I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\MV15ANS.gif

"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

© Centro Editoriale Valtortiano

Se repérer

Consulter la Bible en ligne

Aller sur le forum

Qui sommes-nous

  I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\IntroAccueil.gif  I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\IntroOeuvre.gif  I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\IntroValtorta.gif  I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\IntroThemes.gif  I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\IntroBoutique.gif

.6.371 - Giovedi avanti Pasqua. A sera nel palazzo di Lazzaro.

 3.370 - The Thursday before Passover. The Evening.

 4.371 - El jueves prepascual. Por la noche en el palacio de Lázaro.

 6.418 - Der Donnerstag vor dem Passafest (Fünfter Teil).



La Rome chrétienne.


Jeudi 15 mars 29
(13 Adar II 3789)
Jérusalem,
palais de Lazare.


   Vers l'index des thématiques

 Claudia prophétise sans le savoir la Rome chrétienne.

 Judas, qui rêve du règne terrestre de Jésus, prophétise sans le savoir son règne spirituel.

 La Sainteté.

 La Mise en pratique.

 Le statut du Royaume de Jésus : Ne pas se révolter.

… être de bonnes épouses, de bons maris,

… s’aimer,

… reconnaître Jésus en toutes souffrances,

… appartenir à Jésus.


        I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Resume.gif

- Marie-Madeleine invite les gens au palais ............ 443

- Claudia envoie chercher Judas............................ 444

- Elle promet sa protection à Jésus ............................ 445

- Judas se valorise auprès de Pierre............................ 446

- Discours (Amour de Dieu et du prochain)................ 448

- Les romaines s'en vont et Jésus fait leur éloge .. 451

- Judas se réconcilie avec sa mère ............................. 452

- Discours de Judas  (La protection de Rome assure l'établissement du Royaume) ........................................ 453

 

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 5


Tome 5, chapitre 61.

371.
Le jeudi avant Pâque.
Cinquième partie.


 

Vision du dimanche 27 janvier 1946

443> Ils ne brillent sûrement pas par leur héroïsme ceux qui suivent Jésus !  

La nouvelle apportée par Judas
[1] ressemble à l'apparition d'un épervier au-dessus d'une cour remplie de poussins ou d'un loup à proximité d'un troupeau ! Épouvante, ou pour le moins trouble, se lit sur les neuf dixièmes des visages de ceux qui sont là et spécialement des hommes. Je crois que plusieurs ont déjà l'impression du fil de l'épée ou de la flagellation, et le moins qu'ils imaginent c'est de connaître les secrets des prisons en attendant un procès. 

Les femmes sont moins agitées. Plus qu'agitées elles se font du souci pour leurs fils ou leurs maris, et elles conseillent aux uns et aux autres de s'égailler par petits groupes en se dispersant dans les campagnes.      

Marie de Magdala s'élève contre ce flot de crainte exagérée : "Oh ! Que de gazelles il y a en Israël ! Vous n'avez pas honte de trembler ainsi ? Je vous ai dit que dans mon palais vous serez plus en sûreté que dans une forteresse. Venez, donc ! Je vous donne ma parole qu'il ne vous arrivera rien de rien. Si, en plus de ceux que Jésus a désignés, il y en a d'autres qui pensent être en sécurité dans ma maison, qu'ils viennent. Il y a des lits et des couchettes pour une centurie. Allons, décidez-vous au lieu de mourir de peur ! Je prie seulement Jeanne de nous faire suivre par des serviteurs avec des vivres, car au palais il n'y en a pas pour tant de monde et maintenant le soir arrive. Un bon repas est le meilleur remède pour redonner du courage aux peureux." Elle n'est pas seulement imposante dans son habit blanc, mais suffisamment d'ironie brille dans ses yeux splendides, alors que du haut de sa taille elle regarde le troupeau apeuré qui se presse dans le vestibule de Jeanne.

Haut de page           

444> "Je m'en occupe tout de suite. Allez donc. Jonathas va vous suivre avec des serviteurs, et moi avec lui, puisqu'on m'accorde la joie de suivre le Maître, et sans peur, je vous l'assure, tellement que j'amène les enfants avec moi" dit Jeanne et elle se retire pour donner des ordres pendant que les premières avant-gardes de l'armée craintive passent précautionneusement la tête hors du portail et, voyant qu'il n'y a rien à craindre, osent sortir dans la rue et s'éloigner suivies des autres.  

