"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 7.442 - Giuda Iscariota a Nazareth da Maria.

 4.440 - Judas of Kerioth with the Blessed Virgin at Nazareth.

 4.442 - Judas Iscariote en Nazaret en casa de María.

 8.491 - Judas Iskariot bei Maria in Nazareth.



Dimanche 22 juillet 29
(24 Tamouz 3789)

Nazareth.


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 Judas méprise Marie.

 Judas est conscient de l'enjeu de la trahison qu'il commettra.

 Judas enfonce une double épée : dans le cœur de Marie et dans celui de sa mère.

 Les larmes de Marie tombent sur Judas.


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- Ce que des nazaréens pensent de Judas ....... 351

- Monologue d'un Judas déterminé et confus ... 352

- Alphée de Sara surprend Judas et va chercher Marie ........................................ 353

- Dialogue avec Marie : Marie relève un mensonge de Judas ........................................ 354

- Elle s'est tue et se taira 355


- Judas a donc espionné 355

- Tu tortures deux mères 356


- Sois humble et sincère avec toi-même ..................... 356

- Marie lui offre l'hospitalité ........................................ 357

- Les larmes de Marie pendant qu'elle prépare le repas 358

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 6


Tome 6, chapitre 134.

442.
Judas de Kériot chez Marie à Nazareth.


 

Vision du jeudi 23 mai 1946

351> C'est à peine, mais juste à peine quand l'orient rougit au premier signe de l'aurore, que Judas de Kériot frappe à la porte de la petite maison de Nazareth.    

Sur le chemin, il n'y a que des paysans, ou plutôt des petits propriétaires de Nazareth, qui s'en vont vers leurs vignes ou leurs oliveraies, avec leurs outils de travail, et ils regardent étonnés l'homme qui frappe à une heure si matinale à la maison de Marie. Ils chuchotent entre eux.     

"C'est un disciple" dit quelqu'un qui répond à la réflexion d'un autre. "Il cherche certainement Jésus de Joseph
[1]."     

"Laisse tomber ! C'est Judas de Kériot. Il ne me plaît pas, cet homme. Peut-être nous avons beaucoup de torts envers Jésus et nous agissons mal. Mais lui, celui-là, l'an dernier a fait beaucoup de mal parmi nous... Peut-être nous nous serions convertis, mais lui..."         

"Quoi ? Quoi ? Comment le sais-tu ?"           

"J'étais présent un soir dans la maison du
chef de la synagogue et, comme un imbécile, j'ai cru tout de suite à tout... Maintenant... assez ! Je crois avoir péché[2]."          

"Peut-être lui aussi s'est aperçu qu'il avait péché et..."          

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352> Ils s'éloignent et: je n'entends plus rien. Judas revient frapper à la petite porte contre laquelle il s'est appliqué, le visage contre le bois, comme pour éviter d’être vu et reconnu. Mais la petite porte reste close. Judas fait un geste de désappointement et il s'éloigne en prenant le sentier qui côtoie le jardin et il tourne en arrière de la maison. Il jette un coup d’œil par-dessus la haie dans le jardin tranquille. Seules les colombes l'animent.       

Judas se demande ce qu'il va faire. Il monologue : "Serait-elle partie elle aussi ? Et pourtant... je l'aurais vue... Et puis ! Non. Hier soir, j'ai entendu sa voix... Elle est peut-être allée dormir chez sa belle-sœur... Ouf ! Cela est ennuyeux comme une abeille sur le visage, car elles vont revenir ensemble et moi, je veux parler à elle seule, sans avoir cette vieille pour témoin. Elle est bavarde et me ferait des observations. Je ne veux pas d'observations, moi. Et elle est rusée comme toutes les vieilles femmes du peuple.
 Elle n'admettrait pas mes excuses et le ferait remarquer à sa stupide colombe de belle-sœur... Elle, je suis sûr de... l'embobiner à mon gré. Elle est lente à comprendre comme une brebis... Et moi je dois réparer ce qui est arrivé à Tibériade. Parce que si elle parle... Et puis aura-t-elle parlé ou gardé le silence ? Si elle a parlé. ..il est plus difficile d'arranger les choses… Mais elle n'aura pas parlé... Elle confond vertu et sottise. Telle la Mère, telle Fils... Et les autres travaillent pendant qu'eux dorment. Et du reste, ils ont raison. Pourquoi les laisser de côté, s'il semble qu'ils veuillent... Mais que veulent-ils ? ...            

