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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 5.348 - Mannaen riferisce su Erode Antipa da Cafarnao va con Gesù a Nazareth. Svelate le trasfigurazioni della Vergine.

 3.347 - From Capernaum to Nazareth with Manaen and the Women Disciples.

 4.348 - Manahén da algunas noticias acerca de Herodes Antipas, y desde Cafarnaúm va con Jesús a Nazaret. Revelación de las transfiguraciones de la Virgen.


 6.393 - Von Kapharnaum nach Nazareth mit Manaen den Jüngerinnen.


 Évangile :
- Matthieu 14,1-2
- Marc 6,14-18
- Luc 9,7-9

Dimanche 11 février 29
(11 Adar I 3789)
Capharnaüm


Vers l'index des thématiques

 Climat délétère à la Cour de Machéronte.

 La transfiguration de Marie.

 Âme éternelle et non immortelle de Marie.

 Immaculée conception.

 Commentaires de l'Annonciation.


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- Accueil chaleureux des enfants de Capharnaüm 236

- Manaën est venu protéger Jésus ............................ 237


- La cour d'Hérode tremble de peur ............................... 237

- Jésus demande à Manaën de protéger les femmes . 239

- Guérisons, repas et arrivée à Magdala....................... 239

- La marche joyeuse sous un ciel pur .......................... 240

- Des cadeaux pour Marie ........................................ 240

- L'entrée dans Nazareth 241

- Accueil chaleureux de Marie ........................................ 241

- Jésus fait la répartition des pèlerins ........................ 243

- Il va dévoiler l'âme de sa Mère ........................................ 243

- Discours (Son éternelle beauté ........................................ 244

- La créature parfaite) 245


- Discours (Le mystère de l'Annonciation) ............ 245

- Le Roi peut dévoiler les secrets du Roi ........................... 247

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 5


Tome 5, chapitre 36.

348.
De Capharnaüm à Nazareth avec Manaën et les femmes disciples.


 

Visio du dimanche 2 décembre 1945.

236> Quand ils posent le pied sur la petite plage de Capharnaüm, ils sont accueillis par les cris des enfants qui rivalisent avec les hirondelles affairées à la construction des nids nouveaux, tant ils courent rapidement, en gazouillant de leurs petites voix, de la plage aux maisons, joyeux de la joie simple des enfants, pour lesquels c'est un spectacle merveilleux et un objet magique qu'un petit poisson trouvé mort sur la rive, ou un petit caillou que le flot a poli et qui par sa couleur semble une pierre précieuse, ou la fleur découverte entre deux rochers, ou le scarabée aux couleurs changeantes capturé en plein vol. Tous des prodiges que l'on fait voir aux mamans pour qu'elles prennent part à la joie de leurs enfants.       

Mais maintenant ces hirondelles humaines ont vu Jésus et tous leurs vols se dirigent vers Lui qui va poser le pied sur la plage. C'est une tiède avalanche vivante de chairs enfantines, c'est une douce chaîne de menottes tendres, c'est un amour de cœurs d'enfants qui s'abat sur Jésus, qui l'enserre, l'attache, le réchauffe comme un doux feu.  

"Moi ! Moi !"

"Un baiser !"

"À moi !"      

"Moi aussi !"

"Jésus ! Je t'aime bien !"      

"Ne pars plus si longtemps !"           

"Je venais voir tous les jours si tu arrivais."   

"Moi, j'allais chez Toi."          

"Tiens cette fleur, c'était pour maman, mais je te la donne."   

"Encore un baiser pour moi, un beau, un fort. Le premier ne m'a pas touché parce que Jahel m'a poussé..." et les petites voix se font entendre pendant que Jésus essaie de se déplacer dans ce filet de tendresses.           

"Mais laissez-le un peu tranquille ! Allons ! Assez !" crient les disciples et les apôtres qui cherchent à desserrer l'étreinte. Eh bien, oui ! Ils ressemblent à des lianes munies de ventouses ! Quand on les détache d'un côté, ils s'attachent de l'autre.          

"Laissez ! Laissez faire ! Avec de la patience, on va y arriver" dit Jésus en souriant et il fait des pas invraisemblablement petits pour pouvoir avancer sans marcher sur les pieds nus.

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237> Mais ce qui le libère de l'affectueuse étreinte, c'est l'arrivée de Manaën avec d'autres disciples, parmi lesquels les bergers qui étaient en Judée.    

