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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta
© Centro Editoriale Valtortiano

 

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    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\CarrePP.jpg Concordance avec l’Évangile : Matthieu 19,13-15


dimanche 25 mars 29 (21 Nisan)
Béthanie


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    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Parabole des oiseaux

    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Plusieurs guérisons

    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif "Laissez venir à moi les petits enfants "

    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif La supercherie des faux malades

    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Prophétie sur les persécutions


    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Resume.gif

- Les disciples chargés de rassembler les foules 494

- Départ des galiléennes 495

- Des gens de toute sorte réunis dans le verger 495

- Discours (L'infidélité d'Israël) 497

- Israël sera supplanté par le nouvel Israël 498

- Trois guérisons successives 499

- Jésus bénit les enfants qui l'approchent 499

- Il met en fuite un faux malade 500

- Il guérit un vrai malade 501

- Menaces des gens du Temple 501

- Claudia intervient pour les calmer 502

- Altercation entre deux groupes de juifs 502

- Discours (L'amour des martyrs triomphera) 503

- Jésus bénit le groupe fidèle et fait ses adieux 503

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 5

 

5.68.
Jésus parle à Béthanie


 

494> Jésus se trouve à Béthanie, riche et toute fleurie en ce beau mois de Nisan, serein, pur comme si la création avait été lavée de toute souillure. 495> Mais il y est rejoint par les foules qui certainement l'ont cherché à Jérusalem, et qui ne veulent pas partir sans l'avoir entendu. Elles veulent pouvoir emporter avec elles sa parole dans leur cœur. Elles sont si nombreuses que Jésus commande de les rassembler pour pouvoir leur disposer l'enseignement. Les douze et les soixante-douze, qui se sont regroupés à ce nombre, ou à un nombre un peu moindre, avec les nouveaux disciples qui se sont joints à eux en ces derniers temps, se dispersent de tous côtés pour exécuter l'ordre reçu.        

Pendant ce temps, Jésus, dans le jardin de Lazare, prend congé des femmes et en particulier de sa Mère. Par son ordre elles retournent en Galilée accompagnées de Simon d'Alphée, Jaïre, Alphée de Sara, Margziam, le mari de Suzanne et Zébédée. Il y a des salutations et des larmes. Il y aurait bien aussi un grand désir de ne pas obéir, un désir inspiré par l'amour du Maître. Mais plus fort encore est la force de l'amour parfait, parce que tout surnaturel, pour le Verbe Très Saint, et cette force les fait obéir, en acceptant la pénible séparation.   

Celle qui parle le moins, c'est Marie, la Mère. Mais son regard dit plus de choses que ce que disent toutes les autres femmes ensemble. Jésus interprète ce regard et la rassure, la console, la rassasie de caresses, s'il est jamais possible d'en rassasier une mère et surtout cette Mère, toute amour et toute angoisse pour son Fils persécuté. Et les femmes s'en vont, enfin, se retournant encore pour saluer le Maître et pour saluer leurs fils et les heureuses disciples juives qui restent encore avec le Maître.

"Elles ont souffert de partir..." observe Simon le Zélote.       

"Mais il est bien qu'elles soient parties, Simon."        

"Tu prévois des journées tristes ?"    

"Agitées pour le moins. Les femmes ne peuvent supporter la fatigue comme nous. Du reste, maintenant qu'il y a un nombre à peu près égal de juives et de galiléennes, il est bien qu'elles soient divisées. A tour de rôle elles me posséderont, avec à tour de rôle la joie de me servir, elles; et Moi le réconfort de leur affection sainte."

Le nombre des gens pendant ce temps augmente toujours plus. Le verger situé entre la maison de Lazare et celle qui appartenait au Zélote en contiennent une foule. Il y en a de toutes les castes et de toutes les conditions, et il y a aussi des pharisiens de Judée, des membres du Sanhédrin et des femmes voilées.        

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496> De la maison de Lazare sortent en groupe, entourant une litière sur laquelle on transporte Lazare, les membres du Sanhédrin qui le sabbat de Pâque étaient en visite chez lui à Jérusalem, et d'autres encore. Lazare, en passant, adresse à Jésus un geste et un sourire joyeux. Jésus lui rend sa politesse en suivant le petit cortège pour se rendre là où la foule l'attend.           