Le groupe des vierges est au milieu immédiatement après Jésus qui est dans les premiers rangs. En arrière, oh ! en arrière des vierges les femmes; et puis les moins... courageux qui sont protégés par Marie de Lazare qui s'est jointe aux romaines, décidées à ne pas se séparer de sitôt de Jésus. Mais ensuite Marie de Lazare court en avant pour dire quelque chose à sa sœur et les sept romaines restent avec Sara et Marcelle, restées elles aussi à l'arrière-garde sur l'ordre de Marie et dans l'intention de faire passer les sept romaines encore plus inaperçues.        

Arrive à pas rapides Jeanne avec les enfants qu'elle tient par la main. Derrière elle, Jonathas avec les serviteurs chargés de sacs et de paniers, qui se mettent en queue de la petite troupe. En réalité personne ne les remarque car les rues fourmillent de groupes qui rejoignent leurs maisons ou leurs campements. D'ailleurs la pénombre rend les visages moins faciles à reconnaître. Maintenant Marie de Magdala avec Jeanne,
Anastasica et Élise est tout à fait au premier rang et, par des chemins secondaires, elle conduit ses hôtes à son palais.   

Jonathas chemine pour ainsi dire au niveau des romaines auxquelles il adresse la parole comme à des servantes des disciples les plus riches.
Claudia en profite pour lui dire : "Homme, je te prie d'aller appeler le disciple qui a apporté la nouvelle. Dis-lui de venir ici et dis-le de manière à ne pas attirer l'attention. Va !" Le vêtement est modeste mais c'est le ton involontairement impératif de quelqu'un habitué au commandement. Jonathas écarquille les yeux en essayant de voir à travers le voile baissé qui lui parle ainsi. Mais il ne peut voir que l'éclat des yeux autoritaires. Pourtant il doit se rendre compte que ce n'est pas une servante la femme qui lui parle, et il s'incline avant d'obéir.  

Il rejoint
Judas de Kériot qui parle avec animation avec Étienne et Timon et il le tire par son vêtement.     

Haut de page           

445> "Que veux-tu ?"

"J'ai quelque chose à te dire."          

"Dis-la."       

"Non. Viens en arrière avec moi. On te demande, pour une aumône, je crois..."         

L'excuse est bonne et acceptée paisiblement par les compagnons de Judas et par lui-même avec enthousiasme. Il revient rapidement en arrière avec Jonathas.     

Le voilà au dernier rang. "Femme, voilà l'homme que tu voulais" dit Jonathas à Claudia.

"Je te suis reconnaissante de m'avoir rendu service" répond celle-ci en restant toujours voilée. Et puis, s'adressant à Judas : "Te plairait-il de t'arrêter un moment pour m'écouter ?"

Judas entend une façon de parler très raffinée, il voit deux yeux splendides à travers le voile fin, peut-être sent-il proche une grande aventure et il y consent sans difficulté.  

Le groupe des romaines se sépare et il reste avec Claudia,
Plautina et Valeria; les autres continuent.   

Claudia regarde tout autour. Elle voit qu'est solitaire le petit chemin où ils se sont arrêtés et, de sa main très belle, elle rejette en arrière son voile et découvre son visage.       

Judas la reconnaît, et après un instant d'étonnement, il s'incline pour la saluer en mêlant des gestes juifs à des paroles romaines : "Domina !"           

"Oui, c'est moi. Redresse-toi et écoute. Tu aimes le Nazaréen. Tu te préoccupes de son bien. Tu as raison. C'est un vertueux et qu'il faut défendre. Nous le vénérons comme grand et juste. Les juifs ne le vénèrent pas. Ils le haïssent. Je le sais. Écoute. Écoute bien, rappelle-toi et mets en pratique. Moi, je veux le protéger. Je ne suis pas comme la luxurieuse de tout à l'heure. Avec honnêteté et vertu. Quand ton amour et ta sagacité te permettront de voir qu'il y a un piège pour Lui, viens ou envoie quelqu'un. Claudia peut tout sur Ponce. Claudia obtiendra la protection pour le Juste. Tu comprends ?"   

"Parfaitement, domina. Que notre Dieu te protège. Je viendrai, pourvu seulement que je le puisse, je viendrai moi, personnellement. Mais comment arriver jusqu'à toi ?"            

