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L'œuvre de Maria Valtorta
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Texte original en italien.


Apparition du démon et réconfort apporté par Jésus.

Visions qui n’avaient pas été écrites : Jésus et Marie en larmes.

Au Purgatoire : la mère de l’écrivain angoissée.

 






VOIR AUSSI






 

17> À 20 h.           

 Si ce n’avait été l’heure du couvre-feu, je vous aurais fait appeler
[1], tant l’apparition du démon m’a terrorisée. Le vrai démon, sans aucun camouflage. Un personnage grand, fin et fumeux au front bas et étroit, au visage pointu, aux yeux profonds; son regard était tellement méchant, ironique et faux que j'ai failli appeler au secours.  

J’étais en train de prier, dans l’obscurité de ma chambre, tandis que Marta
[2] était à la cuisine. Je priais justement le Cœur immaculé de Marie lorsqu’il m’est apparu près de la porte fermée. Il était sombre dans l’obscurité, mais je n’en ai pas moins vu tous les détails de son corps nu et laid, d’une laideur qui n’était pas due à quelque difformité mais à un je-ne-sais-quoi de féroce, quelque chose qui tenait du serpent et qui transparaissait de tous ses membres. Je ne lui ai vu ni corne ni queue, ni pied fourchu, ni ailes comme on le représente généralement. En réalité, tout son aspect monstrueux tenait à son expression. Pour le décrire je devrais l’appeler: fausseté, ironie, haine, guet-apens. C’est là ce que manifestait son expression sournoise et mauvaise. Il me raillait et m’insultait, mais il n’osait s’approcher. Il se tenait là, cloué sur le seuil. Il s’est bien passé dix minutes avant qu’il ne parte. Mais je transpirais en même temps le chaud et le froid.

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18>  Pendant que, pleine d’effroi, je m’interrogeais sur les raisons de sa venue, Jésus me dit: «Parce que tu l’avais si durement repoussé dans son principal élément». (Alors que je priais Marie, il m’était revenu avec insistance la... - je ne sais quel nom lui donner, car ce n’est ni une voix, ni une idée, ni rien d’intellectuel - un je-ne-sais-quoi qui disait: «Si tu n’avais pas été ici, quelque chose serait arrivé. C’est par ton mérite que cela n’a pas eu lieu, car tu es tellement aimée de Dieu!» Pour ma part, quand j’entends ceci - j’ignore si je fais bien ou mal, mais je pense bien faire -, je rétorque: «Va-t-en, Satan. Ne me tente pas. Si c’est Jésus qui me dit cela, je l’accepte. Mais personne d’autre ne doit le dire pour provoquer en moi de l’autosatisfaction»). Jésus me dit donc : «Tu l’avais en effet si rudement repoussé dans son principal élément: l’orgueil. Oh, s’il réussissait à t’y faire tomber !    

 Tu l’as bien vu ? As-tu remarqué comme son aspect - je dirais sa souveraineté ou sa paternité - apparaît et transparaît à travers ceux qui le servent, même temporairement ? S’il t’est apparu dans telle ou telle personne sous l’aspect répugnant d’un animal obscène, libidineux, d’un monstre bouffi par le ferment et le levain de la luxure, n’y prête pas attention. La raison en est que cette pauvre créature est un tas de fumier composé de nombreux vices et péchés, mais ceux de la chair y sont les plus grands. Pense à tous ceux qui t’ont fait tressaillir et souffrir autrement. À ceux qui, pour une heure peut-être, sont devenus instruments de Satan pour tourmenter une âme fidèle, la faire souffrir, la mener à la désolation. N’avaient-ils pas, pendant qu’ils blessaient ainsi, la même expression de mépris cruel que tu lui as vue dans toute sa perfection ? Oh, il brille chez ses serviteurs !           

Cependant, n’aie pas peur. Il ne peut pas te faire de mal si tu restes avec moi et avec Marie. Il te hait, et sans mesure. Mais il est impuissant à te nuire. Si tu ne reprends pas ton âme pour te la donner à toi-même et si tu la laisses à l’abri de mon Cœur, comment veux-tu qu’il puisse lui nuire ?  