Les apôtres s'unissent à Lui. Judas Iscariote, tout triomphant depuis quelques jours et dans les meilleures dispositions, jette ça et là les regards de ses yeux très noirs et brillants et il annonce à l'oreille de Jésus les découvertes qu'il fait.           

"Oh ! regarde, il y a aussi des prêtres !... Voilà, voilà ! Il y a aussi Simon du Sanhédrin, et il y a Elchias. Regarde quel menteur ! Il y a seulement quelques mois, de Lazare il disait pis que pendre et maintenant il lui rend hommage comme à un dieu !... Et là-bas Doro l'Ancien et Trison. Tu vois qu'il salue Joseph ? Et le scribe Samuel avec Saul... Et le fils de Gamaliel ! Et là il y a un groupe de ceux d'Hérode... Et ce groupe de femmes voilées ce sont certainement les romaines. Elles se tiennent à part, mais tu vois comme elles observent où tu te diriges pour pouvoir se déplacer et t'entendre ? Je reconnais les personnes malgré les manteaux. Tu vois ? Deux grandes, une plus forte que grande, les autres de taille moyenne, mais bien proportionnées. Vais-je les saluer ?"       

"Non. Elles viennent comme inconnues, comme des anonymes qui désirent la parole du Rabbi. C'est comme telles que nous devons les considérer."            

"Comme tu veux, Maître. Je pensais... rappeler à Claudia sa promesse..."     

"Il n'en est pas besoin et même dans le cas contraire, ne devenons jamais des quémandeurs, Judas. N'est-ce pas? L'héroïsme de la foi doit se former au milieu des difficultés."   

"Mais c'était pour... pour Toi, Maître."           

"Et pour ton idée tenace d'un triomphe humain. Judas, ne te crée pas des illusions, ni sur ma future façon d'agir, ni sur les promesses reçues. Tu crois à ce que tu te dis à toi-même. Mais rien ne pourra changer la pensée de Dieu qui est que je sois Rédempteur et Roi d'un Royaume spirituel."  

Judas ne réplique rien.         

Jésus est à sa place, au milieu des apôtres. Il a presque à ses pieds Lazare sur sa litière. À peu de distance de Lui, les disciples juives, à savoir les sœurs de Lazare, Élise, Anastasica, Jeanne avec les enfants, Annalia, Sara, Marcelle, Nike.  

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497> Les romaines, ou du moins celles que Judas a appelées telles, sont plus en arrière, presque au fond, mêlées à un tas de gens du peuple. Les membres du Sanhédrin, les pharisiens, les scribes, les prêtre sont, c'est inévitable, au premier rang. Mais Jésus les prie de laisser de la place pour trois brancards sur lesquels il y a des malades. Jésus interroge ces derniers mais il ne les guérit pas tout de suite.    

Jésus, pour présenter l'idée de son discours, attire l'attention des auditeurs sur le grand nombre d'oiseaux qui nichent dans les feuillages du jardin de Lazare et dans le verger où sont réunis les auditeurs.      

    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif "Observez : il y en a des indigènes et des exotiques, de toutes races et de toutes tailles. Et quand la nuit va descendre, ils seront remplacés par des oiseaux de nuit, eux aussi nombreux ici, bien qu'il soit facile de les oublier du seul fait que nous ne les voyons pas. Pourquoi tant d'oiseaux ici ? Parce qu'ils trouvent de quoi vivre heureux. Ici le soleil, ici le repos, ici la nourriture abondante, des abris sûrs, des eaux fraîches. Et eux se rassemblent venant de l'orient et de l'occident, du sud et du nord si ce sont des migrateurs, et restant fidèles à cet endroit si ce sont des indigènes. Et quoi ? Verrons-nous donc que les oiseaux soient supérieurs en sagesse aux fils de l'homme ? Combien, parmi ces oiseaux, sont des fils d'oiseaux maintenant morts mais qui, l'an passé, ou il y a encore plus longtemps, ont niché ici où ils trouvaient ce qu'il leur fallait. Eux l'ont dit à leurs petits avant de mourir, ils ont indiqué cet endroit et les petits, obéissants, y sont venus.          