"Demande toujours
Albula Domitilla. C'est une seconde moi-même. Mais personne ne s'étonne si elle parle avec des juifs car c'est elle qui s'occupe de mes libéralités. On te croira un client. Peut-être cela t'humilie-t-il ?"

Haut de page           

446> "Non, domina. Servir le Maître et obtenir ta protection, c'est un honneur."         

"Oui. Je vous protégerai. Je suis une femme, mais j'appartiens à la gens Claudia. J'ai plus de pouvoir que tous les grands d'Israël car, derrière moi, il y a Rome. Tiens, en attendant, pour les pauvres du Christ. Notre obole. Cependant... je voudrais qu'on me laisse parmi les disciples ce soir. Procure-moi cet honneur et tu seras un protégé de Claudia."     

Sur un type comme l'Iscariote, les paroles de la patricienne ont
un effet prodigieux. Il est au septième ciel... Il ose demander : "Mais vraiment tu l'aideras ?"    

"Oui, son Royaume mérite d'être fondé, car c'est un royaume de vertu. Il sera le bienvenu pour s'opposer aux laideurs qui recouvrent les royaumes actuels, et qui me dégoûtent.
 Rome est grande, mais le Rabbi est bien plus grand que Rome. Sur nos enseignes, nous avons les aigles et l'orgueilleuse inscription, mais sur les siennes il y aura les Génies et son saint Nom. Grandes, vraiment grandes seront Rome et la Terre, quand elles mettront ce Nom sur leurs enseignes et quand son signe sera sur les étendards et sur les temples, sur les arches et les colonnes."        

Judas est stupéfait, songeur, extatique. Il balance la lourde
bourse qui lui a été donnée, et il le fait machinalement, et en hochant la tête il dit : "oui, oui, oui" à tout.       

"Maintenant donc, allons les rejoindre. Nous sommes alliés, n'est-ce pas ? Alliés pour protéger ton Maître et le Roi des âmes honnêtes."    

Elle descend son voile, et rapide, agile, elle s'en va presque en
courant rejoindre le groupe qui l'a précédée, suivie des autres et de Judas qui a le souffle court non pas tant par la course que par ce qu'il a entendu. Le palais de Lazare est en train d'avaler les derniers groupes de disciples quand ils le rejoignent. Ils entrent rapidement, et le portail de fer se referme avec le grand bruit de ferraille des verrous poussés par le gardien.   

Une seule lampe, portée par la femme du gardien, a du mal à éclairer le vestibule carré entièrement blanc du palais de Lazare. On comprend que la maison n'est pas habitée bien qu'elle soit gardée et tenue en ordre. Marie et Marthe conduisent les hôtes dans un vaste salon, qui certainement sert pour les banquets, aux murs fastueux couverts d'étoffés précieuses, qui montrent leurs arabesques à mesure qu'on allume les lampadaires et qu'on place des lampes sur les crédences, sur les coffres précieux, disposés le long des murs, ou sur les tables qui s'y appuient, toutes prêtes à servir, mais inutilisées depuis un certain temps.         

Haut de page           

447>
Mais Marie ordonne de les apporter au milieu de la salle et de les préparer pour le souper avec les vivres que les serviteurs de Jeanne retirent des sacs et des paniers et posent sur les crédences.     

Judas prend Pierre à part et lui dit quelque chose à l'oreille. Je
vois Pierre qui écarquille les yeux et qui secoue sa main comme s'il s'était brûlé les doigts, en s'exclamant : "Foudres et cyclones ! Mais que dis-tu ?"        

"Oui. Regarde et réfléchis ! Ne plus avoir peur ! N'être plus ainsi angoissé !"

"Mais c'est trop beau ! Trop ! Mais qu'a-t-elle dit ? Que vraiment elle nous protège ? Que Dieu la bénisse ! Mais qui est-ce ?"  

"Celle qui a un vêtement couleur de tourterelle sauvage, grande, mince. Vois, elle nous regarde..."    

Pierre regarde cette femme de haute taille, au visage régulier et
sérieux, aux yeux doux et pourtant impérieux.   

"Et... comment as-tu fait pour lui parler ? Tu n'as pas eu..."   

"Non, pas du tout."   

"Et pourtant, tu haïssais les contacts avec eux ! Comme moi, comme tous..."           