"La paix à Toi, Maître !" dit d'une voix tonnante Manaën dans son magnifique vêtement. Il n'a plus d'or au front ni aux doigts, mais au côté une magnifique épée qui provoque l'admiration respectueuse des enfants qui, devant ce merveilleux cavalier vêtu de pourpre et avec une arme superbe au côté, s'écartent intimidés. Et ainsi Jésus peut l'embrasser et embrasser Elie, Lévi, Mathias, Joseph, Jean, Siméon et je ne sais combien d'autres.

"Comment donc es-tu ici ? Et comment as-tu su que j'étais débarqué ?"       

"Je l'ai su par les cris des enfants. Ils ont traversé les murs comme des flèches qui apportent la joie. Mais je suis venu ici en pensant qu'est prochain ton voyage en Judée et que certainement les femmes y prendront part... J'ai voulu y être moi aussi... Pour te protéger, Seigneur, si ce n'est pas trop d'orgueil que de le penser. Il y a beaucoup d'effervescence en Israël contre Toi. C'est douloureux de le dire, mais tu ne l'ignores pas." En parlant ainsi, ils arrivent à la maison et ils y entrent.         

Manaën continue sa conversation après que le maître de maison et sa femme aient vénéré le Maître.
 "Désormais l'effervescence et l'intérêt que tu suscites a envahi tous les lieux, secouant et attirant l'attention même des plus obtus et de ceux qui sont distraits par des choses très différentes de ce que tu es. Les nouvelles de ce que tu opères ont pénétré jusqu'à l'intérieur des dégoûtantes murailles de Machéronte et des luxurieux refuges d'Hérode, que ce soit le palais de Tibériade ou les châteaux d'Hérodiade ou le splendide palais royal des Asmonéens près du Sixte. Elles franchissent comme des flots de lumière et de puissance les barrières de ténèbres et de bassesse, elles font crouler les monceaux de péchés qui couvraient comme une tranchée et un abri les amours dégoûtantes de la Cour et les crimes atroces, elles dardent comme des flèches de feu en écrivant des paroles bien plus menaçantes que celles du festin de Balthazar sur les murs souillés des alcôves et des salles du trône et des festins. Elles crient ton Nom et ta Puissance, ta Nature et ta Mission. Hérode tremble de peur, Hérodiade se tord sur son lit craignant que tu sois le roi vengeur qui lui enlèvera ses richesses et son immunité, si ce n'est même la vie, en la jetant à la merci des foules qui tireront vengeance de ses nombreux crimes.          

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238> On tremble à la Cour, et c'est à cause de Toi. On tremble de peur humaine et de peur surhumaine. Depuis que la tête de Jean est tombée, il semble qu'un feu brûle les viscères de ses meurtriers. Ils n'ont même plus leur misérable paix d'auparavant, paix de porcs rassasiés de ripailles, qui étouffent les reproches de leurs consciences dans l'ébriété ou la débauche. Il n'y a plus rien qui les apaise... Ils sont persécutés... Et ils se haïssent après les heures de débauche, dégoûtés l'un de l'autre, se rejetant mutuellement la culpabilité du crime qui les trouble, un crime qui a dépassé la mesure.       

Quant à Salomé, elle est comme possédée par un démon, et en proie à un érotisme qui serait dégradant pour une esclave. Le palais royal exhale plus de puanteur qu'un égout.

Hérode m'a questionné plusieurs fois sur Toi. Chaque fois j'ai répondu : ''Pour moi, c'est le Messie, le Roi d'Israël de l'unique souche royale : celle de David. C'est le Fils de l'homme annoncé par les Prophètes, c'est le Verbe de Dieu, celui qui, étant le Christ, l'Oint de Dieu, a le droit de régner sur tous les vivants". Et Hérode blêmit de peur en sentant en Toi le Vengeur. Et il repousse la peur, le cri de sa conscience que le remords déchire en disant - car les courtisans, pour le réconforter, lui disent que Toi, tu es Jean que l'on a cru faussement mort, et avec cela ils le font plus que jamais défaillir d'horreur, ou bien Elie, ou quelque autre prophète du temps passé - en disant : "Non, ce ne peut être Jean ! Je l'ai fait décapiter et Hérodiade garde sa tête en lieu sûr. Et ce ne peut être l'un des prophètes : on ne revit pas, une fois mort. Mais ce ne peut être non plus le Christ. Qui le dit ? Qui dit que c'est Lui ? Qui ose me dire qu'il est le Roi de l'unique souche royale ? C'est moi qui suis le roi ! Et pas d'autres. Le Messie a été tué par Hérode le Grand. Il a été noyé dès sa naissance dans une mer de sang. Il a été égorgé comme un agneau... et il n'avait que quelques mois... L'entends-tu comme il pleure ? Son bêlement ne cesse de résonner dans ma tête en même temps que le rugissement de Jean : 'Il ne t'est pas permis'... Il ne m'est pas permis ?! Si, tout m'est permis car je suis 'le roi'. Ici le vin et les femmes, si Hérodiade se refuse à mes embrassements, et que danse Salomé pour éveiller mes sens apeurés par tes récits effrayants".           