Le Père qui est dans les Cieux, le Père de tous les hommes, n'a-t-Il peut-être pas dit à ses saints ses vérités, donné toutes les indications possibles pour le bien-être de ses enfants ? Toutes les indications. Celles qui concernent le bien de la chair et celles qui concernent le bien de l'esprit. Mais que voyons-nous ? Nous voyons que ce qui a été enseigné pour la chair — depuis les tuniques de peau, que Lui fit pour les premiers parents désormais dépouillés à leurs yeux du vêtement de l'innocence que le péché avait déchiré, jusqu'aux dernières découvertes que l'homme a faites grâce aux lumières de Dieu — on se le rappelle, on le transmet, on l'enseigne; mais pour ce qui concerne l'esprit, ce qui a été enseigné, commandé, indiqué, n'est ni conservé, ni enseigné, ni pratiqué."   

Beaucoup de gens du Temple murmurent, mais Jésus les calme d'un geste.

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498> "Le Père, bon comme l'homme ne peut pas le moins du monde l'imaginer, envoie son Serviteur pour rappeler son enseignement, pour rassembler les oiseaux dans les lieux salutaires, pour leur donner une exacte connaissance de ce qui est utile et saint, pour fonder le Royaume où tout oiseau angélique, tout esprit, trouvera grâce et paix, sagesse et salut. Et en vérité, en vérité je vous dis : comme les oiseaux nés en ce lieu au printemps diront aux autres qui sont ailleurs : "Venez avec nous, il y a un bon endroit où vous jouirez de la paix et de l'abondance du Seigneur", et on verra la prochaine année de nouveaux oiseaux affluer ici, de la même façon, de partout, comme l'ont dit les prophètes, nous verrons affluer des esprits et des esprits vers la Doctrine venue de Dieu, vers le Sauveur fondateur du Royaume de Dieu.       

Mais les oiseaux diurnes sont mêlés en ce lieu aux oiseaux nocturnes, oiseaux de proie, perturbateurs, capables de jeter la terreur et la mort parmi les bons oiselets. Et ce sont des oiseaux qui depuis des années, des générations, sont tels et rien ne peut les dénicher parce que leurs œuvres se font dans les ténèbres et dans des endroits où l'homme ne peut pénétrer. Ces oiseaux, avec leur œil cruel, leur vol silencieux, leur voracité, leur cruauté, travaillent dans les ténèbres et, immondes, répandent les impuretés et la douleur. A qui les comparerons-nous ? A tout ceux qui en Israël ne veulent pas accepter la Lumière venue pour éclairer les ténèbres, la Parole venue pour enseigner, la Justice venue pour sanctifier. Pour eux, c'est inutilement que je suis venu. Et même, pour eux, je suis cause de péché, parce qu'ils me persécutent et persécutent ceux qui me sont fidèles. Que dirai-je alors ? Une chose que j'ai déjà dite bien des fois : "Beaucoup viendront de l'orient et de l'occident et s'assoiront avec Abraham et Jacob dans le Royaume des Cieux. Mais les fils de ce royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures". 

"Les fils de Dieu dans les ténèbres ? Tu blasphèmes !" crie un des membres du Sanhédrin qui Lui sont opposés. C'est le premier jet de la bave des reptiles, restés trop longtemps muets, et qui ne peuvent plus se taire parce que leur venin les étouffe.         

"Pas les fils de Dieu" répond Jésus.

"C'est Toi qui l'as dit ! Tu as dit : "Les fils de ce royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures". 

"Et je le répète : les fils de ce royaume. Du royaume où la chair, le sang, l'avarice, la fraude, la luxure, le crime sont maîtres. Mais ce n'est pas mon Royaume. Le mien est le Royaume de la Lumière. Le vôtre est le royaume des ténèbres. Au Royaume de la Lumière viendront de l'orient et de l'occident, du midi et du nord les esprits droits, même ceux qui pour Israël sont présentement des païens, des idolâtres, des gens méprisables.
499> Et ils vivront dans une sainte union avec Dieu, ayant accueilli en eux la lumière de Dieu, en attendant de monter vers la vraie Jérusalem, où il n'y a plus de larmes ni de douleurs ni surtout plus de mensonges. Le Mensonge qui maintenant dirige le monde des ténèbres et sature ses fils au point qu'il n'entre pas en eux le moindre rayon de la Lumière divine. Oh ! qu'ils viennent les nouveaux fils pour prendre la place des fils renégats ! Qu'ils viennent ! Et quelle que soit leur provenance, Dieu les illuminera et ils régneront dans les siècles des siècles !"      

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"Tu as parlé pour nous insulter !" crient les juifs ennemis.      

"J'ai parlé pour dire la vérité."           

"Ton pouvoir réside dans ta langue dont tu te sers, nouveau serpent, pour séduire les foules et les dévoyer."         

