officiellement compétent pour donner un avis pastoral (conduite du peuple de Dieu). Avec l’abolition de l’Index en 1966, puis la refonte des conditions d’imprimatur, 19 mars 1975
[2], la conférence est habilitée à statuer sur ces questions.

S’il y a demande de prise de position, c’est à l’évidence parce que les avis antérieurs n’ont plus cours, ce que confirmera l’éditeur (
voir ci-dessous).

 La lettre de la conférence épiscopale italienne.  
Haut de page.

Dans ce contexte, Mgr Dionigi Tettamanzi, Secrétaire général de la conférence épiscopale, adresse la lettre suivante à l’éditeur ;

Conferenza Episcopale Italiana
Prato N. 324/92
Roma, 6 maggio 1992

Stimatissimo Editore,

In seguito a frequenti richieste, che giungono anche a questa Segreteria, di un parere circa l'atteggiamento dell'Autorità Ecclesiastica sugli scritti di Maria Valtorta, attualmente pubblicati dal "Centro Editoriale Valtortiano", rispondo rimandando al chiarimento offerto dalle "Note" pubblicate da "L'Osservatore Romano" il 6 gennaio 1960 e il 15 giugno 1966.
Proprio per il vero bene dei lettori e nello spirito di un autentico servizio alla fede della Chiesa, sono a chiederLe che, in un' eventuale ristampa dei volumi, si dica con chiarezza fin dalle prime pagine che le "visioni" e i "dettati" in es si riferiti non possono essere ritenuti di origine soprannaturale, ma devono essere considerati semplicemente forme letterarie di cui si è servita l'Autrice per narrare, a suo modo, la vita di Gesù.

Grato per questa collaborazione,

Le esprimo la mia stima e Le porgo i miei rispettosi e cordiali saluti.

+ Dionigi Tettamanzi
Segretario Generale

Conférence Épiscopale italienne
Prato N° 324/92
Rome, le 6 mai 1992

Très cher Éditeur,

Aux fréquentes demandes – qui arrivent même à ce Secrétariat – d’un avis à propos de l’attitude de l’Autorité ecclésiastique par rapport aux écrits de Maria Valtorta, actuellement publiés par le “Centro Editoriale Valtortiano”, je réponds en renvoyant à la clarification offerte dans les “notes” publiées dans “L’Osservatore Romano” le 6 janvier 1960
[3] e le 15 juin 1966[4].  
Justement pour le vrai bien des lecteurs e dans l’esprit d’un authentique service à la foi de l’Eglise, je vous demande, en cas d’une éventuelle réimpression des volumes, de déclarer clairement dès les premières pages que les “visions” et les “dictées” reproduites ne peuvent pas être retenues d’origine surnaturelle, mais elles doivent être considérées comme de simples formes littéraires que l’auteur a utilisé pour raconter, à sa façon, la vie de Jésus.
En vous remerciant pour la collaboration, nous vous exprimons notre estime et vous prions de croire, Monsieur, à l’expression de nos salutations distinguées.       
+ Dionigi Tettamanzi
Secrétaire général

 Témoignage de l’éditeur, partie-prenante.
Haut de page.

Dans son livre "Pro e contro Maria Valtorta", page 279, l’éditeur rapporte les éléments suivant :

"En 1992 arrivait au Centro Editoriale Valtortiano une lettre courtoise du Secrétaire Général de la Conférence épiscopale Italienne (CEI). À l’occasion de la demande d’une faveur particulière, la lettre faisait passer une nouvelle position de l’Autorité ecclésiastique à propos de l’œuvre de Maria Valtorta.  

"L’œuvre avait été mise à l’Index par le Saint Office en 1959 sans le fondement d’une vraie et régulière censure
[5] (cf. page 99).         

"En 1985, à travers une lettre du Préfet de la Doctrine de la Foi, la condamnation était réduite, même si elle restait confirmée
[6] (cf. page 215).  