Et il s'enivre au milieu des mimes de la Cour, pendant que dans ses appartements sa femme folle crie ses blasphèmes au Martyr et des menaces à ton adresse. Pendant ce temps, Salomé expérimente ce que c'est que d'être née du péché de deux débauchés et d'avoir participé à un crime obtenu en abandonnant son corps aux fantaisies lubriques d'un dégoûtant.   

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239> Mais ensuite Hérode revient à lui-même et veut être informé sur Toi, et il voudrait te voir. Et pour cela il favorise mes venues vers Toi dans l'espoir que je t'amène à lui. C'est une chose que je ne ferai jamais d'amener ta sainteté dans une caverne de bêtes immondes. Hérodiade voudrait t'avoir pour te frapper, et elle le crie avec son stylet dans les mains... Et voudrait t'avoir Salomé qui t'a vu à ton insu, à Tibériade, au dernier Etanim [1], et qui est folle de Toi...        

Voilà ce qu'est le Palais royal, Maître ! Mais moi j'y reste pour surveiller ainsi leurs desseins sur Toi."       

"Je t'en suis reconnaissant et le Très-Haut t'en bénit. Cela aussi c'est servir les décrets de l'Eternel"      

"Je l'ai pensé, et c'est pour cela que je suis venu."    

"Manaën, je te demande instamment une chose, puisque tu es venu. Descends vers Jérusalem, pas avec Moi, mais avec les femmes. Moi, je vais avec eux par un chemin inconnu et ils ne pourront me faire du mal. Mais elles ce sont des femmes et sans défense, et celui qui les accompagne a l'âme douce et il a appris à présenter la joue à qui l'a déjà frappé. Ta présence sera une sûre protection. C'est un sacrifice, je le comprends, mais nous serons ensemble en Judée. Ne me le refuse pas, ami."

"Seigneur, tout désir de Toi est une loi pour ton serviteur. Je suis au service de ta Mère et des femmes disciples qui l'accompagnent dès ce moment et jusqu'à quand tu voudras."

"Merci. Cette obéissance aussi sera inscrite dans le Ciel. Maintenant, en attendant que les barques arrivent pour tous, consacrons le temps à guérir les malades qui m'attendent."

Et Jésus descend dans le jardin où sont les brancards ou les infirmes et il les guérit rapidement, tout en recevant l'hommage de Jaïre et des amis peu nombreux de Capharnaüm.            

Parmi les femmes, il y a Porphyrée et Salomé et en plus la femme âgée de Barthélemy, et celle moins âgée de Philippe avec ses jeunes filles. Elles s'occupent des vivres pour la troupe nombreuse des disciples que l'on va rassasier avec les paniers de pois- sons offerts par Bethsaïda et Capharnaüm. C'est une grande éventration de poissons argentés qui frétillent encore, un grand rinçage de poissons dans les chaudrons, un grand grésillement sur les grils qui s'opère dans la cuisine, pendant que Margziam, avec d'autres disciples, alimente les feux et porte des brocs d'eau pour aider les femmes.            

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240> Le repas est vite prêt et vite consommé. Et comme les barques sont maintenant réunies pour transporter tout ce peuple, il ne reste qu'à s'embarquer pour Magdala sur un lac enchanté, tant il est serein, angélique, dans le chaton d'émeraude de ses rives.   

Les jardins et la maison de Marie de Magdala s'ouvrent hospitaliers dans le midi ensoleillé pour accueillir le Maître et ses disciples, et Magdala toute entière s'amène pour saluer le Rabbi qui va vers Jérusalem.            

Et les pentes fraîches des collines galiléennes entendent la marche agile et joyeuse de la troupe fidèle, suivie d'un char commode où se trouvent Jeanne avec Porphyrée, Salomé, la femme de Barthélemy et celle de Philippe avec ses deux jeunes filles et en plus tout souriants Marie et Mathias, difficiles à reconnaître tant ils ont changé depuis cinq mois.         

