L'œuvre de Maria Valtorta
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Catéchèse du jeudi 13 mai 1943.

 










17> Le matin.           

 Il y a peu de temps, vous[1]  m’avez dit de nouveau d’écrire. L’effort physique n’est rien comparé à l’effort moral que je dois accomplir pour soulever les voiles au-delà desquels se cache le surnaturel. Pourquoi ? Pour maintes raisons.           

La première est qu’il me semble presque de commettre une profanation en dévoilant les secrets de Dieu en moi. Et je crains toujours que, si ce n’est pas une profanation, cette proclamation ne me mérite une punition : celle d’être privée des divines caresses et des divines paroles. Nous, les vivants, sommes toujours un peu égoïstes. Et nous ne pensons pas que ce que Dieu nous prodigue peut procurer de la joie à d’autres et, s’agissant d’une chose de Dieu, notre Père à tous, qu’il ne soit pas légitime d’en être avare et d’en priver nos frères et sœurs.        

La deuxième raison est qu’un reste de méfiance humaine, à mon égard et à l’égard d’autrui, me fait toujours penser que ce que je perçois comme “surnaturel” devrait peut-être être jugé comme illusion par moi et comme délire par autrui. Je me suis fait traiter de folle tant de fois qu’il est possible qu’on continue de me mettre dans cette catégorie.

La troisième raison est que j’ai peur de ces faveurs. La peur affreuse qu’il s’agisse d’une ruse. Est-il possible que moi, qui ne suis rien, puisse mériter de telles faveurs de mon Roi ? Et aussi la peur qu’elles n’éveillent l’orgueil en moi. Je sens que si je devais m’en enorgueillir, même un seul instant, non seulement elles cesseraient immédiatement, mais de plus je resterais sans même ce minimum de surnaturel que beaucoup ont en commun. Punie pour mon orgueil. Oh ! J’en suis sûre, Jésus me punirait ainsi !     

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18>  Et maintenant que je vous ai fait part des raisons pour lesquelles je n’aime pas en parler, je vous dirai celles qui me font sentir que je ne suis pas une naïve qui prend les fantasmes du délire pour des vérités surnaturelles et des paroles démoniaques pour des paroles divines.        

J’en ai la certitude à cause de la suavité et de la paix qui m’envahissent à la suite de ces paroles et de ces caresses et de la force qui s’empare de moi, m’obligeant à les écouter et à les écrire sans que j’en puisse changer un seul mot. En même temps que cette force très douce qui m’oblige à les écouter et à les écrire — et toujours à des moments qui échappent à toute volonté de ma part d’écouter ces choses (je vous prie de croire que je ne fais rien pour me mettre en un état réceptif, si je peux dire) — je sens, selon les circonstances, une force plus intense qui me dit : "Fais connaître ceci. Ne dis rien de cela à personne". On ne transige pas avec cette douce puissance...   

Mais il n’y a rien qui vienne de moi. Même si je pense (en m’en affligeant) : "Jésus se tait. Oh ! S’il se faisait entendre pour me consoler un peu !", soyez assuré qu’il continue de se taire. Il ne se fait entendre que quand il le veut; et alors même si je suis prise à autre chose, à quelque chose qu’il me presse d’accomplir, je dois arrêter et m’occuper seulement de lui. De même si, selon mon style, je préfère une certaine formulation à une autre et je tente de la changer, j’en suis incapable. C’est dit d’une certaine façon et ça reste comme ça.     

 Encore ce matin, vous me disiez d’écrire au sujet de mes sensations passées. Je vous ai répondu qu’il me serait impossible de répéter maintenant ces paroles avec exactitude et je ne les répéterai donc pas. Il ne doit y avoir rien de moi. Mais je peux énumérer brièvement les choses que j’ai perçues.       

Comme je vous l’ai dit à maintes reprises
[2], j’ai rêvé à Jésus, à Marie et aux Saints. Cependant, alors que Jésus était toujours “vivant”, la Vierge et les Saints étaient comme des statues ou des tableaux : des figurations. Je n’ai vu deux fois comme personne vivante qu’un petit frère franciscain, qui était certainement saint. Une fois, il me disait que de tous mes maux “celui que j’avais là m’aurait tuée” et il me touchait aux poumons. Je fis ce rêve il y a sept ans, quand je n’avais encore rien de rien aux poumons.          