"En 1992, la lettre de la CEI reconnaissait implicitement que l’œuvre de Maria Valtorta était exempte de censure de censure puisqu’elle ne signalait rien, dans ces écrits, qui nécessitait d’être corrigé ou éliminé pour poursuivre l’impression et la diffusion des ouvrages. Seule, une déclaration de l’éditeur, qui devait simplement justifier le parti-pris littéraire de l’auteur d’utiliser la forme de “visions” et de “dictées” dans ses textes, aurait eu la fonction de nihil obstat (null-osta) à la diffusion de l’œuvre “pour le vrai bien des lecteurs et dans l’esprit d’un authentique service à la foi de l’Église”.    

"L’éditeur a considéré de ne pas avoir l’autorité de déclarer de lui-même que les “visions” et les “dictées” dans les écrits de Maria Valtorta ne peuvent pas être retenues d’origine surnaturelle. Pour ce motif, il a répondu être prêt à publier sur tous les volumes une telle déclaration au nom de l’autorité ecclésiastique compétente s’il en recevait l’autorisation.

"La réponse n’arriva jamais. L’œuvre de Maria Valtorta a continué à être publiée fidèlement et intégralement, en laissant au lecteur la faculté de reconnaître ou pas l’origine surnaturelle de leur provenance
[7]. 

"Le 30 juin 1992, l’éditeur Emilio Pisani eut la possibilité de se rendre au Palais du Saint Office pour y accompagner un religieux – supérieur provincial au Canada de la société Saint Paul – qui distribuait les éditions en langues anglaise et française des ouvrages de Maria Valtorta. Le religieux avait rendez-vous avec un de ses confrères, attaché au secrétariat de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.     

"Celui-ci alla jusqu’à confier avoir lui-même suggéré à Mgr Tettamanzi d’écrire cette lettre à l’éditeur, à la suite d’un “nouvel avis” de la Congrégation par rapport à l’œuvre de Maria Valtorta. Il nous dit précisément que “en haut” il avait été décidé que l’œuvre pouvait être lue “comme un bon livre
[8]”. Il nous a paru comprendre que la réserve sur l’origine surnaturelle de l’œuvre (exprimée en “visions” et dictée”) était là pour justifier d’une certaine manière l’ancienne condamnation du Saint Office.        

"Suite à cette rencontre, l’éditeur Emilio Pisani présenta respectueusement une demande à son éminence, le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi dans le but d’obtenir la communication officielle de la “nouvelle position” par rapport à l’œuvre de Maria Valtorta ; malheureusement sa demande resta sans réponse.   

"Au lecteur catholique nous pouvons seulement rappeler que Maria Valtorta avait déclaré écrire sous révélation, mais elle ne prétendait pas que l’origine surnaturelle de l’œuvre fut reconnue par les autorités ecclésiastiques. Elle voulait simplement que l’œuvre puisse “aller aux âmes” avec l’approbation en forme négative que l’Église est habituée à déclarer, c’est-à-dire : “qu’elle ne contient rien de contraire à la foi et les mœurs
[9]”. C’est exactement ce que l’œuvre a obtenu avec le titre de “bon livre”.

 Valeur de l’imprimatur conditionnel.
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Nous sommes donc bien loin d’une lettre comminatoire qui condamnerait toute publication d’une œuvre déjà proscrite. Elle nous fait entrer dans l’ère des avis pastoraux qui éclairent "la conscience mature des fidèles". On peut seulement reprocher à cette lettre d’être d’une diplomatie prudente et d’une prudence diplomate.      

La Conférence demande à ce qu’il soit explicitement dit que les révélations de Maria Valtorta ne peuvent pas être considérées comme d’origine surnaturelle (ce qui le rendrait l’égal des livres canoniques compte-tenu de son sujet), mais doivent être considérées comme l’œuvre de Maria Valtorta.

Va pour l’œuvre de Maria Valtorta ! C’est ainsi que nous nous exprimons. Mais il conviendra de savoir si les lecteurs de sainte Thérèse de Lisieux, docteure de l’Église, ou ceux de sainte Hildegarde de Bingen, docteure de l’Église, lisent une œuvre personnelle ou une œuvre inspirée. Qui perçoivent-ils dans les lignes dont ils se nourrissent ? La carmélite et l’augustine ou l’Auteur divin qui nous parle par elles ?   