Margziam marche bravement avec les adultes et même, comme le veut Jésus, il est justement dans le groupe apostolique, entre Pierre et Jean, et il ne perd pas un mot de ce que dit Jésus.          

Le soleil brille dans un ciel très pur et des rafales tièdes apportent des odeurs de bois, de menthe, de violettes, des premiers muguets, des rosiers toujours plus fleuris et, par-dessus tout, cette odeur fraîche, légèrement amère des fleurs des arbres à fruits qui répandent partout une neige de pétales sur l'herbe. Tous en ont dans les cheveux pendant qu'ils avancent au milieu d'un continuel gazouillis d'oiseaux, au milieu des chants séduisants et des appels trépidants d'un buisson à l'autre entre les mâles audacieux et les femelles pudiques, pendant que les brebis broutent, grossies par leur maternité, et que les premiers agneaux heurtent leurs museaux roses contre les mamelles arrondies pour augmenter la sécrétion du lait, ou bien gambadent dans les prés d'herbe tendre comme des enfants heureux.       

Comme Nazareth arrive vite après Cana, où Suzanne se joint aux autres femmes en apportant avec elle les produits de sa terre dans des paniers et des vases, et une branche entière de roses rouges en boutons prêts à s'ouvrir, "pour les offrir à Marie" dit-elle.

"Moi aussi, tu vois ?" dit Jeanne, en ouvrant une espèce de boite où sont rangées de nombreuses roses dans de la mousse humide : "Les premières et les plus belles, toujours un rien pour elle qui nous est si chère !"        

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241> Je vois que chaque femme a apporté des vivres pour le voyage pascal et avec eux, qui une fleur, qui une plante pour le jardin de Marie, et Porphyrée s'excuse de n'avoir apporté qu'un pot de camphrier magnifique aux feuilles glauques minuscules qui exhalent leur arôme rien qu'à les effleurer. "Marie désirait cette plante balsamique..." dit-elle. Et toutes la louent pour la beauté vigoureuse de l'arbuste. "Oh ! J'en ai pris soin tout l'hiver, en le gardant à l'abri de la gelée et de la grêle dans ma pièce. Margziam m'aidait à la porter au soleil chaque matin, et à la rentrer chaque soir... Et ce cher enfant, s'il n'y avait pas eu la barque et maintenant le char, l'aurait chargée sur ses épaules pour l'apporter à Marie, et lui faire plaisir à elle et aussi à moi" ainsi parle l'humble femme qui s'enhardit de plus en plus à cause de la bonté de Jeanne et ne se tient plus de joie d'être en voyage pour Jérusalem, et avec le Maître, son homme et son Margziam.            

"Tu n'y es jamais allée ?"      

"Tant que vécut mon père, chaque année. Mais ensuite... Ma mère n'y alla plus... Mes frères m'y auraient amenée, mais je rendais service à ma mère et elle ne me laissait pas aller. Ensuite j'ai épousé Simon... et ma santé n'a plus été très bonne. Simon aurait dû rester longtemps en voyage, et cela l'ennuyait... Aussi je restais à la maison à l'attendre… Le Seigneur voyait mon désir... et c'était comme si j'avais fait le sacrifice au Temple..." dit la douce femme.          

Et Jeanne, qui l'a pour voisine, lui met la main sur ses splendides tresses en lui disant : "Chérie !" Et en cet adjectif il y a tant d'amour, tant de compréhension, tant de sens.

Voilà Nazareth... voilà la maison de Marie d'Alphée qui est déjà dans les bras de ses fils, et avec ses mains mouillées et rougies par la lessive qu'elle est en train de faire, elle les caresse et puis, essuyant ses mains avec son grossier tablier, elle court vers Jésus pour l'embrasser... Et puis voilà la maison d'Alphée de Sara, qui précède immédiatement celle de Marie. Alphée ordonne au plus grand de ses petits-enfants d'avertir Marie, et en attendant il marche à pas de géant vers Jésus, avec un tas de petits-enfants dans les bras et il le salue avec cette nichée qui se serre dans ses bras et qu'il Lui offre comme un bouquet de fleurs. Et voici Marie qui se présente sur le seuil de la porte, en plein soleil, avec son vêtement d'intérieur d'un bleu clair un peu déteint, l'or de ses cheveux resplendit vaporeux sur son front virginal et descend en lourdes tresses sur la nuque. Elle tombe sur le sein de son Fils qui l'embrasse avec tout son amour.        