"Mon pouvoir réside dans la puissance qui me vient de mon union avec mon Père."  

"Blasphémateur !" crient les prêtres.  

    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif "Sauveur ! Toi qui gis à mes pieds, de quoi souffres-tu ?"

"Tout enfant, j'ai eu la colonne vertébrale rompue, et depuis trente ans je suis sur le dos."         

"Lève-toi et marche ! Et toi, femme, de quoi souffres-tu ?"    

"Mes jambes pendent inertes depuis que celui qui me porte avec mon mari a vu le jour" et elle montre un adolescent d'au moins seize ans.       

"Toi aussi, lève-toi et loue le Seigneur. Et cet enfant, pourquoi ne marche-t-il pas seul ?"         
"Parce qu'il est né idiot, sourd, aveugle, muet. Un monceau de chair qui respire" disent ceux qui sont avec le malheureux.    

"Au Nom de Dieu, aie l'intelligence, la parole, la vue et l'ouïe. Je le veux !" Et, après avoir accompli le troisième miracle, il se tourne vers ceux qui Lui sont hostiles et il leur dit : "Et qu'en dites-vous ?"   

"Miracles douteux. Pourquoi ne guéris-tu pas ton ami et défenseur, alors, si tu peux tout ?"         
"Parce que ce n'est pas la volonté de Dieu."

"Ah ! Ah ! Bien ! Dieu ! Excuse commode ! Si nous t'amenions un malade, ou plutôt deux, les guérirais-tu ?"      

"Oui, s'ils le méritent."          

"Attends-nous alors" et ils s'en vont vivement en ricanant.     

"Maître, attention ! Ils te tendent un piège !" disent plusieurs.

Jésus fait un geste comme pour dire : "Laissez-les faire !" et il se penche pour caresser des enfants qui tout doucement, quittant leurs parents, se sont approchés de Lui. Quelques mères les imitent en Lui apportant des enfants dont la marche n'est pas sûre, ou qui sont encore au sein.         

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500>     I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif "Bénis nos enfants, Toi béni, pour qu'ils soient des amis de la Lumière !" disent les mères.         

Et Jésus leur impose les mains pour les bénir. Cela produit un remous dans la foule. Tous ceux qui ont des enfants veulent la même bénédiction. Ils poussent et crient pour qu'on leur fasse place.

Les apôtres, en partie parce qu'ils sont énervés par les méchancetés habituelles des scribes et des pharisiens, en partie par pitié pour Lazare qui risque d'être renversé par les flots de parents qui apportent les petits à la divine bénédiction, se fâchent et crient, en grondant tel ou tel, en repoussant l'un ou l'autre, surtout les enfants venus seuls. Mais Jésus, doux, affectueux, leur dit : "Non, non ! Ne faites pas cela ! N'empêchez jamais les enfants de venir à Moi, ni leurs parents de me les apporter. C'est justement à ces innocents qu'appartient le Royaume. Eux seront innocents du grand Crime et ils grandiront dans ma Foi. Laissez-les donc pour que je les consacre à elle. Ce sont leurs anges qui me les conduisent."

Jésus est maintenant au milieu d'une couronne d'enfants qui le regardent extasiés; tant de petits visages levés, tant d'yeux innocents, tant de bouches souriantes...     

Les femmes voilées ont profité de la confusion pour faire le tour derrière la foule et venir derrière Jésus comme si la curiosité les y poussait.  

Les pharisiens, scribes et compagnie reviennent avec deux hommes qui paraissent très souffrants. L'un des deux surtout gémit sur son brancard tout couvert par son manteau. L'autre, en apparence est moins souffrant, mais il est très malade car il est décharné et haletant.       

    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif "Voici nos amis, guéris-les ! Ils sont vraiment malades, celui-ci surtout !" et ils montrent l'homme qui gémit.   

Jésus abaisse les yeux sur les malades et puis il les relève sur les juifs. Il darde sur ses ennemis un regard terrible. Tout droit derrière la haie des enfants qui ne lui arrivent qu'au-dessous de la taille, il semble se lever d'un buisson de pureté, pour être le Vengeur, comme si c'était de cette pureté qu'il tirait sa force pour l'être. Il ouvre les bras et il crie : "Menteurs ! Celui-ci n'est pas malade ! C'est Moi qui vous le dis. Découvrez-le ! Ou il sera réellement mort dans un instant pour l'escroquerie essayée contre Dieu."      