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19> Une autre fois, ce même petit frère franciscain, qui ne me semblait être ni Saint François, ni Saint Antoine, me disait, avec un visage de lumière : "Tu as mérité davantage avec cette maladie qu’une religieuse dans un couvent. Chacune de tes années vaut toute une vie conventuelle." Il me disait cela parce que, voyant la mort aux aguets, je m’inquiétais d’avoir fait si peu... ma Supérieure (morte en 1925) m’éloignait de la mort, me dissimulait à elle en disant : “Vis encore quelques années”, ce à quoi je répondais : "Mais qu’est-ce que je fais, moi ? Rien ! Si au moins j’étais sœur !", et c’est à ce moment-là que le petit frère prononça ses paroles.

Comme je vous l’ai dit, je n’ai vu mon Ange
[3] que cette fois-là. Mais parfois je sens comme un petit vent qui souffle sur mon visage et je pense que c’est mon bon ange qui vient me remonter en ces moments où je suis tellement abattue que je n’ai même pas la force d’agiter mon éventail. Pendant l’été 1934, cette sensation a duré des mois, des mois où j’étais sans cesse en danger de mort. En dehors de cela, mon ange... fait le mort. Lui qui m’a si bien protégée, nourrisson braillard que j’étais dans les sillons brûlants de Terra di Lavoro[4], qui m’a secourue lors de la syncope du 4 janvier 1932, ne s’est jamais montré ou fait sentir manifestement à part cette fois-là. À moins que ce ne soit lui qui ait planté le lys et les violettes[5], après les avoir pris dans des jardins bien garnis... qui sait ?         

 Par contre, j’ai vu (en rêve) Padre Pio de Pietrelcina et je lui ai parlé. Je l’ai vu, toujours en rêve, en extase après la messe; j’ai vu son regard pénétrant et j’ai aperçu sur sa main la cicatrice du stigmate lorsqu’il me prit la main. Et j’ai senti son parfum, pas en rêve mais bien éveillée cette fois. Aucun jardin rempli de fleurs pleinement épanouies ne peut exhaler les fragrances paradisiaques qui envahirent ma chambre la nuit du 25 au 26 juillet 1941 et l’après-midi du 21 septembre 1942, au moment même où un de nos amis parlait de moi à Padre Pio (j’ignorais qu’il fût parti pour San Giovanni Rotondo). Les deux fois, j’ai obtenu les grâces demandées. Marta[6] aussi sentit le parfum. Il était si fort que ça la réveilla. Puis il cessa d’un coup, tout comme il était venu.         

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20> Mais sentir un parfum n’a rien d’inusité. Encore ce matin, après une cruelle nuit d’agonie, je le sentis. Même que ça me réveilla du sommeil qui m’avait enfin prise à l’aube. Il était six heures quand j’en fus réveillée. La fenêtre était fermée, je ne garde pas de fleur dans ma chambre la nuit, je n’ai pas de parfums, la porte était fermée. Aucune odeur ne pouvait donc pénétrer de l’extérieur. Ce fut comme une colonne de fragrance du côté droit de mon lit. Elle disparut comme elle était venue, me laissant une douceur au cœur. Dire que c’est l’odeur de telle ou telle fleur, c’est peu dire. Toutes les fragrances entrent dans ce parfum. Les sources odorantes se mélangent comme si les âmes de toutes les fleurs créées s’agitaient dans une ronde céleste.          

 Nous arrivons maintenant aux sensations les plus nettes qui viennent toutes de Jésus. Oui. Il est le seul à se manifester ainsi.     

Je vous ai touché un mot de la sensation d’avoir en moi le regard de Jésus et d’observer mes semblables à travers ses yeux. C’est très difficile à expliquer et c'est arrivé pendant de nombreuses années de suite, lorsque je marchais encore.     

Puis il y a eu, comment dire, les envahissements d’amour les soubresauts d’amour : sources de tourments dans leur suavité même. C’était comme si Dieu faisait irruption en moi avec sa volonté d’être aimé. Cela s’explique mal aussi. Ces sensations ont duré longtemps et durent encore.   

Je dirais cependant que je les ressens moins depuis que sont survenues des manifestations plus vives. C’est peut-être que je m’y suis stabilisée. Quand on reste au même endroit, sans bouger, bien enraciné, on ne sent plus les secousses, vous ne pensez pas ?            