J'ai la tête tellement embrouillée... Je dois cesser de boire et... Bon ! Mais l'argent tente, et je suis comme un poulain que l'on a tenu trop longtemps renfermé. Deux ans, dis-je ! Davantage ! Deux ans de toutes sortes de privations. Mais cependant... que disait avant-hier
Elchias ? Hé ! il ne me donne pas un mauvais enseignement ! Certainement ! Tout est permis, pourvu que l'on réussisse à installer Jésus sur le trône. Mais si Lui ne veut pas ? Pourtant il doit penser que si on ne triomphe pas, tout se termine pour nous comme pour les partisans de Théodas ou de Jude le galiléen[3] ... Peut- être ferais-je bien de me séparer parce que... voilà, je ne sais pas si ce qu'ils veulent eux est bon.  Je me fie peu à eux... Ils sont trop changés depuis quelque temps... Je ne voudrais pas... Horreur ! Moi servir à faire du tort à Jésus ? Non. Je me sépare. Pourtant il est amer d'avoir rêvé le règne et de redevenir, quoi ? Rien... Mais il vaut mieux rien que... Lui ne cesse de dire : ''Celui qui fera le grand péché". Ohé ! ce ne sera pas moi, hein ! Moi ? Moi ?           

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353> Plutôt me noyer dans le lac... Je m'en vais. Il vaut mieux que je m'en aille. J'irai chez ma mère, je me ferai donner de l'argent parce que je ne puis sûrement pas demander de l'argent aux synhédristes pour m'en aller. Ils m'aident parce qu'ils espèrent que je les aide à sortir de l'incertitude. Une fois que Jésus est roi, nous sommes tranquilles. La foule avec nous... Hérode... qui se préoccupera de lui ? Pas les romains, pas le peuple. Il est haï de tous ! Et... et... Mais Jésus est capable de renoncer dès que proclamé roi. Oh ! bien ! Quand Eléazar d'Anna me donne l'assurance que son père est prêt à le couronner roi !... Après, il ne peut se défaire du caractère sacré. Au fond... moi je fais comme l'intendant infidèle de sa parabole … J'ai recours aux amis pour moi, oui, c'est vrai, mais aussi pour Lui. Je fais donc servir des moyens injustes pour... Et pourtant non ! Je dois encore essayer de le persuader. Je ne suis pas convaincu de bien agir en usant de ce subterfuge.  et, oh ! si je pouvais le persuader ! Car ce serait tellement beau ! Tellement... Oui ! C'est ce qui vaut le mieux.     

Dire tout franchement au Maître. Le supplier... Pourvu que Marie n'ait pas parlé de Tibériade... Comment ai-je dit à Marie de Lui dire ? ...Ah ! voilà ! Le refus des romaines : Maudite cette femme ! Si je n'étais pas allé chez elle ce soir-là, je n'aurais pas rencontré Marie
[4] ! Mais qui pouvait penser que Marie était à Tibériade ? Et penser que la veille du sabbat, le jour, et le lendemain, je ne sortais jamais pour éviter de voir quelque apôtre:.. Imbécile ! Imbécile ! Ne pouvais-je aller à Ippo, à Gerghesa pour chercher des filles ? Non ! Justement là ! À Tibériade par où doivent passer ceux de Capharnaüm pour venir ici... Mais tout cela vient des romaines... J'espérais... Non, c'est ce que je dois dire pour m'excuser, mais ce n'est pas vrai. Il est inutile que je me le dise à moi qui sais pourquoi j'y suis allé : pour avoir un rendez-vous avec des puissants d'Israël, et pour jouir, puisque j'ai pas mal d'argent... Pourtant... comme il s'en va vite l'argent ! Sous peu je ne vais plus en avoir... Ah ! Ah ! Je vais raconter quelque histoire à Elchias et compagnie, et ils vont encore m'en donner..."     

"Judas ! Es-tu fou ? Voilà un moment que je te regarde du haut d'un olivier. Tu gesticules, tu parles tout seul... Le soleil de Tamuz t-a-t-il fait mal ?" crie
Alphée de Sara en se montrant d'un croisement de branches d'un olivier gigantesque, à une trentaine de mètres de l'endroit où est Judas.           