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501> L'homme bondit hors du brancard en disant : "Non, non ! Ne me frappe pas ! Et vous, maudits, prenez votre argent !" et il jette une bourse aux pieds des pharisiens, s'enfuyant à toutes jambes...       

La foule murmure, rit, siffle, applaudit...        

L'autre malade dit : "Et moi, Seigneur ? J'ai été tiré de force de mon lit et, depuis ce matin, je subis cette violence... Mais je ne savais pas que j'étais aux mains de tes ennemis..."         

"Toi, pauvre fils, sois guéri et béni !" et il lui impose les mains en fendant la haie vivante des enfants.

L'homme lève un instant la couverture étendue sur son corps, il regarde je ne sais quoi... Puis il se dresse debout. Ainsi il apparaît nu des cuisses jusqu'aux pieds. Et il crie, il crie à en perdre la voix: « Mon pied! Mon pied! Mais qui es-tu, qui es-tu pour rendre les choses perdues ?" et puis il tombe aux pieds de Jésus et puis il se relève et puis il saute en équilibre sur le lit et il crie : "Le mal me rongeait les os. Le médecin m'avait enlevé les doigts, brûlé la chair, il m'avait entaillé jusqu'à l'os du genou. Regardez ! Regardez les marques. Et je serais quand même mort. Et maintenant... Tout est guéri ! Mon pied ! Mon pied est reconstitué !... Et je ne souffre plus ! C'est la force, le bien-être... La poitrine dégagée !... Le cœur sain !... Oh ! Maman ! Maman ! Je viens t'apporter la joie !"      

Il se dispose à partir en courant, mais ensuite la reconnaissance l'arrête. Il revient de nouveau vers Jésus et il baise, il baise encore les pieds bénis jusqu'au moment où Jésus lui dit en caressant ses cheveux : "Va ! Va trouver ta mère et sois bon." Puis il regarde ses ennemis anéantis et d'une voix de tonnerre : "Et maintenant ? Que devrais-je vous faire ? Que devrais-je faire, ô foules, après ce jugement de Dieu ?"

La foule crie : "À la lapidation ceux qui offensent Dieu ! A mort ! Assez d'embûches au Saint ! Soyez maudits !" et ils prennent des mottes de terre, des branches, des petits cailloux, tout près de commencer la lapidation.         

Jésus les arrête. "Voilà la parole de la foule, voilà sa réponse. La mienne est différente. Moi, je dis: Allez ! Je ne vais pas me souiller en vous frappant. Que le Très-Haut se charge de vous. C'est Lui ma défense contre les impies."    

Les coupables, au lieu de se taire, malgré la peur qu'ils ont de la plèbe, continuent d'offenser le Maître, et écumant de colère, ils crient : "Nous sommes juifs et puissants ! Nous t'ordonnons de t'en aller. Nous t'interdisons d'enseigner. Nous te chassons. Hors d'ici ! Nous en avons assez de Toi. Le pouvoir est en nos mains et nous nous en servons; et nous le ferons toujours plus, ô maudit, ô usurpateur, ô..."

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502> Ils sont sur le point de dire autre chose dans un tumulte de cris, de pleurs, de sifflets, alors que, venue en avant pour se placer entre Jésus et ses ennemis, d'un mouvement rapide et impérieux, le regard et la voix plus impérieux encore, une femme voilée découvre son visage et d'un ton tranchant, cinglant plus qu'un fouet sur des galériens, qu'une hache sur le cou, elle laisse tomber sa phrase : "Qui oublie qu'il est esclave de Rome ?" C'est Claudia. Elle rabaisse son voile. Elle s'incline légèrement devant le Maître, et revient à sa place. Mais cela a suffi.       

Les pharisiens se calment tout à coup. Un seul, au nom de tous et avec une servilité rampante, dit : "Domina, pardon ! Mais Lui trouble le vieil esprit d'Israël. Toi, qui es puissante, tu devrais l'empêcher, le Lui faire interdire par le juste et brave Proconsul. A lui longue vie et santé !"            

"Cela ne nous concerne pas. Il suffit qu'il ne trouble pas l'ordre de Rome. Et il ne le fait pas !" répond dédaigneusement la patricienne. Elle donne un ordre sec à ses compagnes, elles s'éloignent vers un bouquet d'arbres qui est au bout du sentier derrière lequel elles disparaissent pour reparaître sur le char couvert qui grince et dont Claudia fait descendre tous les rideaux.       