Il y a deux ans, je perçus pour la première fois une "voix" sans son qui répondait à mes questions (questions que je me pose en méditant sur telle ou telle chose) et, accompagnant la voix, une vision (mentale). Je m’en souviens très bien. C’est arrivé à la suite d’une discussion avec mon cousin (le spiritiste)
[7]. Je lui avais répondu par une lettre moqueuse et cinglante.     

 Trois heures plus tard, pendant que je ressassais mon texte, déjà envoyé, et que je m’en félicitais, amenant des raisons humaines, et un peu plus qu’humaines, pour appuyer ma lettre enflammée, je perçus la "voix" : “Ne juge point. Tu ne peux rien savoir. Il y a des choses que je permets. Il y en a d’autres que je provoque. Aucune n’est sans but. Et aucune n’est comprise avec justesse par vous, les humains. Moi seul suis Juge et Sauveur.         

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21>
Pense à combien de mes serviteurs ont été taxés de possession démoniaque parce qu’en parlant, ils répétaient des paroles qui provenaient de zones de mystère. Pense à tous les autres dont la vie semblait toujours se dérouler dans la plus stricte observance de la Loi de Dieu et de l’Église et qui sont maintenant au nombre de ceux que j’ai condamnés. Ne juge point. Et ne crains rien. Je suis avec toi. Regarde : aie un instant de perception de ma Lumière et tu verras que la plus vive lumière humaine n’est que ténèbres en comparaison à ma Lumière.”            

Et je vis s’ouvrir une porte, une grande porte en bronze, lourde, haute... Elle tournait sur ses gonds avec le son d’une harpe. Je ne voyais pas qui la poussait à s’ouvrir lentement... De l’entrebâillement filtra une lumière si intense, si joyeuse, si... — il n’y a pas d’adjectif pour la décrire — qu’elle me combla de ciel. La porte continuait de s’ouvrir et, de l’ouverture de plus en plus grande, un fleuve de rayons d’or, de perles, de topazes, de diamants, de toutes les pierres précieuses faites lumière, m’entoura de partout, me submergea. Je compris dans cette Lumière qu’il faut aimer tout le monde, ne juger personne, tout pardonner, ne vivre que de Dieu. Deux années sont passées depuis, mais je vois encore cette lumière éblouissante...    

Puis, la Semaine Sainte de 1942, la semaine de la Passion. Le mercredi de la Passion, une phrase résonna tout à coup dans mon oreille. Une impression si vive que je peux vraiment dire “résonna” même si en réalité je n’entendis aucun son : "De ceux que je t’ai donnés, aucun n’a péri, à l’exception de l’enfant de perdition, et cela afin que toi aussi tu puisses connaître l’amertume de ne pas avoir réussi à sauver tous les tiens."
[8]  

Comme vous le voyez, une phrase à moitié évangélique, et donc ancienne, et à moitié nouvelle. Une phrase capable de me rendre perplexe puisque Jésus m’a donné de nombreuses personnes — parents, amis, enseignants, camarades d’études et élèves —
pour qui j’ai souffert, agi, prié. Et parmi ces nombreuses personnes, il y en a eu plus d’une qui m’a déçue dans ma soif d’amour spirituel. Je pouvais donc être perplexe quant à l’identité de la personne définie comme l’enfant de perdition. Mais quand Jésus parle, même si la phrase peut paraître sibylline au plus grand nombre, elle s’accompagne d’une telle lumière spéciale que l’âme à qui la phrase est dite comprend exactement à qui le Christ fait allusion.  

Je compris donc que “l’enfant de perdition” était une de mes filles de l’Association. Une fille pour qui j’avais beaucoup fait, la portant dans mon cœur pour la sauver parce que j’avais compris sa nature...  

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22> Selon toute apparence, l’an dernier, rien ne laissait croire à une erreur de sa part. Mais je compris. J’ai alors augmenté mes prières pour elle.., et je n’ai pu qu’empêcher un crime d’infanticide.            