 Écris cela, ainsi que les visions plus petites que tu as eues. Il faut que le Père (Migliorini) les connaisse toutes, et ce n’est pas sans raison. Sache encore que le temps de mon printemps arrive, celui que j'accorde à mes privilégiés. Au printemps, violettes et primevères constellent les prés. Chez mes amis, la participation à mes souffrances constelle les jours de préparation à la Passion.          

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19> Va en paix. Je te bénis, pour achever de dissiper la peur qui pourrait te rester, au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit».        

Les autres visions datent d’il y a huit jours, à cette même heure.         

 Jésus, chargé d’une énorme croix, faisait route vers La Spezia
[3] (juste pour vous donner une direction), mais pas par la via Fratti[4] : en diagonale, suivant une ligne droite idéale d’ici à là-bas. Il portait le vêtement blanc et court d’Hérode sur son vêtement rouge, et marchait, l’air accablé, en transpirant et en pleurant. Oui, il pleurait vraiment. Et comme j’étais tout angoissée de le voir pleurer, il me disait : «Tu vois? La douleur des supplices ne suffit pas... j'ai encore d’autres souffrances plus dures. Plains-moi, mon âme. Ton Jésus ploie sous une somme de malheurs trop forts!»          

Puis, dimanche soir alors que je m’étais presque endormie en récitant le chapelet des sept douleurs de Marie —, la Mère, en larmes, me secoue en disant: «Ne dors pas. Pleure avec moi. Ne sais-tu pas qu’ils ont tué mon Fils?» Oh, comme elle pleurait en prononçant ces mots !           

 Mardi soir, en revanche, je fus envahie par une immense tristesse parce que j’ai vu ma mère... tout comme je l’ai vue le 1er janvier. Mais, cette fois, elle me semble plus tourmentée. Je m’explique : le 1er janvier, je l’ai vue plus ou moins comme à la Toussaint. Terne, seule, rêvant les yeux ouverts, comme si elle s’étonnait d’être là et était en même temps humiliée. Elle me regardait, toujours aussi hébétée. Mardi, en revanche, elle m’a paru l’être moins, et cependant elle se tenait au même endroit, ses couleurs et ses vêtements étaient toujours aussi ternes. Toutefois, ses yeux avaient une expression plus vive et elle semblait vouloir me dire quelque chose sans le pouvoir. Un ensemble d’invocation, de demande de pardon, d’appel... S’il me fallait traduire ce regard, il me faudrait dire qu’il exprimait ceci: «Pardonne-moi et aide moi. J’ai encore besoin de toi, même ici, comme lorsque j’étais là-bas. Aide-moi... Je suis si seule... Je n’ai que toi». Et moi, je lui disais: «C’est bien cela, Maman, que tu veux me dire?» De la tête, elle faisait «oui, oui» et souriait, mais si tristement...            

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20> J’ai pleuré et j’en suis restée triste moi aussi. Puis elle est revenue une fois encore. Je lui ai dit: «Les intentions [de messe] ne suffisent-elles pas ?», et elle faisait toujours «oui, oui» de la tête. Mais en même temps elle demandait quelque chose que je ne sais exprimer. Je lui ai dit: «Je t’aime. Tu le sais». Elle approuvait, mais avait toujours ce regard. «Je n’ai pas de rancœur, Maman, et je voudrais que tu sois encore ici». Elle souriait mais n’était pas heureuse. J’ai souffert. Je ne la sens pas tranquille.

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Voilà ce que je devais vous dire; je ne l’avais jamais écrit parce que cela me semblait être personnel, et tellement triste, tellement triste...  

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Fiche mise à jour le 10/11/2017.

 



[1] L’écrivain s’adresse souvent à son directeur spirituel, le Père Romualdo M. Migliorini. Voir la note 1.

[2] Sauf autre précision, Marta sera toujours Marta Diciotti, dont la biographie se trouve dans "Les cahiers de 1943", note 13 du 13 mai.

[3] Station balnéaire au nord-ouest de Viareggio.

[4] Via Antonio Fratti, artère de Viareggio orientée vers le nord-ouest. Maria Valtorta habite au numéro 257.