"Oui, mais je les ai surmontés pour l'amour du Maître. Comme j'ai surmonté le désir de rompre avec les anciens compagnons du Temple... Oh ! Tout pour le Maître ! Vous tous, et ma mère avec vous, vous croyez à de la duplicité. Toi, récemment, tu m'as reproché mes amitiés. Mais si je ne les conservais pas et avec beaucoup de difficultés, je ne saurais pas tant de choses. Ce n'est pas bien de se mettre un bandeau sur les yeux et de la cire dans les oreilles de peur que le monde n'entre en nous par les yeux et les oreilles. Quand on est dans une entreprise semblable à la nôtre, il faut veiller à avoir les yeux et les oreilles bien ouverts. Veiller pour Lui, pour son bien, pour sa mission, pour la fondation de ce royaume béni..."         

Un grand nombre d'apôtres et quelques disciples se sont approchés et écoutent avec des signes de tête approbatifs. Car, en
effet, on ne peut pas dire que Judas parle mal !  

Pierre, honnête et humble, le reconnaît et il dit : "Tu as vraiment raison ! Pardonne mes reproches. Tu vaux mieux que moi, tu sais y faire. Oh ! allons le dire au Maître, à sa Mère, à la tienne ! Elle était si angoissée !"

Haut de page           

448> "Parce que des mauvaises langues ont insinué... Mais pour l'instant, tais-toi. Après, plus tard. Tu vois ? Ils s'assoient à table et le Maître nous fait signe d'y aller..."        

... Le souper est vite consommé. Même les romaines, assises aux
tables des femmes, mêlées à elles, c'est ainsi que Claudia se trouve entre Porphyrée et Dorca, mangent en silence ce qu'on leur sert. Entre elles et Jeanne et Marie de Magdala, circulent de mystérieuses paroles faites de sourires et de clins d’œil. Elles semblent des écolières en vacances.    

Jésus, après le repas, commande de former un carré de siège et
d'y prendre place pour l'écouter. Il se place au milieu et il commence à parler au centre d'un carré de visages attentifs où il n'y a de fermés que les yeux innocents du bébé de Dorca qui dort sur le sein de sa mère, et où vont tomber de sommeil ceux de Marie, assise sur les genoux de Jeanne, et de Mathias, qui s'est accroupi sur les genoux de Jonathas.          

"Disciples hommes et femmes, rassemblés ici au Nom du Seigneur, ou attirés ici par le désir de la Vérité, désir qui vient encore de Dieu qui veut lumière et vérité dans tous les cœurs, écoutez.       

Ce soir il nous est permis d'être tous unis, et c'est justement la
méchanceté de ceux qui nous veulent dispersés qui nous le procure. Et vous ne savez pas, vous dont les sens sont bornés, comme est profonde et vaste cette union véritable, aurore des unions futures qui existeront quand le Maître ne sera plus parmi vous, charnellement, mais sera en vous par son esprit. Alors vous saurez aimer. Alors vous saurez pratiquer l'amour. Pour l'instant, vous êtes comme des enfants encore au sein. Alors vous serez comme des adultes qui peuvent goûter toute nourriture sans que cela leur nuise. Alors vous saurez dire, comme Moi je le dis : "Venez à moi, vous tous, parce que nous sommes tous frères et que c'est pour tous que Lui s'est immolé".       

Trop de préventions en Israël ! Ce sont autant de flèches qui lèsent la charité. Je vous parle à vous, fidèles, ouvertement, car parmi vous il n'y a pas de traîtres, ni de gens remplis de préventions qui séparent, qui se changent en incompréhension, en entêtement, en haine, pour Moi qui vous indique les routes de l'avenir. Je ne puis parler autrement. Et dorénavant je parlerai moins parce que je vois que les paroles sont inutiles ou presque. Vous avez eu de quoi vous sanctifier et vous instruire d'une manière parfaite. Mais vous vous êtes peu élevés, spécialement vous, hommes mes frères, car la parole vous plaît mais vous ne la mettez pas en pratique.       

Haut de page           

449>
 Dorénavant et de plus en plus fréquemment, je vous ferai faire ce que vous devrez faire quand le Maître sera retourné au Ciel d'où il est venu. Je vous ferai assister à ce qu'est le Prêtre de l'avenir. Plus que mes paroles observez mes actes, répétez-les, apprenez-les, joignez-les à l'enseignement. Alors vous deviendrez des disciples parfaits.