 Le Vendredi Saint, je vis pour la première fois Jésus crucifié, entre les deux larrons, au sommet du Golgotha, une vision qui dura pendant des mois, non pas continue, mais très fréquente. Jésus m’apparaissait sur le fond d’un ciel obscur, dans une lumière livide, nu contre la croix sombre, un corps très long et plutôt mince, très blanc comme s’il avait perdu tout son sang, un voile bleu pâle aux hanches, le visage incliné sur la poitrine dans l’abandon de la mort, avec les cheveux qui l’ombrageaient. La croix était toujours tournée vers l’Est. Je voyais bien le larron de gauche, mal celui de droite. Mais les deux étaient vivants; Jésus était mort. Il m’arrive encore de voir Jésus en croix, mais maintenant, il est toujours seul. J’ai beau réfléchir je n’ai jamais vu un tableau semblable à ma vision.  

En juin, sous cette impression, j’écrivis le poème suivant. Depuis des années, je n'en écrivais plus : j’ai si mal que la veine poétique s’est tarie comme fleur qui se fane. Je vous le transcris, non pas car c’est un chef-d’œuvre, mais parce qu’il rend bien mes impressions après cette vision, mieux que mes phrases en prose. Tout de suite après, j’en écrivis aussi un à la Vierge Marie, même si la Madone, je ne la vois et ne l’entends jamais. Je recopie les deux.      

 Redemisti nos, Deus, in sanguine tuo[9]   

Sinistre mont à l’âpre pierre. 
Le ciel s’assombrit à ta douleur        
pendant que coule, goutte à goutte, 
ta vie, là-haut, pour nous, Seigneur.  
Les bras ouverts en croix     
sous la couronne d’épines,   
regard voilé, éteinte la voix,  
la tête tu inclines;     
exhortant à l’amour, seul vit ton cœur qui bat.           
Tu vois des hommes la haine et la guerre      
qui, sur leur chemin fatal,      
sèment faim et massacres par toute la terre, 
préférant le Mal au Bien, ton fils, et à la Paix,
sainte fleur du Paradis,         
à l’Amour où l’égoïsme se tait,          
à la Foi qui seule donne la vie.         

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23> Et toi, tu montes de nouveau     
sur ton Calvaire, pour nous tu t’offres,          
hostie rachetant tous nos maux,       
sur le bois, près du ciel, tu souffres. 
Pourquoi, pourquoi une autre fois     
es-tu sur douloureuse croix ?            
De convoitise et de colère    
l’homme brûle et se déchaîne;          
s’acharnant contre lui-même,
il n’a de cesse, insoumis,     
que, vaincu, il ne se traîne    
dans la fange dont tu le tiras jadis    
pour bien plus noble sort,     
fulminant contre toi, Oh ! Christ,       
avec sombre fureur de mort.
Mais tu reviens pourtant       
pour l’homme qui t’offense,  
ses fautes expiant;   
contre les foudres du Père   
tu t’es fait notre écu, 
et seul, blême et nu,
vers le ciel ton visage tourné,           
dans un dernier spasme tu cries :     
"Tout est consommé !          
Père, pardonne-leur !
Donne-leur le Paradis !         
Car en ce jour, une fois de plus        
leur rédemption ai-je accomplie !      

16 juin 1942  



24>  À la Vierge.   

Ave Maria ! Je te salue, Marie !         
Protège cette pieuse jeunesse,         
toi qui es comblée, douce Marie,      
de tant de grâce, sainteté et allégresse.        
Par le Seigneur qui est en toi, et toi en lui,    
Oh ! Mère, bénie des créatures,        
sauve-les des pièges obscurs,         
des jours de sombre et morne ennui.
Par ce Fils de tes entrailles né,         
toi, si pure et vierge restée,  
par ce Jésus miséricordieux 
ton regard tourne, affectueux.          
Reine des cœurs tristes, sainte Marie,           
prie pour nous, pauvres mortels;      
Mère, sans toi, nous battons de l’aile
comme lasses hirondelles;   
sur la furie des eaux, comme frêles nacelles 
secouées et perdues;           
Étoile des mers,       
apaise les flots, disperse les nues.   
Au fil des jours et à l’heure dernière  
où s’éteindra notre lumière,   
heure de la fin, ultime obscurité,       
Oh ! Vierge et Mère, 
ouvre la porte d’éternité        
et conduis-nous à Dieu.        

17 juin 1942. 

Je suis contente d’avoir… gribouillé mes deux dernières tentatives poétiques pour Jésus et Marie. Ça ne fait rien si les rimes sont boiteuses. Jésus me donnera une belle note quand même parce qu’il regarde l’amour et non la métrique.