Les autres s'arrêtent prudemment pour les laisser libres dans leur première rencontre. Mais elle se détache tout de suite, et tourne son visage que l'âge n'a pas altéré, maintenant tout rose à cause de la surprise, illuminé par son sourire et elle salue de sa voix angélique : "Paix à vous, serviteurs du Seigneur et disciples de mon Fils. Paix à vous, sœurs dans le Seigneur" et avec elles qui sont descendues du char, elle échange un baiser fraternel.

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242> "Oh ! Margziam ! Maintenant je ne pourrai plus te tenir dans mes bras ! Tu es un homme maintenant. Mais viens à la Mère de tous ceux qui sont bons, que je te donne encore un baiser. Chéri ! Que Dieu te bénisse et te fasse grandir dans ses voies, robuste comme croît ton corps de jeune, et davantage encore. Mon Fils, nous devrons l'amener à son grand-père. Il sera heureux de le voir ainsi" dit-elle ensuite en se tournant vers Jésus.

Et puis elle embrasse Jacques et Jude d'Alphée, et elle leur donne la nouvelle qui leur plaît certainement : "Cette année Simon vient avec moi, comme disciple du Maître. Il me l'a dit."

Et l'un après l'autre, elle salue les plus connus, les plus influents, accompagnant pour tous son salut d'une parole de grâce. Manaën lui est amené et présenté comme devant l'escorter dans son voyage vers Jérusalem.     

"Tu ne viens pas avec nous, Fils ?"   

"Mère, j'ai d'autres endroits à évangéliser. Nous nous verrons à Béthanie."    

"Que ta volonté soit faite maintenant et toujours. Merci, Manaën. Toi : ange humain, avec nos gardiens : les anges du Ciel; nous serons en sécurité comme si nous étions dans le Saint des Saints." Et elle présente sa main à Manaën en signe d'amitié. Le cavalier, qui a grandi dans le faste, s'agenouille pour baiser la main délicate qu'elle lui présente.     

Pendant ce temps, on a déchargé les fleurs et ce qui doit rester à Nazareth. Puis le char s'en va dans une écurie de la ville.    

La petite maison paraît une roseraie à cause des roses répandues partout par les femmes disciples. Mais la plante de Porphyrée, posée sur la table, suscite la plus vive admiration de Marie qui la fait porter dans un endroit favorable d'après les indications de l'épouse de Pierre. Tout le monde ne peut certainement pas entrer dans la petite maison, ni dans le jardin qui n'est pas un domaine mais qui semble monter vers le ciel serein, se faire aérien tant il y a des nuages de fleurs sur les arbres du jardin. Et Jude d'Alphée demande en souriant à Marie : "As-tu cueilli aujourd'hui aussi le rameau pour ton amphore ?"        

"Bien sûr, Jude. Et quand vous êtes venus, je le contemplais..."       

"Et tu songeais, Maman, à ton lointain mystère" dit Jésus en la prenant de son bras gauche et en l'attirant sur son cœur.  

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243> Marie lève son visage empourpré et soupire : "Oui, mon Fils... et je songeais à la première palpitation de ton cœur en moi..."   

Jésus dit : "Que restent les sœurs disciples, les apôtres, Margziam, les bergers disciples, le prêtre Jean, Etienne, Hermas et Manaën. Que les autres se dispersent pour chercher un logement..."

"Je puis en loger plusieurs dans ma maison..." crie Simon d'Alphée, du seuil de sa maison sur lequel il est arrêté. "Je suis leur condisciple et je les réclame."     

"Oh ! frère, avance, que je t'embrasse" dit expansif Jésus, alors qu'Alphée de Sara, Ismaël et Aser, les deux disciples ex-âniers de Nazareth, disent à leur tour : "Chez nous. Venez, venez !"        

Les disciples qui n'ont pas été choisis s'en vont et on peut fermer la porte... pour la rouvrir cependant, tout de suite après, à la venue de Marie d'Alphée qui ne peut rester loin, même occupée par sa lessive. Il y a environ quarante personnes, aussi elles se répandent dans le jardin tiède et tranquille jusqu'à ce que l'on distribue les aliments auxquels tout le monde trouve une saveur céleste tant il y a d'agrément à les consommer dans la maison du Seigneur, distribués par Marie.         

Simon revient après avoir installé les disciples et il dit : "Tu ne m'as pas appelé comme les autres, mais moi je suis ton frère et je reste quand même."   