Certains veulent comprendre cette mise en garde comme la non-reconnaissance des écrits de Maria Valtorta. Si tel avait été le cas, ou l’intention, la CEI aurait tout simplement écrit qu’elles "ne sont pas d’origine surnaturelle".            

Son avis est totalement conforme à l’avis de Pie XII ("qui lira, comprendra") et à la législation de l’Église en matière de révélations privées qui n’engagent ni la foi, ni l’Église.           

En effet, elle ne les tient pour crédibles que "de foi purement humaine" et précise que même reconnues, elles n’appartiennent pas au dépôt de la Foi.   

Il en est ainsi d’Urbain VIII qui prescrivit de tels avertissements
[10], jusqu’à Pie X qui les rappela[11] ; en passant par le cardinal Prospero Lambertini (Benoît XIV) qui les codifia[12].

L’année même de cette lettre de la CEI, paraît le Catéchisme de l’Église catholique, exposé de la Foi, qui précise, dans ses
articles 66 et 67, la place et l’apport des révélations privées comme celles de Maria Valtorta.          

Est-ce dire que les révélations privées sont à négliger ? Certainement pas : elles sont "un appel authentique du Christ" que les fidèles, guidés par le Magistère, savent discerner. Qu’on imagine ce qu’il faudrait détruire de notre héritage spirituel s’il fallait les négliger. Les révélations sont seulement subordonnées à la Révélation publique.          

Jésus lui-même
avertit que l’œuvre de Maria Valtorta "n’est pas un livre canonique. Néanmoins, c’est un livre inspiré que Je vous accorde pour vous aider à comprendre certains passages des livres canoniques". Avis conforme à ce qu’énonce l’Eglise. 

"Qui lira, comprendra", prédisait Pie XII en conclusion de l’audience qu’il avait accordée. Il n'oblige personne à franchir la porte de cette œuvre, il invite seulement à le faire pour qui le souhaite
[13].




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Fiche mise à jour le 13/12/2017.

 



[1] On ne connaît pas les termes exacts de la lettre du Cardinal Ratzinger.

[2] Acta Apostolicae Sedis 67 (AAS 67).

[3] Article commentant la mise à l'Index de l'œuvre de Maria Valtorta.

[4] Notification sur la suppression de l'index des livres interdits. Voir aussi le dossier sur l’Index, son histoire et sa suppression.

[5] Cf. Le décret de mise à l'Index des ouvrages prohibés : une bien étrange initiative.

[6] Cf. L’historique de la publication.

[7] Conformément à la recommandation de Pie XII.

[8] C’est l’époque où Jean-Paul II, comme Mère Teresa, lisent personnellement l’œuvre. C’est de même l’année où des cardinaux et des évêques de l’Inde saluent par écrit la sortie des œuvres de Maria Valtorta en leur langue.

[9] Reformulation de l’Encyclique Pascendi Dominici Gregis, § 75 du 8 septembre 1907 : "de telles apparitions ou révélations n'ont été ni approuvées ni condamnées par le Saint-Siège, qui a simplement permis qu'on les crût de foi purement humaine".  
Voir aussi la
Critique de Maria Valtorta, du bienheureux Allegra : "Elle peut les approuver dans une forme négative, c'est-à-dire en déclarant que les révélations ne sont pas contraires dans leur libellé à la Foi. Ou Elle peut les ignorer officiellement, laissant à ses fils pleine liberté de jugement. C'est dans la forme négative que les révélations de Ste Brigitte, Ste Mathilde, Ste Gertrude, de la vénérable Marie d'Agreda, de St Jean Bosco et de tant d'autres saints ont été approuvées."

[10] Décrets des 13 mars 1625 et 5 juin 1634.

[11] Encyclique Pascendi Dominici Gregis, § 65 du 8 septembre 1907.

[12] De servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione (De la béatification et la canonisation des saints).

[13] Cet avis de Pie XII a été noté par les trois témoins au sortir de l’audience et il a été certifié sous serment par le Père Berti.