 Et en juin, un soir que j’étais plus morte que vive, j’entendis une voix qui m’appelait : c’était la jeune fille — “le fils de perdition” — qui était alors à Rome. Un appel au secours infini : “Mademoiselle ! Mademoiselle ! Vous ne me voyez pas ? Vous ne m’entendez pas ? Vous ne m’aimez plus ?”. Je l’entendis distinctement. Personne d’autre ne l’entendit. Un mois et demi plus tard, j’appris d’elle, après qu’elle fut rentrée chez elle, la vérité vraie sur son absence : un enfant. Et ce soir-là, au désespoir, elle avait été sur le point de se tuer... et elle m’avait appelée pour résister à la tentation. Elle m’avait appelée avec son âme, moi qui ne savais rien de précis, qui la croyais partie pour son travail, qui ne voulais pas croire à cette “voix” du mercredi de la Passion.        

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25>  D’autres fois, j’ai vu Jésus enfant à l’âge de sept, huit ans, ou dix. Très beau. Puis, Jésus homme, dans la plénitude de sa virilité. Encore plus beau.      

Mais la sensation la plus douce, la plus pleine, la plus sensible, je l’ai eue le 2 mars de cette année. Ne riez pas, mon père, mais je l’ai eue le matin de la mort de Giacomino, mon pauvre petit oiseau. 

Je pleurais parce que... je suis bête. Je pleurais parce que je m’attache beaucoup. Je pleurais parce que, dans mon isolement de malade qui dure depuis dix ans, je désire vraiment de l’affection autour de moi, même si ce n’est que l’affection de petits animaux. Et je me plaignais tout bas à mon Jésus. Je lui disais : “Quand même, tu aurais pu me le laisser. Tu me l’avais donné. Pourquoi me l’as-tu enlevé ? Es-tu jaloux même d’un oiseau ?”. Et puis, je conclus : “Eh bien... prends cette douleur aussi. Je te l’offre, avec tout le reste, pour ce que tu sais.’’ 

J’ai senti alors deux bras qui m’entouraient et m’attiraient contre un cœur, ma tête sur une épaule. J’ai perçu la tiédeur d’une peau contre ma joue, une respiration et la pulsation d’un cœur dans une poitrine bien vivante. Je me suis abandonnée à cette étreinte en entendant au-dessus de ma tête une voix qui murmurait dans mes cheveux : “Mais moi, je suis encore près de toi. Je te tiens sur mon cœur. Ne pleure pas car moi, je t’aime.”

 

Et je n’ai plus pleuré. Et je n’ai plus ressenti de douleur. Remarquez que lorsqu’un oiseau à moi ou un chien meurt, j’en pleure pendant des mois... ce jour-là, ... terminé, avec l’étreinte de Jésus. Quelquefois, ça se reproduit, mais moins intensément.

Puis, le Vendredi Saint de cette année, c’est-à-dire le 23 avril, la première dictée de Jésus, et le 1er mai, la deuxième. Oh ! Voilà, maintenant, j’ai vraiment tout dit et je m’arrête, les épaules si brisées que j’ai l’impression d’avoir monté et descendu le Calvaire en portant la croix.       

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[1] Le père Migliorini, son confesseur.

[2] Ces allusions continues se réfèrent à l’Autobiographie déjà écrite en réponse au souhait du père Migliorini.

[3] Azarias. Il ui inspirera ultérieurement un commentaire des messes festives de l’année.

[4] À Caserta, où elle naquit le 14 mars 1897 et où elle passa les premiers dix-huit mois de sa vie, Maria Valtorta avait été confiée aux soins d’une misérable nourrice qui allait jusqu’à abandonner la petite dans les champs.

[5] Voir le texte du 10 mai.

[6] Marta Diciotti naquit à Lucques en 1910 et elle vécut aux côtés de Maria Valtorta, l’assistant avec amour, de 1935 jusqu’à la mort de l’auteur infirme survenue le 12 octobre 1961. Elle mourut à Viareggio le 5 février 2001.

[7] Giuseppe Belfanti, cousin de la mère de Maria Valtorta.

[8] Jean 17,12.

[9] Tu nous a rachetés, Oh Dieu, dans ton sang.