 Qu'a fait le Maître aujourd'hui, et que vous a-t-il fait faire et pratiquer ? La charité sous ses multiples formes. La charité envers Dieu. Non seulement la charité de prières vocales, rituelles, mais la charité active qui renouvelle dans le Seigneur, qui dépouille de l'esprit du monde, des hérésies du paganisme, qui n'existe pas seulement chez les païens, mais aussi en Israël, avec les mille coutumes qui se sont substituées à la Religion vraie, sainte, ouverte, simple comme tout ce qui vient de Dieu. Il ne faut pas des actions bonnes, ou telles en apparence pour être loué par les hommes, mais des actions saintes pour mériter la louange de Dieu.  Celui qui est né, meurt. Vous le savez. Mais la vie ne finit pas avec la mort. Elle continue sous une autre forme et pour l'éternité avec une récompense pour celui qui a été juste, avec un châtiment pour celui qui a été mauvais. Que cette pensée d'un certain jugement ne paralyse pas pendant la vie et à l'heure de la mort, mais qu'elle soit un aiguillon et un frein, un aiguillon qui pousse au bien, un frein qui écarte des mauvaises passions.     

 Soyez donc vraiment amis du Dieu vrai, en agissant toujours au cours de la vie avec l'intention de Le mériter dans la vie future. O vous qui aimez les grandeurs, quelle grandeur plus grande que celle de devenir des fils de Dieu, des dieux par conséquent ? O vous qui craignez la douleur, quelle certitude de ne plus souffrir que celle qui vous attend au Ciel ? Soyez saints. Vous voulez fonder un royaume dès cette Terre ? Vous vous sentez en proie aux embûches et vous craignez de ne pas y réussir ? Si vous agissez en saints, vous réussirez. Car la puissance même qui nous domine ne pourra l'empêcher, malgré ses cohortes, car vous persuaderez les cohortes de suivre la doctrine sainte de même que Moi, sans violence, j'ai persuadé les femmes de Rome qu'ici se trouve la Vérité..."   

"Seigneur !..." s'écrient les romaines en se voyant découvertes.        

 "Oui, femmes. Écoutez et souvenez-vous. Je vais dire à ceux d'Israël qui me suivent, je vais vous dire à vous qui n'êtes pas d'Israël mais qui avez une âme droite, le statut de mon Royaume.        

Haut de page           

450>  Pas de révoltes, elles ne servent pas. Sanctifier l'autorité en l'imprégnant de notre sainteté. Ce sera un long travail, mais il sera victorieux. Avec douceur et patience, sans folles hâtes, sans déviations humaines, sans révoltes inutiles, en obéissant là où l'obéissance ne nuit pas à l'âme elle-même, vous arriverez à faire de l'autorité, qui maintenant nous domine avec le paganisme, une autorité protectrice et chrétienne. Faites votre devoir de sujets envers l'autorité comme vous faites celui de fidèles envers Dieu. Appliquez-vous à voir en toute autorité non pas quelqu'un qui vous opprime, mais quelqu'un qui vous élève, car il vous donne la possibilité de le sanctifier et de vous sanctifier par l'exemple et l'héroïsme.           

 De même que vous êtes de bons fidèles et de bons citoyens, efforcez-vous d'être de bonnes épouses, de bons maris, saints, chastes, obéissants, affectueux l'un pour l'autre, unis pour élever vos enfants dans le Seigneur, pour être paternels et maternelles même avec les serviteurs et les esclaves, qui eux aussi ont une âme et une chair, des sentiments et des affections, comme vous les avez. Si la mort vous enlève le compagnon ou la compagne, ne désirez pas, si possible, un nouveau mariage. Aimez les orphelins même pour le compagnon disparu. Et vous, serviteurs, soyez soumis aux maîtres et s'ils sont imparfaits, sanctifiez-les par votre exemple. Vous en aurez un grand mérite aux yeux du Seigneur. Dans l'avenir, en mon Nom, il n'y aura plus de maîtres et de serviteurs, mais des frères. Il n'y aura plus de races, mais des frères. Il n'y aura plus d'opprimés et d'oppresseurs qui se haïssent, parce que les opprimés donneront le nom de frères à leurs oppresseurs.            