 "Tu arrives à propos, Simon. Je vous ai voulu ici pour vous faire connaître Marie. Beaucoup d'entre vous, vous connaissez Marie comme "mère", certains comme "épouse". Mais personne ne connaît Marie comme "vierge". Moi, je veux vous la faire connaître dans ce jardin en fleurs dans lequel votre cœur vient plein de désir dans les séparations forcées et comme pour se reposer des fatigues de l'apostolat.         

Je vous ai écouté parler, vous, apôtres, disciples et parents, et j'ai perçu vos impressions, vos souvenirs, vos jugements sur ma Mère. Je vais vous transfigurer tout cela, très admirable mais encore très humain, en une connaissance surnaturelle. Car ma Mère, avant Moi, doit être transfigurée aux yeux de ceux qui le méritent le plus, pour la montrer telle qu'elle est. Vous, vous voyez une femme. Une femme, qui par sa sainteté, vous paraît différente des autres, mais que vous voyez en réalité comme une âme enveloppée par la chair, comme celle de toutes les femmes ses sœurs. Mais maintenant je veux dévoiler l'âme de ma Mère, sa véritable et éternelle beauté.    

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244> Viens ici, ma Mère. Ne rougis pas, ne te retire pas intimidée, suave colombe de Dieu. Ton Fils est la Parole de Dieu, et il peut parler de toi et de ton mystère, de tes mystères, ô sublime Mystère de Dieu. Assoyons-nous ici, à l'ombre légère des arbres en fleurs, près de la maison, près de ta sainte demeure. Ainsi ! Levons cette tenture ondoyante et qu'il sorte des flots de sainteté et de Paradis de cette demeure virginale, pour nous saturer tous de toi... Oui, Moi aussi. Que je me parfume de toi, Vierge parfaite, pour que je puisse supporter les puanteurs du monde, pour que je puisse voir la candeur avec ma pupille saturée de ta Candeur. Ici, Margziam, Jean, Etienne, et vous sœurs disciples, bien en face de la porte ouverte sur la demeure chaste de celle qui est la Chaste entre toutes les femmes. Et en arrière, vous, mes amis. Et ici, à mes côtés, toi, ma Mère bien-aimée.

Je vous ai parlé, il y a même peu de temps de :
"l'éternelle beauté de l'âme de ma Mère". Je suis la Parole et par conséquent je sais employer les mots sans erreur. J'ai dit : éternelle, pas immortelle. Et ce n'est pas sans intention que je l'ai dit. Immortel est celui qui, après être né, ne meurt plus. Ainsi l'âme des justes est immortelle au Ciel, l'âme des pécheurs est immortelle dans l'Enfer, car l'âme, une fois créée, ne meurt plus qu'à la grâce. Mais l'âme vit, existe à partir du moment où Dieu la pense. C'est la Pensée de Dieu qui la crée. L'âme de ma Mère est depuis toujours pensée par Dieu. Par conséquent elle est éternelle dans sa beauté, dans laquelle Dieu a versé toute perfection pour en tirer délice et réconfort.     

Il est dit dans le Livre de notre aïeul Salomon qui t'a vue à l'avance et qui est par conséquent ton prophète : "Dieu m'a possédée au commencement de ses œuvres, dès le principe, avant la Création. J'ai été établie éternellement, dès le principe, avant que fût faite la terre. Les abîmes n'existaient pas encore et moi, j'étais conçue. Les sources ne jaillissaient pas encore, les montagnes n'étaient pas encore constituées dans leur lourde masse et j'existais déjà. Avant les collines, j'ai été engendrée. Lui n'avait pas encore fait la Terre, les fleuves, ni les pôles du monde et moi, j'existais déjà. Quand Il préparait les cieux et le Ciel, moi, j'étais présente. Quand par des lois inviolables Il renferma l'abîme sous la voûte, quand Il rendit stable dans les hauteurs la voûte céleste et y suspendit les sources des eaux, quand Il fixa à la mer ses limites et donna comme loi aux eaux de ne pas dépasser leurs frontières, quand Il jetait les fondements de la Terre, j'étais avec Lui pour mettre en ordre toutes choses. Toujours dans la joie, je jouais continuellement en sa présence. Je jouais dans l'univers".
[2]