"Tu es content de nous avoir fait insulter ?" demandent en revenant à l'attaque les juifs, pharisiens, scribes et compagnie.     

La foule crie dédaigneuse. Joseph, Nicodème et tous ceux qui se sont montrés amis — et avec eux, sans s'y unir mais avec les mêmes réflexions, se trouve le fils de Gamaliel — tous sentent le besoin d'intervenir en blâmant les autres qui dépassent la mesure. La discussion passe des ennemis de Jésus aux deux groupes opposés, en laissant de côté Celui qui y est le plus intéressé.        

Et Jésus se tait, les bras croisés, alors, je crois, qu'il dégage une force pour retenir la foule et particulièrement les apôtres qui deviennent bleus de colère.          

"Nous devons nous défendre et défendre" crie un énergumène juif.   

"Cela suffit de voir les foules fascinées à sa suite" dit un autre.        

"Nous sommes les puissants ! Nous seuls ! Et il n'y a que nous que l'on doive écouter et suivre" claironne un scribe.   

"Qu'il s'en aille d'ici ! Jérusalem est à nous !" braille un prêtre, rouge comme un dindon.         
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503> "Vous êtes des perfides !"       

"Vous êtes plus qu'aveugles !"         

"Les foules vous abandonnent parce que vous le méritez."   

"Soyez saints si vous voulez que l'on vous aime. Ce n'est pas en commettant des injustices que l'on conserve le pouvoir, car il s'appuie sur l'estime du peuple pour ceux qui le gouvernent !" crient à leur tour ceux du parti opposé et plusieurs de la foule.            

"Silence !" impose Jésus. Et quand il est établi, il dit : "La tyrannie et les contraintes ne peuvent changer les affections et les conséquences du bien reçu. Moi, je récolte ce que j'ai donné : l'amour. Vous, avec vos persécutions, vous ne faites qu'accroître cet amour qui veut me dédommager de votre manque d'amour.
    I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif Ne savez-vous pas, avec toute votre sagesse, que de persécuter une doctrine ne sert qu'à accroître sa puissance, surtout quand elle correspond dans les faits à ce qui est enseigné ? Écoutez une de mes prophéties, ô vous d'Israël. Plus vous persécuterez le Rabbi de Galilée et ceux qui le suivent, en essayant d'anéantir par la tyrannie sa Doctrine qui est divine, et plus vous la rendrez prospère et plus elle s'étendra dans le monde. Chaque goutte de sang des martyrs que vous ferez, en espérant triompher et régner par vos lois et vos préceptes corrompus et hypocrites qui ne correspondent plus à la Loi de Dieu, chaque larme des saints que vous piétinez sera une semence de futurs croyants. Et vous serez vaincus lorsque vous vous croirez triomphateurs. Allez. Moi aussi, je m'en vais. Que ceux qui m'aiment me cherchent aux frontières de la Judée et au-delà du Jourdain, ou qu'ils m'y attendent, car comme l'éclair qui va de l'orient à l'occident, rapide sera le déplacement du Fils de l'homme, jusqu'au moment où il montera sur l'autel et sur le trône, Pontife et nouveau Roi, et s'y tiendra solidement en présence du monde, de la création et des Cieux, dans l'une de ses si nombreuses épiphanies que seuls les bons savent comprendre."

Les pharisiens hostiles s'en sont allés avec leurs compagnons. Les autres restent. Le fils de Gamaliel lutte en lui-même pour venir à Jésus, mais ensuite il s'en va sans parler...         

"Maître, tu ne nous haïras pas parce que nous sommes des mêmes castes ?" demande Eléazar.        

"Je ne frappe pas d'anathème un particulier parce que sa classe est coupable. Ne crains pas" répond Jésus.  

"Maintenant ils vont nous haïr..." murmure Joachim.  

"C'est un honneur pour nous de l'être !" s'exclame le synhédriste Jean.         
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504> "Que Dieu fortifie ceux qui vacillent et bénisse les forts. Je vous bénis tous au nom du Seigneur" et, les bras ouverts, il donne la bénédiction mosaïque à tous ceux qui sont présents.      

Puis il fait ses adieux à Lazare et à ses sœurs, à Maximin, aux femmes disciples et il commence sa marche...       

Les vertes campagnes qui bordent la route en direction de Jéricho l'accueillent dans leur verdure que rougit un crépuscule fastueux.