 Aimez-vous en une seule foi, en vous aidant l'un l'autre, comme je vous l'ai fait faire aujourd'hui. Mais ne bornez pas l'aide aux pauvres, aux pèlerins de votre race, ni à vos malades. Ouvrez les bras à tous comme la Miséricorde vous les a ouverts à vous.    

Que celui qui a davantage donne à celui qui n'a rien ou peu. Que
celui qui sait davantage instruise celui qui ne sait rien ou peu de chose, et qu'il instruise avec patience et humilité, se rappelant qu'en vérité, avant que je ne l'instruise, il ne savait rien. Recherchez la Sagesse non pour qu'elle vous fasse briller, mais pour qu'elle vous aide à avancer dans les voies du Seigneur.          

Que les femmes mariées aiment les vierges et réciproquement.
Que les unes et les autres entourent les veuves d'affection. Vous êtes toutes utiles dans le Royaume du Seigneur.

Que les pauvres n'aient pas d'envie, que les riches ne créent pas
de la haine par l'étalage de leurs richesses et la dureté de leurs cœurs.          

Haut de page           

451> Prenez soin des orphelins, des malades, de ceux qui n'ont pas de maison. Ouvrez-leur votre cœur, avant de leur ouvrir votre bourse et votre maison, parce que même si vous donnez, si c'est de mauvaise grâce, ce n'est pas honneur mais offense que vous donnez à Dieu, qui est présent en tout malheureux.      

En vérité, en vérité je vous dis qu'il n'est pas difficile de servir le
Seigneur. Il suffit d'aimer. Aimer le Dieu vrai, aimer le prochain quoiqu'il soit.    

 En toute blessure ou fièvre que vous soignerez, j'y serai. En tout malheur que vous soulagerez, j'y serai. Et tout ce que vous ferez pour Moi dans le prochain, si c'est bien, c'est à Moi que vous le ferez; et si c'est mal, c'est à Moi aussi que vous le ferez. Voulez-vous me faire souffrir ? Voulez-vous perdre le Royaume de paix, votre devenir de dieu, seulement pour ne pas être bons avec le prochain ?

Jamais plus nous ne serons unis ainsi. Il viendra d'autres
Pâques... et nous ne pourrons être ensemble pour de nombreuses raisons. La première à cause d'une prudence sainte en partie et en partie exagérée, car tout excès est fautif, qui nous obligera à être séparés. Les autres Pâques encore parce que je ne serai plus avec vous... Mais souvenez-vous de cette journée. Faites à l'avenir, et non pas pour la seule Pâque mais en toute occasion, ce que je vous ai fait faire.      

 Ne vous flattez pas de m'appartenir facilement. M'appartenir, veut dire vivre dans la Lumière et la Vérité, mais manger aussi le pain de la lutte et des persécutions. Alors donc, plus votre amour sera fort et plus vous serez forts dans la lutte et les persécutions.  

Croyez en Moi, en ce que je suis réellement : Jésus Christ, le Sauveur, dont le Royaume n'est pas de ce monde, dont la venue signifie la paix pour les bons, dont la possession veut dire connaître et
posséder Dieu, car vraiment celui qui m'a en lui-même et qui est lui-même en Moi est en Dieu, et possède Dieu en son esprit pour le posséder ensuite dans le Royaume céleste pour l'éternité.       

La nuit est venue. Demain c'est  la Parascève. Allez. Purifiez-vous , méditez, faites une Pâque sainte.           

Femmes d'une autre race mais dont l'esprit est droit, allez. Que
la bonne volonté qui vous anime vous soit un chemin pour venir à la Lumière. Au nom de ceux qui sont pauvres comme je le suis Moi-même, je vous bénis pour l'obole généreuse et je vous bénis pour vos bonnes dispositions envers l'Homme qui est venu apporter la paix et l'amour sur la terre. Allez ! Et toi, Jeanne, et tous ceux qui ne craignent plus des embûches, allez aussi."

Haut de page           

452> Un murmure de stupeur parcourt l'assemblée au départ des romaines. Flavia avait écrit sur des tablettes de cire les paroles de Jésus pendant qu'il parlait. Elles sont rangées dans une bourse et les romaines prennent congé par un salut collectif. Elles ne sont plus que six car
Egla reste près de Marie de Magdala. Jeanne, Jonathas et les serviteurs de Jeanne s'en vont emportant les enfants endormis dans leurs bras. Or la stupeur est si grande qu'en dehors d'eux personne ne bouge. Mais quand le bruit du portail qui se ferme indique que les romaines sont sorties, une clameur succède au murmure.     