Judas sursaute, regarde de ce côté, le voit et bougonne : "Que la mort te prenne ! Maudit pays d'espions !" Mais avec un sourire aimable, il crie : "Non, je suis inquiet que Marie n'ouvre pas... Ne se sentirait-elle pas mal ? J'ai frappé et frappé !..."            

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354> "Marie ? Tu peux toujours frapper ! Elle est chez une pauvre vieille qui se meurt. On l'a appelée à la troisième veille..."         

"Mais je dois lui parler."        

"Attends. Je descends et je vais l'avertir. Mais en as-tu vraiment besoin ?"    

"Hé ! Oui ! Je suis ici depuis le premier rayon de soleil."       

Alphée, empressé, descend de l'arbre et s'en va rapidement. "Lui aussi m'a vu ! Et maintenant, certainement, elle va revenir avec l'autre ! Rien ne me réussit !" et il sort une litanie de reproches à Nazareth, aux nazaréens, à Marie d'Alphée et jusqu'à la charité de Marie très Sainte pour la mourante et à la mourante elle-même...       

Il n'a pas encore fini que s'ouvre la porte qui de la salle à manger donne sur le jardin, et sur le seuil apparaît une Marie très pâle et très triste. "Judas !"    

"Marie!" disent-ils en même temps.   

"Je vais t'ouvrir Ja porte. Alphée m'a dit seulement: "Va à la maison. Il y a quelqu'un qui te demande" et je suis accourue, d'autant plus que la pauvre vieille n'a plus besoin de moi. Elle a fini de souffrir pour un fils mauvais..."

Judas, pendant que Marie parle, court le long du sentier et revient sur le devant de la maison... Marie lui ouvre.      

"Paix à toi, Judas de Kériot. Entre."  

"Paix à toi, Marie."    

Judas hésite un peu. Marie est douce mais sérieuse. "J'ai frappé si longtemps à l'aurore."

"Hier soir, un fils a fait éclater le cœur d'une mère... Et ils sont venus chercher Jésus. Mais Jésus n'est pas là. À toi aussi, je le dis: "Jésus n'est pas là. Tu es venu trop tard"    

"Je le sais qu'il n'est pas là."            

"Comment le sais-tu? Tu viens d'arriver;.."     

"Mère, je veux être franc avec toi qui es bonne: c'est depuis hier que je suis ici..."    

"Et pourquoi n'es-tu pas venu? Tes compagnons pendant ces sabbats n'ont manqué qu'une seule fois…"

"Hé! je le sais! Je suis allé à Capharnaüm et je ne les ai pas trouvés."           

"Ne mens pas Judas. À Capharnaüm, tu n'y es jamais allé. Barthélemy y est toujours resté et il ne t'a jamais vu. Barthélemy est venu seulement hier, mais toi, tu étais ici... et donc... Pourquoi mens-tu, Judas ? Ne sais-tu pas que le
mensonge est le premier pas vers le volet l'homicide ?  

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355> La pauvre Esther est morte, tuée par la douleur à cause de la conduite de son fils. Et Samuel, son fils, commença à devenir la honte de Nazareth avec de petits mensonges qui devinrent ensuite de plus en plus grands... De là, il est arrivé à tout le reste. Veux-tu l'imiter, toi, apôtre du Seigneur ? Veux-tu faire mourir de douleur ta mère ?"  

Le reproche est fait à voix basse, lentement. Mais comme il tombe juste ! Judas ne sait que répliquer. Il s'assoit soudainement, la tête dans les mains.    

Marie l'observe, puis elle dit : "Eh bien ? Pourquoi as-tu voulu me voir ? Pendant que j'assistais la pauvre Esther, je priais pour ta mère... et pour toi... car vous me faites pitié, l'un et l'autre, et pour deux motifs différents."           

"Alors, si tu as pitié, pardonne-moi."

"Je n'ai jamais eu de rancœur."         

"Comment ? ...Pas même pour... ce matin à Tibériade ? ...Tu sais ? J'étais ainsi parce que le soir précédent les romaines m'avaient mal reçu, comme si j'étais un fou et comme... si je trahissais le Maître. Oui, je l'avoue, j'ai mal fait de parler à Claudia. Je me suis trompé sur son compte. Mais je croyais bien faire. J'ai affligé le Maître. Lui ne me l'a pas dit, mais je sais qu'il sait que moi j'ai parlé. C'est sûrement Jeanne qui l'a prévenu et Jeanne n'a jamais pu me voir, et les romaines m'ont causé de la peine... Pour oublier, j'ai bu..."            