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245>  Oui, ô Mère, Dieu, l'Immense, le Sublime, le Vierge, l'Incréé, était lourd de toi et il te portait comme son très doux fardeau, se réjouissant de te sentir t'agiter en Lui, en Lui donnant les sourires dont il a fait la Création ! Toi qu'il a douloureusement enfantée pour te donner au Monde, âme très suave, née de Celui qui est Vierge pour être la "Vierge", Perfection de la Création, Lumière du Paradis, Conseil de Dieu, telle qu'en te regardant il put pardonner la Faute, car toi seule et par toi seule, tu sais aimer comme toute l'Humanité rassemblée ne sait pas aimer. En toi est le Pardon de Dieu ! En toi le Remède de Dieu, toi, caresse de l'Éternel sur la blessure que l'homme a faite à Dieu ! En toi, le Salut du monde, Mère de l'Amour Incarné et du Rédempteur qui a été accordé ! L'âme de ma Mère ! Fondu dans l'Amour avec le Père, je te regardais en mon intérieur, ô âme de ma Mère !... Et ta splendeur, ta prière, la pensée que tu me porterais, me consolait pour toujours de mon destin douloureux et des expériences inhumaines de ce qu'est le monde corrompu pour le Dieu absolument parfait. Merci, ô Mère ! Je suis venu déjà saturé de tes consolations. Je suis descendu en te sentant toi seule, ton parfum, ton chant, ton amour... Joie, ma joie !

Mais écoutez, vous qui maintenant savez qu'est unique la Femme en laquelle il n'y a pas de tache, unique la Créature qui n'a pas coûté de blessure au Rédempteur, écoutez la seconde transfiguration de Marie, l'Élue de Dieu.        

 C'était un serein après-midi d'Adar et les arbres étaient en fleurs dans le jardin silencieux; Marie, épouse de Joseph, avait cueilli un rameau d'un arbre en fleurs pour remplacer celui qui était dans sa pièce. Elle était depuis peu arrivée à Nazareth, Marie, prise au Temple pour orner une maison de saints. Elle avait l'âme partagée entre le Temple, la maison et le Ciel. Elle, en regardant le rameau en fleurs, pensait que c'était avec un rameau pareil qui avait fleuri d'une manière insolite, un rameau coupé dans ce jardin en plein hiver et qui avait fleuri comme pour le printemps devant l'Arche du Seigneur [3] - peut-être le Soleil-Dieu l'avait réchauffé en rayonnant sur lui sa Gloire - que Dieu lui avait signifié sa volonté... Et elle pensait encore qu'au jour des noces, Joseph lui avait apporté d'autres fleurs, mais jamais semblables à la première qui portait inscrite sur ses pétales légers : "Je te veux unie à Joseph"... Elle pensait à tant de choses... Et en pensant, elle montait vers Dieu. Les mains étaient agiles entre la quenouille et le fuseau et elle filait un fil plus fin que l'un des cheveux de sa jeune chevelure...        

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246> L'âme tissait un tapis d'amour en allant agile comme la navette sur le métier, de la terre au Ciel, des besoins de la maison, de son époux, à ceux de l'âme, de Dieu. Et elle chantait et priait. Et le tapis se formait sur le métier mystique, se déroulait de la terre au Ciel, montait jusqu'à se perdre là-haut... Formé de quoi ? Des fils fins, parfaits, solides, de ses vertus, du fil qui volait de la navette, qu'elle croyait "sienne", alors qu'elle appartenait à Dieu : la navette de la Volonté de Dieu sur laquelle était enroulée la volonté de la petite, grande Vierge d'Israël, celle que le Monde ne connaissait pas mais que Dieu connaissait, sa volonté enroulée dans celle du Seigneur et qui ne faisait qu'une avec elle, Et le tapis se fleurissait des fleurs de l'amour, de la pureté, des palmes de la paix, des palmes de la gloire, des violettes, des jasmins... Toutes les vertus fleurissaient sur le tapis de l'amour que la Vierge déroulait, invitant, de la terre au Ciel. Et comme le tapis ne suffisait pas, elle lançait son cœur en chantant : "Que vienne mon Bien-Aimé dans son jardin et qu'il mange du fruit de ses arbres... [4] Que mon Bien-Aimé descende dans son jardin au parterre des arômes, pour se rassasier dans les jardins, pour cueillir des lys. Je suis à mon Bien- Aimé, et mon Bien-Aimé est à moi, Lui qui se repaît parmi les lys !" [5] Et des distances infinies, parmi des torrents de Lumière, arrivait une Voix qu'une oreille humaine ne peut entendre, ni une gorge humaine former. Et elle disait : "Que tu es belle, mon amie ! Que tu es belle !... [6] C'est du miel que distillent tes lèvres... Tu es un jardin clos, une fontaine scellée, ô sœur, mon épouse..." [7] et les deux voix s'unissaient ensemble pour chanter l'éternelle vérité : "L'amour est plus fort que la mort. Rien ne peut éteindre ou submerger 'notre' amour". Et la Vierge se transfigurait ainsi... ainsi... ainsi... pendant que Gabriel descendait et la rappelait, avec son ardeur, à la Terre, réunissait son esprit à sa chair pour qu'elle pût entendre et comprendre la demande de Celui qui l'avait appelée "Sœur" mais qui la voulait "Épouse". C'est ici qu'arriva le Mystère... Et une femme pudique, la plus pudique de toutes les femmes, celle qui ne connaissait même pas la poussée instinctive de la chair, s'évanouit devant l'Ange du Seigneur, parce que même un ange trouble l'humilité et la pudeur de la Vierge, et elle ne se tranquillisa qu'en l'entendant parler, et elle crut, et elle dit la parole par laquelle "leur" amour devint Chair et vaincra la Mort, et il n'y a pas d'eau qui pourra l'éteindre ni de perversion qui puisse le submerger..."  