"Mais qui sont-ce ?"

"Comment sont-elles parmi nous ?"  

"Qu'ont-elles fait ?"   

Et par-dessus tous Judas crie : "Comment connais-tu, Seigneur, la riche obole qu'elles m'ont donnée ?"       

D'un geste, Jésus apaise le tumulte et il dit : "C'est Claudia et ses dames. Et alors que les autres dames d'Israël, craignant la colère de leurs maris ou avec la même pensée et les mêmes sentiments que leurs maris, n'osent pas venir à ma suite, les païennes qu'on méprise, avec de saintes ruses savent venir apprendre la Doctrine qui, même reçue pour l'instant avec des sentiments humains, sert toujours à les élever... Et cette fillette, qui était esclave mais de race juive, est la fleur offerte par Claudia aux troupes du Christ, en la rendant à la liberté et en la donnant à la foi du Christ. Pour ce qui concerne ce que je sais de l'obole... oh ! Judas ! Tous, sauf toi, pourraient me poser cette question ! Tu sais que Moi, je vois dans les cœurs."           

"Alors tu as vu que j'ai dit la vérité quand j'ai parlé d'un piège que j'ai éventé en allant faire parler... des êtres coupables ?"        

"C'est vrai."  

"Dis-le alors bien fort, pour que ma mère l'entende... Mère, je suis un garçon, mais pas un scélérat... Mère, faisons la paix. Comprenons-nous, aimons-nous, unis dans le service pour notre Jésus."    

Et Judas, humble et affectueux, va embrasser sa mère qui lui dit :
"Oui, mon enfant ! Oui, mon Judas ! Bon ! Bon ! Sois toujours bon, ô mon enfant ! Pour toi, pour le Seigneur ! Pour ta pauvre maman !"      

Pendant ce temps plusieurs, dans la salle, s'agitent et font des
commentaires et beaucoup déclarent que c'est une imprudence d'avoir accueilli les romaines et le reprochent à Jésus.

Haut de page           

453> Judas écoute et il quitte sa mère pour défendre le Maître. Il raconte sa conversation avec Claudia et dit pour finir : "Ce n'est pas une aide méprisable. Et même, ne l'ayant pas reçue auparavant parmi nous, nous n'avons pas évité la persécution. Laissons-la faire. Et rappelez-vous bien qu'il vaut mieux ne pas en parler avec n'importe qui. Pensez que si c'est dangereux pour le Maître, ce ne l'est pas moins pour nous d'être amis des païens. Le Sanhédrin qui, au fond, est retenu par peur de Jésus par un reste de crainte de lever la main sur l'Oint de Dieu, n'aurait pas tant de scrupules de nous tuer comme des chiens, nous qui sommes de pauvres hommes quelconques. Au lieu de faire ces visages scandalisés, rappelez-vous que tout à l'heure, vous étiez comme autant de moineaux effarouchés, et bénissez le Seigneur de nous aider par des moyens imprévus, illégaux si vous voulez, mais si puissants pour fonder le Royaume du Messie. Nous pourrons tout si Rome nous défend ! Oh ! moi, je ne crains plus ! C'est un grand jour qu'aujourd'hui ! Plus que pour toutes les autres choses, pour celle-là...

 Ah ! quand tu seras le Chef ! Quel pouvoir doux, fort, béni ! Quelle paix ! Quelle justice ! Le Royaume fort et bienveillant du Juste ! Et le monde qui vient lentement à lui !... Les prophéties qui se réalisent ! Les foules, les nations... le monde à tes pieds ! Oh ! Maître ! mon Maître ! Toi Roi, nous tes ministres... Sur la Terre la paix, dans le Ciel la gloire... Jésus Christ de Nazareth, Roi de la race de David, Messie Sauveur, je te salue et je t'adore !" et Judas, qui semble en extase, se prosterne en disant pour finir : "Sur la Terre, au Ciel et jusque dans les Enfers, ton Nom est connu et ton pouvoir sans limites. Quelle force peut te résister, ô Agneau et Lion, Prêtre et Roi, Saint, Saint, Saint ?" et il reste courbé jusqu'à terre dans la salle muette de stupeur.

Haut de page           

 



[1] On attend Jésus au Gethsémani pour l’arrêter. Cf. chapitre précédent.