Marie a une expression de compassion involontairement ironique, et elle dit : "Alors, Jésus, pour toute la peine qu'il goûte chaque jour devrait être ivre toutes les nuits..."           

"Lui en as-tu parlé ?"

"Moi, je n'accrois pas l'amertume du calice de mon Fils en Lui faisant connaître de nouvelles défections, chutes, péchés, embûches... Je me suis tue et je me tairai."    

Judas glisse à genoux et il essaie de déposer un baiser sur la main de Marie, mais elle se retire, sans impolitesse, mais bien décidée à ne pas se laisser toucher.        

"Merci, Mère ! Tu me sauves. C'est pour cela que j'étais venu ici... et pour que tu me rendes plus facile d'approcher le Maître sans reproches et sans honte."       

"Pour l'éviter, il suffisait que tu ailles à Capharnaüm pour venir ici avec les autres. C'était très simple."

"C'est vrai... Mais les autres ne sont pas bons, et ils m'ont fait espionner pour ensuite me faire des reproches et m'accuser."    

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356> "N'offense pas tes frères, Judas. Cela suffit de pécher ! Toi, tu as espionné ici, à Nazareth, patrie du Christ..."

Judas l'interrompt : "Quand ? L'an passé ? Voilà ! Ils ont déformé mes paroles ! Mais crois bien que je..."           

"Je ne sais pas ce que tu as dit et fait l'an dernier. Mais je parle d'hier. Tu es ici depuis hier. Tu sais que Jésus est parti. Tu as donc enquêté. Et pas auprès des maisons amies de Aser, Ismaël, Alphée, ou du frère de Jude ou Jacques, pas auprès de Marie d'Alphée et du petit nombre de ceux qui aiment Jésus, car si tu l'avais fait ils seraient venus me le dire. La maison d'Esther s'était remplie de femmes, à l'aube, quand elle est morte, mais aucune ne savait rien de toi. C'étaient les meilleures d'entre les femmes de Nazareth, celles qui m'aiment et qui aiment Jésus, et qui s'efforcent de pratiquer sa Doctrine malgré l'hostilité de leurs maris, pères et fils. Tu as donc enquêté auprès de ceux qui sont les ennemis de mon Jésus. Comment appelles-tu cela ? Moi, je ne le dis pas. C'est toi qui dois te le dire, à toi-même. Pourquoi l'as-tu fait ? Je ne veux pas le savoir. Je te dis seulement ceci :
 beaucoup d'épées seront enfoncées dans mon cœur, enfoncées et enfoncées plusieurs fois, sans pitié, par les hommes qui affligent mon Jésus et le haïssent. Mais l'une sera la tienne et elle ne sera plus enlevée. Car le souvenir de toi, Judas, qui ne veux pas te sauver, de toi qui te ruines, de toi qui me fais peur, non pas peur pour moi-même mais pour ton âme, ne sortira plus de mon cœur. L'une l'y a fixée le juste Siméon quand je portais sur mon cœur mon Bébé, mon petit Agneau saint... L'autre... l'autre c'est toi... La pointe de ton épée déjà me torture le cœur. Mais tu n'es pas rassasié encore de donner cette peine à une pauvre femme... et tu attends d'enfoncer ton épée toute entière, ton épée de bourreau, dans le cœur de celle qui ne t'a donné que de l'amour... Mais je suis sotte de prétendre à la pitié de toi qui ne l'as pas pour ta mère !... Au contraire, voilà, c'est dit ! D'un seul coup tu nous transperceras, elle et moi, ô fils malheureux que ne sauvent pas les prières de deux mères !..."    

 Marie pleure en parlant et les larmes ne tombent pas sur la tête brune de Judas car il est resté là où il est tombé à genoux, à distance de Marie... C'est le pavement de briques qui les boit ces larmes saintes... Et la scène me ramène le souvenir d'Aglaé sur laquelle, au contraire, puisqu'elle se serrait contre Marie dans un sincère désir de rédemption, tombaient les larmes de Marie.