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247> Jésus se penche doucement sur Marie qui a glissé à ses pieds comme extasiée dans le rappel d'une heure lointaine, lumineuse d'une lumière spéciale que son âme paraît exhaler, et il lui demande doucement : "Quelle fut ta réponse, ô Vierge très pure, à celui qui t'assurait qu'en devenant la Mère de Dieu tu n'aurais pas perdu ta parfaite Virginité ?"         

Et Marie, comme en un rêve, lentement, en souriant, les yeux dilatés par des larmes de joie : "Voici la Servante du Seigneur ! Qu'il soit fait de moi selon sa Parole" et elle repose sa tête sur les genoux du Fils, adorant.        

Jésus la voile de son manteau, en la cachant aux yeux de tous et il dit : "Et ce fut fait et cela se fera jusqu'à la fin, jusqu'à l'autre et l'autre encore de ses transfigurations. Elle sera toujours "la Servante de Dieu". Elle fera toujours comme dira "la Parole". Ma Mère ! Telle est ma Mère. Et il est bien que vous commenciez à la connaître dans la plénitude de sa sainte Figure... Mère ! Mère ! Redresse ton visage, Aimée... Rappelle tes sentiments à la Terre où pour l'instant nous sommes..." dit-il en découvrant Marie après un certain temps durant lequel il n'y avait d'autre bruit que le bourdonnement des abeilles et le clapotis de la petite source.           

Marie lève son visage trempé de larmes et murmure : "Pourquoi, Fils, m'as-tu fait cela ? Les secrets du Roi sont sacrés...
[8]"

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"Mais le Roi peut les dévoiler quand Il veut. Mère, je l'ai fait pour que soit comprise la parole d'un Prophète : "Une Femme enfermera l'Homme en elle", et l'autre parole d'un autre Prophète: "La Vierge concevra et enfantera Un Fils" [9]. Et c'est aussi pour que ceux qui ont horreur de trop de choses, qui pour eux sont humiliantes, concernant le Verbe de Dieu, aient en contrepoids tant d'autres choses qui les confirment dans la joie de m'appartenir. De cette façon, ils ne se scandaliseront jamais plus, et même à cause de cela conquerront le Ciel... Maintenant que ceux qui doivent aller dans des maisons hospitalières, y aillent. Moi, je reste avec les femmes et Margziam. Demain à l'aube que tous les hommes soient ici, parce que je veux vous amener près d'ici. Ensuite nous reviendrons saluer les femmes disciples pour retourner ensuite à Capharnaüm afin de rassembler d'autres disciples et les envoyer à leur suite."...         

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[1] Etanim ouTichri (mois de septembre-Octobre) – Renconte qui se situe quelque part entre le Tome 4, chapitre 140 et le Tome 4, chapitre 143

[2] Proverbes 8, 22-31. La thèse selon laquelle ce passage des Proverbes s'applique à la Vierge Marie, est explicitée par Marie d'Agréda (1602-1665) dans la Cité mystique de Dieu, Livre 1, chapitre 5, § 52 et suivants.

[3] Voir le miracle du rameau fleuri désignant Joseph comme futur époux de Marie : Tome 1, chapitre 19.

[4] Cantique des cantiques 4, 16.

[5] Cantique des cantiques 2, 16 et 6,3

[6] Cantique des cantiques 4, 1.

[7] Cantique des cantiques 4, 11-12.

[8] Tobie 12, 7.

[9] Isaïe 7, 14.