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357> "Tu ne trouves pas un mot, Judas ? Tu n'arrives pas à trouver en toi la force d'une bonne résolution ?
Oh! Judas! Judas! Mais dis-moi : es-tu content de ta vie ? Examine-toi, Judas. Sois humble, sincère avec toi-même pour commencer, et puis avec Dieu, pour aller vers Lui, avec ton fardeau de pierres enlevées de ton cœur et Lui dire : "Voici, je me suis enlevé ces pierres par amour pour Toi"         

"Je n'ai pas... le courage de faire des aveux à Jésus."          

"Tu n'as pas l'humilité de le faire."     

"C'est vrai. Aide-moi..."        

"Va à Capharnaüm et attends-le, avec humilité."        

"Mais tu pourrais..,"  

"Moi, je ne pourrais que dire de faire ce que mon Fils fait toujours : avoir miséricorde. Ce n'est pas moi qui fais le leçon à Jésus, mais c'est Jésus qui instruit sa disciple."      

"Tu es sa Mère."       

"Cela est pour mon cœur. Mais en vertu de son droit, Lui est mon Maître. Ni plus ni moins que pour toutes les autres femmes disciples."          

"Toi, tu es parfaite."  

"Lui est toute Perfection."     

Judas se tait et réfléchit, puis il demande : "Où est allé le Maître?"    

"À Bethléem de Galilée."       

"Et ensuite ?"           

"Je ne sais pas."      

"Mais il revient ici ?"

"Oui."           

"Quand ?"    

"Je ne sais pas."      

"Tu ne veux pas me le dire !"            

"Je ne peux pas dire ce que je ne sais pas. Tu le suis depuis deux ans. Peux-tu dire qu'il a eu toujours un itinéraire certain ? Combien de fois la volonté des hommes l'a obligé à faire des changements ?"

"C'est vrai. Je vais partir... Pour Capharnaüm."         

"Le soleil est trop chaud pour voyager. Reste. Tu es un pèlerin comme tous les autres. Et Lui a dit que les femmes disciples doivent en avoir soin."     

"Ma vie est répréhensible pour toi…"

"Ton refus de guérir m'est douloureux ! Cela seulement... Enlève ton manteau... Où as-tu dormi ?"       

"Je n'ai pas dormi. J'ai attendu l'aube pour te voir seule."     

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358> "Alors tu dois être fatigué. Dans la pièce, il y a les deux lits qui ont servi à Simon et à Thomas, elle est encore tranquille et fraîche. Va et dors pendant que je te prépare un repas."

Judas s'en va sans dire un mot. Et Marie, sans se reposer après la nuit passée à veiller, va à la cuisine pour préparer le feu et au jardin pour prendre des légumes. Et des larmes, des larmes, des larmes tombent silencieusement pendant qu'elle se penche sur le foyer pour disposer le bois, ou sur la terre pour cueillir les légumes, et pendant qu'elle les lave dans le bassin et les épluche... Et les larmes tombent avec les graines blondes pendant qu'elle donne le repas aux colombes, ou Sur le linge qu'elle enlève de la vasque et étend au soleil... Les larmes de la Mère de Dieu… de Celle qui, exempte de toute Faute, ne fut pas exempte de la douleur et souffrit plus que toute autre femme pour être la Corédemptrice...

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[1] Appellation pertinente puisque l’usage veut qu’on désigne une personne par ses liens de parenté : Jésus, (fils) de Joseph ou Unetelle (femme) de Untel ou encore Untel, (frère) de Untel.

[2] Cf. Tome 4, chapitre 127– C’est l’un des six anciens présents ce soir de la première trahison de Judas.

[3] Cf. le discours de Gamaliel au Sanhédrin dans Actes 5, 36-37 "Il n’y a pas longtemps est apparu Theudas, qui prétendait être un personnage important; environ quatre cents hommes se sont joints à lui. Mais il fut tué, tous ceux qui l’avaient suivi se dispersèrent et il ne resta rien du mouvement. Après lui, à l’époque du recensement, est apparu Judas le Galiléen; (Julien de Gamala) il entraîna une foule de gens à sa suite. Mais il fut tué, lui aussi, et tous ceux qui l’avaient suivi furent dispersés."

[4] Judas a malencontreusement rencontré la Vierge Marie et Marie de Cléophas alors qu’il sortait de chez sa maitresse ou de chez une prostituée. Cf. Chapitre 130, page 331.